Bonjour à toutes et à tous ! Désolée pour le retard, comme expliqué plus haut, j'ai pris du retard à cause des études, mais voilà le chapitre, avec plus de quarante-huit heures de retard XD
J'ai lu vos réactions à la note que j'ai postée, et comment est-ce que ça peut exister, autant de gentillesse ?! Je suis la seule à m'en vouloir et à m'insulter de tous les noms XD Merci à vous tous, vous êtes des amours, vos réponses m'ont boostée dans l'écriture des 6 000 mots qui manquaient à ce chapitre *-* Vous êtes les meilleurs !
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Je remets la note ici pour que ceux et celles qui l'auraient loupée sachent de quoi il est question XD
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Bonjour à toutes et à tous !
Je publie cette note pour vous prévenir que le chapitre aura un peu de retard, je le publierai si possible tard ce soir, sinon ce sera lundi soir ou mardi soir au plus tard. J'ai été débordée par les devoirs et les examens (je suis dans une licence dite de "contrôle continu sans partiels" car on rend plein de devoirs et on a plein de devoirs sur table, mais il y a quand-même masse d'examens les deux semaines avant les vacances, donc bon, ayant déjà une première licence, je trouve que ça ressemble beaucoup à des partiels XD), ce qui fait que j'ai pris du retard, mais les vacances arrivent et normalement, je pourrai reprendre de l'avance dans les chapitres ! Donc il n'est pas question pour l'instant de changer le rythme de publication :) Je supprimerai cette note quand je publierai le chapitre, afin de ne pas encombrer cette fic plus qu'elle ne l'est déjà XD Je vous souhaite une bonne journée, et un bon début de semaine si je ne peux pas publier le chapitre ce soir :) A bientôt, et gros bisous !
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Et maintenant, réponses aux reviews =)
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Sarah MAES : Oui, Forester est faite comme un rat ! Ravie que tu aies aimé le repas entre Severus, Tonks et Draco, ainsi que le retour d'Ernie à Poudlard =) Ah non, il n'y a que Lisa qui est enceinte XD Kellah, c'était juste le stress mêlé à un petit-déjeuner sauté, ce qui n'était pas la meilleure idée qu'elle ait eue XD
mimibou : Tu m'as mis le doute, alors j'ai re-vérifié, et Andromeda a bien été élève à Serpentard XD Mais il a dû être question de Serdaigle je ne sais où, soit dans la saga, soit dans un article, soit sur un site, car j'avais déjà vérifié qu'elle soit bien allée à Serpentard avant de le mentionner la première fois XD Nous ne sommes sûrement pas les seuls à avoir pensé qu'elle avait été répartie à Serdaigle, va savoir pourquoi XD Alors le truc de «c'est moins pire que Gryffondor», ça me dit aussi quelque chose, mais où est-ce que ça été dit, ça ? C'est frustrant de ne pas retrouver la source XD
Oui, Adrian regrette réellement ce qu'il a fait, et il a vraiment un bon fond, comme tu dis, mais il a fait les mauvais choix à un moment donné et ça a eu des répercussions par la suite… C'est tout à fait ça ! S'il avait été suivi par quelqu'un, il n'aurait pas eu besoin de se plonger dans les potions droguées pour oublier… Mais avec la chance qu'il a, il serait sûrement tombé sur Forester ! Ça n'a pas manqué deux ans plus tard, d'ailleurs… Mais là, il va être suivi par une bonne psychomage et c'est ça, le plus important =)
Ouiiiiiii, Severus a enfin une collègue ! Ça a dû être long pour toi, cette attente autour de cette histoire de collègue psychomage XD En vrai, Mrs Powell devait donner sa réponse au début des vacances, à la base, mais j'ai craqué, j'ai voulu que cette histoire soit vite réglée XD Tu dois être presque autant soulagé que Severus XD
Justin et Hannah ont tous deux eu des moments difficiles, alors l'absence de leur meilleur ami s'est faite encore plus ressentir… Mais il est de retour ! Il a déjà commencé à rattraper quelques cours, et il passera les rattrapages pendant l'été :)
Oui, ma sœur et moi n'avons pas du tout le même style, et comme toi, je ne saurais dire ce qui est différent entre elle et moi XD C'est un tout, je pense XD Ouais euh la longueur, on va l'oublier, comme critère XD Ça doit être la plus grosse différence entre nos fics XD
Et zut, flûte, crotte, j'ai oublié la question mensuelle ! Bon eh bien pour la peine, vous aurez droit à une question à la fin de ce chapitre-là, et une à la fin du chapitre suivant ! Je vais mettre une alarme pour m'en souvenir XD Merci de me faire remarquer ces oublis, et pardon tout le monde, je suis une vraie tête en l'air !
blan1268 : Ah mais ce n'est pas un problème d'avoir du mal à lire un chapitre par semaine ! C'est juste une façon comme une autre de lire une fic XD Et c'est très original ! Je croyais qu'il n'y avait que ma sœur qui avait assez de courage pour relire ma fic depuis le début (et plusieurs fois), mais non, il y a une autre personne ! Mais comment faites-vous pour relire une fic de 1 800 000 mots ? XD Je vous admire, vous en avez, de la détermination ! Mais ce n'est pas trop long ? XD Bon, au moins, tu as tout en tête XD Merci pour le compliment, c'est super gentil ! Mais je crois que le style a un peu changé au fil des chapitres, il doit y avoir moins de répétitions XD
Ravie que tu aimes le personnage de Severus *-* Oui, dans cette fic, il est tout gentil ! Alors je ne m'attendais pas à ce que cette fic ait un tel impact sur toi ! Après, il y a beaucoup d'éléments qui viennent de ma façon de penser, alors je ne me rends pas trop compte XD
Merci à toi d'être revenue commenter, reviens quand tu veux, et surtout, quand tu peux !
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RAR de la note :
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chlo007 : Merciiii, et c'est exactement ça : des partiels déguisés qui ne disent pas leur nom XD
Lilid : Merci, c'est normal pour moi de consacrer le temps qu'il faut aux chapitres, je tiens à vous offrir des chapitres bien écrits, bien relus, même si pour ça, ils doivent être publiés avec un peu de retard :)
mimibou : Ben… euh… oui ? XD Peut-être pas fâchés, mais déçus ? En plus, j'ai fait quelque chose que je déteste : publier une note à la place d'un chapitre :/ Ça donne de faux espoirs et je sais combien c'est frustrant :/ Non, ça, c'est sûr, les profs ne vont pas attendre XD C'est bien pour ça que je me retrouve à envoyer des devoirs à 3h du matin XD Oh, tu tombes en vacances le 23, alors ? Mais pourquoi nous, en France, on tombe en vacances une semaine plus tôt ? Ça n'a aucun sens ! Même mes profs à la fac ne comprennent pas… Bon, j'espère que ce n'est pas trop long pour toi, et si oui, courage ! Et bon courage si tu as des contrôles ou des examens ! On est tous ensemble, car je crois qu'on est assez nombreux à être dans cette situation XD
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Merci encore pour vos retours, ça m'a fait énormément plaisir, que ce soit sur le chapitre ou sur la note ! Ça aide à se donner à fond, et si j'ai pu écrire 6 000 mots en une journée, c'est grâce à vous ! Ne sous-estimez pas la force que vous donnez, car c'est énorme ! Et merci à tous ceux qui continuent à suivre la fic dans l'ombre ! Peut-être qu'il y en a parmi vous qui se sont aussi retapés la fic en entier XD Déjà que vous êtes tous courageux d'être encore là, mais alors relire toute la fic… Bravo à vous tous, que vous ayez lu la fic une fois ou plusieurs fois XD
Bon, sur ce, trêve de bavardages, je vous laisse avec le nouveau chapitre !
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Warning : présence d'une longue scène sexuellement explicite au milieu de ce chapitre.
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85 – BUSE, deuxième partie
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(lundi 17/06) POV Harry
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- Commencer la semaine avec les examens de potions… On avait échappé à cette torture, les années précédentes.
La remarque de Ron fit sourire Harry. Huit mois plus tôt, il aurait partagé à cent pour cent l'avis de son meilleur ami. À présent, il s'en fichait d'avoir potions comme premiers examens de la semaine. Il avait appris à aimer cette matière après avoir saisi comment ça fonctionnait, et c'était grâce à cela qu'il avait pu s'améliorer. Il était devenu bon, sans pour autant avoir Optimal de moyenne.
- Il fallait bien que ça tombe sur une classe, dit logiquement Hermione. Les professeurs ont fait tenir leurs examens théoriques sur la première semaine afin que la deuxième soit consacrée aux options et aux examens pratiques. Sauf celui de botanique et de potions qui, pour chaque classe, ont lieu le même jour que la théorie. C'était donc obligé que le lundi soit attribué à une des classes…
- Ouais mais toi, de toute façon, peu importe la matière qu'on a, ça te va… Même toi, Harry, ça n'a pas l'air de te déranger qu'on ait potions… Il n'y a que moi que ça saoule, en fait.
- Dis-toi qu'au moins, ce sera fait, positiva Harry.
En réalité, même si cela lui était égal d'inaugurer la semaine avec l'examen théorique et pratique de potions, il était soulagé de se débarrasser de cette matière. Car il avait un stress qu'il n'avait eu que pour la théorie de métamorphose, et qu'il aurait de nouveau une semaine plus tard avec la pratique. C'étaient les deux seules matières pour lesquelles il se mettait la pression. Il avait toujours été bon en sortilèges sans avoir à fournir trop d'efforts, mais c'était loin d'être le cas en métamorphose et en potions. Comme il ignorait, pour l'heure, quelle formation il intégrerait après Poudlard, il jouait la prudence en visant un Effort Exceptionnel – enfin, un Optimal, mais il ne l'admettait pas vraiment – en botanique, Défense Contre les Forces du Mal, potions, métamorphose et sortilèges, afin d'être autorisé à poursuivre ces matières en sixième année. Mais en plus d'avoir des difficultés en potions et en métamorphose, il y avait un attachement personnel dans son objectif d'avoir un Optimal à ces deux examens. En métamorphose, parce que son professeur n'était autre que le compagnon de son parrain, et que Harry souhaitait qu'il soit fier de lui, et en potions, pour que le professeur Snape soit également fier de lui, mais aussi parce que sans lui, Harry serait probablement au fond du gouffre à l'heure qu'il était, et qu'avoir un Optimal à l'examen de sa matière serait sa manière de le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour lui.
Bien qu'il fût presque certain d'avoir un Optimal à la théorie de métamorphose, il était conscient de ne pas être totalement à l'abri. Il allait devoir être autant performant lors de son épreuve pratique. Il y tenait, à son Optimal, surtout depuis que l'examen pratique de botanique avait brisé ses espoirs de décrocher la meilleure note dans ses cinq matières de prédilection. En effet, s'il avait été satisfait de sa copie en botanique, il avait raté le coche de conserver un Optimal en déracinant trois dents de la plante dont il fallait enlever tous les crocs, la consigne étant de laisser intactes toutes les racines. Il n'aurait qu'un Effort Exceptionnel comme note finale, ce qui le décevait profondément, lui qui avait eu un Optimal à ses examens de botanique de ses quatre premières années. Il n'était pas trop inquiet pour la pratique de sortilèges et de Défense Contre les Forces du Mal, mais si cela faisait comme la botanique, il valait mieux qu'il ne se repose pas trop sur ses lauriers… D'autant plus que la théorie de Défense Contre les Forces du Mal lui avait posé quelques problèmes, ce qui faisait qu'il n'avait pas d'autre choix que d'exceller lors de la pratique… Ce qui était largement dans ses cordes. Il avait facilement maîtrisé tous les sorts qu'il avait étudiés en cours tout au long de l'année, il n'y avait pas de raison pour que ce ne soit pas le cas lors de l'examen pratique ! Il allait tout de même obtenir un Optimal dans une matière, nom d'un hippogriffe !
- Bon, on ferait mieux d'y aller, signala Hermione, tirant Harry de sa rêverie.
- Mais il n'est que neuf heures quarante, protesta Ron.
- Oui, mais ce n'est pas tout près, les cachots, souligna Hermione.
- Bon, d'accord, allons-y, soupira Ron.
- Hé, ça va aller, le rassura Hermione.
- Comment veux-tu que ça aille ? J'ai eu beau réviser, je n'ai rien retenu de mes cours… Et ce n'est pas cet après-midi que je vais me rattraper avec la pratique…
- Tu as l'intention de garder cette matière ?
- Euh… non, fit Ron, ayant apparemment omis ce détail.
- Bon bah alors ce n'est pas grave, si tu rates l'examen, conclut Hermione avec légèreté.
Ron parut décontenancé.
- C'est toi qui dis ça ? lâcha-t-il, perplexe. Toi, la bonne élève sérieuse par excellence ?
- C'est juste du bon sens. Ça ne sert à rien de s'en faire pour un examen qui ne t'apportera rien… Si j'avais été obligée de continuer la divination jusqu'aux BUSE, crois-moi, je n'aurais pas fait grand cas de l'examen. J'aurais fait le minimum syndical et je n'en aurais rien eu à faire si ça n'aurait pas plu au professeur Trelawney. C'est pareil pour toi. Enfin, ce n'est que ma vision des choses. Je ne te force pas à l'adopter…
- Non, mais je l'aime bien, ta vision des choses, approuva Ron. C'est vrai, quoi, pourquoi je stresse pour un examen qui n'a aucune utilité pour moi ?
- Peut-être parce que tu as réalisé récemment que les BUSE étaient importants et que tu t'es décidé à travailler et à faire de ton mieux dans chaque matière pour en avoir un maximum, supposa Harry.
- Ça doit être ça, oui… Mais c'est stupide de stresser pour une matière que je vais abandonner… On est bizarre, nous, les humains, parfois… Allez, je vais arrêter d'angoisser pour rien et je vais y aller en mode «détente». Que j'aie un Désolant, un Piètre ou un Acceptable, ça ne changera absolument rien… Qui sait, sur un malentendu, je peux m'en tirer avec un Acceptable…
Ce fut sur ces mots très optimistes que Ron se leva, vite imité par Harry et Hermione. Ils quittèrent la salle commune de Gryffondor et se dirigèrent vers les escaliers qu'ils descendirent jusqu'au rez-de-chaussée. Ils prirent le chemin des cachots où ils parvinrent quelques minutes plus tard. Harry vit aussitôt Draco qui était dos à lui. Cela inspira une idée à Harry : celle de surprendre son petit-ami. Il ne fit donc aucun bruit, mais c'était sans compter la discrétion de Pansy qui, elle, était face à lui et qui ne trouva rien de mieux à faire que de le fixer, ce qui attira inévitablement l'attention de Draco qui fit soudain volte-face, prenant de court Harry qui s'immobilisa. Draco éclata de rire en devinant ce qui se tramait derrière lui.
- Heureusement que tu ne te destines pas à être Auror, tu serais très mauvais en filature !
- C'est Pansy qui m'a grillé, grommela Harry. Sans elle, mon plan aurait fonctionné…
- Ben voyons, ça va être de ma faute, railla Pansy. Tu n'avais qu'à me faire signe de faire comme si de rien n'était… J'aurais adoré que tu fasses sursauter Draco !
- Ah bah ça fait plaisir, je peux vachement te faire confiance, s'indigna Draco. Mais j'ai une bonne oreille, ce qui fait que même si Pansy n'avait pas été là, j'aurais perçu des sons qui auraient trahi ta présence, ajouta-t-il à l'adresse de Harry.
- Dommage, regretta Harry. J'essaierai une autre fois.
- Ouais mais le truc, c'est que je vais m'y attendre, désormais, je vais être à l'affût… Et puis bon, je te connais trop bien, je vais vite te démasquer…
- Dis tout de suite que je suis trop prévisible, se vexa Harry.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, se défendit Draco. Mais prouve-moi le contraire, prouve-moi que tu ne l'es pas, proposa-t-il.
Harry n'hésita pas avant de tendre la main à Draco :
- Défi relevé.
Draco saisit la main de Harry et la serra.
- C'est comme ça que les couples se disent bonjour, maintenant ? J'en ai loupé, des choses, pendant mon absence…
Harry se retourna d'un coup en entendant la voix d'Ernie. Il était avec Justin, Hannah et Susan qui étaient tout sourire, visiblement ravis de se rendre à leur examen de potions en compagnie d'Ernie, même si celui-ci ne ferait pas l'examen.
