Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quatre-vingt-dixième chapitre de SAMLP !
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tyffaine bally : Oui, arrivé à l'antépénultième chapitre, il est grand temps que ça avance dans les intrigues XD Heureuse que cette fic te plaise autant ! Le truc, c'est que même si je fais une pause entre ce tome et le début du prochain, c'est que je risque quand-même de passer à un rythme de parution toutes les trois semaines, car ça devient vraiment dur de garder le rythme actuel… La pause, ce serait vraiment pour assurer des chapitres d'avance, mais je crois qu'il n'y en aura pas et que je vais simplement changer de rythme de publication :/ Je sais que c'est long, trois semaines, mais je ne peux pas faire autrement, sinon vous allez avoir des chapitres bâclés et pourris XD Mais merci d'avoir donné ton avis =D
mimibou : C'est vrai, ça ! Ces personnages ont eu un peu de visibilité, en cette fin de tome…
Oui, les Prud'hommes, c'est un organisme qui est chargé de régler les litiges entre les salariés et les employeurs :) Je ne savais pas que ça n'existait pas au Québec XD
Non, l'ouverture de la boutique des Weasley aura lieu dans le deuxième tome :) Il ne reste qu'un chapitre après celui-là, donc ça va être chaud pour la boutique XD
Merci pour ton avis, je crois que je vais effectivement enchaîner directement avec le deuxième tome, mais en passant à toutes les trois semaines pour le rythme de publication :)
Le tome 2 sera une autre fic, il y a déjà trop de mots dans celle-là XD
Passe deux bonnes semaines aussi, je ne sais pas si tu es en vacances, si oui, profite-en bien !
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Merci à vous deux pour vos reviews, c'est toujours un plaisir de vous lire ! Et merci à celles et ceux qui continuent à suivre assidûment le quotidien de tous ces personnages !
D'ailleurs, si vous ne voulez pas rater les chapitres du prochain tome, suivez-moi en tant qu'auteure, et pas seulement la fic en elle-même ! C'est ma sœur qui m'a dit de vous dire ça, je n'y connais rien, personnellement, je n'ai même pas les notifs des fics que je suis XD
Sur ce, je vous laisse avec ce nouveau chapitre, et je vous souhaite une agréable lecture !
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Warning : Présence d'une longue scène sexuellement explicite à la fin du chapitre.
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90 - Échographie et nouvelles unions
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(vendredi 29/06) POV Lisa
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Merlin que ça allait être long jusqu'à l'échographie… Boire près d'un litre d'eau, c'était de la torture, ni plus ni moins. Bon, Lisa exagérait, mais cela demeurait pénible. Mais c'était le moyen le plus efficace pour avoir une bonne visibilité sur les organes lors de l'échographie… Celle-ci avait lieu à quinze heures, il était treize heures trente et Lisa était actuellement en route vers le bureau du professeur Snape. Il ne l'accompagnerait pas, mais il allait procéder à des vérifications avant qu'elle n'aille à Sainte-Mangouste. Étant allée à la bibliothèque après le déjeuner, elle avait quatre étages à descendre, ce qui n'allait pas être pratique pour elle… Cette petite heure de lecture à la bibliothèque n'avait pas été sa meilleure idée. Et elle la regretta doublement lorsqu'une voix la héla :
- Lisa !
Elle se crispa. C'était la voix de Murray. Elle se retourna et vit son ex petit-ami s'avancer vers elle.
- C'est une chance que tu sois dans les parages… J'aurais pu te parler hier, à la bibliothèque, mais je ne t'ai aperçue que quand tu es partie. Et je n'allais pas…
- Je suis pressée, Murray, le coupa Lisa. Qu'as-tu à me dire ?
Murray ne se formalisa pas du ton sec de Lisa et alla droit au but :
- La rumeur court selon laquelle tu serais enceinte. J'ai d'abord cru que ce n'étaient que des ragots, mais plus ça va, moins j'en suis convaincu. Donc est-ce que c'est vrai ?
- Oui.
À quoi bon mentir ? En septembre, son ventre trahirait son état…
- Et est-ce que c'est moi le père ?
Lisa fut surprise par cette question, puis une certaine irritation la gagna. Pour qui la prenait-il ?
- Évidemment, lâcha-t-elle. Je ne suis pas du genre à avoir plusieurs amants en même temps !
- Excuse-moi d'en douter, rétorqua Murray. Je me suis fait tout un cheminement dans ma tête, et ça m'a amené à avoir des soupçons quant au fait que tu aurais eu un autre amant que moi. Tu as rompu durant la semaine de la rentrée des vacances de Pâques, ce qui fait que tu en serais minimum à dix ou onze semaines de grossesse. Normalement, lorsque la magie se transmet au bébé au cours de la deuxième ou troisième semaine de grossesse, elle se brouille et c'est ça qui fait surgir les premiers symptômes, qui sont souvent les nausées, la fatigue et les sautes d'humeur. Comme tu en es à plus de deux mois, ça doit faire un bon moment que tu es au courant… Tu as même dû l'avoir su quand on était encore ensemble, ce qui signifie qu'en réalité, tu en serais à environ trois mois, et comme tu savais que tu étais enceinte d'un autre garçon, tu as rompu car tu avais honte d'être avec quelqu'un d'autre que le père !
Lisa fut tellement choquée par les propos du Serpentard qu'elle en perdit l'usage de la parole. Mais elle finit par recouvrer ses esprits et répondre vertement à Murray :
- Non mais tu es bête ou tu en fais exprès ?! Je n'avais pas d'autre amant que toi, et je suis tombée enceinte lors du seul rapport qu'on a eu et qui n'était pas protégé, et par la même occasion, lors du seul rapport où je n'étais pas consentante ! Et j'ai rompu justement suite à ce rapport qui n'était rien d'autre qu'un viol ! Je n'allais pas rester avec un taré qui m'avait forcée à coucher avec lui malgré mes nombreux efforts pour le repousser !
- Tu mens, tous nos rapports étaient protégés, même le dernier qu'on a eu ! Je tiens bien trop au sort de protection pour avoir pu l'oublier !
- D'habitude, oui, mais pas quand tu es trop occupé à me maîtriser car je me débats pour songer au sort !
- C'est de ta faute, si tu avais été plus coopérative, je n'aurais pas eu besoin de te tenir !
Lisa fut abasourdie par les mots de Murray. Ainsi, il n'avait aucune notion du consentement… Pour lui, c'était tout à fait banal de coucher avec une fille même si celle-ci manifestait clairement qu'elle n'en avait pas envie… Mais dans quel monde vivait cet énergumène pour être à ce point à côté de la plaque ?! Comment avait-il été éduqué ?
- Je ne souhaitais pas avoir ce rapport avec toi, asséna Lisa. Et quand une fille ne veut pas, on ne la force pas. Le consentement, ça te dit quelque chose ?
- Tu l'aurais souhaité si tu n'avais pas été aussi têtue, j'aurais su faire monter le désir en toi. Mais tu ne m'en as pas laissé l'occasion.
- Ça ne marche pas comme ça, s'agaça Lisa. Quoi que tu aurais fait, ça n'aurait rien fait. Le désir, ça ne se commande pas ! Il y a plein de raisons qui font que, parfois, qu'on soit un garçon ou une fille, on n'en a pas envie, et le ou la partenaire se doit de respecter cela !
Murray soupire.
- J'étais persuadé de réussir à te donner envie, et ça m'a énervé que tu refuses à moi. J'ai trop cru en mes capacités, mais si tu avais été plus réceptive, ça aurait marché.
Lisa fut trop estomaquée pour insister. De toute manière, tout ce qu'elle aurait pu dire n'aurait pas suffi à faire admettre à Murray ses torts… Il changea lui-même de sujet :
- Bon, recentrons-nous sur le bébé. J'espère que tu n'as dit à personne que j'étais le père ?
Lisa haussa les sourcils.
- Pourquoi ? Tu n'assumerais pas ?
- Les motifs pour lesquels je désire conserver mon anonymat vis-à-vis de ma paternité ne regardent que moi.
Lisa prit un air moqueur :
- Tu m'as accusée tout à l'heure d'avoir eu un autre mec durant notre relation, mais ce ne serait pas toi, par hasard, qui aurait eu une autre copine ?
Lisa connaissait très bien la réponse, mais il ne fallait surtout pas que Murray sache qu'elle était au courant pour le contrat de mariage qui liait sa famille à celle de Daphné. Sinon, cela le rapprocherait du plan qui se tramait dans son dos… C'était pourtant terriblement tentant de tout lui balancer, afin de lui montrer qu'elle avait le dessus sur la situation, avec Daphné, mais elle ne devait pas.
- Pas du tout, mentit Murray.
Son ton était bien moins assuré que précédemment.
- Mais quoi qu'il en soit, tu n'as pas intérêt à ébruiter le fait que je suis le père de l'enfant.
- Tu me menaces ? répliqua froidement Lisa.
- C'est plutôt une mise en garde. Je n'aurai aucun scrupule à empêcher la naissance de cet enfant.
Lisa écarquilla les yeux d'horreur.
- Tu ne ferais pas ça, dit-elle d'une voix blanche.
- Mmmh, je n'en serais pas si sûr, si j'étais toi… Mais je peux te le prouver en te donnant un avant-goût de ce dont je suis capable…
Murray se recula et dégaina vivement sa baguette. Ayant anticipé ce qu'il allait faire, Lisa s'empara simultanément de la sienne, mais elle n'eut pas le temps de le viser qu'il lui décocha un maléfice du saucisson. Son corps se pétrifia et elle tomba à la renverse. Le sort ne la privant pas de ses sens, elle entendit Murray prononcer la première syllabe d'un sort d'entaille. Mais elle fut sauvée in extremis par Tess qui déboucha sur le couloir et courut vers Murray et Lisa. Murray fit volte-face vers elle et lui jeta un sort, mais elle le para. Un combat acharné s'engagea entre eux, et ce ne fut qu'après une quinzaine de sorts esquivés que Tess parvint enfin à désarmer Murray. Elle lui ordonna de filer en le braquant avec sa baguette, ce qui eut pour effet de faire battre Murray en retraite. Tess délivra Lisa du maléfice du saucisson et l'aida à se relever. À peine fut-elle sur ses pieds que Tess et elle furent rejointes par Daphné, ce qui étonna Lisa. Elle semblait très inquiète, tout comme Tess :
- Est-ce que ça va ? s'alarma Daphné. Il t'a fait du mal ?
- Non, Tess est intervenue pile à temps… Il n'a fait que me pétrifier.
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ? enchaîna Tess.
- Il voulait que je confirme ou que j'infirme les rumeurs sur ma grossesse. Comme ce sera flagrant après les vacances d'été, je lui ai dit la vérité. Bien sûr, il était très embêté…. Il avait peur qu'il y ait des fuites sur sa paternité… Et il m'a fortement incitée à ne pas le révéler. Si je cafte, il fera en sorte que le bébé ne vienne pas au monde.
L'horreur se lut sur le visage de Tess et de Daphné. Lisa avait tout dit à Tess, puisque cette dernière allait être très présente auprès d'elle.
- Mais ce type est fou ! s'écria Tess.
- Et on ne peut rien faire, regretta Lisa. Si je le dénonce, ça anéantirait le plan.
- Fais tout de même attention à toi. Je ne suis pas à l'aise à l'idée que tu sois parfois seule avec lui, confia Tess.
- On est fiancés, je ne peux pas me soustraire éternellement à sa lui… Mais je serai prudente, c'est promis. Je serai aux aguets. Mais comment avez-vous deviné que j'étais là ?
- On n'a pas deviné, on t'a cherchée, nuança Daphné. On a fait le tour du château depuis le premier étage. Par chance, tu étais au quatrième, et pas au septième… Là, Murray aurait eu assez de temps pour te blesser…
- Il ne serait pas allé trop loin, son but était que j'aie un «avant-goût de ce dont il est capable»…
- Si le maléfice du saucisson est inclus dans son «avant-goût», je n'ose pas imaginer ce qu'auraient été ses autres sorts… On ne pétrifie pas une personne enceinte ! La chute que ça provoque est trop violente…
- C'était plus simple pour lui pour la suite, car en étant pétrifiée, je n'aurais pas pu me défendre face à ses sorts… Mais le principal, c'est que je sois saine et sauve. Merci à vous, d'ailleurs… Mais que faisais-tu avec Tess, Daphné ?
- Nous étions dans le bureau du professeur Snape. J'ai été autorisée à y être jusqu'à ce que tu ailles à Sainte-Mangouste, car comme le professeur Snape va tout récapituler pour que tout soit bien clair, et qu'il va évoquer l'amniocentèse, et par extension, le plan, je suis concernée. On t'attendait donc avec le professeur Snape et le professeur Black, et comme tu avais du retard, Tess et moi avons été chargées par les deux professeurs d'aller patrouiller dans le château pour te trouver.
- Ils ont bien fait, grimaça Lisa. Ils ont eu le nez creux… Mais ce qui m'intrigue, Daphné, c'est que tu es apparue de nulle part, une fois que Tess a fait déguerpir Murray…
- J'étais là, mais dans l'ombre. Si je m'en étais mêlée, il y aurait eu anguille sous roche pour Murray en voyant sa fiancée voler au secours de son ex…
- C'était la condition sine qua non pour qu'elle m'accompagne : qu'elle ne se montre pas à Murray, précisa Tess. Car on avait envisagé le fait que tu sois en mauvaise posture avec lui…
- Mais même si ça avait été un autre élève, je ne serai officiellement suppléante que dans deux mois, donc je n'aurais rien pu faire.
- Oui, c'est logique. De toute façon, Tess s'est bien débrouillée seule. Mais est-ce que je vais quand-même raconter au professeur Snape et au professeur Black l'attaque de Murray ?
- Oui, ils font partie du plan, même si c'est à un degré moins élevé pour le professeur Black, on ne doit rien leur cacher, estima Tess. Bon, allons-y, sinon, si on traîne trop, ils vont lancer les Aurors à nos trousses…
Ce fut sur cette pointe d'humour que Tess, Daphné et Lisa se mirent en route. Elles descendirent les quatre étages et se dirigèrent vers le bureau du professeur Snape. Une fois arrivées, Tess toqua. Un «oui» du directeur de maison des Serpentard leur permit d'entrer, ce qu'elles firent. Le soulagement se vit sur les traits des deux professeurs.
- Où étiez-vous, Miss Turpin ? s'enquit le professeur Snape.
Lisa glissa un coup d'oeil à Tess et Daphné qui l'encouragèrent à tout dire à leurs professeurs. Bien que réticente, Lisa se résigna à leur faire le récit de ce qui s'était produit avec Murray.
- Mais que fait-il ici ? Sa place est à Azkaban ! s'insurgea le professeur Black.
- Il ira, mais après la confrontation entre les Greengrass, les Turpin et les Ashby, qui se fera avec les Aurors, ce que ne sauront les Ashby qu'au dernier moment, tempéra le professeur Snape.
- Mais il y aura bien un procès, non ? demanda Daphné.
- Oui, c'est une étape obligatoire.
- Et il n'y a pas de risques, malgré les aveux, qu'il soit en liberté jusqu'au procès ?
- Non, les faits sont trop graves, déclara le professeur Snape. Il sera considéré par les Aurors comme un danger pour la société.
- Et qui devra assister à ce procès ? sonda Daphné.
