Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quatre-vingt-onzième et dernier chapitre de SAMLP !
.
Comme je l'avais fait pour la note d'avant, j'ai supprimé celle que j'ai publiée la semaine dernière, pour ne pas trop surcharger la fic, mais comme je l'avais dit, je la remets ici :
.
Bonjour à toutes et à tous!
Oui, encore une énième note, mais c'est la dernière, promis ! Et je la supprimerai quand je publierai le nouveau chapitre, comme je l'avais fait avec la note précédente. Cette note, c'est pour vous annoncer qu'il n'y aura pas de chapitre aujourd'hui, mais dimanche prochain, car il manque un POV et j'ai beau avoir fait de mon mieux, je n'ai pas pu l'écrire à temps. Depuis la rentrée, je ne dors qu'entre trois et cinq heures par nuit, tant j'ai de travail, et comme les journées ne durent que vingt-quatre heures, c'est compliqué de trouver le temps d'écrire XD Et je ne voulais pas bâcler le POV en me dépêchant de l'écrire, je préfère que vous ayez un chapitre soigné, surtout que c'est le dernier, même si pour ça, il faut retarder la parution.
Je vous donne donc rendez-vous le dimanche 12 mars pour le dernier chapitre de ce tome, qui sera toujours intitulé «Quitter Poudlard et rentrer chez soi». Passez une bonne semaine d'ici là, je vous embrasse fort, et bisous tout le monde !
.
Désolée pour le bug, avoir supprimé la note et avoir publié le nouveau chapitre dans la foulée n'a pas plu à FF... Du coup, je le publie en double pour qu'il apparaisse et je supprimerai le premier quand tout sera apparu !
.
blan1268 : J'espère que la scène avec le généticomage qui aura lieu durant l'été te plaira, alors ! C'est une bonne chose que tu aimes Severus car il va être très présent dans le deuxième tome XD Ravie que l'histoire te plaise toujours autant, en tout cas, et merci à toi pour ta review !
AliceCullen0027 : Oui, j'ai été très surprise de voir ton pseudo XD
Développer des personnages tels que Justin ou Terry, c'était effectivement l'un des aspects les plus stressants !
Contente que toutes les relations et toutes les intrigues t'aient plu, même si je le savais déjà *-*
Oui, il y a trop de personnages pour faire le résumé de chacun d'eux XD Mais tu résumes mieux ma fic que je ne le ferais, et tout ce que tu dis me touche beaucoup *-* Oui, je le répète, je persiste et je signe : tu es folle de relire régulièrement toute la fic XD
C'est vrai que Pansy, on ne la connaît pas du tout, dans la saga, mais c'est un personnage qui est assez souvent développé dans les fics, tout comme Théo, même si c'est à un moindre niveau… Par contre, Terry et Justin, on les voit beaucoup moins XD Je sais que tu as eu du mal au début avec des personnages comme Terry et Pansy, mais qu'en revanche, tu as tout de suite aimé Théo qui est vite devenu ton chouchou XD J'ai la même impression que toi ! Je me revois vous l'annoncer, à toi et à Lucie… Bon, ce n'est que le premier tome qui est fini, pas la fic en elle-même XD
Oh oui, le style a bien changé ! Je fais beaucoup plus attention à tout, et il n'y a plus 36 000 POV par chapitre avec parfois 3 POV d'un même personnage XD
Merci pour cette review, ça m'a vraiment énormément touchée *-* Et merci pour tout ton soutien, pour tout l'intérêt que tu as porté à ce tome, pour toutes les pistes que tu m'as données… Cette fic n'aurait pas été la même si tu n'avais pas été là ! Avis aux lecteurs : AliceCullen0027 est à l'origine de plusieurs choses, dont une en particulier qui a changé pas mal de choses XD
mimibou : Je pense qu'un jour ou l'autre, tu entendras parler des Prud'hommes XD
Oh, j'espère que le passage de l'échographie t'a plu, du coup ! Ah par contre, je n'étais pas du tout au courant du fait que les personnes ayant leur coeur à droite doivent inhaler un mélange spécial ! Je vais approfondir les recherches à ce sujet, mais j'espère que sur le long terme, cette particularité continuera à ne pas avoir trop d'impacts sur ta cousine… C'est en lisant un OS (de ne je ne sais plus quoi) où un personnage avait cette anomalie que j'ai fait des recherches à ce sujet, car même si je n'aurais jamais pu faire médecine, c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup intéressée, et c'est toujours bien d'apprendre des choses ! Mais je n'imaginais pas que ça parlerait à un de mes lecteurs !
Il me semble que Harry a surtout demandé à ne pas être envoyé à Serpentard, mais qu'il n'a pas fait spécialement mention de Gryffondor… Du moins, dans le film, faudrait que je relise le livre XD Mais en effet, Harry y est pour beaucoup, si le Choixpeau l'a envoyé à Gryffondor XD Mais il a un peu tendance à être de mauvaise foi, dans cette fic XD En vrai, j'ai beaucoup du mal à l'imaginer à Serpentard, mais si le Choixpeau dit qu'il y aurait eu sa place, on ne va pas le contredire XD
Merci, j'ai eu un petit doute sur la question que j'ai posée ! Je vais faire en sorte de faire apparaître Tonks plus souvent, on la verra d'ailleurs plusieurs fois pendant l'été ! Pour ce qui est de Harry et Théo, tout sera dévoilé peu après les vacances d'été, qui feront environ 20 chapitres, donc… euh… il va falloir encore un peu attendre XD Mais avec tout ce qui va se passer durant l'été, vous n'allez même plus y penser ! Ou pas XD Quand j'ai vu que tu avais cité Luna et que tu voulais la voir plus souvent, ça m'a donné une idée d'intrigue, donc je l'annonce officiellement : tu as à l'origine d'une intrigue XD Enfin, intrigue… si on peut dire XD Ça n'en est pas vraiment une, mais il faut que je voie comment je vais goupiller tout ça XD En tout cas, ça devrait donner un peu de visibilité à Luna =D Mais j'aurais aimé aussi qu'on la voit plus dans la saga, surtout dans les films, plus que Neville avec qui je n'ai jamais vraiment accroché ^^ Mais je vais tenter de m'approprier son personnage et de le mettre un peu plus en avant dans le second tome, si ça vous intéresse :)
Oui, c'est, avec ce chapitre, la fin du premier tome de la fic ! Merci pour ta review, et j'espère que ce chapitre te plaira ! Et… joyeux anniversaire ! Que cette journée spéciale se passe bien et que tu en profites bien ! *-*
Hmore : Bienvenue à toi ! Je suis contente que tu te sois accrochée et que tu aies fini par te faire au style d'écriture ! Il a changé au fil des chapitres, mais je sais qu'il peut effectivement être un peu dur à lire ! Je serais moi-même incapable de relire la première partie, celle des vacances d'été XD Tu as eu du courage de t'accrocher malgré le nombre de chapitres qu'il y avait XD Et vu ta seconde review, ça n'a pas l'air de te décourager XD Heureuse de te compter parmi mes fidèles lecteurs et lectrices *-*
Discret3149120 : Entièrement d'accord avec toi ! Vous méritez tous un chapitre écrit avec soin et relu attentivement, qu'un chapitre écrit à la va-vite et relu tout aussi vite… J'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes !
.
Merci à vous tous pour vos reviews, c'est toujours un plaisir de vous lire ! Et merci à tous ceux qui ont suivi du début à la fin les aventures de tous ces personnages… Je vous laisse avec ce nouveau chapitre, il est très long, mais c'était difficile de faire plus court XD
Petite précision : le dernier POV est un POV général qui va couvrir tout le trajet, et où on aura les uns après les autres tous les membres de la bande, ainsi que quatre personnages avec qui on a fait connaissance récemment, histoire de boucler la boucle !
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture, et on se retrouve en bas pour la NA de fin de chapitre qui sera un peu différente des autres !
.
Warning : Présence de scènes sexuellement explicites dans ce chapitre. Oui, en ce dernier chapitre du premier tome, les personnages se lâchent XD
.
.
91 – Quitter Poudlard et rentrer chez soi
.
.
(samedi 30/06) POV Draco
.
Un corps chaud était blotti contre celui de Draco quand il se réveilla. Il avait beau faire vingt degrés dehors au matin, il décréta que c'était la meilleure sensation au monde. Été ou hiver, c'était si agréable d'avoir son petit-ami dans les bras… C'était une chose dont Draco était certain de ne pas se lasser. Il observa le visage endormi de Harry et fut attendri par la vision qui s'offrait à lui. Il était si mignon… Draco l'aurait dévoré tout cru. Il s'appuya sur un coude, sa tête reposant sur sa main, et de l'autre main, il caressa du bout du doigt l'avant-bras de Harry, qui se mit à murmurer des choses inintelligibles. Il était manifestement en train de rêver, et associait le geste de Draco à son rêve. Il se retourna dans son sommeil, faisant ainsi face à Draco, qui écarquilla les yeux en sentant l'érection de Harry contre son ventre. Oh oh, était-ce dû au rêve qu'il faisait ? Draco fut bien tenté de le tirer hors des bras de Morphée en s'occupant de sa virilité tendue, mais il se refusait à faire quoi que ce soit sans son consentement. Il continua de contempler les traits de son petit-ami qui papillonna des yeux quelques minutes plus tard.
