Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quatre-vingt-septième chapitre de SAMLP !
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mimibou : Merciiii pour les 300 reviews ! Eh oui, tu es celui qui me les fait passer, c'est un vrai honneur ! Bon, comparé à d'autres fics, 300 reviews, c'est rien, mais pour moi, c'est énorme XD
L'Épouvantard du professeur Gordon est un bracelet spécifique, je verrai si je peux inclure une explication là-dessus plus tard, car cela impliquerait de se plonger dans la vie du professeur Gordon et comme c'est un personnage très secondaire, il faut trouver le moyen d'amener tout ça XD Et en plus, c'est très sombre (évidemment, puisque c'est un Épouvantard, ça ne va pas être joyeux XD) donc il faut que j'y réfléchisse, mais si ça intéresse, je caserai ça quelque part =)
Contente que le POV de Théo t'ait plu ! Au début, je me demandais si ça allait être pertinent, car bon, on sait tous que Théo va tout réussir, il n'y a pas de suspense, mais je me suis dit que ça allait permettre de faire la connaissance des runes et de l'arithmancie, matières qu'on ne voit pas dans la saga, et dont on entend juste parler… J'ai fait énormément de recherches sur ces deux concepts, et en vrai, l'arithmancie, c'est hyper intéressant ! En plus, quelques jours plus tard, j'ai regardé une vidéo qui en parlait, justement, et ça reprenait tout ce que j'avais pu lire dans mes recherches, mais avec en plus une interprétation de l'arithmancie par rapport aux noms des personnages de la saga. Et j'en suis restée bouche bée car on se rend compte que JKR a vraiment tout calculé ! C'est juste impressionnant. Bon, je vais m'arrêter là sinon je vais en parler pendant des heures et des heures tellement ça m'a marquée XD Mes RAR vont vraiment finir par être plus longues que les chapitres !
Alors, pour le mot «job», je pense que ça dépend tout simplement des pays :) Donc pour moi, il n'y a pas de bonne façon de le genrer, et c'est ça qui est bien, d'un pays à l'autre : la diversité ! Et tu m'as appris quelque chose, du coup XD Et peut-être aussi que ce mot n'a pas totalement la même signification en France et au Québec :) Pour vous, un job, c'est quoi ? Un vrai métier, ou juste une activité professionnelle provisoire ?
Oui, on passe plus vite le temps à vraiment essayer de faire un examen, même si on n'aime pas la matière, plutôt qu'en restant sur sa chaise sans rien faire XD Même si c'est tentant XD Oui, c'est ça qui est bien avec les options, c'est très différent des autres matières !
En vrai, j'ai carrément inventé les noms des départements de la médecine à Sainte-Mangouste XD Mais c'est vrai que dans le monde moldu, il y en a plein ! Il y en a qui doivent galérer à trouver leur spécialisation XD Oui, il y aura un POV Blaise, c'est prévu, je verrai si je peux en faire deux pour visiter deux services différents, mais il y en aura au moins un, c'est sûr !
Le binôme de Pansy est Padma :) Avant, c'était Hannah, mais Padma était en binôme avec Crabbe et elle ne s'en sortait pas du tout avec lui, alors elle a échangé sa place avec celle de Hannah qui est devenue le binôme de Crabbe tandis que Padma s'est retrouvée avec Pansy :) Et ce sont les rondes qui ont rapproché Ron et Pansy, notamment celles qui ont été très mouvementées XD
Merci pour tes réponses aux questions ! J'attends de voir s'il y en aura d'autres, mais du coup, il y aura les deux grossesses :)
Pour ce qui est du couple qui va faire sa première fois en premier, il n'y a clairement pas de logique XD Après, il y a des couples qui ont besoin de plus de temps que d'autres, et ça va être le cas de Justin et de Théo, et quant à Blaise et Ginny, je pense que ça va vite venir, et ce ne sont clairement pas eux qui vont se prendre la tête avec ça XD
J'avoue qu'il y a pleiiiiin de sortilèges et de potions XD Surtout de sortilèges XD Et il va y en avoir tout un diaporama dans ce chapitre XD Aaaah, Felix Felicis, on aimerait tous avoir cette fiole entre nos mains XD Mais à condition de s'en servir à bon escient sans que ça n'impacte injustement sur la vie des autres ! C'est ça qui m'a froissée dans la saga, Dean s'en prend plein la tronche par Ginny qui croit qu'il l'a poussée, alors que pas du tout, mais bon, il fallait bien que ça casse entre eux XD Même si je trouve qu'ils étaient mignons ensemble ^^ Mais dans la scène du Felix Felicis, ce qui me fera toujours rire, dans le film, c'est le «Harry !», «Monsieur !», avec Harry qui reprend exactement la même intonation de voix que le professeur Slughorn XD Ah bah c'est sûr qu'avec des jambes qui dansent toutes seules, c'est dur de se concentrer XD
Bon, rassurée de voir que la longueur des RAR ne dérange pas trop XD J'adore aussi les échanges, ça permet de partager nos avis sur différents aspects de la fic ou de la saga, car il y a tellement de sujets à débattre, surtout sur la saga ! Ou même sur les expressions locales, ou sur les différences entre nos pays XD Les RAR, c'est un espace discussion, en fait XD
Merci, bonne année à toi aussi ! Je préférais attendre la publication de ce chapitre pour la souhaiter à tout le monde, je suis plutôt du genre à la souhaiter une fois qu'elle a commencé plutôt qu'en avance, je ne sais pas pourquoi XD Et merci pour cette longue review !
Mayura Seno : Alors je n'ai pas compris ce à quoi tu fais allusion en parlant de Severus et du fait qu'il soit déjà allé dans le bureau de Tonks, j'ai relu la discussion entre eux dans le chapitre 30, et je n'ai pas vu d'allusion directe au bureau de Tonks, à part le fait que c'est là où ils se sont embrassés, mais ce n'est pas démenti dans ce passage XD Pour ce qui est d'Adrian, il ne s'agit pas d'une incohérence de la fic, mais du bourbier dans lequel se trouve Adrian qui essaie de sauver la situation en prenant les devants, ce qui peut créer des confusions car il y a trop de choses sur lesquelles il doit s'expliquer ^^ Si tu as du mal à t'y retrouver, c'est peut-être parce qu'Adrian n'est pas très net XD
Draco a une bonne condition physique et il fait du Quidditch, ça aide ! Et quand une vie est en jeu, surtout la vie de quelqu'un à qui on tient beaucoup, on serait prêt à soulever des montagnes … Et c'est bien dit qu'il est essoufflé et rouge quand il arrive chez son parrain XD Il a beau être sportif, ça ne l'empêche pas d'être épuisé XD Mais à ce moment-là, il n'en a rien à faire, il ne pense qu'à Harry ^^
Concernant la prise de drogue de Draco, j'ai du mal à savoir s'il aurait dû être puni, étant donné que le problème à la base, c'est qu'il ne va pas bien du tout, qu'il a accumulé les chocs et qu'il n'a pas eu de suivi psychologique alors qu'il en avait cruellement besoin… Le punir n'aurait pas servi à grand-chose, je pense, surtout qu'il a été suffisamment douché pour ne plus toucher aux potions droguées… Ça ne s'est produit qu'une fois, et parce qu'il était détruit mentalement parlant. Je ne veux pas spoiler, mais ce n'est rien comparé à ce qui va se passer plus tard dans la fic ! Peut-être que Draco aurait dû être puni, je ne sais pas, ça dépend de la façon dont on voit les choses, mais s'il méritait une punition, dans ce cas, oui, Severus a fait preuve de laxisme, et ce n'est pas bien ^^ Mais il n'est pas parfait, et ça fait référence à sa tendance dans la saga à être hyper indulgent avec les Serpentard et injuste envers les autres maisons… Inconsciemment, il fait pareil avec son filleul, et pour le coup, j'avoue que c'est pas top !
Ah, le «je t'aime, Draco», je suis d'accord, ça fait bizarre XD Mais c'était nécessaire, et il ne le dira pas souvent dans la fic, je te rassure XD Ça ne ressemble pas à Severus ^^
Ah, c'est un oubli pour la potion, j'essaierai d'ajouter ça sans perturber la fluidité de la scène ^^
Merci pour tes reviews !
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Merci pour vos reviews, ça fait toujours plaisir de vous voir autant à fond dans la fic ! Et merci à tous ceux qui continuent à la lire, peu importe l'heure à laquelle les chapitres sont publiés XD
Contrairement à ce que j'avais espéré, je n'ai pas pu prendre d'avance pendant les vacances, ayant été malade du 25 au 2 (la grippe n'a pas compris que les vacances servaient à se reposer, faudra lui expliquer, un de ces quatre, force à vous si vous avez été dans le même cas !) mais ce chapitre a été bouclé en temps et en heure ! Normalement, il reste deux chapitres après celui-là, puis ce sera la fin du premier tome !
Ah et dans la NA de la fin du chapitre précédent, j'avais annoncé que le titre de ce chapitre serait «Fin des BUSE et première fois», mais ce sera en réalité «Première fois et fin des BUSE». Oui, ça reste les mêmes mots, mais pas dans le même ordre XD C'est peut-être moins fluide, mais je préfère que ce soit fidèle à l'ordre dans lequel se passent les choses :) Et peut-être que vous aussi XD
Bon, allez, j'arrête de parler (plus de deux pages de blabla, non mais on va où, là ?), je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture !
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Warning : Présence d'une longue scène sexuellement explicite dans la première partie du chapitre.
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87 – Première fois et fin des BUSE
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(samedi 22/06) POV Harry
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Ah, ce que ça faisait du bien d'être en week-end, après une semaine d'examens éprouvante ! Entre les potions, l'histoire de la magie, la divination, les soins aux créatures magiques et l'épreuve pratique de Défense Contre les Forces du Mal et de métamorphose, la semaine avait été intense ! Il avait bien mérité ce repos de deux jours avant son dernier examen des BUSE : l'examen pratique de sortilèges. Bien qu'il était doué dans cette matière, et que de toute façon, une note en-dessous de la moyenne ne l'interdirait pas de la continuer l'année suivante puisqu'elle était obligatoire jusqu'aux ASPIC, il avait tout de même un petit stress. Car il effectuerait cette pratique devant Sirius. Non pas qu'il était effrayé à l'idée d'être seul avec lui, comme il aurait pu l'être quand il était persuadé que Sirius s'était évadé d'Azkaban pour le tuer – cela lui paraissait si loin – mais il y avait de la pression à être évalué par un professeur qui n'était autre que son parrain… Il avait peur que cela ne lui fasse perdre ses moyens, qu'il rate ses sorts et de décevoir Sirius… Mais c'était une peur non fondée car il était très bon en sortilèges. S'il ne se concentrait que sur ça, et non sur le fait que tous ses faits et gestes allaient être scrutés par son parrain, il n'y avait aucune raison pour qu'il se débrouille moins bien que lors des cours…
Mais cela avait beau être cool d'être en week-end, lorsqu'il n'y avait personne avec lui, il finissait vite par s'ennuyer… Ron hibernait dans son lit, Hermione était avec Terry, Ginny avec son groupe d'amis issus de sa classe, et Draco, Blaise, Théo et Pansy étaient sûrement dans leur salle commune, leurs moitiés n'étant pas libres ou n'ayant pas prévu d'être avec elles… C'était le cas de Harry et de Draco, et Justin, quant à lui, profitait qu'Ernie soit là pour être un maximum avec lui, ce que ne lui reprochait pas du tout Théo qui était parfaitement compréhensif. En gros, il n'y avait que Hermione et Terry qui étaient en amoureux. Mais il y avait fort à parier que le lendemain, ce serait au tour de Harry, Ginny, Pansy et Théo d'être avec leurs chéris !
Comme Harry et Draco n'avaient pas projeté de se voir, c'était le moment idéal pour Harry d'aller surprendre son petit-ami dans sa salle commune. Oui, il n'avait pas abandonné ce plan. Et cette fois, ce serait la bonne ! Il récupéra sa cape d'invisibilité dans son armoire et sortit de son dortoir, puis de la salle commune. Il descendit les sept étages et prit le chemin de la salle commune de Serpentard. Lorsqu'il fut devant, il se recouvrit de la cape. Il n'avait plus qu'à espérer qu'un Serpentard vienne ou sorte de la salle… Il était un peu moins de quatorze heures, ce n'était pas l'heure où il y avait le plus de circulation dans Poudlard… Harry était bien tenté d'y aller directement, mais avec la chance qu'il avait, Pansy allait de nouveau le coincer et tout faire capoter ! Elle l'avait déjà fait deux fois, et le pire, c'était qu'elle n'en faisait même pas exprès ! Mais heureusement pour lui, deux élèves ne tardèrent pas à arriver. Comme les sous-sols étaient constamment dans la pénombre, étant privés de la lumière du jour, Harry ne put les identifier. Mais quand ils s'approchèrent, il vit qu'il s'agissait de Graham mais il n'eut pas l'occasion de reconnaître l'autre élève puisque Graham le plaqua contre le mur d'en face pour l'embrasser. Harry fut très gêné d'assister à ça, mais c'était de sa faute s'il était obligé de supporter ce spectacle… S'il n'était pas en train de jouer aux invisibles, les tourtereaux ne se seraient certainement pas livrés à un baiser passionné à quelques mètres de lui ! Mais ils avaient probablement mieux à faire – mais quoi donc ? - car ils entrèrent dans la salle commune. Harry en fit autant, les suivant de très près tout en évitant le moindre contact. Il aperçut rapidement son chéri ainsi que Blaise, Théo et Pansy. Il s'avança vers eux et constata qu'ils n'avaient pas insonorisé leur espace. Bon, comme ils étaient relativement à l'écart des leurs camarades, cela ne s'avérait pas très nécessaire… Et ils n'étaient pas très bruyants. Mais suffisamment pour que leurs paroles atteignent les oreilles de Harry :
- Franchement, c'est une bonne chose qu'il y ait davantage de prévention l'année prochaine, décréta Blaise.
- Parce que tu crois qu'ils n'étaient pas au courant de l'existence du sort de protection, ou que Lisa ignorait qu'il y avait des potions contraceptives ? lâcha Pansy, perplexe.
- Bah… si c'était le cas, elle serait sous potion, ou son mec aurait utilisé le sort de protection…
- Sauf si c'est un oubli, ou si c'était sa première fois, que ça lui est tombé dessus et qu'elle n'avait pas envisagé de la faire tout de suite… Elle a pu rencontrer ce mec et avoir couché avec sur un coup de tête, parce qu'il lui plaisait… Il n'y aurait rien de mal à ça. Mais si c'est ça, ce coup de tête aurait conduit à un rapport non protégé, et ça, c'est un problème… Mais ce ne serait pas uniquement de sa faute. Il y avait un mec, dans l'histoire. Que Lisa soit sous potion ou non, il aurait dû se protéger.
Bon, la conversation était un peu trop sérieuse pour que Harry mette son plan à exécution en faisant sursauter Draco…
- Quoi qu'il en soit, elle va être seule avec son enfant. Et ça, c'est triste, commenta Pansy.
- Vous pensez qu'elle a dit au père qu'elle était enceinte ? s'interrogea Draco.
- Ce serait bien, il a le droit de savoir, estima Blaise.
- Sauf s'il s'en fout complètement et que Lisa le sait, opposa Pansy.
- Comment pourrait-elle en être sûre si ce n'était que le coup d'un soir ? objecta Draco. Même s'ils étaient sexfriend, ça m'étonnerait qu'ils se soient fait des confidences là-dessus sur l'oreiller…
- Le coup d'un soir, ce n'est qu'une supposition, rappela Pansy. Ça se trouve, c'était son petit-ami.
- Ça changerait tout. S'ils étaient en couple et que ça semble fixé que Lisa va élever l'enfant sans le père, c'est qu'ils se sont séparés… Et s'ils ont rompu, c'est qu'elle a forcément dû lui annoncer sa grossesse.
- Ils auraient caché leur relation, alors, car on n'a jamais vu Lisa avec un garçon, souligna Blaise. À part Terry, mais c'est amical, entre eux. Mais s'ils ont bel et bien été ensemble et que Lisa a avoué à son copain être enceinte, il n'a pas dû assumer ses responsabilités…
- Loin de moi l'idée de défendre les types qui laissent tomber leurs copines enceintes, mais parfois, il vaut mieux se mettre à leur place avant de critiquer… Si le mec ne se sentait pas prêt à être père, il était préférable qu'il ne s'implique pas du tout dans l'éducation de l'enfant… S'il l'avait fait dans la contrainte, ça aurait pu l'empêcher d'être un bon père, et ça n'aurait pas été bon pour l'enfant…
Harry déconnecta en entendant les mots de Draco. Il s'imagina un instant dans la situation de Lisa, s'il avait été une fille, et si Draco avait été hétéro. Ainsi, s'il avait attendu un enfant et si cela avait été trop tôt pour Draco, celui-ci l'aurait quitté sans hésiter ? Leur histoire avait-elle donc si peu de valeur pour lui ? Harry était dévasté. Leur amour n'était-il pas assez fort pour que Draco développe un instinct paternel envers cet enfant ? Non, il avait peut-être mal saisi ce qu'avait dit Draco…
- Qu'est-ce que tu en dis, toi, Théo ?
La voix de Blaise ramena Harry à la réalité. Plongé dans son désarroi, il s'était détaché de l'échange entre les quatre amis. Enfin, trois jusque-là, mais Théo venait d'y être inclus :
- Pas grand-chose. On n'a pas beaucoup d'informations, et les spéculations, ce n'est pas mon truc. Et j'aurais l'impression de me mêler des affaires des autres en apportant ma pierre au débat…
- Mais est-ce que toi, tu resterais avec la fille même en n'étant pas apte à avoir un enfant ?
- Je verrais avec elle et on déciderait ensemble de ce qu'il y aurait de mieux à faire.
- Draco, lui, à son avis, ferait pareil que le mec de Lisa…
- Je n'ai pas vraiment dit ça, rétorqua Draco. Ça dépend du contexte. Car si j'étais en…
Harry refusa d'écouter le charabia de Draco. Au vu de la dernière syllabe, il avait deviné le cas qu'il allait évoquer. Évidemment que si c'était lui qui était enceint – apparemment, c'était possible dans le monde sorcier – ce serait différent ! Les larmes aux yeux, il déserta la salle commune dans la plus grande des discrétions. Il se dirigea vers les escaliers, monta au septième étage et se rendit à la Tour Gryffondor. Il se dévêtit de sa cape qu'il posa sur son bras et pénétra dans sa propre salle commune. Il s'apprêta à aller dans son dortoir, mais il vit Ron, Hermione et Ginny assis dans un coin. Intrigué, il les rejoignit.
