Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui avec quelques heures de retard pour le quatre-vingt-sixième chapitre de SAMLP ! Mais il est là et bien là *-* C'était presque une promesse que je vous avais faite de faire en sorte que le chapitre soit prêt pour Noël, et il l'est ! Et c'est encore une fois grâce à vos retours qui m'ont énooooooooooormément motivée *-* Je suis toujours motivée à écrire, mais avoir de telles reviews, ça booste beaucoup ! Donc merci à vous *-*

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ccassandre24 : Ah ça c'est sûr, les élèves de Poudlard ont autant d'examens que nous à la fac XD J'ai beaucoup aimé aussi découvrir l'existence du maléfice de crottes de nez, car honnêtement, avant de faire des recherches pour les examens de Défense Contre les Forces du Mal, je n'en avais jamais entendu parler XD Du coup je me demande si c'est pareil pour vous XD Ravie que la mention de ce sort t'ait plu, en tout cas XD Non, non, tu n'as pas un humour déplorable, il faut tout de même avouer que c'est drôle d'imaginer le résultat de ce sort XD Mais d'où ça existe, et d'où ça s'apprend en cours, franchement ? XD C'est vrai qu'il y a trop de personnages dans cette fic pour avoir une idée de qui peut être le père de Lisa x) Si tu relis toute la fic un jour, tu auras toute mon admiration XD Merciiiii, bonnes fêtes à toi aussi ! *-*

Mel : Heeeeeey ! XD Oui, et les licences en contrôle continu, c'est vachement plus épuisant que je ne le pensais XD Pansy était l'ennemie involontaire de Harry, pour le coup XD Qui aurait cru que Harry aimerait un jour les potions… Bon, il ne va pas non plus en faire son métier, il laisse ça à son chéri XD Mais c'est hyper intéressant, l'essence de Belladone et le sang de salamandre ! (oui, on y croit XD) Tu es vraiment méga, méga, méga, méga fans de Drarry XD Oui, promis, ils vont continuer à être heureux ensemble *-* Tout à fait, le père de l'enfant de Lisa n'est pas forcément un Serdaigle XD Les gens aiment bien se mettre en couple avec des gens d'autres maisons, dans cette fic XD Je crois que les seuls qui échappent à cette tendance, ce sont Sirius et Remus x) Ce chapitre est très centré sur les BUSE, tout compte fait (plus que je ne le pensais), mais toujours avec des petits trucs à côté XD Ouiiii, un chapitre pour Noël, ce n'était pas du tout calculé, mais c'est le rythme de parution qui a fait ça XD

C'est un plaisir pour vous de lire la fic, et c'est un plaisir pour moi de voir que ça vous plaît toujours autant !

Et normalement, il y aura plusieurs scènes avec Severus, Draco et Tonks pendant les vacances d'été *-*

Sarah MAES : Effectivement, ce n'est pas Blaise le père de l'enfant, et je donne un indice mais vous devez tous vous en douter : ce n'est pas un membre de la bande :) Pas d'infidèles dans la bande XD Oui, tout va bien du côté de Sirius, Remus et Théo ! Il devrait y avoir un POV de Sirius et de Remus d'ici la fin du tome :) À bientôt dans les prochains chapitres !

mimibou : Ne t'en fais pas pour le retard, reviews quand tu veux et quand tu peux, c'est déjà très gentil de prendre le temps de commenter chaque chapitre, surtout avec leur longueur ! Ooooh mais c'est beaucoup de responsabilités d'être co-animateur d'un concert ! C'est normal que ça t'ait accaparé tout ton temps, et j'espère que ça s'est bien passé :) Félicitations d'avoir réussi à tout mener de front !

Alors je pense que Severus n'a pas fait exprès pour les questions XD En fait, on a assez peu d'informations sur le contenu des cours et des examens, et comme les BUSE reprennent les cinq années d'études, j'ai mis dans la première question l'une des seules infos qu'on a des cours de première année XD

Je comprends que tu n'aies pas lu toute la recette, elle fait 28 lignes XD Et puis bon, c'est répété dans la préparation de Harry XD Oui, il va avoir une bonne note, car sa potion est presque parfaite, ce serait abusé qu'il ait un Acceptable XD Alors pour l'histoire de la magie, c'est encore pire que pour les potions ! On ne sait quasiment rien XD

Alors j'ai pris exactement le même sujet que dans le livre, pas eu le choix XD Sauf que je me suis inspirée d'une mauvaise source, j'ai vérifié dans le livre en lisant ta review et c'est bien «violé», c'est pour ça que je ne comprenais pas moi-même le sujet XD Merci d'avoir relevé ça !

C'est vrai qu'il n'y a aucun indice concernant le père de Lisa, et c'est peut-être impossible à deviner, en fait XD Ah, quoique, il y a quelque chose qui a été dit sur lui qui pourrait mener sur la voie, mais c'est tellement léger XD

Oui, on se retrouve aujourd'hui, jour de Noël, c'était convenu et même si le chapitre est publié avec sept heures de retard par rapport à d'habitude, la «promesse» est tenue ! Je vous ai laissés profiter de votre journée, comme ça XD

La Prof : Bienvenue à toi ! Tu as découvert la fic il y a quelques semaines et tu as déjà tout lu ? Mais comment vous faites, tous, pour lire une fic aussi longue aussi rapidement ? XD Alors j'avoue que le résumé n'est pas très vendeur, mais c'était compliqué de résumer une telle fic XD Désolée si tu as désespéré en voyant cette fic revenir souvent alors que ça ne t'intéressait pas du tout, je sais à quel point c'est énervant, on a tous des fics comme ça qu'on ne veut pas lire et dont on voit les chapitres être publiés régulièrement XD Mais heureuse que tu aies finalement changé d'avis et de te compter parmi mes lecteurs ! Et merci pour ta franchise =D Franchement, arriver à presque 300 reviews, ça me fait déjà hyper plaisir ! Mais c'est super gentil, merci ! Tu avais totalement raison pour la relation entre Harry et Adrian, et pardon si ça a failli te faire partir de la fic, ça a peut-être été le cas d'autres personnes :/ Heureuse que la façon dont c'est écrit te plaise, il y a forcément des fautes qui échappent à mon attention (les vilaines !) et parfois, c'est le site qui supprime des lettres, je ne m'en rendais pas compte au début et c'est ma sœur qui m'a signalé ça, pas très cool de la part de FF XD

Merci pour ta review, et j'espère que la fic continuera à te plaire !

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Merci à tous pour vos reviews, vous êtes adorables ! Ça fait toujours autant plaisir et c'est toujours une source de motivation =) Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite à tous une agréable lecture !

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86 – BUSE, troisième partie

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(mercredi 19/06) POV Théo

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- Bon, on va y aller, Draco a son examen de Défense dans dix minutes et ça s'enchaîne ensuite avec Théo, Rionach O'Neal et moi, déclara Pansy en se levant.

- Ouais, en gros, vous me lâchez, bougonna Blaise.

- Ce n'est pas de notre faute si tu es à la toute fin de la liste alphabétique, répliqua Pansy.

- Mais pourquoi on n'est que quatre à passer ? s'intrigua Draco. D'habitude, les professeurs ont six élèves par heure… Après toi, Pansy, il aurait dû y avoir les jumelles Patil.

- Oui, mais il y a l'épreuve de runes à neuf heures et c'est l'une des options de Padma, révéla Pansy. Elle serait sortie à huit heures cinquante, et s'il y avait eu ne serait-ce que cinq minutes de retard, ça ne l'aurait pas fait pour l'examen de runes. Ils ont préféré jouer la prudence.

- Mmmh, pas bête. Allez, on y va.

Draco, Théo et Pansy se levèrent et quittèrent la Grande Salle.

- Se réveiller à sept heures pour un truc qui va durer dix minutes…

- S'ils avaient pu éviter de nous faire ça, ils l'auraient fait, assura Théo. Mais il faut composer avec les emplois du temps de tout le monde et ce n'est pas évident… Mais c'est vrai que pour vous, c'est pas top, car on a bien un autre examen pratique, mais c'est à treize heures…

- Ouais, si ça avait été à la suite, genre à neuf heures, ou même à dix heures, à la rigueur, on aurait été moins dégoûtés d'avoir dû renoncer à une grasse matinée… Le seul que ça ne dérange pas, ici, c'est Théo, vu qu'il a les runes… Mais ça va te faire une journée de dingue, car tu as aussi l'examen d'arithmancie cet après-midi…

- Oui, de quinze heures à dix-sept heures. Mais ça ne me gêne pas d'avoir quatre examens dans une même journée. Je n'ai pas le choix, de toute façon.

- Ça, c'est sûr… Et c'est jusqu'à quelle heure, ton examen de runes ? s'enquit Draco.

- Jusqu'à midi.

- Il dure trois heures ?!

- Oui, il durait deux heures en troisième année et en quatrième année, car on était des débutants, les deux textes qu'on avait ne faisaient que quinze lignes maximum, mais là, ça fait trois ans qu'on fait runes, on n'est plus des novices, et par conséquent, les textes et l'examen qu'on va avoir seront plus longs. Les deux textes feront entre vingt et vingt-cinq lignes chacun et ça augmentera de cinq lignes en sixième et en septième année, tout en étant de plus en plus compliqués.

- Ah ouais, ça ne rigole pas…

- Ça peut te paraître dur, mais au bout de cinq années de pratique, c'est normal d'avoir affaire à des textes compliqués… Et on a une prof super cool, c'est le professeur Black, mais au féminin.

- J'aurais dû faire runes, et non divination, regretta Draco. J'en ai tellement marre de Trelawney…

- Dis-toi que c'est ton dernier examen et qu'après, tu n'auras plus divination, positiva Pansy.

- Ouais, mais tout ça ne m'aura servi à rien…

- Les runes non plus, fit remarquer Pansy.

- Je n'en suis pas si sûr, opposa Draco. On n'est pas à l'abri de découvrir de très anciennes recettes de potions écrites en runes, qui seraient traduites, puis testées, et qui seraient susceptibles d'être des remèdes très utiles qui constitueraient un réel progrès pour la médicomagie… Qu'est-ce que je suis bête d'avoir choisi la divination…

- Tu pourras te rattraper durant la formation, signala Théo. Il y aura des cours de runes proposés en option, et il y aura différents niveaux. Et ce qui est bien, c'est que si le professeur s'aperçoit que tu avances plus vite que les autres, il te transférera au niveau supérieur. Ce qui serait intéressant pour toi, vu qu'il y a de fortes chances qu'on aille directement en deuxième année, ce qui te supprimerait une année d'apprentissage des runes…

- Bande de veinards, grommela Pansy. Deux ans de formation au lieu de trois, c'est le rêve…

- Mais que veux-tu qu'on fasse en première année ? On aura déjà les acquis en ayant suivi les cours approfondis à Poudlard ! La première année de la formation, ce n'est qu'une répétition de ce qu'on voit lors des deux heures supplémentaires que l'on peut suivre en sixième et septième année…

- Et il y a même moyen qu'on ne fasse qu'un an et demi, avec le cursus accéléré, ajouta Théo.

- Ah oui, vous aviez vaguement abordé le sujet, mais je n'ai pas trop retenu ce que c'était…

- C'est un cursus particulier pour les étudiants fraîchement diplômés des ASPIC qui, en plus d'avoir tous les acquis de la première année de formation grâce aux cours approfondis offerts à Poudlard en sixième et septième année, ont également des bases solides de la deuxième année, sans pour autant toutes les avoir. Il existe donc un cursus pour ces élèves qui se fait en un an et demi et qui contient tout le programme de la deuxième et de la troisième année de formation. Mais pour tout boucler en un an et demi, c'est du quasi non-stop, avec bien moins de congés qu'une formation classique… Tu peux t'octroyer des vacances, mais au péril d'accumuler du retard… Il faut s'accrocher, c'est hyper intense, comme programme. Plus de la moitié des élèves abandonnent en cours de route.

- Il y en a beaucoup qui s'inscrivent à ce cursus ?

- Pas au cursus en lui-même, mais au concours, oui. Car ce n'est pas un cursus accessible à toutes et à tous, on n'y est accepté que via une sorte de concours qui évalue nos compétences. On est admis si les résultats révèlent qu'on valide sans souci la première année et qu'on est au point sur diverses potions étudiées en deuxième année.

- Ok, c'est réservé aux élites de la promotion sortante de Poudlard, quoi… Vous allez le tenter, pour votre part ?

- Théo, oui, moi, c'est en réflexion.

- Tu vas être tout seul, Théo, le taquina Pansy.

- Non, il y aura Dean Thomas, rectifia Théo.

- Ah oui… Oh, en parlant de lui, je l'ai vu descendre à la salle commune en compagnie de Graham, ce matin.

- Tu es sûre ? Je veux dire, tu es sûre que c'était bien Dean ? vérifia Draco.

- Ben oui, je sais encore reconnaître le visage des gens de ma classe, ironisa Pansy.

- Mais Graham l'a rejeté lors de la fête qui a été organisée il y a un mois pour célébrer la victoire de Gryffondor sur Serdaigle ainsi que la victoire du tournoi de Serpentard… Graham avait quelqu'un d'autre en tête et je sais qui c'était.

- On est plusieurs à l'avoir deviné, mais comme c'est impossible pour lui d'avoir une relation avec cette personne pour le moment, il s'est offert du bon temps avec un autre garçon et c'est tout à fait dans son droit, tant que le garçon est sexuellement majeur et qu'il était consentant.

- Mais ça ne se fait pas trop pour la personne pour qui Graham en pince…

- Parce que tu défends cette personne, maintenant ? se moqua Pansy. Tu ne serais pas un peu jaloux, en réalité ?

- Jaloux ? Je suis en couple et j'aime mon petit-ami ! Pourquoi je serais jaloux ? Ça n'a aucun sens !

- Même si tu n'as jamais été amoureux de Graham, lui a vraiment fini par t'aimer, et tu sais que tu as une place spéciale dans son coeur, ça pourrait donc te vexer qu'il s'affiche publiquement avec un garçon pour la première fois depuis votre rupture, vous qui aviez dû cacher votre histoire aux yeux de tous afin d'éviter les accusations de favoritisme…

À la mimique que fit Draco, Théo sut que Pansy avait visé juste. Draco avait toujours apprécié son statut de chouchou auprès de Graham. Mais ce n'était pas parce que celui-ci avait une relation avec un autre garçon qu'il allait effacer Draco de son esprit…

- Et puis bon, ce n'est pas avec n'importe quel garçon que couche Graham… C'est avec ton second ex. Ça doit te faire bizarre… Mais c'est de ta faute. Tu as dû trop les faire souffrir et ils ont décidé de se consoler ensemble…

Draco éclata de rire.

- Ouais, en gros, c'est un complot ! Mais s'ils sont heureux comme ça, eh bien je suis content pour eux. Mais selon moi, Dean n'est qu'un exutoire pour Graham.

- C'est peut-être réciproque. Ça expliquerait pourquoi il collectionne autant les amants… Il ferait ça pour oublier celui qu'il aime.

- Tu ferais mieux d'être psychomage, tu analyses trop bien les gens…

- Non merci, mon futur métier, c'est de m'occuper des enfants ! Ah, voilà le professeur Gordon.

Théo regarda derrière lui et vit en effet le professeur Gordon au bout du couloir. Cela faisait environ cinq minutes qu'ils étaient devant la salle de classe, après avoir discuté sur tout le chemin. Plongés dans leur conversation, ils n'avaient pas senti dans leurs jambes les six étages qu'ils avaient montés. Ils n'étaient pas seuls : Rionach O'Neal était là, avec vingt minutes d'avance, comme cela leur avait été conseillé à tous. Le professeur Gordon les salua et s'adressa à Draco :

- Vous êtes le premier, M. Malfoy. Venez avec moi.

Draco entra dans la salle à la suite du professeur Gordon.

- Tu crois qu'il est cool, dans sa notation ? songea Pansy.