- Coucou, la marmotte, s'amusa Draco.
- Il est si tard que ça ?
- Non, il n'est même pas sept heures.
- Oh, il est super tôt… Mais c'est bien, comme ça, on a sept heures devant nous avant d'embarquer dans le Poudlard Express…
Harry fronça soudain les sourcils, avant de rougir et de se reculer prestement.
- Hé, ce n'est rien, le tranquillisa Draco. Ça ne doit pas être la première fois que ça t'arrive…
- Collé à toi, si.
- Ça ne me gêne pas, et tu n'as pas à l'être avec moi. Le plus dur, ça a été de ne pas en profiter…
- Tu peux le faire maintenant.
- Euh… comment ça ?
- Eh bien, j'ai très envie d'un troisième round…
Draco dut faire appel à tout son self-contrôle pour que cette suggestion n'ait pas un effet direct sur une partie basse de son anatomie.
- Harry, ce ne serait pas très prudent… Ose me dire que tu n'es pas marqué par le deuxième rapport d'hier…
Harry bascula sur le dos et grimaça.
- J'ai mal, oui, mais uniquement si je me tourne, si je m'assois ou si je me lève. Ce ne sont pas des choses que je vais faire en plein acte ! Et parfois, il faut guérir le mal par le mal.
- Là, tu vas plus empirer ton état qu'autre chose…
- Même si tu me soignes après ?
- Hier, tu n'as pas voulu.
- Oui, mais là, je ne vais pas trop avoir le choix…
- Pas si on ne fait rien.
Harry soupira.
- Si tu n'es pas chaud, dis-le-moi, le consentement, ça marche dans les deux sens…
- Ce n'est pas ça, le problème. S'il n'y avait que moi, je te ferais l'amour tous les jours ! C'est juste que j'ai peur des conséquences qu'aurait un troisième round sur toi…
- Je ne suis pas en sucre, Draco. Et si j'ai trop mal dans le Poudlard Express, je n'aurai qu'à faire le trajet allongé sur la banquette ! Elles sont plutôt confortables…
N'ayant plus d'arguments, Draco céda :
- Tu as gagné, mais je te mets du baume après, et ce n'est pas négociable !
Satisfait, Harry se remit sur le côté et embrassa Draco. Une main vint masser son torse, agacer ses tétons, descendre vers son nombril, puis vers son entrejambe autour de laquelle la main se referma. Elle la masturba lentement, arrachant des sons appréciateurs à Draco. Faisant fi de la sensibilité du bas de son dos, Harry se plaça à quatre pattes au-dessus de Draco, comme la veille, sans rompre le baiser, ni cesser ses attentions sur le sexe de Draco. Cela fit naître une idée dans l'esprit de Draco. Il s'empara de sa baguette, lubrifia ses doigts et les dirigea vers les fesses de Harry qui sursauta.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je vais te préparer.
- Comme ça ?
La crainte était audible dans la voix de Harry. Elle était naturelle : toutes les fois où il avait reçu les doigts de Draco en lui, il était couché sur le dos, et était en mesure de voir tout ce que faisait Draco. Là, dans sa posture, c'était plus compliqué.
- Oui, mais si tu ne veux pas, je comprendrais. Mais je ne ferai rien de plus que ce que je faisais les autres fois. Et un peu de changement, ça ne fait pas de mal…
- Oui, j'ai bien saisi que tu aimais varier, se moqua gentiment Harry. Je te fais confiance, mes fesses sont toutes à toi.
Draco sourit et inséra délicatement un doigt en Harry. Constatant qu'il était bien dilaté par les deux rapports de la veille, il ne tarda pas à inclure son majeur. Tandis qu'il étirait les parois avec ses deux doigts, Harry, lui, cajolait toujours son sexe qui était déjà bien dur. Cela n'était guère étonnant : si sa raison l'avait incité à s'inquiéter de l'impact qu'aurait un autre rapport sur Harry, la perspective de lui refaire l'amour l'avait bel et bien excité. Après avoir bien assoupli l'intérieur de Harry, il incurva ses doigts et le cri qui s'échappa de la bouche de Harry l'informa qu'il avait bien visé sa prostate. Il refit son geste, et fut récompensé d'un cri identique au premier. Il alterna mouvements de ciseaux et va-et-vient, et ne tint pas rigueur du fait que la main de Harry avait déserté son sexe. C'était même une bonne chose, car le but n'était pas de le mener au bord de la jouissance… Il s'apprêtait à ajouter un dernier doigt, mais Harry l'en empêcha en agrippant son poignet :
- Non, pas ton doigt… Si tu fais trop durer les choses, je vais jouir dès le début du rapport, comme hier… Et je suis prêt, de toute façon.
- Tu es sûr ?
- Oui.
Draco n'insista pas et enleva ses doigts. Il tendit la main vers sa baguette, mais Harry fit de même et attrapa la sienne avant lui.
- C'est Lubrico, c'est ça ?
- Oui, mais…
Draco n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Harry lança le sort de lubrification et le sort de protection. Il se positionna afin de faire en sorte d'être aligné avec le sexe de Draco, et s'aida de sa main pour faire entrer le gland en lui. Lorsqu'il franchit complètement son anus, Harry geignit et se crispa. Il s'immobilisa et souffla, son expression faciale trahissant sa douleur. Draco entreprit de le relaxer en faisant voyager ses mains partout sur son corps, et plus particulièrement sur son sexe qui n'avait pas perdu de sa rigidité. Le travail de Harry sur sa respiration ainsi que les efforts de Draco portèrent leurs fruits : les muscles de Harry se relâchèrent, et il put commencer à se laisser tomber le long du sexe de Draco. Il ne s'arrêta que quand ses fesses touchèrent les cuisses de Draco. Celui-ci dut se retenir pour ne pas remuer d'un pouce. Harry était divinement serré autour de lui, trop pour son propre bien, et sa libido lui hurlait de se mouvoir comme un damné en lui. Mais il n'en fit rien. C'était Harry qui avait les rênes. Harry qui avait les yeux clos.
- Ça va ? s'enquit Draco en caressant les jambes et les hanches de Harry.
- Oui… Il n'y a plus un seul centimètre de vide en moi, mais c'est si bon… Tu me remplis si bien…
Harry posa ses mains sur le torse de Draco, éleva son bassin et le rabaissa. Ils gémirent en choeur, et Draco attira le visage de Harry vers le sien pour unir leurs lèvres. Harry dut vite les séparer pour se redresser et bouger de haut en bas. Il tint bien plus longtemps que la veille, et se mit même à monter et descendre de plus en plus vite, les faisant tous les deux haleter de plaisir. Mais cela ne fut bientôt plus suffisant pour eux. Draco renversa alors Harry sous lui, se retira, et s'enfouit profondément en lui.
- Ah, Draco !
Encouragé par la réaction de Harry, Draco lui donna de vifs coups de rein et se régala des cris qu'il obtint. Il ravit de nouveau ses lèvres et accéléra la cadence en étouffant leurs gémissements dans le baiser qu'ils partageaient. Quand il le rompit, Harry protesta, mais Draco le fit gémir en s'attaquant à son cou qu'il mordilla. Tout en continuant à s'enfoncer dans l'antre chaude et accueillante de son chéri, il lui fit un suçon qui vint se rallier à tous ceux qu'il lui avait faits durant leurs deux rapports. Totalement enivré par le plaisir, Harry prononça des mots sans queue ni tête, et Draco acheva de lui ôter toute lucidité en enroulant ses doigts autour de sa hampe dressée. Il le masturba avec vigueur et intensifia le rythme de ses coups de bassin. Harry rejeta violemment la tête en arrière et Draco dut se concentrer pour ne pas jouir face à la vision qu'il eut : un Harry bouillonnant de désir, aux joues roses, aux lèvres rougies par les nombreux baisers qui les avaient meurtries, et au corps nu et offert tout entier à lui. S'il se maîtrisa pour ne pas accéder au point de non-retour, celui-ci était cependant imminent, autant pour lui que pour Harry. Il décida donc de les y mener en augmentant la puissance de ses va-et-vient. Il cogna sans répit la prostate de Harry qui ne pouvait rien faire d'autre que crier son extase. Il avait trouvé un point d'ancrage en se cramponnant aux épaules de Draco, qu'il serrait tant que Draco était persuadé qu'il allait finir par lui briser les os. Mais il s'en fichait, car c'était la preuve du plaisir qu'il prenait dans ce rapport, et Draco lui en procura davantage en le pénétrant de plus en plus fort, et en faisant aller et venir ses doigts de plus en plus vite autour de son sexe gonflé à bloc. Ses coups de rein devinrent si rapides et énergiques qu'il ne se passait pas une seconde sans que ses cuisses ne rencontrent les fesses de Harry, et il sut que son petit brun était proche de jouir en sentant ses chairs se contracter. Il martyrisa sa prostate, et ce fut en la frappant une énième fois que Harry se libéra en criant le nom de Draco, qui jouit à son tour en plongeant une dernière fois en lui, l'intimité de Harry s'étant resserrée et ayant eu raison de lui. Il effectua quelques lents va-et-vient, puis il glissa doucement hors du corps de Harry. Il fallut de longues minutes au Gryffondor pour se remettre de son orgasme. Une fois ceci fait, il chercha sa baguette qui avait atterri par terre, de son côté. Il se pencha pour la récupérer, mais il suspendit son geste en poussant une plainte de douleur et en plaquant une main sur son dos. Il jura et se rallongea.