- Vous et Miss Turpin, en tant que victimes, vos parents, les éventuels témoins, vos avocats… Mais nous approfondirons cela plus tard. Le procès n'aura pas lieu avant la fin de l'année, nous aurons le temps de le préparer. En revanche, là nous sommes pressés. Miss Turpin, avez-vous bien bu les trois quarts d'un litre d'eau ?
- Oui, et j'ai hâte de m'en débarrasser… En espérant ne pas le faire pendant l'échographie…
- Non, le gynécomage n'appuiera pas à ce point, ne vous en faites pas. Vous n'avez bien bu que de l'eau ? Pas de jus de citrouille ou d'autres boissons ?
- Non.
- Pas de potions ?
- Non.
- Pas de repas trop lourd, ce midi ?
- Non. C'est si important que ça, pour l'échographie ?
- Les soixante-quinze centilitres d'eau, oui. Les boissons, les potions et ce que vous avez mangé ce midi, ça l'est pour le trajet que vous ferez par voie de cheminée. Il est souvent très pénible pour les personnes enceintes, même l'eau que vous avez bue peut causer des désagréments.
- J'aurai le droit de boire une potion anti-nausées après le voyage ?
- Oui, c'est avant que c'est fortement déconseillé. Bon, pour l'échographie, tout est en ordre. Vous avez été très sage. Pour ce qui est de l'amniocentèse, j'ai fait le nécessaire pour que le gynécomage ne vous interroge pas sur ce qui vous a motivé à en faire la requête.
- Vous ne lui avez rien dit qui puisse lui faire suspecter quoi que ce soit sur le plan ?
- Non, je n'y ai fait aucune allusion. À propos du plan, j'ai envoyé à un laboratoire le cheveu de M. Ashby que vous m'avez apporté hier, Miss Greengrass. J'aurai les résultats d'ici une semaine, c'est quelque chose qui s'analyse très vite.
- Nous n'avons pas la même définition de «très vite», signala Lisa.
- Oui, ça peut vous sembler long, mais il y a des analyses qui prennent beaucoup plus de temps…
- Et qui s'occupe de ça ?
- Des généticomages. Ce sont eux aussi qui vont comparer l'ADN du bébé avec celui de M. Ashby. Ce qui est bien, c'est qu'ils auront déjà l'ADN du bébé, ils n'auront pas d'analyses à faire. Et nous aurons tous les résultats vers le quinze juillet, si ce n'est avant, mais mieux vaut être large.
Le professeur Snape consulta l'heure avec un Tempus.
- Nous avons un bon quart d'heure devant nous. Avez-vous des questions sur l'échographie ou sur l'amniocentèse ? Si oui, le gynécomage sera plus à même de vous éclairer, mais vous pouvez aussi me les poser à moi, si vous préférez.
- Oui, j'en ai sur l'amniocentèse… Est-ce que c'est douloureux ?
- Pas plus qu'une prise de sang. Vous allez peut-être avoir des crampes au niveau du bas-ventre, qui seront comme des petites contractions, mais il n'y aura rien de bien méchant.
- Tant mieux… Et… euh… vu que ça va directement aller dans la poche où il y a le bébé, ça ne va pas favoriser une fausse couche ?
- Je ne vais pas vous mentir : ça peut déclencher par la suite une fausse couche, mais c'est très, très rare. Pour éviter cela, il vous sera recommandé de vous reposer. D'autres questions ?
- Non, c'est bon.
- Bien, avant que vous n'y alliez, j'aimerais que jusqu'à ce que vous quittiez Poudlard, c'est-à-dire demain à quatorze heures, vous soyez en permanence avec Miss Jenner ou avec un autre élève apte à se battre contre M. Ashby, si cela s'impose. C'est pour vous protéger de lui. Cela ne vous dérange pas, Miss Jenner ?
- Non, pas du tout. Je ne ferais que mon devoir de préfète-en-chef, et comme ça, j'aurai la certitude que Lisa est en sécurité.
- Merci, Miss Jenner. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Miss Turpin, profitez bien de cette première échographie. À ce stade de la grossesse, le foetus est très petit, mais vous serez en mesure de distinguer chacun de ses membres. Vous aurez les images que vous pourrez consulter quand vous voudrez, mais ce ne sera pas pareil, car lors de l'échographie, vous verrez le bébé bouger en temps réel.
- J'en profiterai bien, attesta Lisa. Merci pour tout, professeur.
Le professeur Snape fit un signe de tête et désigna la cheminée de son bureau qui, comme celle de ses appartements, était reliée à celle de Sainte-Mangouste.
- J'y vais en premier, pour te réceptionner au cas où, indiqua le professeur Black à Lisa. Tu iras en deuxième, puis ce sera à toi, Tess.
Les deux filles approuvèrent et virent leur directeur de maison se saisir de la poudre de Cheminette et disparaître. Lisa prit à son tour une poignée de poudre, prononça l'adresse de Sainte-Mangouste, jeta la poudre dans l'âtre et se fit avaler par un tourbillon de flammes vertes. Elle avait l'habitude de ce moyen de transport, s'en servant régulièrement chez ses parents, mais quand elle atterrit dans la cheminée de l'hôpital, elle tituba tellement que le professeur Black dut la rattraper pour l'empêcher de tomber. De légers haut-le-cœur l'obligèrent à faire des exercices de respiration pour les calmer. Lorsqu'ils refluèrent, elle se plaignit avec humour :
- Subir tout ça juste pour découvrir l'énergumène responsable de ces tourments…
- Hé oui, même pas né qu'il enquiquine déjà son monde ! renchérit le professeur Black. Mais quand on a un petit être dans le ventre, c'est tout à fait naturel d'avoir des vertiges et de manquer de vomir tripes et boyaux après un voyage par voie de cheminée… Ça a beau être la façon de se déplacer que les médicomages préconisent pour les personnes enceintes, car moins violente que les autres, elle a tout de même son lot de perturbations…
- Oh ça oui… Mais ce serait pire avec le transplanage, le portoloin ou le Magicobus…
- C'est bien pour ça que je ne t'ai pas fait transplaner… D'une, il aurait fallu aller jusqu'aux grilles de Poudlard, ce qui nous aurait fait perdre du temps, de deux, le transplanage n'est pas compatible avec une grossesse, et de trois, on aurait eu tort de s'embêter alors qu'on avait une cheminée reliée à Sainte-Mangouste à disposition…
Le professeur Black fronça soudain les sourcils.
- Mais que fait…
Il fut vite coupé par l'apparition de Tess dans la cheminée de l'hôpital.
- Désolée pour le retard, s'excusa-t-elle en s'époussetant. Le professeur Snape a songé à la dernière minute à me donner une potion pour Lisa. Tu en as sur toi, mais celle-ci est la même que celles que tu avais pour les examens. Elle est plus dosée. Il ne faut pas en abuser, mais il y a des cas où elle est requise, et là, c'en est un, avec le voyage via le circuit de cheminées que tu viens de faire…
- C'est gentil, mais les potions que j'ai suffiront.
Lisa plongea sa main dans l'une des poches de sa robe de sorcier et en extirpa une fiole dont elle but le contenu. Celui-ci fit aussitôt effet, et ce fut dans un meilleur état que Lisa s'avança vers l'accueil en suivant le professeur Black. Il y avait quatre personnes devant eux, mais ce furent bientôt eux qui se présentèrent à l'hôtesse.
- Bonjour, salua le professeur Black. Cette jeune fille a une consultation pour une échographie avec le gynécomage Powell, aujourd'hui à quatorze heures.
La sorcière fit glisser sa plume le long d'un parchemin, barra d'un trait ce qui était probablement le nom de Lisa et expliqua où se trouvait la salle d'attente. Le professeur Black la remercia et emmena Tess et Lisa vers les escaliers. Ils montèrent au troisième étage, traversèrent le couloir qui déboucha sur deux autres couloirs, tournèrent à gauche, puis à droite, et pénétrèrent dans la deuxième salle.
- C'est un véritable labyrinthe, ici, commenta Lisa. À chaque fois que j'y vais, les instructions sont hyper compliquées !
- Tu vas vite t'y faire quand le bébé sera là, car durant les premières années, un bébé est synonyme de nombreux rendez-vous à Sainte-Mangouste !
- Je vais rater plein de cours, alors ?
- On va s'arranger pour que la plupart de ces rendez-vous aient lieu le samedi, ou bien en semaine à seize heures, pour que tu ne loupes qu'une heure de cours maximum.
- Ce serait super… Mais avec un peu de chance, j'aurai ces rendez-vous pendant les vacances.
- N'aie pas trop d'espoirs là-dessus. En plus de toutes les visites obligatoires, un bébé, c'est souvent malade, prévint le professeur Black. Je n'ai connu mon filleul que quinze mois quand il était bébé, mais en l'espace d'un an, il est allé six fois à Sainte-Mangouste, en-dehors des visites de contrôle ! Et ses parents n'étaient pas du genre à s'affoler pour rien.
- Mais c'est vachement stressant ! s'exclama Lisa. Je vais surveiller attentivement mon bébé quand il sera avec moi… Mais comment s'aperçoit-on que le bébé est malade, la première fois ?
- Tu auras tous les renseignements auprès de divers spécialistes qui t'accompagneront tout au long de ta grossesse.
- Tu n'as pas de petit frère ou de petite sœur ? s'enquit Tess.
- Si, un petit frère, mais j'avais cinq ans quand il est né, et je ne me souviens pas de lui tout bébé…
- Tu seras comme plein de nouveaux parents : tu apprendras sur le tas, conclut Tess. Et tu seras bien épaulée. Tu auras Mrs Pomfrey, le professeur Snape, l'auxiliaire de puériculture qui s'occupera du bébé quand tu seras en cours…
- C'est quoi, un auxiliaire de puériculture ?
- C'est quelqu'un qui est aux côtés des petits enfants de moins de trois ans, il les nourrit, les change, participe à leur éveil, leur apporte de l'affection, les aide à grandir… Ce ne sont ni des infirmiers, ni des sages-femmes, ni des pédiatrimages, mais ils ont des bases acquises lors de la formation qui leur permettent de repérer si l'enfant est malade, et si c'est le cas, ils savent quoi faire, où aller.
- C'est génial, comme métier… Enfin, dans le sens où c'est génial qu'un tel métier existe… Et est-ce que l'auxiliaire qui sera auprès de mon bébé sera issu de Sainte-Mangouste ?
- Pas forcément. Ces personnes exercent dans différentes structures, comme les crèches, les services d'aide à l'enfance…
- Oui, c'est logique… Mais du coup, le bébé sera à l'infirmerie ? Avec les autres patients ? Ça ne va pas être trop gênant, pour eux ? Ou même pour le bébé ?
- Non, il sera dans une pièce qui jouxte l'infirmerie, à l'opposé du bureau de Mrs Pomfrey, précisa le professeur Black.
- Mais comment va-t-elle faire pour entendre le bébé pleurer, s'il est aussi loin ? Car l'auxiliaire de puériculture ne sera pas jour et nuit à Poudlard…
- Il y a un dispositif pour cela, que le monde sorcier a piqué au monde moldu, mais qui a été adapté pour que ça fonctionne avec des ondes magiques. Ton bébé sera en sécurité, sois tranquille, apaisa le professeur Black.
Ces paroles détendirent Lisa.
- Pardon pour toutes ces questions, mais…
- Tu n'as pas à t'excuser, la coupa gentiment le professeur Black. C'est normal que tu aies plein de questions, et l'erreur serait de ne pas les poser.
Lisa s'apprêta à répondre, mais elle fut appelée au même moment par le gynécomage :
- Miss Turpin ?
Lisa et Tess se levèrent.
- Puis-je venir avec elle ? demanda Tess.
- Oui, bien sûr, tant que tout peut être abordé devant vous, avec le consentement de la maman, que ce soient des sujets intimes ou des annonces délicates, vous avez le droit d'assister à l'échographie. Si le père n'est pas là, il peut être remplacé par un ou une amie, par un parent, par un frère, par une sœur, ou par tout autre membre de la famille…
Lisa et Tess hochèrent la tête et suivirent le gynécomage à son cabinet. Il les invita à s'asseoir, fit de même, et interrogea Lisa sur son état de santé et sur sa grossesse. Lisa avait appréhendé la réaction qu'il aurait quant au fait qu'elle ignorait quand avait eu lieu son dernier cycle, mais elle avait eu tort car il ne fut nullement irrité :
- Je ne vais pas vous faire un procès pour cela ! Vous êtes loin d'être la seule, et ce n'est pas grave que vous ne sachiez pas à combien de semaines vous en êtes, cette échographie a justement pour but de dater la grossesse. C'est pour cela qu'on la nomme «échographie de datation». On va d'ailleurs passer dans la petite salle d'à côté.
Lisa ne se le fit pas dire deux fois et se rendit dans la salle d'examen avec Tess et le gynécomage. Si elle avait pu s'y précipiter, elle l'aurait fait ! Elle avait hâte de faire la connaissance du petit être qui vivait et se développait en elle, même si c'était en noir et blanc, à travers un écran, et que le bébé ne faisait que quelques centimètres… Le système de l'échographie était le même que celui du monde moldu, à ceci près que tout se faisait par sorts et ondes magiques.
Comme le lui intima le gynécomage, Lisa se débarrassa de sa robe de sorcier, s'allongea et remonta son chemisier. Le praticien étala du gel sur son ventre, posa une sonde et lança plusieurs sorts pour projeter l'intérieur de l'abdomen de Lisa sur l'écran. Le coeur de Lisa rata un battement lorsque sa cavité utérine apparut sous ses yeux. Ainsi, c'était là où poussait son bébé… Elle ne le vit pas tout de suite, mais quand le gynécomage lui montra où il était, l'émotion la gagna tout entière. Elle fixa l'écran et ne put en détacher son regard. Il était minuscule, mais déjà si bien formé…
- C'est fou comme un si petit individu de même pas dix centimètres a un tel effet hypnotisant, n'est-ce pas ? s'amusa le gynécomage.
Ces mots tirèrent Lisa de sa contemplation.
- J'ai du mal à réaliser… Ça a l'air si irréel… Je n'ai pas l'impression qu'il y a ce bébé qui vit dans mon ventre…
- Pourtant, il se manifeste quand vous avez les symptômes typiques de la grossesse… Mais ce sera plus réel quand vous le sentirez donner des petits coups.
- Ce sera quand, ça ?
- Comme c'est votre première grossesse, ce sera sûrement plus tardif que si c'était votre deuxième grossesse ou plus. En général, ça se produit au cours du cinquième mois, mais ça peut être plus tôt s'il y a des facteurs en votre faveur. Bien, nous allons procéder à l'examen.
Le gynécomage exerça une légère pression avec la sonde et la déplaça lentement.
- Bon, premier constat : vous n'aurez pas de jumeaux ou de triplés.
- Mais des quadruplés ? plaisanta Lisa.
- Non, réfuta le gynécomage en riant. Il n'y a qu'un seul fœtus, je vous le promets.
- Il se peut qu'un deuxième se cache derrière ?
- Oui, mais c'est très rare. Je vais désormais calculer la date de conception.
- Comment allez-vous faire ? Même moi, je n'en suis pas capable !
- Aaaah, les secrets de la médicomagie ! Ou de la médecine tout court. Le calcul se fait grâce à une mesure effectuée du crâne jusqu'au bas des fesses du bébé.
- Et en quoi est-ce si important d'avoir cette information ?
