Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quatre-vingt-neuvième chapitre de SAMLP !
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ccassandre24 : Personne n'a dû penser à lui XD C'est un personnage relativement secondaire, mais qui embête bien son monde, pour être polie XD Oui, à force, on se lasse, surtout dans les Dramione ou les Drarry où c'est souvent la même chose… On est pareilles pour les fics sur les Maraudeurs ! Il n'y a pas grand-chose à traiter sur cette époque, en fait ^^ Ou alors il faut que ce soit des fictions assez courtes… Enfin, je dis ça, mais il y a quand-même des fictions que je lis sur cette époque et qui sont assez longues, dont j'attends désespérément la suite pour certaines d'entre elles XD Ah, la nouvelle génération… Faut avoir de l'invention, pour écrire sur cette époque ! On ne sait quasiment rien des enfants des personnages… On n'a même pas de dates de naissance précises pour la plupart d'entre eux, donc chapeau à ceux qui écrivent dessus ! Bon, sans surprise, tout à fait d'accord en ce qui concerne les fics avec des approches psychologiques ! Ah ouais, t'es une pro-Serpentard XD Bon, en vrai, ça va, il y a pas mal de fics sur les personnages de cette maison XD Oui, c'est assez simple d'écrire sur les Serpentard, du moins, sur ceux de la génération de Draco et compagnie ^^ Contrairement à la nouvelle génération où on a très peu d'infos, on a tout le contexte pour celle traitée dans la saga ^^ Bonne journée à toi (ou bonne soirée ou bonne nuit selon le moment de la journée où tu liras le chapitre XD) et à dans deux semaines pour le prochain chapitre !
mimibou : Plus de travail qu'au premier semestre, mais ça va, on s'accroche ! Et toi ? Pas trop dur non plus ? T'inquiète, ce n'est pas grave si tu ne commentes pas le jour de la publication, c'est déjà top de ta part de reviewer chaque chapitre ! Je ne pourrais plus écrire de chapitres de moins de 20 000 mots pour cette fic XD Celui-ci fait tout juste 20 000 mots, justement, il n'est pas très long comparé à d'autres, même si 20 000 mots, ça reste relativement long XD
Le fiancé de Daphné est tellement détestable que c'est normal que vous ne pensiez pas à lui XD Non, en vrai, c'est juste qu'il n'a été mentionné que quelques fois ^^ Oh oui, elles vont avoir besoin de plus de soutien possible ! Et avec Severus à leurs côtés, ça devrait aller !
Oui, il ne faut pas s'acharner quand il y a trop de disputes dans un couple, mais c'est parfois dur de s'y résoudre…
Bah en fait, dans les fics où il n'y a que de la romance, c'est… vide XD Il n'y a pas grand intérêt, sauf si ce sont des one-shot… Sinon, on a vite fait le tour XD Oui, dans SAMLP, il y a de la romance, mais pas que XD Ce serait difficile de n'attribuer qu'un seul genre pour ce tome…
Je vois pour les voyages dans le temps, et je suis de ton avis pour le Harry tout puissant, ça le dénature et c'est du vu et revu… Ah, les UA, je te les laisse XD Enfin, il y a des fics sans magie qui sont cool, mais en général, les fics de tout type d'univers alternatifs, ce n'est pas ma tasse de thé XD
Ooooh, les fics avec ce genre de Sirius, c'est si mignon… Oui, à défaut de ne pas avoir de nouveau chapitre de PAF, on ne peut que lire et relire cette merveilleuse fic… Elle se lit si vite !
Ce que je lis ? Euh… XD En vrai, je n'ai plus le temps de lire beaucoup de fics, mais en général, j'aime les fics où il y a de la romance, mais pas quand il n'y a que ça, j'aime aussi comme toi les fics où Sirius cherche à avoir la garde de Harry, où il joue un vrai rôle auprès de lui, et de façon plus globale, je lis surtout des fics qui portent sur la génération de Harry à Poudlard, ou un peu après Poudlard ^^ Je me laisse parfois tenter par des fics sur l'époque des Maraudeurs, et je ne lis presque jamais de fics sur les fondateurs de Poudlard ou sur la nouvelle génération, même si j'admire les auteurs qui écrivent sur cette génération, tellement on a peu d'infos dessus ^^ Et j'évite souvent les fics trop sombres, ou trop gores, ce n'est pas mon truc XD Je ne suis pas une fan des voyages dans le temps, ni des fics où Harry est une créature rare, ni des fics où Harry est hyper puissant, ni des fics où il y a du bashing des Weasley, de Hermione et de Dumby, ni des fics où le personnage principal est un OC… Je me définis davantagepar ce que je ne lis pas, en fait XD Et je dois en oublier XD
À dans deux semaines, et prends bien soin de toi !
Sarah MAES : Bon, l'identité du père de l'enfant de Lisa a surpris tout le monde XD Mais en même temps, il y avait très peu d'indices XD Oui, Severus va y mettre son grain de sel ! Eh oui, Poudlard reste une école avec tout ce qu'il peut y avoir de mauvais… Les vieilles expressions sont souvent les meilleures XD À bientôt pour le prochain chapitre !
tyffainebally (désolée, je ne peux pas mettre le point, sinon ton pseudo n'apparaît pas, j'ai vu ça sur mon doc manager :/) : Bienvenue à toi, ravie de te compter parmi mes lecteurs ! Tu es une de ces courageuses personnes qui ont découvert la fic quand elle était déjà à plus de 1 000 000 mots et qui ont tout lu malgré la longueur, tu as toute mon admiration ! Je ne sais vraiment pas comment vous faites XD Heureuse que tout te plaise dans cette fic *-* C'était un défi un peu risqué pour les couples tels que Severus/Tonks, Justin/Théo ou Hermione/Terry, et je suis contente que tu les aimes tous ! Il y a bien une histoire mystérieuse autour du lien entre Harry et Théo, et on se rapproche petit à petit du moment où tout ceci s'éclaircira ! Ce n'est pas encore pour tout de suite, mais ce sera au début du deuxième tome ! Enfin, après l'été qui, avec tout ce qui est prévu, fera sûrement plus de vingt chapitres XD En effet, Harry et Théo ne sont pas faux jumeaux, car ils ont un mois d'écart, mais je crois qu'il y a de rares cas où des jumeaux peuvent naître avec beaucoup d'écart, mais ce n'est pas le cas ici XD Les résultats des tests de Harry chez le généticomage tomberont au début de l'été, pour le coup, on s'approche vraiment du verdict ! Oui, maintenant, ça va être long pour toi d'attendre les nouveaux chapitres, vu que tu as tout lu XD Mais en voilà tout beau tout neuf qui n'attend que d'être lu ! Merci à toi d'avoir été aussi assidue et pour cette gentille review ! Bon, pour la romance, tu es servie, c'est le genre qu'on trouve le plus dans les fics XD Pour les voyages dans le temps, c'était une tendance, pendant un long moment, donc il doit y avoir pas mal de fics dessus, et pour les Maraudeurs, il y en a aussi une certaine quantité, mais rares sont celles qui sont longues… J'espère que tu arrives quand-même à trouver ton bonheur XD
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Merci à vous tous pour ces adorables reviews, c'est un plaisir de vous lire et de vous répondre ! Et d'échanger sur plein de choses à la fois ! Merci aussi à ceux qui sont toujours au rendez-vous et qui s'accrochent à cette fic !
Petite précision pour ce chapitre : il reprend le même jour où s'est terminé le précédent, ça se passe même plus tôt dans la journée au début des deux premiers POV, et il y a une progression logique en lien avec le POV Ginny pour certains passages. Mais normalement, ça ne devrait pas trop vous perturber, voire pas du tout XD
Ah et non, vous ne rêvez pas, il y a bien 4 POV dans ce chapitre XD Ça se fait très rare, mais j'ai réussi à faire des POV plus courts que d'habitude XD
Allez, je vous laisse avec ce nouveau chapitre, et je vous souhaite une agréable lecture !
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89 – Arrangements et contrariétés
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(mercredi 27/06) POV Ron
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En regagnant la salle commune de Gryffondor après le petit-déjeuner, Ron vit Harry dans un coin de la pièce, en train de lire un livre. Ron le rejoignit, bien résolu à avoir une conversation avec lui, comme Hermione et lui l'avaient promis la veille au professeur Lupin. Il posa le petit colis qui lui avait été livré dans la Grande Salle, et s'assit en face de Harry.
- Hey, ça fait plaisir de te voir ! Depuis samedi, tu semblais t'être volatilisé, que ce soit ici, dans le dortoir, dans la Grande Salle…
- Je ne saute pourtant pas de repas, indiqua Harry.
- On a le don de se rater, alors. En revanche, tu as bel et bien déserté le dortoir.
- Mmmh…
Ron leva les yeux au ciel. Si Harry se figurait qu'il allait se contenter d'un «Mmmh», il se fourrait les doigts dans l'oeil !
- Harry, t'es mon pote, t'es mon meilleur ami, mais là, ça fait quatre nuits de suite que tu boudes le dortoir, ça commence à faire… Hermione et moi sommes chargés de vérifier tous les soirs si tout le monde est dans son dortoir, et d'en référer au professeur Lupin s'il y a des élèves qui n'y sont pas, quand il vient peu après vingt-trois heures. Samedi, dimanche, lundi et hier, nous avons été obligés de lui dire que tu n'y étais pas, et hier, en constatant que ça faisait quatre fois que tu découchais, il nous a demandé de voir ça avec toi. Et si tu refuses de nous dire où tu passes tes nuits, nous devrons en parler au professeur Lupin qui te convoquera. Je serais toi, je m'épargnerais ça en coopérant. On se doute tous que tu es avec Draco, et ce n'est pas un problème que tu dormes avec lui tant que c'est deux ou trois nuits par semaine, et que c'est espacé… J'espère pour toi que tu as une bonne raison d'avoir enfreint ces règles… Si c'est le cas, nous en ferons part au professeur Lupin qui te laissera tranquille.
Harry soupira.
- Je pensais qu'entre la fin des examens et le jour où on rentrera, le règlement serait plus souple… Mais vous n'avez plus à vous en faire. Ce soir, je serai dans le dortoir.
- Oui, mais tu as quand-même quatre absences dans ton dortoir à justifier…
- Je le ferai auprès de Remus vendredi, quand Sirius sera à Sainte-Mangouste. Si je suis dans la salle commune quand il fera son tour habituel, je le lui dirai. Si je ne suis pas là, pourras-tu le faire, s'il te plaît ?
- Oui, bien sûr. Ça le rassurera que tu sois enclin à t'expliquer, même si tu le feras plus tard… Tant que tu ne retardes pas trop l'échéance non plus.
- Non, j'irai à ses appartements vendredi, c'est promis. J'ai besoin qu'on soit seuls, donc c'est une bonne chose que Sirius ne soit pas là.
Ces mots interloquèrent Ron.
- Ce n'est pas très sympa pour Sirius…
- Non, ce n'est pas contre lui ! Il sait simplement déjà ce que je vais dire à Remus.
- Oh… Mais alors pourquoi Sirius ne lui a rien dit ?
- Parce que c'est à moi de le faire. Et je suppose que si Remus n'a pas encore cherché à me parler, c'est grâce à Sirius qui a dû lui dire que j'avais une bonne excuse pour avoir ainsi négligé le dortoir.
- Mais c'est quoi, au juste, cette excuse qui te tient éloigné depuis quatre jours de la salle commune et du dortoir ?
Harry attrapa sa baguette et lança le sort d'insonorisation.
- J'ai fait ma première fois samedi en fin d'après-midi avec Draco. C'était tout à fait consenti, c'est même moi qui ai initié le rapport, il n'y a pas eu d'excès, ni de forcing, ni rien, mais malgré le fait que j'en avais très envie, j'étais trop tendu, ça a été douloureux et j'en ai gardé de vives traces. Me lever et marcher était une vraie épreuve pour moi. Du coup, Draco s'est procuré de quoi me soigner. J'ai préféré que ce soit lui qui le fasse, car je n'étais pas familier avec cet endroit-là de mon corps, et ça me rebutait de m'y aventurer dans ces circonstances. Voilà pourquoi ça fait quatre nuits que je dors avec Draco. Ça lui permettait de me mettre du baume à la fois le soir et le matin. Mais ce n'est plus nécessaire, à présent. Hier soir, il subsistait une petite gêne, mais là, je n'ai plus rien.
Ron hocha la tête.
- Je comprends mieux. Désolé, je te faisais limite la morale, mais j'étais à mille lieues de ça… Et le professeur Lupin aussi. Ça va lui faire un choc, il s'imagine probablement que c'est un petit caprice de ta part de vouloir passer toutes tes nuits avec Draco…
- Ça aurait pu, mais non, c'était pour mon bien-être.
- C'est sûr que ça aurait été pénible pour toi de monter et descendre les sept étages, ne serait-ce que pour aller manger le matin et regagner la salle commune le soir… C'était plus pratique de séjourner dans la salle commune des Serpentard qui est bien plus proche de la Grande Salle.
- Exactement. Mais je t'avoue que je n'y allais pas tout le temps. C'est pour ça que tu ne me voyais pas dans la Grande Salle. Mais je ne mentais pas, tout à l'heure, quand je disais que je ne sautais pas de repas.
- Ouais, j'ai deviné le subterfuge. Récemment, Draco est souvent allé aux cuisines, hein ?
Harry rougit.
- Bah, il fallait bien que tu te nourrisses tout en te ménageant… Tu as de la chance d'avoir un petit-ami dévoué comme Draco. Et il y en a un qui a dû être ravi de te servir !
- Il paraît, oui ! Il nous donnait tellement à manger que Draco a dû y aller moitié fois moins que ce qu'il aurait dû. On plaçait le surplus sous sort conservateur – et réfrigérant pour les produits frais – et on réchauffait le soir ou le lendemain pour ce qui se mangeait chaud. C'était agréable, ces repas en amoureux, mais ça va me faire du bien de déjeuner dans la Grande Salle ce midi !
- Tu m'étonnes… Et Hermione et moi serons heureux de te compter de nouveau parmi nous ! Veux-tu que j'informe Hermione à propos de Draco et de toi, ou veux-tu t'en occuper toi-même ?
- Je lui en parlerai en privé. Je ferai le pied de grue ce soir dans la salle commune s'il le faut, mais je n'irai pas me coucher tant que je ne me serais pas entretenu avec Hermione !
Ron se mit à rire.
- Et si le professeur Lupin fait un tour ici à deux heures du matin et qu'il tombe sur toi, il va se dire que tu les accumules ! Découcher quatre fois d'affilée sans que Hermione et moi ne sachions où tu es, traîner tard la nuit dans la salle commune…
- Tant pis, j'affronterai son courroux ! Mais dis-moi… Il n'est pas exclu que Hermione et toi veniez quelques jours au Square, cet été ?
- En-dehors de l'anniversaire de Ginny ? Non, et puis ça changera du Terrier… Mes parents seront certainement d'accord, et je présume que Sirius et le professeur Lupin le seront également…
- Oui, et si tout ça se fait, je doute fortement que Remus tiendra plus de deux jours à vous entendre l'appeler «professeur»… Ce serait bien que vous vous habituiez à l'appeler «Remus». Vous le faites bien avec Sirius !
- Parce que c'est ton parrain, rétorqua Ron.
- Je ne fais plus de distinction entre Sirius et Remus. Même s'il n'y a rien d'officiel, ils sont autant responsables de moi l'un que l'autre. Vous adresser à Remus en tant que Remus, et non en tant que professeur, ça l'aidera à se sentir pleinement légitime d'avoir auprès de moi le même rôle que celui de Sirius, car parfois, ce n'est pas automatique pour lui. Mais ce sera de plus en plus naturel avec le temps.
- Et avec l'expérience ! Mais le message est reçu. Je ferai des efforts.
- Merci. Ça va être dur, au début, mais tu t'y feras.
- Oui, tu as connu ça, toi…
- Oui, et si tu ne veux pas subir un plan machiavélique de la part de Remus, je te conseille d'oublier très vite le mot «professeur» à son égard !