- J'aurais dû t'écouter, reconnut-il.
- Tu aurais été frustré, je ne sais pas si ça aurait été mieux…
- Mmmh… pas faux. Mais ça va se calmer avec le baume…
Draco acquiesça et prit le baume. Il en badigeonna deux de ses doigts et massa l'anus de Harry, qui était légèrement irrité. Il traça les contours plusieurs fois, puis il immisça son index et son majeur en Harry. Il tapissa de baume ses parois en les frottant, et engouffra ses doigts aussi loin qu'il put afin de traiter la zone au maximum. Il évita la boule de nerfs de Harry, mais il fut bien obligé de soigner les environs. Ce ne fut qu'au bout d'un quart d'heure qu'il délogea ses doigts. Il nettoya Harry ainsi que lui-même et repêcha les habits qui gisaient sur le sol depuis la veille. Il se rhabilla et revêtit son chéri de son caleçon et de son pantalon. Harry le remercia d'un baiser et mit sa chemise, sa robe et sa cravate. À peine l'eut-il nouée que son ventre gargouilla. Draco et lui tournèrent la tête l'un vers l'autre et éclatèrent de rire.
- Il est l'heure d'aller manger ! déclara Harry.
- Ça va aller ?
- Il va bien falloir…
Il s'avéra que le baume avait fait effet car Harry put se lever sans trop de difficultés.
- Je sais que c'est logique d'avoir des courbatures après un rapport, mais est-ce que c'est normal de souffrir comme ça ? De ce que tu m'as dit, tu n'avais pas si mal, quand tu étais avec Graham…
- Oui, mais on n'est pas tous faits pareil, signala Draco. Qu'on soit homme ou femme, il y en a pour qui le sexe anal, c'est juste pas possible, car le corps ne l'accepte pas, d'autres qui tolèrent mais qui n'en sont pas fans, d'autres qui aiment ça mais qui ont, comme toi, plus de douleurs, et d'autres qui aiment ça et qui ne subissent pas de désagréments. Mais plus on va le faire, plus ton corps s'y fera.
- Bon bah j'espère que tu seras en forme quand tu viendras au Square…
- Et toi quand tu séjourneras quelques jours à la maison, défia Draco.
- Compte sur moi !
Draco sourit et embrassa tendrement Harry. Il n'aurait pu faire que ça de la journée. Cela allait être si dur d'être séparé de lui… Cela devrait être interdit d'aimer autant quelqu'un. Ce fut à contrecoeur qu'ils détachèrent leurs lèvres, leurs estomacs criant famine. Ils quittèrent le dortoir de Draco, puis la salle commune de Serpentard, et se rendirent à la Grande Salle. Ils échangèrent un long, très long baiser, et ce fut après s'être promis de se retrouver en tout début d'après-midi qu'ils s'éloignèrent et gagnèrent leurs tables respectives. Draco rejoignit Blaise, Pansy et Théo à la sienne, leur adressa un joyeux «Coucou tout le monde !» et piocha un petit pain qu'il beurra et qu'il avala avec appétit.
- Draco, tu diras à Harry de se couper les ongles, conseilla Blaise.
- Pourquoi ? demanda Draco entre deux bouchées.
- Parce que tu as une belle griffure dans le cou.
Draco faillit recracher un bout de pain. Ne pas rougir. Ne pas rougir. Ne pas rougir.
- Heureusement que vous avez insonorisé. Ça a dû être drôlement chaud, cette nuit ! Comment vous allez faire, cet été ? Vous allez être en manque…
- Eh bien on se servira de nos mains…
- Mouais… Ça a du bon, de ne rien faire avec son copain ou sa copine. Ça limite la frustration.
- Ouais, mais je suis sûr que vous allez vite sauter le pas à la rentrée. Si vous ne le faites pas lors des vacances…
- Non, ce sera trop tôt. Quoique, si je vais chez Ginny après son anniversaire, ça peut se faire… Ça dépendra si on sera prêts ou non.
- Oui, ne vous pressez pas, une première fois, c'est très important… Du moins, lorsqu'on tient à la faire avec la personne qu'on aime.
- C'est mon cas.
- Moi aussi, renchérit Pansy.
- Bon, Théo ne nous le dira pas, car il ne va pas se mêler à ce genre de conversation, mais je vais le faire pour lui : lui aussi.
Théo leva la tête de son bol de porridge.
- Je l'aurais dit si j'étais concerné. Or, je ne le suis pas, puisque des premières fois, j'en ai eu et j'en aurai plein avec Justin… J'ignore celles qu'on aura, mais Justin m'a dit qu'on était loin d'avoir tout fait.
- Ben pour moi, tu es concerné, tu auras la même première fois que moi avec Ginny, ou Pansy avec Ron, mais ce sera un peu différent…
- Je n'ai pas la même anatomie que Pansy ou Ginny, Blaise. Tu l'as peut-être oublié, mais je suis un garçon.
Blaise ouvrit la bouche, mais Draco lui fit discrètement signe de se taire. Ce qu'avait dit Théo avait bien confirmé ses soupçons : il n'était pas au courant de tout ce qui se faisait au niveau sexuel entre garçons. Et Draco n'avait pas envie qu'il soit renseigné à ce sujet à huit heures du mat', entre deux cuillères de porridge, et avec le peu de tact que possédait Blaise quand il s'agissait de sexe. Celui-ci haussa les épaules et se rabattit sur ses céréales. Il s'en était fallu de peu pour que Théo ait un cours d'éducation sexuelle en plein petit-déjeuner… Draco songea que ce serait tout de même bien qu'il sache tout sur les relations entre garçons. Mais ce n'était pas à lui de l'en instruire… C'était à Justin de le faire. Draco se résolut à lui en parler dans la matinée. Ce n'était certainement pas le meilleur moment pour avoir cette discussion, il y avait mieux que le dernier jour à Poudlard pour cela, mais l'avantage, c'était que Justin allait avoir deux mois pour y réfléchir… Draco n'était pas très à l'aise d'avoir à s'immiscer dans le couple de Théo et de Justin, mais il n'avait pas l'intention de museler éternellement Blaise pour préserver l'innocence de Théo ! Mais le plus dur, dans tout ça, allait être de croiser Justin. S'il réussissait à le faire avant midi, ce serait un miracle !
.
Draco n'eut pas à patienter aussi longtemps. Vers neuf heures et demie, en se promenant au quatrième étage, il vit Justin qui sortait de la bibliothèque. Il alla vers lui et le héla. Justin sursauta, fit volte-face et parut étonné en découvrant que c'était Draco qui l'avait appelé.
- Salut, Draco ! Tu es tout seul ? Tu n'es pas avec Harry ?
- Non, on se verra à treize heures. Et toi, tu n'es pas avec Théo ?
- Non, mais j'ai rendez-vous avec lui à onze heures.
- Ah oui, il me l'a dit ce matin… Mais c'est une bonne chose qu'il ne soit pas là.
- Tu as un truc si secret que ça à me dire pour que tu ne veuilles pas le faire en sa présence ?
- Oui… et non. En fait, c'est à propos de quelque chose que toi, tu dois lui dire.
Justin fronça les sourcils.
- Ah oui ? Et quoi ?
Ayant peur qu'ils ne soient dérangés par des élèves qui se baladeraient dans le coin, Draco entraîna Justin dans une salle de classe.
- Draco, je vais avoir des ennuis avec Théo s'il me surprend avec toi ici…
- Il n'est pas préfet, il n'ira pas vérifier s'il y a du monde dans les salles de cours, et même sans ça, il n'aurait rien à y faire.
- Mmmh, tu n'as pas tort. Bon, qu'as-tu à me dire ?
- C'est assez gênant, donc je ne vais pas y aller par quatre chemins : il faut à tout prix que Théo soit au clair sur tout ce qui se fait entre hommes dans l'intimité, et c'est à toi de t'y coller.
Justin écarquilla les yeux.