- Bah, qu'est-ce que vous faites là ? Surtout vous, précisa-t-il en regardant Hermione et Ginny.
- Terry s'est blessé dans le parc. On marchait, il y avait une crevasse et il s'est pris le pied dedans… On est allés à l'infirmerie et après avoir soigné Terry, Mrs Pomfrey m'a dit de revenir ce soir, quand il ne sera plus sous l'effet somnolent de la potion qu'elle lui a fait boire. C'était drôle car il y avait un élève qui était convaincu qu'il avait pour mission de sauver le monde… Il déraillait totalement. D'après Mrs Pomfrey, il y a eu une fête hier soir, dans la salle commune de Serdaigle, pour fêter la fin des examens, même s'il y a encore des épreuves pratiques de Défense Contre les Forces du Mal, métamorphose et sortilèges, et il y avait des substances pas très nettes qui se vendaient… Dont une potion à base d'élixir d'euphorie, de philtre de confusion et de potion fortifiante. Ça fait planer et ça te procure la sensation d'être invincible… Il y a même une variante de ce mélange où en plus de ces trois potions, il y a de la solution de force… Là, ça peut te faire faire n'importe quoi.
- Mais… euh… il n'y avait pas de préfets, à cette soirée ? Terry et Padma n'étaient pas là ?
- Ça s'est fait dans leur dos, quand ils étaient dans leur dortoir. Au vu des élèves qui ont défilé dans l'infirmerie, Mme Pomfrey a déduit que c'étaient principalement des sixième et septième année de toutes les maisons. Ils ont dû juger bon de faire ça entre eux sans convier les cinquième année afin de limiter les risques que ça n'aille jusqu'à l'attention des préfets…
- Ils sont malins, conclut Harry. Et toi, Ginny ? Que fais-tu ici ? Tu n'étais pas avec tes amis ?
- Si, on était dans le parc, mais Simon et Fiona se sont disputés. Ça a plombé l'ambiance, ça a fichu en l'air l'après-midi, et du coup, nous sommes tous rentrés.
- Ah bah sympa… Ça leur prend souvent de s'embrouiller en pleine balade entre amis ?
- Non, à vrai dire, c'était la première fois qu'ils le faisaient devant nous. C'était peut-être même la première fois tout court qu'il y avait des tensions entre eux… Mais ça doit être dû à la pression des examens qui retombe. Pour vingt-quatre d'entre nous, on n'a plus que la métamorphose à passer, et pour quatre d'entre nous, il y a également les sortilèges. Simon et Fiona, eux, n'ont plus rien.
- Ouais, ça a dû peser… Bon, ce n'est pas votre journée, en gros.
- Non, ça, c'est clair, approuva Hermione. Mais qu'est-ce que tu fais avec ta cape d'invisibilité ?
Harry haussa les sourcils.
- Comment tu sais que je l'ai avec moi ?
- Parce qu'il te manque bizarrement un avant-bras. Mais pas ta main.
- Ah… oups, fit Harry.
Non mais quel idiot ! Il aurait dû ranger sa cape dans l'une des poches de sa robe de sorcier au lieu de se servir de son bras comme de porte-manteau !
- Et donc ? Qu'est-ce que tu fais avec ? répéta Hermione, curieuse.
- Je voulais m'introduire dans la salle commune de Serpentard en catimini pour jouer un petit tour à Draco. Mais c'était pourri, comme plan.
- Pourquoi ? En s'y prenant bien, ça pouvait être drôle, décréta Ron.
- Oui, mais… ça peut se retourner contre soi-même.
- Comment ça ?
Harry se morigéna en réalisant qu'il en avait trop dit.
- Non, rien, ça ne vaut pas la peine de s'éterniser là-dessus.
- Harry, tu m'inquiètes, là. Draco l'a mal pris ? Tu t'es fait agresser par un Serpentard ?
- Non, personne n'a su que j'étais là… En fait, j'allais me jeter sur Draco quand j'ai été attiré par sa discussion avec Blaise et Pansy. Il y avait Théo avec eux mais il était très silencieux. Ils parlaient de la grossesse de Lisa. Et ils avaient des opinions très divergentes…
Harry raconta à Ron, Hermione et Ginny tout ce que s'étaient dit les trois amis de Serpentard.
- Il admettait le plus naturellement du monde qu'à la place du père de l'enfant de Lisa, il aurait fait la même chose, à savoir fuir comme un lâche !
- Non, Harry, tu déformes un peu les choses, là, contesta Ginny. Draco s'est fait l'avocat du diable, en quelque sorte. Il est parti de l'éventualité que l'ex de Lisa l'ait quittée quand elle lui a révélé être enceinte, et il a justifié cette réaction avec de bons arguments. Il n'avait pas tort en déclarant qu'un enfant serait plus heureux sans père qu'avec un père qui ne l'a pas désiré, qui ne l'aime pas et qui se force à être là… Ce ne serait pas sain. C'est ça qu'a tenté de démontrer Draco.
- Oui, mais ça ne change rien au fait qu'il ferait comme ce mec si c'était moi qui étais enceint…
- Mais ce n'est pas parce qu'il défend la position de l'ex de Lisa qu'il aurait adopté la même attitude que lui ! s'exclama Hermione.
- C'est ce que Blaise a dit quand il a invité Théo à s'exprimer sur le sujet, s'entêta Harry.
- Mais est-ce que ton nom a été mentionné ne serait-ce qu'une seule fois ? Car depuis tout à l'heure, tu en fais une affaire personnelle, mais est-ce qu'il était bien question de toi ? s'assura Hermione.
- Euh… non, admit Harry. Mais j'étais tellement dépité par ce qu'avait dit Draco quand il a cherché des excuses au comportement de l'ex de Lisa que j'ai décroché pendant quelques minutes… C'est quand Blaise s'est adressé à Théo que j'ai de nouveau été attentif. Et vu qu'il a demandé à Théo ce qu'il aurait fait s'il avait été l'ex de Lisa, et qu'il a dit que Draco, lui, aurait fait comme ce type, je doute fortement que mon nom ait été cité entre-temps…
- Et on ne saura jamais s'il l'a été après puisque tu t'es barré, intervint Ron. Pourquoi, d'ailleurs ?
- Parce que Draco allait se dédouaner et ça m'a énervé.
- Qu'est-ce qu'il disait, exactement, à ce moment-là ? se renseigna Hermione.
- Je n'ai pas la dernière phrase en entier, mais quand Blaise a affirmé que Draco aurait agi comme l'ex de Lisa, Draco a protesté en disant qu'il n'avait pas dit ça, que ça dépendait du contexte et j'ai quitté la salle commune de Serpentard quand il a ajouté «si j'étais en…». Mais bien sûr que s'il était enceint, il n'agirait pas de la même manière ! Je suis quasi sûr que c'était ce qu'il allait dire…
Hermione se tapa le front avec la main.
- Mais qu'est-ce qu'il peut être bête…
- Quoi ? se vexa Harry.
- On est bien d'accord que jusque-là, ils étaient centrés sur le fait que la relation entre Lisa et le père du bébé n'était pas une relation amoureuse ?
- Oui…
- Et que Draco s'est mis à la place de l'ex de Lisa ? Et qu'il aurait fait comme lui s'il avait mis une fille enceinte sans avoir une relation sérieuse avec elle ?
- Oui…
- Et ça ne t'est pas venu à l'esprit qu'il allait évoquer le cas où il aurait été en couple avec cette fille qu'il aurait mise enceinte ? Que c'était ça, la suite de sa phrase ? Et que ça aurait débordé sur le cas où cette fille, ça n'aurait pas été une fille, mais toi ? Qu'il aurait dit que si c'était toi qui portais son enfant, il ne se conduirait absolument pas de la même façon ? Pour la simple et bonne raison que la grosse différence entre les deux cas, c'est que toi, il t'aime ? Et que c'est pour ça qu'il insistait sur le fait que ça dépendait du contexte ?
Harry ne sut quoi répondre face à cela. À présent que Hermione lui avait balancé sa propre analyse, celle-ci lui semblait bien plus logique que la sienne… Et cela collait bien plus à la personne qu'était Draco. Comment Harry avait-il pu ne pas faire la distinction entre une relation sans importance que Draco aurait entretenu avec une fille, et leur relation à eux ?
- Je… je n'avais pas pensé à tout ça, bredouilla-t-il. Mais si je comprends bien, ça signifie que je me suis mis dans tous mes états… pour rien ?
- J'en ai bien peur, oui, se moqua gentiment Ginny. Tout ça était purement hypothétique, ça n'avait rien à voir avec toi. Le contexte dans lequel Draco s'était imaginé, c'était d'avoir un coup d'un soir avec une fille et que ça aurait engendré une grossesse. À ce que je sache, entre Draco et toi, ce n'est pas un coup d'un soir ?
Harry ne put s'empêcher de sourire.
- Non, loin de là…
- Et tu n'es pas une fille ?
- Non plus.
- Dans ce cas, pourquoi as-tu pris ça pour toi ?!
- Je n'en sais rien, j'ai dû tirer des conclusions trop hâtives sans réfléchir… J'ai été idiot. Par contre, ne lui parlez pas de tout ça, je préfère que ça reste entre nous… Ça pourrait le mettre mal à l'aise. Je ne veux pas qu'il soit gêné vis-à-vis de moi alors que c'est moi qui ai tout saisi de travers… Et puis il risquerait de croire que tout ça trahit le désir de ma part d'avoir un enfant, ce qui n'est pas du tout dans mes projets, et encore moins dans les siens… Ce serait trop galère, il faut prendre une potion, attendre que ça marche, et on est trop jeunes pour songer à fonder une famille. À la rentrée, Draco aura beaucoup trop de responsabilités, avec ses fonctions de préfet et de capitaine, et il y aura aussi les cours, les devoirs, les séances de travail en binôme, la préparation des ASPIC, les recherches de stages, les prémices de la recherche de notre future école de formation… Rien qu'avec ça, qui aurait l'idée de faire un enfant à Poudlard ? Je veux dire, volontairement ? Après, je ne juge pas ceux qui feraient ce choix, mais élever un enfant à Poudlard, ça me paraît incompatible avec tout ce qu'on a à faire… Sans oublier que mon vœu le plus cher, c'est d'avoir…
- Une année tranquille, complétèrent Ron, Hermione et Ginny.
Il y eut un bref instant de silence avant qu'ils n'éclatent tous de rire.
- On ne dira rien à Draco, jura Ron lorsqu'ils se furent calmés.
- Oui, motus et bouche cousue, enchaîna Hermione.
- Même si c'était dans nos intentions, ce ne serait pas à nous de le faire, appuya Ginny.
Harry hocha la tête pour les remercier. Il essaya de chasser la culpabilité qui l'avait envahi en ayant douté de Draco. Il avait pourtant pleinement confiance en lui ! Sinon, il ne serait pas allé aussi loin dans leur relation… Surtout après ce qu'il avait subi avec Adrian… Il ne se serait même pas mis en couple si vite avec Draco… Même si, mine de rien, cela avait été long… Il eut soudain envie d'être avec lui, dans ses bras. Lui prouver qu'il l'aimait, et sentir qu'il l'aimait tout autant. Quoi de mieux pour effacer cet incident que de partager avec son petit-ami un moment qui démentirait tout ce qu'il avait pu croire sur lui ? Et comme il était un Gryffondor têtu et borné, c'était avec sa cape qu'il irait de nouveau à la salle commune de son chéri ! Ce fut sur cette résolution qu'il se leva.
- Je m'absente, je vais voir Draco. Avec tout ça, je n'ai pas pu aller au bout de mon plan, et ce n'est pas ce troisième échec qui n'en est pas vraiment un qui va me décourager !
- Vas-y, ce n'est pas nous qui allons t'en dissuader, renchérit Ron.
Harry sourit à ses amis et sortit de la salle commune. Il s'enveloppa de la cape, redescendit les sept étages et retourna à l'antre des Serpentard. Cette fois, ce fut une jeune élève qui lui permit d'entrer sans en avoir conscience, puisqu'il était invisible. Harry se faufila dans la pièce vert et argent et vit que Draco, Blaise, Pansy et Théo n'avaient pas bougé. Il s'avança vers eux et s'arrêta juste derrière Draco qui lisait un livre. Il plaqua subitement ses mains sur les yeux de son petit-ami en hurlant un «bouh !» qui fut couvert par le cri qu'émirent Draco et Pansy. Draco bondit sur ses pieds et fit volte-face.
- Non mais t'es pas bien ?! s'écria-t-il. Tu m'as foutu une de ces trouilles !
- C'était le but, rigola Harry. Désolé, Pansy, tu n'étais pas visée, mais tu es une victime collatérale de ce plan…
- On va dire que tu t'es vengé du fait que je l'aie fait capoter deux fois, blagua-t-elle. En tout cas, tu as bien eu Draco.
- Tu ne vas pas le féliciter, en plus ?! s'indigna Draco.
- Bah quoi ? Je suis bonne joueuse, moi.
- Parce que ce n'était pas toi qui étais ciblée !
Draco braqua son regard sur Harry.
- Toi, tu vas regretter ce que tu viens de faire, prévint-il.
- Oh, ça va, c'est de bonne guerre ! Rappelle-toi que c'est toi qui m'avais défié de te prouver que je n'étais pas aussi prévisible que tu ne le disais… Eh bah voilà, c'est fait.
- Mmmh… Tu t'en sors bien. Il n'y aura pas de représailles.
- Ouais, tu dis ça, mais une fois au lit, ce ne sera pas le même discours…
- Non, Blaise, je n'ai qu'une parole, répliqua Draco.
Harry se pencha à son oreille :
- Oui, et la dernière fois, tu m'as fait languir et tu t'en es mordu les doigts, ce serait bête de refaire la même erreur…
Draco rougit mais fit comme si de rien n'était, ne souhaitant probablement pas attirer les soupçons de ses amis. Mais ce fut raté pour Blaise qui arqua un sourcil, n'ayant rien loupé de cet échange et de l'embarras de Draco, mais sans avoir eu le son. Harry prit un air innocent qui ne convainquit pas du tout Blaise, qui n'insista cependant pas. Fier de lui, Harry s'assit sur les genoux de Draco. Il les entoura d'une bulle de silence afin d'avoir un peu d'intimité.
- Avec ou sans cape, je suis ta chaise, en fait, s'amusa celui-ci.
- C'est ça, confirma Harry sur le même ton.
- Est-ce que tu vas battre ton record de la fois d'avant ? Tu n'avais pas excédé les trois minutes sur mes genoux…
- Parce que tu avais suggéré d'aller dans ton dortoir, ce qui était faisable sans se faire charrier étant donné que j'étais dissimulé sous ma cape… Or, là, si tu ne me proposes pas d'aller dans ton dortoir, je vais rester sur tes genoux. Et si tu me le proposes, il va falloir subir les railleries des autres…
- On s'en fiche, décréta Draco. Ils finiront bien par s'y faire… Plus on ira dans mon dortoir, plus ils s'y habitueront, et plus vite ils cesseront de nous faire des remarques.
- Pas faux. On y va, du coup ?
- Mais tu n'es là que depuis dix minutes !
- Oui mais on sera mieux dans ton dortoir qu'ici.
- Ouais, c'est sûr. Mais il y a un poids sur mes jambes qui m'empêche de me mouvoir à ma guise…
- C'est presque un compliment que tu me fais, là. Depuis que je suis tout petit, on me dit que je suis trop maigre, trop léger. Là, c'est comme si tu me disais que j'étais lourd.
- Ce qui n'est pas du tout le cas. Même ton humour ne l'est pas.
- Oh ça, c'est mignon.
Ce fut sur cette remarque attendrie que Harry se mit debout, libérant ainsi Draco qui l'imita.
- Ah bah vous ne perdez pas de temps, lança Blaise. C'est notre salle commune qui ne te plaît pas, Harry ?
- Non, mais il y a un peu trop de monde.
- Ah, c'est vrai que les bisous en public, c'est pas votre délire…
- Exactement. Allez, à plus tard !
Draco et Harry se dirigèrent vers les escaliers en ignorant les quelques sifflets et les commentaires, et montèrent au dortoir des garçons de cinquième année.
- C'est fou que ce soient les plus âgés qui soient les plus immatures, s'agaça Harry en s'asseyant sur le lit de Draco.
- Oui mais on s'en fout, on est au-dessus de tout ça… Enfin, je suis au-dessus de tout ça. Parce que bon, se cacher sous une cape pour faire une farce à son copain, ce n'est pas un comportement que je qualifierais de très mature…
- Et se faire gober le doigt par une mandragore ? Et faire exprès d'énerver un hippogriffe ? Et jouer aux Détraqueurs pour déstabiliser un adversaire en plein match de Quidditch ? Et…
- Ok, ok, c'est bon, pas la peine de citer toutes les fois où j'ai été puni par ma bêtise… Mais je suis déçu. Tu as oublié la première année où je t'ai défié de me rejoindre à minuit dans le château juste pour que tu te fasses chopper par Rusard ou par un professeur… Ça, c'était intelligent.
- Ouais, grâce à ça, j'ai fait la connaissance d'un gentil toutou à trois têtes… Et je ne me suis même pas fait repérer avec Ron. Mais c'était bien manigancé. Je suis tombé dans le panneau.
- Ouais, mais il n'y a pas eu de vainqueur sur ce coup-là. Mais est-ce que tu sais ce qui est advenu de ce bon vieux Buck ?
- Il a été transféré dans une réserve protégée où il est en sécurité. Il était avec Sirius quand il était en cavale, mais si Sirius a été innocenté, ce n'est pas le cas de Buck…
- Si je reviens sur mes accusations, tu crois que ça suffira ?
- Ben… si tu expliques comment cet accident a réellement eu lieu, si tu défends Buck à fond, si tu rejettes toute la faute sur toi, et si tu fais ton mea culpa, ça devrait réhabiliter Buck, oui. Mais il faut que tu sois face à la bonne personne…
- Oh, ne t'en fais pas pour ça. J'ai dans mon entourage quelqu'un qui sera en mesure de m'organiser un rendez-vous avec un employé compétent au Ministère…
- Mmmh, cette personne ne serait pas la compagne de ton parrain, par hasard ?
- C'est possible, oui. Mais c'est pour une bonne cause, elle sera ravie de m'aider !
- Oui, et ton parrain sera fier de toi.
- Je ne vais pas passer par lui, ce ne sera pas nécessaire. Tonks séjournera quelques jours chez nous cet été, je verrai ça avec elle à ce moment-là.
- Mais pourquoi tu veux garder ton parrain en-dehors de ça ?
- Il sera au courant, mais après, nuança Draco. Je suis mineur, je ne pourrai pas aller au rendez-vous avec l'employé du Ministère sans mon tuteur légal. Mais je tiens à gérer cette histoire de moi-même avec Tonks. Ce sera un bon moyen de créer une certaine complicité avec elle. C'est primordial pour qu'elle soit bien intégrée dans la famille.