- Ouais mais t'as abusé, toi aussi… Il a été le meilleur ami de tes parents, il est le dernier ami de ton seul parent à l'heure actuelle, et toi, tu t'obstinais à le considérer comme ton professeur alors qu'il ne l'était plus durant l'été !
- Oui, bon, j'ai été long à la détente, concéda Harry. Tout ça me semble si loin…
- C'est parce qu'on a eu une année très mouvementée. Comme tous les ans, me diras-tu…
- Ouais mais là, j'ai explosé les records, en termes d'ennuis, grimaça Harry.
- Ce n'est pas de ta faute, répliqua Ron. Ce sont les ennuis qui sont attirés par toi, et non l'inverse.
- Ce n'est pas faux. Mais ça ne m'a pas empêché d'avoir globalement réussi mes examens, et c'est le plus important.
- Ça, c'est bien dit ! Mais tu n'avais pas été déçu par celui de métamorphose ?
- Si, mais en réalité, je vais avoir une bonne note… Mais comme je visais l'Optimal, parce que c'est la matière de Remus, et que je ne vais pas l'avoir à cause de ma performance à l'examen pratique, j'étais un peu dégoûté. Mais je vais avoir entre quinze et seize, ce qui, en soi, est très bien, pour une matière aussi ardue que la métamorphose. Et c'est fidèle au niveau que j'ai eu en cours tout au long de l'année. Par contre, ça n'a pas du tout été le cas pour la botanique. Je n'ai pas digéré la pratique. J'ai toujours eu Optimal depuis la première année aux examens de botanique, et là, je vais me taper un Effort Exceptionnel parce que j'ai déraciné une dent d'un stupide géranium…
- Je n'ai guère fait mieux… Mais la pratique a été une désillusion pour beaucoup d'entre nous. Dans la bande, il n'y a que Hermione, Blaise et Théo qui n'ont déraciné aucun croc. Terry et Draco, qui, comme toi, étaient abonnés aux Optimal en botanique, ont été piégés par leurs géraniums.
- Heureusement que c'est un Effort Exceptionnel qui est requis pour poursuivre la botanique, et non un Optimal… Sinon, il n'y aurait pas grand-monde l'année prochaine dans les cours du professeur Chourave !
- Oui, et ça ne m'aurait pas arrangé ! La botanique est l'une des seules matières auxquelles je serai autorisé à assister… À part ça, comme tout le monde, j'aurai l'histoire de la magie et les sortilèges qui sont obligatoires jusqu'aux ASPIC, et peut-être la métamorphose, mais j'ai un doute…
- Et la Défense Contre les Forces du Mal ?
- J'ai raté la théorie, mais même si je vais avoir la moyenne, je n'aurai pas plus qu'un Acceptable… Et je n'aurai que quatorze ou quinze en pratique. Ce ne sera pas suffisant pour compenser la théorie et atteindre l'Effort Exceptionnel…
- Mais ça te plairait, de garder la Défense Contre les Forces du Mal ?
- Ben… ce serait cool, oui. Ça me fera une matière en plus. Parce que bon, quatre matières – si j'ai la note exigée en métamorphose – ce n'est pas beaucoup… J'ai beau être flemmard, j'ai conscience du fait que ce n'est pas avec les sortilèges, la botanique et la métamorphose que je vais m'ouvrir un max de portes… L'idéal, ce serait que je puisse continuer la Défense Contre les Forces du Mal et les potions, mais ça signifierait aller aux rattrapages… Je ne serais pas si loin de l'Effort Exceptionnel en Défense, il ne me manquerait qu'un point, ou un point et demi, mais en potions… Je ne vais pas avoir plus de douze à la pratique, et j'aurai à peine la moyenne à la théorie… Enfin, pour la théorie, c'est dur à estimer. Ça m'a paru trop simple. Je n'ai pas dû assez développer.
- Ou alors tu avais bien révisé et ça a porté ses fruits à l'examen.
- Mmmh… De toute façon, j'ai dit au professeur Lupin que j'arrêtais les potions.
- Il n'est pas trop tard pour revenir sur ta décision.
- Mais le rythme sera trop soutenu pour moi… Si je décroche péniblement l'Effort Exceptionnel, et de surcroît, aux rattrapages, c'est que je ne suis pas fait pour les potions…
- Si tu te mets à travailler avec constance et assiduité, tu seras de plus en plus à l'aise et tu ne seras pas à la ramasse. Ça vaut la peine de tenter le coup aux rattrapages. Comme l'a dit Hermione quand on est sortis de l'examen de potions, tu as du potentiel. Bon, pas au point de faire de grandes études en potions, mais il y a des formations qui ne demandent qu'un Acceptable à l'examen des ASPIC de potions.
- Je vais y réfléchir. Tu es satisfait de tes examens, toi ? Outre ta petite déception ?
- Oui, je devrais avoir un Optimal en Défense Contre les Forces du Mal, potions et sortilèges, et un Effort Exceptionnel en botanique et en métamorphose. J'aurais même une bonne note en divination, mais une BUSE dans cette matière me sera parfaitement inutile. Sinon, en soins aux créatures, je me suis bien débrouillé, je pense avoir un Effort Exceptionnel, mais c'est comme pour la divination, ça ne me sera pas utile. L'astronomie, ce n'était pas folichon, et l'histoire de la magie sera sûrement la pire note de mes BUSE.
- Pareil pour moi, avec la divination. Pour ce qui est de l'astronomie, si j'ai la moyenne, ce sera un miracle, pour les soins aux créatures magiques, je ne serais pas surpris d'avoir un Acceptable, ce qui sera bien payé pour quelqu'un qui a fait très peu de pratique en cours, parce qu'il avait la flemme, et pour les sortilèges, ce serait logique que j'aie un Effort Exceptionnel.
- Eh bien ce n'est pas mal du tout ! Ça te fera au moins six BUSE.
- Oui, mais bon, je ne vais pas avoir des notes très faramineuses…
- Tu feras mieux aux ASPIC si tu t'impliques davantage dans tes études. On peut très bien avoir été faible aux BUSE et être très bon aux ASPIC. Tu es capable d'avoir de bons résultats, tu l'as prouvé avec les potions en réalisant une potion plus que correcte, et elle aurait pu être meilleure si tu avais eu plus de temps pour la faire.
- Oui, mais à quoi bon avoir des ASPIC si j'ignore ce que je vais faire plus tard ?
- Tu as encore deux ans pour trouver ta voie. Ou plus si tu es rapidement accepté dans une équipe de Quidditch après Poudlard…
- Oui, et si je n'ai pas de réponse d'ici la fin de l'été, je chercherai un job.
- Tu postuleras dans quelle équipe ?
- Soit le club de Flaquemare, soit les Crécelles de Kenmare, soit les Flèches d'Appleby. D'après ce que j'ai compris, Ginny aurait aussi l'intention de faire une carrière de Quidditch, j'espère qu'on ne sera pas dans la même équipe ! On se tirerait dans les pattes, dans les vestiaires… Ce ne serait pas top pour l'ambiance de l'équipe.
- Vous ne vous êtes pourtant pas disputés, cette année, dans l'équipe…
- Oui, mais jouer dans l'équipe de sa maison à Poudlard et jouer dans une équipe locale, ce n'est pas la même chose…
- Pour moi, vous saurez différencier votre relation fraternelle et votre relation professionnelle. Mais ne t'en fais pas, vous avez une chance sur douze de choisir la même équipe…
- Il y a treize équipes en Grande-Bretagne, pas douze, corrigea Ron.
- Oui, mais les Harpies de Holyhead sont une équipe exclusivement féminine.
- Ah oui…
- Mais dis-toi que si vous êtes dans deux équipes distinctes, vous serez en concurrence… Selon toi, vaut-il mieux que vous soyez adversaires, ou vaut-il mieux que vous soyez coéquipiers ?
- Ouh là, bonne question… On croirait un sujet d'histoire de la magie ! «Selon vous, vaut-il mieux accorder plus de droits à tous les êtres magiques, au risque de créer des tensions parmi les sorciers, ou vaut-il mieux ne pas modifier leur situation, au risque de provoquer des révoltes ?»…
- Très bonne idée de sujet ! Mais j'aurais eu zéro avec ça, pouffa Harry. Mais si tu galères à te faire recruter dans une équipe, sur quel genre de job tu te rabattrais ?
- Comme Théo, serveur au Chaudron Baveur, ou aux Trois Balais, à Pré-au-Lard.
- Théo ne sera pas que serveur, souligna Harry.
- Oui, il sera un peu l'homme à tout faire… Mais ce job m'irait aussi.
- En même temps, il ne faut pas trop être difficile… Dis-moi, c'est quoi, ce colis, que tu avais dans les mains quand tu m'as rejoint ?
- Ah, ça… Ce sont des bons de livraison. J'ai écrit à Fred et à George pour qu'ils m'en envoient. Je leur ai dit que lors de la fête, les trois quarts des invités avaient été conquis par les articles dont j'ai fait la promotion. Dans le carton, en plus des bons, il y avait une lettre dans laquelle les jumeaux me félicitaient pour le bon boulot que j'avais fait. Pour eux, je ferais un excellent vendeur. Mais je me doute bien qu'ils entendaient par-là que j'étais bon pour faire de la pub, comme je l'ai fait pour eux, pas que j'avais des compétences dans le domaine de la vente et du commerce…
- Pas forcément, objecta Harry. Ils pesaient peut-être leurs mots.
- Non, le ton de la lettre était trop léger… Ils m'ont carrément proposé de collaborer ensemble ! Ça montre bien qu'ils n'étaient pas sérieux…
- Pourquoi leur offre ne serait-elle pas sincère ?
- Parce que ce sont les jumeaux ! Cette boutique, c'est leur affaire, pas la mienne… Je n'ai pas ma place, là-dedans.
- Ils ne doivent pas avoir la même vision des choses… Sinon, ils ne t'auraient pas chargé de faire de la pub pour leurs produits… Mine de rien, ils ont foi en toi.
- C'était un deal, rappela Ron. Ils me fournissaient de l'alcool pour la fête si, en retour, je faisais la promo de leurs inventions.
- Le deal n'incluait pas toutes les victuailles qu'ils ont ajoutées… C'était comme pour te remercier de l'impact que ta pub allait avoir sur leur boutique… Ce qui veut dire qu'ils savaient que tu allais bien remplir ta mission. Ne déprécie pas l'affection et la confiance qu'ils te portent. Et puis, si leur boutique avait vocation à ne rester qu'entre leurs mains, elle se serait nommée «Weasley et Weasley, farces pour sorciers facétieux», et pas «Weasley, farces pour sorciers facétieux»… Pour moi, c'était une vraie suggestion, qu'ils t'ont faite. Tu devrais mettre ça au clair avec eux.
- Je verrai, dit Ron sans grande conviction.
La discussion dériva ensuite vers les projets d'été, puis Ron prit congé de Harry afin d'aller faire un tour. Dans un couloir du cinquième étage, il croisa Pansy.
- Tiens, toi aussi, tu te promènes ? lança-t-il en souriant.
- C'est tout ce qu'i faire, et comme ça, je fais mon devoir de préfète… J'ai évité qu'un élève de deuxième année n'infeste le premier étage avec des bombabouses en les lui confisquant, mais s'il en a d'autres, je sens qu'il va le faire dès qu'il n'y aura plus personne dans les parages…
- Tu ne l'as pas conduit chez son directeur de maison ?
- Non, car il n'avait rien fait, même s'il était sur le point de faire sa bêtise… Mais j'aurais peut-être dû être moins clémente et l'emmener chez le professeur Snape.
- Non, tu as bien fait, tout compte fait. En soi, s'il n'y a pas eu de bêtise, mais que ça allait être fait, un simple avertissement suffisait.
- Mais rien ne garantit qu'il va m'écouter… Surtout s'il a d'autres bombabouses.
- Tu as son nom ?
- Oui, c'est un Serpentard, et j'ai déjà eu à faire à lui.
- Eh bien si tu apprends plus tard dans la journée qu'il y a eu des bombabouses qui ont été lâchées dans les couloirs, tu iras dénoncer cet élève auprès du professeur Snape. Il y aura de fortes chances que ce soit lui qui soit derrière ça… Et s'il n'est pas puni pour ça car ce n'est pas lui, il le sera pour avoir failli intoxiquer le couloir ce matin. Car si tu n'étais pas intervenue, il l'aurait fait.
- Pas faux. Bon, sans trop me focaliser là-dessus, je vais tendre l'oreille pour ne pas rater l'info s'il y a bien eu des bombabouses dans les couloirs. Ceci étant réglé, ça te dit qu'on aille dans le parc ? Ou tu as autre chose à faire ?
- Non, à la base, j'étais parti pour me balader dans le château, mais ça, c'était avant que je ne tombe sur la plus merveilleuse des filles de l'école…
- Si on n'était pas en couple, je jurerais que tu voudrais me draguer.
- Ce serait la bonne technique ?
La moue que fit Pansy fut très éloquente, ce qui n'étonna pas Ron.
- Je me disais bien que ce n'était pas ton truc… Et si ça avait été Warrington qui aurait essayé de te séduire comme ça, en début d'année ?
- Ça dépend s'il aurait eu l'air sincère ou non. Mais ce n'était qu'un béguin qui a disparu aussi vite qu'il est apparu, donc bon…
- Ouais, un béguin qui t'a tout de même poussée à participer aux sélections pour intégrer l'équipe de Quidditch de ta maison afin de te rapprocher de lui…
- Ça, c'est ce que prétendent Draco et Blaise.
- Ce n'est pas vrai, peut-être ? se moqua Ron.
Pansy hésita, puis avoua :
- Si, mais c'était un moyen comme un autre, se défendit-elle Mais ce n'est pas que pour ça que j'ai fait les sélections ! À côté de ça, j'étais très intéressée par le Quidditch…
- Et heureusement ! Si tu avais quitté l'équipe lorsque tu t'es aperçue que tu n'étais plus attirée par ton coéquipier, ça aurait bien mis ton équipe dans la panade ! Tout ça pour un béguin éphémère…
- Au moins, tu n'es pas jaloux, constata Pansy.
- Je n'ai pas à l'être, tu dis toi-même que ce n'était qu'un béguin, c'était au tout début de l'année, et et aujourd'hui c'est moi que tu aimes. On va dans le parc ?
Pansy acquiesça. Main dans la main, Ron et elle se dirigèrent vers les escaliers, descendirent au rez-de-chaussée et sortirent du château. Une fois dans le parc, ils entreprirent de faire le tour du lac. Ils marchèrent en silence, appréciant le calme de cet endroit naturel, ce qui amena Ron à se remémorer sa conversation avec Harry. Elle le hantait, ce que remarqua Pansy :
- Toi, tu es ailleurs…
- Mmmh ? Ah euh… oui, je repensais à ce que m'a dit Harry. J'ai dû avoir un moment d'égarement, car il a presque réussi à me convaincre d'aller aux rattrapages de potions…
- Mais c'est une super idée ! s'exclama Pansy.
Ron grogna. Ce n'était pas la réaction qu'il attendait.
- Ce n'est pas ça qu'il faut me dire, Pansy, mais plutôt «Non mais tu es complètement fou, à quoi ça va t'avancer ? Les potions, ce n'est pas pour toi !»…
- Ce n'est pas mon avis, rétorqua Pansy. Pour moi, tu as les capacités de suivre les cours de potions en sixième année. Mais à condition que tu t'y mettes à fond. Après, si tu n'en as pas envie, là, c'est sûr, ça ne sert à rien.
Ron soupira.