- À ne pas dépasser le terme, entre autres. La date du terme va elle-même être déduite de la date de conception. Et la mesure que je vais effectuer va aussi servir à surveiller la croissance du bébé. Elle sera un point de repère.
Lisa acquiesça et se tut afin que M. Powell puisse se concentrer. À sa droite, assise près d'elle, Tess était autant attentive qu'elle à tout ce que faisait le praticien. Au bout de quelques minutes, celui-ci brisa le silence qui s'était installé :
- Vous en êtes au tout début de la onzième semaine de grossesse. Le bébé a été conçu le dix avril et devrait naître le douze janvier, mais cela sera à vérifier. Cela n'a pas été évident d'avoir la mesure, vous avez un bébé qui bouge beaucoup ! C'est l'une des choses à analyser lors de la toute première échographie, et vous n'avez aucun souci à vous faire là-dessus ! Il exploite bien tout l'espace qu'il a, et il a bien raison, vu qu'il n'y a personne avec lui…
- Sauf si son jumeau ou sa jumelle se cache derrière.
- Ah oui, j'avais oublié ça… Bon, c'est bien, vous ne serez pas trop surprise si, lors de la deuxième échographie, je vous dis qu'il y a finalement deux bébés…
- Non, un bébé, c'est très bien, s'empressa d'affirmer Lisa. Je vais arrêter avec ça, sinon je vais être victime de mon propre jeu…
- Oui, c'est ça, et ce soir, à Poudlard, vous allez faire croire à tout le monde que vous allez avoir des jumeaux…
- Oh, c'est une bonne idée, ça…
- J'aurais dû me taire, ironisa M. Powell.
Lisa sourit. Elle aimait bien ce gynécomage. Il avait de l'humour tout en étant très professionnel.
- Dis-le si tu veux des jumeaux, se moqua Tess.
- Non, j'évoque l'éventualité, ce n'est pas pareil, rétorqua Lisa. Je serais folle de souhaiter avoir des jumeaux, avec tout le travail et l'organisation que ça engendre…
- Oh, ce n'est pas ça qui ferait peur à une Serdaigle…
- D'ordinaire, non. Mais quand il s'agit de s'occuper de deux bébés en même temps, de jour comme de nuit, c'est une autre histoire ! Ça te pompe toute ton énergie…
- C'est vrai… Mais c'est deux fois plus de bonheur.
Lisa fut attendrie par la réponse de Tess. C'était une très belle vision des choses… Pendant qu'elles débattaient, le gynécomage continua son inspection :
- C'est un bébé très mobile que nous avons là, avec plein de tonus, plein de vitalité, sans que ce ne soit trop excessif. Intéressons-nous maintenant à sa morphologie… Pour le crâne, rien à signaler… Nous avons bien deux bras et deux jambes, chaque membre supérieur est bien composé d'un bras, d'un avant-bras et d'une main… Les jambes sont également bien constituées… Le coeur est bien à gauche, le…
- Parce qu'il peut être à droite ?!
- C'est très rare, comme pour le bébé qui serait dissimulé derrière son jumeau, mais ça arrive, oui.
- Est-ce dangereux ?
- Dans certains cas, oui. Quand le coeur est à droite, les autres organes sont eux aussi inversés. C'est pour ça qu'on identifie bien la place de tous les organes du bébé lors de toutes les échographies qui jalonnent la grossesse.
Cela commençait à faire beaucoup de choses à emmagasiner en une seule journée, mais c'était loin d'être un problème pour Lisa. Elle était passionnée par tout ce qui avait trait à la grossesse, au bébé, et à tout ce qui y était apparenté. Elle fut soulagée de savoir que l'estomac et la vessie de son bébé étaient bien situés, et qu'il n'y avait pas d'anomalies dans sa colonne vertébrale. Il y eut ensuite un examen approfondi du liquide amniotique et du placenta.
- Tout est bon, finit par déclarer le gynécomage. Le bébé est en parfaite santé, et l'échographie n'a rien révélé d'inquiétant. On va faire l'amniocentèse, puis vous serez libre.
- Puis-je rester ? intervint Tess.
- Oui, ce n'est que l'affaire de deux minutes, et votre amie pourra s'appuyer sur vous. Bien que ce ne soit pas douloureux, cela peut s'avérer impressionnant.
- Le professeur Snape m'a dit que ça ne faisait pas plus mal qu'une prise de sang…
- C'est exact, approuva le gynécomage. Cela reste une aiguille qui s'insère dans la peau, mais c'est largement supportable et de plus, c'est très rapide. Êtes-vous prête ?
- Oui. Tess, tu ne m'en voudras pas si je te massacre la main ?
- Non, j'irai à l'infirmerie quand on rentrera à Poudlard et je dirai à Mrs Pomfrey que je me suis fait broyer la main pour la bonne cause.
- Pfff, t'es bête…
- Oui, mais au moins, elle vous détend, et c'est une bonne chose, apprécia le gynécomage. Vous êtes autorisée à contracter les muscles de votre bras en agrippant la main de votre amie tant que vous ne vous crispez pas au niveau du ventre.
- Je vais essayer…
- Ne craignez rien, ça va aller, garantit M. Powell.
Lisa se relaxa du mieux qu'elle put. Tout en gardant la sonde sur son ventre, le gynécomage dirigea l'aiguille vers le bas de son abdomen, scrutant l'écran afin de bien la positionner et de bien viser la poche. Quand il l'enfonça, Lisa admit qu'elle avait stressé pour rien. Elle n'eut même pas besoin de s'acharner sur la main de Tess. L'aiguille se fraya un chemin jusqu'à la poche où baignait le bébé, et dans laquelle le praticien recueillit du liquide amniotique, puis il la retira en douceur.
- Et voilà, vous pouvez vous rhabiller, sans faire de gestes brusques. Je vais envoyer l'échantillon au laboratoire que m'a indiqué M. Snape dans sa lettre et vous aurez les résultats d'ici la mi-juillet s'ils n'ont pas trop de travail. Nous allons fixer dès à présent une date pour la prochaine échographie, et je vous libérerai dès que ce sera fait. Cette échographie doit être faite durant le cinquième mois de grossesse, mais sans trop se rapprocher du sixième mois, ce qui nous amènerait à la première moitié du mois de septembre pour vous. Le samedi quatorze septembre, cela vous irait-t-il ?
- Oui, ce serait super.
- Bien, c'est noté. Reposez-vous bien jusqu'à dimanche inclus, ne faites pas trop d'efforts, faites en sorte d'être au calme dans le Poudlard Express, tout en ayant quelqu'un avec vous, et si vous suivez bien tous ces conseils, tout ira bien.
Lisa remercia le gynécomage, récupéra les clichés de l'échographie, sortit du cabinet avec Tess, et toutes deux rejoignirent le professeur Black dans la salle d'attente. Alors qu'ils descendaient au rez-de-chaussée, Lisa ne put céder à la tentation de consulter les images de son bébé. Il avait beau être issu d'un viol, elle l'aimait, et encore plus depuis qu'elle avait découvert à quoi il ressemblait. Elle avait de nombreuses interrogations sur l'avenir, mais elle était confiante, car ce qui était sûr, c'était que le bébé et elle allaient être bien entourés…
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Pendant ce temps, à Poudlard…
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POV Remus
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Sirius étant à Sainte-Mangouste, Remus était seul dans ses appartements. Si Sirius avait été là, sa journée aurait été la même : ayant la pleine lune le surlendemain, il n'avait fait que se reposer. La semaine qui précédait la pleine lune était divisée en deux temps : cinq jours où il était très agité, plus irritable qu'à l'accoutumée, et deux jours où il était amorphe, accusant le contre-coup de toute l'énergie qu'il avait dépensée lors de la phase «active». Il était actuellement dans la seconde phase, et c'était donc une bonne chose que Sirius fût à l'extérieur. Il avait mieux à faire que d'être auprès de son compagnon qui dormait toute la journée…
Remus admirait énormément Sirius. Gérer la grossesse d'une élève de sa maison, en pleine période d'examens, à la fin de sa première année d'enseignement, ce n'était guère évident. Pourtant, Sirius se débrouillait comme un chef. C'était notamment dû au fait qu'il était très épaulé par Severus qui avait bien plus d'expérience que lui. Hormis Severus, ce qui aidait beaucoup, c'était que Sirius était très proche de ses élèves, qu'ils soient de sa maison ou non. Ainsi, pour lui, accompagner une élève dans quelque chose d'aussi personnel qu'une grossesse n'était pas trop embarrassant.
Il y avait un autre avantage à l'absence de Sirius : Harry allait profiter que son parrain ne soit pas là pour rendre visite à Remus. Il avait des explications à fournir sur le fait qu'il eût déserté quatre nuits d'affilée son dortoir, et Remus n'allait pas le lâcher à ce sujet. C'était bien gentil d'être amoureux, mais cela ne dispensait pas de respecter le règlement ! Et le règlement exigeait d'être cinq nuits par semaine dans son dortoir. Ou quatre, à la rigueur, tant que cette limite n'était pas observée toutes les semaines. Ceci n'était pas fait pour ennuyer les élèves. S'il y avait cette contrainte, c'était parce que chaque élève appartenait à une maison et que cela impliquait une certaine fidélité, qui se traduisait par manger régulièrement à sa table et privilégier son lit à celui d'un ou d'une camarade d'une autre maison, mais c'était aussi pour une question de sécurité. À force de voir un ou une élève bouder son dortoir, les préfets s'y habituaient et n'y faisaient plus attention. Sauf que si, un soir, l'élève fuguait, ou sur le chemin du dortoir de sa moitié, se faisait enfermer quelque part, les préfets ne songeraient pas à ces hypothèses, et se diraient simplement que l'élève était allé(e) dormir une énième fois avec son petit-ami ou sa petite-amie, les filles ayant la possibilité d'aller dans le dortoir d'autres filles, ce qui n'était pas permis aux garçons. C'était parce que ces deux cas de figures s'étaient produits trop de fois que la règle qui avait été bafouée par Harry avait été instaurée. Mais même avec ça, il y avait des élèves qui continuaient à élire trop souvent domicile chez l'élu(e) de leur coeur, preuve en était avec Harry, pas plus tard que quelques jours auparavant. Mais Remus n'allait pas charger Harry dès qu'il serait là. C'était une chance pour Harry qu'il ait décidé de venir ce jour-là, deux jours avant la pleine lune. Car la veille, sous l'influence de sa période «active», Remus était encore dans l'optique d'aborder aussitôt le problème et de se montrer très sévère. Mais là, sous l'effet de la fatigue due à l'approche imminente de la pleine lune, il était bien plus calme et plus indulgent, comme il l'était en temps normal.
Ce qui avait contribué à l'agacer dans l'affaire «découchages de Harry», c'était l'attitude de Sirius. Il n'avait pas eu l'air très concerné, répétant seulement «C'est à toi de régler ça avec Harry.» Si cela avait d'abord outré Remus – Sirius était le parrain de Harry, nom d'un Strangulot, ce serait plutôt à lui de tirer les vers du nez à Harry ! - il avait fini par deviner que Sirius était au courant d'éléments que lui-même ignorait, et malgré ses requêtes incessantes, il avait refusé de les partager avec lui, ce qui avait eu le don de l'énerver au plus haut point. Il était le directeur de maison de Harry, il avait le droit d'avoir les infos que Sirius avait ! Mais non, c'était à lui de les avoir de la bouche de Harry… Il avait été tellement contrarié par le manque de coopération de Sirius qu'il avait dû aller se balader dans le château pour ne pas se disputer avec son compagnon. Mais il était tout à fait conscient que s'il n'avait pas été dans cette période qui lui mettait les nerfs en pelote, il aurait été plus serein face à cette situation.
Il était près de quinze heures trente quand des coups furent frappés à la porte. Remus alla ouvrir et vit sans surprise que c'était Harry. Il le fit entrer et l'emmena au salon. Tandis que Harry s'installait, Remus alla préparer du thé dans la cuisine. Cinq minutes plus tard, il retourna au salon, versa du thé dans deux tasses, et des petits gâteaux dans une soucoupe.
- Cela fait longtemps que tu n'as pas mis les pieds ici, fit remarquer Remus.
- Oui, la dernière fois, c'était juste après le discours de Dumbledore sur les rattrapages, les stages et les cours avancés de sixième année… Ce n'était qu'il y a un mois, mais je jurerais que c'était il y a une éternité…
- Il y a eu pas mal de choses depuis, dont les BUSE… D'ailleurs, comment ça a été ?
- Oh, c'est très mitigé… Enfin, niveau satisfaction. J'aurai probablement un Effort Exceptionnel en botanique, en métamorphose et en soins aux créatures magiques, un Optimal en Défense Contre les Forces du Mal, en sortilèges, et, je l'espère, en potions, un Acceptable en astronomie, et un piètre en histoire de la magie. La divination, c'est un peu flou, mais j'aurai sûrement un Acceptable. J'aurais aimé mieux faire en botanique et en métamorphose, ce sont mes deux grosses déceptions… Surtout la métamorphose. Tu aurais été si fier si j'avais eu un Optimal…
- Je le serai même si tu as un Effort Exceptionnel, dit doucement Remus. Je ne vais pas te mentir, tu l'as constaté toi-même, ta pratique ne valait pas plus qu'un Effort Exceptionnel, mais tu as peut-être mieux réussi la théorie, que je n'ai pas encore corrigée…
Harry secoua la tête.
- Non, ça ne suffira pas à atteindre l'Optimal…
- Eh bien ce n'est pas grave, car c'est un Effort Exceptionnel qui est requis dans toutes les matières pour les poursuivre en sixième année. La métamorphose est l'une des matières les plus difficiles qui soient, avoir un Effort Exceptionnel aux BUSE, c'est déjà très bien. Tu as toujours eu ce niveau, et l'essentiel, c'est de le maintenir. Il y a très peu de formations qui réclament un Optimal aux ASPIC, donc même si tu n'es pas fixé sur le métier que tu exerceras plus tard, il y a d'infimes risques que tu t'orientes vers une formation qui ne sera accessible qu'avec un Optimal en métamorphose… Même la formation d'Auror n'est pas aussi stricte. C'est comme pour la Défense Contre les Forces du Mal. Tu seras rarement obligé d'avoir un Optimal pour être admis dans la formation que tu souhaites.
- Dommage, c'est ma matière de prédilection… À l'image de toute l'année, l'examen était top, avec le professeur Gordon. Après toi, c'est le meilleur professeur qu'on ait eu dans cette matière. Ce qui est bien, c'est qu'il ne nous pressait pas, lors de la pratique, mais sans trop nous faire déborder non plus sur le créneau qui nous était consacré… Sinon, pour ce qui est des sorts, aucun ne m'a résisté, je les ai tous brillamment lancés. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le professeur Gordon ! Il est loin d'être avare de compliments.
- Oui, c'est un excellent professeur, agréa Remus. Mais ce n'est pas étonnant que tu aies été si bon en Défense Contre les Forces du Mal. Comme tu l'as souligné, c'est ton point fort.
- Oui bah je ne me fie plus trop à mes compétences… Car je n'ai eu que des Optimal aux examens de botanique depuis ma première année, et là, je vais me taper un Effort Exceptionnel ! En fait, tout compte fait, c'est pour la botanique que je suis le plus dégoûté… En métamorphose, la note que je vais avoir reflète mon vrai niveau. En cours ou en examens, je suis abonné aux Effort Exceptionnel. Mais en botanique, l'écrasante majorité de mes notes, ce sont des Optimal !