- Oh, Hannah a dû tout te raconter, s'amusa Harry.
- Dis tout de suite que je suis une commère ! s'exclama Hannah.
Harry ne put s'empêcher de rire, Hannah ayant utilisé exactement les mêmes mots que lui quelques instants plus tôt.
- C'est bien ce que tu es, non ? la taquina Ernie.
- Je m'intéresse aux gens, c'est tout, nuança Hannah.
- Bon, pour te répondre, Ernie, Draco m'a lancé un défi que j'ai accepté, et nous avons symbolisé ça par une poignée de main, expliqua Harry.
- Un défi ? Lequel ? s'enquit Hannah.
- Je dois surprendre Draco.
- Oh, fastoche, intervint Blaise. Soit tu le demandes en mariage, soit tu innoves au lit, soit carrément les deux en même temps.
- Merci, Blaise, mais ce ne sera ni l'un, ni l'autre.
- C'est pourtant ce qu'il y a de plus simple…
- Dit celui qui n'a aucune expérience, rétorqua Pansy.
- T'en as, toi, peut-être ?
- Hé, ne vous disputez pas, tempéra Théo.
- Tiens, t'en penses quoi, toi ? C'est plus facile de surprendre son partenaire dans l'intimité, ou par un autre moyen ?
Théo sembla gêné, ce qui n'étonna pas Harry.
- Je n'ai pas d'avis là-dessus, se contenta d'indiquer Théo.
- Moi je pense que l'intimité, ça se vaut avec le fait de surgir de nulle part, estima Hannah.
- Ah non, c'est trop basique, ça, contesta Pansy.
- Basique, mais efficace, appuya Hannah.
- Le problème, quand on tente un truc dans l'intimité, c'est qu'il y a le risque que ça ne plaise pas à son partenaire, prévint Michaël, s'immisçant dans la conversation.
- Bon, on va faire un sondage, déclara Blaise. Hé, les gens, pour surprendre sa moitié, c'est quoi, le mieux ? Le faire au lit, ou autrement ?
Il y eut un bref moment de flottement, puis les élèves les plus ouverts à la discussion commencèrent à apporter leur pierre au débat. Harry gémit de désespoir. Cette histoire était complètement partie en cacahuètes… Cela se voyait que c'était la fin de l'année. Les esprits se libéraient. Et cela faisait du bien. Cela permettait aux élèves de se détendre avant l'examen de potions qui était redouté par bon nombre d'entre eux. Le professeur Snape ne tarda d'ailleurs pas à arriver, interrompant les échanges qui avaient lieu entre plusieurs élèves.
- Vous voilà bien silencieux, tout à coup, constata-t-il. De quoi parliez-vous ?
Harry devança tout le monde :
- Des ragots de Poudlard, prétendit-il. Ernie est de retour, il faut bien l'instruire sur tout ce qui s'est passé à Poudlard pendant qu'il était à Sainte-Mangouste…
- C'est très aimable à vous et à vos camarades, mais veillez à ne pas propager de fausses rumeurs…
Harry fut soulagé : le professeur Snape l'avait cru. Harry s'était empressé d'inventer un mensonge, ayant eu peur que Blaise ne dise la vérité et qu'il ne sonde leur professeur sur la question qui avait suscité le débat ! Il n'aurait manqué plus que ça et le malaise aurait été total… Harry se méfiait de tout, avec Blaise. Par chance, il avait sauvé la situation. Le professeur Snape fit entrer la classe, sans se douter une seule seconde du sujet qui avait divisé ses élèves avant qu'il ne pointe le bout de son nez. Avec tout ça, Harry était bien embêté. Il ignorait comment il allait honorer son défi. Il avait eu plein de pistes, grâce à Hannah et à d'autres élèves qui avaient argumenté, mais Draco avait assisté à tout cela, lui aussi… Tout en s'installant à une table, Harry opta pour la simplicité : il allait tenter une nouvelle fois de faire peur à son petit-ami en apparaissant derrière lui. C'était quitte ou double : soit Draco allait se dire que Harry ne serait pas suffisamment idiot pour réitérer l'expérience, soit il allait flairer sa stratégie et se préparer toute la journée à une attaque de sa part… Mais ce qu'il allait peut-être oublier, c'était que Harry avait un atout de taille : sa cape d'invisibilité… Le bémol, c'était que Harry n'avait pas le mot de passe de la salle commune de Serpentard, n'y étant pas allé depuis qu'il avait changé. Mais ce n'était pas un problème : il n'aurait qu'à le soutirer auprès de Théo qui serait enchanté de l'aider. Son plan était rondement mené, et il allait marcher ! C'était sa fierté qui était en jeu ! Mais c'était avant tout une petite guéguerre entre Draco et lui qui était tout à fait saine et qui n'avait rien de méchant. C'était une autre façon de décompresser en-dehors des examens. Ils avaient eu une année assez difficile comme ça, aussi tenaient-ils à la terminer de la manière la plus légère possible.
Plongé dans sa rêverie, Harry n'avait pas vu le professeur Snape distribuer les sujets. Ce ne fut que lorsqu'il annonça le début de l'épreuve que Harry fut ramené à la réalité. Il s'empara du parchemin et le lut :
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Répondez aux questions suivantes :
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1) Qu'est-ce qu'un bézoard, où le trouve-t-on, et à quoi sert-il ? (1,5 point)
2) Qu'est-ce que l'aconit ? Quels sont ses deux autres noms ? Qu'est-ce qui est qualifié de toxique dans l'aconit ? Citez deux potions où il entre dans la composition. (4 points)
3) Citez les trois ingrédients de la potion d'amnésie. (1,5 point)
4) Qu'est-ce que le polynectar ? Combien de temps fait-il effet ? Citez trois ingrédients. (3,5 points)
5) Quel ingrédient de la potion d'enflure doit être séché ? Quels sont les deux autres ingrédients de cette potion ? (2 points)
6) Quels sont les deux effets de la potion de ratatinage ? Que devient-elle si elle est mal préparée ? Quel potionniste a créé sa propre potion de ratatinage ? Citez trois autres potions qu'il a inventées. (4,5 points)
7) Quelle conduite le philtre de confusion génère-t-il ? À quel autre philtre est-il apparenté ? Citez les trois ingrédients que requiert la préparation de cette potion. (3,5 points)
8) Quelle est l'utilité de la potion Aiguise-Méninges ? De quelle potion neutralise-t-elle les effets ? Quels sont les deux animaux dont sont extraits deux des ingrédients ? (4 points)
9) Quels sont les deux effets du philtre de paix ? Quels sont ses effets secondaires lorsqu'il est mal préparé ? Comment doit être la mandragore utilisée dans la préparation ? Quel sirop figure parmi les ingrédients ? (4 points)
10) Quelle infusion est utilisée pour fabriquer un philtre revigorant ? Quel type d'eau est également utilisé ? (1 point)
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Sujet : Vous composerez sur les propriétés de la pierre de lune, son symbolisme, ses utilisations, ce qu'elle représente, ce à quoi elle est associée, et le phénomène qu'elle peut produire. Un minimum de quarante centimètres de parchemin est exigé. (10 points)
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«Ah ouais, ça ratisse vraiment les cinq années de cours» songea Harry. Il se félicita d'avoir révisé à fond, sans quoi il n'aurait pas pu traiter la moitié des questions… Pour le bézoard, c'était facile. Les points étaient largement offerts. Il en allait de même pour la définition de l'aconit et pour ses deux autres noms, même si cela lui faisait remonter des souvenirs peu agréables. C'était avec cette plante aux multiples noms que le professeur Snape l'avait piégé lors de son tout premier cours de potions. Il avait séché face au véritable interrogatoire que l'ancienne Terreur des cachots lui avait fait subir, ayant eu ses livres tard, l'été qui avait précédé sa première rentrée, et n'ayant donc pas eu le temps d'apprendre tout ce qui était marqué dans le manuel de potions… Mais ça, à l'époque, le professeur Snape s'en contrefichait, n'étant guidé que par son désir de mener la vie dure à l'élève qu'il haïssait par-dessus tout… À présent, leurs relations étaient plus qu'apaisées, et Harry était parfaitement au point sur l'aconit, sur celui qui l'avait découvert, sur ses synonymes, sur sa toxicité, sur les potions dont il était l'un des ingrédients… Ce n'était pas cela qui allait le bloquer, ni la potion d'amnésie, ni le polynectar, ni la potion d'enflure, ni la potion de ratatinage. En revanche, il fut bien incapable de se rappeler les potions que celui qui avait créé sa propre potion de ratatinage avait inventées. Après cinq minutes de réflexion, la lumière jaillit cependant dans son esprit où apparut le nom de l'une de ces potions. Mais pas les deux autres. Ayant bien mémorisé les effets de toutes les potions ainsi que leurs compositions, il n'eut aucun mal avec les questions qui portaient là-dessus, comme celle sur le philtre de confusion, la potion Aiguise-Méninges, le philtre de paix et le philtre revigorant. En fait, il n'y eut qu'une partie de la sixième question qui lui posa problème. S'il avait bien saisi le barème de celle-ci, il aurait en tout dix-huit points et demi sur les vingt obtenables dans ce premier exercice de l'examen. Il s'attaqua ensuite au second exercice qui concernait la pierre de lune. Ce n'était pas le sujet qu'il maîtrisait le plus, mais il aurait malgré tout de quoi remplir environ trente centimètres de parchemin. Ce n'étaient pas les quarante exigés, mais cela lui assurerait au moins la moyenne. Il écrivit tout ce dont il se souvenait, usant de l'heure et quart qu'il restait, et lorsqu'il remit sa copie au professeur Snape, il fut plutôt satisfait de son travail. Il s'en alla du cachot en même temps que la plupart de ses camarades, dont Ron, Justin et Pansy. Draco, Théo, Blaise, Terry et Hermione, de leur côté, patientaient devant la porte en bavardant à voix basse. Ils étaient sortis vingt à trente minutes avant la fin de l'examen, ce qui avait dérouté Harry qui, lui, aurait bien aimé avoir quinze minutes de plus ! Comment diable avaient-ils fait ?! Ce fut ce qu'il demanda :
- C'est quoi, votre secret, pour finir l'examen en une heure et demie ?!
- On a juste tout en tête, ça aide, expliqua Blaise. On va déjeuner ?
- Oui, il ne faut pas trop tarder, on a la pratique à treize heures…
Tous les membres de la bande approuvèrent. Ils s'éloignèrent des cachots et se rendirent à la Grande Salle. Ils se séparèrent après s'être promis de s'attendre près de l'entrée et allèrent s'asseoir à leurs tables respectives. Harry, qui s'était peu nourri le matin-même à cause de la boule due au trac qu'il avait dans le ventre, et qui avait désormais une faim de loup, mangea d'un bon appétit malgré le fait qu'il était toujours stressé par la pratique. Mais le corps avait ses limites, et le sien le lui faisait bien sentir !
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Trois quarts d'heure plus tard, Harry et ses amis étaient dans un autre cachot que celui où ils avaient eu leur examen théorique, ce dernier ayant été réquisitionné pour les quatrième année. Une fois tout le monde installé, le professeur Snape prit la parole :
- Vous avez l'air en forme, c'est une bonne chose, car vous allez avoir besoin de toutes vos facultés pour cette épreuve. Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : la potion que vous devrez fabriquer, c'est la solution de force. Vous n'avez que trois heures pour concocter cette potion qui est relativement longue et pour rédiger votre compte rendu, c'est pourquoi je vous conseille de profiter de chaque pause dans la production pour écrire vos constats et vos analyses. Bien, je vais distribuer les consignes de la potion et vous pourrez vous lancer.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le professeur Snape fit le tour du cachot afin de donner la recette à tout le monde. Lorsque tous les élèves eurent le parchemin, l'examen put commencer. Harry lut le contenu de la feuille et alla chercher tout ce qui lui serait nécessaire. Revenu à son pupitre, il s'autorisa deux minutes de répit pour réfléchir à son organisation. Il n'y avait pas que la longueur de la préparation qui faisait que les trois heures allaient être courtes, il y avait aussi le fait que sur les dix ingrédients, quatre n'étaient pas dans l'état dans lequel ils devaient être dans la potion… L'armoise était déjà en infusion, tout comme le sang de salamandre, la poudre de pieuvre, l'essence de Belladone, le jus de grenade et l'huile de ricin étaient déjà en fiole, mais en parallèle, il y avait les racines d'asphodèle et les ongles de griffon à réduire en poudre, le napel à émietter, et les dards de Billywig à écraser… Et cela ne se faisait pas en dix secondes… Bon, avant tout, Harry décida de doser ses ingrédients. Pour cela, il relut la liste :
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20 cl de sang de salamandre
10 grammes d'ongles de griffon
15 grammes de poudre de pieuvre
25 cl d'infusion d'armoise
10 grammes de racines d'asphodèle
5 grammes de Napel
20 cl d'essence de Belladone
3 grammes de dard de Billywig
25 cl d'huile de ricin
20 cl de jus de grenade
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Bon, vu que les ongles de griffon, les racines d'asphodèle, le napel et les dards de Billywig étaient encore entiers, Harry ne put à l'heure actuelle que doser les liquides. Il était bien content de ne pas avoir à récolter le sang de salamandre ou l'essence de Belladone, à presser des grenades ou à infuser l'armoise… «C'est ça de moins à faire» se dit-il. Ces ingrédients étaient tous dans des fioles de trente centilitres, il y avait juste à verser la bonne quantité de chaque dans une autre fiole. Mais la première chose à faire, c'était de remplir le chaudron d'eau et la faire bouillir. Ainsi, pendant que Harry dosait ses liquides, l'eau chaufferait… Ou l'inverse, mais ce n'était pas très important. Il jeta donc un Aguamenti dans le chaudron et lança un sort de chaleur jusqu'à ce que celui-ci atteigne les soixante degrés, comme énoncé dans la première étape. Puis Harry s'occupa des quatre ingrédients à doser. En un peu moins de dix minutes, ceci fut fait. «On va entamer les choses sérieuses» songea-t-il. Afin d'adopter la bonne stratégie, il vérifia une nouvelle fois les instructions :
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1 – Remplir d'eau le chaudron aux trois quarts et faire chauffer à 60°
2 – Verser 5 grammes d'ongles de griffon
3 – Ajouter 5 grammes de poudre de pieuvre
4 – Faire 4 tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 65° pendant 8 minutes
5 – Verser 10 cl d'infusion d'armoise
6 – Ajouter 10 grammes de racines d'asphodèle
7 – Faire 6 tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 60° pendant 8 minutes
8 – Verser 10 cl de sang de salamandre
9 – Faire 4 tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 65° pendant 5 minutes
10 – Incorporer 5 grammes de Napel
11 – Ajouter 10 cl d'essence de Belladone
12 – Faire 6 tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 60° pendant 12 minutes
13 – Verser 5 grammes d'ongles de griffon
14 – Ajouter 15 cl d'infusion d'armoise
15 – Faire 7 tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 65° pendant 11 minutes
16 – Incorporer 3 grammes de dards de Billywig
17 – Ajouter 10 cl de jus de grenade
18 – Faire 6 tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 70° pendant 7 minutes
19 – Verser 5 grammes de poudre de pieuvre
20 – Ajouter 10 cl d'huile de ricin
21 – Faire 6 tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 65° pendant 10 minutes
22 – Verser 10 cl d'essence de Belladone
23 – Faire 3 tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 60° pendant 4 minutes
24 – Ajouter 15 cl d'huile de ricin
25 – Faire 4 tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 65° pendant 6 minutes
26 – Incorporer 5 grammes de poudre de pieuvre
27 – Ajouter 10 cl de jus de grenade
28 – Faire 6 tours dans le sens des aiguilles d'une montre et laisser bouillir à 70° pendant 14 minutes
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Sans perdre de temps, Harry coupa les ongles de griffon. C'était très difficile d'en faire une poudre, car c'était un ingrédient très solide. Il y parvint néanmoins en appuyant fort dessus la lame de son couteau. Il en versa cinq grammes dans le chaudron et ajouta autant de poudre de pieuvre. Il augmenta la température de cinq degrés et fit quatre tours dans le sens indiqué. Le plus dur dans cet exercice, cela allait être de ne pas se tromper entre tous les chiffres qu'il y avait dans la recette… Et l'attention, c'était bien ce qui lui faisait le plus défaut. Tandis que ça chauffait, il réduisit en poudre les racines d'asphodèle. Ce n'était que pour la sixième étape, mais il avait huit minutes de pause, et elles étaient à utiliser à bon escient. Et ce n'était pas après la cinquième étape qu'il allait broyer ses racines, car elles étaient à incorporer aussitôt après l'infusion d'armoise… Il n'en était qu'au début, mais le stress montait insidieusement en lui, provoquant de légers tremblements qui, heureusement, n'eurent aucun impact sur ses gestes. Il obtint sa poudre en trois minutes et se dépêcha de marquer ses premières observations qu'il détaillerait quand il aurait fini sa potion. Il vida la fiole d'infusion d'armoise et sa soucoupe de racines d'asphodèle dans le chaudron, effectua six tours avec sa spatule et baissa la température de cinq degrés, ce qu'il faillit oublier et ce dont il se souvint in extremis. Il avait de nouveau huit minutes devant lui, dont il profita pour émietter son napel. Il n'y avait rien de plus simple : les feuilles étant très fines, il suffisait de les frotter entre les doigts pour les désagréger. Cela fut vite fait, et il utilisa les deux minutes qu'il avait à sa disposition pour progresser dans son compte rendu. Le négliger et se concentrer sur la potion était très tentant, mais c'était une mauvaise idée car il représentait quarante pour cent de la note. Il fallait tout y inscrire : pourquoi tel ingrédient était requis, pourquoi tel ingrédient devait être fragmenté ou réduit en poudre, ce qu'il apportait à la potion… Par exemple, la poudre de pieuvre intensifiait la puissance de la potion. Cet élément était donc indispensable dans la solution de force dont le but était de donner plus de force au sorcier qui la consommait. Lorsque les cinq minutes furent écoulées, Harry versa les dix centilitres de sang de salamandre, effectua quatre tours et amena la température à soixante-cinq degrés. N'ayant que cinq minutes de battement, il écrivit quelques mots sur son parchemin. Il était bon au niveau du temps : il était question de cinq autres grammes d'ongles de griffon à la douzième étape, mais Harry les avait déjà, ayant recueilli dix grammes d'emblée pour être tranquille ensuite. Il avait aussi son napel qu'il ajouta, ainsi que les dix centilitres d'essence de Belladone. Il fit six tours et baissa la température de cinq degrés. Il anticipa la seizième étape en écrasant les dards de Billywig et lorsqu'il en eut assez, il survola la recette et s'aperçut qu'il n'avait plus rien à faire avec les ingrédients. Il allait pouvoir se focaliser sur son rapport. Mais, d'abord, il versa les cinq grammes d'ongles de griffon et les quinze centilitres d'infusion d'armoise. Il fit sept tours et monta la température à soixante-cinq degrés. Il se remit à son parchemin sur lequel il continua à décrire et à analyser ce qu'il avait fait. Onze minutes plus tard, il ajouta les trois grammes de dards de billywig et les dix centilitres de jus de grenade.