- Je ne suis plus autant rebuté par les potions qu'avant, notamment depuis que le professeur Snape s'est adouci et qu'il n'est plus systématiquement en train de m'humilier en critiquant tout ce que je fais… Je consens même à dire que les cours de potions sont loin d'être barbants. Mais j'ai tellement de retard…
- Ça ne t'a pas empêché de bien te débrouiller à l'examen. Tu as juste manqué de temps, ce qui t'a forcé à aller vite et à bâcler ta potion. Si tu avais eu une heure de plus, ton échantillon t'aurait valu minimum un Effort Exceptionnel… Mais ça, c'est parce que tu gères mal ton temps. Ta manière de procéder n'est pas efficiente. Mais ça vient avec l'entraînement. Si nos parents veulent bien que je séjourne chez toi au début de l'été, je t'aiderai à t'exercer pour que tu sois prêt pour tes rattrapages. Même si je débarque le trois ou le quatre, on aura une dizaine de jours devant nous. Les rattrapages auront lieu du huit au dix-neuf juillet, mais les épreuves de potions sont généralement placées tard dans le planning.
- C'est ma mère qui va être ravie… Si tu me fais réviser les potions, elle va se pâmer de bonheur.
- C'est oui, alors ? Tu adhères à ce programme ?
- Oui, mais uniquement parce que j'aurais du potentiel, apparemment, et que ce serait dommage de le gâcher… J'irai annoncer au professeur Lupin que, finalement, je vais continuer les potions.
- Il va être fier de toi, affirma Pansy. En tout cas, moi, je le suis.
Ron sourit.
- Tu es adorable…
Il s'arrêta, incitant Pansy à faire de même, et l'embrassa tendrement. Ils firent durer le baiser, puis ils reprirent leur promenade.
- Tu as eu des nouvelles de ta mère, récemment ? s'enquit Ron.
- Oui, il y a eu une fausse alerte pour le bébé, il y a quelques jours, mais ce n'était rien. Ma mère a cru qu'elle allait accoucher car elle avait des contractions, mais ça n'avait rien à voir avec le travail qui précède l'accouchement. Ces banales contractions ne sont pas rares du tout, et sont souvent dues à des efforts trop intenses. Du coup, le médicomage a recommandé à ma mère de se reposer, et de se rendre dès la première semaine de juillet à Saint-Mangouste, car comme toute femme enceinte, elle doit y être admise sept à dix jours avant la date prévue de l'accouchement, à cause du fait qu'il peut survenir à tout moment pendant cette période. Le terme est prévu pour le quinze, et comme il y a eu cette fausse alerte, c'est plus prudent qu'elle aille dès le cinq à Sainte-Mangouste.
- C'est mieux, en effet. On n'est pas à l'abri d'un bébé qui naisse en avance car il en a marre d'être enfermé… Mais donc si on a l'aval de nos parents, tu iras vite au Terrier ?
- Oui, ce qui fait qu'il faudra leur en parler dès qu'on sera chez nous.
- Je le ferai lors du dîner.
- Pareil. Mais je suis confiante. Avec l'argument de l'aide en potions, impossible qu'on ne les fasse pas plier !
Ron approuva vigoureusement. Connaissant sa mère, elle serait même capable de proposer à Pansy de passer tout l'été au Terrier, pourvu qu'elle fasse étudier son fils ! Pansy avait raison : il y avait de quoi espérer. Ce fut sur cette note positive qu'ils finirent leur tour du lac. Ils restèrent ensuite dans le parc jusqu'à l'heure du déjeuner, en parlant de tout et de rien, et en profitant d'être ensemble, en amoureux, avant d'être séparés et de rentrer chacun chez soi…
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POV Terry
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Parfois, Terry soupçonnait les directeurs de maison – du moins, le sien – de faire des nuits blanches pour gérer tout ce qu'ils avaient à faire. Certes, il n'y avait plus de cours, plus d'examens, mais les professeurs n'étaient pas en vacances pour autant ! Cela faisait plus d'une semaine que le professeur Black faisait en sorte que Terry puisse aller à toutes les conférences qui se tiendraient durant l'été. Il y en avait dix, en tout, et les parents de Terry étaient libres pour trois d'entre elles. Comme il fallait vite s'organiser, Terry leur avait dit par lettre qu'il souhaitait assister à quelques conférences, il leur avait fourni les dates, et celles du dix, du quatorze, et du dix-huit août correspondaient à la période où ses parents avaient prévu de poser leurs congés. Mais pour eux, l'idéal serait que Terry aille aux dix conférences, et ils regrettaient de ne pas être disponibles pour sept d'entre elles. Terry leur avait alors fait part de la solution que lui avait suggérée le professeur Black : demander à des élèves qui iraient eux aussi à ces conférences si leurs parents seraient d'accord pour le prendre avec eux. Son père n'y avait émis aucune objection, et sa mère avait hésité avant d'accepter. Il n'y avait plus qu'à dénicher des élèves susceptibles d'emmener Terry avec eux, et c'était l'objet de son entrevue avec le professeur Black, qui l'avait convoqué à treize heures. Arrivé devant son bureau, Terry toqua à la porte. Il entendit un «Entrez», ouvrit et pénétra dans la pièce en refermant la porte derrière lui.
- Bonjour, Terry, installe-toi, l'invita le professeur Black en souriant.
Terry obéit et s'assit en face de lui.
- Je suis désolé de te solliciter à trois jours du départ, tu as certainement plein de choses à faire…
- Oh non, vous n'avez pas à vous excuser ! C'est moi qui vous remercie mille fois pour tout ce que vous faites…
- Eh bien tu me remercieras en faisant ton maximum pour décrocher un poste au Ministère à l'issue de ta formation d'Auror ! Et pour ça, tu vas aller aux dix conférences de cet été, c'est moi qui te le dis !
Terry ne put retenir un sourire.
- Enfin, s'il y a des thèmes qui t'ennuient, tu n'es pas obligé d'y aller…
- Non, tout me plaît, assura Terry.
- Tant mieux, parce qu'en tant que futur Auror, tu devras te familiariser avec tous ces thèmes. Bon, suite à notre dernier échange, j'ai discuté avec les autres directeurs de maison afin d'avoir les noms des élèves qui se destinaient à une carrière d'Auror parmi les cinquième année. C'est le métier qui est le plus convoité par les élèves, parce que ça fait rêver tout le monde, mais en moyenne, dans une promotion, il n'y a que deux ou trois élèves qui accèdent à la formation, et il n'y en a qu'un qui va au bout de cette formation, quand ce n'est aucun.
- C'est pour ça qu'il y a si peu de nouveaux Aurors…
- C'est ça.
- Mais ça n'aurait pas été mieux d'avoir des noms d'élèves de septième année ? Ils sont plus âgés, et plus à même d'être attirés par des conférences…
- Eh bien détrompe-toi ! Déjà, chez les septième année, ils ne sont plus que cinq à viser la formation d'Auror, alors qu'il y a deux ans, ils étaient le double… Et c'est justement grâce à ces conférences auxquelles ils étaient huit à y être allés que la moitié d'entre eux ont su que le métier d'Auror n'était pas fait pour eux. Pour la cinquième personne, ça a été un découragement dû à ses notes. Donc il y aurait eu autant d'élèves chez les cinquième année que chez les septième année qui auraient décidé d'aller à ces conférences. Et l'avantage, avec les cinquième année, c'est que tu as l'habitude de les fréquenter. Tu seras plus à l'aise avec eux, même s'ils ne sont pas de ta maison… Là, cette année, il y a huit élèves, dont toi, qui envisagent d'intégrer la formation d'Auror : Stephen Cornfoot, Roger Curtis, Tracey Davies, Megan Jones, Isabel MacDougal, Rionach O'Neal, Sally-Anne Perks, et toi. Isabel, Rionach et Sally-Anne n'iront pas aux conférences. Stephen, Roger, Tracey et Megan iront, et Roger est dans le même cas que toi. J'ai abordé ton problème avec Stephen, le professeur Snape en a fait autant avec Tracey et Megan, et ils estiment tous que leurs parents voudront bien que tu les accompagnes. Stephen m'a donné son adresse et le professeur Snape m'a transmis celle de Tracey et de Megan pour que tes parents puissent contacter les leurs. Si je me souviens bien, tu peux aller aux conférences du dix, du quatorze et du dix-huit août, c'est bien ça ?
- Oui, confirma Terry.
- Bon, à priori, tu iras à celles du trois et du sept juillet avec Megan, à celles du dix et du treize avec Roger, et à celles du seize juillet et du vingt-et-un et du vingt-quatre août avec Tracey. C'est la seule qui ira à toutes les conférences, Roger et Megan réfléchissent pour certaines d'entre elles et m'ont indiqué celles auxquelles ils sont sûrs d'aller. Avec une élève qui est dispo pour toutes les dates, et deux autres qui vont aller à six ou sept conférences, ça a été très simple de tout répartir. Est-ce que tout cela te va ?
Terry acquiesça, même s'il avait quelques réserves, ce que vit le professeur Black :
- Ce n'est pas un «oui» franc, ça. Y aurait-il un souci avec un ou plusieurs de ces élèves ?
- Personnellement, je n'en ai pas, mais j'ai une amie de Serpentard qui n'apprécie guère trois de ses camarades de dortoir qui ne sont pas très sympas avec elle.
- Mmmh, je vois. Tu n'es pas emballé à l'idée d'aller à des conférences avec Tracey et Megan ?
- Non, mais je vais faire comme si de rien n'était.
Le professeur Black fit venir à lui une théière, deux tasses et des sachets de thé.
- Un thé ? proposa-t-il à Terry.
- Euh… oui, merci, répondit Terry, un peu désorienté.
Il n'était cependant pas dupe : cela sentait la conversation sérieuse à plein nez, ce qui nécessitait de mettre Terry dans les bonnes conditions. C'était pour ça qu'il n'avait pas osé refuser. Le professeur Black prépara le thé et une fois prêt, en versa dans les deux tasses.
- Tu sais, il y a une multitude de facteurs qui peuvent influencer la personne que l'on est. L'endroit, l'entourage, les rencontres que l'on fait, les lectures… Le but du travail en binôme, c'était d'inciter les élèves à apporter le meilleur d'eux-mêmes à leur binôme. Ça a eu de très bons résultats, et plus particulièrement dans l'entente entre les maisons. Mais il y a des binômes où ça n'a pas suffi, car un des deux élèves était trop sous l'emprise de ses amis pour s'en défaire. Et pourtant, à l'extérieur de Poudlard, ce même élève va s'avérer être une toute autre personne, car il ne sera plus avec ses amis. Il sera lui-même. Et j'ai bien l'impression que c'est la situation de pas mal de Serpentard.
Le professeur Black se tut sur cette supposition. Ses paroles avaient bien agi sur Terry qui demeura silencieux, en proie à une profonde réflexion. Il était vrai que le comportement de Tracey Davies et de Megan Jones semblait se cantonner au dortoir. Elles formaient un trio, avec Millicent Bulstrode, et d'après Pansy, c'était cette dernière qui menait le groupe. De plus, elle était très proche de Crabbe et de Goyle. De ce fait, Davies et Jones n'étaient-elles que victimes de ce que l'on appelait «un effet de groupe» ? Lorsque Harry s'était fait embêter deux mois plus tôt par des Serpentard qui l'avaient accusé de bénéficier d'un traitement de faveur de la part du professeur Lupin, il y avait eu Crabbe, Goyle et Jones, ainsi que Davies qui avait fait diversion en allant parler au professeur Lupin. C'était bien connu que les meneurs faisaient la loi, mais qu'ils ne faisaient jamais rien eux-mêmes et qu'ils laissaient les autres faire tout le boulot. Crabbe et Goyle, c'était différent : ils n'étaient que deux, il fallait bien qu'ils fassent tout ensemble… Mais ce duo était de l'histoire ancienne, Goyle ne traînant plus avec Crabbe… Pour ce qui était de Davies et Jones, il y avait fort à parier qu'elles avaient été missionnées par Bulstrode. Cela corroborerait avec ce qu'avait dit le professeur Black… En-dehors de Poudlard, loin de Bulstrode, Davies et Jones étaient probablement des personnes bien plus nettes qu'elles ne l'étaient à l'école… Terry verrait bien comment elles seraient lors des conférences.
- Je me ferai mon opinion quand je serai avec elles, déclara-t-il. Et sans les juger trop vite.
- Cela me paraît très sage, approuva le professeur Black. De par mon petit discours, je ne t'exhortais pas à sympathiser avec elles, mais juste à te faire ta propre idée quand tu seras avec l'une ou l'autre. Et c'est exactement le choix que tu as fait.
- Pas sûr que j'aurais fait le même si ça avait été Crabbe… Lui, il est cruel et mauvais, où qu'il soit. Goyle, en revanche… Ça fait quelques semaines qu'il n'est plus tout à fait le même. Il s'est éloigné de Crabbe qui n'a pas trop l'air d'aimer cette distance… À mon avis, Goyle se protège de Crabbe. Il a peur quand il est avec lui. Je l'ai remarqué, et Hermione aussi. Mais c'est bizarre, car ils étaient de grands acolytes depuis leur première année…
- Il a dû y avoir un truc très important entre eux qui les a divisés. Et en toute honnêteté, ce n'est pas plus mal ainsi. Cette séparation a transformé Goyle. Du moins, son attitude scolaire et ses notes. Les BUSE sont censés être les examens les plus compliqués des cinq premières années, et c'est à ceux-là que Goyle a eu ses meilleures notes… Ce n'est pas un secret pour lui, il a dû énormément réviser et s'entraîner pour atteindre ce niveau…
- Donc Goyle va être admis en sixième année tandis que Crabbe va redoubler ?
- C'est comme ça que les choses se profilent, oui.
- Ça va être plus facile pour Goyle d'éviter Crabbe… Mais ça m'inquiète pour les futurs cinquième année. Crabbe va être dans leur dortoir. Il n'aurait aucun remords à manipuler des élèves plus jeunes que lui pour en faire ses sous-fifres. Il en aura cinq à sa disposition, il va bien réussir à en attirer un dans ses filets ! Il ne va pas arrêter ses méfaits car Goyle n'est plus avec lui ! Il s'en est pris à Théo en début d'année, il s'en est pris à Harry plus récemment, et ce n'est pas la perte de son plus fidèle allié qui va l'empêcher de faire de même avec d'autres élèves !
- Je vais remonter tout cela au professeur Snape qui vérifiera auprès des cinq garçons de cinquième année si tout va bien dans leur dortoir. Parmi ces élèves qui sont actuellement en quatrième année, y en aurait-il un avec qui tu communiquerais, par hasard ?
- Moi, non. Mais le binôme de Ginny est un Serpentard, qui, par conséquent, sera dans le dortoir de Crabbe, et tout comme Ginny, il sera préfet à la rentrée. Si ce n'est pas par l'un, ce sera par l'autre que j'aurai des occasions d'avoir des informations sur ce qui se passera dans le dortoir…
- Oh mais oui, suis-je bête, j'avais oublié ça ! Je m'appuierai sur Simon Harper et sur son suppléant, dans ce cas. Au vu de leur statut de préfet et de suppléant, on peut espérer que ce seront deux élèves qui ne se feront pas embrigader par leur futur camarade de dortoir…
Terry soupira.
- Ne serait-ce pas mieux de le renvoyer ? Il n'embêterait plus personne, au moins… Et avec tout ce qu'il a fait, ce n'est pas normal qu'il soit toujours là…
- Oui, mais je crains que ce ne soit pas une bonne chose d'exclure Crabbe de l'école, que ce soit de façon provisoire ou permanente. Il appartient à la catégorie d'enfants de Mangemorts qui n'ont plus de parents, soit parce qu'ils sont tous deux à Azkaban, soit parce que l'un est mort – plus souvent la mère – et l'autre à Azkaban. Hors de Poudlard, il sera livré à lui-même, et ce ne sera pas bon du tout pour la société. Il vaut mieux retarder le plus longtemps possible le moment où il sera lâché dans la nature.
- Il le sera quand-même après les ASPIC… S'il fait sa septième année. Durant l'été, il sera majeur et libre de ne pas retourner à Poudlard…
- Oui, mais d'ici là, on aura peut-être un moyen de le contrôler quand il ne sera plus à Poudlard, lui ainsi que les autres…
Terry saisit le sous-entendu très, très, très implicite de son professeur.