- Hein ? Mais… qu'est-ce que… pourquoi…
- Désolé, c'est un peu abrupt, mais c'est urgent, plaida Draco. Blaise a failli être trop bavard et tout lui balancer, j'ai sauvé la situation, mais il ne faudrait pas que ça se reproduise…
- Mais… que veux-tu que je lui dise, au juste ?
- Tout ce que vous n'avez pas encore fait et que tu projettes de faire avec lui.
- On y va très progressivement, Draco, la liste serait trop longue…
- Aborde les gros trucs, ce sera le principal.
- Comme ? Excuse-moi, mais je suis paumé, là…
- Bon, pour faire simple : Théo maîtrise la théorie sur l'acte sexuel entre un homme et une femme, mais pas entre deux hommes. Il n'imagine pas une seconde que l'acte puisse se faire par l'arrière. Je ne t'apprends rien, j'espère ?
Justin leva les yeux au ciel.
- Bien sûr que non… Mais on n'en est pas du tout là, Théo et moi…
- Je me doute bien. Mais il vaut mieux que Théo soit briefé au plus tôt là-dessus. Comme ça, il aura le temps de se faire à l'idée. Car ça va être un choc, pour lui…
- Oui, et c'est pour ça que je n'ose pas mentionner ça avec lui…
- Ça va pourtant être nécessaire. Tu vas bien finir par avoir envie d'aller jusque-là avec lui…
- J'en ai déjà envie. Mais ce n'est pas pour tout de suite. On a beaucoup de chemin à parcourir avant d'en arriver là… Chaque pas qu'on fait dans notre relation est un énorme pas pour Théo. La limite, pour l'instant, c'est d'être torse nu. On est loin d'en être au stade d'ébats ardents et passionnés… Et ce n'est pas un problème pour moi. Tout ce qu'on fait, c'est autant nouveau pour lui que pour moi. Mais j'essaierai d'évoquer l'acte charnel avec lui.
- Merci, dit Draco, soulagé. Bon, j'y vais, j'ai ma valise à vérifier. Peut-être à tout à l'heure dans le Poudlard Express !
Justin acquiesça et tous deux s'éloignèrent en prenant une direction différente. Draco descendit au rez-de-chaussée et alla vers les cachots. Sur le chemin de la salle commune, il vit Graham qui venait en sens inverse. Draco aurait dû être content, car il avait également prévu de chercher Graham, étant donné que c'était l'ultime occasion qu'il avait de passer du temps avec lui, en ces lieux, mais ce ne fut pas la joie qui l'envahit. C'était tout le contraire. Il réalisa d'un coup pleinement que Graham ne serait plus là, l'année suivante. Qu'il n'aurait plus celui qui avait été une sorte de mentor depuis sa deuxième année. Qu'il n'aurait plus celui qui avait été par la suite un ami, puis bien plus que ça. La gorge nouée, il s'efforça néanmoins de sourire.
- Coucou, ça va ? lança-t-il d'un joué enjoué.
- Ouais, j'allais faire un tour, indiqua Graham.
L'air dégagé sur lequel il avait prononcé ces mots sonna terriblement faux aux oreilles de Draco. Il n'avait pas le moral, c'était évident. Et la raison sauta aux yeux de Draco : c'était son dernier jour à Poudlard. Ce qui signifiait qu'il ne reviendrait plus jamais à l'école. Qu'il allait tirer un trait sur ses sept années d'études. Sept années de souvenirs et d'amitiés. Six années de Quidditch – enfin, cinq, avec l'annulation du Quidditch lors du Tournoi des Quatre Sorciers. Cinq années de virées à Pré-au-Lard. Quatre années de sexualité épanouie avec la plupart des mecs gay de l'école. Trois années de préparation intense à de gros examens de fin d'année, avec les BUSE, puis les ASPIC. Deux années de candidatures auprès d'équipes locales de Quidditch. Et une année de capitanat mouvementée de l'équipe de Serpentard. Oui, Draco avait été suffisamment proche de Graham pour tout connaître de sa vie à Poudlard. Bien sûr, ces sept années n'avaient pas toujours été synonymes de bonheur, mais il s'y était fait des amis, et comme bon nombre d'élèves, Graham avait considéré Poudlard comme sa deuxième maison. Et il s'apprêtait à s'en aller et à ne plus y remettre les pieds. Draco savait que deux ans plus tard, ce serait à lui de faire ses bagages pour de bon, et qu'il allait en être anéanti.
- Tu n'as pas à faire semblant devant moi, dit-il. Tu as le droit d'être triste parce que Poudlard va te manquer…
Les épaules de Graham s'affaissèrent.
- Je n'aime pas m'épancher, tu le sais bien…
- Oui, mais tout garder pour soi n'est pas la solution.
Graham soupira.
- Que veux-tu que je te dise ? Oui, ça me fait de la peine de partir d'ici, de dire au revoir au dortoir, à la salle commune, à la Grande Salle, et à toutes les pièces où je me sentais bien et en sécurité, où j'étais avec des gens que j'aimais, qui étaient comme une seconde famille pour moi…
Graham fit une pause, puis ancra son regard dans celui de Draco.
- Mais ce qui me fait le plus de peine, c'est de laisser derrière moi la personne qui est actuellement devant moi.
Draco baissa les yeux. Il ne voulait pas que Graham soit témoin de l'effet qu'avaient ses paroles sur lui.
- Ce sera un bon moyen de m'oublier. Tu mérites mieux comme entourage qu'un mec qui t'a baladé en te faisant croire qu'il était amoureux de toi…
- Je ne t'en veux plus pour ça, Draco. Tu étais perdu, tu traversais une période difficile, et je n'ai pas été des plus correct avec toi quand je te draguais lourdement… Seulement, là où moi, j'ai développé des sentiments envers toi durant notre relation, toi, tu confondais les tiens… Tu t'es accroché à moi parce que tu avais l'impression d'être seul, d'être trahi par tous ceux qui étaient responsables de toi, et lorsque je m'en suis aperçu, j'ai fait tout ce que tu craignais : je t'ai lâché, à mon tour… J'ai bien conscience que c'était la meilleure chose que j'avais à faire, car notre relation était malsaine, qu'elle te faisait plus de mal qu'autre chose, mais je t'en ai fait moi-même en rompant avec toi, et ça a été un déchirement pour moi, même si je n'avais pas d'autre choix… Mais c'est de l'histoire ancienne, tu vas mieux aujourd'hui, tu es heureux, et c'est ça qui compte. Et mets-toi bien dans le crâne que je n'ai aucune rancoeur envers toi, d'accord ?
Draco hocha la tête, et offrit à Graham un sourire plus sincère que celui qu'il lui avait fait quelques minutes auparavant.
- Message reçu. Mais c'est bête, car dans d'autres circonstances, ça aurait pu se faire, entre nous…
- Oui, mais la vie en a décidé autrement… Et ce n'est pas plus mal que ça n'ait pas marché. Comme je te l'ai dit quand nous étions encore ensemble, je suis resté en contact avec Olivier Dubois, et dans ses lettres qu'il m'envoyait lorsque son petit-ami était à Poudlard, il me disait combien c'était dur et combien il souffrait de ne pouvoir le voir que lors des sorties à Pré-au-Lard… Si ça l'avait fait, toi et moi, c'est ça qui nous aurait attendu : une relation à distance, avec tous les inconvénients que ça implique.
Draco grimaça.
- Vu comme ça… Mais du coup, ça s'est fini, entre Dean Thomas et toi ?
- Oui, mais je lui avais dit dès le début que ça n'irait pas au-delà de mon départ de Poudlard, il a très bien compris et il s'en fichait, car il était comme moi, il ne souhaitait que du sexe.
- Oui, il n'est pas attiré par de potentielles idylles… Il les fuit plutôt comme la scrofulite. Mais j'ai été étonné, quand j'ai su que tu couchais avec lui… Tu n'avais pas un certain mec en tête ?
- Si, mais il n'était pas en état d'entamer une quelconque relation avec qui que ce soit. Et rien ne dit que je l'intéresse…
- Pas faux. Quand va-t-il s'en aller de Sainte-Mangouste, au fait ?
- Eh bien, il est apte à le faire, mais à condition qu'il soit régulièrement suivi par son addictomage et sa psychomage, et qu'il soit hébergé par quelqu'un. Il est sevré, mais il ne faut pas qu'il soit livré à lui-même, il est fragile, et il y aurait trop de risques qu'il replonge, que ce soit dans la drogue ou dans la dépression. Mais ce qui préoccupe surtout les médicomages, c'est la seconde condition. Ses parents ont coupé les ponts avec lui, et à part eux, il n'a personne d'autre dans sa famille, ce qui fait qu'il est complètement seul. C'est pour ça qu'un des médicomages m'a contacté pour me proposer de le prendre avec moi… Et j'ai dit oui.
Draco se passa une main lasse sur le visage.