- Il vous reste deux heures, déclara le professeur Snape.
Si, les années précédentes, cette précision angoissait Harry, là, cela ne lui faisait absolument rien. Il fit six tours et haussa de nouveau la température de cinq degrés. Alors qu'il trempait sa plume dans son encrier, il entendit un juron de Seamus derrière lui. Il avait sûrement fait une erreur qui allait lui coûter cher. Et il ne fut que le premier d'une longue liste à manifester sa frustration… Mais pour les trois quarts de ceux qui râlèrent et bougonnèrent, ce n'étaient que des petites fautes qui n'eurent pas d'incidence majeure sur leur potion. Mais pour Seamus, Neville et Wayne Hopkins, c'était une autre histoire… Après avoir fait chauffer sept minutes sa mixture à soixante-dix degrés, Harry incorpora cinq grammes de poudre de pieuvre et dix centilitres d'huile de ricin. Du moins, c'était ce qu'il était censé faire, mais il confondit l'huile de ricin et l'essence de Belladone. Par chance, il vit sa bourde quand il pencha sa fiole, et le temps qu'il ait le réflexe de la redresser, il ne versa que deux ou trois centilitres d'essence de Belladone. Mais c'étaient des centilitres de trop. Il était dépité mais il garda la tête froide. Il attrapa cette fois-ci la bonne fiole et ajouta dix centilitres d'huile de ricin. Il fit six tours et baissa la température de cinq degrés. N'ayant plus que sept ou huit centilitres d'essence de Belladone dans la fiole dont il allait avoir besoin pour l'étape suivante, il la compléta, puis il reporta son attention sur son parchemin. Quand les dix minutes furent passées, il vida sa fiole d'essence de Belladone, mélangea en faisant trois tours et baissa la température à soixante degrés. Il gratta quatre minutes sur sa feuille et versa ensuite quinze centilitres d'huile de ricin dans le chaudron. Il effectua quatre tours et fit bouillir six minutes sa potion à soixante-cinq degrés. Il y intégra cinq grammes de poudre de pieuvre ainsi que dix centilitres de jus de grenade, fit les six derniers tours de la recette et éleva la température à soixante-dix degrés. Il soupira de soulagement : il avait fini la potion. Enfin, elle devait encore chauffer pendant quatorze minutes, il n'avait donc pas réellement fini sa potion, mais c'était tout comme. Durant près d'un quart d'heure, il se débarrassa des ingrédients dont il ne s'était pas servi, soit en les rangeant dans leurs boîtes, soit en les mettant à la poubelle, et il nettoya sa table qui était pleine de tâches et de miettes. Puis il éteignit le feu et remplit une fiole du contenu de son chaudron. Il étiqueta son échantillon dont il était fier en dépit de l'erreur qu'il avait faite à la vingtième étape. Il avait tout de même sauvé les meubles en ayant rapidement réagi. Grâce à cela, la bourde qu'il avait faite n'avait pas eu de graves conséquences : sa potion était juste d'un bleu plus clair que celui qu'elle aurait dû avoir. Ce qui était plus embêtant, en revanche, c'était qu'elle allait avoir moins d'effet à cause de ce léger excès d'essence de Belladone. Si cet ingrédient entrait dans la composition de la potion, c'était pour contrer les propriétés un peu trop énergétiques de la poudre de pieuvre. Certes, c'était une solution de force, mais l'objectif de ceux qui prenaient cette potion, c'était d'avoir davantage de force, et non de devenir une vraie pile électrique… C'était le risque qui était encouru par quiconque buvait une solution de force trop dosée en poudre de pieuvre. L'essence de Belladone apaisait ce côté ravageur, mais s'il y en avait trop, cela amoindrissait la puissance de la potion… Ce fut ce que nota Harry dans son rapport qu'il poursuivit après avoir fait tout ce qu'il avait à faire. Il avait une heure quinze pour le terminer, ce qui était court, avec tout ce qu'il y avait à marquer, mais c'était faisable. Ce fut tendu, et stressant, mais il y parvint. À seize heures tapantes, il posa sa fiole et son parchemin sur le bureau du professeur Snape et quitta le cachot en même temps que la majorité de ses camarades. Il y avait environ dix élèves qui étaient partis en avance, et parmi eux, deux profils se distinguaient : ceux qui avaient simplement fait acte de présence ou qui avaient fait les premières étapes de la potion sans se donner la peine de la faire jusqu'au bout, ne conservant pas cette matière en sixième année et se fichant donc du résultat qu'ils auraient, et ceux qui avaient raté leur potion et qui n'avaient pas eu grand-chose à dire dans leur compte rendu. Aucun membre de la bande n'était concerné par l'un de ces deux cas, pas même Ron, qui allait pourtant abandonner les potions. Ce fut lui le premier qui livra son état d'esprit une fois sorti du cachot :
- Pouah, qu'est-ce que c'était long… On n'a pas idée de nous faire fabriquer une potion qui contient vingt-huit étapes pour un examen ! J'ai cru que ma tête allait exploser…
- Mais pourquoi es-tu resté aussi longtemps ? s'intrigua Harry. Tu as bien décidé de laisser tomber les potions, non ?
- Oui, mais je voulais faire un effort, voir ce que j'étais capable de faire. Et je n'ai pas été déçu. Ma potion n'est clairement pas parfaite, mais c'est celle que j'ai le mieux réussi de toutes celles qu'on a apprises.
- C'est dommage que tu arrêtes les potions, du coup, regretta Hermione. Tu as du potentiel.
- Je ne pourrais jamais suivre le rythme, Hermione. Bon, et vous, alors ? Comment ça s'est passé ?
- Bien, répondirent Blaise, Terry et Hermione.
- Bah, comme d'hab, c'était facile. Mais mon avis est biaisé, car pour ceux et celles qui se destinent à être potionnistes, même les potions les plus dures que nous avons étudiées, comme la solution de force, ne sont pas du tout compliquées pour nous, enchaîna Draco, approuvé par Théo.
- Ce serait inquiétant qu'on vous dise qu'on a eu du mal, renchérit celui-ci.
- Mais si on vous impose une potion au programme de votre formation, là, vous allez avoir plus de difficultés ?
- Évidemment, on en aurait même avec une potion au programme de la septième année… On n'est pas des génies non plus, on a juste des facilités car on s'intéresse énormément au vaste domaine des potions. Mais bref, et vous, les autres ?
- C'était plutôt cool, jugea Pansy.
- On n'a pas eu affaire à la même potion, grimaça Justin. J'ai galéré, mais en combinant la théorie et la pratique, je devrais m'en tirer avec un Effort Exceptionnel. Ce qui va me sauver, c'est la théorie. Sans ça, s'il n'y avait que la pratique, j'aurais un Acceptable. Il va falloir que je m'accroche l'année prochaine si je veux avoir un Effort Exceptionnel aux ASPIC dans deux ans et intégrer la formation de kinémage…
- Je t'aiderai, promit Théo. On continuera les cours particuliers.
- Tu es sûr que tu auras le temps pour ça ? s'inquiéta Terry. Entre les cours, les devoirs, tes fonctions de suppléant et de co-capitaine, les séances de travail en binôme, les entraînements et les matchs de Quidditch… Ça ne va pas faire un peu trop ?
- Je verrai bien, mais je sais m'organiser, donc ça ira, je pense, estima Théo. Et toi, Harry ? Tu t'en es bien sorti ?
- Franchement, oui, ça va. J'ai fait une erreur en versant de l'essence de Belladone au lieu de l'huile de ricin, mais ça n'a pas empêché la potion d'avoir la bonne couleur à la fin de la préparation.
- Bon, c'est le principal, conclut Draco. Qu'est-ce que vous allez faire, vous ?
- Me reposer, décréta Justin.
- Pareil, trois heures dans les effluves, ça m'a assommée, plaisanta Pansy.
- Mais trop, je piquais presque du nez au-dessus de mon chaudron, rigola Ron.
- On va tous se réfugier dans nos salles communes, dans ce cas, car c'est ce que je vais faire aussi, confia Terry.
- D'accord, vous avez raison, il faut reprendre des forces pour affronter la suite des examens ! On se retrouvera demain matin pour celui d'histoire de la magie, indiqua Draco.
Tous acquiescèrent, puis Justin, Pansy, Ron et Terry s'en allèrent, partant chacun dans une direction différente, tandis que Draco, Blaise, Théo et Hermione, qui, apparemment, n'étaient pas rassasiés en termes de potions, se lancèrent dans un débat sur celles qui étaient les plus compliquées à maîtriser. Voyant que Théo écoutait plus qu'il ne participait, Harry le rejoignit discrètement :
- Pssst, Théo, chuchota-t-il.
Théo pivota vers lui. Harry l'entraîna un peu à l'écart.
- Est-ce que tu peux me dire quel est le mot de passe de ta salle commune, s'il te plaît ?
Théo sembla perplexe.
- Ce n'est pas Draco qui te le donne, d'habitude ?
- Si, mais il ne doit pas savoir que je l'ai…
Un éclair de compréhension traversa le regard de Théo. Puis un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres.
- Écorce de wiggentree, révéla-t-il.
Surpris, Harry haussa les sourcils.
- Attends, j'ai bien vu que tu avais deviné mes intentions, alors pourquoi…
- Petite vengeance personnelle, expliqua Théo. Il y a eu une petite fête dans le dortoir, samedi soir, avec Blaise, Pansy et Draco, et il y avait de l'alcool, car selon Draco, sinon, «c'était pas drôle». Sur les coups de minuit, Blaise et Pansy sont allés se coucher et je me suis retrouvé seul avec Draco… Il a souhaité prolonger la soirée, ce que j'ai accepté. Je n'aurais pas dû. J'étais déjà un peu pompette et il en a profité pour me faire dire des choses que je n'aurais jamais dévoilées en étant sobre. Bon, c'était entre nous, donc ce n'est pas bien grave, mais c'était vilain de sa part. En plus, il m'a torturé en me chatouillant, ce dont j'ai horreur, pour me faire avouer des trucs. Même si, en vrai, je me suis amusé comme je l'ai rarement fait, il est hors de question qu'il s'en tire comme ça. J'espère que tu as une bonne idée pour lui faire peur…
Harry vérifia que Draco, Blaise et Hermione étaient toujours plongés dans leur conversation, puis il se retourna et exposa son plan à Théo…
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POV Draco
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Draco était confortablement assis dans un coin de la salle commune, un livre portant sur les potions à la main, à l'image de Blaise, Pansy et Théo, eux aussi bien installés et plongés dans leurs lectures respectives, quand Daphné vint les interrompre dans leur activité.
- Draco ?
- Oui ? fit Draco en levant les yeux.
- Astoria m'envoie pour te demander où et quand elle est le plus susceptible de te trouver. Car elle te cherche ici depuis plusieurs jours mais tu ne sembles jamais être là en même temps qu'elle… Sauf une ou deux fois, mais tu partais au moment où elle arrivait…
- Oh, c'est bête, feignit Draco.
- Et tu manges en quatrième vitesse, dernièrement, ce qui fait que quand tu quittes la Grande Salle, elle n'a pas fini de manger et elle ne peut donc pas te courir après… Elle aimerait te parler avant les vacances, et plus ça va, plus elle désespère de réussir à te coincer…
- Non, il faut qu'elle persévère, je tâcherai d'être plus souvent présent dans la salle commune.
- Merci, Draco. Je le lui dirai.
Daphné s'en alla sur ces mots.
- Draco, tu es un sacré hypocrite, affirma Pansy.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? s'étonna Draco d'un air innocent.
- Tu as joué la comédie ! C'est normal qu'Astoria ne tombe jamais sur toi puisque tu fais tout pour l'éviter !
- J'évite une discussion qui ne mènera à rien, nuance, rétorqua Draco. Elle veut à tout prix intégrer l'équipe de Quidditch l'année prochaine mais elle rêve, il en est hors de question. Et je sais très bien pourquoi elle tient à ce qu'on règle ça maintenant alors que je ne suis même pas encore capitaine et que les sélections n'auront lieu qu'un mois après la rentrée. Elle souhaite savoir s'il y a des chances que je l'accepte si elle fait une bonne prestation ou si je compte l'évincer peu importe comment elle se débrouillera, afin qu'elle sache si ça vaut la peine qu'elle achète un balai pendant les vacances.
- Ce ne serait pas très cool de ta part de ne pas tenir compte de sa prestation et de l'écarter d'office, intervint Blaise.
- Il n'y aura pas de prestation, vu que je vais faire mon maximum pour la dissuader de se présenter aux sélections, décréta Draco. Si elle est là, ça va être l'enfer, elle va être impossible à gérer… C'est pour ça que je n'ai aucune envie de l'avoir dans l'équipe.
- Elle ne va pas abandonner aussi facilement, prédit Théo. Elle a plus d'un tour dans son sac. D'ici à ce qu'elle aille se plaindre à ton parrain pour qu'il te force à te comporter avec elle comme avec les autres potentiels candidats, même lors des sélections, il n'y a qu'un pas…
- Elle n'irait pas faire ça ?! s'horrifia Draco.
- N'oublie pas que c'est Astoria…
- Non mais si elle va jusque-là, je suis fichu, se lamenta Draco. Je ne peux rien, contre Severus…
- Oui, et elle en est consciente.
Draco soupira.
- Je dois donner l'impression de la détester alors que c'est tout le contraire, je l'adore, mais on a des personnalités tellement incompatibles… Ce serait vraiment la guerre, sur le terrain.
Théo s'apprêta à répondre, mais Pansy le coupa :
- Tiens, étrange, la porte s'est ouverte toute seule…
Draco fronça les sourcils.