- Autrement dit, peut-être que Fudge ne sera plus ministre de la magie et que le sort des enfants de Mangemorts intéressera davantage celui qui lui succédera, et que celui-ci prendra des mesures afin de surveiller ces adolescents qui, sans repères, seraient tentés de suivre le chemin de leur père ?
Le professeur Black parut déstabilisé, ne s'attendant visiblement pas à ce que Terry le perce autant à jour. Il essaya néanmoins de se rattraper :
- Ce n'est pas ce que j'ai dit…
- Je ne le répéterai à personne, professeur. Et nous sommes nombreux à rêver de la destitution de ce pseudo ministre… Mais je sais bien que ce n'est pas un débat que vous devez avoir avec un élève.
- Si l'anniversaire de Ginny se fait au Square et que tu viens, je serai plus apte à avoir ce débat. Car après tout, je serai le parent d'élève d'un de tes amis, pas ton professeur… Mais recentrons-nous sur cette histoire de conférences. Nous avons résolu le problème de Megan Jones et de Tracey Davies. En ce qui concerne Roger Curtis, ça va bien, entre vous ?
- Oui, je ne le côtoie pas trop, mais je n'ai jamais eu le moindre souci avec lui. Tout ce que j'aurais à lui reprocher, c'est d'avoir traité Harry de chouchou du professeur Lupin et de l'avoir quasiment incriminé pour cela… Mais il s'est sincèrement excusé par la suite, après avoir été sermonné par le professeur Chourave, et Harry ne lui en tient plus rigueur.
- Bon, tout est parfait, alors. As-tu des questions ?
- Oui. Comment va-t-on se déplacer, pour les conférences ?
- Tes parents régleront ce genre de détails par lettres avec ceux de tes camarades. Mais ce sera soit par transplanage, soit par Portoloin. Autre question ?
- Non, c'est bon.
- Bien, tu peux y aller.
Terry remercia son professeur et quitta le bureau. Il se dirigea vers la Tour de Serdaigle, y monta et se rendit à son dortoir. Il était à peine entré dans son espace qu'il fut interpellé par Michaël :
- C'est toi, Terry ?
- Non, c'est Merlin…
- Ah, ah, très drôle.
Michaël et Anthony durent décréter que c'était l'heure de se réunir car quelques secondes plus tard, ils étaient tous deux assis sur le lit de Terry.
- Ça a été, avec le professeur Black ? Il a fait en sorte que tu puisses aller à toutes les conférences ? s'enquit Michaël.
- Oui, Roger Curtis, Tracey Davies et Megan Jones se relaieront pour m'y emmener.
- Oh, super…
Le ton de Michaël dénotait tout sauf de la joie.
- Il n'y avait pas d'autres élèves que Davies et Jones ? Car bon, désolé, mais ce ne sont pas les filles les plus ouvertes d'esprit de l'école…
- C'est la réaction que j'ai eue aussi, mais le professeur Black m'a fait relativiser…
Terry raconta son entrevue avec leur directeur de maison à Michaël et à Anthony.
- Si le professeur Black a raison et que ces deux filles ne sont pas les mêmes quand elles ne sont pas à Poudlard, eh bien qu'elles s'entourent vite d'autres personnes, recommanda Michaël.
- Ce n'est pas si facile. Pour elles, Bulstrode est leur amie. Elles n'ont pas conscience qu'elle ne fait que les utiliser. C'est comme quand quelqu'un est sous l'effet de la drogue et qu'il est persuadé que ça lui fait du bien… Il y a cette notion de décalage par rapport à la réalité.
- Mais si tu t'aperçois que Davies et Jones sont différentes de celles qu'elles sont à Poudlard, tu ne pourras rien faire… Tu n'es pas assez proche d'elles pour leur conseiller de dire crotte à Bulstrode, regretta Anthony.
- Non, mais je ne les considérerais plus de la même manière. Et je préfère juger les gens à leur juste valeur.
- Oui, c'est mieux, concéda Anthony.
- Mais Hermione ne va pas être trop jalouse ? Parce que, mine de rien, tu vas aller à trois ou quatre conférences avec une fille…
- Cinq, corrigea Terry. Et je n'imagine pas du tout Hermione être jalouse…
- Ah bah oui, bien sûr, ça va lui faire trop plaisir que tu te fasses des après-midis avec des filles qui, physiquement, sont plutôt jolies…
- Hermione a confiance en moi. La plus belle des top modèles aurait beau défiler devant moi, ça ne me ferait ni chaud ni froid…
- Même nue ?
- Il y a très peu de chances que j'aille quelque part où il y a des femmes nues, Michaël. Ce n'est pas mon truc.
- Comment tu vas faire quand tu vas sauter le pas avec Hermione ? Ça ne va pas être très pratique si elle est toute habillée…
Terry s'empara d'un coussin et le jeta au visage de Michaël qui l'esquiva en riant.
- Hermione, ce n'est pas pareil, espèce d'idiot !
- Non mais, plus sérieusement, elle ne va pas être un poil irritée ?
Jusque-là sûr de lui, Terry fut soudain pris d'un doute qui s'insinua tel un venin en lui. Rares étaient les personnes qui n'étaient absolument pas jalouses, peu importe les circonstances… Et Hermione aurait de quoi l'être, même si Terry n'avait aucune envie de la tromper…
- Je ne sais pas, avoua-t-il.
Michaël sembla gêné.
- Pardon, c'était stupide de t'interroger sur une éventuelle jalousie de Hermione…
- Le mieux, c'est de tirer ça au clair avec elle dès que vous vous retrouverez, enchaîna Anthony.
- Et si elle te fait une scène, rassure-la en lui disant qu'il n'y a qu'elle que tu aimes, que si tu avais pu, tu y serais allé seul, à ces conférences, et que tu seras bien plus obnubilé par les interventions de tous les Aurors que par Jones et Davies…
Tout comme Anthony, Terry fixa Michaël avec un air qui interloqua celui-ci :
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Non, tu nous fascines, c'est tout… Il y a dix minutes, tu angoissais inutilement Terry en évoquant une supposée jalousie de Hermione, et là, tu lui soumets plein d'idées qui vont l'aider à arranger le coup s'il s'avère que Hermione est effectivement jalouse…
- Bah je me rattrape, mais Terry n'a pas besoin qu'on lui dise quoi faire. Il va gérer, avec Hermione.
Terry sourit.
- Merci, Michaël. On doit se voir dans une heure, j'aviserai à ce moment-là…
Anthony et Michaël acquiescèrent et dévièrent vers un autre sujet. Terry resta avec ses amis pendant trois quarts d'heure, puis il s'en alla, se souvenant à temps qu'il avait rendez-vous avec Hermione.
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Terry rejoignit Hermione à quinze heures trente devant la salle sur demande. Il l'embrassa et fit apparaître le repaire secret. Ils y pénétrèrent et s'installèrent sur les couvertures rouges et bleues. Ils se délestèrent de leurs robes de sorcier qui leur tenaient chaud, même si c'étaient des robes d'été.
- Ah, ce que c'est bon d'être au calme… Loin de toutes ces piles électriques que sont les élèves…
- Ils étaient si intenables que ça ? s'étonna Terry.
- Oui, et je n'exagère pas quand je les compare à des piles électriques… Mais ce doit être comme ça lors de chaque fin d'année, sauf qu'avant, nous n'étions que des témoins, nous ne réalisions pas que toute cette agitation était synonyme de grosse charge de travail pour les préfets… Mais ça va, je n'ai pas eu à m'occuper de cette histoire de bombabouses. Enfin, j'ai juste servi de hibou entre Pansy et Ginny. Pansy avait confisqué des bombabouses à un élève, ce matin, mais il devait en avoir d'autres car Ginny en a ramassé à tous les étages une heure plus tard. Ron était au courant par Pansy, Harry par Ginny, ils m'en ont tous les deux parlé séparément, j'ai croisé Pansy par la suite, et je lui ai dit que l'élève qu'elle avait empêché d'infester les couloirs avait bel et bien commis son acte. Pansy va donc en informer le professeur Snape, puisqu'elle a le nom de l'élève et que c'est un Serpentard.
- Ouah, mais c'est un vrai travail d'équipe ! Vous faites un bon quatuor, Ron, Pansy, Ginny et toi. Et Harry, mais il n'est pas préfet, lui.
- Il ferait un bon indic', pour renseigner les préfets, comme il y en a chez les moldus, avec la police.
- Ça existe aussi dans le monde sorcier, avec les Aurors, précisa Terry. Ce serait une bonne idée, ce concept d'indic', mais il ne faut pas abuser, les élèves ne vont pas faire tout le boulot pour maintenir l'ordre dans les couloirs… Poudlard est une école, pas un Ministère !
- C'est vrai. En tout cas, Ginny sera une excellente préfète.
- Ça, je n'en doute pas. Elle est faite pour ce rôle. Et elle a un avantage que les autres futurs préfets n'ont pas : elle connaît déjà très bien cinq des préfets actuels !
- Oh mais oui, avec Draco, Pansy, Ron, toi et moi qui sommes dans la bande… Elle sera très à l'aise lors des rondes avec Draco et toi. Et elle connaît également un des futurs suppléants, à savoir Théo. Et elle est amie avec trois des futurs préfets, et une des futures suppléantes.
- Non mais ce n'est pas une humaine, c'est un carnet d'adresses ! plaisanta Terry.
- Mais oui ! Elle a beau avoir deux ans de moins que moi, je l'admire énormément. Elle a plein de qualités, elle est hyper populaire, et c'est à peine si elle en a conscience.
- C'est ce qui fait sa force, commenta Terry. Elle ne cherche pas à avoir toutes ces personnes autour d'elle, c'est sa façon d'être qui plaît aux gens et qui les attire. C'est ça qui fait que Harry l'a choisie comme co-capitaine, et le professeur Lupin comme préfète. Mais il faut qu'elle fasse attention à ne pas tout accepter non plus… J'ai l'impression qu'elle a du mal à dire non, tellement elle veut aider et bien faire…
- On la surveillera, sans être trop sur son dos pour autant… Après tout, c'est notre rôle, que ce soit en tant qu'amis, ou en tant que préfets aînés.
- Tout à fait. Et on fera de même avec tous les autres petits nouveaux, en gardant un œil particulier sur Ginny. Ce sera plus simple pour Ron et toi, puisque que vous êtes de la même maison qu'elle…
- Oui, je verrai bien si elle est épuisée, le soir, dans la salle commune. Si elle est trop sur les rotules, j'en discuterai avec elle, et si ça ne suffit pas, j'en référerai au professeur Lupin.
- Eh bien bon courage à lui, car ça signifiera que la situation sera un peu désespérée pour Ginny… Mais c'est ça, d'être directeur de maison.
- Oui, et d'ailleurs, tu avais un entretien avec le tien, à treize heures ? Qu'est-ce qu'il en ressort ?
- Que je vais pouvoir aller à toutes les conférences. J'irai à celles du trois et sept juillet avec Megan Jones, à celles du dix et du treize avec Roger Curtis, et à celles du seize juillet, du vingt-et-un août et du vingt-quatre août avec Tracey Davies.
Hermione parut perplexe.
- Megan Jones et Tracey Davies ont bien voulu ?
- Oui, et d'après elles, ça ne posera pas de problèmes à leurs parents, et ça n'en posera pas non plus à ceux de Roger Curtis.
- Oh, tant mieux.
Le ton de Hermione n'était pas plus enthousiaste que celui de Michaël une heure plus tôt.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Terry.
- Ben… ça me surprend, pour Davies et Jones. Vu ce que nous en dit Pansy, ces filles ne sont pas du style à voler au secours d'un de leurs camarades, qu'il soit mignon ou non, et ce n'est pas comme si vous étiez de grands amis…
- Il ne faut pas juger un livre par sa couverture.
Hermione arqua un sourcil.
- Comment ça ?
Comme il l'avait fait avec Anthony et Michaël, Terry relata à Hermione la conversation qu'il avait eue avec le professeur Black à propos des deux filles de Serpentard, ainsi que toutes les déductions qu'il en avait faites.
- Je n'avais pas songé à tout ça, avoua Hermione une fois que Terry eût terminé son récit. Mais c'est très cohérent. Le professeur Black a raison. Pars sans à priori sur elles.
- C'est ce que je vais faire. Mais… euh… il n'y avait que leur réputation qui te gênait ?
- Ben… oui, pourquoi ? Il y autre chose qui te gêne, toi ?
- Non, pas moi, mais… non, rien, ce n'est pas important.
- Ah non, tu m'en as soit trop dit, soit pas assez !
Terry soupira.
- J'avais un léger stress quant au fait que tu aurais pu être jalouse…
Hermione écarquilla les yeux.
- Attends, tu imaginais que j'allais être jalouse parce que tu vas aller à ces conférences… avec des filles ?
- Oui, mais c'était complètement idiot, ce n'est pas ton genre…
- Je ne te le fais pas dire ! Non mais comment as-tu pu croire ça ?
- C'est Michaël, il a réussi à semer le trouble dans mon esprit…
- Il sait pourtant que nous ne sommes pas un couple où l'un se méfie sans cesse des fréquentations de l'autre ! S'il pense que j'aurais eu de quoi être jalouse, c'est qu'il ne te fait pas confiance…
- Non, c'est juste qu'il a une vision erronée de l'amour… Pour lui, si un garçon passe un après-midi avec une autre fille que sa petite-amie, c'est qu'il va forcément y avoir danger…
- Mais ce n'est pas en deux ou trois jours qu'il va y avoir quoi que ce soit entre l'une de ces filles et toi ! Surtout qu'il y aura leurs parents avec vous… Ce ne seraient pas les meilleures conditions pour draguer… Franchement, je ne me fais aucun souci. Et puis même si elles s'avéreraient gentilles, au fond, je ne suis pas sûre que ce seraient des filles par qui tu serais susceptible d'être intéressé…
- Non, pas trop, admit Terry. Mais je n'ai pas de critères, en fait. Il n'y a qu'une fille qui me plaît et que j'aime, et cette fille, c'est toi.
Hermione sourit, touchée, et offrit un baiser tendre et amoureux à Terry.
- Tu es de ronde, ce soir, si je me souviens bien ? s'enquit-elle quand leurs lèvres se décollèrent.
- Oui, avec Pansy.
- Dommage, j'aurais bien aimé être avec toi jusqu'au dîner…
- On n'a qu'à revenir ici vers vingt heures, si tu veux, suggéra Terry.
- Ça t'irait ?
- Oui, je suis comme toi, s'il n'y avait pas eu cette ronde, je serais resté ici, avec toi…
- Mais tu ne vas pas te faire remplacer parce que tu veux être avec ta petite-amie !
Terry éclata de rire.
- Bien que ce soit la vérité, je n'oserais pas présenter une telle excuse ! Même si Ron comprendrait et se dévouerait volontiers… Draco aussi, mais il ne peut pas faire de ronde avec Pansy, car ça ferait un binôme de deux Serpentard… Et Wayne, je ne suis pas assez proche de lui. Mais en réalité, cette ronde n'est pas une si grosse corvée. Je vais la faire avec Pansy, ça va être cool !
- Heureusement que je ne suis vraiment pas jalouse, se moqua Hermione.
- Je ne te tromperais ni avec Tracey Davies, ni avec Megan Jones, ni avec Pansy, ni avec une autre fille, jura Terry. Ce serait trop le bazar dans la bande si je fricotais avec Pansy… Ça ferait exploser deux couples dans la bande : le nôtre, et celui de Ron et de Pansy !
- Ouais, non, très mauvais calcul… Il n'y aurait plus de bande du tout, là !
- Oui, mais ça ne risque pas d'arriver, je suis bien avec toi, et je t'aime trop pour t'être infidèle.