- Ce n'est pas comme ça que tes sentiments vont disparaître…
- Il n'a que moi, Draco ! Quel genre d'ami serais-je si je refusais de lui tendre la main, uniquement pour me préserver vis-à-vis de ce que j'éprouve pour lui ? Ce serait du pur égoïsme. Et je peux faire fi de mes sentiments. Adrian est avant tout mon ami. Et c'est en tant qu'ami que je vais l'aider.
Draco ne put rien contre ces arguments. Il était inquiet pour Graham, mais il lui faisait confiance.
- Si ça ne va pas et que tu as besoin de te confier, n'hésite pas à m'écrire. Et même sans ça, donne-moi de tes nouvelles.
- Promis, jura Graham. Et pareil pour toi. De toute façon, je serai tous les mois à Pré-au-Lard. Il va juste falloir que tu me fournisses les dates des sorties… Et si tu veux, on se verra là-bas.
- Avec grand plaisir ! On fait comme ça. Bon, je vais vérifier si j'ai bien tout mis dans ma valise.
Graham acquiesça, déposa un baiser sur la joue de Draco, lui pressa la main, et s'en alla. Draco ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce qu'il soit hors de son champ de vision. Il continua sa route vers la salle commune, et une fois arrivé, il monta à son dortoir. Il regarda partout autour de lui, mais il n'y avait plus rien. Tout était dans sa malle. Elle était prête, et Draco aurait bien aimé en dire autant de lui… Mais ces vacances allaient lui faire du bien, et seraient sûrement bien plus agréables que celles de l'été précédent…
.
.
POV Justin
.
La salle commune de Poufsouffle était plus animée qu'à l'accoutumée. Les préfets, Wayne et Sophie, étaient débordés, les plus jeunes élèves les appelant sans cesse, ayant du mal à faire leur valise. Il y avait également ceux qui avaient du chagrin, et qu'il fallait consoler.
À côté de Justin, Susan s'était isolée du bruit en créant une bulle de silence autour d'elle, et lisait un livre sur la psychomagie. Justin, lui, observait, rêveur, Ernie et Hannah qui se taquinaient avec de la peinture et des pinceaux. Contrairement à ce qu'il avait longtemps pensé, comme de nombreux nés-moldus, la peinture était une activité aussi bien moldue que sorcière, sauf que chez les sorciers, elle avait des propriétés magiques, tout comme les supports sur lesquels elle était utilisée. Ernie s'y était mis pendant son séjour à Sainte-Mangouste, et avait tout ramené à Poudlard. Depuis que Justin était rentré dans la salle commune, après sa conversation avec Draco, Ernie et Hannah jouaient à celui ou celle qui réussirait à viser en premier le visage de l'autre avec son pinceau. C'était étrange d'assister à un tel comportement, chez Ernie, lui qui était si sérieux avant, ce qui lui avait valu d'être nommé préfet. Et il l'était toujours, mais pas quand il était avec Hannah. Il était un tout autre garçon, avec elle. Ils étaient littéralement et constamment collés l'un à l'autre, et si, les premiers jours suivant le retour d'Ernie, cela n'avait pas surpris Justin, il commençait désormais à s'interroger. Avant, entre eux, c'était du «je t'aime moi non plus», ils se disputaient tout le temps, mais tout en s'adorant et en étant inséparables. Et quand l'un était attaqué, l'autre était prompt à le défendre, comme il ou elle le faisait pour Justin ou Susan. Rien de tout cela n'avait changé, sauf que les disputes étaient devenues des chamailleries beaucoup plus légères. Il n'y avait plus de cris, plus d'agacement, comme il y en avait avant. Et en-dehors de cela, Hannah était très présente auprès d'Ernie, mais aussi très tendre et très protectrice, ce qui était loin de déplaire à Ernie. Gare à celui qui irait se frotter à lui… Il aurait d'abord à faire à Hannah ! Bref, leur attitude n'était plus du tout la même, et le fait qu'ils se soient extrêmement rapprochés intriguait de plus en plus Justin. Y avait-il plus que de l'amitié, entre eux ? Ils avaient souvent été embêtés à ce sujet, leur relation à la fois fusionnelle et piquante suscitant des soupçons, mais leur réponse avait été inlassablement la même : ils n'étaient que des meilleurs amis, mais dont les caractères opposés conduisaient à des rapports explosifs. Justin ne s'était donc jamais demandé ce que cela ferait d'avoir ses deux amis qui entretiendraient une relation amoureuse. Cela ferait sûrement bizarre… Mais il s'y habituerait. Et au-delà de ça, il serait content pour eux. Mais il était possible qu'il se fasse des idées et qu'il n'y ait absolument rien entre ses amis… Mais il allait tout de même cuisiner Ernie s'il en aurait l'occasion avant quatorze heures.
Il en était là dans ses réflexions quand Susan ferma son livre.
- Quel dommage qu'on ne puisse pas emprunter de livres pendant les vacances, regretta-t-elle. Je ne l'ai pas terminé, mais il est passionnant.
- Tu seras peut-être trop occupée cet été pour lire, suggéra Justin.
- Non, je crains que mon programme ne soit pas très rempli… J'ignore pour l'instant ce que je vais faire après mes deux semaines chez Hannah…
Sa tante ayant trop de travail au Ministère, Susan avait accepté d'aller quinze jours chez Hannah dès le début des vacances.
- Mais tu n'aurais pas pu rester seule chez toi ? Ce n'est pas la première fois que ta tante a plein de dossiers à traiter…
- C'est ce que je me suis dit, mais je fais comme si de rien n'était. Tout ce que j'espère, c'est qu'elle me dira la vérité une fois que je serai là.
- Tu crois qu'elle te cache un truc ?
- J'en suis même convaincue.
Justin fixa attentivement Susan. Malgré son détachement de façade, Justin remarqua bien l'angoisse dans ses yeux verts, ainsi que ses traits quelque peu tirés.
- Ça t'inquiète ?
Susan sembla lutter, mais finit par laisser tomber le masque :
- Ce n'est pas son genre de me tenir à l'écart. Elle ne me dit pas tout, mais elle ne me préserve pas sous prétexte que je suis trop jeune. Ceci est dû au fait que j'ai perdu mes parents quand je n'avais qu'un an, et que lorsque j'étais en âge de comprendre, ma tante m'ait expliqué, avec les bons mots, que mes parents avaient été tués par des Mangemorts, sous le règne de Tu-Sais-Qui, tout comme ils avaient tué mes grands-parents, mon oncle Edgar, sa femme et leurs enfants. J'ai été confrontée très tôt à toutes ces horreurs, ça m'a forcée à me forger une carapace et ça m'a permis d'entendre ce que la plupart des enfants n'étaient pas aptes à entendre. Alors si ma tante ne veut pas me dire quelque chose, c'est qu'elle redoute ma réaction. Et j'ai une hypothèse. Et si c'est ça… Je ne sais pas quelle serait ma réaction, en effet.
- Quelle est cette hypothèse ? Enfin, si ce n'est pas trop indiscret…
- Non, ce n'est pas du tout personnel. Tu l'as probablement lu dans la Gazette, mais le Ministère se vide petit à petit de ses employés. Les démissions se succèdent, car les gens en ont marre de bosser en étant sous la coupe d'un incompétent… Il y a des pays où les Ministères recrutent dans pas mal de services. Ces gens en sont bien conscients, et c'est pour ça qu'il y a autant de départs : car ils ont des opportunités ailleurs. Et ma tante serait bien capable de claquer la porte et d'aller en saisir une, à son tour… Ce qui signifierait qu'elle devra déménager, et m'entraîner avec elle… Mais elle ne me ferait pas ça. Je suis sa priorité depuis que je suis toute petite, et elle sait que j'ai tout, ici…
- Oui, ce ne serait pas cohérent…
Susan soupira.
- Ça ne sert à rien que je me torture avec ça. Je n'ai qu'à patienter. Elle me dira tout quand je serai à la maison. Je vais aller rendre mon livre, ça me fera une petite balade, ce qui me fera le plus grand bien.
Susan se leva et s'en alla.
- Où est-ce qu'elle va ? s'enquit Hannah.
Justin tourna la tête vers elle et vit que l'atelier peinture avait bien avancé en un quart d'heure. Pas sur les parchemins spéciaux qu'Ernie avait descendus de son dortoir, mais sur son visage et celui de Hannah. Apparemment, la règle n'était plus «être le premier à toucher l'autre» mais «être le premier à toucher l'autre avec toutes les couleurs de la palette»…
- Elle est allée redéposer son livre.
- Oh zut ! s'exclama Hannah. J'en ai un qui traîne dans mon dortoir… Je m'étais dit que j'irais à la bibliothèque après le petit-déjeuner, mais j'ai zappé… Du coup, j'y vais.
- Euh… tu ferais mieux de te nettoyer, avant.
- Ah oui, oups… Bon, à tout à l'heure !