- C'est difficile à dire, car on n'est pas évalué en cours lorsqu'on fait de la pratique, mais au vu des notes qu'il met aux devoirs, il est relativement cool, oui. Mais il a quand-même tendance à valoriser le travail. Après, si tu te rates sur un sort, il ne va pas t'accorder les points, même s'il le voudrait… Mais si, par exemple, tu dois repousser un objet et que ton sortilège d'expulsion manque légèrement de peps, ça ne va pas t'empêcher d'avoir tous les points. Avec le professeur Maugrey, tu n'aurais eu que deux points sur trois, mais lui était assez strict…

- Il était surtout flippant, oui, grimaça Pansy. Mais ce serait bien que j'aie le sortilège d'expulsion, je le maîtrise bien.

- Ah oui, je m'en souviens, tu y avais mis tellement d'énergie que le pauvre vase a heurté le mur de plein fouet et qu'il s'est brisé en mille morceaux par terre…

- Je l'ai reconstitué après avec un Reparo, se défendit Pansy.

- Oui, tu avais fait de la métamorphose en plein cours de Défense Contre les Forces du Mal…

- Je n'ai jamais compris pourquoi ce sort était considéré comme un sort de métamorphose.

- Car il modifie l'état de l'objet. Et tout sort qui…

- Modifie l'état d'un objet appartient au domaine de la métamorphose, compléta Pansy. C'est l'une des bases de la métamorphose, mais bizarrement, je ne l'appliquais pas au sort de réparation, alors que c'est logique… Merci, Théo, tu as résolu ce qui était un mystère pour moi.

- Tu me remercieras si le professeur Gordon te pose la question, s'amusa Théo.

- Ah bah là, j'aurais bon ! C'est sur combien, les questions ?

- Sur deux points et demie chacune. Les sorts, eux, sont sur trois points chacun.

- C'est cher payé, les questions, pour de la pratique…

- Oui, mais ça ne représente que cinq points sur les vingt points de l'examen. Et c'est un moyen de nous tester à l'oral.

- Pas faux. Vu que c'est sur cinq points, je vais relire mes cours, je les ai apportés avec moi…

- Ah, c'est pour ça que tu as ton sac sur toi…

- Oui, ça peut paraître étrange d'emmener ses cours pour un examen pratique, mais au cas où je me serais ennuyée, je me suis dit que ce serait une bonne idée d'avoir mes cours près de moi… J'avais zappé que je serais avec toi, puis avec Draco. Vous m'attendrez quand je serai dans la salle ?

- Évidemment, affirma Théo.

- Mais tu as ton examen de runes à neuf heures…

- J'aurai vingt minutes pour y aller, c'est largement suffisant.

- Bon, si tu le dis…

Ce fut rassurée que Pansy se mit à chercher ses cours dans son sac.

- Oh non, mes cours se sont mélangés à ceux de métamorphose…

Pansy se résignait à trier ses parchemins quand la porte s'ouvrit sur Draco. Celui-ci souhaita un bon courage à Théo qui entra dans la salle. Le professeur Gordon le salua avec sa gentillesse ordinaire et lui exposa le déroulé de l'examen.

- Tout est clair ? s'enquit-il une fois qu'il eût tout dit.

- Oui, répondit Théo.

- Bien, votre premier sort est celui de danse endiablée que vous allez utiliser sur le mannequin. Vos camarades que j'ai eus avant vous s'en sont tous servi lors de leur examen des BUSE blancs, donc je suppose que vous aussi…

- Oui, ainsi qu'en sortilèges.

- Cela permet de ne pas avoir recours à des cobayes humains et d'inclure des sorts qui sont autorisés sur des mannequins, mais pas sur des humains. Mais trêve de bavardages, à vous de jouer, intima le professeur Gordon en souriant.

Théo pointa sa baguette sur le mannequin :

- Tarentallegra !

Les jambes du mannequin bougèrent aussitôt toutes seules et entamèrent une danse peu coordonnée mais très agitée, qui fut stoppée par un Finite que formula le professeur Gordon.

- Comme le tirage au sort a désigné pour vous deux thèmes du programme de troisième année, dont l'un est assez éprouvant mentalement, vous avez le choix de l'ordre dans lequel vous allez faire ces deux exercices. Vous aurez, d'une part, deux Chaporouge à repousser, de deux façons différentes, et donc l'un après l'autre, et d'autre part, un Épouvantard à neutraliser.

Théo se crispa à la mention de la seconde consigne. Mais il fit comme si de rien n'était et décida de se débarrasser de l'Épouvantard en premier :

- Je vais d'abord affronter l'Épouvantard, puis les Chaporouge.

- C'est noté. Je vais libérer la créature qui sera initialement sous la forme de ma propre plus grande peur, avant de prendre la forme de la vôtre. Êtes-vous prêt ?

- Oui.

C'était un semi-mensonge : il n'était pas totalement prêt, mais il se sentait «apte», ce qui n'était pas vraiment la même chose. Le professeur Gordon visa l'armoire où se cachait l'Épouvantard qui s'en échappa. C'était un bracelet qui, en s'approchant de Théo, se transforma en Edward Nott. Théo usa de tout son self-contrôle pour ne pas laisser la peur le submerger. Tout en menaçant l'Épouvantard de sa baguette, il se créa une vision dans la tête, se concentra fort dessus et s'écria :

- Riddikulus !

Edward Nott se retrouva en haillons, pieds nus, et avec une vieille baguette d'où pendaient des fils. Un homme désargenté, qui n'avait plus de quoi se racheter l'objet le plus indispensable des sorciers, aux antipodes du vrai Edward Nott, aristocrate Sang-Pur qui avait su faire fructifier ses affaires… Il était beaucoup moins effrayant en homme pauvre. Et ce fut sous cette apparence que l'Épouvantard fut renvoyé dans l'armoire par le professeur Gordon.

- Est-ce que vous allez bien ? s'inquiéta-t-il.

- Oui, bien mieux depuis qu'il n'est plus là.

- Vous vous êtes bien débrouillé, assura le professeur Gordon. Faire face à un Épouvantard, c'est, à mes yeux, l'une des situations qui nous obligent le plus à faire appel aux qualités indispensables de la Défense Contre les Forces du Mal, car on doit surmonter sa peur de ce qui est, pour nous, le plus grand des dangers. Mais revenons-en à l'examen. Votre prochaine mission sera d'opter pour le bon moyen pour faire battre en retraite les Chaporouge que vous aurez devant vous. Il y aura sept objets à votre disposition. Si c'est un sort, ce sera marqué sur un bout de parchemin qui comptera comme un objet. Vous n'aurez qu'une minute pour chaque Chaporouge, afin que votre examen ne soit pas trop long. Êtes-vous suffisamment remis de vos émotions pour effectuer cet exercice ?

- Oui.

Le professeur Gordon fit un signe de tête et ouvrit la cage où était enfermé le premier Chaporouge. Celui-ci s'en évada et regarda autour de lui, tandis que Théo s'empressa de s'intéresser à ce qu'il y avait sur la table à côté de lui. Il prit un des deux parchemins qu'il déplia : «maléfice du saucisson». Oh le piège… Cela aurait pu être un réflexe de penser à ce sort, mais en cours, le professeur Gordon avait bien précisé qu'il ne fonctionnait que sur les humains. Théo lut l'autre parchemin : «sortilège de blocage». Ah, ça, c'était mieux ! C'était le sort que Théo avait en tête depuis le début, mais s'il y avait des propositions sur les parchemins, c'était qu'il devait se cantonner à celles-ci, et se rabattre sur la bonne, de préférence. Et ce fut ce qu'il fit en visant la créature qui l'avait vu et qui se dirigeait vers lui :

- Immobulus !

Le Chaporouge fut d'un coup figé sur place. Le professeur Gordon le fit léviter jusqu'à sa cage qu'il cadenassa et ouvrit celle de son congénère qui, sur le qui-vive, se glissa aussitôt à l'extérieur. Théo ne perdit pas de temps et chercha ce qu'il lui fallait. Il y avait un concombre, qui aurait été efficace contre un Kappa, mais pas contre un Chaporouge. «Il n'y a que des pièges, en fait» songea Théo. Il vit une fiole remplie de sang qu'il ignora délibérément. Car s'il débouchait cette fiole, en plus d'être complètement inefficace contre le Chaporouge, cela allait l'attirer plus qu'autre chose, vu qu'il était appâté par l'odeur du sang… Il n'y avait plus que trois choses sur la table, qui avaient comme point commun d'être toutes des potions : deux potions de beauté, et un philtre de confusion. Sachant que ce dernier ne rendait pas seulement confus, mais incitait également à des comportements impétueux et téméraires, Théo douta fortement que ce fût la solution idéale contre une créature qui lui voulait déjà du mal… De plus, il aurait fallu la faire boire au Chaporouge, alors que le but était de rester le plus loin possible de lui pour ne pas se faire attaquer… Il n'eut heureusement pas à réfléchir à tous ces détails, ayant à l'origine tout cela à l'esprit. Sinon, la minute qui lui était accordée pour chaque Chaporouge serait écoulée depuis longtemps… Ce qui fut le plus long, ce fut de comparer les deux potions de beauté. S'il y en avait deux, ce n'était pas par hasard. Mais même ça, cela ne lui prit que dix secondes. Il n'eut qu'à sentir le contenu de l'une d'entre elles pour deviner qu'elle était périmée. Ce fut donc de l'autre dont il s'empara pour en asperger le Chaporouge. S'il y avait bien une chose que cette créature détestait, c'était l'apparence belle que lui procurait cette potion. Déstabilisée, elle en devenait inoffensive. Le Chaporouge que Théo avait combattu en était la preuve : atterré par son nouveau physique, il s'était entièrement détourné de Théo, secouant ses pattes avec ardeur dans le vain espoir de leur faire retrouver leur ancien aspect répugnant. Le professeur Gordon immobilisa le Chaporouge, le ramena dans sa cage et reporta son attention sur Théo :

- Bien joué, le félicita-t-il. Vous n'avez pas du tout hésité, vous vous souveniez de ce qu'il y avait à faire et de ce qu'il ne fallait pas faire et cela vous a fait gagner un temps précieux. Maintenant, vous allez déposséder un Pitiponk de sa lanterne avec le sortilège de répulsion.

À peine eut-il terminé sa phrase que le professeur Gordon fit sortir un Pitiponk d'une autre cage. La réaction de Théo ne se fit pas attendre : il visa le filament qui tenait la lanterne et s'exclama :

- Lashlabask !

L'objet fut arraché à son propriétaire et afin de l'empêcher de la ramasser, Théo la récupéra avec un Accio. Le Pitiponk, lui, rejoignit sa cage par les bons soins du professeur Gordon.

- Très bien. Plus qu'un exercice et vous en aurez fini avec la pratique. Pour cet exercice, vous allez amortir la chute d'un objet avec un sortilège que vous avez appris cette année, à la fois en Défense Contre les Forces du Mal et en sortilèges. Vous rappelez-vous contre quelle créature ce sort est très utile ?

- Contre les lutins de Cornouailles, qui adorent faire tomber tout ce qui est à leur hauteur, ce qui est très problématique quand il s'agit d'objets de luxe ou d'objets qui cassent. Mais nous n'étudions ce sort qu'en cinquième année, car il est trop complexe pour un élève de deuxième année.

- Tout à fait. Mais il n'y a pas que dans ce cas que ce sort est utile, il amortit aussi la chute des êtres humains. Là, c'est un vase que vous aurez à sauver. Prêt ?

Théo acquiesça. Le professeur Gordon fit alors léviter un vase jusqu'à ce qu'il atteigne environ trois mètres de hauteur, puis il abaissa soudain sa baguette. Théo pointa immédiatement sa baguette sur le vase :

- Arresto Momentum !

Le vase, qui s'approchait du sol à une vitesse vertigineuse, fut quasiment suspendu dans les airs tant il fut ralenti.

- Parfait, déclara le professeur Gordon. Deux petites questions et vous serez libre. La première porte sur les vampires. Quel est leur statut global, quel est leur statut précis et quelles créatures ont désiré être classées comme animaux pour ne pas être classées dans la même catégorie que les vampires ?

- Ils ont le statut d'être mais ils sont principalement considérés comme des créatures partiellement humaines. Et ce sont les centaures et les êtres de l'eau qui ont souhaité être classés comme animaux pour ne pas être associés au même statut que celui des vampires.

- Bien, et enfin : quel est l'effet du charme de l'alarme, que nous avons vu en théorie cette année et que vous apprendrez en sixième année ?

- C'est un sortilège permettant de prévenir une intrusion ennemie en émettant un son strident. Avec le temps, il perd de sa puissance, il faut donc le renouveler régulièrement.

- Merci, M. Nott. Vous pouvez y aller.

Théo salua son professeur et s'en alla. Il fut accueilli par Draco qui lui sauta presque dessus :

- Ah, te voilà, il te séquestrait ou quoi ?!

- Pourquoi ? s'étonna Théo.

- Parce que ça fait plus de dix minutes que tu es là-dedans !

- Ah bon ? Je n'avais pas l'impression que c'était long à ce point… Mais c'est peut-être pour ça que nous ne sommes que quatre élèves au lieu de six sur ce créneau-là, même s'il y a aussi l'examen de runes à neuf heures qui entre en compte… Certains élèves doivent avoir des exercices qui prennent un peu plus de temps.

- Oui, ce serait logique, approuva Pansy. Bon, qu'est-ce que tu as eu, comme sorts ?

Théo raconta ce qu'il avait eu à faire, et il termina son récit pile au moment où la porte s'ouvrit sur Rionach O'Neal. Pansy pénétra dans la pièce après avoir prié Merlin à voix haute de ne pas avoir à braver un Épouvantard. Draco et Théo discutèrent de leur examen de métamorphose de l'après-midi pendant l'absence de Pansy. Lorsque celle-ci sortit de la salle, elle avait un air mitigé.

- Pas d'Épouvantard, mais j'ai raté deux sorts, avoua-t-elle. Et comme j'ai eu bon aux questions qui étaient plutôt faciles, si je calcule bien, ça me fera un quatorze pour la pratique. Et vu que j'ai bien géré la théorie, j'aurai probablement un Effort Exceptionnel en tout. Honnêtement, c'est bien payé pour le niveau que j'ai eu durant les trois quarts de l'année. Au conseil d'orientation, j'avais treize de moyenne. J'ai grappillé deux points au cours des deux mois qui ont suivi, ce qui fait que je vais avoir une meilleure note que mon niveau global… Je n'ai pas trop à me plaindre. Je m'améliorerai l'année prochaine et je travaillerai dur pour avoir la même note aux ASPIC.

- Et tu vas y arriver, garantit Draco.

- Je vais tout faire pour. On t'accompagne à ton examen, Théo ? On n'a que ça à faire…

- Je veux bien, accepta Théo en souriant.

Ce fut ainsi qu'il se rendit à la salle de runes, entouré de ses deux amis.

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Quinze minutes plus tard, Théo était installé à sa table habituelle, que ce fut lors des cours ou lors des examens. Le professeur Babbling distribua les sujets et à neuf heures tapantes, l'épreuve débuta. Théo lut le premier texte et à l'exception de quelques mots, ce fut comme s'il lisait un livre normal. Il adorait les runes. C'était l'une de ses matières favorites, mais venant de lui, cela avait-il une réelle signification ? Il les aimait toutes, et elles étaient nombreuses à figurer dans la liste de ses «matières favorites» avec la botanique, les potions, l'astronomie, les soins aux créatures magiques, les sortilèges… Mais les runes, c'était différent. C'était de la réflexion, et c'était bien la matière où Théo avait le plus d'efforts à fournir, surtout lorsqu'il fallait passer de l'anglais aux runes… Car il y avait deux types d'exercices dans cette matière : un exercice de «version», avec un texte en runes à traduire en anglais, et un exercice de «thème», avec un texte en anglais à traduire en runes. Outre le vocabulaire à avoir, il fallait comprendre en runes ce que voulait dire chaque mot écrit en alphabet runique avant de le traduire en anglais. C'était de la gymnastique mentale et Théo aimait beaucoup cela. En s'aidant du contexte, il n'eut aucun mal à déchiffrer les trois ou quatre mots qui lui avaient fait défaut lors de la lecture. Il fit son exercice de version en un peu moins de quarante minutes, et il eut besoin d'une heure pour rédiger sa traduction de thème. Il fut le premier à déposer sa copie et à partir. Il n'était que dix heures trente-cinq, ce qui lui octroyait deux heures et demie de répit jusqu'à son épreuve pratique de métamorphose. Il se dirigeait vers les escaliers lorsqu'il vit Astoria au bout du couloir. Son visage s'illumina en apercevant Théo.