- Tu vas faire un heureux avec cette bonne volonté.
- Oui, Severus, devina Draco. Avec ça, plus question qu'il doute à l'avenir du fait que je considère que c'est lui, ma famille, désormais.
- C'est adorable de ta part…
Harry offrit un tendre baiser à Draco. C'était censé n'être qu'un petit bécot, mais Draco y répondit et mêla sa langue à celle de Harry qui n'hésita pas à participer activement au baiser. Son petit bisou ne fut bientôt qu'un lointain souvenir. Et il en fut grandement responsable. Il lutta avec Draco pour la domination du baiser et il se colla du mieux qu'il put contre lui. Mais paradoxalement, il s'écarta un peu de lui pour dégrafer la robe de sorcier de Draco. Mais il ne put aller au bout de son geste car Draco le stoppa en attrapant ses poignets, ce qui le fit grogner.
- Harry, ce n'est pas forcément pour ça que je t'ai emmené ici… C'était pour qu'on soit tranquilles, à la base.
- Oui mais puisqu'on est là… Tu n'en as pas envie ?
- Si, ce n'est pas le problème, mais c'est ta libido… Ça me trouble.
- Je ne sais pas non plus ce qu'elle a, mais au pire, on s'en fiche et on profite ?
Cela sembla convenir à cent pour cent à Draco.
- Oui, et on va bien en profiter…
Il reprit possession des lèvres de Harry qui poussa Draco contre le matelas et qui s'installa sur lui à califourchon sans rompre le baiser. Mais ce fut Draco qui sépara leurs lèvres pour se moquer de lui :
- Et tu vas faire comment pour me débarrasser de ma robe de sorcier ?
- Eh bah assis-toi, mais on n'a qu'à retirer nos chemises par la même occasion, ce sera fait, comme ça…
Draco acquiesça et se redressa. Ils enlevèrent robes et chemises, puis Draco se rallongea. Harry unit de nouveau leurs lèvres et explora le torse de son petit-ami qui en fit autant avec le sien. Ils avaient plus de liberté dans cette position. Harry n'était pas affalé sur Draco, mais il le surplombait à quatre pattes, ce qui laissait un large espace entre leurs hauts du corps. Ils caressèrent chaque centimètre de peau qui était à leur portée tout en s'embrassant langoureusement. Très réactif, Harry gémit dans la bouche de Draco quand ses tétons furent maltraités par des doigts experts. Il s'arracha aux lèvres de Draco pour plonger son visage dans son cou pâle afin d'y étouffer les sons qu'il émettait. Ni une, ni deux, Draco le fit rouler pour se retrouver au-dessus de lui. Il s'attaqua derechef au cou de Harry en mordillant les endroits les plus sensibles.
- Draco, c'est… ah… c'est pas du jeu… Je me suis contenté de ton torse, et toi tu… aaaah…
Harry renonça à se rebiffer, Draco n'ayant cure de ce qu'il disait et s'escrimant à lui faire un suçon dans une zone très érogène de son cou. C'était trop bon pour son propre bien. Et ce n'était pas son sexe qui allait dire le contraire… Il était plus qu'au garde-à-vous et pulsait dans son caleçon. Et ils n'étaient encore qu'en pantalon… Il se maudissait de n'avoir aucun contrôle sur cette partie de son anatomie. Il n'était qu'un adolescent bourré d'hormones… Mais il n'y avait pas de raison pour qu'il soit le seul à être dans cet état. Tandis que les lèvres de Draco étaient partout dans son cou, sur ses épaules et près de son oreille, il fit voyager ses mains sur les pectoraux – discrets mais bien là – de son chéri, puis sur son ventre, ses hanches, ses fesses, ses cuisses… Ce fut sur elles qu'il se focalisa en déviant ses doigts vers l'aine de Draco, mais en évitant délibérément de trop les approcher de ce qu'il y avait entre ses jambes. Même si Draco n'en était peut-être pas au même point que lui, Harry savait qu'il n'en était pas loin. Mais comme Draco s'échinait à faire grimper le désir sans se soucier de l'érection lancinante de Harry, eh bien ce dernier souhaitait entraîner son amant au même degré d'excitation que lui. Et son plan perfide fonctionna car Draco ne tarda pas à le réprimander :
- Harry, tu me tortures, là…
- Toi aussi, je te signale ! Je sais que tu voues un véritable culte à mon cou, mais il n'y a pas que lui, bon sang ! Tout ce que tu me fais, là, ça a des répercussions plus bas !
- Et pourquoi tu me le dis pas tout simplement ?
- Parce que c'est plus drôle de te faire subir la même chose, mais par d'autres moyens.
- Pfff, il faudra un jour m'expliquer ce que tu fais à Gryffondor…
- Oui, si tu veux, mais là, c'est mon pantalon qui se demande ce qu'il fait sur mes jambes ! Et mon sexe dans…
- Ok, c'est bon, j'ai compris ! Ce que tu peux être impatient…
- C'est qui à l'instant qui se plaignait de ce que je lui faisais car ça l'émoustillait un peu trop ?
Draco et Harry se fixèrent pendant quelques secondes avant de pouffer.
- Et si on y remédiait au lieu de se disputer ? Ce sera plus efficace, souligna Draco.
Harry hocha la tête. Draco se saisit des bords de son pantalon et le fit glisser le long de ses jambes. Il se délesta lui-même du sien et vint se coucher sur Harry, faisant se rencontrer leurs sexes à travers leurs sous-vêtements. Ils gémirent de concert et Draco se mut lascivement contre Harry. Ne voulant pas jouir comme ça, Harry repoussa Draco, ce qui lui valut un geignement de protestation.
- Désolé, mais je serais venu trop vite et je préfère faire redescendre un peu les choses de mon côté en m'occupant de toi…
Harry fit basculer Draco en-dessous de lui et recula jusqu'à avoir le visage au niveau du sexe de son Serpentard adoré. Il abaissa le caleçon et fit face à un bâton de chair qui pointait vers le haut. Il en lécha le gland, soutirant un long gémissement à Draco, et fit de même sur toute la longueur. Puis il remonta et prit d'un coup la moitié du membre en bouche. Draco hoqueta de surprise et agrippa les cheveux de Harry entre ses doigts. Fier de son effet, Harry fit aller et venir le pénis de Draco entre ses lèvres tout en complétant le mouvement d'une main et malaxant les bourses de l'autre. Il mit de plus en plus d'ardeur dans sa fellation et s'efforça de prendre plus profondément le sexe de Draco à chaque va-et-vient. Il réussit à le faire entrer dans sa gorge mais il ne put aller plus loin. Il apprécia néanmoins se faire remplir de cette manière et fit buter le gland contre sa gorge aussi souvent qu'il le put. Il fut aidé dans cette manœuvre par Draco qui appuya sur sa tête et lui imposa peu à peu son propre rythme, ce qui ne dérangea pas du tout Harry. Certes, cela l'obligea à détendre sa gorge pour accueillir davantage le sexe de Draco, mais c'était ce qu'il avait tenté de faire sans avoir été capable de le faire tout seul. C'était comme si Draco avait su ses intentions. Et Harry avait toute confiance en lui : si c'était trop pour lui, il n'avait qu'à se dégager et Draco ne l'entraverait pas. Là, il menait juste la danse et Harry en était ravi. Durant toutes leurs relations précédentes, Draco avait toujours fait en sorte de le ménager, ce dont Harry ne lui avait jamais tenu rigueur. Mais en cette période où ses hormones étaient en feu, il était franchement soulagé que Draco ait décidé de se montrer un peu plus rude qu'à l'accoutumée. C'était exactement ce dont il avait besoin, et Draco avait dû le deviner et s'était adapté pour le satisfaire. Il n'hésita donc pas à accélérer progressivement la vitesse, tout en prenant bien soin à ne pas étouffer Harry. Même s'il avait les trois quarts du sexe de Draco dans la bouche, il n'avait pas tout, et le connaissant bien, Draco avait établi une limite qui lui convenait tout à fait. Il masturbait ce qu'il n'avait pas dans sa cavité buccale et il se régalait des gémissements de Draco. Mais évidemment, la prévenance de celui-ci finit par s'exprimer :
- Harry, si je ne m'arrête pas tout de suite, je ne suis pas sûr de pouvoir me retirer à temps…
Prévenance justifiée : Draco n'allait pas jouir dans la bouche de Harry sans son consentement… Il refusait systématiquement de le faire, considérant qu'il souillerait Harry, ce qui le rebutait. Mais là, Harry vit qu'il y avait une brèche, puisque Draco lui offrait le choix, et il s'y engouffra. Il intensifia de lui-même le rythme des va-et-vient, bien déterminé à goûter à la semence du garçon qu'il aimait. Et ce serait bien plus agréable pour Draco. Il avait été si parfait avec lui depuis qu'ils avaient initié les moments intimes, veillant sans cesse à son plaisir et à son bien-être, que Harry tenait à lui rendre tout cela. Il creusa les joues, enserrant le membre palpitant qu'il envoya le plus loin possible dans sa gorge, et il n'en fallut pas plus à Draco pour se libérer dans un long râle de jouissance. Son sperme envahit la bouche de Harry qui en avala autant qu'il put. Mais il y en avait trop et il dut en recracher en toussant, ce qui alarma Draco :
- Harry, ça va ?! Excuse-moi, je n'aurais pas…
- C'est moi qui l'ai voulu, Draco, et je ne regrette absolument pas. C'est juste que c'est dur de tout ingurgiter, même s'il n'y en a pas tant que ça ! Déjà qu'il me faut trente minutes le matin pour boire mon verre de jus de citrouille…
Draco secoua la tête.
- Pfff, t'es bête… En tout cas, merci, tu m'as apporté un plaisir incommensurable…
- Merci à toi de ne pas t'être bridé. Je sais que ce n'est pas facile pour toi…
- Oui, mais j'ai bien saisi que c'était ça que tu recherchais, et si je te frustrais là-dessus, ça allait être coton après pour te rassasier…
- Tu lis en moi comme dans un livre ouvert… C'est fou comme, en trois mois d'amitié, et en quatre mois de relation, tu m'as percé à jour à ce point…
- N'oublie pas que je suis tombé amoureux de toi avant que toi, tu ne réalises que tu étais amoureux de moi… Et, une fois qu'on était ensemble, pour ne pas te brusquer dans tout ce que je faisais, il n'y avait pas d'autre solution que de t'étudier soigneusement…
- Ah oui, des années d'études sont requises pour décoder Harry Potter, le spécimen humain le plus étrange de la Terre…
- Oui mais ces études ne sont réservées qu'à moi, décréta Draco. Et celles que j'ai menées jusque-là m'ont permis d'acquérir la technique pour soulager un Harry Potter qui sera bientôt de nouveau très excité…
Comme pour joindre le geste à la parole, Draco incita Harry à s'allonger, ce qu'il fit. Draco lui ôta son caleçon, révélant une érection bien moins conséquente que vingt minutes plus tôt. Mais Draco était là pour la revigorer ! Ses lèvres partirent à l'assaut du cou de Harry, une de ses mains explora son corps tout entier, et de son autre main, il empoigna son sexe et fit coulisser ses doigts le long de celui-ci. Harry eut rapidement très chaud, et son membre se réveilla petit à petit sous les attentions de Draco. Il n'y avait pas à dire : il était doué. Mais lorsque la main libre de Draco s'aventura entre ses fesses et vint titiller son anneau de chair, cela déclencha de tels frissons dans tout son être qu'il ne maîtrisa pas sa réaction. Il resserra ses jambes et cria :
- Draco, vire tes doigts de là !
Draco sursauta et obéit.
- Pardon, je croyais que c'était comme ça que…
- Oui, mais tu allais faire ça dans le but de me chauffer, et ça aurait un peu trop bien marché…
- Bon bah on va être raisonnables et on va passer aux choses sérieuses, alors… En plus, ton mini-toi a récupéré toute sa forme.
Draco attrapa sa baguette et s'enduisit les doigts de lubrifiant. Il en guida un vers l'anus de Harry et l'inséra tout doucement. Il fit quelques va-et-vient et Harry étant parfaitement relaxé, il introduisit un autre doigt. D'habitude, le tiraillement gênait Harry, mais là, il ne fit qu'augmenter son plaisir. Si bien qu'il envoya son bassin vers l'avant pour l'avoir au plus vite au fond de lui. Mais Draco ne fut pas de cet avis :
- Ne fais pas ça, tu vas te blesser, prévint Draco.
Harry grogna mais se résigna à écouter son chéri. Mais même quand il eut les deux doigts en entier en lui, ce ne fut pas assez. Il sut alors d'office qu'il en serait de même avec le troisième, et qu'il n'y avait qu'une chose qui allait être en mesure de le combler. Il y songeait déjà avant la fellation qu'il avait faite à Draco, sans être certain qu'il allait oser sauter le pas, mais maintenant, il n'avait plus de doutes : il était prêt à s'unir avec Draco. Et c'était ce que son corps réclamait, et ce, depuis peut-être plusieurs jours, mais il avait préféré ne pas se précipiter. Mais là, ça devenait presque urgent.
- Draco…
- Oui ?
- Tes doigts… ça ne va pas être suffisant.
Draco fronça les sourcils.
- Comment ça ?
Harry planta ses yeux dans ceux gris de Draco.
- C'est toi que je veux. Si tu es d'accord, je… j'aimerais que tu me fasses l'amour. Et avant que tu ne me le demandes, oui, j'en suis sûr. Je veux t'avoir en moi et ne faire plus qu'un avec toi. Je veux que tu m'inondes de ton amour, avec tes mots, tes baisers, tes caresses… et avec ton corps imbriqué dans le mien. Je te veux partout, sur moi et en moi. Ce ne sera probablement pas le meilleur de nos rapports, mais je veux vivre celui-là avec toi. Parce que je t'aime et que j'ai envie de toi.
Draco parut ému par ce speech improvisé de la part de Harry. Une infinie tendresse se lut dans ses prunelles grises.
- Moi aussi, je t'aime. Et si tel est ton souhait, alors je vais l'exaucer. Mais promets-moi de me dire stop si ça ne va pas.
Harry acquiesça. Draco sourit et fit bouger ses doigts qui n'avaient pas quitté le derrière de Harry. Il les fit aller et venir et les écarta l'un de l'autre. Puis il les incurva, touchant la prostate de Harry qui gémit bruyamment. Draco répéta son geste en sortant et en rengainant ses doigts, s'attirant cette fois un cri de Harry. Un autre doigt vint agacer son anus qu'il pénétra avec précaution. L'écartement se fit plus prononcé, provoquant à Harry une légère douleur qui fut loin de lui déplaire. L'annulaire de Draco rejoignit délicatement ses deux comparses, sans causer plus de mal à Harry. Draco les retira et les fit revenir avec force, percutant de plein fouet la prostate de Harry qui cria et rejeta la tête en arrière. Draco le dilata au maximum avec ses trois doigts, en s'amusant avec son point sensible, et il les enleva quand Harry fut proche de la jouissance. Harry ouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas avoir fermés et vit Draco tendre sa main vers sa baguette. Il nota également son érection.
- Tu t'es masturbé pendant que tu martyrisais ma prostate ?
- Non, mais tu m'as excité quand tu m'as fait ton petit discours, même si ce n'était pas le but. Et te voir te perdre dans le plaisir a eu de l'effet sur moi, et surtout sur lui…
- Je suis un aphrodisiaque à moi tout seul, plaisanta Harry.
- C'est ça, pouffa Draco.
Une question traversa soudain l'esprit de Harry.
- Est-ce que tu as insonorisé ? interrogea-t-il.
Draco pâlit.
- Euh… non, avoua-t-il. Bon bah je vais le faire tout de suite… De toute façon, il fallait que j'utilise ma baguette…
Draco se saisit de cette dernière et lança le sort d'insonorisation ainsi que le sort de lubrification et un autre sort que Harry reconnut comme étant le sort de protection. En assistant à tout cela, et plus particulièrement aux sorts qui visèrent le sexe de Draco, Harry réalisa pleinement ce qu'ils allaient faire. Ce n'étaient pas des doigts qui allaient le fouiller, mais quelque chose de beaucoup plus gros. La peur le gagna, mais il fit de son mieux pour l'ignorer. Il ouvrit les jambes, permettant à Draco de s'installer entre elles. Draco écarta doucement ses fesses, puis quelque chose de dur et de gros vint se présenter à son intimité. Merlin, s'il avait eu un peu mal avec trois doigts, qu'est-ce que ça allait être avec ça ?! Draco avait beau ne pas avoir un sexe de taille XXL, c'était tout de même bien plus large que trois malheureux petits doigts !
- Est-ce je peux y aller ? s'enquit Draco.
- Oui… vas-y.
Draco posa ses lèvres sur celles de Harry et poussa doucement. L'anus de Harry résista, en dépit de la préparation soignée et minutieuse, mais Draco ne relâcha pas son effort. La pression se fit de plus en plus forte, et si Harry la toléra au début, il grimaça lorsqu'elle devint désagréable. Mais pourquoi s'était-il fourré là-dedans ? Parce que tu en avais envie. Et il en avait encore envie. Mais lorsque le gland de Draco franchit enfin son anneau de chair, il fut tellement transpercé par la douleur qu'il eut pour réflexe de reculer son bassin. Mais il fut retenu par Draco qui lui bloqua les hanches. Une main lui caressa tendrement la joue.
- Calme-toi, ça va être pire si tu me fais sortir… Je ne vais pas plus loin pour l'instant, c'est promis, mais de ton côté, il faut que tu te détendes…
Harry entendait à peine Draco. Il était trop accaparé par les mauvais souvenirs qui avaient afflué à sa mémoire. Cette intrusion lui avait rappelé celle d'Adrian qui l'avait réveillé de sa léthargie, elle-même due au choc qu'il avait eu en découvrant qu'Adrian était sous l'emprise de la drogue. Il était bien conscient que là, c'était Draco, qu'il l'aimait, que ce rapport était consenti, et que c'était lui qui en était à l'origine, mais cela revenait au même : il avait mal. Bien sûr, il n'avait pas imaginé que ça irait comme sur des roulettes… Des séances de thérapie, une volonté de fer et un ardent désir de ne faire qu'un avec Draco ne suffisaient pas à effacer un tel traumatisme… Il avait accepté le fait qu'il n'aurait peut-être pas d'orgasme, qu'il n'aurait pas énormément de plaisir, et il savait désormais que ce serait bien le cas. Car il n'était plus autant excité qu'avant. Il voulait toujours de ce rapport, mais uniquement pour avoir la satisfaction, la joie de s'être uni avec Draco. Cela n'allait pas être simple pour lui, mais il se dit que ce serait mieux la fois d'après. S'il stoppait tout maintenant, ça allait être plus compliqué lors du prochain essai, car le blocage se serait accentué. Mieux valait le surmonter au plus vite. Il n'aurait pas une première fois idéale, mais il l'aurait faite avec celui qui faisait battre son coeur, dans l'amour et le respect, et c'était tout ce qui lui importait. Et de l'amour, il y en avait dans les orbes grises de Draco qui le fixaient comme s'il était le trésor le plus précieux au monde.