Hannah s'extirpa du canapé où régnait un désordre sans nom, courut vers les escaliers menant aux dortoirs des filles et faillit se cogner contre une élève de deuxième année dans sa précipitation.
- Une vraie tête en l'air, cette fille, commenta Ernie.
Là où Justin aurait prononcé ces mots sur un ton gentiment moqueur, Ernie, lui, les avait dit sur un ton très doux, très affectueux. Susan et Hannah n'étant plus là, Justin estima que c'était le moment d'obtenir les confessions de son meilleur ami :
- Dis-moi, vous ne vous lâchez plus, Hannah et toi…
- Ben… c'est normal, on a été longuement séparés, et on est heureux de se retrouver…
- Moi aussi, je suis heureux de te retrouver, et je ne suis pourtant pas en permanence collé à toi…
- Parce que tu as Théo et tes autres amis.
- Mais ça fait deux semaines que tu es revenu, l'effusion des retrouvailles aurait dû s'atténuer…
- Tu connais Hannah, elle aime être dans l'excès…
- Ouais, mais tu ne fais rien pour la raisonner…
- Je ne voudrais pas la vexer.
Justin écarquilla les yeux devant tant de mauvaise foi.
- Ah, parce qu'il n'y aurait que toi, tu aurais mis fin à tout ça ? ironisa-t-il.
- Rah, mais qu'est-ce que tu essaies de me faire dire ?!
Justin retint un sourire. Si Ernie était sur la défensive, c'était qu'il y avait bien anguille sous roche.
- Hannah, c'est quoi, pour toi ?
Ernie regarda Justin comme si un troisième œil lui avait poussé sur le front.
- Mais qu'as-tu bu, ce matin ? Hannah est mon amie, c'est quoi cette question ?
- Bon, je dois me faire des films, dans ce cas.
Justin fit mine de conclure la discussion en attrapant son propre livre dont il n'avait lu que quelques pages avant de se plonger dans l'observation de ses deux amis. Il souhaitait qu'Ernie vienne de lui-même se confier à lui, ce qu'il ne tarda pas à faire :
- Justin ?
- Mmmh ?
- Je n'ai pas été très honnête… Il y a un truc qui n'est plus comme avant, entre Hannah et moi. Ou plutôt, c'est carrément notre relation qui n'est plus comme avant…
Justin se désintéressa de son livre – qu'il tenait à l'envers – et fixa son meilleur ami.
- Qu'est-ce que tu ressens, exactement, pour elle ? demanda-t-il doucement.
- Si seulement je le savais… Je ne suis plus sûr de rien, quand il s'agit d'elle. Avant que je n'aille à Sainte-Mangouste, c'était clair et limpide, c'était ma meilleure amie, au même titre que Susan, bien qu'il n'y avait pas le même genre de complicité… Susan, c'était – et c'est – ma confidente, elle est comme une sœur, tandis que Hannah, c'était ma thèse et mon antithèse… Avant, ça se traduisait par des disputes, des piques, des délires, et quand on était calmes, des débats… Là, on n'a conservé que le côté «délires» et les piques, mais moins mordantes qu'avant… Et si avant, cela ne me faisait rien quand on n'était plus que tous les deux dans la salle commune, et qu'elle allait se coucher, là, ça me fait un pincement au coeur, et ça provoque en moi un vide très désagréable. Et c'est très perturbant, car c'est la première fois que ça me fait ça…
- Ça me faisait la même chose, quand Théo et moi, on se quittait après avoir été ensemble plusieurs heures.
Ernie fronça les sourcils, ne voyant visiblement pas le rapport, puis il dut saisir ce qu'insinuait son ami, car il redressa brusquement la tête :
- Tu veux dire… que je serais amoureux de Hannah ?!
- Ça me paraît évident… Et ce serait réciproque.
- Mais… comment notre relation aurait-elle pu évoluer comme ça ?!
- La distance. Quand vous vous êtes revus, il y a eu un déclic que vous n'avez pas perçu, mais qui a bien eu son effet sur vous.
Ernie demeura silencieux, l'air sous le choc de la révélation qu'il avait eue. Lorsqu'il récupéra ses esprits, il avait l'air complètement désorienté :
- Et… qu'est-ce que je suis censé faire ? Aller déclarer ma flamme à Hannah ?
- Non, ce serait trop précipité… Tu vas avoir tout le temps d'y réfléchir cet été, tout sera plus net à la rentrée, et tu décideras alors de ce que tu feras.
- D'accord. Rien ne presse, de toute façon… Mais… est-ce que tu crois qu'on était amoureux dès le début, ou… ?
- Non, pas forcément. Il y a des amitiés qui se transforment naturellement en amour.
- C'est vrai… Merci de m'avoir ouvert les yeux. J'étais à mille lieues de ça…
- Tu n'as pas à me remercier, va. Bon, je vais y aller, il est dix heures quarante, et j'ai rendez-vous avec Théo à onze heures… À plus tard !
Justin sortit de la salle commune et se dirigea vers les escaliers. Il monta au septième étage et ne fut pas étonné de constater que Théo était déjà là quand il arriva à la salle sur demande.
- Je suis en retard ?
- Non, tu es même en avance, signala Théo.
Rassuré, Justin l'embrassa tendrement. Il ne sut si c'était dû au dialogue qu'il avait eu avec Draco, mais ce simple baiser eut le don de l'émoustiller. Mais une chose était sûre, que Draco y soit ou non pour quelque chose, Justin n'aurait pas avec Théo la conversation embarrassante que Draco lui avait conseillé d'avoir ! Il réglerait cela plus tard. Il n'allait pas gâcher son dernier instant d'intimité avec Théo en les mettant tous deux mal à l'aise ! Ce fut sur cette réflexion qu'il rompit le baiser afin de faire trois allers-retours devant la tapisserie de Barnabas le Follet, faisant se matérialiser la salle sur demande. Il y pénétra avec Théo et tous deux s'assirent sur les couvertures aux tons de Poufsouffle et de Serpentard.
- On aurait dû se dire dix heures et demie, on n'a qu'une heure devant nous avant le déjeuner…
- C'est mieux que rien… Et pour être franc, c'était parfait pour moi. J'ai pu aller dire au revoir aux licornes et bavarder avec Hagrid, puis Harry.
- Tout ça en une matinée ?
- Oui, je me suis levé tôt…
- Ça n'a pas été trop dur ?
- Avec les licornes et Hagrid, ça a été. Avec Harry…
Théo laissa sa phrase en suspens, ce qui voulait tout dire. Justin compatit avec son petit-ami : il était conscient du lien qui l'unissait à Harry, et il se doutait bien que leur entretien n'avait pas dû être des plus facile. Il tenta néanmoins de le faire relativiser :
- Tu le verras une fois par semaine, grâce à tes séances de duel avec le professeur Black, et tu seras trop accaparé par ton job au Chaudron Baveur pour penser à lui…
- C'est ce qu'on s'est dit. Ce ne sera pas si terrible, en vrai… C'est surtout toi qui va me manquer, en fait.
- Quand je ferai mon stage à Sainte-Mangouste, je pourrai venir le soir… Je n'aurai qu'à prétendre auprès de mes parents finir plus tard que l'heure à laquelle je finis réellement.
- Oh, ce n'est pas bête… Mais à condition que je sois disponible. Car il y a des jours où je serai de service jusqu'à vingt-deux heures.
- Ce n'est pas grave, je viendrai les jours où tu seras libre.
Théo acquiesça et se blottit contre Justin. Celui-ci baissa la tête pour lui voler un baiser auquel Théo répondit. Justin lui retira sa robe de sorcier, en fit autant avec la sienne et allongea doucement Théo. Ne percevant aucune résistance de sa part, il en conclut qu'il n'était pas contre un moment charnel, mais il préféra en être sûr en étant direct avec lui :
- Théo, j'ai envie de toi…
- J'avais bien deviné… Tu me dévorais des yeux, devant la salle sur demande. Et c'est ce qui a fait naître le désir en moi… Mais je ne suis pas prêt à faire quoi que ce soit de nouveau.
- Ce n'était pas dans mes intentions, affirma Justin. Est-ce que tu veux-tu qu'on se frotte l'un contre l'autre ou que je te fasse jouir avec ma main ?
- Mmmh… les deux, l'un après l'autre ?
- Ça me va !
- Mais… euh… comment vas-tu te soulager, toi ?
- Comme la première fois qu'on a fait ça : en m'occupant de toi et de moi en même temps.