- Oh, Théo, c'est super que tu sois là ! Il faut à tout prix que tu m'aides…

«À tout coup sûr, elle veut que je parle à Draco» songea Théo. Bien que Draco fût son meilleur ami, il ne s'était rangé dans aucun camp, même s'il comprenait pourquoi Draco refusait Astoria comme prétendante à l'un des postes de l'équipe… Mais elle était aussi légitime que les autres à participer aux sélections. N'ayant rien contre Astoria qu'il appréciait beaucoup, il n'essaya pas de se défiler :

- Je t'écoute, indiqua-t-il gentiment.

- Voilà : il y a quelques jours, j'ai missionné Daphné d'avoir auprès de Draco les horaires où il est le plus susceptible d'être dans la salle commune. Elle l'a fait, mais ça n'a rien donné, il lui a juste dit qu'il tacherait d'y être plus souvent. Mais j'ai beau y être moi-même et le guetter, il n'y est jamais, ou alors quand il y entre, il monte directement à son dortoir et je n'ai pas le temps d'aller vers lui… Je ne me fais plus d'illusions, j'ai bien vu qu'il m'évitait… Ok, il n'est plus fiancé à Daphné, mais ce n'est pas une raison pour faire comme si je n'existais plus, comme si ça ne faisait pas une dizaine d'années qu'on se connaissait, comme si on n'avait pas partagé plein de trucs depuis qu'on est tout petits… J'en suis réduite à n'avoir été que la petite sœur de sa fiancée et c'est très blessant…

Théo écarquilla les yeux, tellement ces paroles ne représentaient pas du tout la réalité. Puis il sentit son coeur se serrer en réalisant qu'à cause du comportement stupide de Draco, Astoria se faisait de fausses idées sur leur relation… Il s'empressa d'y remédier :

- Ça n'a rien à voir, Astoria, affirma-il doucement. Cette rupture de contrat entre vos deux familles, ça n'a rien changé pour Draco. Il t'adore toujours autant, il nous l'a dit, à Blaise, Pansy et moi, deux minutes après que Daphné soit venue faire ce que tu lui avais demandé. S'il fait en sorte de ne pas te croiser, c'est parce qu'il sait que tu vas remettre le Quidditch sur le tapis.

- Donc c'est bien ce qu'il me semblait, il ne veut pas de moi dans l'équipe !

- C'est plus compliqué que ça, nuança Théo. Il ne verrait aucun inconvénient à ce que tu entres dans l'équipe s'il n'avait pas peur que ça fasse des étincelles… Tu serais trop ingérable, selon lui.

- Mais ce n'est pas parce que je suis impulsive, que je dis haut et fort ce que je pense, que je réagis au quart de tour quand on m'asticote et que je n'hésite pas à me battre quand on pousse le bouchon trop loin que je vais me bagarrer avec le premier joueur qui viendra me chercher des noises ! Je ne peux pas promettre que je serai tout le temps sage, mais je ferai des efforts pour que Draco n'ait pas à me disputer toutes les cinq minutes ! Je ne suis pas idiote, je suis bien consciente que je dois être un minimum disciplinée si je veux intégrer l'équipe…

Théo avait rarement entendu un discours aussi sérieux de la part d'Astoria. Pour lui, il n'y avait plus de doutes : elle était tout à fait apte à se conformer aux règles inhérentes à une équipe de Quidditch. Il était resté à l'écart de cette histoire entre Draco et Astoria depuis le début, mais là, Astoria l'avait tant touché qu'il était obligé de s'en mêler à son tour pour tenter de convaincre Draco de baisser sa garde envers Astoria.

- Je vais faire de mon mieux pour te faire obtenir la confiance de Draco, jura-t-il.

Le soulagement se lut sur les traits d'Astoria.

- Merci, Théo. Au moins, il y a une chose de sûre : si je deviens poursuiveur de réserve, ce n'est pas avec toi que j'aurai des ennuis lors des entraînements ! Allez, j'y vais, bon courage pour la suite de tes examens !

Astoria s'en alla sur ces mots. Théo ne put retenir le sourire qui fleurit sur ses lèvres. Cette fille était plus têtue qu'un hippogriffe, mais elle était également si attachante… Draco allait finir par craquer, c'était certain. Désirant régler cela au plus vite, il continua sa route vers les escaliers, les descendit et prit le chemin de sa salle commune. Une fois arrivé, il trouva vite Draco qui avait les yeux rivés sur lui, ayant sûrement eu peur qu'il s'agissait d'Astoria. Si cela avait été le cas, il se serait enfui et se serait réfugié dans le dortoir, comme il le faisait depuis qu'il se cachait de leur jeune camarade de troisième année. Là, il n'eut pas à le faire, puisque ce n'était que Théo. Celui-ci rejoignit Draco qui était avec Blaise et Pansy.

- Il n'était pas censé durer trois heures, ton examen ? s'étonna Blaise.

- Si, mais à dix heures et demie, j'avais fini de traduire les deux textes… Je n'allais pas poireauter dans la salle jusqu'à midi…

- Non, c'est sûr…

- Et ça a fait le bonheur de quelqu'un, que je sois sorti de bonne heure, enchaîna Théo. En traversant le couloir de la salle de runes, je suis tombé sur Astoria.

- Oh non, marmonna Draco. Je parie qu'elle t'a supplié de la défendre auprès de moi ? Mais quand est-ce qu'elle va lâcher l'affaire ?!

- Peut-être quand tu arrêteras de la snober ? ironisa Blaise.

- Je ne la snobe pas, protesta Draco. J'esquive une conversation que je ne veux pas avoir avec elle, c'est tout.

- Mais tu seras plus tranquille quand tu l'auras eue, cette conversation ! plaida Pansy.

- Parce que tu crois que ça lui suffira ? Elle va me harceler jusqu'à ce que je cède, répliqua Draco.

- En vrai, c'est une bonne chose que tu ne veuilles pas d'elle, intervint Blaise. Si tu trembles à l'idée d'avoir une discussion avec elle, je n'ose même pas imaginer ce que ce serait si tu étais responsable d'elle au sein de l'équipe… Franchement, Draco, tu n'aurais pas tout simplement peur d'Astoria ?

Draco fit les gros yeux.

- Peur d'Astoria ?! Mais… qu'est-ce que tu racontes ?!

- C'est ce que ton attitude reflète. Tu as peur de ne pas réussir à maîtriser une fille qui a deux ans de moins que toi et de te faire déborder par elle.

- Non mais n'importe quoi, souffla Draco.

- Alors pourquoi tu refuses catégoriquement qu'elle entre dans l'équipe ?

- Parce qu'elle est intenable !

- C'est bien ce que je disais, tu as peur de perdre de la crédibilité si tu ne parviens pas à la gérer, toi, un garçon plus vieux qu'elle…

- Non, je pense juste à mon équipe, rétorqua Draco. Elle risquerait fortement d'être ralentie avec un élément perturbateur comme Astoria. Le temps que je passerai à la rappeler à l'ordre, c'est du temps que je passerai en moins à surveiller et conseiller les autres joueurs de l'équipe. Je ne fais que mon devoir de capitaine en faisant les meilleurs choix possibles pour le bien-être de mon équipe.

- Mais qui te dit qu'Astoria sera la même dans l'équipe qu'en-dehors de l'équipe ? C'est bien connu que les gens ont souvent un comportement différent dans le milieu sportif que dans la vie de tous les jours, car ce n'est pas du tout la même sphère… Le sport, ça permet de se dépenser, et pour calmer une boule de nerfs comme Astoria, c'est exactement ce qu'il lui faudrait. Et puis tout le monde a le droit de se présenter aux sélections. Tu ne peux pas écarter quelqu'un sans être sûr que ce sera une calamité pour l'équipe. Laisse une chance à Astoria. Et si ça ne va pas avec elle au bout de plusieurs semaines malgré les mises en garde que tu lui auras faites, là, tu auras une raison valable de la virer de l'équipe.

Théo vit les barrières de Draco vaciller. Il décida d'ajouter son grain de sel :

- Elle m'a dit que si elle est admise dans l'équipe, elle fera tout pour que tu n'aies pas à la reprendre à tout bout de champ. Elle est pleine de bonne volonté. Elle sait très bien qu'elle devra se conduire différemment dans les vestiaires et lors des entraînements que lorsqu'elle est dans le château, et elle est prête à s'y soumettre. Ça lui paraissait tellement logique qu'elle devait s'assagir qu'elle n'avait même pas compris que c'était ça qui te freinait… Elle était persuadée que tu l'ignorais parce que tu n'étais plus fiancé à Daphné et que tu n'en avais plus rien à faire d'elle.

Les yeux de Draco s'exorbitèrent de nouveau. Puis il geignit en se passant une main sur le visage.

- Je n'aurais pas dû la rejeter comme je l'ai fait, ça a amené à un quiproquo qui lui a fait de la peine et ça aurait pu être évité si j'avais été moins idiot… Je ne suis même pas encore capitaine que je fais déjà de grosses bourdes…

- Justement, mieux vaut que tu les fasses maintenant qu'à la rentrée, tempéra Théo.

- Mais il n'y a que sur toi que je suis supposé me reposer, et là j'ai carrément eu besoin de vous trois pour réaliser que j'avais eu tort de repousser ainsi Astoria…

- Mais tu peux te rattraper en allant de toi-même vers elle, suggéra Théo. Elle n'attend que ça, et je te promets que tu ne le regretteras pas. Elle est capable de se montrer bien plus mature que tu ne le penses. Tu ne la reconnaîtras même pas quand vous serez dans la sphère du Quidditch…

Draco sourit.

- Ça a l'air improbable, mais j'ai envie d'y croire. J'irai lui parler dès que je la verrai. Bon, on ferait mieux d'aller déjeuner, il faut qu'on ait le temps de digérer avant la pratique de métamorphose.

- Bonne idée, approuva Blaise.

Il se leva et fut vite imité par Draco, Théo et Pansy. Ils quittèrent la salle commune de Serpentard et se rendirent à la Grande Salle qui était plutôt remplie pour l'heure qu'il était. En période d'examens, le service débutait exceptionnellement à onze heures, afin que les élèves qui avaient une épreuve à treize heures n'aient pas à se presser pour manger. Cela avait pour but de diminuer un tant soit peu le stress. Théo n'était pas angoissé de nature par les examens, mais il devait avouer que ne pas avoir à avaler son assiette en quatrième vitesse entre deux examens, c'était assez cool !

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À midi cinquante, Draco, Théo et Pansy patientaient devant la salle de métamorphose avec Rionach O'Neal. Une fois de plus, ils n'étaient que quatre à passer leur pratique sur ce créneau-là. Blaise n'aurait la sienne que le lundi suivant, sur un créneau de deux heures, avec dix autres élèves, dont Harry et Ron. Draco avait exprimé sa déception de ne pas être sur les mêmes listes que Harry, mais il y avait six élèves entre eux, ce qui corsait un peu les choses… Théo, lui, n'avait pas espéré être sur les mêmes créneaux que Justin, car cela était purement impossible avec les onze élèves qui les séparaient ! Oui, Théo s'était amusé à les compter, n'ayant que ça à faire… Il en était là dans ses réflexions quand le professeur Lupin vint vers eux. Il les salua tous chaleureusement, déverrouilla la porte et disparut dans la salle avec Draco.

- J'aurais bien aimé être la première, déclara Pansy.

Théo haussa les sourcils.

- Tu n'as pas trop le trac ?

- Si, mais beaucoup moins qu'en Défense Contre les Forces du Mal. Je souhaite garder cette matière pour l'année prochaine, mais elle ne m'est pas indispensable pour ma formation, donc ce n'est pas trop grave si je n'ai pas la note requise… Mais je serais triste et déçue d'être recalée, car j'adore la métamorphose. Surtout avec un professeur aussi gentil… Et plaisant à regarder.

- Il est en couple, et toi aussi, rappela Théo avec humour.

- Ah oui, merci, j'avais oublié, renchérit Pansy sur le même ton. Non et en plus, il est gay. Et c'est un professeur. Il n'est définitivement pas pour moi. Mais je m'en fiche, j'ai Ron, je l'aime, et je n'ai d'yeux que pour lui. Ça va être dur, cet été, d'être éloignés l'un de l'autre… Il faut qu'on voit avec nos parents si l'un pourra aller chez l'autre. J'avais eu l'idée que Ron vienne chez moi au début des vacances, ou l'inverse, quand mes parents seront à Sainte-Mangouste, mais ça va chambouler toute l'organisation qu'ils avaient prévue avec mon parrain… Bref, c'est bien, d'avoir un petit-ami, on ne va pas se mentir, mais c'est aussi un vrai casse-tête !

- Oui, ce ne serait pas drôle, sinon, plaisanta Théo. Mais dis-toi qu'on se retrouvera au mois d'août chez Harry pour fêter l'anniversaire de Ginny ! Et on essaiera de faire nos achats le même jour sur le Chemin de Traverse… On sera tous ensemble, mais on ne vous tiendra pas rigueur, à Ron et à toi, si vous vous éclipsez pour être un peu seuls en amoureux…

- On n'aura qu'à réserver la matinée à nos moitiés, et l'après-midi à toute la bande, proposa Pansy.

- Oh, pas bête… On en discutera avec les autres quand on aura un moment pour se réunir.

- On se fera ça ce week-end, à mon avis, estima Pansy. Mais en vrai, ça va être difficile pour tout le monde, cet été. Entre toi qui travailles, Blaise, Justin et moi qui avons nos stages, Terry qui va aller assister à des conférences, et Hermione qui est dans le monde moldu, ça ne va pas être du gâteau ! Mais au fait, ça va être quoi ton job, précisément, au Chaudron Baveur ?

Théo expliqua du mieux qu'il put son futur rôle et fut interrompu quelques minutes plus tard par la porte qui s'ouvrit sur un Draco arborant une mine réjouie, ce qui ravit Théo. Il entra dans la salle et alla se positionner devant le bureau du professeur Lupin. Celui-ci lui exposa le même déroulement de l'examen que celui du professeur Gordon.

- Pour votre premier exercice, vous allez transformer une souris en escargot.

Théo sortit sa baguette et la pointa sur la souris en se créant la vision d'un escargot dans son esprit. Il prononça la formule et parvint aisément à avoir le mollusque désiré.

- C'était loin d'être insurmontable pour vous, mais les modalités des BUSE exigent que la pratique contienne des sorts au programme de quatre années différentes. Là, c'était une métamorphose d'un être animé en être animé, ce qui est au programme de la… ?

- Deuxième année, compléta Théo.

- Exact. Si je vous dis «animal à métamorphoser en objet» ?

- Sort de troisième année.

- C'est ça, et c'est votre deuxième consigne. Vous avez une grenouille, à vous d'obtenir un encrier.

Théo se plia à l'ordre, visa l'amphibien et se focalisa sur la modification du statut. Il lança le sort et un encrier se matérialisa à la place de la grenouille.

- J'aurais préféré un encrier rouge, mais celui-là est très joli, commenta le professeur Lupin.