- T'es sûre ?
- Oui, je viens de la voir…
- Si on était dans le monde moldu, je dirais que c'est un fantôme, mais on est dans le monde sorcier et chez nous, ils sont visibles…
- Oooh, tu as des références que tu n'aurais pas eues même pas un an en arrière, constata Blaise.
- C'est ça, d'avoir un petit-ami qui a grandi parmi les moldus, souligna Pansy.
Ces mots, pourtant lancés sur le ton de la rigolade, agirent comme un déclic chez Draco. Il faillit se taper le front avec la main.
- Oh non, il n'a pas fait ça…
- Quoi ? s'inquiéta Pansy.
- Et il a cru m'avoir comme ça ?
- Mais de quoi tu parles ?!
- De Harry. J'ignore où il est dans la salle en ce moment-même, mais c'est lui qui est entré en mode invisible.
- Comment aurait-il fait ?
- Grâce à sa cape, révéla Pansy à la place de Draco.
- C'était ça, son plan, pour te faire peur ? lâcha Blaise, perplexe. Mais il sait que tu es au courant de l'existence de cette cape…
- Oui, mais il a dû se dire que je n'allais pas y penser… Il me déçoit.
- Ne soyez pas trop durs avec lui, il a beau avoir un côté Serpentard et être rusé, il ne l'est pas autant que nous qui sommes de vrais Serpentard, plaida Théo.
- On ferait mieux de se taire, il est à quelques tables de nous, j'ai vu une chaise bouger sans raison apparente. S'il nous entend, il va comprendre qu'on l'a démasqué et ce serait dommage qu'il n'aille pas au bout de son plan… Histoire qu'il ne soit pas trop frustré.
Draco, Théo et Pansy approuvèrent les paroles de Blaise. Chacun se replongea dans sa lecture. Une minute plus tard, deux mains se posèrent d'un coup sur les épaules de Draco tandis que deux lèvres lui chuchotèrent un «bouh» tout près de son oreille. S'étant préparé à cet assaut, il ne cilla presque pas, ce qui lui valut un grognement derrière lui.
- Tu m'as grillé ?
- Oui, Pansy a vu la porte s'ouvrir.
- Décidément, j'ai pas de chance avec elle, aujourd'hui, plaisanta Harry. Elle a une dent contre moi, à mon avis, même si je ne lui ai rien fait…
- Non, cette fois, j'étais à mille lieues d'imaginer que c'était toi, se défendit Pansy. Mais c'est vrai que ça fait deux fois que je sabote ton plan…
- Tu as des yeux partout, en fait, ce qui est pratique pour Draco, mais pas pour moi… Ça vous gêne si je m'installe avec vous ?
- Bien sûr que non, mais tu vas effrayer tout le monde si tu enlèves ta cape, prévint Draco.
- Eh bien je n'ai qu'à la garder, dit Harry en s'asseyant sur les genoux de Draco.
- Ah ouais, t'es comme ça, toi…
- Ça te dérange ?
- Non, pas du tout, c'est très agréable, mais je ne peux pas croiser mes bras autour de ta taille ou te faire des bisous où que ce soit, sinon les gens vont me prendre pour un fou, car pour eux, je ferais ça dans le vide…
Harry se mit à rire.
- Ce serait drôle ! Mais notre conversation doit leur parvenir, quand-même…
- Non, on est relativement à l'écart, et la plupart se sont entourés d'un sort de silence.
- Bon bah tu vas être obligé de te retenir.
- À moins qu'on aille dans mon dortoir… On n'aura même pas à subir les quolibets qu'on aurait en temps normal, vu que pour les autres, je serais seul…
- Pas faux. Profitons-en, alors !
Harry se leva, permettant à Draco de faire de même.
- Pas besoin de nous dire où vous allez, on a assisté à toute votre réflexion, ironisa Blaise.
- Parfait, vous saurez que je serai indisponible jusqu'à ce soir, enchaîna Draco du tac au tac. Allez, à tout à l'heure dans la Grande Salle.
Ce fut sur ces salutations que Draco et Harry s'éloignèrent. Ils prirent les escaliers et montèrent au dortoir de Draco. Ils se dirigèrent vers le lit de celui-ci où Harry s'affala sans aucune grâce, toujours recouvert de sa cape, que Draco lui ôta.
- Hé, ma cape ! protesta Harry.
- Elle ne te sera plus utile, sauf si tu préfères rester caché et qu'on ne fasse rien de spécial…
- Non, ça, ce n'était pas du tout dans mes projets, annonça malicieusement Harry.
- Ooooh, c'est pour ça que tu n'as pas hésité à me suivre ici ?
- Tout à fait. Ce n'était pas le but, à la base, mais avoir été sur tes genoux, ça m'a donné envie d'être plus proche de toi…
Ces mots, qui étaient déjà assez explicites, firent apparaître dans l'esprit de Draco une situation où Harry serait également sur lui, mais dans un contexte beaucoup plus intime. Il rougit et se morigéna d'avoir des idées pareilles. Ils n'en étaient pas là, mais cela témoignait du profond désir que Draco avait envers Harry, et du fait qu'il avait hâte de s'unir enfin avec lui… Mais ce n'était pas à l'ordre du jour, et ils ne le feraient que lorsque ce serait le bon moment pour Harry.
- Ça tombe bien, car moi aussi, déclara Draco.
Il rejoignit Harry sur le lit et le surplomba. Il posa ses lèvres sur celles de son Gryffondor chéri qu'il entraîna dans un baiser d'abord doux et amoureux, puis de plus en plus fougueux et passionné. Les mains ne demeurèrent pas inactives longtemps et caressèrent tout ce qu'elles avaient à leur portée, c'est-à-dire pas grand-chose, étant donné qu'ils étaient tout habillés. Aussi se délestèrent-ils bientôt de leurs robes de sorcier et de leurs chemises. Ils purent ainsi explorer le torse de l'autre à volonté, ce dont ils profitèrent allègrement. Les choses allaient plus vite que d'habitude, mais cela ne sembla gêner ni l'un, ni l'autre. Draco en eut la preuve lorsque Harry l'attira plus près de lui. En fait, c'était lui qui était le plus excité. C'était arrivé quelques fois, mais c'était la première fois que Harry était entreprenant à ce point dès le début de leurs ébats. Mais tant qu'il ne formulerait pas à voix haute ce qu'il voulait, Draco ne tenterait rien. Il prolongea donc le baiser tout en parcourant de ses mains le ventre, les pectoraux et les hanches de Harry qui faisait comme lui mais qui cherchait davantage de contact. Draco fit comme s'il ne s'apercevait de rien, mais il paya son petit jeu quand Harry envoya son bassin vers le sien. Même si Draco n'était pas aussi émoustillé que Harry, son sexe avait tout de légèrement réagi, et le contact de l'érection bien présente de Harry contre la sienne l'électrisa. Il ne put réprimer un petit gémissement qui fut cependant très discret comparé à celui de Harry.
- Tu veux qu'on jouisse en cinq minutes chrono ou quoi ? pouffa Draco.
- Non, je veux surtout te montrer que c'est très tendu, chez moi, et qu'il vaudrait mieux ne pas trop s'éterniser, répliqua Harry.
- Mais tu as une bouche pour dire tout ça, non ?
- J'aurais pu l'utiliser si elle n'avait pas été bâillonnée par celle de mon petit-ami, se justifia Harry.
- Ah et ça va être de ma faute, en plus ? Bon, tu as de la chance, je vais être magnanime et ne pas te faire languir plus que nécessaire. Ce serait bête que tu jouisses sans moi…
- Je ne sais pas pourquoi j'ai une libido aussi forte, aujourd'hui…
- Ce doit être la pression des examens qui retombe, expliqua Draco. On a eu deux heures de théorie ce matin et trois heures de pratique cet après-midi, ce n'est pas rien… Mais c'est une bonne chose que ta libido se soit réveillée.
- Oui, je me doute bien que ça t'arrange, se moqua gentiment Harry. Mais tu n'en es pas du tout au même point que moi…
- Je me contrôle, c'est pour ça. Mais je vais arrêter de me brider et je vais vite te rattraper…
- Je peux t'y aider, si tu veux, vu que tu te plaignais du fait que je ne me servais pas de ma bouche, suggéra malicieusement Harry.
Draco écarquilla les yeux.
- Mais qu'est-ce qui te prend, nom d'un dragon ? Ce n'est pas ton genre d'être aussi direct…
- La pression des examens qui retombe, s'amusa Harry, reprenant les mots de Draco.
Celui-ci adopta un air indigné qui fit éclater de rire Harry. Face à ce son qui avait le don de lui ravir les oreilles, Draco en oublia que son petit-ami venait de le copier. Il se jeta sur les lèvres de Harry et l'embrassa avec tout l'amour qu'il avait pour lui. Puis il chuchota quelques mots à Harry :
- Ta proposition était très alléchante, mais ce ne sera pas pour cette fois, j'ai envie qu'on se soulage en même temps… Mais pour ça, il faut qu'on soit moins habillés…
- Oui, mon jean me serre affreusement…
- Tu vas être plus à l'aise dans un instant.
En bon prince qu'il était, et parce que Harry était plus inconfortable que lui, Draco le débarrassa en premier de son pantalon, avant de faire de même avec le sien. Il s'allongea ensuite sur Harry, faisant se rencontrer leurs sexes à travers leurs caleçons, ce qui leur arracha un soupir de bien-être. Draco se mut lentement et déposa des baisers aériens dans le cou de Harry tandis que ses mains voguaient sur le corps offert à lui. En l'espace de deux minutes, Harry ne fut plus qu'une masse gémissante de plaisir. Il avait enfoui ses mains dans les cheveux de Draco dans lesquels il fourrageait.
- Draco, tu me fais trop de bien pour que je t'en fasse aussi… Je vais réellement venir sans toi, je ne suis pas un surhomme…
- Eh bien empêche-moi de te toucher, rétorqua Draco.
Il regretta d'avoir parlé sans réfléchir en voyant la lueur de défi dans les yeux de Harry. Sans qu'il n'ait le temps de deviner les intentions de son petit-ami, ce dernier le fit basculer sous lui, récupéra sa propre baguette sur la table de chevet, se saisit de ses poignets et les lia avec un sort de ligotage.
- Tu n'aurais pas dû me tenter, je ne te libérerai que quand tu seras aussi excité que moi.
- Espèce de sadique, grommela Draco. Mais vas-y, je t'en prie, fais ce que tu veux de moi…
Harry ne se fit pas prier et s'attaqua derechef aux tétons de Draco. Il les agaça un peu, les tritura, les pinça, les fit rouler sous ses doigts, qu'il ne tarda pas à remplacer par ses dents qui mordillèrent sans pitié les deux bouts de chair… Pendant qu'elles étaient en action, il profita d'avoir les mains libres pour les faire voyager sur le corps de Draco. Torse, ventre, cuisses, intérieur des cuisses… Rien ne leur échappa. Rien, sauf la partie de l'anatomie de Draco qui réclamait le plus d'attention. Car avec tout cela, Harry avait réussi à le stimuler et il pulsait à présent douloureusement dans le caleçon de Draco qui se retenait pour ne pas hurler à Harry de cesser son manège. Mais quand son érection fut effleurée par une des paumes de Harry, il capitula :
- Harry, par pitié, détache-moi, et je te promets que je vais m'occuper de nous…
Harry eut un sourire satisfait et fit disparaître les liens de Draco. Il n'en fallut pas plus à Draco pour repousser Harry et se repositionner au-dessus de lui.
- Bon, je crois qu'on a assez joué, tu es partant pour qu'on passe aux choses sérieuses ?
- Tu te fous de moi ?! Je ne rêve que de ça depuis tout à l'heure !
Draco éclata de rire et pour se faire pardonner, il se dépêcha d'enlever le caleçon de Harry ainsi que le sien. Il se coucha de nouveau sur son Gryffondor chéri et tous deux gémirent lorsque leurs sexes entrèrent en contact. Draco se mit aussitôt à se frotter contre Harry afin de créer des mouvements de friction. Le coin du dortoir de Draco se remplit très vite de leurs soupirs et de leurs gémissements, Harry accompagnant du mieux qu'il put les ondulations de Draco. Mais alors que le plaisir montait de façon vertigineuse chez Draco, Harry l'incita soudain à s'immobiliser. Bien que perplexe, Draco obtempéra, mais regarda Harry avec étonnement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait un truc qui ne t'a pas plu ?
- Non, non… C'est juste que… j'ai besoin de plus.
- Comment ça ?
Pour toute réponse, Harry prit une des mains de Draco et la dirigea vers ses cuisses qu'il ouvrit. La lumière se fit dans l'esprit de Draco. La requête était plus claire que de l'eau de roche.
- Si ça ne te gêne pas, évidemment…
- Mais non, bien sûr que non, dit Draco en souriant. Je suis simplement surpris que tu me demandes ça aussi facilement… Mais ça va retarder notre jouissance, du coup. Ce n'est pas un problème pour moi, mais pour toi, en revanche…
- Je suis capable d'attendre, affirma Harry. J'aurais très bien pu jouir rien qu'avec ce qu'on faisait, mais ce sera meilleur avec tes doigts en moi…
- Je comprends, et ce sera un régal pour mes yeux de te voir te perdre dans l'extase…
Draco attrapa sa baguette, lubrifia ses doigts d'un sort et faufila l'un d'entre eux entre les fesses de Harry. Il tâta l'anneau de chair et le caressa pour le détendre, puis il inséra délicatement son doigt. Harry porta immédiatement son poing à la bouche et le mordit, ce que réprouva Draco :
- Non, Harry, fais-moi entendre le bien que je te fais… N'aie pas honte, c'est tout à fait normal…
Harry ne chercha pas à lutter et exprima librement le plaisir que lui prodigua l'insertion de l'index de Draco dans son intimité. Draco n'attendit pas, conscient que ce ne serait que la torture pour son petit-ami, et effectua des va-et-vient qui firent gémir Harry de la plus exquise des façons.
- Draco, mets-en un autre, s'il te plaît…
Draco obéit et titilla l'anus de Harry de son majeur avant de le faire pénétrer avec précaution. Il fut rassuré par le soupir appréciateur que poussa Harry et il glissa entièrement son doigt entre les chairs chaudes et accueillantes. Il laissa Harry s'habituer à la présence de ces deux intrus, mais, impatient, Harry lui fit signe après seulement une minute de bouger ses doigts, ce que fit Draco. Il les retira et les rengaina doucement. Il répéta l'opération plusieurs fois avec la même lenteur, et voyant que cela n'avait pour effet que de frustrer Harry, il accéléra la cadence. Si, jusque-là, ils s'en étaient tenus à deux doigts, Draco voulut aller plus loin. Il écarta ses deux doigts avec toute la douceur du monde, autant pour ne pas blesser Harry que pour lui faire deviner ses intentions, et lui donner l'occasion de s'y soustraire s'il n'était pas d'accord pour accepter un troisième doigt. Et il eut raison d'être aussi prudent car Harry se crispa d'un coup et resserra instinctivement ses jambes. Il posa une main sur le bras de Draco qui leva les yeux et vit de la peur dans les lacs émeraudes du garçon qu'il aimait par-dessus tout. Son coeur se fissura à cette vue.
- Ok, j'ai saisi, ne t'inquiète pas, je ne vais rien faire avec ce doigt, promit Draco.
Du coin de l'oeil, il constata que Harry n'avait plus d'érection. Comme pour afficher sa solidarité, la sienne suivit le même chemin. Non, en vrai, c'était d'avoir effrayé Harry qui avait douché toute son excitation. Puisqu'il n'y avait plus rien des deux côtés, le majeur et l'index de Draco n'avaient plus rien à faire là où ils étaient. Il les retira donc et s'allongea près de Harry qu'il prit dans ses bras. Harry se lova contre lui et nicha son visage dans son cou. Draco fit de son mieux pour l'apaiser en faisant des cercles dans son dos et en lui chuchotant des mots doux. Cela marcha, le corps de Harry se faisant plus mou et sa respiration plus profonde et régulière. Tant et si bien que Draco crut qu'il s'était endormi, ce qui n'était pas le cas. Harry lui en donna la preuve en brisant le silence qui avait élu domicile entre eux :
- Il faut que je te dise pourquoi j'ai réagi comme ça…
- Tu n'es pas obligé, précisa Draco.