- Je conçois que c'est frustrant de rétrograder comme ça, mais ne fais pas un blocage là-dessus. Ce n'est pas révélateur de ton véritable niveau. Tu feras mieux aux ASPIC si tu restes sérieux et assidu. J'ai entendu dire que la pratique de botanique avait fait déchanter une bonne partie des élèves… La plante n'était pas facile, tu n'as pas à te blâmer d'avoir mal retiré ses crocs… C'est le cauchemar de tous les élèves ! C'est sur ce spécimen que j'ai eu le premier Effort Exceptionnel de ma scolarité en botanique.
- Oh… Ça n'a pas été trop dur ?
- J'ai été très fâché contre moi-même, mais j'ai relativisé et je me suis dit que ce n'était pas cela qui allait me fermer toutes les portes…
- Oui, tu ne serais pas professeur ici, aujourd'hui, si cette note avait eu un gros impact sur ta future carrière… Mais c'est fou, car je vais avoir un quinze ou un seize en botanique où, d'ordinaire, j'ai des Optimal, et je vais certainement avoir un Optimal en potions où, d'ordinaire, j'ai des Désolant ou des Piètre… Et Merlin que la recette était longue ! Vingt-huit étapes… En trois heures. Avec un rapport à rédiger en prime.
- Mais tu t'en es très bien sorti, nuança Remus.
- Oui, mon échantillon avait presque la bonne couleur. Il aurait eu la couleur idéale si je ne m'étais pas trompé à la vingtième étape en confondant l'huile de ricin et l'essence de Belladone… Sans ça, j'aurais eu un vingt à ma potion. Ou dix-sept ou dix-huit si mon rapport n'est pas parfait. Ça aussi, c'est hyper stressant ! Ne pas oublier d'étape, bien tout commenter, bien tout analyser, que ce soient les réactions de la potion ou nos erreurs, décrire les effets de chaque ingrédient dans la potion… En vrai, j'adorerais les potions s'il n'y avait pas un enjeu tel que les BUSE derrière. Si j'en faisais pour le plaisir, quoi. Là, je m'éclaterais. J'admire Draco, Blaise et Théo qui ont une pression de fou avec l'Optimal qu'ils devront à tout prix avoir pour leurs formations… Eux, ce n'est même pas l'Optimal qu'ils visent. C'est la perfection. Mais c'est pour Blaise que c'est le plus compliqué, à mon sens. Il a plus de matières à garder, dont les soins aux créatures magiques. Ça m'aurait bien embêté de me coltiner cette matière jusqu'aux ASPIC…
- Au moins, tu arrêteras cette matière sur une bonne note. Un Effort Exceptionnel aux BUSE, c'est bien, pour une option qui ne te passionne plus…
- Elle me plairait si je n'avais pas été traumatisé par les créatures dangereuses qu'on a étudiées…
- Hagrid a réadapté son programme, non ?
- Oui, mais le mal était fait. Après, je reconnais que l'examen n'était pas si mal… On avait envie de bien faire avec les Botruc, de ne pas les blesser, de ne pas les serrer trop fort… Tout comme avec le Noueux qu'il fallait distinguer des cinq hérissons. Ce n'était pas notre but de l'effaroucher avec la nourriture, mais c'était le seul moyen pour le repérer… Bon, ensuite, ça s'est corsé avec le crabe de feu. J'ai dû l'effrayer car il s'est défendu en projetant du feu, que j'ai esquivé de justesse. Quant aux Croups dont la consigne était de leur couper la queue, j'aurais pu avoir les points s'ils n'avaient pas pris ça comme un jeu ! Mais c'est dû au fait que ce sont des chiens, que la plupart des ces animaux sont joueurs, et qu'en plus, c'étaient de très jeunes Croups… J'étais plus tenté de m'amuser avec le mien que de m'attaquer à sa queue ! Et c'est ce que j'ai fait. Je n'allais pas y arriver, et j'avais mal aux jambes, à force d'avoir été accroupi quand je proposais à manger aux hérissons, d'avoir bondi deux fois pour échapper aux jet de flammes de mon crabe de feu, et d'avoir couru après mon Croup dans toute la zone réservée à ces créatures… Mais j'aurai tout de même un Effort Exceptionnel. Et pour les autres matières, c'était moins fameux. En astronomie, je n'ai pas été très inspiré, je ne me souvenais plus d'une des lunes de Jupiter, et je n'ai pas vu grand-chose au télescope… Du coup, je n'ai pas pu trop remplir ma carte du ciel. Mais bon, ce n'est pas comme si je convoitais une note en particulier… Un Acceptable, ça m'ira très bien. Pour la divination, j'avais révisé pour ne pas sécher totalement face aux différentes techniques qu'on allait avoir. Car c'est vite lassant de fixer sa main, une boule de cristal ou un marc de café sans rien avoir à dire dessus… Et enfin, pour l'histoire de la magie, c'était la pire épreuve de toutes. Je maîtrisais bien les émeutes des gobelins, mais le fait d'y associer la législation sur les baguettes, et de dire si ça avait favorisé les émeutes ou si ça avait aidé à mieux les contrôler, ça m'a perdu, et ça m'a poussé à me rabattre sur les autres sujets. Mais je n'ai écrit qu'une cinquantaine de centimètres de parchemin. C'est peu, pour deux sujets… Mais le code du secret, ça ne me disait rien, même si j'étais plus à l'aise que sur la législation des baguettes et les émeutes des gobelins. En revanche, j'ai eu de la matière pour les circonstances qui ont conduit à la fondation de la Confédération internationale des sorciers, et je me rappelais les motifs du refus des sorciers du Liechtenstein à y adhérer. Qu'est-ce qu'il y a d'autre, comme matières ?
Harry réfléchit, puis déclara :
- Non, je crois avoir fait le tour de mes examens…
- Plus que les sortilèges et tu auras fait le tour, oui.
- Oh, il n'y a rien eu de spécial à propos de cet examen. J'ai fait un sans-faute sur les cinq sorts que j'avais à effectuer, j'ai bien répondu aux deux questions, et j'ai bien géré la théorie.
- Il n'empêche que tu es moins bavard sur cet examen que sur les autres.
- C'est celui de Sirius, il a dû tout te raconter…
- Eh bien non, figure-toi. Il m'a juste dit qu'il avait eu le trac, et qu'il avait craint que toi aussi. Ses craintes étaient-elles fondées ?
Harry sembla gêné.
- Euh… disons que j'étais angoissé quelques jours avant, mais que le Jour J, j'étais trop distrait par autre chose pour y songer.
- Oh… J'espère que ça n'a pas eu trop de répercussions sur ton examen.
- Non, ça va.
- Bon, tant mieux. Mais quand j'ai demandé à Sirius si, pour lui, ça s'était bien passé, il était plutôt mitigé. Il m'a confié que le début de l'examen avait été un peu… tendu, mais j'ai eu beau insister, il n'a rien voulu me dire de plus. Il a juste précisé que c'était à toi de m'en parler si tu te sentais apte à le faire.
Le malaise de Harry s'accentua, ce qui intrigua Remus. Diable, mais combien de choses lui cachait-il avec Sirius ?! Harry finit par se lancer :
- On ferait mieux d'entrer dans le vif du sujet… Car la raison pour laquelle les premières minutes de l'examen ont été tendues, ça a un lien avec mes absences dans le dortoir… Si je suis là, c'est avant tout pour que Ron et Hermione ne soient plus mêlés à tout ça.
- Je n'avais pas d'autre choix, Harry. Ils sont préfets, c'est à eux de me dire s'il y a des élèves qui ne sont pas dans leur dortoir, et s'il y en a qui n'y sont pas, ces élèves doivent avoir dit en amont aux préfets où ils allaient dormir, et ce, avant de s'en aller. Or, toi, tu ne leur avais rien dit. Ils n'ont pu que supposer que tu étais avec Draco. Était-ce bien cela ?
- Oui.
Remus soupira.
- Harry, je suis heureux que ça aille bien entre Draco et toi, mais que vous soyez amoureux ou non, le règlement est le même pour tous. Pas plus de deux nuits hors de son dortoir par semaine, ou trois occasionnellement, et pas plus de trois nuits d'affilée. Là, tu en étais à quatre, et sans justification !
- Mais j'ai respecté le quota ! J'étais à deux nuits la semaine dernière, et j'en suis à deux nuits cette semaine, contesta Harry.
- Oui, mais sans que Ron et Hermione n'aient su où tu étais. Et tu es à une nuit de trop pour l'autre quota. Ce n'est pas parce qu'on change de semaine que les compteurs sont remis à zéro pour celui-là…
- Mais j'ai une bonne excuse, plaida Harry.
- Bien, je t'écoute.
- Samedi, j'ai fait ma première fois avec Draco. J'étais entièrement consentant, et c'est même moi qui ai initié les choses. Mais mon corps était très contradictoire avec lui-même, il aimait autant qu'il rejetait. Il en voulait toujours plus, tout en étant trop contracté. C'est bête, un corps. Sans trop aller dans les détails, c'était très galère pour adopter un rythme, et par conséquent, il a bien fallu trancher entre me ménager, ou satisfaire Draco… J'ai opté pour la seconde issue, et j'ai dû convaincre Draco qui avait peur de me faire trop mal. Mais moi, j'étais sûr de pouvoir le supporter. Draco a cédé, et ça a laissé des traces. Dès le soir-même, j'étais incapable de m'asseoir, de me lever et de marcher. En pleine nuit, Draco est allé chercher de quoi me soulager à l'infirmerie. Il m'a soigné pendant quatre jours, et comme le Choixpeau a eu la bonne idée de m'envoyer à Gryffondor, ma salle commune et mon dortoir se situent au septième étage… Et quand on peine à faire ne serait-ce que quelques pas, monter et descendre les escaliers, c'est un vrai calvaire… J'ai essayé, hein. J'ai vite regretté. Draco m'a alors offert l'hospitalité, en arguant qu'en dormant dans son dortoir, je serais près de la Grande Salle. Déjà que j'allais bouder mon dortoir, je ne pouvais pas faire de même avec la Grande Salle… Sinon, là, je me serais attiré tes foudres et tu n'aurais pas patienté autant de temps pour sommer Ron et Hermione de m'exiger des explications… C'était donc bien plus pratique pour moi d'être dans le dortoir de Draco jusqu'à ce que j'aille mieux. Dès mercredi soir, j'ai pu retourner dans mon dortoir. Voilà, tu sais tout, à présent.
Ces mots furent suivis d'un court silence, que Remus brisa après avoir assimilé tout ce que lui avait dit Harry :
- Je comprends mieux, désormais. Pour le coup, tu avais vraiment une bonne excuse…
- Je n'enfreins pas le règlement juste pour vous enquiquiner, Sirius et toi. Et pour que tout soit clair, lundi, le jour où j'ai eu mon examen pratique de sortilèges, j'étais encore très marqué par le rapport que j'avais eu avec Draco, malgré les bons soins qu'il me prodiguait, et qui faisaient tout de même effet. Sirius s'est vite aperçu que je me déplaçais bizarrement, et il a absolument tenu à ce que je lui dise ce que j'avais. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment pour lui faire une telle annonce, mais je n'ai pas pu faire autrement. Résultat, il y a eu un gros blanc entre nous, tant nous étions gênés. Mais ça n'a pas trop duré, on a crevé l'abcès, ça nous a relaxés, et on a enchaîné sur l'examen.
- C'est le principal, s'il n'y a plus de tensions entre vous. Mais attends… c'est pour ça que samedi soir, tu n'étais pas là lors du dîner… Vu que Sirius parlait avec Filius, j'ai fait constater ton absence à Severus qui m'a dit que tu étais alité et que tu avais tout ce qu'il fallait pour te remettre d'aplomb. Je pensais que tu étais malade, mais ce n'était pas le cas, visiblement. Et je préfère ça, dans un sens.
- Moi aussi ! Même si je me serais bien passé de tous ces désagréments… Mais bon, on ne peut pas tout avoir. Et ce n'est pas plus mal que Sirius discutait avec Filius. Il n'était pas encore au courant, il se serait inquiété et il aurait harcelé le professeur Snape pour qu'il lui dise pourquoi j'étais alité…
- Oui, et une fois que Sirius a su, c'est moi qui l'ai harcelé ! Lorsque je lui ai dit que ça faisait trois nuits que tu découchais, sans que ni Ron ni Hermione ne sachent où tu étais, même s'ils avaient de forts soupçons, Sirius n'a pas paru très surpris. J'ai deviné qu'il était au courant de quelque chose, je lui ai intimé plus d'une fois de tout me dire, car j'étais ton directeur de maison, qu'on s'était mis d'accord sur le fait que j'étais responsable de toi au même titre que lui, et que j'avais donc autant le droit que lui de savoir, et tout ce qu'il a trouvé à me dire, c'est que ce n'était pas à lui de m'en faire part. Ça a eu le don de m'énerver, car j'avais l'impression d'être tenu à l'écart, et la pleine lune qui approchait n'arrangeait rien du tout. Mais je saisis mieux son attitude, et je ne lui en veux plus. On peut considérer que cette affaire est close, déclara Remus en souriant.
- Euh… pas tout à fait, avoua Harry. Demain, on rentre tous chacun chez soi, et je ne sais pas quand je reverrai Draco… Et je ne veux pas rester sur cette première fois jusqu'à ce qu'on se revoit. Et si on tarde trop à le refaire, la reprise va être difficile…
- Ok, ne m'en dis pas plus. Tu veux dormir avec Draco ce soir, c'est ça ?
Harry acquiesça.
- Qui serais-je pour te refuser cela ? s'amusa Remus. De plus, tu as de très bons arguments, mais il ne faut pas que tu le refasses uniquement par peur d'être rouillé si vous avez votre prochain rapport vers le milieu de l'été…
- Non, il n'y a pas que ça, c'est aussi parce que j'en ai envie, ajouta Harry.
- Bien, ça me rassure. J'en avertirai Ron et Hermione dans la journée. Sans tout leur dévoiler, bien sûr. En tout cas, c'est bien que tu nous aies révélé, à Sirius et à moi, avoir sauté le pas avec Draco. Quand il sera au Square, on ne va pas vous forcer à faire chambre à part pendant tout son séjour… On n'est plus au Moyen-Âge, et ce n'est pas bon de brider une sexualité quand elle a commencé… Mais si, par exemple, Draco vient deux semaines au Square, vous serez autorisés à passer trois nuits par semaine ensemble, comme à Poudlard, pour ne pas que vous vous y habituiez et que vous soyez frustrés lorsque vous serez de nouveau à Poudlard.
Harry hocha la tête.
- C'est logique, estima-t-il. En fait, cette limite, c'est pour notre bien…
- Exactement. Car on s'y fait vite, à partager le même lit, et quand on ne peut plus le faire, on a tout aussi vite le manque…
- Oui, et je ne tiens pas trop à le ressentir, ce manque, grimaça Harry. Draco et moi respecterons le quota, c'est promis. Bon, et toi ? Pas trop épuisé par les examens et l'imminence de la pleine lune ?
- Si, mais je suis plus en forme que ce matin. Je n'ai fait que me reposer, aujourd'hui, comme je le fais souvent à deux jours de la pleine lune…
- Oui, il n'y a que ça à faire… Mais, attends, ça signifie que demain soir, on est de retour au Square, et que vingt-quatre heures plus tard, tu as la pleine lune ?
- C'est ça.
Harry fit une drôle de tête.