Comme s'il n'attendait que ça, Théo corrigea la couleur de l'encrier qui devint vert. Sauf qu'il le fit en informulé, ce qu'il ne réalisa qu'au bout de plusieurs secondes. Oui, car il le faisait parfois sans s'en rendre compte, habitué qu'il était à utiliser les informulés dans le dortoir pour les sorts les plus simples. Au vu de l'air dépourvu de surprise du professeur Lupin, il sut qu'il était au courant de son avance sur le programme de sixième année. Son professeur ne tarda pas à le lui confirmer :

- Le professeur Snape m'a informé de votre capacité à produire certains informulés afin qu'il n'y ait pas de malaise si vous le faisiez par inadvertance en plein cours ou en plein examen, comme cela a été le cas une fois en cours de sortilèges. Il a dû le dire à tous les professeurs avec qui vous faites de la pratique. Mais si cela peut vous rassurer, il ne m'a pas mentionné ce qui vous a poussé à maîtriser les informulés.

Ces mots soulagèrent effectivement Théo. Il n'avait pas très envie que tous ses professeurs sachent pourquoi il avait appris cette branche de la magie en quatrième année et en autodidacte. À l'origine, c'était pour pouvoir insonoriser son espace dans le dortoir sans que Blaise et Draco ne l'entendent. Il faisait des cauchemars toutes les nuits, à cette époque, et il avait peur de réveiller ses deux amis à cause de cela. Mais s'il avait jeté à voix haute, tous les soirs, le sort de silence autour de son lit, cela aurait mis la puce à l'oreille de Blaise et Draco, et Théo ne voulait surtout pas qu'ils devinent qu'il avait des nuits agitées… Bon, à présent, ses amis savaient tout, mais le sujet des informulés était un sujet un peu tabou et Draco, Blaise et Pansy respectaient cela. Théo avait hâte d'étudier ces sorts en classe pour se sentir plus libre de s'en servir. Mais ce n'était pas d'actualité. Pour l'heure, il était à son examen pratique de métamorphose. Comme en écho de ses pensées, le professeur Lupin reprit la parole et lui signala ce qu'il avait à faire :

- Bon, cette fois, vous allez avoir une assiette à réparer, mais uniquement avec la formule Reparo.

Oh, la difficulté augmentait d'un cran… Le sort Reparo était du niveau de quatrième année, tandis que le sort qui incluait le mot de l'objet à réparer était lui vu en deuxième année. Celui-ci était plus simple puisqu'il n'y avait pas besoin de faire un effort mental, tout étant dit oralement… En fait, la formule courte était une étape intermédiaire entre le sortilège complet et le sortilège informulé. Ce ne serait pas étonnant que ce soit le sort de référence lors des premiers cours qui porteraient sur ce type de sortilèges…

- Êtes-vous prêt ? demanda le professeur Lupin.

Théo acquiesça. Le professeur Lupin s'empara d'une assiette qu'il lâcha et qui se brisa par terre en mille morceaux. Théo cibla les débris et fixa dans sa tête le souvenir de l'assiette entière.

- Reparo.

L'assiette se reconstitua et ce fut comme si elle n'avait pas été cassée.

- Bien, c'est gentil à vous d'avoir rafistolé cette pauvre assiette, dit le professeur Lupin en souriant. Est-ce que vous aimez cet ouvrage ? enchaîna-t-il en désignant un gros livre marron en cuir.

- Oui, il est magnifique, de quoi traite-t-il ? s'enquit Théo.

- De supernovas, de comètes, de trous noirs, de nébuleuses… Je sais que vous êtes très intéressé par l'astronomie, et c'est pourquoi, lorsque vous vous en irez, je vous ferai cadeau du livre à qui j'aurai rendu sa forme initiale. Car votre mission est d'en faire un foulard bleu en soie.

«Ok, ça attaque le programme de cinquième année» songea Théo. Il aurait donc deux sorts tirés de ce programme, étant donné qu'il lui restait un sort ensuite à effectuer… Là, il y avait trois éléments à prendre en compte : la texture, la couleur et la matière. La texture était ce qu'il y avait de plus dur à métamorphoser. Passer d'un objet solide à un objet fait de fibre, ce n'était pas évident. Mais Théo se concentra sur ces trois éléments et il ne lança le sort que lorsqu'il eut bien tout en tête. Il vit alors l'encyclopédie se transformer en un beau foulard bleu. Le professeur Lupin le toucha et ce fut avec un air satisfait qu'il lui fit regagner sa forme d'avant.

- Comme promis, vous l'aurez à la fin de l'examen. Pour terminer, vous avez un petit tabouret blanc en plastique qui doit devenir une chaise rouge en bois.

Là aussi, il y avait trois aspects à considérer : la taille, la couleur et la matière. Théo centralisa son attention là-dessus tout en s'imaginant ce qu'il devait obtenir. Quand ce fut bien clair et bien présent dans son esprit, il énonça le sort et le tabouret se changea en une chaise rouge en bois.

- Parfait, déclara le professeur Lupin. Deux petites questions et ce sera bon pour vous. La première : qu'est-ce qu'un Animagus et comment sa forme animale est-elle définie ?

- Un Animagus est un sorcier capable de se transformer à volonté en l'animal qui reflète le mieux sa personnalité, mais le sorcier ne peut choisir lui-même sa forme animale qui n'est définie qu'à la fin de la période d'apprentissage.

- Bien, et la seconde question : quelle est la formule pour faire apparaître un objet, que nous avons abordée cette année mais que vous ne pratiquerez qu'en sixième année ?

- Il s'agit d'Inanimatus Apparitus.

- Merci, Théo. Je vous libère, passez un bon après-midi et bonne chance pour vos derniers examens.

Théo souhaita de même à son professeur qui, comme lui, avait encore des examens, et quitta la salle de classe avec l'encyclopédie d'astronomie de huit cent pages sous le bras. Il allait mettre des mois à le lire ! Rionach O'Neal prit sa place, et ce fut le tour de Pansy dix minutes plus tard. Quand elle sortit de son épreuve qu'elle jugea avoir plutôt bien réussie, Draco, Théo et elle descendirent au rez-de-chaussée et rejoignirent leur salle commune afin d'y chercher Blaise à qui ils suggérèrent d'aller se promener dans le parc, ce qu'il accepta. Théo ne put profiter qu'une heure du soleil, mais cela fut suffisant pour lui. Ce fut requinqué qu'il rentra au château et qu'il monta au quatrième étage pour se rendre à son examen d'arithmancie. À quinze heures pile, celui-ci débuta. Le sujet paraissait facile au premier abord, mais il était loin de l'être. Le but était d'interpréter les valeurs de plusieurs noms selon deux alphabets distincts, et comparer les résultats. Pour cela, il fallait additionner les lettres de chaque nom, chaque lettre ayant une valeur fixée par l'alphabet choisi. Les chiffres du nombre issu de ces opérations devaient être eux-mêmes additionnés pour n'aboutir qu'à un nombre à un chiffre. Ceci était à répéter trois fois, car il y avait trois nombres essentiels : le nombre d'expression obtenu avec toutes les lettres du nom, qui était composé du prénom et du nom de famille, le nombre intime obtenu avec toutes les voyelles, et le nombre de réalisation obtenu avec toutes les consonnes. Tous les chiffres étaient ensuite à interpréter, chacun ayant une qualité qui lui était bien assignée. C'était un travail très fastidieux, mais Théo aimait beaucoup cela. Comme il connaissait par coeur ce qu'il y avait à faire, il eut fini avant les deux heures que durait l'examen. En une heure et demie, il estima avoir analysé en long, en large et en travers tout ce qui était analysable. Il s'était même peut-être un peu trop enflammé : il avait écrit quatre-vingt centimètres de parchemin, alors qu'il n'y en avait que soixante qui étaient exigés. Il remit sa copie au professeur Vector et s'en alla. Un soupir lui échappa quand il fut dans le couloir : sa journée avait été longue, mais il était content de lui. Le lendemain, il avait la divination et les soins aux créatures magiques, le lundi vingt-quatre, à dix heures et demie, il avait la pratique de sortilèges, et après, à dix heures quarante, il serait officiellement en vacances. Enfin, c'était vite dit. Car il n'allait pas vraiment avoir de vacances au Chaudron Baveur. Mais ses patrons avaient l'air sympa et rien que pour ça, il avait hâte de commencer son job. Il n'avait pas à se plaindre : il allait travailler et dormir au même endroit, ce qui était quand-même très pratique. Il allait être indépendant, subvenir à ses propres besoins, ce qui n'était pas rien pour un adolescent de quinze ans, mais cela ne lui faisait pas peur. Il était libre, et c'était tout ce qui lui importait.

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(jeudi 20/06) POV Harry

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- J'aurais dû faire comme toi, Hermione. Lâcher la divination et me rabattre sur une autre option…

- Tu aurais eu à rattraper tout ton retard, signala Hermione.

- Ouais bah ça aurait été toujours mieux que de poursuivre cette matière qui ne sert à rien sauf à se faire prédire des trucs à la fois atroces et faux…

- Mais ce qui est bien, c'est que tu n'as pas de pression, relativisa Hermione. Pas de note minimale à avoir, et même si tu as Désolant ou Piètre, Sirius et Remus ne t'en voudront pas. La divination n'a pas de valeur, à leurs yeux. Donc vas-y en te disant que cet examen n'aura aucun impact sur la suite de ta scolarité.

Les mots de Hermione ragaillardirent Harry.

- Tu as raison, on s'en fiche, de la divination ! J'aurais de quoi me morfondre si j'avais un examen dans une matière que je déteste mais qui m'est primordiale, mais ce n'est pas le cas… Tu vas faire quoi, toi, Hermione, pendant qu'on s'arrachera les cheveux avec les feuilles de thé ?

- Attendre Ginny. Elle n'a rien, ce matin, mais ça ne l'empêche pas de se lever tôt pour aller courir autour du lac… Elle sera là d'ici vingt minutes.

- Ah, c'est pour ça que tu n'as presque rien mangé, observa Ron.

- Oui, je prendrai mon petit-déjeuner en même temps qu'elle, comme ça. Et à onze heures et demie, j'ai mon examen pratique de sortilèges.

- Tu seras avec qui ?

- Avec Kevin Entwhistle, Seamus et Goyle. Normalement, j'aurais dû avoir mon examen lundi mais comme je ne fais pas divination, j'ai été mise sur ce créneau-là. Goyle et moi prenons ainsi la place de Seamus et d'Anthony qui, eux, ont divination et qui n'étaient donc pas libres ce matin.

- Ça a l'air d'être le bazar, mais en vrai, c'est bien organisé, commenta Harry. Bon, on va y aller, il est sept heures quarante-cinq et ce n'est pas tout près…

- Bon courage, les garçons, compatit Hermione.

Harry et Ron la remercièrent, se levèrent et quittèrent la Grande Salle. Ils prirent le Grand Escalier qui les mena au septième étage et se rendirent à la Tour Nord qui abritait la salle de divination. Ils y montèrent et s'installèrent en tachant d'ignorer la chaleur étouffante qui y régnait. Au vu de ce qu'il y avait sur chaque table, Harry sut les techniques divinatoires sur lesquelles ils allaient être évalués : la tasséomancie avec les feuilles de thé, et la cristallomancie avec la boule de cristal. D'habitude, il y avait trois techniques divinatoires, et comme il n'y avait rien d'autre sur les tables, il y avait fort à parier qu'il y aurait de la chiromancie, qui n'exigeait aucun autre matériel que les lignes de la main.

- Bonjour et bienvenue à tous, mes chers amis, salua le professeur Trelawney, avec sa voix douce et embrumée. Comme vous avez pu le constater, votre examen des BUSE consistera à lire l'avenir au moyen de feuilles de thé et d'une boule de cristal, et vous le ferez également avec les lignes de votre main. Vous avez quatre heures pour lire et inscrire un maximum de choses sur vos parchemins. Tout ce que vous voyez doit être analysé et interprété. Je viendrai vers vous trois fois, à tour de rôle, pour écouter ce que vous aurez lu. Je vous rappelle que votre examen est à la fois oral et écrit, vous serez donc notés sur le contenu de vos copies, mais aussi sur vos aptitudes à expliquer spontanément, face à moi, ce que vous lisez dans votre tasse, dans la boule de cristal ou sur vos mains. Vous êtes libres d'utiliser les techniques dans l'ordre que vous souhaitez. Je vous conseille cependant de ne pas vous mettre tout de suite à la tasséomancie, il y a un temps de préparation durant lequel il serait judicieux de vous pencher sur un autre art. Est-ce que tout est bien clair ? Oui ? Bien, allez-y.

Harry se mit aussitôt au travail. Il avait dit à Hermione qu'il se moquait de la note qu'il aurait, mais ce n'était pas entièrement vrai. Il n'avait pas envie d'avoir fait trois ans de divination pour avoir au final un Piètre, un Désolant ou un Troll… Cela renforcerait l'idée que tout cela n'aurait servi à rien. Il visait par conséquent la moyenne, et pour cela, il avait appris par coeur les significations de tous les symboles, même si le professeur Trelawney avait souvent répété que cela ne suffisait pas et que la lecture personnelle de ce qu'il y avait dans la tasse de thé, dans le marc de café ou dans la boule de cristal comptait tout autant que la lecture «traditionnelle». Harry s'empara de la boule de cristal et la posa devant lui. Il fit le vide dans sa tête afin d'être plus à même de se focaliser uniquement sur l'objet. Il remerciait les séances de thérapie avec le professeur Snape qui l'avaient énormément aidé à mieux contrôler son esprit. Il réalisa pour la première fois à quel point cela s'avérait utile pour la divination. Car cette matière requérait une immense concentration et celle-ci était vite perturbée par la moindre pensée parasite. Lorsqu'il en fut totalement dépourvu, Harry fixa la boule en verre et fit abstraction de ce qu'il y avait autour de lui. Il lui sembla avoir oublié un truc très important, et il se traita mentalement d'idiot en se souvenant d'un coup qu'il fallait se poser une question. Bah oui, la boule n'allait pas non plus faire tout le travail… Mais il alla tout de même au plus simple : qu'allait-il se passer prochainement pour lui ? Il ne vit absolument rien pendant plusieurs minutes, tant et si bien qu'il se fustigea d'avoir bêtement cru être capable de tirer quoi que ce soit d'intéressant d'une stupide sphère qui serait bien mieux dans une déco qu'à quelques centimètres de son visage… Mais avant d'avoir pu songer à abandonner, il y eut soudain du mouvement dans la boule. Une forme se dessina, une forme rectangulaire avec des bâtons qui semblaient la soutenir. Parmi les symboles qui étaient trouvables dans cet art, il n'y en avait qu'un qui correspondait à cette forme. Et cela eut pour effet de gêner Harry, car ce symbole n'était autre qu'un lit, qui avait deux représentations possibles : la maladie, ou des besoins sexuels non assouvis. Si ceci avait été accompagné de noir, qui était une couleur néfaste, cela aurait été la première option, mais comme il n'y avait que du rose, couleur liée à l'amour, il ne faisait aucun doute que c'était la deuxième option… Bon, il valait mieux que ce soit celle-là plutôt que l'autre, mais cela le mettait fortement mal à l'aise. De plus, il y avait un détail qui clochait : oui, lors de son dernier rapport sexuel avec Draco, il avait été très difficile à satisfaire, se plaignant notamment que c'était trop lent, mais c'était du passé… Or, la divination avait pour but de prédire le futur… Il y avait une grosse incohérence. Et comme si ce n'était pas assez embarrassant comme ça, il entendit le professeur Trelawney dire à l'élève derrière lui que c'était très bien et venir vers lui. Il supplia sa boule de lui montrer autre chose, mais son vœu ne fut pas exaucé.

- M. Potter, qu'en est-il pour vous ? Êtes-vous apaisé par ce que vous avez vu ?

- Euh… Ce n'est pas le verbe que j'aurais employé…

- Mmmh, faites-moi part de ce que votre boule de cristal vous dit actuellement.