- Si, c'est important. On ne pourra pas avancer tant que je te cacherai ça.
- C'est au sujet de ce que t'a fait Pucey ?
- Oui. Cette étape que tu allais franchir, c'est celle qui m'a fait le plus mal ce jour où il a failli voler ma pureté… Mais commençons par le début, ce sera mieux…
Harry se lança et raconta tout à Draco : la soirée qu'il avait passée avec Adrian dans le dortoir vert et argent, la nuit de sexe à laquelle il avait d'abord ardemment participé et qui était ensuite devenue trop intense pour lui, au point qu'il avait fini par subir plus qu'autre chose avant de s'endormir sur les coups de deux heures du matin, le réveil forcé de la part d'Adrian qui n'en avait pas eu assez et qui n'était pas rassasié, les baisers et les attouchements non désirés, les caresses insistantes sur son sexe qui refusait de réagir, les efforts infructueux de Harry pour repousser ces mains trop invasives, Adrian qui perdait patience, la sensation de quelque chose de dur contre l'endroit le plus intime de son anatomie, la phrase «je ne suis pas prêt» qu'Adrian avait mal interprétée, l'intrusion brutale et douloureuse des deux doigts en lui, les supplications sans résultat de Harry, le brusque étirement de ses chairs, le déchirement qu'il avait ressenti lorsque le troisième doigt avait rejoint les deux autres, l'impression qu'il allait s'évanouir, l'éternité qui s'était écoulée avant le retrait des doigts, l'éclat de lucidité qu'il avait eu en implorant Adrian de le laisser se retourner, ce qui lui avait été autorisé, le choc qui l'avait pétrifié quand il avait fait face aux yeux rouges et aux pupilles dilatées d'Adrian, la tentative de celui-ci d'entrer en lui qui avait ramené Harry à la réalité, l'énergie qu'il avait trouvée au fond de lui et qu'il avait utilisée pour repousser Adrian, et enfin, la fuite du dortoir et le retour au sien. Draco fut sonné lorsque Harry termina son récit. Comment Harry avait-il pu se remettre de ce traumatisme ? «Grâce à tout l'amour et à tout le soutien qu'il a reçu, et grâce à son courage et à sa volonté de fer» lui indiqua sa logique. Il était tellement retourné par ce qu'il venait d'entendre que Harry s'excusa :
- Pardon, j'ai peut-être été trop cru dans mes mots…
- Non, non, c'était parfait, c'est juste que ça me fait mal de me dire que tu as enduré tout ça, et par quelqu'un en qui tu avais une confiance absolue, en plus…
- Oui, c'est ça, entre autres, qui est dur à surmonter… Mais ça va bien mieux, aujourd'hui, et tu y es pour beaucoup. Et la thérapie que j'ai faite avec ton parrain m'a énormément aidé aussi. Je sais que ce n'est pas parce qu'Adrian m'a fait ça que tu vas forcément me faire la même chose. J'ai du recul par rapport à ça. Tu ne me feras jamais ça, j'en suis persuadé. Et j'en profite pour te remercier pour tout ce que tu m'as apporté…
- Mais c'est normal, voyons… C'est moi qui te remercie de t'être ainsi confié à moi, tu m'as prouvé par-là que tu étais en sécurité avec moi, et tu ne peux pas imaginer combien ça me touche…
- C'est parce que je t'aime, tout simplement…
Comme pour appuyer ses dires, Harry embrassa Draco qui sourit dans le baiser. Puis Harry se cala de nouveau contre Draco qui fut submergé par une vague d'amour envers le garçon qu'il avait dans ses bras. Il l'aimait tant… Il se jura une fois de plus de toujours le protéger.
- Quand je pense qu'au tout début de l'année, j'étais dégoûté d'être en binôme avec toi, se rappela Harry. J'étais à ça de tout faire pour convaincre Sirius et Remus de quitter Poudlard et de retourner au Square…
- Ah bah on était pourtant déjà connectés, car j'étais à deux doigts de faire pareil avec Severus…
- Quelle erreur aurions-nous fait là…
- Oh oui… Tout ce qu'on aurait loupé…
- Oui, la bande n'aurait pas existé, par exemple…
- Oh, la tristesse… Non mais, sérieusement, qu'est-ce qu'on aurait fait sans la bande ? Sans elle, pas d'innombrables réunions dans la salle sur demande, pas de plans pour se secourir les uns les autres, pas de fêtes, pas d'action vérité, énuméra Harry.
- Oui, et le plus terrible, c'est qu'avant même la création progressive de la bande, certains membres s'étaient unis pour arrondir les angles au sein de deux paires de binômes où ça n'allait pas du tout… Hermione, toi et moi avions plaidé la cause de Théo auprès de Justin, ce qui fait cinq membres de la bande impliqués, et Hermione, Théo et Blaise m'avaient incité à faire le premier pas envers toi, ce qui fait quatre membres impliqués…
- C'étaient les prémices de la formation de la bande… Mais quand on y réfléchit bien, le concept de travail en binôme n'a pas seulement apaisé les tensions entre les maisons et entre les personnes qui se détestaient, il a aussi mis des élèves en couple…
- Oui, comme toi et moi, Théo et Justin, Terry et Hermione, renchérit Draco.
- Anthony et Sophie, même si ça été très bref entre eux…
- Oui, et il doit sûrement y avoir des couples chez les binômes des troisième et des quatrième année, supposa Draco. Par contre, pour ce qui est de Ron et Pansy et de Blaise et Ginny, ce concept n'y est pour rien. Pour Ron et Pansy, ce sont les rondes qui les ont rapprochés. Et pour Blaise et Ginny…
Draco et Harry se regardèrent quelques secondes, ignorant tous deux comment résumer l'histoire de ce couple, avant d'éclater de rire.
- Ouais, bon, ils sont ensemble, c'est le principal, pouffa Harry.
- Oui, et heureusement, Blaise m'aurait fait une véritable dépression, sinon… Comment il m'avait bassiné avec sa rouquine…
- Tu es tout de même un sacré bon ami pour avoir toléré l'attirance de Blaise pour une fille dont tu haïssais la famille…
- Je n'allais pas renier l'un de mes meilleurs amis pour ça… Et en vrai, je me mettais à sa place. Il faut bien avouer que Ginny est une jolie fille et qu'elle a plein de qualités…
- Une chance que tu sois gay, si tu avais été bi, je me serais senti en danger, plaisanta Harry.
- Mais il n'y a que toi que j'aime, tu le sais bien, dit tendrement Draco. Tu es le tout premier garçon dont je suis tombé amoureux, et il n'y en aura pas d'autres. Nous sommes d'ailleurs différents à ce niveau-là, et je t'envie pour ça. Tu as eu plusieurs petits-amis avant moi, tu avais de l'expérience en matière d'amour, contrairement à moi qui ne me suis pas aperçu que ce que j'éprouvais petit à petit pour toi, c'était de l'amour…
- Oui mais c'est une bonne chose, car quand tu étais dans le déni, de mon côté, je n'étais pas prêt à entamer une relation avec toi… C'est ça, entre autres, que j'aime bien, dans notre histoire. Ça s'est fait progressivement, et tu as été patient, car s'il n'y avait eu que toi, tu te serais déclaré plus tôt… Enfin bon, on s'est bien débrouillés, et c'est ça qui compte.
- Exactement. Et ce n'était pour…
Harry s'interrompit d'un coup, intriguant Draco qui jeta un coup d'oeil à son petit-ami qui avait un drôle d'air.
- Harry, ça va ?
- Euh… ça dépend. Juste, une question… est-ce que tu as insonorisé l'espace ?
Draco bloqua quelques secondes, cherchant dans sa mémoire le moment où il avait placé son coin du dortoir sous sort de silence, mais il dut se résigner : il ne l'avait pas fait.
- Non, j'ai complètement oublié… Oh non, quel imbécile je fais…
- Non mais après, il faut relativiser : on n'a pas la poisse au point qu'un de tes camarades de dortoir soit venu ici quand on était… euh…
- Occupés ?
- Oui, voilà. Mais dans le doute, je vais me tenir provisoirement éloigné de Blaise et Théo. Ce n'est pas contre eux, hein, mais je serais trop mal à l'aise face à eux…
- Ah bah super, je suis lâché par mon propre copain…
- Non mais Draco, toi c'est différent ! Ce sont tes meilleurs amis, vous êtes dans la même maison, et de la même année, et donc par extension, dans la même salle commune, dans le même dortoir, à la même table dans la Grande Salle… Tu ne peux pas les éviter, toi.
- Ouais, mais j'espérais un peu plus de soutien de ta part…
Harry fit une moue désolée, mais Draco vit bien qu'il se mordait la lèvre pour ne pas rire. Il devina qu'il se moquait de lui et attrapa un coussin qu'il lui envoya au visage. Harry éclata de rire.
- Tu m'as bien eu, espèce d'idiot !
- Hé, on n'insulte pas son petit-ami !
- On ne lui tend pas des pièges stupides non plus !
- C'est toi qui es stupide d'y avoir cru !
- Quoi ?! s'écria Draco. Moi, je suis stupide ? Non mais tu vas voir !
Draco s'élança vers Harry qu'il plaqua contre le matelas et qu'il se mit à chatouiller.
- Non, pas ça ! Tu sais que… ah non pas ici ! Tu sais que… j'ai… horreur… de ça !
Draco ne prêta guère attention aux protestations de Harry qui gigotait sous lui en riant, souhaitant se venger de l'affront qu'il lui avait fait. Étant concentré sur son objectif d'atteindre les zones les plus sensibles du corps de Harry, il ne put surveiller ce qu'il faisait de ses bras qu'il n'avait pas entravés, ce qui lui fut préjudiciable :
- J'ai ma baguette, Draco, gare à toi si tu ne veux pas que je t'immobilise !
Draco leva les yeux et constata que Harry avait effectivement sa baguette entre les doigts et qu'il la pointait sur lui. Vaincu, il cessa de tourmenter Harry.
- Tiens, pendant que je l'ai sur moi…
Harry traça un cercle autour de Draco et de lui et prononça le sortilège d'insonorisation.
- Au moins, là, on est sûrs que rien ne filtrera d'ici, pas comme tout à l'heure…
Draco haussa les sourcils, surpris.
- Attends, qu'est-ce tu veux dire par-là ?
- À ton avis ?
- Mais… tu en as encore envie ?
- Ça libère, de se confier, même sur quelque chose de très dur à partager… Et quand on se sent bien dans la tête, on se sent bien aussi en bas. Sans compter que ma libido est particulièrement en forme, aujourd'hui… Mais tu n'as peut-être plus l'esprit à ça, toi…
- Si, c'est juste que je pensais qu'avec tout ça, tu n'allais plus avoir l'intention de faire quoi que ce soit jusqu'au dîner…
- Eh bien si, je ne renonce pas aussi facilement ! D'ailleurs, ça va sûrement te paraître étrange, mais j'aimerais qu'on réessaie et qu'on réussisse, cette fois, pour que ça se fasse le plus naturellement du monde la prochaine fois et qu'il n'y ait plus de blocage… Je ne veux pas rester sur un échec, même si, parfois, il vaut mieux être raisonnable et s'y reprendre plus tard. Mais pas là. L'envie est là, elle est de retour, et comme on dit chez les moldus, il faut battre le fer tant qu'il est chaud…
Cette expression fit sourire Draco. Cela correspondait très bien à la situation. Comme Harry l'avait prédit, Draco était étonné par sa volonté de renouveler l'expérience, mais il le comprenait.
- Eh bien allons-y, faisons renaître le désir, chassons ce vilain traumatisme et remplaçons-le par un très bon souvenir…
- Ce programme me semble parfait, approuva Harry. Du coup, on a bien fait de ne pas se rhabiller…
Draco rit et s'empara des lèvres de Harry. Ses mains s'activèrent et repartirent en exploration, tout comme celles de Harry. Ils se redécouvrirent sans se presser, se fichant bien de l'heure qu'il était et de rater potentiellement le dîner. Ils prirent leur temps et savourèrent tout ce qui contribua à éveiller leurs corps. Lorsque l'excitation commença véritablement à les gagner, leurs gestes devinrent plus appuyés, leurs baisers plus avides, et il leur fut de plus en plus difficile d'ignorer leurs érections qui s'étaient développées entre leurs jambes.
- Harry, je crois qu'on ferait mieux de passer à la vitesse supérieure…
- Oui, je crois aussi…
Cette réponse fut suffisante pour Draco qui se saisit de sa baguette. Il lubrifia trois de ses doigts et les dirigea vers l'adorable fessier de Harry. Il fit quelques cercles sur l'anneau de chair et sourit en le voyant palpiter. Harry n'avait pas menti : c'était bien cela qu'il voulait.
- Draco, dépêche-toi…
Draco obéit et inséra tout doucement son index. L'anus de Harry étant encore assoupli par les deux doigts qu'il avait reçus une heure plus tôt, Draco s'autorisa à faire peu de va-et-vient avant d'ajouter son majeur qui fut aisément accepté par Harry. Mais Draco ne se risqua pas à aller trop vite et les fit aller et venir lentement. Ils allaient tenter le troisième doigt, oui, mais pas tout de suite. C'était trop tôt. Après de longues minutes à faire le yo-yo avec ses doigts, Draco changea d'exercice et s'efforça de dénicher la petite glande qui allait faire voir les étoiles à Harry. Il incurva ses doigts et il sut qu'il avait trouvé le graal quand Harry cria en se tendant brusquement. Draco ne le laissa pas récupérer, recula ses doigts et les rengaina d'un coup, tapant de plein fouet la prostate de Harry qui cria de pur plaisir. Draco répéta le geste plusieurs fois, se régalant des sons qu'émettait Harry. Mais il craint de le faire jouir en insistant trop sur ce point ô combien sensible et décida d'en éloigner ses doigts.
- Harry, je vais élargir le passage, et même si je vais être hyper doux, ça va tirer un peu, mais c'est normal, d'accord ?
Harry acquiesça. Une infinie confiance se lisait dans ses prunelles vertes. Draco posa ses lèvres sur les siennes et écarta délicatement ses doigts l'un de l'autre. Harry gémit d'inconfort, mais ne fit rien pour arrêter Draco qui entreprit alors de faire des mouvements de ciseaux. Il alterna avec des va-et-vient et travailla longuement à détendre les chairs de Harry de cette façon, en les étirant et en jouant ponctuellement avec la boule de nerfs qui était facilement accessible. Il aurait pu faire ça des heures et des heures, réjoui des gémissements qui s'échappaient de la bouche de Harry à chaque fois qu'il percutait sa prostate, mais la patience de Harry avait des limites :
- Draco, c'est bon, tu as fait assez d'espace, ça doit ressembler à un trou béant, maintenant !
Cette remarque fit rire Draco.
- N'abuse pas ! Mais ne t'inquiète pas, tu vas avoir ce que tu veux…
Draco badigeonna son annulaire de lubrifiant et le présenta devant l'entrée de Harry. Sans rompre le contact visuel, il le poussa contre l'intimité déjà occupée par ses deux doigts. Mais à peine eut-il fait pénétrer le bout de son doigt que Harry se crispa. Il essaya de se dégager, mais Draco l'en empêcha, craignant qu'il se blesse dans son agitation. Percevant sa panique dans sa respiration qui se fit plus saccadée, Draco s'attela à le rassurer :
- Hé, calme-toi, tout va bien, ce n'est que la pulpe de mon doigt…
- Mais ça tire…
- Mais ça ne te fait pas mal ?
Harry eut un bref instant de flottement.
- Non…
Il sembla ne réaliser qu'à ce moment-là qu'il n'avait pas mal. Draco le sentit se relaxer aussitôt.
- Je suis bête, en fait, ça ne servait à rien de me tendre comme ça…
- Non, c'est l'appréhension, expliqua Draco. Tu avais peur d'avoir mal, du coup, tu as eu le réflexe de te raidir quand mon doigt a forcé le passage… Mais ça ne trahissait que de la peur, et non pas de la douleur.
Harry hocha la tête.
- C'est logique, dit comme ça. Mais je n'ai plus peur, maintenant. Tu peux y aller.
- Tu es sûr ?
- Oui.