- Oui, mais j'étais dos à toi… Ce qui ne sera pas le cas, là… Si ça dépasse chez toi…
- Tu n'auras qu'à fixer le plafond, ou fermer les yeux, ce qui procure plus de sensations. Mais dans ta position, il faudrait que tu en fasses exprès pour avoir une vue sur ce que je fais…
- Pas faux, s'amusa Théo. Bon, loin de moi l'idée de casser l'ambiance, mais on est un peu pressés par le temps…
Justin approuva et s'empara des lèvres de Théo. Il insinua ses mains sous sa chemise et soupira en sentant la peau de son petit-ami sous ses doigts. Il remonta ses mains le long du torse de Théo et en imprima chaque centimètre dans sa mémoire. Théo vint lui aussi visiter son torse en empruntant la même trajectoire. Difficile de faire autrement avec leurs chemises… Elle dut être de trop pour tous les deux car sans se concerter, ils s'enlevèrent mutuellement ce vêtement inutile. Ils purent explorer le corps de l'autre à leur guise, et ce fut ce qu'ils firent. Tandis que Justin dévia vers les hanches de Théo, le Serpentard, lui, alla agacer les tétons de Justin. Il fit des cercles autour des deux pointes de chair qui durcirent très vite, les prit entre ses doigts et les pinça légèrement. Justin gémit et enfouit son visage dans le cou de Théo. Afin de se venger, il l'embrassa partout dans le cou, et se concentra en particulier sur ses zones érogènes où il le mordilla.
- Aaaah… Justin…
- Oui ? Un problème ?
- Non… Enfin si… Tu vas me faire réagir…
- Mais c'est le but…
Justin déposa ses lèvres à l'endroit le plus sensible du cou de Théo, saisit un bout de peau entre ses dents et l'aspira délicatement. Théo poussa un long gémissement et ses mains quittèrent le torse de Justin pour se plonger dans ses cheveux, comme pour l'inciter à continuer ce qu'il faisait. Ce fut ce que fit Justin en achevant son suçon. Puis il chuchota à l'oreille de Théo :
- Désolé, on avait dit qu'on ne ferait rien d'inédit, mais…
- Qu'est-ce que tu m'as fait ?
- Un suçon, avoua Justin.
- Oh… Je m'en souviens, tu m'en avais parlé. C'est donc ça ?
- Oui. Tu vas avoir une marque, mais avec le col de la chemise, ça ne…
- Je m'en fiche, coupa Théo. J'ai beaucoup aimé. Et ça m'a beaucoup excité…
- C'est ce que j'ai cru comprendre, se moqua gentiment Justin. À la fois par tes sons et par la bosse qu'il y a au niveau de ton entrejambe…
Théo rougit, ce qui fit craquer Justin.
- N'aie pas honte, c'est naturel…
- Mais je suis trop réceptif…
- Mieux vaut ça que le contraire, fit remarquer Justin. Et moi, ça ne me dérange pas du tout. C'est la preuve que tu aimes ce que je te fais… Mais ça, ce n'est rien, je vais te faire bien plus de bien…
- Oh, j'ai hâte de découvrir la suite, alors…
Justin ne se fit pas prier et colla son bassin à celui de Théo, faisant se rencontrer leurs érections. Un cri de surprise et de plaisir mêlés s'échappa de la bouche de Théo.
- Tu ne t'attendais pas à ce que je sois presque aussi dur que toi ? susurra Justin.
- Non…
- Eh bien, tu n'es pas le seul à avoir apprécié les attentions que tu recevais…
Comme pour apporter du poids à ses paroles, Justin appuya son sexe contre celui de Théo à travers leurs pantalons.
- Aaaah !
Fier de son effet, Justin réitéra son geste. Cette fois, aucun son ne fut produit par Théo qui se mordit fort la lèvre, ce qui ne fut pas au goût de Justin :
- Non, je veux t'entendre… Je veux que tu exprimes tout le bien que je te fais…
Justin exerça de nouveau une pression qui fit gémir Théo. Il se mit à onduler lascivement, arrachant cette fois un gémissement bien plus fort à Théo, ainsi qu'à lui-même. Merlin que c'était bon… Tout en bougeant contre Théo, il parcourut de ses doigts le torse offert à sa portée, récoltant des soupirs de la part de son brun adoré qui décida de l'imiter. Tandis que les mains de l'un voyageaient sur le haut du corps de l'autre, les frictions de Justin, elles, s'intensifièrent, et transformèrent peu à peu les gémissements en de petits bruits causés par leurs respirations saccadées. Ne souhaitant visiblement pas rester inactif, Théo envoya son bassin vers celui de Justin qui, n'étant pas préparé à cela, étouffa son cri en mordant l'épaule de Théo qui cria à son tour sous la douleur et le plaisir que lui procura cette morsure. Cela ne l'avait pas refroidi, loin de là – Justin aurait juré que l'érection de Théo avait grossi – et il le prouva en accompagnant les mouvements de Justin. Ces derniers se firent plus vifs et plus rapides, guidés par le besoin qu'ils avaient tous deux de libérer la tension qui habitaient leurs sexes emprisonnés dans leurs pantalons. Mais cela ne fut guère suffisant pour eux, ce qui conduisit Justin à empoigner les hanches de Théo qu'il souleva pour les rapprocher des siennes et augmenter la puissance des frictions générées par les balancements de son bassin. Le plaisir qui en résulta fut inouï et les fit crier à l'unisson. Justin sut qu'ils allaient bientôt atteindre l'orgasme et il les y mena en amplifiant le rythme de ses coups de rein qui provoquèrent plus de frottements entre leurs sexes. Lorsqu'ils furent au bord de la jouissance, Justin arrêta tout, défit le jean de Théo et glissa sa main à l'intérieur de son caleçon. Il enroula ses doigts autour de la hampe de chair de son petit-ami et la fit aussitôt aller et venir avec énergie entre ses doigts. Théo se cramponna à la couverture et cria aussi fort qu'il le put. Justin fit de même avec son membre à lui, et le plaisir pur qui envahit tout son être fut autant dû aux cris de Théo et à son visage qui trahissait son extase, qu'à sa main qui s'occupait de son propre sexe. Il les masturba de plus en plus vite et il ne leur fallut que quelques minutes pour jouir dans un ultime cri de plaisir. Justin retomba mollement sur Théo qui, malgré le fait que Justin fût plus lourd que lui, ne broncha pas. Une fois avoir récupéré ses esprits, Justin se redressa et jeta sur eux un sort de nettoyage. Il contempla Théo qui se remettait tout juste de son orgasme, et songea qu'il n'était vraiment pas nécessaire d'aborder le sujet de l'acte sexuel avec Théo pour le moment. Comme il l'avait dit à Draco, ils n'en étaient pas du tout là, et n'y seraient pas avant de longs mois, et Justin se satisfaisait très bien de ce qu'ils se contentaient de faire.
Quand Théo ouvrit les yeux, son regard croisa celui de Justin et un doux sourire étira ses lèvres.
- Je t'aime, murmura-t-il. Vivement le mois d'août, que tu puisses aller sur le Chemin de Traverse le soir, après ta journée de stage…
- Je ferai tout pour, promit Justin.
Il embrassa tendrement Théo, puis il attrapa les chemises et les robes de sorcier qui traînaient sur le sol. Ils se rhabillèrent, et comme il était près de midi, ils sortirent de la salle sur demande pour aller manger. Cette petite heure en amoureux leur avait fait du bien, et ce fut apaisés et heureux qu'ils se rendirent à la Grande Salle pour leur dernier repas à Poudlard. Il allait avoir une saveur spéciale, et Justin allait bien profiter de ce déjeuner avec ses amis qu'il ne retrouverait qu'à la rentrée…
.
.
Plus tôt dans la journée
.
POV Théo
.
Alors que Draco, Blaise et Pansy débattaient à propos d'une pétition qui circulait afin qu'un geste parfois effectué lors des matchs de Quidditch soit considéré comme une faute, Théo se leva.
- Tu vas où ? demanda Draco.
- Je vais faire un tour près de la Forêt Interdite.
- Oh… Tu n'emmènes pas Harry avec toi ?
- Non, il m'a dit hier midi qu'il aurait une matinée trop chargée, mais on se verra juste avant que je n'aille rejoindre Justin.
- C'est prévu à quelle heure, ça ?
- À onze heures.
- Tu vas avoir le temps d'aller faire un coucou aux licornes et de bavarder avec Harry, d'ici là ?
- Il est huit heures quarante-cinq, j'ai plus de deux heures devant moi… Et ça ne durera qu'un quart d'heure, avec Harry, pas plus.
- Bien. Et après Justin, c'est quoi, la suite du programme ? Papoter avec tous les élèves de l'école ? Non parce que tant que tu y es, autant tous les faire…
- Pfff, t'abuses… Bon, j'y vais.
- Oui, pardon, tu as trente-six mille choses à faire et moi, je te retarde…
- Ce n'est pas grave, si ça me gênait, j'aurais coupé court à la discussion ! Allez, à tout à l'heure.