- Ça va aller, l'apaisa Remus. Je ne serai pas fatigué par le trajet, puisque Sirius et moi ne prendrons pas le Poudlard Express.
Harry haussa les sourcils.
- Ah bon ?
- S'ils le désirent, les professeurs peuvent regagner leurs pénates par leurs propres moyens.
- Oh, c'est cool… Et ça tombe bien pour toi. Vous allez user de quel mode de transport, du coup ?
- Le transplanage. C'est Sirius qui nous rapatriera au Square. Ça m'évitera des efforts inutiles.
- Oui, et ça te ménagera pour la pleine lune… C'est super bien organisé, tout ça.
- Hé oui, ce n'est pas une stupide sphère argentée qui va nous désœuvrer !
- Ça, c'est bien dit ! Bon, je ne vais pas te déranger trop longtemps, ce n'est pas en bavardant que tu vas être au calme, et j'ai moi-même ma valise à boucler… Mais je traîne, je traîne, car j'ai la main à mettre sur toutes mes chaussettes…
- Sers-toi du sortilège d'attraction, conseilla Remus. Ça t'entraînera, même si j'imagine que c'est un sort sur lequel tu n'as plus besoin de t'exercer…
- Oui, mais l'ennui, c'est qu'il faut le lancer pour chaque chaussette égarée…
- C'est le point négatif de cette solution, en effet. Mais ne t'en fais pas, en septième année, tu sauras utiliser ce sort sur plusieurs exemplaires du même objet. L'étude de l'approfondissement de ce sort sera peut-être ébauchée l'année prochaine, mais je ne suis pas sûr. Car cela requiert la maîtrise des sortilèges informulés.
- Comment ça ?
- Eh bien, tu ne peux pas dire «Accio toutes les chaussettes !», la quantité doit être pensée dans ton esprit, et non exprimée, ce qui se rapporte au principe des sortilèges informulés, même si là, ce n'est pas la formule qui est informulée, mais une quantité.
- J'ignorais que c'était possible de faire ça…
- Tu n'as jamais vu quelqu'un attirer à lui plusieurs mêmes objets ?
- Mmmh… je n'en ai pas le souvenir.
- Sirius et moi t'en ferons la démonstration au Square, alors.
- Chouette !
- On le fera avec tes cheveux, il y en a trop sur ta tête.
Un air scandalisé se dessina sur les traits de Harry.
- Vous faites ça, je m'enfuis et je me barre chez le parrain de Draco !
- Ah bah c'est bien, avec toi, on n'aura pas de mal à te récupérer si tu nous dis où sera ton point de chute…
Harry se mit à rougir, ce qui fit rire Remus.
- On est un ado rebelle ou on ne l'est pas ! Et toi, tu ne l'es clairement pas.
- Hé, je ne suis pas si nul que ça en termes de rébellion ! Il y a presque trois ans, j'ai fugué de chez les Dursley et même s'ils l'avaient voulu, ils n'auraient pas pu me retrouver !
- Oui, mais tu as un peu triché. Tu as pris le Magicobus – concept sorcier – et tu es allé au Chaudron Baveur, auberge située dans une allée commerciale exclusivement sorcière. Et les Dursley exècrent tout ce qui appartient au monde sorcier, dont ils sont complètement ignares ! Tu avais un avantage non négligeable sur eux. Tu étais sûr qu'ils n'allaient pas se ramener sur le Chemin de Traverse…
- Ouais, ce n'était pas du jeu…
- Mais tu as su tirer profit de tes atouts.
- C'est moi ou tu approuves ma fugue ?!
- C'était soit ça, soit tu aurais fini par transformer ton oncle ou ta tante en tabatière… Et puis bon, tu étais bien mieux au Chaudron Baveur. Tu y étais en sécurité, protégé du prétendu assassin qui s'était échappé d'Azkaban pour te tuer, et tes vacances y ont été plus agréables qu'elles ne l'auraient été à Privet Drive… Mais ne réitère pas l'expérience au Square, s'il te plaît, même tu viens à te disputer avec Sirius ou moi, ce qui, je l'espère, ne se produira pas…
- Je suis censé t'en faire le serment, là ?
- Ce serait bien, mais je préfère que tu ne fasses pas une promesse que tu n'es pas sûr de tenir. Je me doute bien que si ça éclate entre Sirius et toi, ou entre toi et moi, la tentation sera trop forte d'aller te réfugier chez Severus et Draco… Au moins, on n'aura pas à te chercher partout. Mais promets-moi juste de faire de ton mieux pour ne pas céder à la tentation.
- Je te le jure, mais je ferai tout, à la base, pour qu'il n'y ait pas de couacs cet été.
- Il n'y a pas de raisons pour qu'il y en ait, sourit Remus. Bon, tu ferais mieux d'aller terminer tes valises avant que la motivation ne te déserte…
- Oui, sinon, il va être l'heure d'aller manger et ce ne sera toujours pas fait… Et tel le flemmard que je suis, après, je n'aurai plus le courage de le faire. Passe une bonne fin de journée, fais un bisou à Sirius pour moi, et on se verra peut-être avant que je ne monte dans le Poudlard Express…
- Oui, on ne va pas laisser le train t'arracher à nous sans te dire au revoir, même si ce n'est que pour quelques heures et qu'on se rejoindra au Square…
- Ça, c'est un réflexe de parents qui aiment leurs enfants ! Allez, j'y vais.
Harry se leva et s'en alla après avoir remercié Remus. Celui-ci soupira, ravi de sa conversation avec son «beau-filleul». Il débarrassa les tasses et la théière et se reposa en se plongeant dans un livre. Il n'avança guère dans sa lecture, car vingt minutes après le départ de Harry, Sirius revint de Sainte-Mangouste.
- Coucou, c'est moi !
Ce fut un Sirius tout gai qui fit son apparition dans le salon. Il embrassa Remus, s'installa en face de lui et s'empara d'un gâteau, la soucoupe étant la seule chose que Remus n'avait pas rangée.
- Toi, tu es de bonne humeur, remarqua Remus.
- Plutôt, oui.
- Ça a donc été, à Sainte-Mangouste ?
- Oui, Lisa est contente de son échographie, et elle n'a pas eu mal lors de l'amniocentèse. Et d'après elle, son gynécomage est hyper gentil et plein d'humour. Il faudra que je songe à vérifier s'il est le père de Joanna et Alex Powell. Si oui, j'aurai bientôt fait la connaissance de toute la famille, vu que leur mère va seconder Severus à la rentrée dans ses fonctions de psychomage…
- Ce serait marrant ! Mais tu n'auras pas rencontré toute la famille. N'oublie pas qu'ils ont un petit frère et une petite sœur qui seront d'ici quelques années à Poudlard…
- Ah oui, c'est vrai… Ça se fait rare, les familles avec autant d'enfants.
- Ah, j'aurais dit le contraire… J'ai l'impression qu'elles sont en augmentation.
- Des fratries de quatre enfants ?!
- Peut-être pas quatre, mais trois, oui.
- Mmmh… Prions pour que ce ne soit pas qu'une impression. Il faut repeupler le monde magique !
- Il y en a qui y travaillent ! Il y a minimum deux bébés en route : le petit frère de Pansy Parkinson, et le bébé de Lisa.
- Pourvu qu'il y en ait d'autres… Sinon, il va falloir implorer Merlin pour que le bébé de Lisa soit une fille !
- Pour qu'elle s'amourache avec le petit frère de Pansy et que dans une vingtaine d'années, ils aient eux-mêmes des enfants ? ironisa Remus.
- Ce n'est qu'une idée, hein…
Remus ne put s'empêcher de se faire le scénario dans la tête. Un petit rire lui échappa.
- Ce serait incroyable que ça se fasse ! Mais il me semble que la grande sœur de Terry a eu une fille, en début d'année… Si le bébé de Lisa est bien une fille, l'existence de la nièce de Terry va menacer ton plan ! D'autant plus qu'elle sera de la même année que le petit Parkinson à Poudlard…
- Ooooh, tu as tout gâché ! Pourquoi tu enregistres toutes les informations que tu entends, aussi ?
- Je n'en fais pas exprès, s'amusa Remus. Non mais plus sérieusement, n'influençons pas la nature, c'est elle qui décidera, et elle fera bien les choses.
- Pas faux. Bon, tu as eu Harry ?
- Oui, il est parti i peine une demie-heure.
- Oh, je l'ai raté de peu… Bon, tu as dû le cuisiner, ou il t'a tout dit de lui-même ?
Remus relata à Sirius sa discussion avec Harry, et s'excusa d'avoir insisté pour qu'il lui dévoile ce qu'il lui cachait. Sirius ne lui en tint pas rigueur, arguant qu'il aurait réagi de la même manière à sa place. Tout ceci les amena à plus de dix-huit heures, et ce fut main dans la main qu'ils se rendirent à la Grande Salle, pour leur dernier dîner de l'année scolaire à Poudlard. C'était l'occasion ou jamais de profiter de la compagnie de leurs collègues, avant d'être séparés d'eux le temps des congés d'été, qui allaient leur faire le plus grand bien à tous…
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POV Harry
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Après son entrevue avec Remus, Harry était allé à son dortoir pour finir sa valise, comme il avait dit qu'il le ferait. Après avoir fouillé de fond en comble son dortoir, il s'était résigné à écouter Remus et à faire venir à lui chacune de ses chaussettes avec un Accio. Cela faisait dix minutes qu'il s'évertuait à fermer sa valise qui lui résistait. Aux grands maux, les grands moyens : il sauta sur sa valise, mais dans son élan, glissa dessus et tomba à la renverse.
- Ouch !
- Harry, ça va ?
C'était Dean. Harry pensait être seul dans le dortoir, mais il s'était visiblement trompé. «Ben oui, ça n'aurait pas été drôle si personne n'avait assisté à ta misérable chute…» grommela Harry en son for intérieur.
- Ouais, mieux que ma dignité…
- J'aurais sûrement dû te le proposer avant que tu ne t'écrases par terre, mais est-ce que tu veux de l'aide, pour ta valise ?
- Si tu as une astuce pour la fermer…
- Il suffit de régler le problème à la source.
Harry s'interrogeait sur l'identité de ladite «source» quand Dean pénétra dans son espace. Il jeta un bref coup d'oeil à la valise.
- Ah oui, pas étonnant que ça coince… Il y a un endroit où tes affaires sont trop hautes.
- Oui, j'ai eu du mal à les ranger…
- Tu as fait beaucoup de shopping à Pré-au-Lard, cette année ?
- Non, même pas ! Je n'ai rien acheté à Gaichiffon… Ah si, trois pantalons, mais j'ai viré ceux qui étaient trop petits…
- Ce doit être tes cours qui prennent de la place, alors.
- Pas plus que les autres années… Non mais quand j'ai fait ma valise la veille d'aller à Poudlard, il y avait de quoi y ajouter cinq bons livres !
- Eh bien, en dix mois, ta valise a dû faire un régime !
Harry secoua la tête, amusé.
- Si c'est ça, ce n'était pas la meilleure des choses à faire…
- Bon, enlève tout, on va la refaire.
- Euh… après le dîner ? Car si on fait ça tout de suite, on va rater le service…
- Mais non, avec ma méthode, en même pas une demie-heure, ce sera fait !
Bien que sceptique, Harry fit confiance à Dean. Tandis qu'il retirait ses affaires par tas pour ne pas avoir à les replier en vidant tout d'un coup, Dean attrapa le set de matériel pour balai qu'avait reçu Harry à Noël de la part de Sirius et de Remus.
- Tu avais ça, le trente-et-un août, quand tu as fait tes bagages ?
- Euh… non.
- Et ça ? s'enquit Dean en désignant des boîtes de jeux.
- Non plus.
- Et ces bouteilles de gel ? La vache, on ne s'est pas moqué de toi…
- Non, je ne les avais pas non plus.
- Bon, les livres sur le Quidditch, je suppose que tu les avais…
- Ben… non, avoua Harry.
Il se sentait affreusement bête, et coupable. Comment avait-il pu oublier que six mois auparavant, il avait eu le plus beau Noël de sa vie, dans les appartements de Sirius et Remus, qui l'avaient fait rire avec leurs blagues, qui lui avaient raconté plein d'anecdotes, toutes plus hilarantes les unes que les autres, qui lui avaient offert plein de cadeaux, mais aussi énormément d'amour et de tendresse… Si sa valise faisait des siennes, c'était parce qu'elle était remplie de souvenirs de ce merveilleux Noël qu'il avait eu avec les deux adultes qu'il aimait le plus au monde…
- Tout ça, ce sont des cadeaux, murmura Harry, la voix cassée par l'émotion.
- Oui, j'avais deviné, dit doucement Dean. Pas si horrible que ça, cette année scolaire à Poudlard, en dépit des mauvaises choses qu'il a pu y avoir, mmmh ?
Harry acquiesça, incapable de prononcer le moindre mot. Oui, il avait vécu des périodes très dures, entre son traumatisme lié à son unique séance avec Forester, son addiction aux potions de sommeil sans rêves qui en avait résulté, sa relation malsaine avec Adrian, à laquelle il s'était désespérément accroché, le viol qui avait achevé de le détruire, son intoxication, son sevrage, sa convalescence, le harcèlement, quelques mois plus tard, dû à l'officialisation du couple de Sirius et Remus et du sien, les terribles conséquences que cela avait failli avoir… Oui, il n'avait pas été épargné. Mais malgré tout ça, il avait tenu bon. Car il avait été extrêmement bien entouré. Et que dire de cet entourage… Il avait eu Sirius et Remus, ses tuteurs qui étaient comme des parents pour lui, ses deux fidèles amis de toujours, Ron et Hermione, sa confidente Ginny… Mais il avait aussi eu de nombreux nouveaux amis, avec qui la fameuse bande s'était formée : Draco, Théo, Blaise, Pansy, Justin et Terry. Parmi eux, quatre Serpentard. Dont un était son petit-ami depuis quatre mois, dont il était fou amoureux et avec qui il était plus qu'heureux. Dire qu'au début de l'année, ils se détestaient… Cela avait été très progressif entre eux, pour finalement aboutir à une belle histoire d'amour… Et il y avait Théo, avec qui il avait créé un lien si fort que ce dernier était un mystère pour tout le monde… Et il y avait un autre Serpentard, avec qui ses rapports avaient radicalement changé : le professeur Snape. Si on lui avait dit que cet homme, qui l'avait tant haï et persécuté, le sauverait de l'intoxication dont il avait été victime, qu'il le soignerait chez lui, deviendrait son médicomage et son psychomage, et qu'il se lierait d'amitié avec Sirius et Remus avec qui ça avait été la guerre durant leurs années Poudlard, il aurait ri très fort.
- Il y a eu des hauts et des bas, mais je vais bien, aujourd'hui, j'ai un petit-ami extra, des amis extra, et des adultes extra qui veillent sur moi. S'il y a une divinité derrière toutes les épreuves que j'ai dû traverser, elle est certainement verte de rage, à l'heure qu'il est ! Et c'est bien fait pour elle !
- Très bien dit ! Bon, on va essayer d'être efficace dans la disposition de chaque élément. D'abord, les gros trucs. Tu es sûr que tu avais tous ces pantalons, lors du premier jour de l'année à Poudlard ?