Draco n'insista pas et poursuivit la progression de son doigt après avoir déposé un tendre baiser sur les lèvres de Harry. Il scruta son visage durant tout le temps qu'il mit à enfoncer son doigt, ce qu'il fit en étant le plus doux possible. Mais aucune trace de souffrance ne vint perturber les jolis traits de Harry. Lorsque Draco eut entièrement introduit son annulaire, il ne le bougea plus, lui ainsi que les autres, pour que Harry puisse s'habituer à tous ces doigts en lui. Draco le regarda. Les yeux fermés, Harry inspirait et expirait profondément.
- Est-ce que ça va ? s'enquit Draco.
Harry rouvrit les yeux et sourit.
- Oui, je me concentrais sur les sensations. Et c'est assez bizarre. Ce n'est pas naturel d'avoir autant de doigts à cet endroit, et pourtant c'est plutôt agréable. J'ai l'impression d'être comblé, comme si tout ce petit monde était à sa place… Et je n'ai pas du tout mal, même si ça tire légèrement, mais ça aussi, c'est agréable… C'est vraiment très bizarre. Et très paradoxal…
- Mais le principal, c'est que tu aimes, conclut Draco. Et tu n'as rien vu… Prêt à connaître un max de plaisir ?
- Toujours, confirma Harry.
Draco embrassa de nouveau Harry, retira précautionneusement ses doigts et les réinséra avec autant de délicatesse. Il fit cela plusieurs fois, puis, voyant que Harry était parfaitement relaxé, il recula ses doigts et les rengaina d'un coup, faisant crier et sursauter Harry. Sachant qu'il n'avait pas touché sa prostate, Draco se demanda ce que ça allait être quand ce serait le cas… Il allait perdre un tympan, si ce n'étaient les deux, c'était sûr et certain. Mais il s'en fichait. Tout ce qui lui importait, c'était de faire atteindre le septième ciel à Harry. Et pour cela, il devait malmener sa prostate. Il savait où elle était, et n'eut qu'à faire deux ou trois va-et-vient avant de la heurter, arrachant un cri bien plus fort à Harry. Dès lors, il s'appliqua à frapper ce point sensible le plus souvent qu'il pouvait. Ayant adopté jusque-là un rythme plutôt lent, il l'accéléra nettement, étant bien conscient de l'état d'excitation de Harry. Souhaitant jouir avec lui, et lui apporter encore plus de plaisir, il abaissa son bassin vers celui de Harry, faisant par-là se rencontrer leurs sexes durs et érigés. Un cri de surprise et de plaisir mêlés sortit des lèvres de Harry qui arqua le dos, créant une friction involontaire entre leurs érections, ce qui les fit gémir à l'unisson. Draco s'était fait avoir à son propre jeu, et de façon accidentelle de la part de Harry. Mais il reprit les rênes de la situation et ondula lascivement contre Harry, récoltant un long gémissement à la fois frustré et luxurieux.
- Draco, arrête de me tourmenter, ce n'est pas comme ça qu'on va jouir et ça devient un poil urgent pour moi, là…
- D'accord, c'est bon, ne râle pas, je vais accéder à tes désirs, s'amusa Draco.
- Ose dire que c'est confortable de ton côté, rétorqua Harry.
- Non, ça ne l'est pas, avoua franchement Draco. Je dois être maso, car je me torture moi-même, en vrai, ajouta-t-il en pouffant.
- Eh bien remédie à tout ça, suggéra Harry.
- Tout de suite, indiqua Draco.
Il enleva ses doigts de l'intimité de Harry, jusqu'à n'en laisser que la pulpe, et il les renfonça d'une traite, s'attirant un cri aigu de Harry. Il recommença et ne tarda pas à imposer une cadence soutenue à Harry qui fut loin de s'en plaindre. Draco s'empara de ses lèvres et se remit à se mouvoir, frottant son sexe contre celui de Harry, ce qui déclencha une onde de plaisir en eux. Ayant tous deux besoin de jouir, Draco remua des hanches de plus en plus vite, tout en intensifiant le rythme des va-et-vient de ses doigts en Harry. Mais cela ne fut visiblement pas suffisant pour Harry qui coupa l'herbe sous le pied à Draco en empoignant leurs membres et en accompagnant les mouvements de Draco avec sa main. D'habitude, c'était Draco qui s'y attelait, mais il délégua volontiers ce travail à son chéri, ravi qu'il prenne de l'assurance dans leurs ébats. De plus, cela lui permettait d'avoir son autre main disponible. Il en profita pour la faire voyager sur le corps de Harry, en partant de son torse, puis en descendant vers son ventre, puis en déviant vers l'arrière pour la faire glisser sur une fesse, puis sur l'autre, et tandis qu'il continuait à bouger en rythme avec la main de Harry, il dirigea la sienne vers l'anus de son petit-ami d'où entraient et sortaient ses doigts avec ardeur, et vint titiller cet anneau de chair du bout de son index. Harry tressaillit et se contracta violemment autour des doigts de Draco, signe qu'il appréciait beaucoup ce toucher à cet endroit rendu très sensible par les trois intrus en lui. Draco les fit aller et venir avec encore plus de vigueur, cognant sans relâche la prostate de Harry qui s'accrocha d'une main aux draps, espérant endiguer le plaisir qui montait inexorablement dans tout son être. En voyant Harry dans un tel état, Draco imagina le jour où son sexe remplacerait enfin ses doigts, ce jour où il s'unirait enfin avec ce garçon qu'il aimait tant, ce jour où il l'emmènerait bien plus haut dans les étoiles, bien plus haut qu'il ne l'aurait jamais fait… Mais pour l'heure, il n'avait que ses doigts, dont il augmenta davantage la cadence, et qu'il fit taper sans répit contre la prostate de Harry qui se perdait littéralement dans l'extase. Si bien que son autre main lâcha leurs érections pour s'agripper elle aussi aux draps et garder un minimum pied avec la réalité. Draco prit le relais et les masturba avec autant de vigueur que les allées et venues de ses doigts en Harry. Il ne fallut plus que quelques minutes avant que l'apogée ne pointe le bout de son nez. Draco accentua la puissance de ses va-et-vient, que ce fut à l'intérieur de Harry ou autour de leurs sexes, et ce fut après un coup particulièrement fort asséné à la prostate de Harry que ce dernier atteignit l'extase en se cambrant à l'extrême, créant une brusque friction entre son sexe et celui de Draco qui le fit jouir à son tour dans un long râle de plaisir. Éreinté, il s'effondra sur Harry qui ne lui en tint pas rigueur, trop plongé dans les limbes de l'orgasme pour lui reprocher quoi que ce soit. Un bon moment leur fut nécessaire pour récupérer leurs esprits, mais leurs forces, elles, demeurèrent aux abonnées absentes.
- Tu m'as vidé, finit par dire Harry. Mais tu m'as surtout apporté énormément de plaisir… C'était si bon…
- Content que ça t'ait plu, confia Draco. Ça a été super bon pour moi aussi.
- Même si j'ai préféré me cramponner aux draps plutôt que m'occuper de nous ?
- Même, affirma Draco. Ça prouve le bien que je te faisais, et c'est tout ce qui compte pour moi.
Harry acquiesça, l'air pensif. Draco n'eut pas l'occasion de se demander à quoi il songeait puisqu'il s'adressa à lui :
- Je peux te poser une question ?
- Oui, bien sûr.
- Juste avant qu'on fasse l'amour, est-ce que tu feras exactement la même chose ?
- Oui, sauf que ce sera pour te préparer.
- Mais tu t'arrêteras avant que je ne jouisse ?
- Je ne sais pas, ça dépendra de ton état. Mais il se peut que je te mène à l'orgasme avec mes doigts, oui. Car ce n'est pas sûr que tu en aies un lors du tout premier rapport…
- Oui, il paraît que les premières fois ne sont pas très glorieuses…
- Disons que ce ne sont pas souvent les meilleures en termes de plaisir. En revanche, ça peut être ton meilleur souvenir en termes d'émotions, de complicité, d'amour, de partage, de tendresse, de rires, de douceur… Même si tu n'atteins pas le Nirvana, il y a plein de trucs qui peuvent te faire aimer ta première fois. Mais il ne faut pas s'attendre à côtoyer de trop près le septième ciel, sinon tu risques d'être déçu. Après, ça se trouve, ça va très bien se passer pour toi et ça va être merveilleux. Je vais tout faire pour, en tout cas.
Harry sourit, l'air ému.
- Ça, je n'en doute pas une seule seconde… Tant que ce sera avec toi, ça ne pourra pas être horrible. Ce sera à moi également de faire un effort pour être dans les bonnes conditions.
- Je t'y aiderai, promit Draco. Mais on a le temps, il n'y a rien qui presse…
- Oui, mais j'en ai envie, et je crois que je serai bientôt prêt, annonça Harry. Je veux ne faire qu'un avec toi. Je veux avoir plus que tes doigts en moi. Mais ça me fait peur, d'un autre côté…
- C'est normal, mais ça va aller, je te dilaterai pendant deux heures s'il le faut, et je serai encore plus doux que je ne l'ai été aujourd'hui, certifia Draco. Je t'aime, jamais je ne te ferai le moindre mal, je te le jure…
- Je sais, et je t'aime aussi, murmura Harry.
Face à ces mots, Draco ne put se retenir et captura les lèvres de Harry pour lui offrir un doux et long baiser. Puis il l'attira à lui afin de l'entraîner dans un câlin tout aussi tendre. Harry se blottit aussitôt contre lui et exhala un soupir d'aise. Ils étaient si bien qu'ils s'assoupirent sans en avoir conscience, bercés par la respiration de leur moitié. Quand ils se réveillèrent, le service du dîner était fini depuis une bonne heure, ce qui les obligea à aller chercher de la nourriture aux cuisines qu'ils remontèrent au dortoir. Ils se firent ainsi un repas aux chandelles durant lequel ils parlèrent de choses et d'autres. Ayant un examen d'histoire de la magie le lendemain à dix heures, ils décidèrent de se coucher tôt. De toute manière, ils étaient épuisés par leurs ébats, malgré la petite sieste qu'ils avaient faite. Pour la première fois, ils allaient passer la nuit ensemble, dans le lit de Draco. Leur relation avait fait un grand bond en avant, ils étaient plus amoureux que jamais, et tout allait pour le mieux entre eux. Ils étaient tout simplement heureux, et ils avaient bien l'intention de continuer à l'être…
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(mardi 18/06) POV Hermione
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Une longue journée s'annonçait pour Hermione. Elle avait l'examen d'histoire de la magie de neuf heures à dix heures, l'examen pratique de Défense Contre les Forces du Mal à treize heures cinquante, l'examen pratique de métamorphose à quinze heures cinquante, et l'examen théorique et pratique d'astronomie à vingt heures. Pour celui-ci, c'était différent des autres examens : comme il y avait certaines observations qui n'étaient réalisables que lorsqu'il faisait nuit noire, ce qui était le cas vers vingt-trois heures en été, les élèves avaient trois heures pour traiter les questions de cours et faire les observations qui ne requéraient pas un ciel totalement sombre. Une fois la nuit tombée, ils avaient trois heures de plus pour faire leurs observations et les consigner par écrit. Cela constituait en tout un examen de six heures, mais ce n'était pas si pénible que cela. L'atmosphère était souvent calme et détendue, et au moins, ils avaient du temps devant eux.
Jusque-là, tout s'était bien déroulé pour Hermione. Elle était quasiment sûre d'avoir entre dix-huit et vingt à son examen théorique de botanique, de potions et de sortilèges, et elle estimait avoir fait un peu moins bien en Défense Contre les Forces du Mal et en métamorphose. Pour ce qui était de la pratique, en botanique, elle avait réussi à retirer tous les crocs du géranium dentu sans en déraciner un seul, et en potions, elle supposait avoir déposé un échantillon parfait, de la bonne couleur et de la bonne texture, sur le bureau du professeur Snape.
Si elle était confiante pour son examen de l'après-midi en métamorphose, qui était son domaine de prédilection, elle l'était beaucoup moins pour celui de Défense Contre les Forces du Mal, qui était la matière où elle se débrouillait le moins bien. Elle avait tout de même entre quinze et seize, ce qui lui valait des Effort Exceptionnel, mais rares étaient les fois où elle avait eu un Optimal à l'examen de Défense Contre les Forces du Mal… Il n'y avait qu'en deuxième année où elle avait décroché cette note. Mais elle conservait un niveau stable, et pour elle, c'était le principal. Tout ce qu'elle espérait, c'était d'avoir à lancer des sorts qui s'apprenaient également en cours de sortilèges, comme le sort de chatouillis, le sort de désarmement, le sort de danse endiablée, le charme du bouclier… C'étaient des sorts relativement faciles.
Elle s'était levée tôt, ce matin-là, et était allée prendre son petit-déjeuner à sept heures alors que le premier examen de la journée n'était qu'à neuf heures. Elle aurait voulu attendre Harry et Ron, mais ils avaient tardé à venir et elle avait finalement déserté la Grande Salle sur les coups de huit heures pour monter au premier étage où se tiendrait l'épreuve d'histoire de la magie.
Peu à peu, ses camarades la rejoignirent, dont Terry, Draco, Blaise, Théo et Pansy.
- Tu as été abandonnée par les tiens ? s'amusa Terry avant de l'embrasser.
- Non, c'est moi qui les ai lâchés, rectifia Hermione. Je suis partie à huit heures de la Grande Salle car ils n'étaient toujours pas là.
- Pour Harry, c'est de ma faute, il était avec moi et je l'ai retenu jusqu'à ce qu'il soit vraiment temps d'y aller, se justifia Draco.
- Ah bah bravo, on séquestre son petit-ami, maintenant, s'indigna Blaise.
- Je n'ai pas eu à le forcer, c'est lui qui a fini par être raisonnable, mais à la base, il n'était pas plus motivé que moi à sortir du lit, se défendit Draco. Et non, ce n'est pas ce que tu crois, ajouta-t-il en voyant Blaise ouvrir la bouche. Ce qu'on avait à faire, on l'a fait hier soir, et pas ce matin.
- Plutôt hier après-midi, non ? Quand vous vous êtes carapatés vers dix-sept heures pour aller à…
- Non mais c'est bon, tu ne veux pas un Sonorus pour que tout le château soit au courant de ma vie privée, pendant que tu y es ? s'exclama Draco. C'est fou d'avoir si peu d'intimité, dans cette école ! En plus, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, on a tout fait pour être discrets, et là, tu gâches tous nos efforts…
- Oh, ça va, les gens s'en fichent, en vrai, vous faites ce que vous voulez de vos fesses… Ah, voilà le professeur Manley.
Hermione tourna la tête et vit effectivement leur professeur s'avancer vers eux. Ils étaient désormais presque au complet. Le professeur Manley les fit entrer dans la salle, et tandis qu'ils s'installaient, les derniers élèves arrivèrent. Quelques minutes plus tard, leur enseignant distribua les sujets, puis l'examen débuta. Hermione prit connaissance du parchemin sur lequel étaient inscrites sept lignes :
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Vous composerez sur deux des trois sujets suivants :
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La législation sur les baguettes magiques a-t-elle favorisé les émeutes de gobelins au XVIIIe siècle ou, au contraire, a-t-elle permis de mieux les contrôler ?
Comment le Code du secret fut-il volé en 1749 et quelles mesures furent prises pour éviter que cette situation ne se reproduise ?
Décrire les circonstances qui ont mené à la fondation de la Confédération internationale des sorciers et expliquer pourquoi les sorciers du Liechtenstein refusèrent d'y adhérer.
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Après une courte hésitation, Hermione décida de traiter les deux premières questions. Elle nota sur un brouillon tout ce qu'elle avait en tête, elle rassembla les idées qui se rapprochaient, et de là, elle put en tirer un plan. Ne lui restait plus qu'à tout développer lors de la rédaction. En deux heures et demie, elle avait fini, mais elle relut sa copie avant de la donner et de s'en aller. Elle retrouva Théo et Justin près de la salle, en train de discuter. Elle ne souhaita pas les déranger, mais ce fut Justin qui la héla :
- Ah, Hermione, tu vas nous départager ! Le professeur Manley a bien stipulé qu'aux BUSE, il n'y aurait rien sur la législation des baguettes ?
- Non, il a dit que s'il y avait quelque chose là-dessus, ça se limiterait à la Grande-Bretagne car on n'a pas suffisamment étudié les émeutes dans les autres pays pour que ce soit inclus dans l'examen.
- Ah, j'avais oublié ce détail… Car du coup, moi, je n'avais rien révisé sur ça…
- Mais c'est le seul cours sur lequel tu as fait l'impasse ?