Harry jeta un coup d'oeil à l'objet. Rien n'avait changé.

- Il y a un lit, et la couleur qui domine est le rose. Le lit exprime soit la maladie, soit des désirs non satisfaits, et le rose est associé à l'amour. Ça veut donc dire que… euh… je vais être frustré dans… euh… je vais être frustré, quoi.

L'indulgence se lut sur le visage de Trelawney. Elle avait beau être à moitié folle, sentir le Xérès à plein nez, et avoir annoncé d'horribles choses à Harry durant ses deux premières années de cours de divination, elle n'avait jamais été méchante pour autant. C'était davantage de la maladresse.

- Oui, vous avez bien décelé le message global de tout cela. Mais vous avez l'air perplexe…

- Franchement, oui, avoua Harry. Car tout cela est arrivé très récemment, ce qui est très bizarre, car la divination ne doit annoncer que ce qui va avoir lieu dans l'avenir…

- Oh, ce n'est que ça… Mais M. Potter, ce n'est pas parce que la boule de cristal reflète ce qui a eu lieu il y a quelques heures, ou il y a quelques jours, que cela ne va pas se reproduire…

Ah bah oui, c'était logique… Cette remarque que se fit Harry le surprit. C'était très rare que ce que le professeur Trelawney disait lui paraissait censé…

- Continuez, je serai de retour d'ici trois quarts d'heure, le temps que vous finissiez avec la boule de cristal et que vous commenciez une autre technique.

Le professeur Trelawney s'en alla et s'arrêta à la table devant celle de Harry, où était assise Parvati Patil. Harry reporta son attention sur sa boule de cristal et, estimant avoir eu assez d'informations à propos de son futur proche, il demanda mentalement à l'objet ce qui l'attendait dans un futur un peu plus lointain. Plusieurs minutes s'écoulèrent jusqu'à ce que le lit ne s'efface pour laisser place à une tête de chat. Harry fut sceptique. Il n'avait pas trop saisi ce qui se cachait derrière un chat dans cet art divinatoire. Il n'allait pas avoir grand-chose à dire dessus… Heureusement, pour le bien de son examen, la modification n'était pas finie : une sorte de fourrure s'ajouta de part et d'autre de la tête féline, lui donnant plus l'air d'un lion. Tout compte fait, Harry aurait préféré avoir un chat, même si cela ne lui inspirait rien du tout. Car le lion présageait des épreuves difficiles, ce qui n'avait rien de rassurant. Et ce le fut encore moins quand d'autres têtes de lions apparurent aux côtés du premier… Merlin mais combien d'épreuves Harry allait-il devoir affronter ?! Il fut de plus en plus dérouté en voyant le fond de la sphère devenir orange. Cela indiquait l'amour, la joie, le courage, la force et la détermination. Harry était accablé. Cette boule se fichait-elle de lui ?! Elle lui balançait dans le plus grand des calmes les qualités inhérentes à la maison de Gryffondor ! Mais il savait depuis presque six ans qu'il était un Gryffondor ! Ce n'était pas cette imbécile de sphère qui allait le lui apprendre ! Et pour la seconde fois, elle était censée lui dévoiler son futur, et pas son présent, nom d'un troll des montagnes ! «Non mais tu ne te fies qu'aux valeurs de la couleur orange, mais il n'y a pas que ça» lui souffla sa voix intérieure. Ah oui, oups… Harry s'était légèrement enflammé. Mais sa petite voix avait raison : la couleur orange témoignait aussi du fait qu'il allait réussir à surmonter les obstacles, ainsi que de l'amour que lui portait une personne dans son entourage. Cela le soulageait par rapport aux lions qui s'étaient invités peu de temps auparavant. Certes, manifestement, des moments durs se profilaient à l'horizon, mais il en ressortirait vainqueur. Mais, du coup, s'il triompherait de tous ses problèmes, sa contrariété sur le plan sexuel allait-elle être résolue ? Il espérait que oui. Il s'apprêta à écrire toutes ses observations, mais les lions qui avaient disparu furent remplacés par un animal qui ressemblait à une tortue. Du moins, c'était le symbole le plus fidèle à ce qu'il y avait dans la boule, car tout comme le lit et les lions, c'était relativement vague. Les formes n'étaient pas du tout nettes et ne permettaient pas de se dire «Ah mais oui, c'est un lion, c'est évident !». Et si, pour Harry, telle forme était un lion, pour un de ses camarades, cela pouvait être tout autre chose… C'était pour cela que le professeur Trelawney avait insisté sur le fait que la vision personnelle était essentielle et qu'il n'était pas bon de ne se reposer que sur ce que disaient les livres. Bref, Harry avait une tortue dans sa boule de cristal, et si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, cela l'avertissait qu'il allait être obligé de s'accorder du temps pour prendre une décision importante. Ceci généra un instant de flottement chez Harry qui n'avait aucune idée de ce à quoi cela faisait référence. Il réfléchit et eut brusquement un flash. Au cours de l'été, il allait recevoir les résultats des tests qu'il avait faits lors des vacances de Pâques chez le généticomage. Et si celui-ci avait retrouvé le gynécomage qui avait suivi sa mère lors de sa grossesse ? Ou le généticomage que ses parents avaient consulté et qui était à l'origine de son troisième allèle ? Et si Harry allait découvrir qui était son troisième parent ? Et s'il allait devoir faire un choix ? Et s'il allait devoir choisir entre cette personne et les deux adultes qui l'aimaient et qui s'occupaient de lui depuis l'été précédent ? La panique l'envahit à cette pensée. Quitter Sirius et Remus ? Non ! C'étaient eux, sa famille ! Il baissa les yeux avec angoisse vers la boule en verre. De la fumée brouillait l'image de la tortue. Il ferma les yeux. La fumée signifiait qu'il était sur le point de faire face à une réalité cachée. Ses doutes se confirmaient. Il y avait trop d'indices. Mais il refusa d'y croire. Ça ne voulait strictement rien dire. Il était nul en divination, il déchiffrait forcément mal les choses… Il écrivit néanmoins tout ce que la sphère avait éclairci sur son avenir, et tout ce qu'il en avait déduit, même si c'étaient des balivernes pour lui. Mais avant de rédiger tout cela, il prépara son thé pour son deuxième exercice. Ainsi, lorsqu'il aurait tout noté, le thé serait prêt à être analysé. Et ce fut effectivement le cas une demie-heure plus tard. Le professeur Trelawney, qui était revenue entre-temps pour l'évaluer sur la tasséomancie ou sur la chiromancie, comme elle l'avait dit, dut se rabattre sur un autre élève.

- Plus que deux heures et demie, déclara-t-elle lorsque Harry eut fini de gratter sur sa copie.

Zut, il avait trop traîné sur la cristallomancie, qui l'avait inquiété, alors qu'à la base, il ne cherchait pas à être fixé sur son avenir… Il prit sa tasse et ce fut là que les choses devinrent compliquées pour lui. Il y avait tout un tas d'étapes à réaliser et cela avait toujours ennuyé Harry qui n'y avait jamais mis de la bonne volonté. Mais il savait ce qu'il y avait à faire. Il but le thé et ne laissa que quelques millimètres de l'infusion dans la tasse. Il la fit tourner trois fois et la renversa à l'envers en mettant une soucoupe dessous pour que la tasse soit débarrassée du liquide restant. Il la repositionna ensuite à l'endroit et fut content de lui : il avait tout fait bien. Il fallait désormais interpréter. Il avait retenu que les figures situées près de l'anse étaient des prédictions qui se réaliseraient rapidement, que les figures près des parois évoquaient ce qui se passerait dans les semaines à venir, et que les figures au fond de la tasse révélaient un futur plus éloigné. La première forme qui se démarqua fut un bateau, sur la moitié du bord de la tasse. Cela représentait soit un voyage, soit la fin d'une amitié. Comme Harry n'avait pas prévu de voyager, il était plus probable que cela concerne un de ses amis… Ce qui provoqua une certaine anxiété chez lui. Car il tenait à ses amis ! Il n'avait pas envie de perdre l'un d'entre eux ! «Ce ne sont que des bêtises, Harry» lui rappela sa petite voix. Oui, mais… il subsistait le doute que tout cela soit vrai… Et si c'était le cas, il y avait de quoi ne pas être serein ! Il s'efforça d'oublier et scruta le fond de la tasse. Il ne vit rien de spécial. Enfin, si, il y avait bien le corps d'un animal, mais comme pour la cristallomancie, les contours étaient si flous qu'il était dur de préciser si c'était le corps d'une vache, d'un cheval, d'un rhinocéros… Mais en promenant son regard et en le remontant, il s'aperçut que le corps se prolongeait sur les bords de la tasse, de bas en haut, avec la tête de l'animal qui, s'il en croyait ses yeux, était dotée d'une trompe. C'était donc un éléphant qu'il avait dans sa tasse. S'il se référait à ce qu'il avait lu dans ses cours, l'éléphant suggérait qu'il allait avoir besoin de conseils, et plus particulièrement de la part d'un vieil ami… Ah bah s'il se disputait avec un de ses amis, ce serait tout à fait normal qu'il aille quérir de l'aide auprès d'un autre ami… Mais est-ce que ces deux événements interviendraient dans la même période ? Ce n'était pas si sûr, car l'éléphant était partagé entre le fond et les bords de la tasse, ce qui impliquait qu'il appartenait à la fois au futur proche et au futur plus lointain… Une hypothèse lui vint à l'esprit : peut-être allait-il avoir besoin de conseils en permanence sur une assez longue durée… Et si cela avait un lien avec le mystère qui allait s'élucider, et que Harry soupçonnait être le mystère sur son troisième allèle ? Et si ces conseils allaient porter sur le choix qu'il allait être amené à faire ? Non, il divaguait, il était trop centré sur ça, mais son avenir n'allait pas tourner uniquement autour de cette histoire ! Il nota tout de même sur son parchemin toutes ses suppositions. Il avait tout juste fini quand il reçut la visite du professeur Trelawney.

- M. Potter, il n'y a que vous que je n'ai pas entendu pour votre deuxième art divinatoire. Vous vous êtes intéressé à la tasséomancie, c'est bien cela ?

Harry acquiesça.

- Qu'avez-vous à me dire sur ce qu'il y a dans votre tasse en ce moment-même ?

Harry examina sa tasse et remarqua qu'il n'y avait plus l'éléphant, mais la forme d'un animal bien plus petit : celle d'un papillon. Ce dernier annonçait une transition ou une inconstance, ce qui collait bien avec ce qu'il avait vu jusque-là. Il expliqua ceci à son professeur qui parut captivée par ce qu'il disait. Mais pour Harry, tout cela sonnait horriblement faux. Il n'était pas fait pour la divination. Il était peut-être trop terre-à-terre, mais c'était plus fort que lui, il n'avait aucune confiance en cet art. Il ne se fondait sur rien de concret. Ce n'était que de l'invention. Une fois le professeur Trelawney partie, Harry s'attaqua à son dernier exercice : la chiromancie. C'était l'art qui lui avait le plus plu, et il savait déjà qu'il ne possédait que trois lignes sur sa main : la ligne de vie, la ligne de coeur et la ligne de tête. La première était plutôt profonde, ce qui attestait d'une bonne santé et d'une résistance aux maladies, ce qui était relativement exact pour le coup. Il avait été habitué aux privations tout au long de son enfance et sa santé s'était adaptée en conséquence. Sa ligne de coeur, elle, était marquée par des segments qui étaient censés établir la durée de chacune de ses relations. Bon, ok, il en avait eu plusieurs, mais c'était impossible que cela se reflète sur sa main ! Pour ce qui était de la ligne de tête, eh bien… c'était aussi réaliste. Il se souvenait que si cette ligne était droite, cela signifiait que la personne était pragmatique, cartésienne. C'était son cas, sa ligne était très droite, et cela prouvait bien qu'il n'en avait rien à faire de la divination ! «Oui mais du coup, puisque ça concorde avec ce que tu penses, c'est que ce qu'il y a sur ta main, ce ne sont pas que des âneries» lui signala sa petite voix. Mais il ne lui avait pas demandé l'heure ! Et pour une voix qui n'était autre que sa raison, elle n'était pas très cohérente… Car c'était elle qui lui avait dit que ce qu'il y avait dans sa tasse n'était «que des bêtises»… Il jugea préférable de ne pas l'écouter et écrivit sur son parchemin tout ce qu'il était en mesure d'analyser sur les lignes de sa main. Puis il se relut et fut de nouveau sollicité par le professeur Trelawney qui, une fois de plus, s'extasia sur ce qu'il racontait. Ayant fini son examen, il lui donna sa copie. Elle la parcourut et à son air satisfait, Harry sut qu'il allait avoir une bonne note. C'était la première fois qu'il aurait la moyenne à son examen de divination, il aurait dû en être ravi, mais au lieu de le faire sauter de joie, cela le déprima. Il n'avait pas la sensation d'avoir pleinement mérité un Acceptable ou un Effort Exceptionnel. Il avait bien fait son travail, oui, et sans tricher, pas comme lors des devoirs, mais il avait prédit des choses auxquelles il ne croyait absolument pas, ce qui n'avait aucun sens pour lui. En fait, il était déçu. Il avait beaucoup révisé pour ne pas avoir l'air idiot en ne sachant rien dire sur ce qu'il voyait, et à présent, il s'en voulait d'avoir été aussi sérieux. Il aurait aimé ne jamais avoir potassé ses cours. Mais tout cela lui avait au moins appris une chose : cela ne servait à rien de souhaiter connaître son avenir. On risquait de le regretter et il n'y avait pas de certitude que les présages des arts divinatoires soient fiables. Harry, lui, allait faire comme si cet examen n'avait jamais existé et ce serait très bien ainsi. Il avait un plan à mettre en action et il allait se concentrer dessus. Après l'examen de soins aux créatures magiques, il prévoyait de réessayer de s'introduire dans la salle commune de Serpentard sans se faire repérer, mais seulement s'il était sûr que Draco y serait. Il aurait toujours sa cape d'invisibilité sur lui, mais cette fois-ci, il entrerait dans la salle commune en même temps qu'un Serpentard afin de ne pas attirer les soupçons de qui que ce soit si la porte s'ouvrait sur du vide. Il allait réussir à surprendre Draco, c'était son défi personnel, et il comptait bien le relever !

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À treize heures, après le déjeuner, Harry, Ron et Hermione se rendirent près de la cabane de Hagrid pour leur épreuve de soins aux créatures magiques. Il y avait deux heures de théorie et deux heures de pratique. Des tables et des chaises avaient été agencées à côté du potager, qui s'avéra être un lieu parfait pour un examen : c'était calme, et il y avait une légère brise, ce qui faisait que c'était moins étouffant que dans les salles de classe. Harry n'eut pas trop de mal avec la théorie qui n'était ni trop dure, ni trop facile :

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1 – Qu'est-ce qu'un hippogriffe et quel comportement faut-il avoir face à cette créature ? (1 point)

2 – Quelle est l'apparence de la peau de la salamandre ? De quoi se nourrit-elle ? De quoi se sert-on d'elle pour la préparation de certaines potions ? (3 points)

3 – Citez trois détails physiques du niffleur. Quelle est l'ambiguïté de son caractère ? En quoi peut-il être utile ? (3 points)

4 – Quelles sont les principales caractéristiques physiques des licornes ? Où sont-elles localisées ?Quelle est leur attitude vis-à-vis des hommes ? Quels sont les trois éléments provenant des licornes qui servent d'ingrédients de potions ? (3 points)

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Étude de cas : les Scroutt à Pétard. Vous traiterez de leur apparence, en différenciant bien les mâles et les femelles, de leur peau, de leur longueur, de leur caractère, de leur localisation, de leur statut, et des incertitudes au sujet de leur alimentation et de leur classification. (10 points)

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Bon, il n'y eut que les salamandres qui bloquèrent Harry. Enfin, en partie seulement. Il put décrire leur aspect et dire que leur sang entrait dans la composition de certaines potions, mais en revanche, qu'est-ce qu'elles pouvaient bien manger ? Il se creusa les méninges mais sécha sur cette question-là. Mais ce n'était pas bien grave : il se rattrapa largement sur les autres.