- Non, j'en ai eu à Noël, mais j'avais zappé ce détail, à ma plus grande honte… Et je n'ai pas eu que ça. J'ai eu des pulls, des chemises, des tee-shirts, des capes d'hiver, des robes de sorcier d'été…
- Tu as été régalé ! Mais tu le mérites. Tu n'as pas eu une année facile, et c'est la première fois que tu as une vraie famille… Ron ne s'est pas trop étalé, mais quand tu étais chez le professeur Snape, il nous a confié que tu n'avais pas eu une enfance dorée et que tu as eu avec tes tuteurs ce que tu n'as pas eu avec ton oncle et ta tante… Les gens font des raccourcis en imaginant que tu as été choyé par tes moldus, parce que tu étais célèbre et qu'à un an, tu as réduit à néant le plus grand mage noir de tous les temps, mais ils ont tort. Les moldus n'ont pas la même sensibilité que nous par rapport aux actualités du monde sorcier… Surtout quand ce monde leur fait peur.
Les mots de Dean troublèrent Harry, mais il se souvint que son camarade de dortoir avait été élevé comme lui par des moldus. Il était un Sang-Mêlé, ayant une mère moldue, et un père sorcier. Mais celui-ci avait fui pour protéger sa famille qui ignorait qu'il était un sorcier, et il avait été tué par des Mangemorts car il refusait de se rallier à eux.
- Ta mère n'aime pas la magie ?
- Elle n'est pas très à l'aise avec, et elle juge le monde sorcier dangereux. Mais pour moi, il ne l'est pas plus que le monde moldu, avec toutes les catastrophes et toutes les atrocités qu'il y a là-bas…
- Entièrement d'accord ! Et ton beau-père ? Ça ne l'a pas gêné que tu sois un sorcier ?
- Il l'a découvert en même temps que ma mère et moi, quand j'ai eu ma lettre de Poudlard. Il s'y est fait plus vite que ma mère.
- Et comment avez-vous su que tu étais un sorcier de par ton père ?
- Grâce à la longue lettre qu'il a laissée à mon intention dans mon coffre à Gringotts. Il y expliquait tout, même le fait qu'il était traqué par les Mangemorts, qu'il a définis de façon claire et concise, et que c'était à cause de ça qu'il avait dû s'en aller. Ça m'a fait un choc, mais au moins, j'étais fixé sur mes origines.
- Et tu n'as personne, du côté de ton père ?
Dean haussa les épaules.
- Ils ne se sont jamais manifestés. Et il n'y avait aucune info là-dessus dans la lettre. Bon, on a mis tous les trucs imposants. On va s'attaquer aux vêtements…
Dean et Harry continuèrent à charger la valise de Harry qui fut bouclée au bout d'un quart d'heure. Dean rabattit le couvercle, et cette fois, rien n'entrava la fermeture.
- Merci, Dean ! s'exclama Harry. Tu es un pro du rangement ! En quoi es-tu nul, concrètement ?
- En amour !
Harry arqua un sourcil.
- Ah oui ? Tu n'es pas avec un Serpentard de septième année très charmant, qui est l'ex d'un de tes ex, et accessoirement, futur ex-capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard ?
- Ouah, tu t'es embêté à faire toute cette énumération rien que pour avoir la confirmation que je suis bien avec Graham ?
- Oui, j'étais inspiré. Tu es avec lui, du coup ?
- Oui, mais je ne t'apprends rien…
- En effet, j'ai été bien renseigné à ce sujet. Et ça m'a surpris, car lors de la fête qui a célébré la fin du tournoi de Quidditch, je t'avais suggéré d'aller vers lui, car il te plaisait, et tu étais retourné vers nous, maussade, parce qu'il avait quelqu'un d'autre en tête…
- Oui, mais il était revenu vers moi en me disant que, tout bien réfléchi, il était intéressé pour avoir une relation purement sexuelle avec moi.
- Ah, il n'y a donc que du sexe entre vous… Mais pourquoi tu dis que tu es nul en amour, si tu n'as que des sexfriend ?
- Parce que je couche avec tous les mecs gay de l'école pour chasser de mon esprit le garçon dont je suis amoureux.
- Ah oui, Draco me l'avait dit… Mais ce n'est pas parce que tes sentiments ne sont pas partagés que tu es nul dans ce domaine… Si ça peut te rassurer, avant Draco, je n'étais pas mieux. Entre un mec qui avait quatre ans de plus que moi, avec qui je frôlais l'interdit, un mec avec qui j'ai rompu trente-six mille fois en une année parce qu'il n'assumait pas son homosexualité, et un mec qui se droguait, j'ai eu ma dose de relations foireuses…
- Ah mais toi, t'es le plus fidèle des abonnés aux ennuis… Ils te collent aux fesses comme un botruc s'accroche à son arbre ! C'est dément. Mais nos situations ne sont pas comparables. Tu as eu ton lot de galères avec tes ex, mais j'aurais peut-être préféré les avoir. Car tu t'es remis de chacune de ces mésaventures, même si ça a été dur, et tu es maintenant épanoui avec Draco. Alors que quand ça fait deux ans qu'on est amoureux de son meilleur ami, c'est tous les jours qu'on souffre de ça.
Dean s'en alla sur ces paroles en souhaitant une bonne soirée à Harry, qui ne répondit pas, scié par les derniers mots de son camarade. Il était littéralement cloué au sol. Il avait été si loin de la vérité ! Il n'avait pas songé une seule seconde que celui qui brisait inconsciemment le coeur de Dean n'était nul autre que Seamus, son plus proche ami depuis leur première année à Poudlard… Mais comment faisait-il pour vivre avec ça ? «En se tapant tous les garçons sexuellement majeurs de Poudlard» lui souffla sa petite voix. Oui, c'était ainsi que Dean noyait son chagrin… Ce n'était qu'éphémère, car son amour envers Seamus subsistait, mais sur le coup, ça faisait du bien… Mais ce qui ferait encore plus de bien à Dean, ce serait de tomber amoureux d'un autre garçon, et que cela soit réciproque… Harry pria Merlin pour que cela se produise. Car Dean était un garçon bien, qui avait lui aussi droit au bonheur.
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Après avoir mangé, Harry rejoignit Draco à la table des Serpentard. Il avait pris congé assez tard de Remus, et avec son problème de valise, il n'avait pas pu croiser Draco avant le dîner.
- Hey ! fit-il pour s'annoncer.
Draco leva les eux vers lui. Son visage s'illumina.
- Hé ! Que fais-tu là ?
- J'ai eu l'autorisation de Remus de dormir avec toi ce soir.
- Oh, c'est génial ! On va être ensemble pour notre dernière nuit à Poudlard… Mais comment as-tu fait pour le convaincre ? Il ne t'a pas trop disputé pour tes quatre nuits dans mon dortoir ?
- Non, il a été très compréhensif. Et pour ce soir, j'avais de bons arguments.
- Bon, si tu as son aval, c'est le principal. Je termine mon dessert et on y va. Assis-toi, on débattait sur les prochains matchs de Quidditch de la Ligue…
- Mais vous n'avez donc que ça à la bouche ?
- De quoi veux-tu qu'on parle d'autre ? se défendit Draco.
- Il n'y a pas d'autres sports, dans le monde sorcier ?
- Ben… non, on n'a que le Quidditch. Il n'y a que les chasseurs sans tête qui ont d'autres sports, tel que le lancer de tête à cheval, la course sans tête et le bowling sans tête, mais ce n'est réservé qu'à eux… Sauf si tu es invité à une de leurs soirées et qu'on te prête gentiment une tête de fantôme…
- Non merci, grimaça Harry. Mais il n'y a pas de version bowling pour les sorciers vivants, qui ont bien leur tête sur les épaules ?
- Non, les chasseurs sans tête se sont appropriés cette activité, et elle leur est trop associée pour que le Département des Jeux et des Sports magiques veuille créer une variante pour les sorciers. Ça ne fait pas bon genre de pratiquer un sport qui est depuis des millénaires celui de fantômes sans tête…
- Ouais, ça n'aurait pas bonne connotation… C'est dommage. Car c'est trop bien, le bowling. Oh, il faut absolument que je t'y emmène, Draco !
- Et comment ? Tu vas amadouer Nick-Quasi-Sans-Tête pour qu'il fasse en sorte de te faire inviter par le club de chasseurs sans tête ?
- Il n'est pas membre du club, et ça l'irrite, qu'on évoque ça devant lui. Non, je te ferai découvrir le bowling quand tu seras au Square. On se fera une journée dans le monde moldu. Enfin, si ça te dit, bien sûr…
- On sera en sécurité ?
- Mais oui, je ne vais pas t'entraîner dans des endroits peu recommandés… Mais avant de faire des plans sur la comète, je vais organiser ça avec Sirius. Car on ne va pas y aller à pied, dans le monde moldu…
- Vous irez par transplanage d'escorte ? supposa Blaise.
- Oui, ce sera plus direct et moins coûteux qu'un portoloin…
- C'est sûr. Mais tu paraissais presque choqué qu'il n'y ait que le Quidditch, chez les sorciers. Y a-t-il plus de sports chez les moldus ?
- Oh oui, tu hallucinerais si tu avais la liste de tous les sports qui existent chez les moldus, tous pays confondus !
- Est-ce qu'il y en a un que tu aimes plus que les autres ? questionna Pansy, se mêlant à son tour de la conversation.
- Mmmh… J'aimais bien suivre le tennis à la télé, chez les Dursley. C'est probablement mon sport favori. Le hand, le foot, le basket, le volley, c'est cool, mais j'ai un petit penchant pour le tennis.
Harry sut qu'il avait perdu Draco, Blaise et Pansy à leurs mines décontenancées. Seul Théo affichait un air serein. Nul doute qu'il avait dû être éclairé par Hermione sur les sports les plus répandus des moldus…
- Tennis ? C'est pas une marque de chaussures, ça ? s'intrigua Draco.
- Euh… oui, c'est à la fois un type de chaussures et un sport, confirma Harry.
- Et on porte des tennis, pour jouer au tennis ?
- Non, pour faire du sport, on porte généralement des baskets.
- Mais t'as dit que c'était un sport !
- Oui, mais c'est comme les tennis, c'est un nom qui désigne aussi bien un sport que des chaussures.
- Pfff, ce que vous êtes compliqués… Et la télé, c'est quoi ?
- C'est comme la radio, mais avec les images de ce qu'on entend. Elles diffusent des choses qui ont lieu à des dizaines, à des centaines ou à des milliers de kilomètres.
- Ouah, ça, par contre, c'est fort, commenta Blaise.
- En fait, la magie des moldus, c'est un peu les inventions technologiques, jugea Harry.
- Oui, mais rien ne vaut la vraie magie !
- Ça, c'est indéniable, approuva Harry.
- Et le tennis, ça consiste en quoi ?
- C'est un sport qui se joue avec une balle et une raquette, sur un terrain séparé en deux par un filet. La raquette sert à renvoyer la balle au joueur adverse. Il y a des lignes au-delà desquelles la balle ne doit pas aller, il y a des fautes, des sets, des manches, un système de points très particulier…
- Oh là là, c'est du chinois, tout ça… Mais ce n'est pas trop chiant, comme sport ? Parce que bon, se faire des échanges de balle jusqu'à ce que l'un des joueurs fasse une faute…
- Oh mais ça ne se résume pas qu'à ça ! Il y a de la stratégie, comme dans tous les sports, et quand c'est joué par des professionnels, ça court partout, ça exploite toutes les techniques, ça peut plier un jeu en cinq minutes comme en une demie-heure… C'est très physique.
- Tu en faisais, quand tu étais petit ?
- Non, à l'école, je faisais du badminton. C'est à peu près la même chose, sauf que ça ne se joue pas avec une balle, mais avec un volant. C'est bien plus léger, et à mon sens, plus dur à manier.
- Un jour, j'irai sur le territoire moldu, et j'assisterai à des matchs d'un maximum de sports ! déclara Blaise. Harry, est-ce que pour toi, ça plairait à Ginny d'y aller avec moi ?
- Oh oui, elle serait très curieuse de faire une petite excursion dans les contrées moldues ! Et y aller en amoureux, c'est une super idée.
- Oui, et nous, on va y aller tout court, décréta Draco, qui avait fini son dessert.
- Où ça ? Chez les moldus ?
- Pfff, t'es bête… Non, on va dans le dortoir.
- Ah, dans ce cas, n'oubliez pas d'insonoriser…
Draco ignora Blaise et se leva, vite imité par Harry. Ils sortirent de la Grande Salle et se rendirent à la salle commune de Serpentard. Ils montèrent aussitôt au dortoir de Draco et se dirigèrent vers le lit de celui-ci, sur lequel Harry s'affala.
- Ah, ce que c'est bon, de s'allonger…
- Journée épuisante ? s'enquit Draco après avoir insonorisé l'espace.
- Mine de rien, oui… J'ai pas mal cavalé, entre la bibliothèque où j'avais emprunté quelques livres que j'aurais été capable de mettre dans ma valise si je ne m'étais pas souvenu qu'ils n'étaient pas à moi, la volière où je suis allé voir Hedwige pour lui dire de rentrer de sa chasse avant onze heures, demain matin, mon entretien avec Remus, ma lutte avec ma valise…
- Ah ouais… T'es au courant qu'il n'y a que vingt-quatre heures, dans une journée ?
Harry jeta un oreiller à Draco en guise de réponse. Habile, Draco esquiva le projectile en riant.
- Non mais on est tous pareil, on a du temps pour préparer tranquillement notre départ, mais non, on fait tout la veille…
- C'est l'être humain, que veux-tu… Mais malgré l'emploi du temps très chargé que j'ai eu, je suis en pleine forme.
- Tant mieux, car si tu as obtenu la permission de Remus de dormir ici, ce n'est pas pour rien, n'est-ce pas ? Ce n'est pas dans un but innocent ?
- Non, avoua Harry. Comme on ne sait pas quand on se reverra cet été, ce serait bien qu'on refasse l'amour ce soir, car si notre deuxième rapport a lieu tard durant les vacances, ça risque d'être autant difficile que la première fois… Du moins, c'est la certitude que je vais avoir quand on va le refaire, et ça va me bloquer. Là, c'est le bon timing, car je ne suis pas du tout rouillé, notamment grâce aux nombreux soins que tu m'as fait…
Effectivement, si Draco avait été sage lors des deux premières séances de soins, il ne l'avait plus été lors des suivantes, ce qui avait été loin de déranger Harry… Draco ne s'était pas contenté de le faire jouir une fois, non, il y avait des séances où il l'avait mené à l'extase deux ou trois fois… Et quand il ne s'était pas frotté contre lui pour jouir avec lui, Harry l'avait soulagé tantôt avec sa main, tantôt avec sa bouche. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il ne l'aurait fait que par le biais de fellations, mais son chéri aimait varier les plaisirs. Bref, les séances de soins avaient été très… intenses.
- Mais si tu n'es pas chaud pour qu'on fasse des câlins, ce n'est pas grave, précisa Harry.
- Tu rigoles ? J'en ai envie depuis que tu m'as dit que tu serais ici cette nuit ! J'ai fait de mon mieux pour rester focus sur la discussion, tout à l'heure, mais avec ma libido qui s'est réveillée, j'ai vu des double sens dans tes phrases… Par exemple, quand tu as dit que le tennis était un sport physique, ou quand tu as dit que le volant était plus dur à manier… J'ai honte, hein, je te rassure.
Harry sourit, amusé.
- Il n'y a pas de quoi avoir honte… M'avoir soigné sept ou huit fois avec tes doigts, sans qu'on ait pu aller plus loin, ça a dû te frustrer, quelque part… Et tu n'es pas le seul. Ce qui explique que notre libido soit très réactive.