Comme pour appuyer ses paroles, Terry s'empara à son tour des lèvres de Hermione, et il l'entraîna dans un long baiser auquel elle répondit avec douceur, puis avec plus d'ardeur quand le baiser se fit plus passionné. Tandis que les mains de Hermione vinrent errer dans les cheveux de Terry, celui-ci descendit les siennes le long du dos de sa lionne adorée, la faisant frissonner. Enhardi, Terry délogea le bas du chemisier coincé dans la jupe de Hermione, et glissa ses doigts dessous. Il crut défaillir en sentant la peau douce de Hermione sous ses doigts. C'était si bon… Bien plus que caresser un dos à travers des vêtements ! Hermione dut être de cet avis, car elle s'apprêta à imiter Terry, mais il eut la lucidité d'avorter sa tentative. Il rompit le baiser et se détacha de Hermione à regret, et il vit à quel point elle avait apprécié tout cela en voyant ses joues plus rouges qu'à l'ordinaire et ses yeux briller d'un désir non contenu. Lui-même était sûrement dans le même état… Et c'était bien pour cela qu'il avait interrompu cet instant si agréable.
- Si on avait eu plus de temps, je ne t'aurais pas arrêtée, confessa Terry. Mais là, j'ai une ronde dans moins d'une heure, ce ne serait pas très prudent, et on n'aurait pas pu en profiter parce qu'on aurait été pressés par le temps… Et je ne veux pas que notre premier vrai moment intime se fasse comme ça, dans la précipitation…
- Tu as raison, on aura d'autres occasions cet été, si mes parents m'autorisent à aller chez toi… Car aux dernières nouvelles, je suis bien invitée ?
- Oui, j'ai expliqué par lettre à ma mère que tu étais d'accord, mais qu'il te fallait la permission de tes parents. Elle semblait enchantée que tu veuilles bien passer quelques jours chez nous. Ça prouve combien elle a hâte de te rencontrer…
- Oui, et ça me fait super plaisir. Elle a l'air extra, ta famille.
- Tu seras bien accueillie, ça, tu peux en être persuadée.
Hermione acquiesça et se blottit contre Terry.
- Et Pattenrond, comment va-t-il ?
- Oh, il va très bien… Mais il est toujours aussi réticent à se faire couper les griffes.
Hermione se mit à raconter ses déboires avec les griffes de son chat. Cela fit beaucoup rire Terry qui conseilla Hermione du mieux qu'il put. Avant de se quitter, ils se promirent une chose : si, une fois qu'ils auraient emménagé ensemble, ils décidaient de prendre un deuxième chat, en adopter un qui aurait un bien meilleur caractère que Pattenrond !
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(jeudi 28/06) POV Daphné
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- Une double dose, ça me détendrait bien, mais si ça me détend trop, je vais être une épave… Et ce serait contre-productif…
Daphné était seule, mais dans son dortoir, mis à part elle-même, elle n'avait personne d'autre à qui parler du plan qui consistait à se procurer un cheveu de son fiancé… Ce plan n'avait pas vocation à être ébruité, mais ce n'était pas évident de conserver quoi que ce soit de secret avec la très fâcheuse habitude que Pansy avait de surgir n'importe quand dans l'espace de Daphné, et ce fut exactement ce qu'elle fit, ce qui obligea Daphné à cacher ses fioles sous ses draps quand elle perçut les pas de Pansy qui se ruait vers ses rideaux qui s'ouvrirent brusquement.
- Est-ce que tu as vu mon badge ?! interrogea-t-elle d'emblée, la voix alarmée.
- Euh… non, pas à ce que je sache…
- Mais je l'avais hier lors de ma ronde avec Terry, il n'a pas pu disparaître comme ça !
Daphné nota un détail qui l'interpella :
- Tu n'as pas la même robe qu'hier, si ?
- Mais on s'en fout, de ça ! C'est de mon badge dont il… Oh.
Pansy s'éclipsa et revint deux minutes plus tard.
- Il était bien sur mon autre robe, confirma-t-elle, penaude.
- Tu avais oublié que tu t'étais changée ?
- Oui, je ne me change pas en pleine semaine, normalement, ça m'a désorientée… Mais je n'ai pas pu faire autrement, ma robe empestait trop à cause d'une blague débile dont j'ai été victime pendant la ronde… Merci de m'avoir aidée, et désolée d'avoir débarqué ainsi…
Daphné allait dire que ce n'était pas grave, mais elle vit Pansy fixer l'endroit où étaient dissimulées les fioles.
- Qu'est-ce que tu caches ?
- Rien, prétendit Daphné.
- Mmmh… Ton attitude pas très sereine, ton pied qui tape nerveusement par terre et les bosses très étranges sous tes draps me disent tout le contraire…
Vaincue, Daphné céda et sortit les fioles de sous ses couvertures.
- Ce sont des potions relaxantes.
- Tu en as combien, comme ça ?!
- Assez pour me faire la semaine, éluda Daphné.
Pansy soupira.
- Écoute, je sais que c'est dur, avec ton fiancé, mais ce n'est pas en t'enfilant quatre ou cinq potions relaxantes que ça va s'arranger…
Daphné fit les gros yeux à Pansy, bondit hors de son lit, tira d'un coup sec sur les rideaux et lança le sort d'insonorisation.
- Non mais ça va pas ? s'écria-t-elle. Une des filles aurait pu t'entendre !
- Elles ne sont pas là, répliqua Pansy. Comment dois-je interpréter ta réaction ? Comme un aveu ?
- Non, rétorqua Daphné.
- Alors que fais-tu avec ces potions ? Même si c'est un traitement, je doute fort que l'infirmière ou le professeur Snape t'aient recommandé d'en avaler plusieurs en une seule fois…
- Je n'en aurais pas bu plus de deux, assura Daphné.
- Tu as le droit ? Combien t'a-t'on dit d'en boire à la fois ?
- Une, mais…
- Alors deux, c'est trop ! Non mais Daphné ! Si je n'avais pas cru avoir perdu mon badge, tu aurais fait une grosse bêtise !
- Mais pas du tout ! Tu te méprends sur mes intentions, Pansy !
- Si tu étais plus claire, je ne me ferais pas des films dans ma tête !
Un bref silence s'installa, durant lequel les deux filles s'affrontèrent du regard. Ce calme contrastait terriblement avec le volume sonore qui n'avait cessé d'augmenter au fur et à mesure que Daphné et Pansy se disputaient. Ce fut Pansy qui finit par rompre le contact visuel. Elle soupira de nouveau et s'assit sur le lit de Daphné, qu'elle invita à faire de même. Bien que réticente, Daphné l'imita.
- Tu peux tout me dire, Daphné, déclara Pansy d'un ton doux et sérieux. Je ne répéterai rien tant que ce n'est pas dans ton intérêt.
- Mais ça signifierait tout te dire…
- En quoi est-ce un problème ?
- Parce que ça doit rester le plus confidentiel possible.
- Je garderai ça pour moi, je t'en fais le serment. Mais tu m'inquiètes, là. Tu ne serais pas en train de comploter quelque chose d'interdit, par hasard ?
- C'est plus compliqué que ça… Mais il y a bien un plan, oui.
- Est-ce que c'est dangereux ?
- Euh…
Ce ne fut qu'en faisant face à cette question que Daphné réalisa que ce plan représentait bien un réel danger. Si Murray devinait le stratagème, que serait-il bien capable de lui faire ? Après avoir violé la fille avec qui il entretenait une relation clandestine, frapper sa fiancée n'allait pas lui faire peur… Ce garçon était tellement abject… Cette prise de conscience en amena une autre chez Daphné : et si, finalement, mettre Pansy dans la confidence était une bonne idée ? Et si l'inclure dans le plan était aussi une bonne idée ? Sans lui faire courir un quelconque risque, bien sûr… Du moins, si le plan se déroulait sans accroc… Le rôle de Pansy serait simple : sauver Daphné si Murray commençait à se montrer violent envers elle. Pansy était une préfète, elle saurait maîtriser Murray sans qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit contre elle… De plus, Pansy serait dans l'ombre, et attaquerait donc par surprise Murray qui serait ligoté avant d'avoir pu saisir ce qui se tramait… Tout serait favorable à Pansy.
- Ça peut l'être, mais avec ton aide, ça sera beaucoup moins périlleux…
Pansy eut l'air totalement décontenancée, ce qui n'était guère étonnant.
- Attends, je ne comprends plus rien là…
- Je vais tout t'expliquer.
Daphné relata alors à Pansy la pression que lui avait mise Murray deux jours plus tôt, la discussion qu'elle avait ensuite eue avec Lisa Turpin qui les avait espionnés malgré elle, et le fameux plan qui avait découlé de tout cela, qui avait été fomenté par Lisa et Daphné, et qui avait été amélioré par le professeur Snape.
- C'est hyper ingénieux, murmura Pansy. C'est une chance que Lisa ait été dans les parages…
- Oh oui… On ne s'était presque jamais adressé la parole en six ans, et là, en vingt minutes, elle est soudain devenue l'une de mes meilleures alliées… Et le professeur Snape a été génial. À la base, on ne faisait appel à lui que pour le Veritaserum, et il s'est retrouvé à faire partie intégrante du plan qui a été peaufiné par ses soins…
- Que veux-tu, il est parfait…
Daphné pouffa.
- Qui aurait dit ça il y a un an, excepté ceux qui lui vouaient un culte par flagornerie ?
- C'est clair, avoir renoué avec son métier de médicomage et de psychomage, ça l'a transformé… Si on avait su que c'était la solution pour avoir un professeur et un directeur de maison plus humain et plus soucieux de notre bien-être, on aurait fait en sorte dès notre première année qu'il ait ces quatre fonctions à la fois, en plus de celle de potionniste…
- Ça aurait été trop tôt pour lui. Si ce déclic ne s'est fait que cette année, c'est qu'il devait avoir lieu cette année, pour une raison que nous ignorons tous.
- C'est très mystique, tout ça, jugea Pansy. Mais ça me plaît bien, cette vision des choses. Bon, tu ne m'as toujours pas dit à quoi vont te servir ces potions…
- C'est pour l'obtention du cheveu de Murray. Il n'y a pas trente-six mille moyens pour en avoir un sans qu'il ne remarque rien… Ou, du moins, sans que ça ne semble suspect.
- Ouh là, c'est bizarre comme je le sens mal, ironisa Pansy.
- C'est bien pour ça que je vais avoir besoin de toi. Voilà mon plan : à chaque fois qu'on se voit, ce qui demeure assez rare, Murray m'embrasse. C'est l'une des seules choses que je l'autorise à faire. Mais à un moment, c'est plus fort que moi, j'écourte le baiser, tant ça me dégoûte. Évidemment, je ne laisse rien paraître, et je justifie ce rejet par de la gêne auprès de Murray. La prochaine fois qu'on se verra, je me ferai violence et j'approfondirai de moi-même le baiser. Il n'aura rien à soupçonner, vu que c'est lui, la dernière fois, qui m'a exhorté à faire des efforts… Il sera ravi que j'en fasse. Au bout de quelques minutes, j'enfouirai mes mains dans ses cheveux, je lui en arracherai un, et s'il se plaint, je lui dirais que je me suis trop enhardie…
- C'est un bon plan. Et s'il s'énerve, c'est là que j'entrerai en action.
- C'est ça. Est-ce que tu es d'accord ?
Pansy leva les yeux au ciel.
- Est-ce que je dois vraiment répondre à ça ?
- Tu me demandais tout à l'heure si le plan était dangereux, eh bien celui-là l'est.
- Il en faut plus pour m'effrayer. Tu peux te reposer sur moi, je serai là pour te protéger !
Daphné sourit.
- Merci, Pansy. Je mise énormément sur ce plan. Il sera peut-être synonyme de liberté, pour moi… Si ça marche, je serai délivrée de ce contrat et de cette future union avec Murray…
- Mais tu n'as pas peur que ton père te promette à un autre garçon ? Il l'a bien fait quatre mois plus tard quand le contrat avec le père de Draco a été annulé… Et tu as de nombreux prétendants. C'est même pour ça que le nom de ton fiancé ne doit pas fuiter, pour éviter que ceux qui aimeraient bien t'avoir comme fiancée n'attaquent Murray…
- Oui, mais mon père n'est pas forcément séduit par un potentiel contrat avec la famille de tous ces prétendants… Mine de rien, ça a été long pour qu'il conclue cette alliance avec le père de Murray… Et si mon futur fiancé est quelqu'un de gentil et de respectueux – car, oui, tous les Sang-Pur ne sont pas comme Murray – je serai bien plus à l'aise avec lui que je ne l'aie été avec Draco, et que je ne le suis avec Murray… Si c'était inconcevable pour Draco et moi de s'unir après Poudlard, c'est parce qu'on avait une relation beaucoup trop fraternelle pour envisager de se marier une fois adultes… Et si je refuse d'épouser Murray, c'est à cause de son comportement. Mais si j'ai un fiancé correct, ce sera plus facile de faire bonne figure jusqu'à ce que je quitte Poudlard. Car même si j'ai le fiancé le plus adorable de la Terre, je ne me marierai pas avec lui. Je serai fidèle à mon plan initial qui est de m'enfuir loin, quand j'aurai les ASPIC en poche, pour que mon père ne puisse pas m'imposer de me marier avec qui que ce soit. Tout ce que je veux, c'est terminer ma scolarité sans être constamment terrifiée par mon fiancé.
- Ce qui est parfaitement normal, acheva Pansy. Mais il n'y a personne, dans ta famille, chez qui tu peux te réfugier ?
- Non, ils sont tous comme mes parents. Sauf un, mais ce n'était qu'un leurre…
- Comment ça ? Enfin, c'est peut-être trop indiscret…
- Non, c'est juste un peu douloureux d'en parler. Mon oncle, le frère de mon père, était la personne que j'aimais le plus au monde. Il était aussi mon parrain jusqu'à mes huit ans, car c'était en lui que mon père avait le plus confiance, mais une affaire d'héritage a tout fait voler en éclats. Mon oncle a comploté contre mon père pour avoir sa part et ainsi récupérer tout l'héritage, en essayant de le faire tomber et de l'envoyer à Azkaban avec de fausses preuves en s'inspirant d'une grotesque histoire de financements frauduleux inventée de toutes pièces, et tout ce qu'il a gagné, dans tout ça, c'est d'être renié de la famille… De tels coups bas sont inadmissibles, chez les Sang-Pur, et encore plus quand c'est envers l'aîné, comme l'a fait mon oncle… Il nous a tout avoué, à Astoria et à moi, car c'est le protocole quand quelqu'un est renié dans ce genre de situation. Sans ça, on aurait pu accuser notre père d'avoir injustement renié notre oncle… J'étais détruite, après ses aveux. Je ne mangeais plus, je pleurais dès que j'étais dans ma chambre… J'avais perdu l'être qui m'était le plus cher, et j'avais eu une grosse désillusion à son sujet… Heureusement, il y a eu une nouvelle qui m'a vite remonté le moral : après avoir longtemps décrété qu'Astoria et moi n'irions pas à Poudlard, que nous serions instruites à la maison, afin que nous assistions à un maximum de soirées mondaines pour être bien préparées à notre futur rôle d'épouse Sang-Pur et de femme au foyer, notre père nous a annoncé que tout compte fait, nous irions à Poudlard. Ça a été un choc et une immense joie pour Astoria et moi, que nous nous sommes bien gardées de ne pas trop exprimer. Bref, tout ça pour dire que je ne peux aller chez aucun membre de ma famille. Mais tant mieux, ça va m'inciter à me débrouiller par moi-même et à être entièrement indépendante…
- Pas faux… Mais… euh… désolée de revenir là-dessus, mais… ces potions…
- Oh, oui, pardon, je n'ai pas fini mon explication ! J'ai trop tendance à m'éparpiller… Ces potions vont m'aider à supporter le baiser que je vais partager avec Murray. Avec ça, je serai trop détendue pour me soustraire à lui… Mais j'hésite à avaler une ou deux fioles…
- Je maintiens ce que je disais, même quand je n'avais pas le contexte : deux, ce sera trop. Tu seras trop zen pour engager quoi que ce soit, alors que le but, c'est de fouiller dans les cheveux de l'autre abruti, ce qui exige de toi une certaine réactivité…
- Mmmh… Donc une seule suffira ?
- Pour moi, oui.
- Bien, je me fie à toi ! Est-ce que tu es libre, là, tout de suite ?