À quinze heures, Hagrid ramassa les copies.

- Il est temps de passer à la pratique ! Vous aurez quatre exercices : identifier un noueux parmi des hérissons, manipuler correctement un botruc, nourrir et nettoyer un crabe de feu sans qu'il ne vous fasse subir des brûlures, et couper la queue d'un Croup avec le sort adéquat. Vous avez deux heures pour tout ça. Je viendrai vérifier régulièrement comment vous vous en sortez. Allez, au travail !

Harry et ses camarades obéirent et se dispersèrent. Comme en divination, ils faisaient les exercices dans l'ordre qui leur plaisait. Cela évitait, par exemple, qu'il y ait trop d'attente pour l'exercice des noueux. Harry fit en premier celui du botruc. Il avisa un grand sac de riz mis à disposition, plongea la main dedans et en prit une poignée qu'il lança par terre. Aussitôt, les botrucs se précipitèrent vers la nourriture. Ils se rassasièrent, puis Harry saisit délicatement un des botrucs. Il fit bien attention à ne pas toucher les zones sensibles et à ne pas serrer trop fort. Il était observé par Hagrid, mais cela ne le stressa pas du tout. Il se dirigea vers un arbre et y plaça son botruc qui s'agrippa aux branches avec lesquelles il se confondit. Voilà qui était fait pour le botruc. Comme il y avait moins de monde avec les hérissons qu'il n'y en avait un quart d'heure plus tôt, il décida d'y aller. Il s'approvisionna en insectes dans un bac et pénétra dans la zone des hérissons. Ils étaient au nombre de six, et il y en avait un qui n'était pas un hérisson, mais un noueux. La seule façon de les dissocier, c'était de leur proposer de la nourriture dans un jardin. Là où le hérisson accepterait l'offrande, le noueux, lui, la refuserait, se méfiant et suspectant un piège, et se mettrait à ravager la végétation et la décoration du jardin si l'humain insistait. Harry tendit les insectes à trois hérissons qui les dégustèrent sans hésiter. Mais le quatrième recula vivement, comme si les insectes dégageaient une odeur répugnante. Harry le laissa tranquille et lâcha par terre les derniers insectes. Il lui restait les exercices les plus délicats à faire. Il rejoignit Théo, Michaël et Padma dans l'arène des crabes de feu et en choisit un qui avait l'air sale. Le crabe de feu étant en réalité une grande tortue qui ne tenait son nom qu'à son caractère impétueux et aux flammes qu'elle projetait contre ses agresseurs. Son alimentation était semblable à celle des tortues terrestres normales : de l'herbe, des feuilles, des fleurs, des fruits… Ce fut donc ce que Harry présenta à son crabe de feu. Il garda une certaine distance, par prudence, mais l'animal ne l'attaqua pas. Il se contenta de grignoter les victuailles qui lui étaient offertes.

- Aouch ! s'écria soudain Michaël.

Harry tourna la tête et vit la robe de sorcier de son camarade trouée au niveau de la cuisse. Il s'était fait brûler mais la robe avait limité les dégâts, ainsi que le pantalon. Harry se recentra sur son crabe de feu qui avait fini de se sustenter. Il fallait désormais le nettoyer. Il n'y avait aucun sort pour cela, ce qui obligeait les propriétaires de ces créatures à les laver avec une éponge ou un gant de toilette. C'était avec des éponges que les élèves devaient accomplir leur mission. Harry s'en empara d'une et s'approcha discrètement du crabe de feu. Il se mit derrière lui au plus près sans l'effaroucher, ce qui était déjà un exploit en soi, et commença à frotter sa carapace. Mais n'ayant pas fait de bruit en venant vers l'animal, celui-ci ne l'avait pas entendu et s'affola en sentant l'éponge sur son dos. Il fit volte-face et cracha un puissant jet de flammes que Harry esquiva de justesse en faisant un énorme bond sur le côté. Il put remercier son agilité acquise grâce au Quidditch qui lui avait sauvé la mise sur ce coup-là. Il ne sut qui avait eu la plus grosse frayeur entre la créature et lui. Mais il ne s'avoua pas vaincu et souhaita réitérer l'expérience. Mais à peine fit-il quelques pas que l'animal se déroba en expulsant de nouveau du feu. C'était fichu : la tortue avait trop peur de lui. Bon, au moins, il était indemne. Mais il n'aurait pas tous les points à cet exercice. Il n'en avait plus qu'un à faire : couper la queue d'un Croup. Il avait cru que ce serait plus facile que de s'occuper d'un crabe de feu, mais il s'était lourdement trompé. Le Croup, qui ressemblait à un fox-terrier, à la différence près qu'il avait une queue fourchue, était très affectueux, mais aussi très énergique, ce qui compliqua les choses… Car la queue remuait sans cesse et malgré tous ses efforts, Harry ne parvint pas à l'immobiliser. Ses sorts n'atteignaient jamais la touffe de poils, soit parce que Harry visait à gauche alors que la queue virait à droite ou inversement, soit parce que le chien bougeait lui-même. Il aurait été plus simple de lancer directement un Immobulus sur le canidé, mais c'était strictement interdit. Les élèves n'étaient autorisés qu'à cibler la queue. Mais le problème, c'était que le Croup prenait cela comme un jeu… C'était là toute la difficulté de l'exercice. Et elle était intensifiée par le fait que les Croups étaient de très jeunes spécimens. Sachant qu'il n'y arriverait pas, Harry déclara forfait et s'amusa un peu avec le chien avant de quitter la zone des Croups. Vingt minutes plus tard, Hagrid annonça que l'examen était fini et incita les élèves à sortir des enclos où ils étaient. Harry aperçut Draco, Pansy et Blaise à proximité du secteur des crabes de feu et s'avança vers eux. Draco était visiblement énervé et au vu des traces de brûlures sur ses doigts, Harry devina qu'il n'avait pas été plus chanceux que lui lors de l'exercice avec les tortues.

- Ce sont de vrais dangers publics ! S'ils préfèrent être sales, eh bah tant pis pour eux, ce n'est pas à nous de les materner, on a bien mieux à faire, surtout qu'ils ne semblent pas du tout apprécier notre compagnie !

- Il faut que tu ailles à l'infirmerie, signala Pansy.

- Non, ça va aller, je vais mettre de l'eau et un bandage et ça fera l'affaire.

- Non, ça ne se traite pas qu'avec de l'eau, répliqua Blaise.

- Je n'ai pas envie d'aller à l'infirmerie, si Severus y est, il va me demander comment se sont passés mes examens et je n'ai pas trop la tête à en parler.

- Bon, dans ce cas, c'est moi qui vais soigner ta main, décréta Blaise.

- Mais ce n'est pas nécessaire, ce n'est pas très profond…

- Oui, mais il faut désinfecter quand-même et appliquer tout un tas de lotions pour apaiser la peau, calmer la douleur, empêcher que ça s'infecte, accélérer la cicatrisation…

- Bon bah on ira dans le dortoir…

- Non, dans la salle commune, ce sera plus pratique avec les tables.

Cette information suscita l'intérêt de Harry. Il aurait bien aimé que Draco et Blaise aillent dans leur dortoir, cela aurait ajouté du challenge pour son défi, et ça aurait été plus amusant de surprendre son petit-ami dans l'intimité de son dortoir, là où il était censé être tranquille, mais au moins, il était sûr que Draco serait dans sa salle commune jusqu'au dîner, avec tout ce que Blaise avait à faire avec sa main…

- Saleté de bestiole, grommela Draco.

- Si ça peut te consoler, tu n'es pas le seul à avoir été blessé, intervint Harry.

- Ça ne me console pas, ça me désole, ronchonna Draco. Il y a qui, parmi les victimes ?

- Michaël Corner, Roger Curtis et Sophie Roper, répondit Pansy.

- Eh bah je les plains.

- Ouais mais eux ont été plus intelligents et sont allés à l'infirmerie dès qu'ils ont fini leur examen.

- Je n'irai pas, répéta Draco.

- Oui, j'ai compris, rétorqua Blaise en levant les yeux au ciel. J'ai vite renoncé à te convaincre, têtu comme tu es… Mais ce n'est pas cool pour ton parrain. En tant que parrain et directeur de maison, il a doublement le droit de savoir si tu as réussi tes examens…

- Je lui dirai tout après la pratique de sortilèges, promit Draco. Mais je ne veux pas le décevoir…

- Tu m'as bien dit que tu aurais sûrement un Optimal dans les quatre matières où tu devras avoir la note requise aux ASPIC pour ta formation de potionniste ? Comment tu peux le décevoir avec ça ? s'étonna Blaise.

- Oui, mais j'aurai l'Optimal à peu de choses près en botanique et en Défense Contre les Forces du Mal… Pour ce qui est de la Défense, ce n'est pas nouveau, j'ai toujours dû travailler dur pour avoir un Optimal, mais pour la botanique, c'est plus inquiétant… C'est la première fois que je vais être à la limite de l'Effort Exceptionnel…

- Non mais il faut remettre les choses dans leur contexte, relativisa Harry. La pratique a donné du fil à retordre à presque tout le monde, il n'y a qu'une infime minorité des élèves qui ont extrait toutes les dents sans arracher la racine… Tu as enlevé combien de crocs avec la racine, toi ?

- Une, indiqua Draco.

- Moi, trois, et tu as fait mieux que Terry qui a ôté la racine de deux dents sans faire exprès, lui qui, jusque-là, avait eu vingt à tous ses examens pratiques de botanique… Tout ça pour dire que c'était dur même pour les meilleurs élèves.

- Mmmh… Mais je n'aurai pas d'excuses pour les ASPIC. Plus qu'un Optimal, il faudra que j'aie la note maximale en potions et en botanique si je veux que mon dossier soit en haut de la pile…

Harry ne chercha pas à raisonner Draco. Le professeur Snape le ferait mieux que lui lorsque Draco lui ferait enfin part de ses impressions sur ses examens. Mais Draco le remercia d'avoir tenté de lui remonter le moral en venant l'embrasser tendrement.

- C'est adorable d'avoir essayé de me rassurer, mais quand il s'agit de préparer mon avenir de futur potionniste, je deviens très perfectionniste…

Harry sourit.

- Oui, c'est ce que j'ai remarqué… Mais je te comprends. C'est ton rêve depuis que tu es tout petit, c'est normal que tu veuilles mettre toutes les chances de ton côté… Mais quoi qu'il en soit, moi, je suis fier de toi.

Les prunelles grises de Draco débordèrent d'amour et d'affection face à ces mots.

- Tu es trop mignon… Moi aussi, je suis fier de toi. Plus que tu ne peux l'imaginer. Les progrès que tu as faits en potions sont monstrueux et ils vont être récompensés par la note que tu vas avoir. Car même si tu as versé quelques centilitres d'essence de Belladone au lieu de l'huile de ricin, tu m'as dit toi-même que que ça n'avait pas empêché ta potion d'avoir la bonne couleur au final, elle a juste dû être légèrement plus claire qu'elle n'aurait dû l'être. Ce n'est pas ça qui va te faire perdre quatre points et qui va te priver de l'Optimal… Tu vas probablement avoir un dix-huit en pratique et pour quelqu'un qui collectionnait les Piètre et les Désolant il n'y a même pas un an, c'est incroyable.

Harry fut ému par les paroles de Draco. Il ne réalisa qu'à ce moment-là qu'il avait effectivement fait quelque chose de grandiose.

- Merci, ça me touche énormément, ce que tu me dis… On rediscutera de tout ça plus tard, ta main réclame des soins de toute urgence, plaisanta Harry.

- Ah oui, j'avais presque oublié, rigola Draco. On se voit après le dîner ?

Harry acquiesça. Draco déposa un doux baiser sur ses lèvres, puis il s'en alla avec Blaise et Pansy. Suite à cet échange avec son petit-ami, Harry n'eut plus le coeur à le piéger dans sa salle commune. La perspective de parler de ses examens à son parrain lui avait miné le moral, il était blessé et Harry n'allait pas débarquer et lui faire peur alors qu'il serait en train de se faire soigner par Blaise… Ce serait complètement débile. Il allait donc reporter son plan à un autre jour, ce serait mieux pour tout le monde. Là, il n'avait qu'une envie : rentrer au château et se délasser dans son dortoir avec un bon livre. Le sujet lui importait peu, tant que cela traitait d'autre chose que des immondes créatures qu'il avait côtoyé de trop près à son goût !

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(vendredi 21/06) POV Blaise

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- Ouh là, tu fais une drôle de tête…

Tels furent les mots avec lesquels Ron accueillit Blaise lorsqu'il sortit de la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Ayant eu son propre examen dix minutes avant lui, Ron l'avait attendu, comme il l'avait fait le matin-même pour l'examen de métamorphose.

- Non, ça a été, même si j'aurais aimé faire mieux… Mais la Défense, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Je n'aurai pas en-dessous d'Effort Exceptionnel, ça, c'est sûr, mais je n'aurai pas au-dessus non plus.

- Il te faut quelle note aux ASPIC pour ta formation de médicomagie ?

- Un Effort Exceptionnel.

- Bon, ça va, tu n'auras qu'à maintenir ton niveau… Tu es à l'aise avec les autres matières ?

- Disons que lors du conseil d'orientation, mes moyennes rasaient de près les notes qu'il me faudra aux ASPIC… Ce qui ne fait pas une très grosse marge d'avance… Enfin non, j'exagère. Si je veux intégrer la formation de médicomage, aux ASPIC, je dois viser un Optimal en botanique, potions et sortilèges, et un Effort Exceptionnel en Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose et soins aux créatures. Et j'avais dix-huit de moyenne en botanique, dix-sept en potions et sortilèges, quinze en Défense Contre les Forces du Mal, et seize en métamorphose et en soins aux créatures.

- Bah t'es largement bon, tu as une marge d'un ou deux points partout…

- Oui, mais ça ne suffit pas d'avoir les notes requises, il faut avoir un super bon dossier… Avec mes notes actuelles, je ne ferais pas le poids face à des étudiants qui auraient des dix-huit dans toutes les matières… La formation de médicomage est très convoitée. Les demandes d'admission augmentent tous les ans, car les gens qui ne sont pas acceptés réessaient l'année suivante… Il y en a même qui repassent leurs ASPIC en candidats libres pour avoir de meilleures notes, et donc plus de chances… Ce qui fait de plus en plus de concurrents chaque année.

- Ok, c'est vrai que vu comme ça, il ne faut pas se contenter d'avoir pile poil les notes requises… Il doit y avoir une de ces pressions…

- Oh oui, je ne te le fais pas dire, grimaça Blaise. Mais je la supporte, je n'ai pas de problèmes avec ça.

- Tant mieux. Bon, et cet examen de Défense, alors ? Parce qu'à part «ça a été», tu ne m'as pas dit grand-chose…

- J'ai raté un sort et il y a une question où j'ai répondu de manière trop superficielle. J'ai dû perdre quatre ou cinq points, et comme je devrais avoir la même note en théorie, ça me ferait un quinze ou un seize en tout. Avec du recul, franchement, c'est correct. Et c'est pareil pour la métamorphose.

- Oui, tu sautais presque de joie quand tu es sorti de la salle se souvint Ron.

- Parce que je n'imaginais pas que ça se passerait aussi bien ! Surtout avec les exercices que j'ai eu à faire…

- Comme moi, et pourtant, je me suis pas trop mal débrouillé…

- Ah mais tu ne m'as pas raconté non plus !

- En fait, j'ai peur de sur-estimer ma performance, avoua Ron. Que ce soit en métamorphose ou en Défense Contre les Forces du Mal… Car j'ai l'impression d'avoir été plutôt bon.