- Oui, mais même en n'ayant pas choisi le premier sujet, je n'ai clairement pas brillé…
- C'est vrai que si on n'est pas spécialement intéressé par l'histoire de la magie, les thèmes qui nous étaient proposés n'étaient pas les plus passionnants…
- Bah en soi, les émeutes des gobelins, ça va, mais c'est le truc sur la législation des baguettes que je n'ai pas trop écouté, tellement c'était barbant, avoua Justin. Le Code du secret, j'avais bien retenu le cours, et c'est ce qui va me sauver du Désolant, à mon avis, mais par contre, en ce qui concerne la fondation de la Confédération des sorciers, j'ai eu un gros trou noir, c'était horrible… Si j'ai huit, franchement, ce sera très bien.
- Bon, de toute façon, que tu aies la moyenne ou pas, tu ne seras pas recalé puisque l'histoire de la magie est obligatoire jusqu'aux ASPIC, rappela Hermione.
- Ouais, malheureusement, ronchonna Justin.
- On travaillera dur quand on aura des devoirs en binôme pour que tu puisses t'améliorer, comme on l'a fait cette année, intervint Théo. À deux, en amoureux, c'est plus sympa.
- Ce n'est pas faux, admit Justin. Bon, et si on allait manger ? Le service va bientôt ouvrir…
Hermione et Théo acquiescèrent, et tous trois se dirigèrent vers les escaliers. Ils descendirent au rez-de-chaussée et se rendirent ensemble à la Grande Salle où ils se séparèrent pour aller s'asseoir à leur table respective. Hermione n'avait pas très faim, stressée par la pratique de la métamorphose, mais il fallait bien reprendre des forces pour affronter les trois examens qui l'attendaient !
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À treize heures trente, Hermione était devant la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Son épreuve n'avait lieu qu'à treize heures cinquante, mais il était recommandé d'être là plus tôt, au cas où un ou plusieurs élèves ne seraient pas là. Comme Hermione, onze de ses camarades avaient leur examen de Défense ce jour-là, sur un créneau s'étalant de treize heures à quinze heures. Kevin Entwhistle, Justin et Seamus étaient déjà passés, et c'était Anthony Goldstein qui était actuellement dans la salle. Gregory Goyle, Daphné Greengrass et Wayne Hopkins patientaient avec Hermione. À treize heures quarante, la porte s'ouvrit sur Anthony qui fit signe à Goyle d'y aller. Ils n'étaient plus que trois, mais pas pour très longtemps, car ils furent vite rejoints par Megan Jones. Hermione était essentiellement entourée de Serpentard, mais cela ne la gênait pas. Elle se contentait de ne pas leur adresser un mot, sauf à Daphné Greengrass avec qui elle était en de bons termes, notamment grâce aux bonnes relations que Draco, Blaise, Théo et Pansy entretenaient avec elle. Depuis la fête du huit juin, il n'était pas rare que Daphné ne vienne se mêler timidement au groupe quand ils étaient tous réunis. C'était une fille gentille, sociable, très soucieuse des autres, très érudite, qui aurait largement pu aller à Serdaigle, et qui ne se vantait nullement de son rang social et de son sang. Mais à l'image de Draco, elle avait la classe et les bonnes manières typiques des aristocrates Sang-Pur, ce dont elle ne pourrait se détacher, même si elle le voudrait.
Perdue dans ses pensées, Hermione sursauta en entendant Goyle l'appeler par son nom. Elle se hâta de pénétrer dans la salle en refermant la porte derrière elle.
- Bonjour, Miss Granger, la salua le professeur Gordon en souriant. Venez en face de moi, s'il vous plaît.
Hermione alla se placer devant le bureau de son professeur. Celui-ci reprit la parole :
- Comme je vous l'ai signifié tout au long de l'année, vous aurez cinq sortilèges à lancer et je vous poserai ensuite deux questions. Rien de bien nouveau par rapport aux BUSE blancs, à ceci près que vous aurez une question de plus cette fois-ci. Est-ce que vous en avez avant de commencer ?
- Non, tout est clair.
- Parfait. Êtes-vous prête ?
- Oui.
Le professeur Gordon activa un sablier et reporta son attention sur Hermione :
- Le premier sortilège est le maléfice des Crottes de Nez. Je suis désolé de vous faire débuter votre examen avec un tel maléfice, mais pour la pratique, ce ne sont pas les professeurs qui choisissent ce qu'ils vont demander à leurs élèves, c'est le hasard avec des tirages au sort… Et aussi étrange soit-il, vous avez étudié ce sort en première année, ce qui fait qu'il est au programme des BUSE. Pour ce sort, vous allez vous servir d'un mannequin animé, que vous avez immanquablement dû utiliser aux BUSE blancs, lors de l'examen pratique de Défense Contre les Forces du Mal, vu que la plupart des sorts sont à lancer sur des humains, et plus hypothétiquement en sortilèges. Bien, allez-y, à vous de jouer.
Hermione dégaina sa baguette, visa le mannequin et prononça la formule tout en faisant le geste qui s'imposait :
- Mucus ad Nauseam !
Le nez du mannequin, véritable réplique d'une personne humaine, se mit à couler abondamment. Le professeur Gordon griffonna sur son parchemin puis releva la tête :
- Un autre maléfice : celui du saucisson.
Hermione cibla de nouveau le mannequin et s'écria :
- Petrificus Totalus !
Tout le corps du mannequin se raidit et s'immobilisa. Emporté dans son élan et déstabilisé, il tomba par terre. Hermione eut de la peine pour lui, même s'il ne ressentait absolument rien.
- Il va se redresser tout seul, ne vous en faites pas, il a été conditionné en amont pour cela, assura le professeur Gordon. J'aimerais à présent que vous fassiez gonfler ce ballon jusqu'à ce qu'il explose, avec le maléfice de Gonflage.
«Dédicace à Tante Marge» songea Hermione, se remémorant l'anecdote survenue près de trois ans plus tôt et que Harry leur avait racontés, à Ron et à elle, dans le Poudlard Express. Mené à bout par les insultes proférées par sa tante à l'encontre de ses parents, Harry l'avait faite gonfler comme un ballon de baudruche, sans le vouloir, sa magie s'étant emballée. Là, ce n'était pas pareil : Hermione allait le faire délibérément, et sur un objet, pas sur un humain. Elle pointa le ballon de sa baguette et articula distinctement :
- Gonflus !
Contrairement aux deux sorts précédents, Hermione dut faire durer celui-là en gardant sa baguette rivée sur le ballon. C'était là toute la difficulté de ce maléfice : ne pas relâcher sa concentration. Ce n'était pas un problème pour elle, mais elle fut bien soulagée lorsque le ballon éclata.
- Maintenant, vous allez anéantir un Épouvantard avec un enchantement.
«Oh non» se lamenta Hermione. C'était le sortilège qu'elle redoutait le plus au monde. En troisième année, elle avait été incapable de modifier la forme de son Épouvantard. Et en-dehors des cours qui avaient été consacrés à ce sort, elle n'avait jamais réessayé. Ce fut donc avec appréhension qu'elle vit le professeur Gordon orienter sa baguette vers une armoire qui lui était familière, puisque c'était celle où était caché l'Épouvantard sur lequel Hermione et ses camarades s'étaient exercés, avec plus ou moins de succès. Le professeur Gordon lui jeta un coup d'oeil et dut remarquer son anxiété car il la rassura :
- Vous n'avez aucune inquiétude à avoir, souvenez-vous bien que ce n'est qu'une illusion, rien de ce qui n'apparaîtra ne sera réel.
Hermione acquiesça et tenta de se détendre.
- Si cela peut vous aider à vous relaxer, l'Épouvantard reflétera d'abord ma propre peur, histoire que vous ayez le temps de vous préparer à affronter la vôtre. Dites-moi quand vous serez prête.
- Je le suis, affirma Hermione.
C'était faux, mais elle était lucide et résignée : que ce soit dans la foulée ou une heure plus tard, elle ne serait pas prête à affronter sa plus grande peur. Le professeur Gordon donna un coup de baguette et ouvrit l'armoire avec un Alohomora informulé. L'Épouvantard surgit, représentant un bracelet, et quelques secondes se passèrent avant qu'il ne se transforme en un incendie géant. Hermione recula, tétanisée. Elle était consciente qu'elle devait le repousser en pensant à quelque chose de drôle, elle connaissait la formule, mais elle avait l'impression que son corps était paralysé, à l'exception de ses pieds qui continuaient à faire des pas en arrière pour échapper aux flammes qui avançaient vers elle. Elle crut qu'elle allait se faire engloutir par ce feu immense, mais l'Épouvantard retrouva soudain sa forme de bracelet.
- Riddikulus !
Le bracelet se métamorphosa en un pneu multicolore avec des têtes de clown et il fut renvoyé vers l'armoire où le professeur Gordon l'enferma. Hermione suivit chacun de ses gestes sans s'en rendre compte, son esprit étant comme déconnecté, et elle resta les yeux fixés sur l'armoire sans vraiment voir celle-ci.
- Est-ce que vous allez bien ? s'enquit doucement le professeur Gordon.
La voix de son professeur ramena Hermione à la réalité. Elle cligna des yeux et se demanda un bref instant où elle en était. Puis tout lui revint.
- Oui, ça va, répondit-elle, sa voix lui semblant un peu lointaine.
Elle tremblait, mais c'était normal : elle était encore sous le choc de sa frayeur.
- J'ai pour habitude de proposer un second essai pour l'Épouvantard, mais vous n'avez pas l'air en état de retenter l'expérience…
- Non, en effet, je préfère passer à autre chose, déclara Hermione. Mais… merci quand-même.
Le professeur Gordon sourit et lut rapidement son parchemin.
- Pour finir, vous allez lancer un maléfice explosif sur cette masse, dit-il en désignant un gros bloc de pierre.
Ça, c'était un sort que Hermione maîtrisait. Elle tendit sa baguette vers le rocher et cria :
- Confringo !
Le bloc explosa.
- Bien, je vais vous poser deux questions et je vous libérerai. Où sont localisés les Pitiponks, quelle est leur arme et pourquoi faut-il se méfier d'eux ?
- Ils vivent dans les marais et ils tiennent une lanterne dont ils se servent pour attirer les voyageurs vers les sols marécageux.
Le professeur Gordon inscrivit quelque chose sur son parchemin.
- Deuxième question : par quel type de nuits les Chaporouges tentent-ils de tuer les moldus, et quel est le meilleur moyen de s'en défendre ?
- Les Chaporouges s'en prennent aux moldus lors des nuits sans lune et on peut les repousser en les aspergeant de potions de beauté.
- Merci, Miss Granger. Vous pouvez y aller.
Hermione souhaita une bonne fin de journée à son professeur et quitta la salle. Elle offrit un sourire encourageant à Daphné et s'en alla, désireuse de vite regagner sa salle commune. Elle avait un peu de répit avant son prochain examen, et elle avait bien l'intention d'en profiter pour s'aérer la tête !
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Une heure et demie plus tard, Hermione avait oublié sa désillusion avec l'Épouvantard. Elle était adossée contre un mur, près de la salle de métamorphose, en compagnie des mêmes personnes que deux heures auparavant : Goyle, Daphné et Wayne Hopkins.
- Plus que les sortilèges et on en aura terminé avec la pratique, positiva Daphné.
- Oui, et on finit avec le plus facile, c'est cool, renchérit Wayne.
- Tant mieux, on aura moins de pression, marmonna Goyle.
Trois paires d'yeux convergèrent vers lui. Il s'en aperçut et dévia le regard.
- Ne vous occupez pas de moi, je n'ai rien dit…
Il se replongea dans son livre dont la couverture avait soigneusement été dissimulée sous une feuille de parchemin qu'il avait collée dessus. Hormis Draco, s'il y avait un Serpentard qui avait changé au fil des mois, c'était bien Goyle. Si, au début de l'année, il était dans chaque mauvais coup avec son ami Crabbe, comme ils l'avaient constamment été durant leurs quatre premières années à Poudlard, cela faisait désormais un bon moment que Goyle ne traînait plus avec Crabbe, qui était pourtant son acolyte depuis leur premier jour à Poudlard. Il y avait des rumeurs qui disaient que Goyle craignait Crabbe, ce à quoi Hermione n'avait d'abord pas du tout cru. Mais par la suite, elle les avait parfois vus parler brièvement ensemble, et selon elle, Goyle cherchait à fuir le contact de Crabbe qui avait systématiquement l'air quelque peu menaçant. Mais Goyle avait visiblement opté pour une solution radicale pour se débarrasser de Crabbe, du moins la plupart du temps : réviser à fond et être admis en sixième année, même si ce n'était qu'à quatre ou cinq cours, tandis que Crabbe, lui, bâclait tous ses examens et allait certainement redoubler. C'était un bon moyen pour ne plus avoir Crabbe dans les pattes : ils ne seraient plus dans la même classe, ni dans le même dortoir. Ils n'auraient plus que la salle commune et la table de Serpentard dans la Grande Salle en commun. Mais qu'avait-il bien pu se produire pour que ce soit aussi tendu entre eux ? Le mystère demeurait entier à ce sujet. Mais Hermione avait une intime conviction : pour elle, Goyle payait les choix qu'il avait faits, à l'insu de tous, sauf de celui de Crabbe. Elle ignorait juste quels étaient ces choix. Mais si c'était à cause de ça que Goyle s'était éloigné de Crabbe, il y avait fort à parier que via ces choix, Goyle s'émancipait de l'idéologie que son père lui avait inculquée. Si c'était vraiment cela, cette histoire mettait la lumière sur un problème qui touchait bon nombre de Serpentard : la situation dans laquelle ils étaient depuis que leurs pères Mangemorts étaient à Azkaban. Majeurs ou pas, ils étaient livrés à eux-mêmes. Le Ministère n'ambitionnait pas de faire le moindre effort pour faire en sorte que ces adolescents soient à l'abri. Hermione en avait la preuve avec le cas de Théo, qui était obligé de travailler pendant l'été pour se payer une chambre au Chaudron Baveur, subvenir à ses besoins et avoir des économies pour financer la formation qu'il intégrerait après Poudlard… À quinze ans, personne ne devrait être à ce point responsable de soi-même. Mais ce n'était pas l'opinion du Ministère qui punissait doublement les enfants de Mangemorts en les laissant seuls dans la nature, pour ceux qui n'avaient plus de mère ou dont la mère avait été emprisonnée pour complicité d'activités de Mangemorts avec leur mari… Hermione espérait sincèrement que les choses allaient bouger. Et elle y croyait, Fudge n'étant plus autant populaire qu'avant. Il était énormément critiqué de tous les côtés, les parents voulant que des écoles soient créées pour n'y accueillir que des enfants sorciers, les Aurors désirant que l'accès à la formation d'Auror soit assoupli pour qu'il y ait plus de candidats, et à terme, plus d'Aurors, divers spécialistes de la médicomagie réclamant le droit de démissionner de Sainte-Mangouste pour ouvrir leurs propres cabinets, droit déjà accordé aux psychomages, mais pas aux autres professions… Et ce n'étaient que des exemples parmi tant d'autres. Une grande partie de la population demandait à ce que Fudge renonce à son poste et à ce qu'il soit remplacé par Kingsley Shacklebolt, excellent Auror dont les états de services étaient plus que bons, et dont l'humanité était bien plus élevée que celle de Fudge.
- Hermione, ça va être à toi…
La voix de Daphné sortit Hermione de sa rêverie. Elle s'apprêta à remercier sa camarade, mais elle en fut empêchée par la porte qui s'ouvrit sur Anthony qui avait une mine plutôt joyeuse. Hermione s'engouffra dans la pièce et alla se placer devant le bureau du professeur Lupin.
- Bonjour, Hermione. Je crois que vous avez eu votre examen pratique de Défense Contre les Forces du Mal, vers quatorze heures ?
- Oui, confirma Hermione.
- Donc vous devez savoir comment va se dérouler l'épreuve, puisque le contenu est le même, que ce soit en Défense Contre les Forces du Mal, en métamorphose ou en sortilèges. Mais point de paresse ici, je vais quand-même vous le dire, déclara le professeur Lupin en souriant.
En privé, c'était toujours compliqué pour Hermione de considérer le professeur Lupin comme son professeur, et non comme le compagnon du parrain d'un de ses meilleurs amis, mais ce n'était que l'affaire de quelques minutes.