- Euh… oui, pourquoi ?
- Parce qu'il est onze heures et que Murray se promène souvent dans Poudlard avant d'aller manger.
- Ok, bois ta fiole et on y va.
Daphné acquiesça, ingurgita sa potion et se leva, tout comme Pansy. Elles sortirent du dortoir, puis de la salle commune, et commencèrent à chercher Murray. Elles ne le virent pas au rez-de-chaussée, ni au premier étage, mais elles croisèrent en revanche Lisa qui s'arrêta à leur hauteur.
- Salut, Lisa ! Est-ce que tu aurais vu Murray, par hasard ?
- Oui, il est à la bibliothèque. Il est arrivé pile quand je m'en allais, comme si j'avais pressenti qu'il allait pointer le bout de son nez…
- Il ne t'a pas abordée ?
- Non, et il aurait été bête de le faire, dans un lieu où le silence est de rigueur…
Lisa jeta un coup d'oeil à Pansy, désirant visiblement mentionner le plan, sans oser le faire.
- Je lui ai tout dit, révéla Daphné. Je vais mettre mon plan à exécution et il me fallait quelqu'un pour me secourir, au cas où Murray s'emporterait de manière trop virulente…
- Tu as bien fait, affirma Lisa. C'est quoi, ton plan, du coup ?
Daphné lui exposa ce qu'elle avait en tête.
- C'est une brillante idée, approuva Lisa. Mais pour être honnête, ça me fiche un peu la trouille. S'il s'aperçoit d'un truc… Comment vas-tu faire, pour avoir un de ses cheveux ? Tu vas le récupérer sur l'un de ses vêtements ?
- Non, il y aurait trop de risques que le cheveu appartienne à une autre personne. Il vaut mieux que je lui en arrache un, mais sans qu'il ne le sente.
- Mais à moins de l'endormir, ce n'est pas faisable… Tu as une astuce ?
- Oui. Je vais le distraire. Quand il voudra m'embrasser, je vais le laisser faire, comme je le fais la plupart du temps. Mais je finis à chaque fois par rompre le baiser. C'est un vrai supplice, pour moi, d'avoir ses lèvres sur les miennes, son souffle sur mon visage, son corps contre le mien… Mais là, je vais prendre sur moi, je vais fourrager dans ses cheveux et je vais faire durer le baiser jusqu'à ce que j'en ai un, ce que je ferai au plus vite.
- Et s'il sent que tu lui tires un cheveu et qu'il n'apprécie pas ?
- Je me défendrai en lui disant qu'il faut qu'il sache ce qu'il veut, car ça l'énerve quand je suis trop passive, et ça l'énerve aussi quand je suis plus entreprenante… Ça devrait le calmer.
- Je l'espère… C'est une bonne chose que Pansy soit près de toi, même si elle sera dans un coin. Ça me tranquillise plus que si tu étais toute seule… Bon, je te souhaite un bon courage, et ne tente pas trop le diable, fixe-toi des limites…
- Ne t'en fais pas, je serai prudente.
Bien qu'un peu dubitative, Lisa hocha la tête, sourit à Daphné et Pansy, et s'en alla. Les deux amies reprirent leur chemin et grimpèrent au quatrième étage. Lorsqu'elles furent près de la bibliothèque, Pansy fit part de ses interrogations :
- Comment vas-tu justifier le fait que tu sois ici ?
- Je vais lui dire que j'attends une camarade, mais qu'elle m'a probablement fait faux bond car elle a trop de choses à faire… Bon, tu ferais mieux d'aller te cacher, Murray peut quitter la bibliothèque à tout moment, et on sera cramées s'il nous voit ensemble…
- Oui, j'y vais.
Pansy s'éloigna et alla se dissimuler dans une zone reculée et peu éclairée du couloir. Daphné, elle, dans un souci de crédibilité, adopta un air ennuyé. Lorsque la porte de la bibliothèque s'ouvrit enfin sur Murray, elle ne réagit pas, jouant son rôle à fond.
- Daphné ? Que fais-tu ici ?
Daphné tourna la tête et ne manifesta aucune émotion en «découvrant» l'identité de celui qui l'avait appelée.
- Oh, c'est toi… J'ai rendez-vous avec une amie, mais je crois bien qu'elle m'a oubliée… Elle doit être plus occupée que moi.
- Tu n'as rien à faire ?
- Non.
- Cool, tu es toute à moi, alors…
Murray entraîna Daphné à l'écart, là où il était sûr que Daphné et lui ne seraient pas importunés. La panique envahit Daphné, mais elle se souvint que Pansy n'était pas loin.
- Tu es plus docile qu'à l'ordinaire… Notre dernière discussion aurait-elle été efficace ?
- Disons que tout n'était pas à jeter dans ce que tu as dit… En particulier en ce qui concerne la nuit de noces. Si on n'aura pas été intimes avant, ça va être très compliqué…
- Heureux de te l'entendre dire.
Sans rien ajouter de plus, Murray captura les lèvres de Daphné entre les siennes. Daphné sut que la potion avait fait effet, car pour la première fois, elle n'eut pas la furieuse envie de repousser Murray. Elle était trop relaxée pour cela, presque indolente. Elle n'avait pas plus envie de ce baiser, mais il était plus supportable qu'à l'accoutumée. Et elle remercia mentalement Pansy de l'avoir empêchée de boire deux potions. Elle aurait été trop léthargique pour faire ce qu'elle avait à faire.
Murray était habitué à ce que Daphné s'écarte de lui après quelques minutes, mais comme elle ne le fit pas, il sauta sur l'occasion pour se coller davantage à elle. Là, Daphné fut bien moins à l'aise. Un baiser, c'était une chose, un corps tout entier contre le sien, c'en était une autre… Le dégoût qu'elle éprouva n'était pas tant dû au fait que c'était Murray, mais au fait que c'était le corps d'un homme qui épousait le sien. Elle détestait ça. C'étaient les corps féminins qu'elle affectionnait, pas les corps masculins… Mais elle eut le bon sens de ne pas suivre sa raison qui lui hurlait de rabrouer Murray, de l'expulser loin d'elle et de s'enfuir. Elle avait un plan, et elle s'y tiendrait, coûte que coûte. Elle prolongea donc un peu le baiser, puis elle enfouit ses mains dans les cheveux de Murray. Celui-ci se rapprocha encore plus d'elle, si bien que même une feuille de parchemin n'aurait pu se glisser entre eux. Daphné étouffait à la fois dans ce baiser et sous cette étreinte. C'était beaucoup trop pour elle. Mais c'était elle qui était responsable de tout cela. C'était son attitude qui envoyait de faux signaux à Murray… Mais ça allait trop loin. Si elle ne lui volait pas un cheveu maintenant, elle ignorait où cela allait les mener… Contrairement à Pansy ou à Lisa, depuis qu'elle avait échafaudé ce plan, elle n'avait pas eu la moindre inquiétude. Mais là, à présent que l'heure était venue de passer à l'action, elle était soudain incapable de se lancer. Elle était figée par la peur. Si Murray flairait le piège, elle était dans la panade… Mais Pansy était là. Murray n'allait pas avoir le temps de lui faire du mal… À peine se fit-elle cette réflexion qu'un cri la fit sursauter :
- Astoria, non !
C'était Pansy. Sans savoir d'où lui vint ce réflexe, Daphné profita de la confusion générée par le cri de Pansy pour extorquer un cheveu à Murray.
- Aïe ! Mais qu'est-ce que…
Murray ne put terminer sa phrase, Daphné et lui étant rejoints par Pansy et Astoria.
- Je suis désolée, Daphné, j'ai essayé de la retenir pour ne pas qu'elle vous dérange, mais…
- Comment as-tu su que j'étais là ?
- Je vous ai vus, et je faisais le guet pour que personne ne vous surprenne, comme votre relation est censée être secrète… Mais vous n'avez pas choisi un endroit très discret…
- Bon, toi t'as une excuse, mais toi, qu'est-ce que tu fais là ?! s'énerva Murray contre Astoria.
- Moi ? Je suis là pour…
- Ce n'est pas urgent, la coupa précipitamment Pansy. Elle désirait dire un truc à Daphné, mais elle verra ça plus tard.
- Non mais c'est bon, on ne va plus être dans l'ambiance, de toute façon…
- Ça, c'est clair, vous avez tout gâché, grommela Murray. Tant pis, on fera en sorte d'avoir un petit moment pour nous demain ou après-demain, ajouta-t-il à l'intention de Daphné.
Celle-ci acquiesça avec un air parfaitement hypocrite. «Oui, dans tes rêves» songea-t-elle très fort.
- Merci de m'avoir accordé un peu de ton temps, c'était très agréable, reprit Murray.
Il se pencha vers Daphné et lui murmura à l'oreille :
- Et merci pour les sensations auxquelles je vais repenser pour accompagner mes plaisirs solitaires, à défaut de ne pas pouvoir me soulager avec toi…
Murray fit un clin d'oeil à Daphné et s'en alla. Lorsqu'il eut disparu, Astoria explosa en s'adressant à Daphné :
- Mais à quoi est-ce que tu joues, par la barbe de Merlin ?! Qu'est-ce que tu foutais avec ce type ?! Tu aurais fini dans son lit, si je ne m'en étais pas mêlée ! Mais c'est peut-être ce que tu voulais, car tu ne semblais pas très farouche… Tu étais même très impliquée dans ce que vous faisiez ! Je ne te suis plus, Daphné ! Il y a une semaine, tu me disais qu'il te répugnait, et là, tu étais prête à coucher avec lui de ton plein gré !
- Ne dis pas n'importe quoi ! Tu ne sais pas de quoi tu parles !
- Alors explique-moi !
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ? Parce que je suis trop jeune ? Parce que je suis trop bête ? Parce que tu ne me fais pas confiance ? Tu m'as toujours tout dit, pourquoi est-ce que là, ce serait différent ?
- Parce que tout ça n'était qu'une comédie, qu'il y a un plan derrière, et qu'il faut un maximum de discrétion pour que ce plan aboutisse aux résultats escomptés ! Et pardonne-moi, mais la discrétion et toi, ça fait deux, tu l'as prouvé il n'y a pas plus tard que quelques secondes ! Comment puis-je te mettre dans la confidence si tu manques d'étriper Murray alors qu'il m'embrassait avec mon plein consentement, ce que tu as très bien constaté ?
Astoria fit une moue en baissant les yeux.
- Écoute, tout ça partait d'un bon sentiment, je le conçois, mais ce n'est pas à toi de me protéger. Tu aurais pu t'exposer à de graves ennuis si Murray avait mal réagi…
- Il ne m'aurait rien fait devant toi…
- Je n'en suis pas si sûre. Crois-moi, il n'est pas à prendre à la légère.
- Alors pourquoi tu es allée te fourrer dans ses pattes ? Il aurait pu te forcer à bien plus qu'un simple baiser !
- Je te l'ai dit, c'était dans le cadre d'un plan…
- Mais quel plan ?
- Tu en sauras plus cet été. Mais si je te dis que c'est dans l'optique de me débarrasser du contrat qui me lie à Murray, est-ce que ça te suffit ?
Astoria écarquilla les yeux.
- Tu es sérieuse ?!
- Je ne plaisanterais pas là-dessus.
Astoria fut visiblement tentée de bombarder Daphné de questions, mais elle se retint, ayant de toute évidence compris l'enjeu de la situation.
- Est-ce que ce plan a des chances de fonctionner ?
- Il est très risqué, mais je viens de réussir une étape primordiale, donc on est sur la bonne voie. Et mon acolyte et moi sommes guidées par le professeur Snape.
- Il est dans le coup ?!
- Oui.
- S'il est avec vous, je n'ai pas à m'en faire. Je patienterai sagement jusqu'à cet été. Et même sans avoir toutes les infos, je prierai chaque jour Merlin pour que ce plan marche.
Daphné sourit, touchée.
- Merci, tu es adorable… Je n'aime pas te tenir à l'écart, mais…
- Ne t'en fais pas, tu m'as convaincue que c'était pour le mieux. Bon, je vais y aller, j'ai mes valises à faire… À plus tard, et ne te mets pas trop en danger…
Astoria s'en alla sur ces mots. Pansy se tourna vers Daphné :
- Tu as le cheveu ? demanda-t-elle à brûle-point.
- Oui, je l'ai soutiré à Murray quand tu as hélé Astoria… C'était l'occasion idéale. Il a râlé, ce qui est logique, mais il n'a pas eu le temps de protester. Sinon, j'aurais prétexté que j'ai agi sous le coup de la surprise et que je n'en ai pas fait exprès. Mais le principal, c'est que j'ai son cheveu.
Pansy acquiesça.
- Ça avance, il reste beaucoup à faire, mais on va y arriver… Ça te dirait qu'on aille dans le parc ? Il fait beau…
- Oui, ça me fera du bien. Je vais juste aller donner le cheveu au professeur Snape…
- Oui, il ne faudrait surtout pas le perdre, approuva Pansy.
Ce fut ainsi que Daphné et elle se rendirent au bureau de leur directeur de maison. Il y avait encore du chemin pour venir à bout du plan, mais tout se déroulait bien jusque-là, et Daphné avait de quoi espérer qu'elle serait bientôt délivrée du contrat dont elle était prisonnière. Elle était bien entourée, et c'était cela qui lui conférait la force de se battre pour sa liberté…
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POV Fred
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En cette douce soirée d'été, la boutique des Weasley était plongée dans un silence seulement troublé par les bruits de l'inventaire que Fred et George étaient en train d'effectuer. C'était l'une des activités que Fred préférait le plus. C'était paisible et reposant. Il faisait du tri quand il fut alerté par une plainte de George :
- Oh non… Fred !
- Quoi ?
- On n'a plus de poudre !
- Laquelle ?
- Celle pour les leurres explosifs.
- Ah non, ce n'est pas possible, hier, on en avait deux paquets entiers…
- C'est bien ça qui m'intrigue. On en a fabriqué pas mal, hier, mais pas au point d'avoir usé les deux paquets de poudre, nuança George.
- Oui, et aujourd'hui, on n'y a pas touché, car on n'a fait que des potions pour les Efface-Boutons… J'aurais bien supposé un vol, mais…
- C'est moi qui ai fermé la boutique, hier soir, vu qu'après avoir fini de travailler, tu es allé faire une énième virée avec Agathe, et je suis sûr d'avoir activé tous les sorts de protection, attesta George.
- Je les ai activés aussi quand je suis rentré. Et si quelqu'un avait pénétré ici cette nuit, il y aurait eu l'alarme qui nous aurait réveillés…
- C'est ce que je me suis dit… Tu as bien renouvelé le charme du Cridurut ?
- Oui, et trop récemment pour que ça ne fasse plus effet, indiqua Fred.
- Bon, dans ce cas, on n'a pas pu nous voler… Mais alors où sont ces deux paquets ?
- Aucune idée. Tu as bien vérifié partout ?