- Ce n'est peut-être pas qu'une impression, souligna Blaise.

- Ouais mais si je calcule bien, j'ai dû avoir quatorze ou quinze à la pratique de ces deux matières… Ça ne correspond pas du tout à mon niveau…

- Pas à celui que tu semblais avoir en cours, en effet, mais en revanche, ça correspond à celui que tu as quand tu te donnes les moyens…

- Mmmh, fit Ron, l'air peu convaincu. Mais même si j'ai un quinze à la pratique de Défense Contre les Forces du Mal, je n'aurai pas un Effort Exceptionnel en tout, car j'ai été nul en théorie… Si j'ai plus de douze, ce sera un miracle…

- Tu peux faire mieux lors de la seconde session, si tu y vas, rappela Blaise.

- Ah oui, y a ça…

- Après, ça dépend si tu veux poursuivre cette matière. Si tu n'as pas envie, ça ne sert à rien que tu refasses l'examen…

- Comme j'ignore ce que je vais faire comme métier plus tard, ce serait bien que je continue un max de matières…

- Tu n'envisages plus de devenir joueur professionnel de Quidditch ?

- Si, mais il faut que j'assure mes arrières si ça ne marche pas, et si ça marche, je dois réfléchir à ce que je ferai après ma carrière…

- Je n'avais pas songé à ça… Mais tu as raison, du coup, garde les matières qui seraient susceptibles de t'être utiles et que tu maîtrises bien.

- L'idéal, ce serait que je conserve la botanique, la Défense Contre les Forces du mal, les potions, la métamorphose et les sortilèges. Bon, les potions, on oublie. Même si je vais aux rattrapages et que j'arrache un Effort Exceptionnel, je ne tiendrai pas le rythme jusqu'aux ASPIC. La botanique et les sortilèges, je gère. La métamorphose, ça peut le faire. Et la Défense Contre les Force du Mal, ça va se jouer avec la seconde session.

- Ça te fait au moins quatre matières, c'est déjà bien, estima Blaise. Enfin, cinq avec l'histoire de la magie.

- Oui, ce sera parfait. Si j'en ai plus, ça va être compliqué pour moi. J'en aurai peu, certes, mais ça me permettra de me concentrer à fond dessus. Bon, j'ai une faim de loup. Pas toi ?

- Non, j'ai encore mon petit-déjeuner dans le ventre, confia Blaise. Mais vas-y, toi, je vais m'ouvrir l'appétit en faisant un tour.

- D'accord, mais avant que je n'y aille, est-ce que Ginny et toi avez prévu de vous voir ?

- Non, mais j'aimerais bien, admit Blaise. Mais ça fait plusieurs jours qu'on ne s'est pas croisés, si l'on excepte la Grande Salle où on s'aperçoit vite fait, mais quand ce n'est pas l'un qui a un examen à treize heures, c'est l'autre… J'aurais voulu qu'on se retrouve après le dîner mais je ne sais pas si je vais avoir l'occasion de le lui dire…

- Tu veux que je le fasse ?

- Si ça ne te dérange pas… Mais comment je vais faire pour avoir sa réponse ? Tu n'as pas que ça à faire de me chercher partout dans le château…

- Je vois Pansy à quinze heures, elle te passera le message de Ginny quand vous vous verrez dans la salle commune. Vous allez bien vous intercepter d'ici ce soir…

- Oui, j'ai un entretien avec le professeur Snape à quatorze heures, mais après je rentrerai à ma salle commune et j'y resterai jusqu'au dîner. Tu peux dire à Ginny que si ça lui va, je serai devant la salle sur demande à dix-neuf heures ?

- C'est noté, affirma Ron.

- Merci, c'est super sympa. Allez, va manger ou tu vas faire un malaise !

- Bah je m'en fiche, j'ai un futur médicomage à mes côtés, plaisanta Ron. Mais je vais quand-même y aller. Bon courage avec ton directeur de maison !

Ron salua Blaise d'un signe de la main et s'en alla. Ayant décidé de se promener, Blaise se dirigea vers les escaliers. Étant au premier étage, il choisit de faire les sept étages et de redescendre ensuite pour aller manger. Tout en se baladant, il repensa à la discussion qu'il avait eue avec Ron. Grâce à elle, il avait réalisé qu'il n'avait absolument pas à se plaindre concernant ses examens. En théorie, il avait excellé en botanique, en potions, en sortilèges et en soins aux créatures magiques. Il avait été un peu moins performant en métamorphose et en Défense Contre les Forces du Mal. Et pour ce qui était de l'histoire de la magie, de l'astronomie et de la divination, cela lui était complètement égal. En pratique, il avait été très bon en potions et en métamorphose, et selon lui, il aurait facilement un Effort Exceptionnel en botanique, Défense Contre les Forces du Mal et soins aux créatures. C'était de très bonnes notes, mais il était frustré car il avait frôlé l'Optimal en botanique et en Défense. En botanique, il avait déraciné un des crocs de sa plante et avait mal retiré une autre dent. Cet examen avait traumatisé quasiment tout le monde. Ceux qui, comme lui, étaient habitués à avoir un Optimal à l'examen de botanique depuis leur première année, allaient pour la plupart se satisfaire d'un Effort Exceptionnel, ce qui demeurait une très bonne note. La botanique était vraiment l'examen qui avait fait sentir aux élèves que ce n'était pas un examen comme les autres, mais que c'était l'examen des BUSE. La difficulté avait été intensifiée en conséquence. Mais dans l'ensemble, Blaise avait réussi haut la main ses examens, par rapport à ce qui était exigé de lui. Il n'y avait plus que la pratique de sortilèges qui lui manquait. Il ne se faisait pas trop de soucis pour cette épreuve. S'il faisait un sans-faute, il était assuré d'avoir un Optimal de moyenne, car cela l'étonnerait beaucoup qu'il ait moins de quatorze en théorie… Il n'était pas arrogant, mais il ne jouait pas non plus les faux modestes. Il était conscient de ses capacités. Et il était aussi conscient de ses faiblesses. C'était primordial pour s'améliorer, et comme Blaise allait avoir des progrès à faire en métamorphose et en Défense Contre les Forces du Mal, c'était bien qu'il sache où il en était.

Ce ne fut que vers treize heures que Blaise alla manger. Si le service débutait à onze heures au lieu de midi durant la période des examens, il se finissait plus tard également, fermant aux alentours de quatorze heures. Les élèves avaient donc trois heures pour se restaurer, ce qui était assez arrangeant. Draco, Théo et Pansy n'étaient plus là, mais alors que Blaise entamait son plat principal, Simon, le remplaçant de Draco au poste d'attrapeur, vint s'asseoir en face de lui.

- Excuse-moi, est-ce que je peux te parler ? hésita-t-il.

- Oui, bien sûr.

- À la base, c'est à Draco que je voulais m'adresser, mais je n'ai pas pu déjeuner plus tôt, ayant dû voler au secours d'un élève, et j'ai donc loupé Draco…

- Bon eh bien, je t'écoute, déclara Blaise.

- Récemment, j'ai été abordé plusieurs fois par la plus jeune des Greengrass car elle souhaitait à tout prix s'entretenir avec Draco qu'elle n'arrivait pas à trouver. Comme je ne le voyais pas plus qu'elle, je n'étais pas trop en mesure de l'aider. J'étais loin d'être le seul qu'elle interrogeait pour savoir où pouvait être Draco, et ça m'a fait comprendre que c'était très important pour elle… Et j'ai entendu dire qu'en fait, elle avait l'intention d'intégrer l'équipe de Quidditch à la rentrée… Et vu comment elle est déterminée, j'ai très peur pour ma place ! Est-ce que tu sais quel est le poste qui l'intéresse ? Est-ce que tu la connais ? Si oui, sais-tu si elle est forte en Quidditch ? Et plus précisément au poste qu'elle vise ? Est-ce que j'ai raison de craindre pour le mien ?

Blaise fut un instant déboussolé par toutes ces questions. Puis il se dit que Pansy, Théo et lui allaient regretter d'avoir poussé Draco à laisser une chance à Astoria… Ils avaient peut-être fait une grosse erreur. Elle n'était même pas encore dans l'équipe qu'elle effrayait déjà un des membres ! Et Blaise avait le sentiment que ce n'était que le début et que si Astoria était admise dans l'équipe, elle allait tout bousculer dans celle-ci… Et ce, sans forcément le vouloir. Mais Simon n'avait pas à s'en faire, et ce fut ce que Blaise lui dit :

- Tu ne risques rien, c'est le poste de poursuiveur qui lui fait de l'oeil, et je l'ai vu jouer, j'ai même joué avec elle quand on était plus jeunes, et elle était très douée. À mon avis, elle a ça dans le sang. Et oui, je la connais. C'est la petite sœur de l'ex-fiancée de Draco, et les familles de Sang-Pur ayant tendance à s'inviter régulièrement entre eux, j'ai été de nombreuses fois à la table des enfants avec Daphné et Astoria, entre autres.

- Ah, donc Draco la connaît bien aussi… Ça ne va pas trop avantager cette fille ?

- Non, ce n'est pas parce qu'ils ont été à deux doigts de faire partie de la même famille, via l'union qui était prévue entre Draco et Daphné, qu'Astoria va bénéficier d'un traitement de faveur… Cela a même failli être l'inverse, mais pas pour ce motif.

- Bon, tant mieux, ça me soulage. En tout cas, elle a l'air tenace, cette fille. C'est plutôt une qualité pour un joueur ou une joueuse de Quidditch… À condition qu'elle ne le soit pas trop. Sinon, ça peut amener à la faute.

- C'est probablement là-dessus qu'elle va devoir le plus travailler… Réfréner son énergie va être un vrai défi pour elle. Mais ça va être compensé par tout le talent et toutes les ressources qu'elle a. Ce sera une bonne recrue si Draco l'accepte dans l'équipe.

- Je l'espère pour l'équipe… Même si elle n'est que joueuse de réserve, comme moi. Nous restons essentiels lors des entraînements. Mais quoi qu'il en soit, ce n'est pas avec elle que je vais avoir le plus d'interactions… Je n'en ai avec personne sur le terrain, en réalité.

- C'est l'inconvénient du poste d'attrapeur, grimaça Blaise. Et ça doit être pire quand tu es à la fois attrapeur et capitaine… Mais il y a les matchs pour te rapprocher de tes coéquipiers remplaçants…

- C'est ce que je ferai l'année prochaine, se promit Simon. Car cette année, j'étais souvent avec ma petite-amie ou avec mon groupe d'amis…

- C'est ça qui n'est pas évident quand on a trop de monde autour de soi, et j'en sais quelque chose, s'amusa Blaise. Et encore, là, tu n'avais que ton équipe, ta copine et tes amis, mais lors des matchs de l'année qui vient, tu auras en plus tes collègues préfets, avec qui tu auras peut-être sympathisé !

- Oh non mais là c'est trop ! Je ne vais pas avoir assez de vingt-quatre heures pour passer du temps avec tout le monde ! Non, plus sérieusement, lors des prochains matchs, je vais essayer d'être avec les autres remplaçants. Ce serait bien qu'il y ait une certaine unité dans l'équipe…

- Draco va y veiller, je pense. Bon, il faut que je me dépêche de manger, je dois être dans le bureau du professeur Snape à quatorze heures…

- Qu'est-ce que tu as fait ?

- Rien, ce doit être à propos du stage que je vais faire pendant les vacances…

- Oooh… Ça consiste en quoi ?

Blaise expliqua à Simon en quoi c'était judicieux d'effectuer un stage entre la cinquième et la fin de la septième année, et dans quels cas il valait mieux s'en abstenir. Ils discutèrent ainsi jusqu'à ce que Blaise soit obligé de s'en aller, pressé par l'heure. Il quitta la Grande Salle et se rendit au bureau de son directeur de maison. Il frappa à la porte et entra quand il eut l'autorisation de son professeur. Il s'installa sur la chaise, comme le lui intima le maître des potions.

- Bonjour, M. Zabini. Comment allez-vous ? Pas trop épuisé après ces dix jours d'examens ?

- Non, ça va. Mais je suis quand-même ravi d'être en week-end, pour souffler un peu.

- Profitez-en bien. Si je vous ai convoqué, c'est parce que j'ai reçu hier matin un retour de la part de Sainte-Mangouste. Ils sont d'accord pour vous prendre en stage durant les deux premières semaines de juillet, si cela vous va. Mais ils précisent qu'un stage de trois semaines serait préférable pour que vous ayez le temps de bien découvrir chaque service. L'année dernière, vous avez dû constater que deux jours, ce n'était pas suffisant…

- Non, c'était même un peu frustrant…

- C'est pour cela que l'on vous propose trois semaines de stage. Est-ce que cela vous irait ?

- Oui, ce serait génial. Ce serait jusqu'à la vingtaine de juillet, du coup ?

- C'est cela. Votre stage s'étalerait du premier au vingt juillet, indiqua le professeur Snape. Je vais vous donner votre convention de stage ainsi que toutes les feuilles que vous devrez avoir sur vous. Il y en aura quelques-unes à faire signer par votre mère.

- Ce sera fait dès le début des vacances. Qui sera mon maître de stage ?

- M. Peters, chef de médicomagie générale. Il vous confiera à des spécialistes qui vous feront visiter les services qui leur sont propres, comme lors de votre premier stage. L'année dernière, vous aviez vu les services de buccomagie, d'ophtalmomagie, de podomagie, de dermatomagie, d'allergomagie et d'ostéomagie. Là, vous verrez les services de gynécomagie, de chirurgimagie, de gériatrimagie, de pédiatrimagie, de kinémagie et de nutrimagie. Dans l'ordre, vous serez sous l'aile de M. Finnan, M. Arden, Mrs Dorvey, M. Bevelty, Mrs Howell et Mrs Devish. Comme vos semaines dureront du lundi au samedi inclus, trois jours seront consacrés à chaque service, avec divers horaires selon les jours. Le directeur de Sainte-Mangouste m'a fourni ceux de la première semaine, vous aurez chaque samedi ceux de la semaine suivante. Tenez.

Blaise prit le parchemin que lui tendait le professeur Snape et lut ce qui était écrit. Le lundi, il avait son stage de huit heures à midi et de treize heures à dix-sept heures, le mardi de neuf heures à midi et de treize heures à dix-huit heures, le mercredi de quatorze heures à vingt heures, le jeudi de huit heures à midi et de treize heures à dix-huit heures, le vendredi de treize heures à dix-neuf heures, et le samedi de huit heures à treize heures. C'était très varié, mais cela dépendait des heures de travail de chaque spécialiste.

- Merci, professeur. Je vais donc commencer par le service de gynécomagie ?

- Oui, vous assisterez à toutes sortes de consultations orales. Tout comme pour la chirurgimagie. Ce sont des services où vous ne pourrez pas voir les spécialistes pratiquer. En revanche, pour les quatre autres services, vous serez plongé dans le bain. Avez-vous d'autres questions ?

- Non, je crois que c'est tout.

- Bien, si vous en avez, n'hésitez pas à venir me les poser.

Blaise acquiesça.

- Avant que vous ne partiez, j'aimerais avoir des nouvelles de Draco, reprit le professeur Snape. Est-ce qu'il va bien ?

- Oui, et si vous vous inquiétez pour ses examens, il les a réussis, mais comme il s'est mis la barre très haut, il n'est pas entièrement satisfait de ce qu'il a fait. Mais je ne vais pas le blâmer pour ça car je suis pareil…

- Oui, mais il y a des limites… Est-ce que sa déception de ne pas avoir été aussi bon qu'il le voulait est telle que ça lui mine le moral ?

- Je n'irais pas jusque-là, mais il a du mal à relativiser.

- Bon, je le ferai venir pour que nous parlions de tout cela. Merci, M. Zabini, vous pouvez y aller.