- Ça va ? s'inquiéta-t-il.
Harry sonda son corps. Ça tirait fortement au niveau de son anus, mais c'était plus gênant qu'autre chose.
- Oui, ça va mieux.
- On peut arrêter, tu sais, je peux faire en sorte que ça se ramollisse pour…
- Non, continue. Je te veux en moi, Draco. S'il te plaît…
Draco se plia aux ordres de Harry, s'empara de nouveau de ses lèvres et poursuivit sa progression. Harry croyait avoir tout le gland en lui, mais celui-ci le détrompa en entrant entièrement en lui. La douleur fut si intense qu'il en eut les larmes aux yeux. Draco s'interrompit et enveloppa de sa main le sexe de Harry afin de lui redonner de la vigueur. La douleur reflua et Harry signifia à Draco qu'il pouvait y aller. Draco recommença à s'enfoncer en lui, et si Harry avait cru que le passage du gland serait le plus difficile, il comprit qu'il avait eu tort en sentant le membre dur et gonflé de Draco lui brûler les entrailles au fur et à mesure qu'il l'envahissait. C'était un terrain vierge qu'il explorait, un terrain que les doigts de Draco n'avaient pas pu visiter, un terrain qui ne semblait pas approprié à un tel diamètre, si bien que Harry avait l'impression d'être déchiré de toute part. Draco était pourtant le plus doux possible, mais cela n'empêchait pas Harry d'avoir mal… Draco fit de multiples pauses et s'immobilisa lorsqu'il fut totalement en Harry. Celui-ci avait la sensation d'être écartelé, mais cette présence en lui voulait dire que Draco et lui étaient désormais unis. Ils l'avaient fait. Ils étaient liés, l'un à l'autre, par le sexe de Draco et l'endroit le plus intime du corps de Harry. L'émotion le gagna à cette pensée. Il avait Draco en lui. Draco était là où personne avant lui n'avait jamais été. Malgré la sourde douleur, Harry aima avoir Draco au fin fond de son être. Et il avait hâte de refaire l'amour avec Draco. Car il en était persuadé : il allait adorer les rapports suivants, car il serait plus détendu.
Draco le laissa s'habituer et ne bougea que lorsqu'il n'y eut plus la moindre crispation sur ses traits. Harry le sut à la façon dont Draco observait son visage. Et il ne s'en détacha pas quand il se retira et revint lentement, attentif à toute trace de souffrance lisible sur chacun de ses traits. Harry se mordit la lèvre pour ne pas gémir, ce que remarqua évidemment Draco. Il répéta l'opération plusieurs fois, mais Harry fut quasiment incapable de se décontracter. La douleur diminuait cependant un petit peu, mais pas assez pour que Draco puisse y aller plus rapidement… Il le ménageait vraiment, car il ne sortait qu'une partie de son sexe. Mais là, alors que Harry restait très crispé, Draco recula jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que le gland en lui. Harry s'apprêta à dire à Draco que c'était trop tôt, qu'il n'était pas prêt, mais Draco s'engagea d'un coup en lui, sans brusquerie, frappant directement sa prostate. Il avait changé d'angle et cela arracha à Harry son premier cri de plaisir. D'autres s'échappèrent de ses lèvres sous les va-et-vient identiques à celui effectué juste avant. Harry aurait pu retrouver une érection intéressante grâce à cette cadence, mais en percevant les tremblements de Draco, il devina qu'il se contenait et choisit de se sacrifier pour le bien de Draco. De toute manière, Harry aurait fini par se lasser. Il n'aurait pas pu jouir ainsi, et si Draco adoptait le rythme qui lui était nécessaire pour atteindre l'orgasme, cela allait être trop soutenu pour Harry pour qu'il puisse en avoir un également. C'était pour cela qu'il s'était fait à l'idée de ne pas en avoir, quoi que fasse son blond chéri.
- Draco, vas-y franco, lui intima Harry.
- Mais je vais te faire mal, tu vas être trop tendu…
- Je peux le supporter. Fais-moi confiance.
- Non, je t'aime trop pour te faire souffrir pour mon bien-être personnel… Ce serait du pur égoïsme. Ce n'est pas comme ça que j'ai envie de te faire l'amour.
- C'est juste pour cette fois, Draco, tu te rattraperas les fois d'après… C'est moi qui te le demande. Et même si ce n'est pas très confortable pour moi, je veux que tu me fasses sentir à quel point tu me désires, je veux que tu me transmettes tout ton amour… Et puis il faut bien que l'un de nous jouisse pour sauver un peu le truc !
Cette pointe d'humour venue de nulle part fit éclater de rire Draco. Lorsqu'il reposa son regard sur Harry, ce dernier y vit une telle quantité d'amour qu'il en fut ému.
- Qu'est-ce que je t'aime, Harry… Ne l'oublie surtout pas.
Harry sourit à Draco qui l'embrassa avec tendresse. Il fit coulisser son sexe presque complètement hors du corps de Harry et se rengaina avec bien plus de puissance. La douleur revint en force, mais elle fut légèrement atténuée par le plaisir que lui procura sa prostate. Son intimité n'était pas assez dilatée, et plus Draco allait vite, plus cela irritait son fondement qui était fragilisé par ce qu'il avait subi au début du rapport. Mais, dans le même temps, le membre de Draco frottait agréablement ses parois, et visait avec précision son point sensible. Les pénétrations de Draco se firent plus profondes et plus vigoureuses, soutirant à Harry des geignements de douleur dus à son anus qui chauffait, et de plaisir dus à sa prostate malmenée et à Draco qui le masturbait. Sans ralentir, Draco rompit le baiser qu'ils partageaient pour dévier sa bouche vers l'oreille de Harry.
- C'est si bon d'être en toi, Harry… Je te promets de te faire connaître le septième ciel la prochaine fois, je veux que tu y prennes autant de plaisir que moi… Je t'aime, Harry… Je t'aime tellement…
Harry ne put répondre car Draco se mit à aller et venir avec plus d'énergie, tout comme le faisaient ses doigts autour de son sexe. Il ne savait plus ce qui prédominait entre la douleur et le plaisir, et ce fut bien cela qui créa une confusion dans son esprit. Il voulait à la fois que ça s'arrête pour soulager la brûlure grandissante entre ses fesses, et que ça ne s'arrête pas pour que Draco puisse continuer à percuter sa prostate qui lui faisait voir des étoiles. Il sentait que Draco allait bientôt jouir, et cela se confirma dans la respiration haletante de Draco ainsi que dans ses coups de rein qui furent de moins en moins espacés et de plus en plus vifs. Le plaisir montait chez Harry, le gland de Draco heurtant régulièrement sa prostate, et sa main s'activant avec toujours plus de ferveur autour de son érection. Néanmoins, son anus, lui, criait grâce, mais Draco lui prodigua quelques fougueux coups de bassin et se libéra enfin dans un dernier balancement de hanches et dans un long râle d'extase. Il retomba sur Harry qui ne lui en tint pas rigueur, et le prit dans ses bras en allant et venant mollement en lui. Harry apprécia beaucoup cela. C'était doux, câlin et amoureux. Comme une façon de lui dire que ça n'avait pas été que du sexe, bien qu'il n'eût pas besoin de le préciser. Ils étaient en couple, et Draco le lui avait prouvé tout au long de leur union… Et il le lui prouva encore en attendant que son sexe soit revenu à des dimensions raisonnables pour se retirer, ce qu'il fit délicatement, scrutant le visage de Harry qui lui fit signe que tout allait bien. Bon, c'était faux, son fondement lui paraissait être en feu, mais c'était bien plus soutenable que lorsque Draco s'agitait en lui. Mais il fut trahi par le gland de Draco qui, en s'aventurant hors de son corps, le fit geindre de douleur.
- Excuse-moi, chuchota Draco.
- Ce n'est pas de ta faute, indiqua Harry.
Draco lui offrit un petit bécot et se saisit de sa baguette. Il la dirigea vers eux, sûrement dans le but de les nettoyer, mais il suspendit son geste lorsque ses yeux rencontrèrent le sexe dressé de Harry.
- Oh mais c'est qu'il y a du travail à faire…
- Non mais Draco, je peux m'en occuper tout seul, tu viens tout juste de…
- Oui, mais pas toi. Et ne t'en fais pas, j'ai bien profité de mon orgasme. Mais à présent, c'est à toi d'en avoir un, et si tu es d'accord, je voudrais te faire la même chose que ce que tu m'as fait tout à l'heure…
Harry se troubla. Draco lui avait déjà proposé cela, mais Harry avait à chaque fois refusé, étant peu fan de recevoir des fellations depuis la nuit où Adrian lui en avait fait à outrance pour le maintenir éveillé et enchaîner les rapports, les derniers s'étant résumés à des mouvements de frictions générés en majorité par Adrian, Harry n'étant plus en mesure de faire quoi que ce soit… Mais là, ce n'était pas Adrian. C'était Draco. S'il avait pu passer outre le traumatisme de son viol pour s'unir à Draco, il était alors apte à faire de même pour cette pratique… Et puis, la première fois qu'Adrian lui avait fait cela, il avait tellement aimé qu'il avait côtoyé le Nirvana de très près… Et tout ce que lui avait fait Draco lui avait plu. Cet argument acheva de le décider :
- Mon corps est tout à toi, déclara-t-il avec humour.
- Tu ne vas pas être déçu, assura Draco.
Il alla se positionner au-dessus du sexe de Harry dont il lécha le gland.
- Aaaah, Draco…
Bon sang, il n'allait pas regretter pas d'avoir accepté, c'était une certitude… Après avoir fait toute la largeur du gland avec sa langue, Draco le lâcha quelques secondes pour prononcer la formule du sort de lubrification. Cela intrigua Harry, mais avant qu'il n'eût le temps de réagir, son gland fut de nouveau capturé entre les lèvres de Draco. Il fit gémir Harry en suçotant l'extrémité de son sexe, et il lui fit pousser une exclamation de surprise en entourant son sexe d'une main fraîche et glissante. Il la fit aller de haut en bas, puis il la remplaça en grande partie par sa bouche qui engloba les trois quarts de son membre. Harry émit un long gémissement en enfouissant ses mains dans les cheveux de Draco, non pas pour lui dicter un quelconque rythme, mais pour se raccrocher à quelque chose et ne pas se perdre dans la luxure. Il était sûr qu'il était impossible pour Draco de faire mieux que ça, mais il crut qu'il allait tout gâcher en faufilant des doigts humides entre ses fesses.
- Non, Draco, pas ça, tu vas… aaaah Draco !
Un doigt était entré en lui et se frottait contre ses terminaisons nerveuses hyper sensibles. Même son anus, qui avait bien souffert, ne broncha pas, bien au contraire. Lui aussi était très réceptif, tant et si bien qu'il palpitait autour du doigt de Draco. Celui-ci fit un lent va-et-vient, et fit de même avec sa bouche, ce qui procura mille sensations à Harry. Le doigt sortit et revint en lui à plusieurs reprises, ce qui lui faisait autant de bien que ça le frustrait.
- Draco, plus, je t'en prie…
Draco augmenta la cadence, satisfaisant davantage Harry, mais ce n'était pas assez.
- Draco, un autre…
Son vœu fut exaucé, un second doigt venant se presser contre son anneau de chair. Draco l'inséra en douceur, et bien que ce fut légèrement douloureux, l'étirement fit gémir Harry de plaisir. Il avait les mêmes réactions qu'avant leur rapport. Pour un peu, il aurait souhaité réitérer l'expérience, mais il n'était clairement pas prêt pour cela. Il allait devoir se contenter des doigts de Draco. Les deux qu'il avait en lui bougèrent, quittant son intimité et la réinvestissant, et massant ses parois internes de la plus délicieuse des manières. Avoir des intrus en lui sans que cela ne lui fasse mal était si bon qu'il en oublia un élément dont Draco ne tarda pas à lui rappeler l'existence en enfonçant d'un coup ses deux doigts, tout en prenant quelques centimètres de son sexe en plus dans sa bouche. Harry hurla si fort en sentant les doigts heurter sa prostate, et son érection aller plus loin dans la cavité buccale de Draco qu'il faillit se casser lui-même ses propres tympans. Il doutait avoir eu un jour un tel plaisir. C'était indescriptible. Draco répéta son geste et accentua la cadence de ses coups de poignet. Harry haleta, se rapprochant dangereusement de l'orgasme. Car là, oui, il allait en avoir un, c'était obligé. Mais il n'était plus trop en état de penser. Draco se mettait à le pilonner littéralement avec ses doigts tandis que sa bouche montait et descendait de plus en plus énergiquement le long de son sexe. Harry se cramponna aux mèches de Draco en gémissant et en criant le prénom de son petit-ami, ce qui ne fit qu'encourager Draco à y aller avec plus d'ardeur, pour le plus grand bonheur de Harry. Son anus allait sérieusement protester le lendemain, mais pour l'instant, il n'en avait cure, trop emporté dans son plaisir pour réfléchir aux conséquences des assauts de Draco. Ce dernier ne cessa d'intensifier le rythme de sa fellation ainsi que des va-et-vient de ses doigts à l'intérieur de Harry, et ce fut après un coup particulièrement violent porté à sa prostate que Harry jouit dans un ultime cri d'extase. Son anus se resserra spasmodiquement autour des doigts de Draco sans que Harry ne puisse y faire quoi que ce soit. Il ne maîtrisait plus son corps, complètement sonné par son orgasme, dont la puissance était si inédite qu'un «bordel de merde» lui échappa. Une telle vulgarité était inhabituelle de sa part, lui qui était relativement poli d'ordinaire, sauf quand il était très en colère, quand il n'était pas très sobre, ou quand il était dans sa crise d'adolescence…
Quand il récupéra ses esprits au bout d'un long moment, il constata que Draco l'avait nettoyé. Il le contemplait actuellement avec un air plein d'amour qui fit fondre Harry. Il voulut se redresser pour l'embrasser, mais la vive douleur qui lui vrilla le bas du dos l'en dissuada. Tant qu'il était allongé, il n'avait pas conscience d'avoir les reins en compote, mais là, il comprit que durant les jours à venir, il allait avoir beaucoup de mal à s'asseoir et à marcher… Il tourna la tête et croisa le regard rempli de culpabilité de Draco. Celui-ci ouvrit la bouche, mais Harry le fit taire en collant un doigt contre ses lèvres :
- Non, je ne veux surtout pas que tu t'excuses. C'était ma première fois, Draco. C'est très rare qu'il n'y ait pas de désagréments après l'acte…
- Mais c'était trop laborieux dès le début, on aurait dû arrêter et réessayer plus tard…
- C'est moi qui t'ai presque supplié d'y aller quand-même, et je ne regrette absolument pas. Ça n'a pas été facile, j'ai eu mal, mais je m'y étais préparé, et je ne suis donc pas déçu. Et puis, la douleur ne m'empêchait pas d'avoir du plaisir. C'est juste qu'elle était trop forte, et c'est ça qui a fait que je n'ai pas pu avoir d'orgasme à l'issue du rapport. Mais j'en ai eu un après et c'est le plus intense que j'ai eu jusque-là, et c'est grâce à toi.
Draco esquissa un petit sourire, mais Harry vit bien qu'il n'était pas tout à fait convaincu. Bien sûr, il était forcément content d'avoir emmené Harry très haut dans les sphères de la luxure, mais il avait en travers de la gorge le fait de ne pas avoir réussi à le faire jouir quand il était en lui… Pour lui, ce rapport était probablement un échec, ce qui n'était pas du tout la vision des choses de Harry. Mais il n'avait pas le courage de parlementer à ce sujet avec Draco. Il était bien plus serein qu'il ne l'était depuis une dizaine de jours, c'était un réel soulagement pour lui, et c'était sur cela qu'il désirait se concentrer. Il avait enfin une explication à sa libido exacerbée qui l'avait rendu difficile à combler : c'était tout simplement son envie refoulée de faire l'amour avec Draco. Cela faisait au moins deux semaines que ça le titillait, mais comme il n'était pas prêt, il avait dû faire comme si de rien n'était. Maintenant que c'était fait, ça allait se calmer. Bon, ça aurait été mieux si sa première fois avait eu lieu avant les BUSE, il aurait été moins sur les nerfs, mais cela n'avait pas eu trop d'impacts sur ses examens. Il n'en avait plus qu'un, d'ailleurs, et…
- Oh non ! s'écria-t-il brusquement, brisant le silence qui s'était installé.
- Quoi ?! s'alarma Draco.
- J'ai mon examen pratique de sortilèges après-demain, avec Sirius ! Comment je vais faire ?
- Tu veux dire…
- Pour mon dos et mes fesses, oui.
Draco fit une moue qui n'augura rien de bon pour Harry.
- Même avec une potion adaptée, la douleur n'aura pas disparu d'ici là…
- Super. Et moi qui avais envie de vite remettre ça, ironisa Harry.
- C'est vrai ?!
Harry roula des yeux. Draco leva les siens au ciel.
- Oh, ça va, c'est beau d'espérer…
- Non mais… pour être honnête, quand tu as ajouté ton second doigt, après le rapport, je n'étais pas loin de te demander de me refaire l'amour…
- Je n'aurais pas accédé à ta requête, affirma Draco. L'endroit est trop fragile.
- Oui, et déjà que j'ai mal, alors si on l'avait refait, je n'ose même pas imaginer ce que ce serait…
- J'irai chercher des potions demain matin, à l'infirmerie. Ça va t'apaiser un peu et te permettre de te déplacer.
- Oh, c'est gentil…
- Je peux au moins faire ça…
- Draco…
- Quoi ? Moi, je vais bien, autant que je mette à profit ma bonne condition physique ! Et tu sais bien que je m'en veux, ce sera l'occasion de me racheter…
- Moi, je ne t'en veux pas, mais à ta place, je serais certainement comme toi. Si ça te fait du bien de participer à ce que j'aille mieux, fais-le, tu me seras d'une très grande aide.
- Je ferai ça pour toi, dans ce cas.
Draco attira Harry à lui et déposa un baiser dans ses cheveux.
- Je t'aime, dit-il tendrement.
- Je t'aime aussi, murmura Harry en se blottissant contre lui.