- Eh bien on va y remédier sur-le-champ…
Draco surplomba Harry et l'embrassa tout en dégrafant sa robe de sorcier. Il l'en débarrassa et allait faire de même avec la sienne, mais ne souhaitant pas que Draco fasse tout, Harry se redressa et s'en occupa lui-même. Puis il se rallongea en entraînant Draco avec lui. Ils partagèrent un long baiser et se caressèrent à travers leurs vêtements, faisant monter lentement le désir. Mais les chemises étant de trop, elles ne tardèrent pas à être enlevées. Harry fit basculer Draco sous lui, ce qui l'offusqua :
- Hé, mais qu'est-ce que tu fais ?!
- Je prends les rênes. Je veux profiter de ton corps, comme tu le fais à chaque fois avec le mien…
Joignant le geste à la parole, Harry fit voyager ses mains sur le torse de Draco, admirant sa fermeté, et retraça de ses doigts les muscles finement dessinés sous la peau diaphane. Draco frissonna sous le toucher, non pas de froid, mais bien de plaisir. Harry avisa les tétons érigés et en prit un en bouche. Il le suça et le mordilla, et s'attaqua à l'autre avec une de ses mains, le faisant rouler sous ses doigts, le pinçant et le triturant gentiment, tout cela sous les sons appréciateurs de Draco qui s'agrippait aux cheveux de Harry. Ce dernier avait la preuve que toutes ces attentions faisaient de l'effet à Draco : son sexe s'était durci sous ses fesses. Il n'arrêta pas son manège pour autant et aspira le téton qu'il avait entre ses lèvres, soutirant un gémissement à Draco dont les ongles s'incrustèrent dans son cuir chevelu, ce qui ne gêna pas Harry le moins du monde. Tant qu'il ne lui arrachait pas de cheveux… Il lâcha le téton gauche dont les doigts remplacèrent sa bouche, et fit l'inverse avec le téton droit. Il lui fit subir les mêmes outrages qu'à son jumeau, et il ne s'en désintéressa que quand la bosse sous son postérieur se fit trop présente. Il recula jusqu'aux chevilles de Draco et entreprit de défaire son pantalon. Il le fit glisser le long de ses jambes et ne put manquer le renflement bien visible dans le caleçon de Draco. Il n'était pas excité à ce point, mais son propre sexe avait réagi sous les bruits qui émanaient de la bouche de son petit-ami. Afin d'être à égalité avec Draco, il retira son jean, ce qui eut l'avantage de diminuer la pression sur son début d'érection. Bien décidé à faire flancher Draco, il joua avec son nombril, déposa des baisers sur son ventre, et fit aller ses lèvres de plus en plus bas. Elles firent une halte au niveau du bas-ventre, cheminèrent vers la jambe droite, longèrent la cuisse, et dévièrent pour en visiter l'intérieur, se rapprochant dangereusement du sexe de Draco, enserré et captif de sa prison de tissu… Il ne fit que l'effleurer, mais cela suffit à faire pousser un cri à Draco.
- Harry, si tu ne vires pas de suite ce maudit caleçon, je vais te le faire bouffer !
Harry pouffa, fier d'avoir réussi à faire craquer Draco. Il lui ôta son caleçon, et fit face à un pieu de chair qui pointait vers le plafond. Il lécha le gland et ne fut pas étonné du goût salé qu'il y eut sur sa langue, qui signifiait que Draco allait bientôt jouir. Harry engloba le pénis turgescent et alla le plus loin qu'il put. Draco l'aida en appuyant sur sa tête, et donna un petit coup de bassin qui envoya son sexe dans la gorge de Harry qui, bien qu'ayant un réflexe naturel de rejet, ne se déroba pas, puisque ce qu'avait fait Draco était ce qu'il avait voulu faire, sans succès. Il n'y arrivait pas de lui-même, et ça le frustrait. Mais heureusement, Draco était là pour le guider, et ce fut ce qu'il fit en lui dictant un rythme qui leur convint à tous les deux, et qui augmenta crescendo. Draco ne faisait pas tout : Harry participait activement, et c'était lui qui amplifiait la cadence. Il s'accoutuma à avoir régulièrement le sexe de Draco dans sa gorge, et il aima beaucoup cela, car c'était une façon pour lui d'être empli par cette hampe qu'il affectionnait tant. Il la fit coulisser entre ses lèvres de plus en plus vite, et mit tellement d'ardeur dans sa fellation que, sans même s'en apercevoir, il eut presque toute la longueur de Draco en bouche. Cela eut raison de Draco qui administra deux coups de rein avant de se libérer dans un long râle de jouissance. Il avait toujours ses mains dans les cheveux de Harry, mais sans lui coller le visage contre son aine, afin que Harry puisse déloger son sexe de sa bouche quand bon lui semblait, ce qu'il fit après avoir avalé la semence de Draco. Il nettoya les draps, leva les yeux et fut attendri en tombant sur ceux fermés de Draco, qui était encore sous le coup de son orgasme. Quand il les rouvrit, Harry y vit tout l'amour qu'il lui portait. Il plaqua ses lèvres sur celles de son chéri et l'emmena dans un long et doux baiser, que Draco rompit au bout de quelques minutes. Il échangea leurs positions et lorgna sur le caleçon de Harry :
- Il est temps qu'il aille avec nos autres affaires, tu ne trouves pas ? suggéra-t-il.
- Oh si… À toi l'honneur, vu que tu as les rênes en main.
Draco ne se fit pas prier et déposséda Harry de son sous-vêtement. Il parcourut de ses doigts le torse offert et aventura sa bouche dans le cou de Harry. Celui-ci devina que Draco allait lui faire endurer les mêmes supplices qu'il avait reçus une vingtaine de minutes plus tôt. Il agaça les deux pointes de chair, les pressa entre ses doigts, les martyrisa de toutes les manières qui lui vinrent à l'esprit, tandis qu'il parsemait le cou de Harry de baisers. Harry se concentra pour ne pas perdre le contrôle sur son corps, mais Draco ne lui facilita pas la tâche en lui faisant un suçon dans une zone très sensible de son cou. Oh le mufle ! Il savait quoi faire pour l'exciter, et il en jouait… Harry était autant réceptif aux suçons qu'aux sollicitations de ses zones érogènes, ce dont Draco était parfaitement conscient, et il n'y avait rien de pire pour le plonger dans la luxure que d'associer les deux, ce que Draco avait fait avec ce suçon dans cet endroit stratégique de son cou. Il avait allumé un brasier dans son corps, et il l'entretint en allant mordiller le lobe droit de Harry, qui était un autre de ses point sensibles. Il allait tous les faire ou quoi ?! Apparemment, oui, car Draco l'émoustilla cent fois plus en le léchant derrière l'oreille, ce qui le fit frémir et gémir. C'en était trop, il allait exploser si Draco avait dans l'idée de faire le tour de toutes ses zones érogènes ! Au diable sa dignité, même si cela lui coûtait…
- Draco, cesse de me faire languir, et passe aux choses sérieuses…
- Tu es sûr ?
Harry adressa un regard noir à Draco, ce qui le fit rire.
- Ok, je n'insiste pas !
Draco attrapa sa baguette et lubrifia d'un sort ses doigts. Il les faufila entre les fesses de Harry et en inséra un délicatement en lui. Harry se mordit si fort la lèvre pour endiguer le plaisir que ce simple doigt lui procura qu'il la fit saigner.
- Hé, ta lèvre ne t'a rien fait, se moqua Draco.
- Mais c'est trop bon !
- Alors exprime le oralement, au lieu de faire du mal à cette pauvre lèvre… Tu n'as pas à te cacher de moi. Fais-moi entendre le bien que je te fais, gémis pour moi, crie pour moi…
- Draco, stop, tu vas me faire jouir rien qu'avec ces mots…
- Ils ont un tel effet sur toi ?
- Tu ne peux pas imaginer…
- C'est très flatteur. Mais je préfère que tu jouisses avec mon mini-moi en toi…
Comme pour souligner ses paroles, Draco fit aller et venir son doigt, ce qui n'apaisa pas le feu qui brûlait en Harry, bien au contraire… Le doigt frottait contre ses terminaisons nerveuses qui étaient à elles seules une véritable source de plaisir… Draco introduisit un autre doigt et étira ses chairs avec des mouvements de ciseaux qu'il alterna avec des va-et-vient. Il épargna sa prostate, ce dont Harry lui fut extrêmement reconnaissant. Même si leurs corps leur hurlait de s'unir, Draco prit son temps pour le préparer, afin que ce rapport se déroule mieux que le précédent. Ce ne fut que lorsque Harry le supplia qu'il daigna investir son intimité d'un troisième doigt. Grâce aux séances de soins qui se finissaient généralement avec trois doigts, le majeur de Draco n'occasionna qu'un petit tiraillement à Harry. Draco remua précautionneusement ses doigts et fit de lents allers-retours pour dilater l'anus de Harry. Mais cela fut rapidement insuffisant pour lui. Il balança son bassin en avant, mais Draco avorta son geste :
- Qu'est-ce que je t'ai dit, la première fois ?
- Mais j'en veux plus !
- Oui, mais ce ne serait pas prudent. Sois patient, d'accord ?
Harry bougonna mais abdiqua. Draco écarta soigneusement ses chairs avec ses trois doigts, et ne les enleva qu'après cinq bonnes minutes. Il lança le sort de protection et de lubrification et présenta son sexe contre l'orifice de Harry.
- Tu es prêt ? chuchota-t-il.
- Oui, plus que prêt…
Draco s'empara des lèvres de Harry et se mit à pousser. L'anneau de chair de Harry refusa dans un premier temps de s'ouvrir, car en dépit des trois doigts qui s'étaient acharnés à l'assouplir les uns après les autres, il demeurait très étroit. Mais il ne put rien contre le gland qui força de plus en plus, et il finit par céder sous la pression. Une vive douleur traversa Harry et le fit crier. Instinctivement, comme lors du premier rapport, il tenta de se soustraire à ce sexe qui le faisait souffrir, mais Draco l'en empêcha.
- Hé, du calme, tu vas te blesser si tu rues comme ça dans les brancards…
- Mais ça fait mal…
- Ce n'est que temporaire, il faut absolument que tu te détendes, sinon ça va faire comme la dernière fois, et le but, c'est que cette deuxième fois soit plus agréable pour toi…
Harry acquiesça et fit des exercices de respiration pour se relaxer. Draco, de son côté, le caressa et l'embrassa un peu partout. Tout cela fonctionna, et quelques minutes plus tard, Draco put reprendre la pénétration. Le gland franchit complètement l'anus de Harry qui se crispa, avant de réaliser qu'il n'avait pas si mal. Draco ancra ses yeux dans les siens et entra progressivement en lui, avec toute la douceur qui le caractérisait. Il ne s'immobilisa que lorsqu'il fut entièrement en lui.
- Ça va ? demanda-t-il.
Harry sonda son corps. La douleur était si minime qu'il la perçut à peine.
- Oui, c'est juste… bizarre. Et bon, à la fois… Tu es là, en moi, tu m'écartes à outrance, mais c'est comme si tu étais là où tu devais être…
- Plus on va le faire, plus ça va être naturel pour toi, assura Draco.
Il captura la bouche de Harry, se retira et se rengaina centimètre par centimètre. Il répéta l'opération plusieurs fois, jusqu'à ce que Harry s'habitue à son membre en lui.
- Vas-y plus fort, intima Harry.
Draco ne se le fit pas dire deux fois et donna un premier coup de hanches à Harry. Il enchaîna avec un autre, puis un autre, puis encore un autre, mais ce ne fut pas assez pour Harry qui avait besoin de plus. Ce n'était pas le sexe de Draco qui lui faisait mal, mais son propre sexe à lui ! Draco dut s'en douter, car il sortit presque totalement et se renfonça d'un coup, frappant de plein fouet la prostate de Harry qui hurla et jouit sur son ventre. Il mit quelques secondes à s'en rendre compte :
- Oh non…
- C'est rien, ne t'inquiète pas, lui dit Draco.
- Mais je n'ai pas eu d'orgasme… J'ai joui de façon mécanique…
- Tu n'allais pas te retenir indéfiniment… Et au moins, là, tu as joui.
- Mmmh…
- Est-ce que tu veux aller au bout du rapport, ou… ?
- Oui, tu n'as pas joui, toi.
Harry n'en souffla mot à Draco, mais il avait bien l'intention de refaire l'amour lorsqu'ils seraient tous les deux de nouveau en érection. Il ne serait pas satisfait tant qu'il n'aurait pas eu son orgasme, et il était bien déterminé à l'avoir ! Ayant son feu vert, Draco reprit ses va-et-vient qui se firent plus soutenus qu'avant. Il égara ses lèvres dans le cou de Harry qu'il mordilla, tandis qu'il redécouvrait le corps de Harry avec ses mains. L'excitation revint peu à peu en Harry, grâce à tout ce que faisait Draco pour raviver la flamme en lui. Il se remit même à gémir sous les coups de rein de Draco, et il vit des étoiles lorsqu'il percuta sa prostate. Dès lors, Draco s'appliqua à toucher cette boule de nerfs aussi souvent qu'il put. Une de ses mains vint se poser sur le sexe de Harry qui était à demi dur. Il n'allait pas avoir le temps de jouir une deuxième fois, car Draco le ferait avant, mais il s'en fichait, parce qu'il prenait du plaisir dans ce rapport, et c'était le principal pour lui. Le rythme des coups de bassin s'intensifia, et ce fut après un coup plutôt rude que Draco se déversa en Harry dans un long râle d'extase. Il récupéra ses esprits en un rien de temps et se glissa tout doucement hors du corps de Harry.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il, penaud. Si je n'avais pas autant fait durer les préliminaires, tu n'aurais pas joui dès le premier contact avec ta prostate…
- Hé, tu n'es pas le seul fautif, si je n'avais pas été si fier, j'aurais craqué avant… Mais on ne va pas s'avouer vaincus aussi facilement ! Est-ce que tu serais chaud pour un second round ?
Draco sembla pris au dépourvu, mais il fut très vite séduit par l'idée :
- Oui, mais on n'est plus trop en condition, là…
- Oh, ce n'est pas un problème, on a tout notre temps…
Draco approuva les mots de Harry et s'installa au-dessus de lui. Il lui offrit un baiser et fit voyager ses mains sur les pectoraux, le torse et le ventre de Harry qui fit de même sur le corps de son chéri. Ils firent monter petit à petit la température entre eux, et lorsque leurs membres furent assez érigés, ils se frottèrent l'un contre l'autre. Ils gémirent de concert et Draco ondula lascivement, créant une divine friction qui fit affluer le sang dans leurs verges.
- Draco, viens, ce n'est pas comme ça que j'ai envie de jouir…
- Moi non plus. Mais j'ai une autre proposition à te faire. Est-ce que ça te dirait de t'empaler de toi-même sur moi ?
Harry fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Eh bien, je vais me mettre sur le dos, et tu vas venir sur moi. Comme ça, ce sera toi qui contrôleras tout.
Cette perspective plut à Harry.
- Ça me va, je veux bien essayer.