Blaise salua son professeur et sortit du bureau. Il faillit lâcher un petit cri en se retrouvant nez à nez avec une fille de quatrième année aux yeux verts et aux cheveux roux qui lui était très familière.

- Ginny ? Mais… qu'est-ce que tu fais là ?!

- Eh bien, j'ai su par mon frère ce midi que tu avais envie qu'on se voie ce soir. Mais il m'a dit aussi que tu avais rendez-vous avec le professeur Snape à quatorze heures. Vu que je suis libre, pourquoi patienter quatre heures et demie pour rien ?

Blaise sourit.

- Oui, ce serait totalement idiot… On va à la salle sur demande, du coup ?

- Oui, ça ne m'aurait pas gênée d'aller ton dortoir mais il y en a qui vont se faire des idées, comme d'habitude, et j'ai un peu la flemme de subir les railleries…

- Oui, on sera bien mieux dans la salle sur demande.

Ginny approuva les mots de Blaise et ce fut main dans la main qu'ils se dirigèrent vers les escaliers. Ils montèrent au septième étage et rejoignirent leur endroit secret. Une salle très confortable et aux couleurs de Gryffondor et de Serpentard se matérialisa. Ils s'assirent sur un tapis moelleux et Ginny ne tarda pas à se blottir contre Blaise.

- Ton frère a été plus intelligent que moi, ça ne m'était pas du tout venu à l'esprit de te suggérer de m'attendre près du bureau de mon directeur de maison…

- Oui, et c'est très cool de sa part de m'avoir dit que tu avais un entretien avec lui. Il y a huit mois, il ne s'en serait pas mêlé… Il aurait même fait en sorte qu'on se rate.

- Il a beaucoup changé. Comme bon nombre d'entre nous, d'ailleurs. Ça a eu un effet positif sur ton frère et moi d'avoir eu nos examens pratiques de métamorphose et de Défense Contre les Forces du Mal l'un après l'autre. On a littéralement passé toute la matinée ensemble, car on avait deux heures de creux entre les deux épreuves… On n'avait jamais été que tous les deux, sans les membres de la bande avec nous, et c'est dommage car on n'est pas la même personne quand on est en groupe que quand on est avec un seul ami… Ron, par exemple, n'est pas très bavard, quand on est tous réunis. Alors que ce matin, il était moins réservé.

- Oui, il est assez discret quand il y a toute la bande… Mais je suis contente que vous ayez pu vous connaître davantage. Vous êtes quand-même voués à devenir beaux-frères si on se marie… Merlin, si j'avais dit ça à Ron il y a un an, il aurait tout fait pour nous séparer ! C'était tellement mal parti, entre vous…

- C'est à cause de nos meilleurs amis respectifs ! Moi, j'étais dans le clan de Draco, et lui était dans le clan de Harry… Et Harry et Draco se détestaient au plus haut point… On ne faisait que défendre et soutenir nos amis.

- Oui, et maintenant, ils sont en couple… C'est fou, l'évolution qu'il y a eu dans leur relation.

- Ah bah c'est sûr que pour nous, se mettre en couple au bout de six mois à se côtoyer tous les jours et à travailler en binôme, c'est énorme ! On ne sait pas faire ça, nous… C'est trop long pour nous ! Quelques semaines après la rentrée, on s'embrassait pour la première fois !

Ginny éclata de rire.

- Mais oui, c'est allé hyper vite entre nous ! Mais le début de notre histoire a été plutôt compliqué…

- Oui, et ton frère n'était pas là pour arranger les choses…

- Tu ne ferais pas allusion au jour où il t'a lancé un maléfice du saucisson alors que tu venais de me sauver ? rigola Ginny.

- Ah non mais là, il avait fait fort ! J'ai volé au secours de sa sœur qui s'étouffait avec un bonbon et lui, tout ce qu'il a vu, c'était que j'étais un poil trop proche de toi ! En même temps, c'était difficile de faire autrement, je n'allais pas te donner des claques dans le dos à distance ! Ah là là, les grands frères, qu'est-ce que ça peut être protecteur !

- Oui, et il est comme ça aussi avec ses amis… Il avait carrément frappé Théo qui surveillait Harry pendant que Draco était allé chercher son parrain…

- Ouais, il avait un gros problème avec les Serpentard, résuma Blaise avec humour. Ça ne rend que plus admirable la façon dont il a mis ses préjugés de côté et dont il s'est ouvert aux élèves de cette maison, jusqu'à se lier d'amitié avec trois d'entre eux, accepter la relation que son meilleur ami et sa sœur entretenaient avec deux Serpentard, et tomber lui-même amoureux d'une Serpentard…

- Oui, il a gagné en maturité, et pas qu'un peu… Je sais que Susan y est pour quelque chose. S'il a été mis en binôme avec une Poufsouffle, ce n'est pas pour rien. Cette maison prône la bienveillance et l'ouverture d'esprit, et c'est ce que Susan a fait partager à Ron. Et elle lui a prodigué pas mal de conseils. Elle n'a pas hésité à lui dire qu'il devait me laisser tranquille. Mais il y a également le fait qu'il ait été nommé préfet qui l'a transformé… Ça l'a responsabilisé. Et c'est au fil des rondes que Pansy et lui se sont découverts et que l'amour est né entre eux…

- Oui, s'il ne s'était pas vu confier ce rôle, il ne serait peut-être pas avec Pansy à l'heure qu'il est… Tu crois que c'est le Choixpeau magique qui a soumis l'idée à Dumbledore d'attribuer les fonctions de préfet à Ron et à Pansy ? Parce qu'il savait que ça allait les pousser dans les bras l'un de l'autre ? Car bon, soyons honnêtes, le préfet de Gryffondor aurait très bien pu être Dean Thomas et la préfète de Serpentard aurait très bien pu être Daphné…

- C'est une bonne question, songea Ginny. Normalement, c'est aux directeurs de maison de faire le choix, mais peut-être que le Choixpeau a eu son mot à dire, effectivement… Mais tiens, en parlant de directeur de maison, pourquoi le tien t'a convoqué ?

- C'était à propos de mon stage. J'ai été accepté et mon stage aura lieu du premier au vingt juillet à Sainte-Mangouste. On va me présenter le service de gynécomagie, de nutrimagie, de chirurgimagie, de gériatrimagie, de pédiatrimagie et de kinémagie.

- Oh mais c'est hyper intéressant, tout ça ! Mais il y a un truc qui m'intrigue… Ton rêve, c'est bien d'être médicomage en général ?

- Oui, mais justement, ça inclut de maîtriser absolument tous les domaines, même si je ne serai pas un spécialiste de chacun d'entre eux. Après, je serai un professionnel en ce qui concerne toutes les maladies courantes comme le rhume, la grippe, la dragoncelle, la scrofulite… Mais pour ce qui est des blessés, des patients qui auront des symptômes plus graves, des urgences ou tout autre cas pour lesquels je ne serai pas compétent, je les orienterai vers le bon service où mes collègues seront plus aptes à les traiter.

- D'accord, je comprends mieux. Ça exige d'avoir les bases en tout… Mais dans tous les cas, c'est par toi que passeront d'abord obligatoirement tous les patients.

- Voilà.

- Mais il n'y a pas un service qui te plaît plus que les autres ?

- Ben… Je ne suis pas trop fixé à ce sujet. Pendant un long moment, je ne me destinais qu'à être un simple médicomage. Mais plus ça va, plus je suis attiré par la chirurgimagie. Je pense même que je vais me spécialiser là-dedans, mais tout en ayant des consultations en cabinet à côté.

- Donc ça va te faire des études en plus ?

- Oui, ça va me rajouter deux ou trois ans, je ne sais plus trop.

- Quel courage… Mais c'est là que le stage va t'être utile. Tu vas te rendre compte si ce service est fait pour toi.

- Oui, je vais avoir un petit aperçu…

- Ils vont avoir du mal à te faire partir quand ton stage sera fini, se moqua gentiment Ginny.

- Oui, ils vont devoir me virer de force ! renchérit Blaise sur le même ton. Non, en vrai, il faut que je profite aussi des vacances et que je me repose. Car c'est fait pour ça, après tout. Et il faut que je passe quelques jours avec ma petite-amie…

- Oui, et maintenant qu'on a les dates de ton stage, on va pouvoir s'organiser.

- Tu as réfléchi à ce qui serait le mieux entre le fait que ce soit moi qui vienne chez toi ou le fait que ce soit toi qui viennes chez moi, depuis la dernière discussion qu'on a eue là-dessus ?

- Oui, répondit Ginny. Et le plus raisonnable, ce serait que j'aille chez toi. Il y aura moins de risques que ça tourne au vinaigre. Mais quand je vais dire à mes parents que j'ai un copain et leur demander la permission d'aller chez lui, ma mère va tenir à te rencontrer et elle va me tanner avec ça.

- Eh bien on n'a qu'à faire comme ça : je viens chez toi, et si ça ne va pas, je rentre et je t'embarque avec moi !

Blaise avait dit ça pour plaisanter, mais lorsqu'il vit la lueur déterminée dans les yeux de Ginny, il sut qu'elle considérait cela comme une option très sérieuse.

- Marché conclu, ce sera notre plan B, déclara-t-elle fermement.

- Mais… c'était pour rire, lâcha Blaise, décontenancé. Je ne vais pas te kidnapper !

- Ce ne sera pas du kidnapping puisque je serai consentante, rétorqua Ginny. Enfin, cette notion est un peu floue pour moi, j'ignore quels sont les critères précis pour qualifier un acte comme étant du kidnapping, mais je doute que te suivre chez toi de plein gré soit désigné comme tel… Surtout que c'est ma requête, initialement.

- Ouais, pas faux… Mais ce serait tout du moins une fugue, et si ma mère t'héberge à l'insu de tes parents, elle risque d'avoir des ennuis avec eux… Mais je sais que ça ne lui ferait pas peur. Elle s'en ficherait comme de sa première robe de sorcier, en fait. L'été dernier, elle a accueilli Théo, elle s'est occupée de lui et elle était prête à se battre contre les Aurors pour le garder… Mais elle n'avait pas le droit et Théo a dû aller au Chaudron Baveur. Bon, il était heureux là-bas et ça a rassuré ma mère.

- C'est le principal, estima Ginny. Mais du coup, tu serais tout de même d'accord pour m'emmener chez toi si c'est tendu au Terrier ?

- Je verrai ça avec ma mère en amont, décida Blaise. Quand voudrais-tu que je vienne ?

- Début août, ça te va ?

- C'est parfait, affirma Blaise. Bon, après, il faut que ça aille aussi pour tes parents… Mais ça ne va pas leur faire bizarre que tu aies un petit-ami ?

- J'en ai déjà eu un lors de ma troisième année, et même si je n'étais plus avec lui lors des vacances d'été, mes parents l'ont su par Fred, donc ils ont déjà dû se faire au fait que leur fille commençait à avoir des relations amoureuses…

- Ah oui, j'ai tendance à oublier que tu es sortie avec Michaël Corner… Mais pourquoi est-ce que tu jettes ton dévolu uniquement sur les garçons de ma promotion ?! En première année, tu étais éprise de Harry, en troisième année, tu as eu une histoire avec Michaël Corner, et cette année, c'est sur moi que tu as craqué…

- Je n'y suis pour rien, c'est mon coeur qui commande, pouffa Ginny.

- Et les Poufsouffle, alors ? Il n'y a que dans cette maison où tu n'as pas eu de petit-ami !

- Oh mais s'il n'y a que ça, je peux te quitter et aller draguer Ernie MacMillan ou le nouveau préfet de Poufsouffle, répliqua Ginny.

Blaise adopta un air faussement inquiet :

- Euh… c'est un message que tu essaies de me livrer, là ?

- Peut-être, le taquina Ginny. Ce n'est pas juste pour faire la loi dans l'école que j'ai candidaté pour le poste de préfète, c'était en réalité un moyen de me rapprocher du préfet ou du suppléant…

Blaise secoua la tête en souriant.

- Comme si c'était ton genre… Mais ça pourrait coller, avec Ernie MacMillan, Wayne Hopkins ou Oliver Rivers ?

- Aucune idée, je ne les ai jamais fréquentés. Mais je pense que je ne serais pas compatible avec un Poufsouffle. Ça n'irait pas, niveau caractère. J'adore les valeurs de la maison de Poufsouffle, mais ils sont trop calmes pour supporter quelqu'un d'énergique comme moi… Et ils adorent rester dans leur salle commune alors que je suis toujours fourrée quelque part dans le château… Bon, il ne faut pas faire de généralités, mais ce sont quand-même des faits avérés. Mais j'aurais bien aimé avoir un petit-ami de Poufsouffle pour voir si tout ce que je dis était juste.

- Bizarrement, je n'ai pas très envie de t'aider à réaliser ce projet…

Ginny se mit à rire.

- Évidemment ! Mais je suis bien avec toi, et je n'ai d'yeux que pour toi…

Touché, Blaise posa ses lèvres sur celles de Ginny pour l'entraîner dans un doux baiser. Ils restèrent ensuite silencieux pendant quelques minutes, appréciant simplement le fait d'être ensemble. Puis ils parlèrent de tout et de rien, comme ils le faisaient souvent après une longue conversation. Ils étaient si bien qu'ils ne firent pas attention à l'heure, et ce ne fut qu'à dix-neuf heures quinze qu'ils allèrent manger. Ils convinrent de se rejoindre de nouveau dans la salle sur demande après le dîner, afin de profiter d'une bonne soirée en amoureux…

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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère qu'il vous a plu ! Il y avait beaucoup de BUSE mais l'examen de divination avait son importance, et vu que j'avais raconté tous les examens jusque-là (sauf celui d'astronomie, mais c'était compliqué à caser XD), je me suis dit que ce serait dommage de ne pas inclure l'examen de soins aux créatures magiques ! En tout cas, j'ai adoré écrire ces deux scènes et j'espère que vous les avez aimées tout autant !

Vu que c'est Noël aujourd'hui, triple ration de questions XD Non, en vrai, j'aimerais votre avis sur quelque chose, faire un «sondage» sur autre chose et vous poser une vraie question comme celles que je vous pose tous les deux chapitres XD Ce qui fait trois questions XD Mais répondez-y que si vous en avez envie, évidemment XD

1 – Je voudrais avoir votre avis sur la grossesse de Lisa. J'explique : dans le deuxième tome, il y aura déjà une grossesse adolescente, et plus précisément une grossesse masculine. Est-ce que pour vous, s'il y a en plus la grossesse de Lisa, ça fera trop ? Il y aura plein de différences entre les deux grossesses : l'une sera masculine et vécue par un couple amoureux et soudé, tandis que l'autre sera féminine, issue d'une relation traumatisante et vécue par une élève qui n'aura pas le soutien du père. L'aspect intéressant, ce serait de traiter deux grossesses très différentes l'une de l'autre, mais deux élèves enceints, la même année, c'est peut-être trop XD Donc est-ce que vous préférez qu'il n'y ait qu'une seule grossesse, ou est-ce que vous préfériez qu'il y ait les deux grossesses ?

2 – Dans le prochain chapitre, comme le titre l'indique, il y aura une première fois. Alors, d'après vous, quel couple de la bande fera sa première fois en premier ? Les paris sont lancés XD Et c'est l'occasion de les analyser un peu XD

3 – Une «vraie» question, cette fois-ci XD Quels sont vos sorts et potions préférés dans la saga ?

Ouah, bientôt la NA de fin de chapitre sera aussi longue que la NA de début de chapitre XD Il y aura 20 000 mots de chapitre et 10 000 mots de NA … Si je suis trop bavarde, dites-le-moi XD

Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 8 janvier pour le prochain chapitre intitulé «Fin des BUSE et première fois». Je vous souhaite un bon Noël (oui, c'est un peu tard, mais c'est toujours Noël XD) ainsi que de bonnes fêtes de fin d'année, je vous embrasse fort, portez-vous bien, et plein de bisous tout le monde !