Draco le serra dans ses bras et rabattit la couverture sur eux. Harry exhala un soupir de bien-être. Il était heureux. Il avait le meilleur petit-ami de la Terre, et il remerciait Merlin de l'avoir fait tomber amoureux de lui…
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(dimanche 23/06) POV Draco
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Il était quatre heures lorsque Draco se réveilla. C'était très tôt, pour un dimanche, mais cela n'avait rien d'étonnant : Harry et lui s'étaient endormis à dix-huit heures, la veille, après leurs ébats. Draco avait dormi dix heures, ce qui était beaucoup par rapport à son rythme de sommeil habituel. Il avait eu son quota et sut vite qu'il n'allait pas se rendormir. Il n'était plus fatigué. Et ce n'était pas plus mal car ainsi, il allait profiter d'avoir Harry dans ses bras. Mais celui-ci ne tarda pas à bouger contre lui. Draco baissa la tête et fondit en voyant les tout petits yeux de Harry malgré l'obscurité. Il était si mignon… Ce qui fut moins mignon, ce fut la grimace qu'il fit quand il s'étira.
- Ouch… J'avais oublié que c'était sensible. J'aurais dû rester avec Morphée, je n'avais pas mal, au moins, quand je dormais…
- Tu as le temps d'aller le rejoindre, informa Draco.
- Non, j'ai assez dormi, déclara Harry. Et puis j'ai faim.
- Ah, désolé, mais il est légèrement trop tôt pour aller déjeuner, s'amusa Draco. Et tu risques d'avoir du mal à faire ne serait-ce que quelques pas… Il vaut mieux que j'aille te chercher des potions.
- Mais il ne fait même pas jour… Il est quelle heure, au fait ?
- Un peu plus de quatre heures.
- Quoi ?! Il est si tôt que ça ?!
- Oui mais en même temps, il n'était que dix-huit heures quand on a commencé notre nuit, souligna Draco. En vrai, c'était l'heure d'aller dîner, mais d'une, tu n'étais absolument pas en état d'y aller, et de deux, on était trop épuisés.
- Pas faux, renchérit Harry. Mais ça va être long, jusqu'à sept heures…
- Je ramènerai à manger en plus des potions, promit Draco. Comme ça, on se fera un petit-déjeuner en amoureux.
- Ça me plaît bien, comme programme !
- Du coup, que veux-tu comme plateau ?
- Mmmh… Du jus de citrouille, des céréales, des petits pains, des toasts avec de la confiture, et des œufs au bacon.
- Ah ouais, t'as une faim de loup…
- Bah c'est ça de faire de l'exercice… C'est une chance qu'il n'y ait plus de Quidditch, d'ailleurs.
- Ouais, ça aurait été un poil embarrassant… Bon, j'y vais. À tout à l'heure.
- Attends, prends ma cape d'invisibilité. Ça te sera utile pour aller aux cuisines.
- Oh, pas bête… Merci.
Draco embrassa Harry, se rhabilla, récupéra la cape dans la robe de sorcier de son petit-ami et quitta le dortoir. Il descendit à la salle commune, sortit et se rendit à l'infirmerie située au premier étage. Heureusement, les élèves étaient autorisés à être dans les couloirs du château en pleine nuit si c'était pour aller se faire soigner ou pour aller aux appartements de leur directeur ou directrice de maison s'il y avait un grave problème.
Quand Draco entra dans l'infirmerie, Severus et Mrs Pomfrey étaient penchés sur un parchemin où figuraient sûrement toute une liste de potions. Bizarrement, la pièce était plutôt animée pour l'heure qu'il était. Il y avait du bruit dans pas mal de boxes, et la présence même de Severus prouvait qu'il y avait du monde.
- M. Malfoy, que puis-je pour vous ? s'enquit la gérante des lieux.
Draco fut rassuré d'être accueilli par Mrs Pomfrey, et non pas par Severus. Cela aurait été bien trop gênant.
- Euh… il me faudrait des potions anti-douleurs, s'il vous plaît.
- C'est pour vous ?
- Non, pour mon petit-ami.
- Oh, est-il trop malade pour venir jusqu'ici, ou ne peut-il pas marcher ?
- C'est la seconde option.
- Où a-t-il mal exactement ? Au dos, à la hanche, à la cuisse, au genou, au mollet, à la cheville ? Ce n'est pas pour vous embêter si je vous pose toutes ces questions, c'est parce qu'il existe des potions spécifiques à chaque type de douleur, et c'est aussi pour savoir s'il doit être transporté à l'infirmerie selon la gravité de la situation, ou si je dois vous donner une pommade ou d'autres potions. Mais en tant que futur potionniste, vous devez être au courant de tout cela.
- Oui, en effet. Et pour être plus concis, Harry a mal au dos.
- A-t-il fait un faux mouvement ? A-t-il porté un poids trop lourd ? Ou s'est-il cogné ?
Draco était de plus en plus mal à l'aise. Comment était-il censé avouer à Mrs Pomfrey que c'était la perte de la virginité de Harry qui était à l'origine de ses souffrances, avec Severus à quelques mètres de lui ?! Avant qu'il n'ait pu prier Merlin de faire en sorte que Severus ait soudain une urgence, un élève déserta son box en criant :
- Je suis contraint de partir, Mme Pomfrey, une princesse moldue est enfermée en haut d'une Tour, il faut que j'aille la sauver !
Mme Pomfrey soupira. Elle ne paraissait pas du tout étonnée qu'un patient surgisse hors de son box pour aller accomplir un rôle totalement imaginaire…
- Il y a déjà quelqu'un sur le coup, M. Burdett, dit-elle sur le même ton qu'elle aurait employé pour s'adresser à un très jeune enfant. J'y vais, ajouta-t-elle à l'attention de Severus.
«Non» gémit Draco en son for intérieur. Severus se tourna vers lui.
- Viens, lui intima-t-il.
Résigné, Draco suivit son parrain qui le conduisit à un box.
- Je n'ai rien, hein, je vais bien, rappela-t-il.
- Peut-être, mais nous serons mieux ici pour discuter.
- J'aimerais beaucoup papoter avec toi, mais Harry a vite besoin de potions, esquiva Draco.
- Si c'est si pressé, pourquoi n'es-tu pas allé droit au but en disant à Mrs Pomfrey ce qu'a Harry ?
Et zut. Il était coincé.
- Ce n'est pas évident à dire, indiqua-t-il du bout des lèvres.
- Draco, je te l'ai répété des milliers de fois : il n'y a pas de tabous. Alors dis-moi tout.
N'ayant plus le choix, Draco se jeta à l'eau :
- Harry et moi avons eu notre premier rapport hier, et ce matin, le réveil a été douloureux pour lui.
- D'accord. Il fallait bien que ça arrive un jour, Draco, tu n'as pas à avoir honte…
- Si, murmura Draco. Tout ça, c'est de ma faute. J'ai été nul.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Il s'est tendu dès le début, mais il a voulu poursuivre, et je l'ai écouté. Mais je n'aurais pas dû ! Je ne suis pas idiot, même s'il ne me l'a pas dit, j'ai bien deviné que c'est son traumatisme qui a refait surface… Il a eu mal pendant tout le rapport, mais il refusait que j'arrête, et au lieu de tout stopper quand-même, j'ai obéi… Je rêvais de lui offrir une belle première fois, et je n'ai réussi qu'à le faire souffrir et lui faire revivre son viol…
- Draco, tu es en train de tout mélanger, intervint Severus d'une voix à la fois douce et ferme. Avant de rebondir sur chaque point, qu'est-ce que Harry a pensé de ce rapport ?
- Ben… que ça avait été difficile.
- C'est tout ?
- Non. Il m'a dit qu'il n'était pas déçu car il s'était préparé à ce que ce soit comme ça. Et que c'était sa première fois, que c'était normal qu'il n'ait pas eu d'orgasme et que c'était rare qu'il n'y ait pas de douleurs après l'acte…
- Eh bien ça, ce sont de sages paroles !
- C'était pour me rassurer…
- Pas que. C'était aussi et surtout du bon sens. Et n'oublie pas que vous étiez dans un contexte assez particulier. Il était fort possible que Harry se remémore son viol et que ça le crispe…
- Justement ! C'était peut-être trop tôt ! Si on l'avait fait plus tard, ça aurait été sûrement plus facile pour Harry !
- Non, peu importe quand vous l'auriez fait, ça aurait été la même chose. Il y avait un épisode bien précis du viol, à savoir la pénétration, qu'il allait être obligé de subir de nouveau lors de sa première fois, et qu'il redoutait par-dessus tout, car c'était ce qui lui avait fait le plus mal, même si M. Pucey n'était pas allé jusqu'au bout, et c'est pour ça qu'il s'est autant contracté. Que vous l'auriez fait il y a deux semaines ou dans un an, il aurait réagi de la même façon. Il fallait passer par-là et surmonter ce traumatisme pour que ça aille mieux la fois d'après. C'était une étape obligatoire, et Harry était bien conscient que ça risquait d'être dur, et il l'avait accepté. La deuxième fois ne sera peut-être pas synonyme d'extase non plus, mais plus vous le ferez, plus ce sera agréable pour lui. Et vous n'êtes pas à l'abri qu'en réalité, la deuxième fois soit génialissime. Ça dépendra de plein de facteurs. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Pour ce qui est des reproches que tu te fais, ils sont infondés. C'est toutefois logique que tu t'en veuilles, mais tu n'as rien fait de mal. Si Harry t'a enjoint à continuer, c'est qu'il était apte à le supporter.
- C'est ce qu'il m'a dit… Mais c'était pour que moi, je puisse… euh… enfin tu vois. Mais ce n'est pas ça, faire l'amour, pour moi…
- C'était juste pour cette fois, Draco. Admets que c'était compliqué de faire autrement…
- Mais c'est dingue, tu reprends les mêmes mots que Harry !
- C'est que nous avons raison, alors, se vanta Severus avec humour. Non mais, plus sérieusement, si vous aviez laissé tomber…
- Ça aurait été plus dur la fois suivante, oui, c'était la crainte et l'argument de Harry…
- Et pourquoi ça aurait été plus dur ?
- Parce que l'étape qui lui faisait peur n'aurait pas été franchie. Et ça aurait encore plus renforcé son blocage.
- C'est ça. Conclusion ?
- On a bien fait de le faire, car Harry en avait envie, il était prêt, et vu que la douleur était inévitable, ça ne servait à rien de se dérober.
- Parfait, approuva Severus. Et j'imagine que tu as fait ce qu'il fallait pour rendre cela plus plaisant pour Harry ?
- Oui, même s'il avait mal, j'arrivais à lui procurer du plaisir… Et je me suis rattrapé après.
- Tu n'as donc définitivement pas à te flageller. Harry a de la chance d'avoir eu un petit-ami aussi doux, attentionné et aimant pour sa première fois.
Draco fut touché par les mots de Severus. Il se surprit même à le croire. Après tout, il n'y avait rien de faux là-dedans. Ces trois qualités étaient bien celles dont il avait fait preuve…
- En réalité, tu sais que tu n'aurais pas pu faire mieux. C'est la déception qui te rend critique envers toi-même.
- Oui, et elle n'est pas du tout bonne conseillère…
- Ça, tu l'as dit ! Bon, je vais te fournir le nécessaire pour soulager Harry. Des potions anti-douleurs à effets relaxants feront largement l'affaire. Et il y aura un baume à usage interne à appliquer. Si ça ne te dérange pas, n'hésite pas à lui proposer de le lui administrer toi-même. Cela vous permettra de partager un petit moment d'intimité, ce qui est très important après une première fois comme celle que vous avez eue, et ça dissipera la gêne qu'il peut y avoir et qui aurait pu complexifier les choses lors du prochain rapport. Et puis ce sera bien plus pratique pour lui, car ce n'est pas tâche aisée de le faire soi-même…
- Très bien, je verrai ça avec lui. Et… euh… est-ce que dans un peu plus de vingt-quatre heures, il y a moyen qu'il soit capable de marcher à peu près normalement ? Car il a son examen de sortilèges lundi à treize heures trente et ça l'arrangerait d'être remis d'ici là…
- Il ne faut pas avoir trop d'illusions, mais ça ira un peu mieux. Il aurait peut-être fallu ne pas faire ça deux jours avant un examen que Harry aura avec nul autre que son parrain…
- Oui bah il y a des choses qui ne se contrôlent pas, bougonna Draco avec mauvaise foi. On n'a pas été très malins, et si c'était à refaire, on y réfléchirait à deux fois…
- Je plaisantais, Draco. Mais si Harry subit un interrogatoire de la part de Sirius au sujet de sa drôle de démarche, rien ne l'empêche de dire qu'il s'est fait mal hier soir, qu'il n'y a rien de grave et qu'il est sous potions. Ce ne sera même pas un mensonge, juste la vérité, mais sans les détails.
- J'en ferai part à Harry. Merci, Severus. Et désolé d'être venu à une heure si matinale…
- Tu n'avais pas trop le choix, si Harry était réveillé… Et tu auras remarqué que l'infirmerie est un chouïa remplie. Ce n'est pas toi qui nous files le plus de travail…
- Oui, et qu'est-ce qu'ils ont tous à être agités ? Outre celui qui a fait son cirque tout à l'heure, il y avait du bruit un peu partout…
Severus ouvrit un placard où il prit des potions et un baume qu'il rangea dans un sac et qu'il donna à Draco :
- Il y a eu une fête, vendredi soir, et il y a eu pas mal de potions droguées qui ont circulé, dont une à base de philtre de confusion, de potion fortifiante et d'élixir d'euphorie. Il y a une variante où il y a en plus de cela de la solution de force. M. Burdett a consommé le premier type de potions, mais très fortement dosées en philtre de confusion, ce qui explique son comportement…
- Impétueux et téméraire, compléta Draco. Mais ils sont en avance pour fêter la fin des examens…
- Oui, ils ont tous des examens lundi et mardi, mais ils étaient visiblement impatients de se faire une bonne grosse soirée…
- Eh bah merci le résultat… Ça va le faire, pour leurs examens ?
- Ça m'étonnerait qu'ils aient suffisamment retrouvé leurs esprits pour la plupart… S'ils y vont, ils seront juste bons à dire et faire des bêtises dont ils auront honte plus tard… Bref, ils ont leur ticket pour la seconde session. Tout ce que j'ose espérer, c'est que tout cela n'a pas entraîné des rapports à risques dans les dortoirs… Déjà qu'il va y avoir une grossesse à gérer après les vacances, ce serait bien qu'il n'y en ait pas d'autres… Au fait, même si ça ne vous concerne pas, est-ce que vous vous êtes protégés avec le sort de protection ?
- Oui, je l'ai lancé en même temps que les autres. C'est par pure précaution, car je n'ai eu que deux histoires et à chaque fois que j'ai eu une relation, il y a eu le sort de protection. Et pareil pour Harry, lors de la seule pratique potentiellement dangereuse qu'il a eue plusieurs fois avec Pucey. Mais bon, il n'y a pas que par les rapports sexuels qu'on peut choper des maladies, donc il faut être prudent.
- Tout à fait. Bon, vas-y, sinon Harry va finir par débarquer en dépit de ses courbatures…
Draco acquiesça et quitta l'infirmerie. Il redescendit au rez-de-chaussée et alla aux cuisines. Il avait pour plan de se servir, tout simplement, étant persuadé que les elfes n'étaient pas encore au travail. Aussi fut-il effaré de constater que c'était le cas en entrant dans leur repère. Mais bon, il fallait bien préparer le petit-déjeuner pour les lève-tôt… Draco songea à appeler Dobby, mais il ne le fit pas, ne sachant pas si c'était une bonne idée.
- Est-ce que Dobby peut aller voir qui c'est ?
- Dobby est aux fourneaux !
- Et si c'est son grand ami ?
- Dobby n'est plus aux fourneaux !
Draco ne put réprimer un sourire tandis que l'elfe venait vers lui. Il n'avait même pas eu besoin de se décider ! Mais lorsqu'il le vit, Dobby s'arrêta net dans sa course. Il recula même de quelques pas. Cela peina Draco. Il ne lui avait jamais fait de mal, lui… Et cela, en grande partie grâce à Théo qui, fan des animaux et des créatures qu'il était, lui avait fait comprendre la condition des elfes et le fait qu'ils ne méritaient pas les traitements qui leur étaient infligés. Draco n'aurait pas pu regarder Théo dans les yeux à la rentrée s'il avait maltraité son elfe pendant les vacances… Dobby dut se rappeler l'attitude que Draco avait toujours eue envers lui, car il se détendit et s'approcha.
- Dobby ne pensait pas voir son ancien jeune maître ici… En quoi Dobby peut-il lui être utile ?
- Eh bien, en me faisant un petit-déjeuner avec un bol de porridge, des corn-flakes, des petits pains, des œufs au bacon, des toasts, de la confiture à la fraise et aux myrtilles, du jus d'orange et du jus de citrouille.
- Dobby vous fait cela tout de suite !
Dobby s'éclipsa et revint au bout de dix minutes avec tout ce qui avait été commandé par Draco qui le remercia. Il s'en alla, regagna sa salle commune, monta à son dortoir et rejoignit Harry dans son espace. Il déposa le plateau sur le lit, le sac contenant les potions et le baume sur la table de nuit, et la cape – dont il n'avait pas eu à se cacher dessous – sur la robe de sorcier de Harry. Puis il s'assit à côté de lui.
- J'ai tout ce qu'il faut pour te faire péter la forme !
Harry arbora un air gentiment moqueur.
- Ce n'est pas un vocabulaire très aristocratique, ça…
- Oh, un petit écart de temps en temps, ça ne fait pas de mal… Bon, j'ai des potions anti-douleurs et un baume à usage interne pour toi.
Harry grimaça.
- Tu as eu affaire à qui ?
- À Mrs Pomfrey, puis à Severus quand Mrs Pomfrey a dû raccompagner un patient à son box.
- Mmmh, il aura réussi à me le refourguer, son satané baume…
Draco haussa les sourcils.
- Euh… qu'est-ce que tu as contre ce malheureux produit qui ne t'a rien fait ?
- Au tout début de ma convalescence, il a insisté pour me soigner avec un baume, mais j'étais trop traumatisé pour envisager de recevoir le moindre truc en moi.
- Mais c'était pour ton bien…
- Oui, mais mentalement, c'était hors de question.
- Je comprends. Et là ? Qu'est-ce qu'il en est ?
- Là, c'est différent. J'ai eu un gros machin en moi, ce ne sont pas quelques doigts avec de la crème dessus qui vont me faire peur…
- Euh… tu n'exagères pas un peu ?
- Comparé à deux ou trois doigts, ton mini-toi, c'est un gros machin, soutint Harry.
- Il n'est pas gros, il est de taille standard ! se défendit Draco.