- Oui, même dans les endroits les plus insolites…
Fred et George étaient bien embêtés. Même si, la veille, ils avaient confectionné pas mal de leurres explosifs, il en fallait bien plus pour l'ouverture de la boutique, car c'était typiquement un objet qui allait être très populaire auprès des enfants et des adolescents…
Après des mois et des mois de travail acharné, de galères, d'imprévus, d'espoirs, de désillusions, de stress, de victoires, d'échecs, de nuits blanches, de coups de mou, et de regains d'énergies, Fred et George allaient enfin annoncer à tout le pays que la boutique était sur le point d'ouvrir ses portes… Trois semaines plus tôt, ils étaient tellement en retard sur trois inventions dont ils n'avaient pas tous les ingrédients qu'ils avaient cru qu'ils inaugureraient pas la boutique durant l'été, ce qui les aurait énormément déçus, car c'était la période où ils auraient fait leur plus gros chiffre d'affaires… Mais fort heureusement, ils avaient déniché un grossiste pour la poudre d'obscurité instantanée du Pérou, et deux potionnistes pour la poudre des leurres explosifs et pour le gel des Efface-Boutons. Pour la poudre du Pérou, c'était Olivier qui les avait sauvés en les mettant en contact avec un ami péruvien qui jouait dans l'équipe de Quidditch nationale du Pérou, et qui avait fourni aux jumeaux le nom de plusieurs producteurs de la poudre originaire de leur pays. L'un d'entre eux, conquis par leur projet, avait signé par lettre un partenariat avec eux. Pour les deux autres ingrédients, ils avaient été obligés de se déplacer pour aller rencontrer des potionnistes et leur présenter de vive voix le concept de leur boutique de farces et attrapes, et plus précisément les articles qui nécessitaient un ingrédient qu'ils ambitionnaient de se procurer chez des potionnistes. Ces derniers avaient bien saisi que les jumeaux n'avaient aucune mauvaise intention, ce qu'avaient craint tous les potionnistes à qui Fred et George avaient écrit et qui avait motivé leur refus, et deux potionnistes avaient conclu un marché avec eux. Dès que les jumeaux avaient eu les poudres et le gel, ils s'étaient concentrés sur la préparation des trois produits qui leur faisaient défaut. Pour la poudre d'obscurité instantanée du Pérou, c'était vite fait : verser la poudre dans une fiole et y inclure une notice. En revanche, pour les leurres explosifs, c'était plus long, car il y avait un automatisme à intégrer dans l'objet qui répandait la poudre, ainsi que divers sorts. Et pour les Efface-Boutons, c'était une potion à concocter qui, de par ses vingt-huit étapes, exigeait plusieurs heures de dur labeur. Au moins, ce qui était bien, c'était qu'ils avaient une vingtaine de pots avec un chaudron plein de cette mixture. Comme ils avaient décidé d'en faire des lots de cinq pots et qu'ils désiraient avoir vingt-cinq boîtes d'Efface-Boutons, ils avaient dû faire six chaudrons de cette potion. Sans compter les quatre premiers qu'ils avaient dû vider après avoir testé la substance sur eux… Oui, car il était naïf d'imaginer qu'ils avaient trouvé les bonnes quantités de chaque ingrédient du premier coup… Combien y avait-il eu de parchemins remplis de calculs et de formules raturés, puis déchirés, de tasses de cafés avalées, de cheveux arrachés, de jurons proférés, de crises de nerfs essuyées, jusqu'à ce qu'ils tombent sur la bonne composition… Il avait été temps, car George était tellement tendu que Fred avait failli faire rappliquer Olivier pour le calmer, d'une manière ou d'une autre… Il l'avait même dit à George en affirmant que «tirer un bon coup lui ferait le plus grand bien», ce à quoi George avait répondu «eh bien il faudra qu'il aille très fort !», ce qui avait surpris et décontenancé Fred. En temps normal, jamais George n'aurait dit une chose pareille. Cela montrait à quel point créer une boutique était épuisant. Nombreux étaient ceux pour qui Fred et George faisaient juste «mumuse» avec leur boutique, qui n'avait rien de sérieux, car eux-mêmes n'étaient pas réputés pour l'être, mais même si leur boutique avait pour but principal de divertir, elle n'en demeurait pas moins une vraie boutique, avec tout ce que cela impliquait dans la gestion et les ennuis inhérents à celle-ci.
- Salut, les garçons ! Comment ça va ? Oh, vous en faites, une tête… Qu'est-ce qui ne va pas ?
Fred et George levèrent la tête et virent Agathe, la jeune française qui avait débarqué sur le chemin de Traverse au début du mois et qui avait complètement chamboulé la vie de Fred.
- On a perdu deux paquets de poudre, révéla George, la mine sombre.
- Perdu, dans quel sens ?
- On ne sait pas où ils sont, ajouta Fred.
- Tu ne les aurais pas vus, par hasard ? s'enquit George. Tu étais bien là, ce matin ?
- Oui, mais de quelle poudre s'agit-il ?
- Celle qui permet de faire des leurres explosifs.
- Oh oui, je m'en souviens ! C'est moi qui les ai mis dans un placard. Fred m'avait chargée de faire du rangement, alors c'est ce que j'ai fait avec les paquets de poudre qui traînaient par terre… Je suis désolée si ça vous a causé du tort, j'ai fait ce que j'ai pu avec tout ce qu'il y avait et le peu d'espace disponible pour tout caser…
- Non, ne t'excuse pas, il y a eu un léger problème de communication et tu n'y es pour rien, assura George. Fred doit te faire découvrir d'autres lieux, ce soir ?
- Oui, c'est pour ça que je suis là.
- On aura fini d'ici une heure, est-ce que tu peux aller au Chaudron Baveur où Fred te rejoindra ? Il y a de quoi se rafraîchir, là-bas, et les boissons y sont délicieuses.
- Bien, j'y vais. Mais si je suis en avance, c'était pour vous donner un petit coup de main…
- C'est adorable, mais je vais avoir trop mauvaise conscience pour dormir cette nuit si on t'exploite une fois de plus… Tu as le droit à des congés, même si tu n'es pas censée bosser pour nous…
- Je ne vais pas vous signaler aux prud'hommes…
- Au quoi ?
- Non, rien, c'est français et moldu, sourit Agathe. Bon, puisque vous me chassez, je vais aller noyer mon chagrin dans du jus de citrouille bien frais ! À tout à l'heure, Fred.
Agathe s'en alla sous les yeux rêveurs de Fred qui, tout à sa contemplation, sursauta quand George lui asséna un vigoureux coup de carton sur le crâne.
- Aïeuuuh ! protesta Fred. T'es malade ou quoi ?!
- Oh, je serais toi, je ne la ramènerais pas ! Je t'ai répété des dizaines de fois qu'Agathe n'était pas notre employée, qu'il n'y a aucun contrat, même de bénévolat, et que par conséquent, nous sommes dans l'illégalité quand elle travaille pour nous ! Je te l'ai redit pas plus tard qu'hier, et ce matin, tu as profité de mon absence pour lui filer une tâche dans mon dos ! Je ne peux pas aller acheter deux ou trois trucs chez l'apothicaire qui n'est qu'à une cinquantaine de mètres de la boutique sans que tu ne déroges aux règles qu'on s'était fixées !
- Dis tout de suite que je suis immature et irresponsable, pendant que tu y es !
- Quand il y a Agathe dans les parages, oui, c'est exactement ce que tu es !
Fred accusa le coup. Il n'était pas habitué à ce que George lui crie dessus, lui qui était d'un naturel calme quand il n'était pas sous tension, mais Fred l'avait bien mérité. George soupira.
- Tu dérailles, Fred. Et pas qu'au niveau professionnel. Au niveau sentimental, aussi. Aux dernières nouvelles, tu es bien en couple avec Angelina ?
Fred détourna le regard.
- On a un inventaire à faire, prétexta-t-il en s'emparant d'une boîte.
- Il attendra, répliqua fermement George en lui confisquant la boîte qu'il posa à côté de lui. Tu es en couple avec Angelina, oui ou non ?
- Ça dépend de ce que tu entends par «couple»…
- Peu avant que nous ne quittions Poudlard, tu m'as dit que votre relation avait évolué, et qu'elle ne se résumait plus à uniquement à l'aspect charnel…
- Oui, mais je t'avais également dit que ça ne signifiait pas pour autant que j'étais amoureux d'elle.
- Mais tu es bien engagé dans une relation avec elle ? Aussi floue soit-elle ?
- Oui… Il n'y a pas d'amour, mais on est très proches, très complices, on aime les moments qu'on partage ensemble, on aime discuter de plein de choses, tout comme on aime être tous les deux, sans forcément parler, et sexuellement, on est en parfaite osmose… Notre relation est difficile à définir, en fait. Mais j'ai l'impression que je pourrais avoir cette relation avec une autre fille et qu'elle n'est pas réservée qu'à Angelina… Ça expliquerait pourquoi elle ne me manque pas tant que ça, même si je serai ravi de la revoir cet été… Mais ce sera peut-être moins fort qu'avant.
- Ça devrait plutôt être l'inverse ! Généralement, des retrouvailles, c'est chaud et intense…
- Oui, mais la distance a un peu atténué l'attachement que j'ai pour elle, avoua Fred. Dans mon cas, le proverbe «loin des yeux, loin du coeur» prend tout son sens…
George observa Fred avec un air franchement perplexe.
- Est-ce que ça vaut vraiment le coup de poursuivre cette relation ?
- On se verra plus souvent cet été, ça va sûrement raviver la flamme chez moi…
- Et Agathe, dans tout ça ? C'est quoi, ton rapport avec elle ?
- Je suis son guide touristique, je la familiarise avec le Chemin de Traverse et avec tout ce qu'il y a autour, et je l'instruis sur le monde magique britannique.
- Ouais, son guide touristique nocturne, quand tous les commerces sont fermés…
- Tu préférerais que je lui fasse visiter le coin en pleine journée et que je te laisse te débrouiller tout seul avec la boutique ?
- Ça ne m'aurait pas dérangé que tu te libères un matin ou un après-midi, je le fais bien, moi, quand Olivier est là… Mais ça n'irait pas avec tes plans. C'est plus agréable de te promener avec Agathe le soir, quand il y a moins de monde, c'est mieux pour créer une ambiance romantique…
- George, arrête, ordonna sèchement Fred.
- Ose me dire qu'il n'y a rien entre vous, le défia George. Même s'il n'y a rien de physique – pour l'instant – ça se voit comme le nez au milieu de la figure que vous êtes attirés l'un par l'autre. Elle a les yeux qui brillent quand ils sont ancrés dans les tiens. Et inversement. Sois sincère, Fred. Elle t'a tapé dans l'oeil, pas vrai ?
Fred était pris au piège. Ce serait prendre George pour un imbécile s'il niait…
- T'es chiant, George, siffla-t-il, les dents serrées.
- Je ne vais pas te juger, je veux juste que tu sois honnête.
- Bon, alors oui, elle me plaît, et c'est réciproque. Voilà, t'es content ?
- Ce n'est pas la question. Ce n'est pas contre toi, si je t'ai poussé à me dire la vérité, je l'ai fait car je suis inquiet. Je n'ai pas envie que tu souffres d'une rupture violente avec Angelina si elle vient à savoir que tu es à fond sur une autre fille… Tu ferais mieux de rompre avec elle avant de la tromper pour de bon… Et tant qu'on y est, ne cache pas à Agathe que tu es avec Angelina. Est-ce que vous flirtez de façon… explicite ?
- Assez, oui…
- Raison de plus pour qu'Agathe sache que tu as une copine. Car si Angelina déboule ici un jour où Agathe sera là, et si elle t'embrasse en public, Agathe risque de ne pas apprécier le fait qu'elle n'ait pas su que tu étais en couple…
- Donc tu me conseilles quoi ?
- D'envoyer une lettre à Angelina pour qu'elle vienne au plus vite, et quand elle sera là, de lui dire que tu souhaites mettre fin à votre relation. Pas dès les premières minutes, bien sûr, mais sans trop tarder non plus, car plus tu feras durer les choses, plus ce sera dur.
- Ça va être dur, peu importe quand je le ferai…
- Oui, mais c'est primordial. Un Weasley ne sort pas avec deux filles en même temps.
- Ce n'est pas ce que je fais.
- Non, mais tu n'es es pas loin. Si tu n'étais pas avec Angelina, est-ce que ça ferait longtemps que tu aurais tenté quelque chose avec Agathe ?
- Il y a de grandes chances, oui…
- Mais tu te retiens car tu ne veux pas être infidèle envers Angelina.
- Est-ce que je ne le suis pas déjà ?
- Ah, l'éternel débat sur l'infidélité… Il y en a pour qui embrasser, c'est tromper, d'autres pour qui coucher, c'est tromper, d'autres encore pour qui rien que draguer, c'est tromper… Pour moi, il faut considérer les choses dans leur contexte. Si c'est un baiser lors d'une soirée arrosée ou lors d'un jeu entre potes et qu'il n'y a rien de plus par la suite, perso, je m'en fous. Tant que c'est juste une fois, qu'il n'y a que moi qu'Olivier aime, et que je suis le seul à être dans son lit, c'est le principal.
- Oui, tu veux l'exclusivité dans les sentiments et dans le sexe, quoi.
- C'est ça.
- Tu dois quand-même avoir sacrément confiance en lui pour entretenir une relation avec lui malgré la distance et le fait que vous ne vous voyez qu'une ou deux fois par mois…
- C'est essentiel, la confiance, dans un couple, même dans une relation à distance. Ce serait très vite insupportable si je me mettais à douter à tout bout de champ de ce que fait Olivier… Là, rien ne me certifie qu'il n'est pas en train de coucher avec un autre garçon… Mais je suis serein, car pour moi, il fait tout autre chose. Pourtant, j'aurais de quoi me méfier… Il a un coéquipier bi, et lorsqu'il était en congés ici, il m'a dit qu'il avait soufflé le nom d'un de ses ex à son capitaine car son ex voulait absolument intégrer le Club de Flaquemare. Il a joué cartes sur table pour ne pas que j'aie l'info par quelqu'un d'autre. Et ça ne m'a pas du tout gêné qu'Olivier ait pistonné son ex. C'est de l'histoire ancienne, entre eux. Même très ancienne. Et ce n'est pas un service rendu à un ex, mais à un ami. Je sais qu'ils ont gardé le contact quand Olivier est parti de Poudlard. Je les ai vus une ou deux fois en pleine conversation et ils avaient plus l'air de deux vieux amis que de deux ex…
- Hé oui, ça existe, l'amitié, après avoir eu une liaison… En tout cas, c'est très mignon, la confiance que tu as envers Olivier.
- Je l'aime, c'est tout, conclut George. Mais j'y pense… Si tu te mets en couple avec Agathe, on va devoir alterner lorsqu'Olivier sera quelques jours ici… Car il ne faudrait pas que ce soit toujours le même d'entre nous qui occupe la chambre d'en haut avec sa moitié, tandis que l'autre sera avec sa propre moitié au Chaudron Baveur… Car c'est là où loge actuellement Agathe, et c'est là où Olivier loge quand il est en vacances…
- On fera un roulement, approuva Fred. Mais tu ne vas pas rester éternellement ici… Olivier et toi allez bien finir par emménager ensemble…
- Ça… ça ne te ferait rien ?
- Ça me ferait bizarre au début, mais je m'y ferais vite. On ne fait que dormir, en haut, donc que tu sois là ou non, ça ne changera pas grand-chose… Ce n'est pas comme si c'était là où on fabriquait nos inventions… Il y a des cartons, oui, mais la chambre ne sert que de stockage. Après, si ça dure entre Agathe et moi, ou si je rencontre une autre fille et que c'est avec elle que je vais me marier et avoir des enfants, il se peut que ce soit nous qui emménagions ensemble en premier… Quoi qu'il en soit, ceux qui continueront à vivre séparément auront la chambre d'en haut pour eux tout seuls.
- Oui, jusqu'à ce qu'ils sautent le pas à leur tour… Pour tout te dire, Olivier et moi avons abordé le sujet, mais je n'osais pas le faire avec toi…
- Tu avais peur que je te séquestre ici ?
- Non, mais… je ne sais pas, j'avais une appréhension.
- C'est normal, en vrai. On ne se lâche pas d'une semelle depuis que nous avons été conçus… On a eu la même chambre au Terrier, on est allé dans la même maison à Poudlard, on avait la même salle commune, on était dans le même dortoir, on avait les mêmes cours, on était dans la même équipe de Quidditch, on avait le même ami, et c'est en commun qu'on a eu l'idée de cette boutique, qu'on l'a montée, qu'on a fait toutes les démarches, qu'on a tout confectionné… Alors oui, pour celui qui va rester ici, il va y avoir un vide quand l'un de nous ira voler de ses propres ailes avec la personne qui fait battre son coeur, mais il n'a jamais été question qu'on sacrifie nos désirs de ménage, de mariage ou d'enfants au nom de notre duo… Et ce ne sera que la nuit qu'on sera chacun chez soi.
- Pas faux… Et puis bon, quand on voudra avoir des enfants, ce sera un peu compliqué de les élever ici !