- Vous allez avoir cinq sorts à lancer, et vous devrez répondre à deux questions. Avant d'entrer dans le vif du sujet, est-ce que tout est clair ?
- Oui, acquiesça Hermione.
- Commençons, alors. Votre premier exercice sera de transformer un chaudron en passoire. Il n'y a pas de couleur exigée, mais si votre passoire est grise avec des reflets bleutés, vous aurez droit à une petite récompense en sortant.
Cela aurait étonné Hermione qu'il s'en tienne à son rôle d'examinateur… C'était plus fort que lui : il fallait qu'il pousse ses élèves à donner le meilleur d'eux-mêmes. Et c'était exactement ce qu'allait faire Hermione. Elle se saisit de sa baguette et visa le chaudron en étain qui trônait sur une table sur sa droite. Elle imagina une passoire qui correspondait aux critères «imposés» par son professeur et prononça la formule. Le chaudron se métamorphosa en une passoire toute grise, mais parsemée de reflets bleus.
- Bien joué, la félicita le professeur Lupin. Nous avons là une belle passoire. Est-ce que vous aimez ce petit lapin ? ajouta-t-il en désignant un lapin blanc qui mâchonnait de l'herbe.
- Oui, il est très mignon.
- Je trouve aussi, mais il serait mieux en chat. Et ça tombe bien : c'est votre deuxième exercice.
Cela ne fut pas plus compliqué pour Hermione : elle obtint facilement le chat qu'elle avait dans son esprit.
- Joli petit chat. Les choses vont se corser, maintenant. Ce vase en céramique est très bien comme il est, mais lui aussi serait mieux avec quelques modifications. Au lieu d'être en céramique, il sera en cristal, et au lieu d'être gris opaque, il sera bleu.
«Ah oui, ça monte de niveau» jugea Hermione. Elle cibla le vase, se figura un vase bleu en cristal et se focalisa sur les deux différences : la matière, et la couleur. C'était cela qui rendait l'exercice plus dur : il y avait deux aspects à prendre en compte, et non un seul. Elle lança le sort, et le vase gris en céramique devint un vase bleu en cristal.
- Vous feriez une bonne décoratrice d'intérieur, apprécia le professeur Lupin. Cela ne vous tenterait pas ?
- Non, c'est une idée intéressante, mais ce n'est pas pour moi, s'amusa Hermione.
- Dommage, mais je respecte votre choix. Votre quatrième exercice sera de transformer un livre en une souris.
L'épreuve se corsait davantage avec cette consigne : il s'agissait de passer d'un objet inanimé à un être animé et ce n'était pas ce qu'il y avait de plus aisé à faire. Mais Hermione s'y attela avec bonne grâce, et en ayant le résultat recherché en tête ainsi que le statut de l'élément de départ et le statut de l'élément d'arrivée, elle parvint à avoir une souris à la place du livre.
- Parfait. Pour clore cette partie purement pratique de cet examen, vous allez devoir transformer une chaise en bois rouge en un canapé en cuir marron.
Bon, là, pour le dernier sort, le professeur Lupin avait mis le paquet. Il y avait non pas un, non pas deux, mais trois critères à changer : la taille, la matière, et la couleur. Hermione avait déjà fait cela en cours, et avec brio, mais faire attention à trois éléments en même temps, cela relevait de la vraie gymnastique mentale ! Elle visa la chaise, se concentra de toutes ses forces sur l'image d'un canapé en cuir marron, tout en ayant bien en tête tout ce qu'il y avait à modifier, et elle jeta le sort. Quand elle rouvrit les yeux, elle fut soulagée d'avoir le canapé voulu à ses pieds.
- C'est un sans-faute, conclut le professeur Lupin. Plus que deux questions et vous serez libre. Pour la première question, je vais vous mettre dans un contexte. Vous êtes une élève de cinquième année, vous organisez une petite fête chez vous, mais vous avez quinze invités, et seulement trois chaises. Un adulte ayant son ASPIC en métamorphose saurait multiplier chaque chaise en plusieurs chaises, mais ce n'est pas votre cas actuellement. Deux solutions s'offrent à vous : transformer deux tables en deux canapés pouvant accueillir chacun six à huit invités, ou transformer un à un douze tabourets en douze chaises. Qu'est-ce qui serait le plus rapide ?
- Métamorphoser une table en un canapé requiert plus d'efforts, mais ça reste le plus rapide, car il y a également des efforts à fournir pour transformer un tabouret en une chaise, et le faire douze fois, ça doit être très long…
- En effet. Et quel est le sort qui permet d'entraver une personne avec des cordes ?
- Incarcerem.
- Bien, merci, Hermione. Comme promis, voilà votre récompense pour votre sublime passoire grise et ses reflets bleutés.
Le professeur Lupin tendit une barre chocolatée à Hermione qui ne put se retenir de sourire. C'était du lui tout craché. Et il se plaignait d'être connu pour être obsédé par le chocolat ! Mais c'était très gentil de sa part. Hermione le remercia et quitta la salle. Elle était contente : elle allait probablement avoir un vingt à son examen pratique de métamorphose. Ce qui lui assurait un Optimal de moyenne, car elle doutait fortement avoir en-dessous de quatorze à son examen théorique. Ce fut donc de très bonne humeur qu'elle prit la direction des escaliers pour monter au septième étage et aller à la Tour Gryffondor, puis à sa salle commune, n'ayant pas grand-chose à faire. Mais à peine eut-elle traversé la moitié du couloir qu'elle croisa Terry.
- Oh, zut, je suis en retard, regretta-t-il.
- Non, c'est moi qui dois avoir une ou deux minutes d'avance, corrigea Hermione. Mais ça me fait plaisir que tu aies souhaité m'attendre à la sortie de mon examen… Vu que tu es là, on va à la salle sur demande ?
- J'allais te le proposer, rigola Terry. Mais que jusqu'à seize heures quarante-cinq, car j'ai ma ronde à dix-sept heures.
- Ah oui, c'est toi qui es réquisitionné pour ce soir… Avec Sophie, c'est ça ?
- Exact.
- Heureusement que c'est dans le cadre de vos fonctions de préfets, sinon je le prendrais mal que tu me lâches pour une autre fille, plaisanta Hermione. Bon, allons-y, on n'a qu'une heure devant nous.
Terry fit demi-tour et Hermione continua à se diriger avec lui vers les escaliers. Comme ils étaient au sixième étage, ils n'eurent à grimper qu'un étage. Puis ils se rendirent à leur endroit secret qu'ils partageaient avec les autres couples de la bande. Ils s'installèrent sur les couvertures et les coussins qui s'étaient matérialisés, et lorsque Terry fut bien calé, Hermione se blottit contre lui.
- Ouh là, tu as eu une dure journée, toi… Si je me souviens bien, en plus de ton examen pratique de métamorphose, tu avais ton examen pratique de Défense Contre les Forces du Mal ?
Hermione hocha la tête.
- Ouais, et avec l'histoire de la magie ce matin, tu n'as pas été gâtée…
- Oui mais dans l'ensemble, je me suis bien débrouillée. Il n'y a qu'en Défense Contre les Forces du Mal où il y a eu un petit couac.
- Aïe, avec quel sort ?
- Riddikulus.
- Oh…
- Je n'ai même pas pu le lancer, tellement j'étais tétanisée… Mais comme je ne l'avais pas réussi en cours, il y avait peu de chances que je le réussisse lors de la pratique des BUSE… Mais bon, je me dis que ce n'est qu'un sort sur les cinq que j'ai eus à effectuer. Et j'ai dû avoir tous les points sur les quatre autres.
- Et les questions ?
- Elles étaient faciles.
- Bon, si je calcule bien, tu vas avoir un seize en pratique, ce qui te fait un Effort Exceptionnel. Et si tu as dix-huit en théorie, tu peux espérer un Optimal de moyenne…
- Je n'y crois pas trop, mais qui sait… Bon, et toi, comment ça va ?
- Bien, la routine…
Hermione fronça les sourcils. Elle regarda plus attentivement Terry et vit qu'il avait les traits tirés.
- Tu es sûr ? Ça n'a pas l'air d'aller fort…
- Ah, j'oubliais que j'étais nul quand il faut mentir… Mais je ne veux pas t'embêter avec ça.
Hermione soupira.
- À quoi se résume notre couple si tu ne te confies pas à moi quand ça ne va pas bien ?
Terry parut hésiter, puis il céda :
- C'est Lisa.
Hermione faillit se donner une gifle. Mais quelle imbécile ! Elle aurait pu le deviner… Il y avait des rumeurs sur une supposée grossesse de Lisa depuis deux jours, mais Terry et Hermione ne s'étaient pas vus depuis le dimanche après-midi et ils n'avaient pas eu l'occasion d'en parler.
- Ça doit la peser, ces bruits qui courent sur elle…
Terry fit une drôle de tête. Il ne fallut qu'une seconde à Hermione pour comprendre que ce n'étaient pas que des bruits.
- Oh, je suis désolée…
- Tu ne pouvais pas savoir, grimaça Terry.
- Ça ne va pas la gêner que je sois au courant ?
- Non, au contraire. De toute façon, ce sera impossible à cacher bien longtemps… Et puis elle m'a dit qu'il valait mieux que les préfets le sachent. Comme ça, si elle se fait attaquer verbalement dans un couloir, dans la Grande Salle, ou n'importe où dans le château, si un préfet ou une préfète passe par-là, il ou elle sera dans la confidence et sera en mesure d'agir en conséquence.
- Pas bête du tout. C'est bien qu'elle veuille s'appuyer sur les préfets, au cas où.
- Elle sera elle-même suppléante à la rentrée, et elle veut être raisonnable. Elle fait surtout ça pour le bébé. Moins stressée elle sera, mieux le bébé se portera. Il n'était pas du tout désiré, mais il n'a rien fait, il n'a rien demandé, il est innocent, il ne mérite pas de subir les répercussions que peut avoir le stress de la maman sur lui…
- C'est vrai, mais c'est surprenant qu'elle soit autant attachée au bébé, alors que ça fait peu de temps qu'elle a appris qu'elle était enceinte… Sur le moment, ça a dû être un gros choc pour elle…
- Ça l'a été, oui, et ça m'intrigue aussi. En fait, je sens qu'il y a un truc pas net, derrière tout ça. Elle avait l'air déprimée quand j'ai discuté avec elle, hier après-midi. Ce n'est pas la première fois que je la vois triste, mais là, c'était différent. C'était plus… profond. J'ai peur que cet enfant ait été conçu dans de mauvaises circonstances… Mais je me fais peut-être des idées… En tout cas, une chose est sûre : elle n'est plus avec le père du bébé.
- Oh, ça veut dire qu'elle va l'élever seule…
- Oh non, il n'y aura pas de père, certes, mais elle sera très bien entourée…
Hermione sourit.
- Tu as raison. Elle est discrète, mais très appréciée. Si elle poursuit sa grossesse ici, à la rentrée, il y aura plein de monde pour la soutenir, et on sera tous là pour l'aider quand le bébé sera là. Car si j'ai bien saisi, elle va le garder ?
- Elle risque de ne pas avoir le choix, elle ignore à combien de semaines elle en est, mais d'ici à ce qu'elle ait un rendez-vous à Sainte-Mangouste pour une échographie afin d'avoir le stade exact de sa grossesse et de vérifier si le bébé va bien, elle aura dépassé le stade légal pour avorter, c'est une certitude… Lisa n'a pas de repères précis pour déterminer quand elle est tombée enceinte, mais au fond d'elle, elle pense même qu'elle en est déjà à huit ou neuf semaines de grossesse.
- Une chance que Mrs Pomfrey lui ait fait faire un test… Enfin, c'est ce que j'ai entendu dire.
- Oui, c'est bien ça.
- Il aurait pu être fait avant, non ? Car elle avait fait plusieurs malaises avant d'être prise de nausées, dimanche midi, dans la Grande Salle…
- Oui, mais son corps avait beau lui montrer l'évidence, elle refusait de l'admette, c'était trop dur à accepter pour elle. Je crois que c'est ce qu'on appelle un déni de grossesse…
- Non, il faut être un peu plus avancée dans la grossesse pour que ce soit qualifié de déni. Et ce n'est pas forcément le fait de refuser le fait d'être enceinte. La plupart du temps, c'est ne pas constater les signes d'une grossesse, soit parce qu'il n'y en a presque pas, soit parce qu'ils sont trop légers, soit parce qu'on les associe à autre chose… Évidemment, il doit quand-même y avoir parfois le fait de ne pas être prête à accueillir un enfant, car ce n'était pas du tout dans les projets, mais il y a tout un tas de raisons qui peut être à l'origine d'un déni…
- Eh bien j'espère que ça ne nous arrivera pas, car ça doit être vachement stressant…
- Je ferai un test tous les mois, si ça peut te rassurer, plaisanta Hermione. Non, en vrai, c'est bien de faire attention, mais il ne faut pas non plus devenir parano… Mais je t'avoue que ça m'arrangerait qu'on attende d'avoir un travail avant de songer à faire des enfants.
- On est d'accord, sinon ça va être compliqué…
Terry lança un Tempus et grogna.
- Plus que trente minutes avant ma ronde… Et plus que quinze à passer ensemble, vu qu'il faut que je descende jusqu'au rez-de-chaussée et qu'on est au septième étage… Je n'ai pas envie de la faire, pour une fois.
- Si c'était avec moi, cette ronde, tu serais plus motivé ?
- Ben oui, puisque c'est parce que je préférerais rester avec toi que ça m'ennuie de devoir te laisser dans un quart d'heure…
- Oh, c'est mignon…
Attendrie, Hermione posa ses lèvres sur celles de Terry qui répondit aussitôt à son baiser. Ils durent le rompre assez vite pour éviter toutes sortes de tentations qui les frustreraient. Hermione aussi était déçue que Terry fût indisponible, d'autant plus qu'ils ne pourraient pas se voir le soir-même à cause de l'examen d'astronomie… Tout était contre eux ! Mais ils se rattraperaient plus tard. Pour l'heure, ils devaient profiter du temps qu'ils avaient, et ce fut exactement ce qu'ils firent. Sans se concerter, ils demeurèrent sans parler. Ils étaient bien, dans les bras l'un de l'autre, et ils apprécièrent juste le fait d'être ensemble, en amoureux…
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'était très axé sur les BUSE, mais il y a tout de même eu un loooong moment intime entre Harry et Draco XD Si je ne vous mettais que des épreuves de BUSE, je pense que ça risquerait d'être long et un poil barbant XD
Normalement, vous aurez le prochain chapitre en temps et en heure, car je suis en vacances dans trois jours, je reste sur place pendant les fêtes, et je n'ai que deux partiels à réviser pour la rentrée ainsi que quelques devoirs, donc je devrais avoir pas mal de temps pour écrire :) Si le chapitre n'est pas prêt pour dimanche, je referai une note pour vous dire où ça en est, mais j'ai bon espoir pour réussir à être ponctuelle =)
Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, une petite question : d'après vous, qui est le père de l'enfant de Lisa ? Si je vous pose la question, c'est que c'est quelqu'un qui a déjà été mentionné, même si ce n'est pas un personnage principal :) Et mine de rien, il y en a, des personnages qui sont parfois évoqués, ou qui pourraient être considérés comme personnages secondaires XD C'est l'un des deux cas, c'est tout ce que je peux vous dire XD Et vous aurez la réponse dans les prochains chapitres :)
Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 25 décembre pour le prochain chapitre intitulé «BUSE, troisième partie». Hé oui, si le chapitre est prêt, vous l'aurez pour le jour de Noël, j'ai été surprise quand je m'en suis rendue compte XD Comme pour les deux premiers chapitres portant sur les BUSE, il n'y aura pas que ça ; dans chaque POV, il y aura autre chose :) Il y aura encore des examens dans les deux chapitres d'après, mais ça devrait être minoritaire :) Car il y a des choses importantes qui vont avoir lieu avant la fin de ce tome XD Mais pour le prochain chapitre, ce sera de nouveau centré sur les examens des BUSE, dont certains seront sous deux POV qu'on n'a pas encore eus pour les BUSE :) Vous pouvez faire des pronostics, si vous voulez XD D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, de passer un bon début de vacances si vous en avez, un bon courage pour les contrôles ou examens si vous en avez aussi, portez-vous bien, faites attention à tout ce qui traîne, je vous embrasse fort, et plein de bisous tout le monde !