Harry et lui se fixèrent pendant quelques secondes avant d'éclater de rire, comme ils l'avaient fait la veille, lorsqu'ils étaient encore à moitié vêtus.
- Bon, mis à part ça, d'après Severus, ce serait mieux si c'était moi qui faisais les soins. Est-ce que ça t'irait ?
L'hésitation se lut sur les traits de Harry.
- Je ne ferais que te soigner, promit Draco. Je ne sauterai pas sur l'occasion pour aller plus loin.
- Je me doute bien, j'ai confiance en toi, mais…
- La peur est naturelle, termina Draco. Mais tu n'as rien à craindre. Il n'y aura que mes doigts en toi.
- Dans ce cas, je suis d'accord.
- Est-ce que tu préfères qu'on fasse ça là, ou qu'on s'empiffre d'abord ?
- Non, on expédie ça et ensuite on fait honneur au merveilleux petit-déjeuner qui nous a été offert.
- Très bien. Mais par contre, on ne va pas «expédier» ça…
- C'est une façon de parler, c'est pour dire que comme ça, ce sera fait.
- Tu sembles considérer ça comme une épreuve, mais je vais tout faire pour que tu apprécies. On y va ?
Harry hocha la tête. Ce qui était bien, c'était qu'il ne s'était pas rhabillé entre-temps et qu'il n'avait donc pas à ôter tous ses vêtements. Draco s'installa entre ses jambes ouvertes, s'enduisit les doigts de baume et les dirigea vers l'anneau de chair qui était un peu irrité. Il fit pénétrer lentement un de ses doigts et caressa le ventre de Harry lorsqu'il se crispa. Mais il se relaxa vite et soupira de bien-être. Draco massa bien les parois et incurva son doigt dans tous les sens pour exploiter au maximum l'endroit. Mais ce faisant, il frôla la prostate de Harry qui sursauta en criant.
- Draco, je ne suis pas chaud pour avoir un orgasme à cinq heures du matin, je veux juste que tu me soignes…
- Pardon, c'était involontaire. Je vais faire attention.
Draco retira son doigt et le rengaina doucement en prenant bien garde à éviter la glande sensible de Harry. Il fit de longs mouvements avec son doigt pendant plusieurs minutes en le ressortant parfois pour étaler du baume sur l'anus de son petit-ami et faire des cercles dessus afin de l'apaiser, puis il ajouta son majeur. Couplé à l'index, il avait pour but d'occuper le plus possible l'intimité de Harry pour couvrir de baume toutes les zones douloureuses. Il usa de toute sa délicatesse pour ne pas faire de mal au fondement de Harry, mais celui-ci avait l'air d'aller mieux. Harry ne grimaçait pas quand les doigts coulissaient en lui et hors de lui, créant des frictions qui étaient susceptibles de contrarier son anus. Draco alterna entre caresses prodiguées à ce dernier et va-et-vient à l'intérieur de Harry. Il tapissa de baume tout ce qui était à portée de ses doigts. Il ignorait de quelle couleur était le rectum à la base, mais celui de Harry devait être tout blanc ! Lorsqu'il enleva ses doigts pour de bon, Harry était complètement détendu. Draco jeta un sort de nettoyage sur ses doigts et entreprit de revêtir son petit-ami en lui mettant ses chaussettes.
- Je peux le faire, protesta mollement Harry.
- Il ne faut pas trop que tu te baisses. Et puis ça me fait plaisir de t'aider.
- Bon, je ne vais pas te priver de ce plaisir, alors… Mais je tiens à faire ce que je suis en mesure de faire tout seul.
- Oui, pour ce qui est du haut, ça ira…
Draco s'empara du caleçon de Harry et le lui mit. Puis il fit de même avec son pantalon. Ce fut tout ce qu'il était autorisé à faire. Le reste était faisable pour Harry.
- Allez, maintenant, on mange ! s'exclama-t-il après s'être rhabillé.
Draco ne se le fit pas dire deux fois et cala le plateau entre eux. Ils attaquèrent la nourriture et ce fut de bon appétit qu'ils dévorèrent ce que leur avait préparé Dobby. Ils n'auraient même pas à aller à la Grande Salle pour prendre leur petit-déjeuner, plus tard dans la matinée… Ils n'iraient que dans sept heures environ pour le repas du midi. Cela leur faisait ainsi plus de temps à passer ensemble, et ils avaient bien l'intention d'en profiter, à grands coups de bisous, de câlins et de mots doux…
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(lundi 24/06) POV Sirius
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- Tu as qui, toi, aujourd'hui ?
Remus leva les yeux de la Gazette.
- J'ai les quatrième année toute la matinée, les septième année de treize heures à quatorze heures et les cinquième année de quinze heures à dix-sept heures.
- Si tu as deux heures avec les cinquième année, c'est que tu as douze élèves ?
- Oui.
- Et du coup…
- J'ai Harry, oui.
- Je l'ai aussi, cet après-midi. Juste avant toi, car j'ai les cinquième année de treize heures à quinze heures.
Remus fixa attentivement Sirius.
- Pas trop stressé ?
- Si, mais bon, je ne vais pas me défiler et supplier Filius de me remplacer quand ce sera le tour de Harry…
- Ce ne serait pas ton genre, toi tu braves les difficultés… Ce qui fait de toi un bon Gryffondor. Bon, sinon, à part les cinquième année en début d'après-midi, qui as-tu comme classes ?
- Douze autres élèves de cinquième année, de neuf heures à onze heures. Ils sont séparés des autres par l'heure du déjeuner, en fait. Et de quinze heures à seize heures, j'ai les quatre élèves de septième année qui ont été décalés car ils étaient initialement prévus sur le créneau de vendredi, mais c'était sur la même plage horaire que leur examen de soins aux créatures magiques. Mais ça va, sur vingt-quatre élèves, c'étaient les seuls qui avaient ce problème.
- Oui, quatre élèves, c'est facile à caser dans un créneau d'une heure… Bon, ce n'est pas tout, mais je vais y aller. J'ai mon premier élève dans trente minutes et il y a la salle à préparer.
Remus se leva, embrassa Sirius et s'en alla après lui avoir souhaité bon courage pour ses examens. Sirius termina de manger et profita de l'heure qu'il avait devant lui en lisant la Gazette et en faisant un brin de ménage. Bref, il fit tout pour se relaxer, car la journée n'allait pas être simple pour lui. Il y avait plus de stress à évaluer la pratique des cinquième et des septième année que celle des autres classes, ces examens étant très importants pour l'avenir des jeunes sorciers…
Tout comme Remus, il se rendit à sa salle de classe une demie-heure en avance afin de l'aménager. Une fois arrivé, il fit en sorte qu'il y ait un maximum d'espace en empilant les chaises et en mettant les tables de côté, il étala sur l'une d'entre elles tous les objets qui allaient être nécessaires durant la matinée, et il vérifia que le mannequin était bien opérationnel. Cela avait été une véritable aubaine de l'avoir tout au long de l'année. Il avait tout d'une vraie personne, à la différence près qu'il était constitué de fausse chair, de faux sang et de faux os, bien que tous ces éléments fussent réalistes. Il avait été conditionné par de grands experts pour réagir à tous les sorts utilisables sur les humains, ce qui avait permis à Sirius d'apprendre à ses élèves des sorts qui étaient interdits en cours auparavant, tels que le maléfice du croche-pied – une mauvaise réception et le cobaye était bon pour un poignet cassé ou, pire, un traumatisme crânien s'il se cognait contre une table – ou le sortilège de lévitation humaine qui avait pour formule Mobilicorpus.
Après avoir tout arrangé, Sirius accueillit son premier élève : Justin Finch-Fletchley.
- Bonjour, Justin. As-tu eu ton examen pratique de métamorphose ou de Défense Contre les Forces du Mal ?
- J'ai eu l'un et l'autre.
- Donc je n'ai pas besoin de t'expliquer le topo, c'est le même que dans les deux autres matières. À moins que tu ne t'en souviennes pas ?
- Non, c'est bon, dit Justin en souriant.
- Je me disais, aussi, ce serait inquiétant, plaisanta Sirius. Bon, ton premier sort sera le sortilège de nettoyage sans savon.
Sirius avisa son encrier posé sur son bureau et le renversa. Justin visa la tâche qui s'était répandue sur le sol :
- Tergeo.
La tâche s'effaça.
- Merci, c'est plus propre ainsi. Ton deuxième exercice est le sortilège de babillage. On a un super mannequin mais comme il ne sait pas trop parler, je me dévoue pour être le cobaye pour ce sort. Je compte sur toi pour le faire cesser ensuite avec le sortilège de neutralisation… Allez, vas-y.
Justin pointa sa baguette sur Sirius :
- Effutire.
Sirius ouvrit la bouche et se mit à babiller. Justin le délivra du sort avec un Finite.
- Ah, ça fait du bien de s'exprimer normalement ! J'avais l'impression d'être un tout petit enfant… Pour ton troisième sort, tu vas user du sortilège de Découpe sur l'un des genoux du mannequin.
Justin braqua sa baguette sur le mannequin et cria :
- Diffindo !
Une entaille apparut sur le genou du mannequin.
- Le pauvre, commenta Justin.
- Je le soignerai après, va.
Ce fut sur ce peu de considération envers le mannequin que Sirius s'empara d'une balle en mousse.
- Tu vas la transformer en pierre.
Justin guida sa baguette vers la balle :
- Duro.
La matière de la balle se changea en pierre.
- Je n'aimerais pas trop la recevoir en pleine face… Pour le dernier exercice, je vais te jeter un sort et tu vas devoir te servir du charme de bouclier pour te défendre. Es-tu prêt ?
Justin acquiesça. Ils adoptèrent une posture de combat et Sirius apprécia la détermination lisible sur les traits de son élève. Il fit exprès de ne pas lancer le sort tout de suite afin de tester la réactivité de Justin. Au bout d'une minute, il se décida enfin à l'attaquer :
- Petrificus Tota…
- Protego !
Justin bloqua efficacement le sortilège de Sirius.
- Très belle parade, félicita-t-il Justin. Tu n'as pas baissé ta garde et c'est très bien. On va calmer les choses avec des questions. La première : quel est la formule du contre-sort du sortilège de lumière ?
- Nox.
- La formule Amplificatum appartient à un sort qui a trois appellations valables. Quelles sont-elles et quels sont les deux noms du contre-sort ainsi que sa formule ?
- Amplificatum est la formule du sort de gavage qui est également appelé sort d'engorgement et sort de… de… Mince, je n'ai plus l'autre… Bon, tant pis, ça ne me reviendra pas. Le contre-sort a pour formule Reducto et a pour nom le sortilège de ratatinage ou sortilège de réduction.
- Bien, merci, tu peux y aller.
Justin s'en alla et Anthony Goldstein entra dans la salle. Il ne fit aucune erreur, tout comme Daphné Greengrass qui lui succéda. Wayne Hopkins et Megan Jones eurent plus de mal, Sue Li fit un sans-faute, Neville Londubat obtint une bonne note malgré quelques accrocs et Isabel MacDougal eut la même note qu'Anthony, Daphné et Sue Li. Ce fut au tour de Draco qui était le neuvième élève de la matinée.
- Bonjour, Draco. Cinq sorts et deux questions, ça te va ?
- Euh… oui, mais je n'ai pas trop le choix, n'est-ce pas ?
- Ah, tu n'es pas si Serpentard que ça ! J'ai fait le coup à Megan Jones tout à l'heure, elle est tombée dans le piège et elle a essayé de négocier. Bon, pour commencer, tu vas allumer un feu de bois. Sans faire brûler la salle, hein, un petit feu de camp suffira…
Draco ne put réprimer un sourire. C'était plus fort que Sirius : il était obligé de faire de l'humour.
- Incendio.
Les brindilles que Sirius avait invoquées s'enflammèrent.
- Recule, Draco, conseilla-t-il.
Draco obéit et Sirius éteignit le brasier avec un puissant Aguamenti. Draco eut l'air admiratif.
- Vous n'y êtes pas allé un peu fort ?
- C'était pour être sûr de bien faire refroidir le bois.
- Mais on a vu ce sort en première année et on n'a jamais produit un tel jet d'eau…
- Cela s'acquiert avec l'expérience. Vous reverrez ce sort en sixième et septième année et à force de vous entraîner, vous aurez des sorts bien plus intenses. Maintenant, tu vas faire danser le mannequin avec le sortilège de danse endiablée.
Draco visa le mannequin :
- Tarentallegra !
Les jambes du mannequin remuèrent aussitôt avec frénésie.
- Finite, ordonna Sirius.
Le mannequin s'immobilisa. Sirius fit venir à lui une malle dont il déversa le contenu par terre.
- Oh, quel maladroit… J'avais oublié qu'elle était ouverte. Tu veux bien ranger toutes ces affaires, s'il te plaît ?
Draco tendit sa baguette vers les vêtements éparpillés sur le sol :
- Failamalle !
Pulls, chemises, pantalons, tee-shirts et chaussettes s'élevèrent et s'entassèrent elles-mêmes dans la valise.
- Ah, c'est mieux comme ça. Oh, non, mais c'est pas vrai ! se lamenta Sirius après avoir bousculé la corbeille qui contenait des boulettes de parchemins.
- Ce n'est pas votre jour, on dirait, fit remarquer Draco, jouant le jeu.
- Non, vivement que je regagne mes appartements ! Je vais manger et ça ira mieux.
- Oui, c'est bientôt l'heure de déjeuner, vu que le service débute à onze heures pendant les examens.
- Oui, mais avant ça, tu vas remédier à ce problème avec un sortilège de disparition.
Draco orienta sa baguette vers les boules de parchemins :
- Evanesco.
Le sol fut débarrassé de tous les morceaux de papier. Sirius attira à lui une poire.
- Pour finir, tu vas faire doubler de volume cette poire avec un sortilège de gavage.
Draco cibla la poire :
- Amplificatum.
La poire grossit jusqu'à ce que son diamètre soit deux fois plus large que son diamètre initial.
- Je t'aurais bien proposé de l'emmener avec toi, mais elle est périmée. La pratique est finie, on va passer à la théorie orale. Quelle est la formule de révélation d'écriture invisible ?
- Aparecium.
- Et pourquoi tes camarades et toi avez-vous appris le sortilège de duplication à la fois en sortilèges et en Défense Contre les Forces du Mal ?
- Parce qu'il peut être utilisé dans un but innocent comme dans un but frauduleux.
- C'est bon, tu es libre.
Draco quitta la salle et laissa sa place à Théo. Sirius fut tenté de lui mettre vingt d'office, mais il se retint. Ce ne serait pas très professionnel… Mais en effet, Théo réussit à la perfection son sortilège de chatouillis, son sortilège de maintien, son sortilège d'oblitération, son sortilège d'Impassibilité et son sortilège de libération. Même les questions, qui, pour Sirius, étaient les plus difficiles de la série des cinquième année, ne furent pas un souci pour lui :
- Quelle est la limite du charme de remplissage lorsque le récipient contenait déjà une substance ?
- Le récipient se remplira de la même substance, et pas d'une autre.
- Ce qui est parfois frustrant, hein ? Et quels sont les formules et les effets du maléfice de répulsion, du sortilège d'expulsion et du maléfice de détonation ?
- La formule du maléfice de répulsion est Lashlabask et permet de libérer d'une emprise, la formule du sortilège d'expulsion est Repulso et permet de repousser un objet, et le maléfice de détonation a pour formule Expulso et permet lui aussi de repousser un objet, mais en produisant une explosion.
Sirius hocha la tête et remercia Théo qui sortit. Rionach O'Neal fut la suivante, puis la session de la matinée se termina avec Pansy.
- Bonjour, Pansy. Comme tu dois t'en douter, le déroulement de l'examen sera le même que celui de métamorphose et de Défense Contre les Forces du Mal. Pas très original, mais bon, vous n'êtes pas dépaysés, au moins. Tu as pour premier sort le maléfice de Jambencoton, que tu vas effectuer sur le mannequin.
Pansy extirpa sa baguette de sa poche et la pointa sur le mannequin.
- Locomotor Wibbly !
Les jambes du mannequin s'effondrèrent.
- Je le relèverai plus tard, indiqua Sirius. Ton deuxième exercice sera de me désarmer. Tu aurais pu le faire avec le mannequin, mais pour un sort basique mais ô combien important comme celui-là, il vaut mieux que ce soit un vrai duel.
Sirius et Pansy s'éloignèrent l'un de l'autre et se positionnèrent de sorte à se faire face.
- Expelliarmus !
La baguette de Sirius lui sauta des mains. Il la ramassa et la cacha dans sa manche. Il rapprocha de Pansy la table où ne restait plus qu'un objet : une cape.
- Tu vas l'imperméabiliser.
Pansy fit la grimace. Ce sort était l'un des plus complexes du programme de troisième année. Mais il était très utile dans diverses situations. Pansy dirigea sa baguette vers la cape et tira un trait de la gauche vers la droite :
- Impervius.
Avant même que Pansy n'eût prononcé la formule, Sirius sut que ça n'allait pas fonctionner. Le trait aurait dû être oblique sur toute la longueur de la cape, et non vertical, pour englober toute la cape, et elle n'avait pas accentué la bonne syllabe, ayant insisté sur le «im» au lieu du «per». À l'aide d'un Aguamenti, Sirius inonda tout de même la cape qui, sans surprise, s'imbiba d'eau.
- C'est ma hantise, ce sort, grommela Pansy.
- Ce n'est rien, tu peux toujours avoir un Optimal avec les deux derniers sorts et les questions. Ton troisième sort est l'enchantement des Quatre-Points.
Pansy sembla soulagée. Elle mit sa baguette à plat sur sa main :
- Pointe au Nord.
La baguette pivota sur elle-même et montra où était le nord.
- Il n'y avait pas trop de risques que tu te perdes ici, mais le principal, c'est que tu maîtrises ce sort, où que ce soit, souligna Sirius. Tu vas boucler la pratique avec le sortilège de terrassement.
Sirius matérialisa un bloc de terre dur et compact. L'objectif était de le creuser afin de s'y frayer un chemin. La difficulté de ce sort résidait dans le fait qu'il fallait y mettre beaucoup d'énergie. Pansy recula et visa le bloc :
- DEFODIO !
De profondes entailles transpercèrent l'amas de terre. Au niveau de compétences de Sirius, un seul sort suffisait pour créer un tunnel, mais pour une élève de cinquième année, il était nécessaire de le répéter plusieurs fois. Mais pour une élève de son âge, Pansy avait obtenu un très beau résultat. Elle était naturellement douée pour les sorts qui exigeaient de la vigueur.
- Je vais désormais tester tes connaissances. Quelle est la formule du sortilège de rangement ?