Fred éclata de rire.
- Oui, ce serait un poil trop petit ! Surtout si on a des jumeaux… Ce qui semble être fréquent dans la famille. Notre arrière grand-mère maternelle a été enceinte de jumeaux, mais en a perdu un au cours de la grossesse, et entre Percy et nous, maman aurait dû avoir des jumeaux mais les a tous les deux perdus en faisant une fausse couche…
- Oui, et elle nous a eus un an après, malgré les recommandations des médicomages qui avaient tous préconisé l'avortement, arguant qu'elle ne supporterait pas une autre grossesse gémellaire… C'était inconcevable pour elle de renoncer aux deux bébés qu'elle avait dans le ventre…
La voix de George se brisa sur ces mots.
- Elle me manque, confessa-t-il. Ça me fait mal d'être en froid avec elle. Mais j'ai ma fierté et je ne ferai pas le premier pas.
- Ce n'est pas vraiment de la fierté, c'est juste que c'est elle qui est en tort…
- Oui, mais il y a des gens qui me diraient que si ça me fait tant souffrir que ça, je n'ai qu'à faire un effort et aller vers elle, mais je ne peux pas. Elle a été trop insultante envers Olivier pour que je lui fasse ce plaisir.
- C'est clair… Mais si ça avait été moi qui n'aurait pas accepté Olivier, qu'est-ce que tu aurais fait ?
- Elle est horrible, ta question, Fred… Je n'aurais pas pu choisir entre vous. J'aurais fait en sorte de ne pas m'afficher avec lui devant toi, et voilà. Mais si notre relation avait commencé quelques mois plus tôt, pas sûr que ça t'aurait plu… Au début de notre cinquième année, tu as tout fait pour que je l'oublie…
- Évidemment, il couchait avec tout ce qui bougeait ! Je l'adorais en tant que capitaine, mais pas en tant que beau-frère… Mais c'est à ce moment-là qu'il s'est brusquement assagi.
- Oui, parce qu'il était avec Harry et qu'il avait découvert un genre d'amour platonique avec lui… Même si ce n'était pas de l'amour qu'il y avait entre eux, mais de l'attirance physique et un profond attachement… Mais Harry avait treize ans, Olivier ne pouvait rien faire avec lui… Il aurait très bien pu se soulager ailleurs, mais il ne l'a pas fait, car il avait trop de respect pour Harry. Je pense qu'en réalité, il aurait pu être amoureux de lui s'il ne s'était pas bridé à fond.
- Oui, et ça a fait tes affaires que leur histoire n'ait pas duré longtemps, puisqu'après leur rupture, il s'est rapidement mis avec toi…
- Hé, je ne l'avais pas volé ! Ça faisait un bon bout de temps que j'étais fou de lui en secret…
- Et aujourd'hui, ça fait deux ans et demi que vous êtes en couple, et en dépit de l'éloignement, vous vous aimez comme au premier jour… Vous êtes tellement faits l'un pour l'autre que je ne t'imagine pas avec quelqu'un d'autre. Pour moi, c'est avec lui que tu vas fonder une famille quand vous aurez une situation stable.
- C'est mon vœu le plus cher…
- Ça a déjà été évoqué, entre vous ?
- Vite fait, mais ce n'est pas à l'ordre du jour, donc bon…
- Oui, vous avez le temps. Si vous aviez un enfant maintenant, il faudrait que vous ne comptiez que sur le salaire d'Olivier, et te connaissant, ce ne serait pas envisageable.
- C'est ça. Ça me hérisserait les poils.
- Mais quand vous vous lancerez là-dedans, qui prendra la potion de fertilité ?
- Moi, sûrement.
- Ça ne te rebuterait pas, les nausées, les sautes d'humeur, le gros ventre, tout ça ?
- Non, je me focaliserais davantage sur tout ce qu'il y a de positif… Comme sentir le bébé remuer, par exemple. Ce doit être si émouvant… Ce serait la preuve d'avoir un être bien vivant qui grandit en soi. Bon, si tu veux rejoindre Agathe dans une demie-heure comme je le lui ai dit, il vaut mieux qu'on poursuive l'inventaire…
Fred acquiesça, et George et lui se concentrèrent de nouveau sur leur tâche.
- N'empêche, ce serait tellement mieux si on avait un employé pour faire ça, fit remarquer George au bout de quelques minutes.
- Dès qu'on aura les moyens, on embauchera quelqu'un, promit Fred.
- Ouais, ce n'est pas pour tout de suite, quoi…
- Hé, on ne sait pas ! Si les ventes s'envolent dès l'ouverture et qu'elles ne baissent pas, on peut être en mesure de recruter dès la fin de l'été…
- Ce serait le rêve. Mais c'est faisable, si les astres s'alignent…
- Ah non, ne mêle pas la divination à tout ça ! s'exclama Fred, horrifié. Le succès de notre boutique n'aura aucun rapport avec le hasard, ce ne sera dû qu'à notre talent et à notre persévérance. Et avant septembre, on aura notre premier employé, foi de Weasley !
- Pourvu que Merlin t'entende…
- Laisse-le en-dehors de tout ça, lui aussi.
- Tu exclues même toute aide divine ?
- Oui.
- Tu crois un peu trop en nous, là… Mais est-ce que ce sera nécessaire de faire une offre d'emploi ? On a quelqu'un qui aime nous prêter main forte et qui est drôlement efficace quand tu transgresses les règles en lui confiant des tâches…
- Ah bah si ça te va, je ne demande rien de mieux, moi.
- Bon, on verra ça avec elle. Enfin, tu verras ça avec elle, lors d'une de vos virées nocturnes…
- Ben voyons…C'est pratique, tout à coup, que je sois proche d'elle, hein ?
- Autant que ça serve à quelque chose ! Chacun son tour de solliciter sa moitié – ou future moitié – pour le bien de notre boutique. Je l'ai bien fait en faisant appel à Olivier pour la poudre d'obscurité instantanée du Pérou…
- Mmmh, tu t'en sors bien. Mais il y a un truc qui m'échappe. Dans notre dernière lettre à Ron, on l'a bel et bien convié de manière plus ou moins explicite à bosser pour nous cet été, mais comment va-t-on faire pour le payer ?
- Ben… pour moi, il ferait ça bénévolement, ou presque, car on le nourrirait…
- Quoi ?! Non mais c'est une blague ! Tu m'as fait un scandale car je faisais travailler gratuitement Agathe, et là, tu veux faire de même avec Ron !
- Mais Ron, ce n'est pas pareil, c'est notre frère ! Et rien ne dit que Weasley, c'est juste toi et moi…
- C'était ça, à la base.
- Oui, mais ça peut s'étendre… Mais on lui offrira quand-même quelques gallions par semaine. Ce sera comme de l'argent de poche, pour lui, chose qu'il ne peut pas avoir avec papa et maman… Ça me gênera moins de lui proposer ça à lui plutôt qu'à Agathe.
- Oui, moi aussi, je dois l'avouer… Mais je crains que Ron ne soit pas très intéressé, grimaça Fred.
- Oui, c'est ce que j'ai constaté dans sa lettre de ce midi… Enfin, ce n'est pas qu'il ne paraissait pas intéressé, c'est qu'il esquivait le sujet, ou qu'il le prenait à la rigolade… À mon avis, il a cru qu'on n'était pas sérieux et que c'était une proposition dans le vent…
- On parlera de ça de vive voix avec lui quand il fera un saut ici. Mais j'ai l'impression qu'il a écrit sa lettre en toute hâte, comme s'il ne savait pas comment interpréter notre suggestion, qu'il a eu une idée pour contourner le problème et qu'il s'est empressé de nous répondre pour ne pas perdre cette idée…
- C'est possible. Bon, on va lui envoyer une lettre pour lui dire qu'on voudrait qu'il vienne ici dès le début des vacances.
- Ok, on fera ça. En vrai, on n'insisterait pas autant si on n'était pas sûrs que ça lui plairait d'être ici, avec nous…
- Oui, il nous l'a prouvé plusieurs fois, renchérit George. Comme en fin d'année dernière, quand il nous a tiré les vers du nez à propos d'Adrian Pucey… On n'avait pas pu beaucoup le renseigner, ça l'avait renfrogné et on l'avait invité à donner son avis sur nos inventions pour lui changer les idées. Ça avait fonctionné, et en plus de cela, ses commentaires avaient été très utiles et instructifs. Et lors de la fête qu'il y a eu dans la salle sur demande, il a tellement bien fait la pub de nos produits qu'il a eu besoin de bons de commandes pour ses camarades !
- Oui, dont deux ou trois pour les pendus réutilisables, alors que ce n'était pas un article dans lequel on plaçait beaucoup d'espoirs…
- D'après ce que nous a dit Ron, les meilleurs élèves de sa promo en sortilèges veulent organiser des tournois l'année prochaine avec ce jeu… Je ne sais pas du tout comment il a fait pour susciter un tel engouement, mais il s'est bien mieux débrouillé que nous, on ne l'aurait fait !
- Il a un don pour le commercial, mais il n'en a pas encore conscience, regretta Fred.
- Oui, et c'est dommage… C'est pour ça qu'il n'a pas saisi qu'on était sincère quand on lui a dit que ce serait cool s'il faisait un petit stage ici…
- On essaiera de le convaincre quand il viendra. Mais il faut aussi que maman soit d'accord… Ça va sûrement nous amener à avoir une discussion avec elle…
- Eh bien soit, on aura cette discussion s'il le faut. Mis à part notre intérêt à nous, ça fera du bien à Ron d'être ici, et de ne pas passer tout l'été au Terrier, estima George.
- Ça, c'est sûr, approuva Fred. Mais il aura peut-être envie d'accueillir sa petite-amie à la maison…
- Ouh là, si c'est le cas, il aura toute mon admiration ! Car il faut avoir du courage pour présenter sa petite-amie à maman après l'échec que ça a été avec Olivier…
- On croisera les doigts pour que ça ne soit pas un désastre pour lui, comme ça l'a été pour toi avec Olivier. Mais pour en revenir à nos produits, je m'interroge sur leur potentiel d'attraction… Et j'ai un peu peur qu'on en ait trop fabriqué pour certains d'entre eux, et qu'on ait du mal à les vendre… Car ça se trouve, on se plante carrément sur ce qui attirera le plus les clients…
- Non, pour moi, on a été très lucides et on a très bien analysé leur potentiel. Tu es juste en train de stresser car on va bientôt ouvrir, qu'on ne pourra plus faire machine arrière, et qu'il faudra assumer nos choix. Mais si ça te rassure, on peut refaire le point… On s'était basés sur trois niveaux afin de juger la popularité de chacun de nos articles : moyenne, forte, et très forte. Je vais marquer ce que tu vas me dire, et on vérifiera si ça colle avec ce qu'on avait dit. Tu es prêt ?
- Oui.
- Boîtes à flemme ?
- Moyenne.
- Baguettes farceuses ?
- Forte.
- Boursouflets ?
- Forte. Les plus jeunes vont en raffoler…
- Oh oui… Et ce sera moins cher à l'entretien qu'un chat ou un hibou, ce qui sera un bon argument pour les parents. Capes, chapeaux et gants boucliers ?
- Moyenne.
- Chapeaux anti-gravité ?
- Moyenne.
- Chaudrons farceurs ?
- Moyenne.
- Efface-Boutons ?
- Forte. Qui ne se jetterait pas sur un remède qui permet de se débarrasser de vilains boutons ?
- Personne, en effet… Feux Fuseboum ?
- Forte pour les flambées de base, et moyenne pour les Déflagrations Deluxe.
- Leurres explosifs ?
- Moyenne.
- Snif, avec tout le mal qu'on a eu pour se procurer les ingrédients, se lamenta George. Mais quand on dit qu'il y a des produits qui vont avoir une popularité moyenne, ça ne veut pas dire que ce sera un four, juste qu'il y en a qui seront plus vendus que d'autres… Marécages portables ?
- Moyenne.
- Marques des Ténèbres comestibles ?
- Très forte. Tout ce qui est sucré fait un carnage chez les enfants et les adolescents !
- Oui, et ça aura de plus en plus de succès au fur et à mesure qu'on ajoutera des saveurs ! Et ce sont les buccomages qui vont nous remercier… Oreilles à rallonge ?
- Ah, j'hésite… Bon, je vais dire très forte. On va miser sur la curiosité…
- Pendus réutilisables ?
- Forte. Grâce à la super pub de Ron…
- Philtres d'amour ?
- Moyenne.
- Plumes auto-encreurs ?
- Très forte. Ce sera hyper pratique, les élèves n'auront plus à se fournir de l'encre en plus de leurs plumes…
- Et les papeteries vont nous haïr, du coup. Elles auront moins de clients à la fois pour les plumes et pour l'encre… Plumes à répliques cinglantes ?
- Forte au début, moyenne ensuite.
- Plumes à vérificateur d'orthographe ?
- Forte.
- Poudre d'obscurité instantanée du Pérou ?
- Moyenne.
- Re-snif… Pousse-Rikiki ?
- Forte.
- Rêves éveillés ?
- Moyenne.
- Télescopes farceurs ?
- Moyenne.
- Et tours de magie moldus ?
- Très forte.
- Bon, ça n'a pas trop divergé depuis la dernière fois qu'on a fait le tour des inventions… Il y a juste les oreilles à rallonges qu'on avait classées dans la forte popularité, et pas la très forte, et les pendus réutilisables qu'on avait classés dans la popularité moyenne, et pas la forte.
- Oui, mais ça, c'était avant que Ron ne fasse la promo de nos produits et qu'il ne crée un immense enthousiasme autour du pendu réutilisable… Bon, on va vraiment se remettre à l'inventaire, sinon je vais faire tellement attendre Agathe que j'aurai perdu à la fois mon ex, et la fille que j'espérais avoir comme future petite-amie !
- Tu exagères, pouffa George. Mais on va s'y remettre, oui.
Et ce fut ainsi que Fred et George retournèrent à leur inventaire. Il s'avéra qu'ils avaient encore des ingrédients pour refaire des exemplaires de la plupart de leurs articles. Mais ils allaient vite devoir en racheter. C'était cela, diriger une boutique : faire des achats, commander, produire, vendre, faire de la publicité… Ce n'était pas de tout repos, mais c'était ça qu'aimaient les jumeaux. Trois quarts d'heure plus tard, ils avaient fini l'inventaire. Fred put aller rejoindre Agathe au Chaudron Baveur. Quand George et lui s'était recentrés sur l'inventaire, Fred avait fait parvenir un Patronus à Agathe pour lui indiquer qu'il aurait un peu de retard, ce dont elle ne lui tint pas rigueur. Elle était géniale, cette fille… Il avait bien l'intention de suivre le conseil de George et de rompre avec Angelina dès qu'il en aurait l'occasion. En attendant, il continuerait à profiter de la présence de la jeune française en lui faisant découvrir tous les lieux de Londres qu'elle devait à tout prix visiter…
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! On s'approche dangereusement de la fin de ce premier tome, plus que deux chapitres après celui-là et il faudra clôturer le tome ! À ce propos, j'ai une question pour vous : est-ce que vous préférez qu'il y ait une pause de deux mois entre le dernier chapitre de ce tome et le premier chapitre du deuxième tome, durant laquelle j'aurai le temps d'écrire trois ou quatre chapitres, voire plus avec les vacances de février, ou est-ce que vous préférez enchaîner directement avec le second tome, mais avec un risque de passer à toutes les trois semaines pour le rythme de publication ? Personnellement, je n'ai pas de préférence, c'est pour ça que je m'en réfère à vous, parce que c'est votre avis qui compte ! Mais même si je fais une pause entre ce tome-là et le prochain, je ne suis pas sûre de tenir à long terme avec le rythme de publication actuel… Donc c'est vous qui voyez, je me baserai sur vos réponses =)
Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 19 février pour le prochain chapitre intitulé «Échographie et nouvelles unions». D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, prenez bien soin de vous, bon courage pour tout ce que vous faites, quelle que soit votre situation, je vous embrasse fort, et plein de bisous tout le monde !