Draco s'allongea, et Harry se positionna en écoutant les conseils de son blond adoré. Il se retrouva à genoux, avec ses jambes de part eu d'autre du corps de Draco, et ses fesses à quelques centimètres du sexe tendu de Draco. Il prit celui-ci en main et le guida vers son anus. Lorsqu'il fut bien aligné, il exerça une pression vers le bas. Le gland de Draco le perfora, mais ce fut bien moins douloureux que lors du premier round. Il abaissa son bassin jusqu'à avoir tout le sexe de Draco en lui. Ce fut du moins ce qu'il crut, mais il sut que ce n'était pas le cas lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas assis sur Draco.
- Il en reste ? s'intrigua-t-il.
- Oui, mais tu n'es pas obligé d'aller plus loin, le prévint Draco.
- Mais j'ai pourtant l'impression de t'avoir en entier en moi…
- Parce je ne te mets pas tout… Ça avait été si difficile, la première fois, que je t'ai ménagé, et j'ai fait de même tout à l'heure pour que tu ne souffres pas trop lors de notre deuxième fois…
- Oui bah là c'est notre troisième fois, et j'estime être capable de tout avoir en moi.
Et ce fut sur ces paroles que Harry se laissa choir sur les cuisses de Draco. Il regretta sa témérité en sentant le sexe de Draco envahir un territoire vierge.
- Ah bon sang…
- Tu as mal ? s'inquiéta Draco.
- Oui, mais ce n'est rien…
Harry attendit que la douleur reflue pour élever son bassin en s'appuyant sur le torse de Draco avec ses mains. Il redescendit lentement et savoura la sensation de se faire combler par le sexe de Draco.
- Merlin que tu es beau, murmura Draco. Et que c'est bon d'être en toi…
Ces compliments émurent Harry autant qu'ils l'encouragèrent à chevaucher Draco. Il bougea de bas en haut, et alla aussi vite que ses muscles le lui permettaient. Mais il se fatigua, ce que vit Draco :
- Je vais prendre le relais, déclara-t-il.
Ni une, ni deux, il fit basculer Harry sous lui, se retira et se renfonça puissamment en lui, tapant en plein dans la prostate de Harry qui cria en rejetant la tête en arrière. Draco en profita pour s'attaquer à son cou, tout en allant et venant avec force en lui. Cela n'avait absolument rien à voir avec leurs deux précédents rapports. Harry n'ayant plus mal, Draco n'avait plus à se brider. Là, Harry en était sûr : il allait jouir avec Draco. Ce fut la dernière pensée cohérente qu'il eut, car Draco s'attela à lui faire un suçon dans la zone la plus érogène de son cou, juste à côté de celui qu'il lui avait fait plus d'une heure plus tôt. Il mit également plus d'énergie dans ses coups de bassin, faisant crier Harry à chaque coup en heurtant son paquet de nerfs sensible. Draco dévia ses lèvres vers la jonction entre le cou et l'épaule de Harry, et s'appliqua à lui faire un autre suçon qui ne fit qu'augmenter le plaisir de Harry. Il ne savait plus où donner de la tête, entre les morsures de Draco dans son cou, la hampe de chair qui lui labourait les entrailles, sa prostate qui était durement malmenée… Jamais il n'avait connu une telle extase. Et elle fut multipliée par dix quand les doigts de Draco s'enroulèrent autour de son sexe tendu à l'extrême. Ils le masturbèrent sur le même rythme que les va-et-vient du sexe de Draco en lui, qui le pilonnait avec toujours plus de frénésie. Harry criait si fort qu'il allait sûrement casser les tympans de Draco, ainsi que les siens, mais il n'en avait cure, trop emporté dans le plaisir que lui procurait Draco. Les lèvres de celui-ci se dirigèrent vers son oreille :
- On va jouir ensemble… Je t'aime, Harry…
Sa voix était hachée, mais Harry saisit chacun de ses mots, malgré le brouillard qui embrumait son esprit. Mais il avait encore assez de lucidité pour prendre soudain pleinement conscience de ce que «faire l'amour» signifiait. Car c'était exactement ce qu'ils étaient en train de faire. Ils s'aimaient, et ils se le prouvaient en s'unissant de la plus belle façon qui soit.
- Je t'aime aussi, Draco…
Il lui fallut un effort surhumain pour prononcer cette phrase. Mais il fallait qu'il le lui dise. Il fallait que Draco sache qu'il l'aimait, même s'il le savait déjà. La cadence des coups de rein s'accéléra de plus en plus, faisant haleter Harry et Draco. La jouissance se rapprochait à grands pas, et Draco les y précipita en soulevant le bassin de Harry afin de le pénétrer plus profondément, ce qui le fit hurler à s'en briser les cordes vocales. Harry se contracta par à-coups autour du membre de Draco et ce fut après un coup de rein particulièrement brusque qu'il jouit en criant le prénom de Draco. Son anus se resserra, comprimant le sexe de Draco, et ce fut cela qui le fit jouir en étouffant son cri en mordant l'épaule de Harry. Il s'affala sur lui, visiblement épuisé par tous les efforts qu'il avait fournis. Harry ne lui en tint pas rigueur, trop plongé dans son orgasme pour cela. Il mit du temps à s'en remettre, et quand il revint à lui, Draco le regardait avec un air débordant d'amour.
- C'est dur, hein ? s'amusa-t-il.
- Je n'ai pas l'habitude, se défendit Harry. J'en ai eu, des orgasmes, mais celui-ci était bien plus fort que tous les autres… Je n'arrive pas à croire qu'on ait fait l'amour comme ça… Qu'on l'ait fait tout court. Pour de bon.
- Oui, et c'était… incroyable. Mais je ne réalise que maintenant que je n'aurais pas dû y aller aussi fort… C'était ton premier vrai rapport, le premier où je ne t'ai pas ménagé…
- Oui, et c'était ça que je voulais, ni plus ni moins. Je vais probablement avoir mal demain, mais ce sera une bonne douleur, et elle s'en ira plus vite que celle que j'ai eu après notre première fois. Ne t'en veux pas, Draco, car tu m'as apporté énormément de plaisir.
Draco se laissa convaincre et embrassa tendrement Harry.
- Je vais me retirer, prévint-il.
Harry hocha la tête. Draco se glissa lentement hors de son intimité, faisant grimacer Harry face à la sensation de vide que ce retrait occasionna.
- J'ai horreur de ça…
- Oui, mais ce n'est que l'affaire de quelques secondes, relativisa Draco. Est-ce que tu veux que je te mette du baume ?
- Non, ça ira.
- Sûr ?
- Oui. J'ai confiance, la douleur sera supportable, et si j'ai un peu trop mal demain, je n'aurai qu'à m'allonger sur la banquette du Poudlard Express.
- Je vais quand-même te donner le baume pour que tu puisses te soigner toi-même au Square, au cas où.
- Non, ce n'est pas comme ça que je veux toucher à cet endroit pour la première fois…
- Ah oui, c'est vrai… Ce serait bien que tu expérimentes ça cet été, alors.
- Je crains bien ne pas avoir le choix… Car à présent que j'ai goûté aux joies du sexe dans toute sa splendeur, il va me manquer quelque chose, lors de mes séances de plaisir en solitaire…
- Oui, et là, tu ne pourras compter que sur toi-même !
- Ça, c'est sûr… Mais j'ai peur de ne pas être satisfait de mes doigts…
- Tu peux te servir d'un objet.
Harry rougit.
- Je ne verrai plus jamais l'objet de la même manière si je m'en sers pour me soulager ! T'as de ces idées, toi…
- Garde-la dans un coin de ta tête, si jamais tu changes d'avis…
- Mouais.
Harry soupira.
- Si tu ne débarques au Square que vers la mi-août, ça va être long…
- On peut demander à nos parrains respectifs à ce que je vienne plus tôt au Square… Ou à ce que tu viennes plus tôt chez Severus et moi.
- J'en parlerai au plus vite à Sirius et à Remus. Mais après le rendez-vous avec le généticomage qui devrait avoir lieu au début des vacances.
- Ah oui, j'avais oublié ça… Tu ne stresses pas trop ?
- Je ne sais pas, j'ignore ce qu'il va m'annoncer… Il y aura peut-être le gynécomage qui a suivi ma mère pendant sa grossesse, ainsi que le généticomage qu'elle a potentiellement consulté… Mais je te tiendrai au courant, c'est promis.
- Je guetterai ta lettre avec impatience. Mais est-ce que Severus ira avec toi au rendez-vous ?
- Non, il n'y aura que Sirius et Remus. Mais nul doute qu'ils vont tout raconter à ton parrain avant que tu n'aies reçu ma lettre !
- Ça ne sert à rien que tu m'écrives, alors, plaisanta Draco. Mais dis-moi…
- Oui ?
- Quand je me suis réfugié au Square lors des vacances de Pâques après ma dispute avec Severus, tu as absolument tenu à ce que j'appelle Sirius et Remus par leurs prénoms. Puis-je en exiger autant de toi vis-à-vis de Severus ?
Cette question troubla Harry.
- Euh… il faut que j'y réfléchisse. Mais pour être tout à fait honnête, je ne me vois pas l'appeler par son prénom… Ce serait trop tôt. Ma relation avec lui est différente de celle que tu as avec Sirius et Remus. Ton parrain et moi, on s'est haï pendant quatre ans et demi, et ce n'était pas qu'une simple haine comme celle qu'il peut y avoir entre un élève et un professeur… C'était bien plus profond et personnel que ça. Je n'étais pas Harry Potter, pour lui, mais le fils de James Potter, celui qu'il avait détesté durant toute sa scolarité à Poudlard… Le fait que je lui ressemble beaucoup n'a rien arrangé. Ton parrain a rejeté la haine qu'il avait pour mon père sur moi, dès mon premier jour à l'école, sans avoir cherché à découvrir qui j'étais réellement, sans m'avoir octroyé la moindre chance, en s'étant fait une idée sur moi avant même que je n'aie pu prononcer un seul mot, et ça a signé le début d'une sorte de guerre entre lui et moi. Désormais, nos rapports ne sont plus du tout les mêmes, mais outre le fait que pour moi, ton parrain est avant tout mon professeur, il est également mon médicomage et mon psychomage… Ça instaure une certaine distance, entre nous.
- Je comprends. Mais à la maison, ce ne sera plus ton professeur… Ça ne te paraîtrait pas bizarre de l'appeler ainsi alors que nous ne serons pas à Poudlard, mais dans un cadre plus privé ?
- Ben… ce sera automatique, je n'aurai même pas conscience de m'adresser à lui comme ça… Mais si c'est lui qui m'exhorte à cesser de l'appeler «professeur», je ferai un effort. Tu crois que ce sera le cas ?
- Franchement, oui. Mais il ne t'obligera à rien.
- Je me doute bien. Quoi qu'il en soit, ce serait cool qu'on sache qui ira chez qui, et quand, indiqua Harry. À l'heure actuelle, on est plus partis sur toi qui viendra au Square à la fin de l'été, mais rien n'est fixé.
- De toute façon, ces vacances sont vouées à être compliquées au niveau de l'organisation… Aussi bien pour nous que pour toute la bande. Il n'y a qu'une date où nous sommes à peu près sûrs d'être tous réunis : l'anniversaire de Ginny qui sera fêté au Square. Sinon, ça va être très dur de s'accorder sur un jour où on sera tous disponibles…
- C'est clair… Entre Blaise, Pansy et Justin qui ont leurs stages, Théo qui a son emploi au Chaudron Baveur, et Terry qui a trente-six mille conférences auxquelles il veut toutes aller, ça va être coton de choisir un jour qui nous ira à tous… Si ça s'avère impossible, on va bien profiter de l'anniversaire de Ginny, qui sera notre seule occasion de passer quelques heures ensemble. Mais c'est bien qu'il y en ait quatre, parmi nous, qui vont pouvoir se familiariser avec le métier qu'ils veulent exercer plus tard. Toi, tu n'as pas besoin de stage, tu seras en permanence dans le bain cet été ! Tu vas peut-être même aider ton parrain…
- Oh, sûrement… Mais j'aimerais tellement aller assister aux événements consacrés aux potions qui vont avoir lieu en Irlande…
- On avait déjà évoqué le sujet, si je me souviens bien… Discute-en avec ton parrain au cours d'un dîner. Ça m'étonnerait qu'il travaille tout l'été, et ce n'est pas comme si tu souhaitais te rendre à des événements qui étaient éloignés de son centre d'intérêt…
- Pas faux, admit Draco. J'essaierai de lui…
Un bâillement coupa Draco dans sa phrase.
- … en glisser un mot, acheva-t-il. Bon, il est tôt, mais je tombe de fatigue… Ça crève, le sport !
- Parce que tu considères ça comme un sport, toi ? se moqua Harry.
- Ben oui… Bon, ce n'est pas pareil que le Quidditch, mais ça reste de l'activité physique !
- Oh, mais tu fais bien d'en parler… On n'a pas eu ce problème cette année, car on n'a fait l'amour pour la première fois que très récemment, et bien après le dernier match de Quidditch, mais l'année prochaine, la veille des matchs que Gryffondor jouera, il faudra se limiter à ce qu'on faisait avant. Je ne veux pas courir le risque d'avoir mal aux fesses quand je serai sur mon balai !
- Oh, je n'avais pas pensé à ça… Mais si on y va tout doucement, ça peut le faire, non ?
- Vaut mieux éviter. Il suffit qu'on soit très excités pour qu'on oublie d'être raisonnables…
- C'est vrai… Bon, on sera sages, alors. Mais c'est bête, car j'aurais enfin eu une chance de gagner contre toi lors du match qui opposera Gryffondor à Serpentard…
- Oui, mais ça n'aurait pas été très juste. C'est mieux de gagner à la loyale ! Mais je n'ai pas du tout hâte d'être à ce match. Ça ne me plaît pas trop, de t'affronter… C'était cool, avant, mais maintenant qu'on est en couple… Il n'y a plus la même motivation. Mais on n'y est pas encore.
Draco acquiesça et bâilla de nouveau. Cette fois, il fut vite imité par Harry. Bien qu'il fut moins de vingt-et-une heures, ils décidèrent de dormir, épuisés par leurs ébats. Après avoir nettoyé les draps, ils s'allongèrent dessous et exhalèrent un même soupir de bien-être. Harry se lova contre Draco qui entoura sa taille de son bras. Ce fut ainsi qu'ils rejoignirent les bras de Morphée, apaisés et heureux, et qu'ils convoyèrent vers un repos bien mérité.
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Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'est l'avant-dernier de ce tome, ce qui signifie qu'il n'en reste plus qu'un avant de passer au second tome. Pour ce tome-là, je publierai toutes les trois semaines, car je m'en sors difficilement avec le rythme actuel. Être en contrôle continu à la fac, avec 36 000 livres à lire, de gros devoirs à rendre toutes les semaines, des contrôles par-ci par-là, et des partiels malgré tout en fin de semestre, ça laisse peu de temps pour écrire XD J'aimerais continuer à vous offrir un chapitre toutes les deux semaines, mais ça ne va pas être possible :/
Avant de se quitter, une petite question (en espérant ne pas vous l'avoir déjà posée XD) : quel(s) personnage(s) souhaiteriez-vous voir davantage dans le deuxième tome ? Oui, vous avez le droit d'en citer plusieurs, je ne vous restreins pas qu'à un seul personnage XD
Sur ce, je vous donne rendez-vous le dimanche 5 mars pour le prochain chapitre intitulé «Quitter Poudlard et rentrer chez soi». D'ici là, je vous souhaite de passer deux bonnes semaines, portez-vous bien, je vous embrasse, et plein de bisous tout le monde !