- Failamalle.
- Et quelle est la différence entre le maléfice du saucisson et le sortilège de blocage ?
- Le maléfice du saucisson s'utilise sur les êtres humains tandis que le sortilège de blocage s'utilise sur les objets et certaines créatures. De plus, le maléfice du saucisson a un effet paralysant, comme s'il transformait la personne en pierre, alors que le sortilège de blocage a un effet moins violent.
Sirius acheva de noter Pansy et l'autorisa à partir. Ayant faim, il hésita à rejoindre ses appartements ou à aller dans la Grande Salle. Il opta pour la seconde option. Il y aurait des élèves lors du service de onze heures et il avait son rôle de directeur de maison à accomplir. Il fourra parchemins, encrier et plume dans sa mallette et déserta sa salle de classe. Après avoir évalué ses douze élèves, il avait bien mérité deux heures de repos !
.
À treize heures, Sirius était de nouveau derrière son bureau. Il entama l'après-midi avec les jumelles Patil et Sally-Anne Perks, puis ce fut le tour de Harry. Sirius avait toute confiance en lui et connaissait son potentiel, mais il avait peur que Harry soit stressé et que cela gâche tout. C'était cela qui l'angoissait. Mais quand Harry pénétra dans la pièce, ce ne fut plus son état d'esprit qui inquiéta Sirius, mais sa démarche lente et crispée.
- Harry, qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il d'emblée.
- Rien, je me suis fait mal samedi, mais ce n'est rien de grave, et je suis sous potions pour traiter ça.
- Mais tu n'as pas de bandage ou d'attelle ? Car quoi que tu en dises, ça n'a pas l'air d'être banal…
- Ce n'était pas adapté à mon cas.
- Mais qu'est-ce que tu t'es fait, au juste ?
- Sirius, on est en examen, ce n'est pas le moment de me faire subir tout un interrogatoire…
- Excuse-moi mais c'est normal que je veuille savoir ce qui t'est arrivé !
- Tu le regretteras quand tu sauras. Et autant dire que je n'ai pas du tout envie de t'en faire part. Ou alors si, mais on enchaîne directement avec l'examen.
- Je n'aurai pas le droit à plus de détails ?
- Tu n'en voudras pas, tu peux me croire.
Sirius était de plus en plus décontenancé à chaque réponse de Harry. Mais il tenait à avoir la vérité. Si Harry s'était fait mal en faisant quelque chose d'interdit par le règlement, Sirius découvrirait plus tard ce qu'il refusait de lui avouer en menant sa propre enquête.
- Je t'écoute, intima-t-il à Harry.
- Bon, comme tu veux. J'ai franchi le cap avec Draco. Voilà, t'es content ?
Sirius mit quelques secondes à saisir pleinement le sens des mots de Harry. Et zut. Son filleul l'avait pourtant prévenu, mais en vain. Il n'aurait pas dû être aussi têtu. Tout ce qu'il avait gagné, dans tout ça, c'était un bon gros malaise. Il aurait été bien incapable de dire qui était le plus gêné entre Harry et lui.
- Désolé, j'étais à mille lieues de ça…
Harry se radoucit.
- Inconsciemment, tu ne voulais pas imaginer ça. Et c'est compréhensible. Mais je vais bien, et c'est l'essentiel.
- Oui, tu as raison. Allez, on y va, on n'est pas ici pour papoter ! s'exclama-t-il.
- Ah mais moi j'étais juste là pour mon examen, à la base…
- Oui, bon, c'était une façon de se recentrer ! Tu vas commencer avec un sortilège de Découpe. Un de tes camarades l'a eu tout à l'heure, le mannequin ne craint plus rien. Pour ton camarade, c'était le genou, mais on va varier et pour toi, ce sera le bras.
Harry acquiesça et pointa sa baguette vers le mannequin.
- Diffindo !
Le mannequin fut tailladé sur tout son avant-bras.
- Tu as été plus virulent que Justin.
- J'avais plus d'espace, rétorqua Harry, mi-sérieux, mi-blagueur.
- Pas faux, admit Sirius. Est-ce que tu vois le livre, sur la table où il y a plein d'objets ? Eh bien tu vas l'attirer à toi.
Harry cibla le livre :
- Accio !
Le grimoire fonça en direction de Harry qui le réceptionna.
- Ce ne sera pas noté, mais refais-le avec la petite balle. Ton prochain sort va porter dessus.
Harry usa une nouvelle fois du sortilège d'attraction, mais cette fois-ci sur une balle qui n'excédait pas la largeur d'un vif d'or.
- Tu vas lui jeter un sortilège d'engorgement jusqu'à ce qu'elle atteigne la taille d'un souafle.
Harry inclina sa baguette vers la balle :
- Amplificatum.
La balle gonfla et fut bientôt aussi grosse qu'un souafle.
- Et enfin, tu vas rendre silencieux l'oiseau dans sa cage. Il sera relâché après, ne t'en fais pas.
Tous les animaux sur lesquels les élèves s'exerçaient n'étaient pas éternellement séquestrés dans le château. Les grenouilles étaient réintroduites dans la mare, les chats dans le parc, les oiseaux dans le ciel, les souris et les escargots dans l'herbe… Et sous leur forme d'origine, bien sûr. Si un chat avait été transformé en lapin, c'était sous sa forme de chat que l'animal était reconduit dehors. Là, c'était un oiseau à qui Harry avait affaire. Il attendit qu'il piaille pour le viser de sa baguette :
- Silencio !
L'oiseau n'émit plus aucun son. Sirius prononça le contre-sort, et l'oiseau en profita pour gazouiller de plus belle.
- On en a fini avec les sorts. Plus que deux questions et tu seras officiellement en vacances. En quoi est-ce plus compliqué de lancer le sortilège de réparation avec uniquement la formule «Reparo» ?
- Car ne pas prononcer le nom de l'objet force à l'imaginer dans sa tête, ce qui est l'un des exercices les plus compliqués en termes de sortilèges, et surtout en métamorphose.
- Ça sent la souffrance que tu endures dans cette matière… Et que nous avons tous éprouvée, même nous, professeurs. Quelles sont les deux actions du sortilège de délogement ?
- Ça déloge un objet coincé et ça le fait fuser à la vitesse de l'éclair. Tu sais comment on a appris ce sort ?
- Non, mais ça m'intéresse, dit Sirius, curieux.
- En troisième année, Peeves avait bouché avec un chewing-gum la serrure de la porte de la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Loin de s'énerver, Remus a fait jaillir le chewing-gum hors de la serrure avec un Waddiwasi et il est allé se réfugier dans l'une des narines de Peeves qui s'est enfui en jurant.
Sirius éclata de rire.
- C'est tout Remus, ça ! Ah, que j'aurais aimé être là… Remus est trop fort. Clouer le bec à ce bon vieux Peeves, ce n'est pas donné à tout le monde ! Rusard le prouverait s'il était là… Bon, tu peux aller savourer tes premières minutes de congés.
Harry souhaita une bonne journée à Sirius et s'en alla. Sirius accueillit ensuite Oliver Rivers qui fut meilleur qu'il ne l'avait été pendant les cours, Sophie Roper qui fut excellente, Sally Smith qui rata deux de ses sorts, et Dean Thomas qui eut tout bon. Les choses devinrent un peu plus délicates avec Lisa Turpin. Sirius avait pioché au hasard les sorts pour tous les élèves bien avant que la grossesse de Lisa ne survienne, ce qui l'avait poussé à choisir des sorts qui n'avaient rien de dangereux pour elle. La contraindre à des sorts tels que le sortilège d'explosion ne serait absolument pas prudent.
- Bonjour, Lisa. Je t'en avais déjà informée, mais tu n'auras aucun sort à risques à lancer. Ceci étant, si ça ne va pas durant l'examen, dis-le-moi, c'est très important. Les ondes que provoquent les sorts filent facilement la nausée lors du premier trimestre de la grossesse, même avec les sorts mineurs.
- Oui, rien qu'hier, j'ai monopolisé les toilettes de mon dortoir à cause d'un simple Lumos… Mais le professeur Snape m'a fourni des potions contre les nausées plus fortement dosées que celles que j'ai pour les examens pratiques. C'est exceptionnel, il ne faut pas que j'en abuse et c'est dommage car elles font drôlement effet… C'est lassant de courir aux toilettes dix fois par jour…
- Ça ira mieux d'ici deux ou trois semaines, déclara Sirius. Je n'ai pas de diplôme en médicomagie, mais j'ai suivi de très près la grossesse de la mère de mon filleul, et ça vaut bien tout un cursus ! Tu as malgré tout de la chance que les BUSE se déroulent au début de ta grossesse. Si ça avait été après le cinquième mois, ça aurait été plus compliqué. Est-ce que tu es prête ?
- Oui, déclara Lisa.
- Ton premier sort est le sortilège de détresse, annonça Sirius.
Lisa leva sa baguette.
- Periculum !
Des étincelles rouges furent envoyées dans les airs.
- Heureusement que ça n'a pas traversé le plafond, sinon il y en a qui auraient cherché d'où venait l'alerte… Pour ton deuxième sort, tu dois t'éclairer avec le sortilège de lumière maximale.
Sirius assombrit la salle afin que le sort soit plus visible. Lisa dirigea sa baguette droit devant elle :
- Lumos Maxima !
Un puissant faisceau de lumière illumina la pièce. Sirius fit cesser le sort d'obscurité et amena à lui un tableau.
- Tu vas transformer les bords en pierre.
Lisa guida sa baguette vers le cadre :
- Duro.
Le contour du tableau se métamorphosa en pierre.
- Il est mieux ainsi, estima Sirius. Ah, pour cet exercice, je vais aller dans la salle d'à côté. Elle est vide, ça ne gênera personne. Ton rôle sera de faire en sorte qu'aucun bruit ne puisse filtrer à travers la porte avec le sortilège d'Impassibilité. J'ai déniché une radio sorcière, je vais la mettre à un bon volume ici. Si je ne l'entends plus dans l'autre salle, c'est que tu auras réussi ton sort.
Sirius activa la radio, puis il s'avança vers la porte, l'ouvrit et se glissa dans la pièce voisine. Le son lui parvint comme s'il était à dix centimètres de la radio, mais il ne perçut soudain plus rien au bout d'une minute. Il réintégra sa salle de classe et éteignit l'appareil.
- À l'instant, c'est la radio qui a braillé, là, ça va être à toi ! Tu vas hausser le ton de ta voix avec le sortilège d'amplification vocale.
Lisa posa sur sa gorge l'extrémité de sa baguette :
- Sonorus. Est-ce que je parle assez fort ?
Sirius grimaça exagérément en plaquant ses mains sur ses oreilles.
- Défi plus que validé. Sourdinam, ajouta-t-il en tendant sa baguette vers Lisa. Quel est ton nom ?
- Lisa Turpin.
Lisa avait retrouvé son timbre de voix habituel.
- Bien, ce sera tout pour la pratique. On va passer à la théorie orale. Quelle est la formule du sort de Jambencoton ?
- Locomotor Wibbly.
- Quel est l'effet du sortilège de Têtenbulle ? Cite-moi deux situations où il peut être utile.
- Ce sort crée une bulle d'air autour de la tête. Il permet ainsi de respirer sous l'eau ou de ne pas être intoxiqué par des odeurs nauséabondes.
Sirius remercia Lisa et la libéra. Ce fut ensuite le tour de Ron. Son année avait été très moyenne, ce qui était dû au fait que Ron n'avait fait que le strict minimum dans ses devoirs à la fois individuels et sur table, ainsi que dans la pratique, et même s'il avait eu un brusque regain de motivation juste avant les examens, son manque d'efforts pendant toute l'année se ressentit dans sa performance. Il eut tous les points à son sortilège d'Eau, d'emprisonnement et d'attraction, mais il rata son sortilège de mutisme, et son sortilège de terrassement ne fut pas très concluant. Mais il fut sauvé par les deux questions :
- Quel est l'autre nom du sortilège d'allégresse ?
- Le charme de Réjouissance.
- Et à quoi sert le sortilège d'oblitération ?
- À effacer les empreintes de pas.
Sirius attribua les points dans sa grille de notation.
- Tu as bien révisé, je suis fier de toi.
- Pas moi.
- Ne sois pas trop dur envers toi-même, Ron. Entre professeurs, on discute beaucoup de nos élèves et ils étaient tous ravis de ton travail. J'ignore les notes que tu vas avoir, et je n'aurais de toute façon pas pu te les dire, mais tu es loin d'avoir échoué à tes examens. Tu pourrais avoir des surprises.
Ron parut gêné. Les compliments, ce n'était pas son fort, mais il les méritait.
- J'ai fait de mon mieux, éluda-t-il.
- Et c'est très bien. C'est tout ce qu'on exige de vous. Allez, je ne te retiens pas plus longtemps, tu as sûrement mieux à faire que de bavarder avec ton prof de sortilèges, supposa Sirius avec humour.
- Disons que Pansy va s'impatienter, confia-t-il.
- Vas-y, dans ce cas, intima Sirius.
Ron le salua et partit. Blaise, dernier élève des cinquième année, succéda au Gryffondor. Comme à l'accoutumée, il fut infaillible et effectua aisément le sortilège de lévitation, le maléfice du croche-pied, le sortilège de rangement, le sortilège de délogement et le sortilège d'explosion. Les questions ne lui firent pas non plus défaut :
- Quel est l'effet du sortilège de Folloreille ?
- Il fait bouger les oreilles dans tous les sens.
- Ce qui n'est pas très agréable. Quelle est la formule de l'enchantement des Quatre-Points et à quoi ce sort sert-il ?
- La formule est «Pointe au Nord» et ce sort a pour but de se repérer.
- Parfait. Tu peux y aller.
- Merci, bon courage pour la fin de vos examens
Blaise sortit de la salle sur ces mots. Sirius exhala un soupir satisfait. Il ne restait que quatre élèves de septième année, et il allait pouvoir se reposer !
.
Comme la moitié des examens des cinquième année de l'après-midi avait duré moins de dix minutes, Sirius eut quasiment un quart d'heure de battement avant les épreuves des ASPIC. Cela lui permit de se délasser, ce qui n'était pas de refus, étant donné qu'il était un peu stressé. Cela lui avait fait le coup avec tous les élèves de septième année. Mais c'était logique : après tout, il avait l'avenir de ses élèves entre les mains…
Comme le vendredi précédent, les septième année avaient eu leur examen de soins aux créatures de treize heures à dix-sept heures et que Sirius avait eu vingt-quatre élèves à faire passer sur le même créneau, il avait dû réserver une heure de sa journée ce lundi-là de quinze heures à seize heures pour les quatre élèves qui avaient été retenus par l'examen de Hagrid. Les autres élèves qui avaient cette option avaient eu leur épreuve pratique de sortilèges quelques jours plus tôt et n'avaient donc pas eu de soucis.
Les quatre élèves concernés par ce report étaient Angelina Johnson, Lee Jordan, Graham Montague et Joanna Powell. S'ils avaient tous gardé l'option de soins aux créatures, ce n'était pas du tout par hasard : Angelina se destinait à être vétérimage après une probable carrière dans le Quidditch, Lee Jordan s'orientait vers le métier de soigneur animalier, Joanna Powell souhaitait travailler dans une animalerie, et Graham Montague avait simplement conservé cette option car il l'aimait bien. C'était étonnant de la part d'un Serpentard, qui était la maison où les élèves avaient le plus critiqué Hagrid et exigé son renvoi en tant que professeur, mais comme quoi, il ne fallait pas mettre tous les élèves d'une même maison dans le même panier…
Ces quatre élèves avaient la particularité d'avoir tous eu des moments difficiles durant leur année. Angelina avait eu de nombreux problèmes avec l'équipe de Quidditch de Gryffondor, dont elle était l'ex capitaine, poste qu'elle n'avait jamais été prête à assumer, ce dont elle ne s'était pas aperçue, et ce qui l'avait amenée à faire n'importe quoi, jusqu'à ce qu'elle soit démise de ses fonctions. Lee, de son côté, avait vu ses deux meilleurs amis quitter Poudlard en pleine année, et s'était retrouvé seul, sans ceux qui avaient été ses acolytes depuis sa première année. Mais il s'était rapproché des autres garçons de son dortoir et avait repris du poil de la bête. Graham, tout comme Cassius Warrington et Miles Bletchley, avait été séparé de l'un de ses meilleurs amis qui avait été envoyé se faire sevrer à Sainte-Mangouste. Il avait également perdu deux joueurs dans son équipe, deux joueurs qui étaient aussi ses amis, et il avait assisté à la mise en couple de son ex avec l'ex de son meilleur ami… Cela n'avait pas dû être facile pour lui. Et enfin, Joanna, elle, avait appris que son petit frère de première année avait été sous la coupe de deux Serdaigle qui l'avaient harcelé, intimidé et menacé pour qu'il fasse tout ce qu'ils voulaient, sans quoi ils s'en prendraient à sa grande sœur, ce qui avait effrayé le garçon qui avait été contraint d'obéir. Sirius n'osait imaginer ce que la jeune fille avait pu ressentir à l'idée de tout ce que son petit frère avait enduré pour l'épargner de la cruauté de ses bourreaux… Pour un grand frère ou pour une grande sœur, c'était à eux de protéger leur cadet, et non l'inverse… Heureusement, tout cela n'avait pas entaché la scolarité de ces quatre élèves. Et Sirius était certain qu'ils allaient réussir haut la main leur examen pratique de sortilèges…
Ce fut d'abord Angelina qui se présenta.
- Bonjour, Angelina. Je ne te fais pas le topo, c'est la troisième fois où tu as des examens pratiques avec la même configuration. Ton premier sort est le sortilège de révélation d'écriture invisible.
Sirius attira à lui un carnet et l'ouvrit. Il paraissait vierge, mais ce n'était qu'une illusion. Angelina posa le bout de sa baguette sur l'une des pages et articula :
- Aparecium.
Des mots se dessinèrent sur la page.
- Maintenant, tu vas faire disparaître ce carnet.
Angelina se recula un peu :
- Evanesco.
Il n'y eut soudain plus de carnet sur la table.
- Pour ton troisième sort, je vais te ligoter et tu vas devoir te défaire de tes liens avec le sortilège de libération. Prête ?
- Oui.
Sirius pointa sa baguette sur Angelina :
- Incarcerem !
Angelina fut touchée par le sort qui l'entrava, mais elle réagit aussitôt :
- Emancipare !
Les codes se desserrèrent, et Angelina put s'en dépêtre.
- C'est bien, tu n'as pas perdu ton sang-froid. Là, c'est toi qui vas attaquer le mannequin. Tu vas le stupéfixer.
- Oh non, pas ça…
- Ne t'avoue pas vaincue, tu peux le faire, l'encouragea Sirius.
Il anima le mannequin qui se mit à marcher telle une vraie personne. Angelina le visa et s'écria :
- Stupefix !
Le mannequin fut expulsé en arrière mais continua à gesticuler. Le sort d'Angelina avait manqué de puissance. La déception se lisait sur son visage.
- Bon, tu auras quand-même des points, ça ne te prive pas de l'Optimal, ce qui serait compliqué vu qu'il y a trois points par sort et qu'il faut minimum un dix-sept pour avoir un Optimal…
Angelina hocha la tête.
- Allez, on termine avec le sortilège de déverrouillage en informulé.
Sirius ferma la porte à double tour. Angelina se concentra et donna un coup sec avec sa baguette en direction de la porte. Un cliquetis se fit entendre.
- Place à l'oral, désormais. Quelle est la formule qui permet de casser une vitre ?
- Fenestra.
- Et quel est l'anti-sort du sortilège de suspension corporelle ?
Cette question n'était pas facile. Il fallait se souvenir du sort de suspension corporelle, puis de son anti-sort. Angelina dut réfléchir quelques secondes.
- C'est Liberacorpus, finit-elle par répondre.
- Bien, c'est bon pour toi.
Angelina salua Sirius et s'en alla. Lee fut le suivant à entrer.
- Bonjour, Lee. Ouh là, tu n'as pas l'air très emballé…
- Pas trop, non. Mais je vais faire mon maximum, évidemment.
- C'est ce que j'attends de toi, confirma Sirius. Pour commencer, tu vas repousser un ballon que je vais lancer vers toi avec le sortilège d'expulsion. Es-tu prêt ?
- Oui, certifia Lee.
Sirius se saisit d'un ballon et l'envoya à Lee qui le rejeta :
- Repulso !
Le ballon repartit en sens inverse. Sirius désigna une valise :
- Tu vas la transporter jusqu'à mon bureau avec le sortilège de transport de bagages.
Lee cibla la malle :
- Locomotor Barda !
L'objet s'éleva et Lee le déplaça dans les airs avant de le faire descendre doucement lorsqu'il fut au-dessus du bureau. Sirius fit tomber par terre la tente qu'il y avait sur la table.
- Tu vas la monter avec le sortilège que tu as appris en sixième année.
Lee acquiesça et guida sa baguette vers la tente sans grande conviction :
- Erigo !
La tente se dressa, mais à moitié seulement. Lee s'en contenta :
- Bon, c'est déjà ça…
- Oui, l'Optimal est toujours en jeu. Pour ton quatrième sort, tu vas me désarmer en informulé.
Sirius se mit en position de duel, vite imité par Lee. Il focalisa toute son attention sur ce qu'il avait à faire, le bras en arrière. Puis, d'un coup, il le propulsa en avant, braquant Sirius qui vit sa baguette lui échapper des mains. Il la ramassa et sourit à Lee :
- Bravo, tu t'es bien débrouillé. Ton dernier sort est le sortilège de brouillard.
Lee tendit sa baguette devant lui :
- Nebulus.
Une brume épaisse enveloppa la pièce. Sirius la fit disparaître avec un Finite.
- Après moi, tu auras fini tes examens ?
- Non, demain j'ai mes deux autres épreuves pratiques. Ce n'est pas pour aujourd'hui, les vacances, s'amusa Lee.
- Pour moi non plus, renchérit Sirius. Je vais te poser deux questions et tu seras libre. Quelle est la formule du sortilège de croissance florale ?
- Herbivicus.
- Et quels sont les deux cas où le sortilège de stupéfixion peut entraîner la mort de l'adversaire ?
- Si le sort est lancé sur une personne âgée ou faible physiquement, ou si la personne est frappée par plusieurs sorts de stupéfixion sur une même partie sensible du corps.
- Merci, tu peux disposer.
Lee ne se fit pas prier et prit congé de Sirius, laissant la place à Graham.
- Bonjour, Graham. Toi aussi, comme Lee, tu as encore ton examen de métamorphose et de Défense Contre les Forces du Mal ?
- Oui, on doit être dans les mêmes horaires.
- Si tu as été assidu toute l'année, ça devrait aller.
- C'est surtout en métamorphose que ça va être dur, mais quoi que je fasse après le Quidditch, ça ne me sera sûrement pas utile.
- Même si c'est le cas, tu as bien fait de garder quand-même ces deux matières. Bon, es-tu prêt ?
- Oui.
- Bien, ton premier sort est le sortilège d'oblitération.
Sirius matérialisa du sable grâce à un sortilège de métamorphose et marcha dessus afin de créer des traces de pas. Graham inclina sa baguette vers le bas :
- Oblittero.
Les traces s'effacèrent. Sirius fit venir à lui un sac tout à fait banal.
- Tu vas lui appliquer un sortilège d'extension, dit-il à Graham.
Le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard pointa le sac :
- Capacious Extremis.
Sirius plongea la main dans le sac et même en y mettant le bras, il n'atteignit pas le fond.
- Beau travail. À présent, tu vas reproduire cette tasse en plusieurs exemplaires avec le sortilège de duplication, déclara Sirius en montrant la tasse.
Graham la visa :
- Gemino.
Il décrivit des arcs de cercle avec sa baguette, faisant apparaître à chaque fois une nouvelle tasse.
- Stop, il y en a bien assez, décréta Sirius quand il y eut pas moins de dix tasses sur son bureau. Ton quatrième sort est le Révélasort de Scapin. Tu vas l'utiliser sur cette potion, enchaîna-t-il en attirant à lui une fiole.
Graham dériva sa baguette vers l'échantillon :
- Specialis Revelio.
Il abaissa ensuite sa baguette sur un parchemin où s'affichèrent tous les ingrédients de la potion.
- Il y a de la menthe poivrée, des figues, des épines de porc-épic, des fèves sopophoriques, ainsi que de l'infusion d'armoise.
- C'est exact. Et tous ces ingrédients appartiennent à quelle potion ?
- À l'élixir d'Euphorie.
- Très bien. Pour finir, tu vas te servir du jus de citrouille dans ce verre en informulé, que tu boiras si tu en as envie.
Graham guida sa baguette vers le verre, et dans son regard, Sirius put voir qu'il faisait le vide dans sa tête et qu'il imaginait un verre plein de jus de citrouille. Il fut récompensé par quelques gouttes et peu à peu, le récipient se remplit d'un liquide orangé.
- Parfait, deux questions et je te libère. Quelle est la formule du maléfice de bourdonnement ?
- Assurdiato.
- Et quel est l'effet du charme de Cridurut ?
- C'est un enchantement qui sert d'alarme. Elle se déclenche lorsqu'une personne pénètre dans une zone protégée par ce sort.
- Merci, tu peux vaquer à tes occupations.
Graham souhaita une bonne fin de journée à Sirius et sortit de la salle. Ce fut au tour de Joanna, la dernière élève de septième année. C'était une élève timide, sage et talentueuse, qui aurait très bien pu aller à Serdaigle. Sans surprise, elle fit un sans-faute, réalisant avec succès le maléfice d'entrave, le sortilège de maintien, le sortilège de confusion, le sortilège d'emprisonnement en informulé, et le sortilège de vent. Et elle fut tout aussi excellente en répondant aux questions de Sirius :
- Quelle est la formule du sortilège d'annulation d'intempérie ?
- Meteorribilis Recanto.
- Cite-moi cinq formules apprises cette année qui assurent une protection efficace d'un endroit.
- Protego Maxima, Protego Totalum, Protego Horribilis, Repello Inimicum, Fianto Duri.
- Bien, tu ne t'es pas emmêlé les pinceaux, ce qui était le risque avec tous ces noms, dont certains se ressemblent. Bravo et bon courage pour tes derniers examens, dit Sirius en souriant.
Joanna le remercia et s'en alla. Sirius était soulagé. Les BUSE et les ASPIC, c'était fait ! Il n'avait plus que les troisième et les quatrième année à évaluer le lendemain et il serait enfin en vacances. Il avait hâte, mais d'un autre côté, son travail lui manquerait. Il eut l'idée regagner ses pénates, mais il se souvint que Remus avait les élèves de cinquième année jusqu'à dix-sept heures. Et la perspective d'être seul ne lui plaisait pas trop. Il resta donc dans sa salle de classe, où il se sentait bien. Il devait en profiter, car le week-end suivant, il serait de retour au Square et il ne reverrait pas Poudlard avant la pré-rentrée des professeurs. Il eut un pincement au coeur à cette pensée. Même si elle n'avait pas été de tout repos, l'année qui s'était écoulée à Poudlard avait été l'une des plus belles de sa vie, et il pesait ses mots. En fait, cela aurait été la plus belle s'il n'y avait pas eu tous les problèmes de Harry. Il y avait aussi eu des moments compliqués avec Remus, au début de leur relation, mais malgré tout ça, il ne regrettait pas cette année au château. Après la tempête, il y avait toujours eu le beau temps. Et le bilan de l'année était plus que positif : il s'était incroyablement épanoui dans son métier qu'il adorait et qui le faisait vibrer bien plus que ne le ferait n'importe quel autre métier, il s'était mis en couple avec l'un de ses meilleurs amis d'enfance dont il s'était avéré être le compagnon naturel, il avait renforcé ses liens avec Harry en le soutenant dans toutes les épreuves qu'il avait traversées, il s'entendait avec tous ses collègues et s'était lié d'amitié avec bon nombre d'entre eux, dont Filius, Pomona et Brian, et celui qui avait été son ennemi juré pendant vingt-quatre ans était devenu au fil des mois son plus fidèle ami. Comment pourrait-il cracher sur cette année avec tout ça ?! Certes, il y avait eu l'horrible période de Harry au mois de décembre, ainsi que le harcèlement dont il avait été victime, mais tout cela s'était arrangé, et par Merlin, Sirius était comblé à tous les niveaux ! Que ce fût sur le plan amical, amoureux, professionnel ou familial… Et Harry allait désormais très bien. Il avait beau chercher, il ne voyait pas d'ombre au tableau en ce moment-même. Il était heureux, sur tous les plans, et ce, alors que ça ne faisait que trois ans qu'il s'était évadé d'Azkaban… Il n'aurait jamais osé parier en arriver là aussi vite, lui qui était pourtant du genre insouciant. Mais ça, c'était avant. Il était bien plus raisonnable et mesuré qu'il ne l'était avant son séjour à Azkaban. Ou plutôt, avant qu'il n'ait décidé d'obtenir la garde de Harry. C'était cela qui l'avait changé, et il avait achevé sa métamorphose en homme sage et responsable lorsqu'il avait accepté le poste de professeur, avec en prime un rôle de vice-directeur de maison, qui s'était transformé petit à petit en rôle de directeur de maison tout court, ce qui ne l'avait pas du tout gêné. Il affectionnait tout autant ce rôle-là, ayant développé une vraie complicité avec les élèves de Serdaigle qui étaient sûrs de pouvoir com…
- Merde !
Le juron lui avait échappé. Il venait de se réaliser qu'il avait oublié son entretien avec la préfète-en-chef de Serdaigle, Tess Jenner. Il jeta pêle-mêle ses affaires dans son sac, quitta sa salle de classe et se rua vers son bureau. Il était tellement emporté dans sa course qu'il fit sursauter Tess lorsqu'il la rejoignit.
- Professeur ! Vous m'avez fait peur…
- Pardon, mais j'étais en retard et…
- En retard ? Mais il est tout juste seize heures…
Sirius bloqua un instant avant de vérifier l'heure par lui-même. Ah oui, il était pile à l'heure. «Tu as eu quatre élèves, et non six, tu as terminé tes examens à quinze heures quarante grand max, et tu as rêvassé pendant un quart d'heure, pas plus» lui souffla sa voix intérieure. Ah bah oui, il n'était pas du tout seize heures quand il s'était brusquement réveillé…
- Ah, j'ai dû mal lire l'heure… Mais nous sommes tous les deux là, et c'est le principal !
Sirius ouvrit la porte et pénétra dans son bureau, invitant Tess à faire de même.
- Tu dois t'interroger sur le motif de cette convocation, présuma Sirius.
- Oui, mais j'imagine que c'est important.
- En effet. Tu dois être au courant de la grossesse de Lisa Turpin ?
- Oui, je suis très proche d'elle, et ça aurait été difficile de rater l'information…
- Oui, c'est ça, le souci, avec Poudlard… Mais ça tombe très bien que tu sois amie avec Lisa. Elle a un rendez-vous à Sainte-Mangouste pour sa première échographie vendredi et elle se sentirait plus en sécurité avec une présence féminine à ses côtés. Je serai là, et bien qu'elle me fasse confiance, ce ne sera pas pareil avec moi qu'avec toi. De plus, elle aura peut-être envie d'être accompagnée lors de l'échographie, et c'est quelque chose de très intime. Tu auras plus ta place près d'elle que moi. Je sais qu'il n'est pas stipulé dans le règlement que le rôle de préfets-en-chef est censé aller jusque-là, mais on répète souvent que les préfets-en-chef sont là pour soutenir les élèves dans les situations les plus délicates…
- Oui, et je suis entièrement d'accord. Et si cela convient à Lisa, j'irai avec elle à son rendez-vous à Sainte-Mangouste.
- Merci, c'est adorable de ta part.
- Nous n'avons pas eu grand-chose à faire, nous, préfets-en-chef, cette année, alors si je peux aider, c'est avec grand plaisir.
- Oui, ça colle bien avec la requête que tu as faite auprès de Mrs Pomfrey…
Effectivement, quelques semaines plus tôt, Tess avait demandé à Poppy s'il était possible d'être son assistante à la rentrée, arguant qu'elle serait formée pendant l'été aux soins de base. Cela ôterait une épine du pied à Poppy qui était sans cesse débordée et qui était régulièrement obligée de faire appel à Severus pour qu'il vienne la seconder à l'infirmerie. Si Tess s'occupait des cas les plus faciles, ce serait bien plus gérable pour Poppy.
- Oui, je veux donner un peu d'air à Mme Pomfrey et au professeur Snape. Et comme j'ai six frères et sœur qui sont tous plus jeunes que moi, j'ai de l'expérience avec les bébés. Je pourrai ainsi être à la pouponnière avec le bébé de Lisa quand il y sera. C'est-à-dire la semaine, car le week-end, il sera avec sa maman…
- Tu es drôlement bien renseignée, sourit Sirius. Je suis sûr que la réponse de Poppy sera favorable. Tu es pleine de bonne volonté et elle aura un peu moins de travail grâce à toi. Et comme tu seras à Poudlard, tu demeureras près de Lisa.
- Oui, ce n'était pas prévu, ça, mais je ferais d'une pierre deux coups…
- Oui, et tu contribueras à améliorer Poudlard. Il y a tant de changements qui vont s'opérer l'année prochaine que ce sera le jour et la nuit avec ce qu'elle était un an auparavant… Bon, je ne vais pas te garder trop longtemps, tu as probablement plein de choses à faire…
- Oui, mes valises, s'amusa Tess. Je ferai part de notre conversation à Lisa et je reviendrai vers vous pour vous dire si elle veut bien que j'aille avec elle et vous à Sainte-Mangouste.
- Bien, merci.
Tess fit un signe de tête, salua Sirius et s'en alla. Sirius soupira. Il était épuisé. Il aurait très bien pu rejoindre ses quartiers, mais il eut la flemme et décida d'attendre dix-sept heures. Il se plongea dans la lecture d'un livre, tant et si bien qu'il ne fit pas attention à l'heure. Il fut donc surpris quand des coups furent frappés à sa porte.
- Oui ?
La porte s'ouvrit sur Remus.
- Mince ! Il est déjà dix-sept heures ?!
- Oui, je suis allé à nos appartements, personne, je suis allé à ta salle de classe, personne, il n'y avait plus qu'ici où j'espérais te trouver…
- Désolé, j'étais à fond dans mon livre…
- Ce n'est pas grave, assura Remus.
Il franchit la distance qui le séparait de Sirius et l'embrassa. Sirius l'attira à lui afin d'approfondir le baiser. Remus fut encore plus gourmand et s'installa sur les genoux de Sirius. Il se pressa contre lui, mais même si cela plut à Sirius, il dut le repousser.
- Remus, ce n'est ni l'endroit, ni le moment pour aller plus loin…
- Tu n'en as pas envie ?
- Ce n'est pas la question. La pleine lune aura lieu dans pile une semaine et il faut éviter le moindre rapport durant ce laps de temps…
- Mais on a fait une exception la dernière fois, car tu étais tellement excité que tu m'as supplié de te faire l'amour et que tu n'as pas été blessé par ma fougue due à l'imminence de la pleine lune… Et elle était le surlendemain, cette fois-là.
- Oui, et on n'a pas été prudents du tout. Ça aurait pu être dangereux pour moi. J'ai quand-même eu très mal au dos, mais moins que ce à quoi j'aurais pu m'attendre, je dois l'admettre… Mais c'était spécial, ce jour-là, j'étais hyper excité, comme tu le dis, ça t'a contaminé, et résultat, on a oublié de se protéger… Et je n'ai pas la même libido aujourd'hui, donc si on a un rapport, je risque de moins bien le supporter.
- Ok, je comprends. Excuse-moi, mais comme on a pu avoir un rapport le mois d'avant pendant ma période lupine, j'ai cru que ce serait pareil ce mois-ci, mais on va rester sages, du coup. On rentre ? Tu m'as l'air tout fatigué.
- Oui, la journée a été dure…
- Bon, je vais te délasser avec un bon massage, dans ce cas. Et on ne dînera rien que tous les deux, si tu veux.
Sirius fut très alléché par ce programme.
- Ça me va, affirma-t-il, ragaillardi.
Il se leva et quitta son bureau avec Remus. Il allait avoir ce dont il avait le plus besoin : une bonne soirée en amoureux, avec son compagnon chéri. C'était ce qu'il y avait de mieux pour se relaxer, et il allait savourer les soins de son loup adoré !
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! Et que vous n'avez pas fait une surdose de sortilèges XD En vrai, j'ai résumé certains passages pour que ce ne soit pas trop long et pas trop répétitif, mais je voulais dresser un diaporama assez complet des sortilèges que les élèves apprennent tout au long de leur scolarité, d'où la présence des quatre élèves de septième année, avec des sorts plus complexes ainsi que les sorts informulés. Les membres de la bande ont eu leur part belle, évidemment XD
Avant de vous laisser, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année, qui, je l'espère, vous apportera tout ce que vous souhaitez !
Je vous donne rendez-vous le dimanche 22 janvier pour le prochain chapitre intitulé «Identité révélée et conséquences». Le titre changera peut-être, je sais ce qu'il y aura dedans, mais reste à voir ce qui prédominera XD D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, je vous embrasse fort, et bisous tout le monde !