Ce fut sur ces mots que Théo s'en alla. Il fit un saut aux cuisines où il eut des quartiers de pommes qui n'avaient pas servi la veille, puis il quitta le château et se dirigea vers la Forêt Interdite. Quand il arriva, les licornes le fixèrent aussitôt avec intérêt. Elles avaient flairé la nourriture. Théo se hissa sur la clôture et lança les pommes à divers endroits pour que toutes les juments ne se précipitent pas sur les mêmes morceaux. Il y en eut pour tout le monde, mais deux d'entre elles allèrent vérifier si Théo n'en avait pas d'autres, ce qui était bien le cas ! Il rit et leur tendit d'autres bouts de pommes qui furent croqués et avalés avec gourmandise. Les autres licornes, en retrait, observaient leurs deux congénères avec désapprobation. Pour elles, aller chercher du rab, ce n'étaient pas une attitude que des licornes étaient censées avoir ! Si ces créatures étaient des humaines, elles seraient de parfaites aristocrates, dignes, bien élevées, et avec les bonnes manières inhérentes à leur statut. Mais les deux petites chipies étaient celles qui étaient nées le plus récemment, bien qu'elles eussent un écart assez conséquent.
- Ne les écoutez pas, elles ont tendance à oublier qu'à votre âge, elles étaient comme vous…
Théo caressa le chanfrein des deux juments. Elles soufflèrent doucement par les naseaux, ce qui le fit sourire. Il aurait pu faire cela pendant des heures… Il adorait être en communion avec ces êtres purs qu'il aimait tant. Il mesurait la chance qu'il avait d'être près d'elles sans qu'elles n'aient peur, de leur donner à manger, de les toucher, d'avoir leur confiance… Et de ne pas être soumis au même sort que les filles ! S'il en avait été une, il aurait été privé de tous ces nobles honneurs depuis qu'il avait commencé à avoir une activité sexuelle avec Justin…
Après une dizaine de minutes, la plus vieille des deux juments, qui n'avait pas dû être rassasiée par la double ration de pommes, alla brouter de l'herbe, non loin de ses comparses. L'autre licorne avait ainsi Théo rien que pour elle. «Comme d'habitude, quoi» se dit-il. C'était effectivement comme ça à chaque fois. C'était elle qui était la plus friande de la compagnie de Théo. À deux ans, elle aurait dû commencer à instaurer de la distance avec lui, et avec tous les êtres humains en général, comme le faisait n'importe quelle licorne dès ses dix-huit mois, mais cette licorne, qui avait perdu sa mère lorsqu'elle était tout bébé, et qui n'avait pas eu tous les codes qu'elle aurait dû avoir, n'aurait jamais la même attitude que les autres licornes une fois qu'elle serait adulte. C'était triste, car c'étaient les répercussions d'un traumatisme lié à son enfance, qui la mettraient clairement en danger si elle était à l'état sauvage, mais Merlin soit loué, elle était à l'état semi-sauvage, et elle était en sécurité, sous l'oeil vigilant de Hagrid. Du moins, tant qu'elle était à l'orée de la Forêt, à une vingtaine de mètres de la cabane de Hagrid. Si elle allait dans la Forêt et qu'elle s'y enfonçait, là, elle n'était plus sous la protection de Hagrid. C'était cela, le risque de la semi-liberté : elles avaient un abri offert par un humain, qui veillait sur elles et qui les soignait, mais dans le même temps, elles étaient libres d'aller se promener dans la Forêt.
Théo fut distrait de ses pensées par la jeune licorne qui happa le bas de sa robe de sorcier et se mit à la mâchonner. Théo secoua la tête, amusé. Elle lui faisait tout le temps ça, sans qu'il ne sache ce qui lui plaisait tant dans sa robe… Il était tenté de la laisser faire, mais c'était dans ce type de situation où il fallait être autoritaire avec elle. Il tira donc d'un coup doux mais ferme pour lui faire lâcher le tissu dont elle faisait son repas.
- Tu es têtue, hein ? Je ne dirai rien à Hagrid, va. Je vais d'ailleurs aller le voir. Je reviendrai dès le premier jour de la rentrée, c'est promis. Portez-vous bien et ne faites pas trop de bêtises, d'accord ?
Théo descendit de la barrière et rebroussa chemin pour se rendre à la cabane de Hagrid. Il toqua et ne patienta que quelques secondes avant que Hagrid ne lui ouvre.
- Oh, Théo, c'est toi ! Tu es bien matinal…
- Oui, ça fait deux heures et demie que je suis debout, j'ai plein de choses à faire, expliqua Théo.
- Logique, en ce jour de départ… As-tu tout de même le temps de boire une tasse de thé ? Je ferai en sorte qu'il ne soit pas trop chaud, et puis ça te fera digérer le petit-déjeuner.
Théo acquiesça et suivit Hagrid à l'intérieur de la cabane. Le demi-géant l'invita à s'asseoir, ce que fit Théo, et à peine se fut-il installé que Crockdur vint l'accueillir en posant sa tête sur ses genoux. Théo le gratta entre les oreilles et remarqua qu'il avait un bandage à sa patte avant droite.
- Qu'est-ce que Crockdur a à sa patte ?
- Ah, ça, c'est un mystère… Je n'ai que des suppositions, car il s'est fait ça dehors et je n'étais pas avec lui. Soit il s'est coincé la patte quelque part, et il s'est blessé en la délogeant du piège, soit il a été attaqué.
Théo écarquilla les yeux.
- Attaqué ?! Mais… qui aurait fait ça ? Il ne ferait pas de mal à une mouche !
- En temps normal, oui. Mais pas quand il est menacé ou quand il s'agit de défendre les licornes.
- Il serait allé dans la Forêt pour aller en sauver une ?
- C'est la piste que je privilégie, oui. Ça collerait avec le fait que les licornes n'y aillent plus trop…
- Parce qu'il y a un prédateur là-bas ?
- Exactement.
- Vous avez une idée de ce que c'est, ce prédateur ?
- Pas du tout, et ça me turlupine. Mais ce qui me fait relativiser, c'est que s'il y a bien un prédateur, il n'a fait aucune victime parmi nos licornes pour l'instant. Mais j'irai patrouiller, une nuit, car c'est quand il fait nuit que les prédateurs frappent.
- Mais vous serez seul…
- Ne t'en fais pas pour moi, je ne ferai rien d'inconsidéré.
- Même si vous tombez sur le prédateur en train d'agresser une licorne, que ce soit un homme ou un animal ?
- Je rectifie ce que j'ai dit : je ne ferai rien d'inconsidéré, sauf si je surprends le coupable en flagrant délit. Je serais incapable de rester là sans rien faire…
- Moi non plus, avoua Théo. J'ai beau être sage et tempéré, et ne pas être du genre à foncer dans le tas, il y a des limites… Mais s'il y a bien quelqu'un qui en a après les licornes, dans la Forêt, est-ce que vous allez les contraindre à ne pas y aller ?
- C'est impossible. Si elles ont envie d'y aller, elles iront.
- C'est ce que je me disais… Mais j'avais un espoir.
- Ne t'inquiète pas, si elles s'y aventurent, elles n'iront pas très loin car elles vont sentir grâce à leur sixième sens que l'endroit n'est pas sûr et qu'il vaut mieux l'éviter.
Théo hocha la tête.
- Et pour Crockdur ? Ce n'est pas trop grave, ce qu'il a à la patte ?
- Non, ce sera vite guéri. J'allais justement refaire son bandage. Tu veux m'aider ?
- Avec plaisir !
Ce n'était pas la première fois que Théo secondait Hagrid auprès d'un animal. L'option que le demi-géant enseignait avait éveillé une vraie vocation en lui. Vocation qu'il n'était pas certain d'exercer un jour, puisqu'il se destinait à être potionniste… En presque trois ans, il avait soigné des niffleurs, des croups, des botrucs, des porlocks, des noueux, des fléreurs… et bien évidemment, des licornes. S'il n'y avait pas eu de problèmes avec la plupart de ces créatures, la tâche avait été plus rude avec les porlocks. Ils se méfiaient énormément des hommes, si bien qu'ils fuyaient quand il y en avait un à proximité d'eux. Cela n'avait pas été très pratique, mais à force de persévérance, Hagrid et Théo avaient réussi à l'apprivoiser et avaient pu réparer son sabot.
Avec Crockdur, il n'allait pas y avoir de soucis. Il n'était pas une créature sauvage. Il était l'animal de compagnie de Hagrid, et il ne reculait pas devant le contact humain. C'était même tout l'inverse. C'était un chien très sociable pour qui tous les amis de Hagrid étaient ses amis.
Lorsque Hagrid eut défait le bandage, Théo examina la plaie. Crockdur étant un chien assez touffu, Théo nota rapidement l'absence de poils autour de la zone éraflée.
- Hagrid, est-ce vous qui avez enlevé les poils, près de la plaie ?
- Non, il ne les avait plus quand je l'ai soigné.
- Dans ce cas, c'est un indice sur la façon dont il s'est fait ça. Car si quelqu'un lui avait jeté un sort d'entaille, ça n'aurait pas impacté les poils… Il n'y a qu'en se débattant pour s'extirper d'un piège qu'il a pu se les arracher.
- Mmmh… Tu n'as pas tort. On serait donc davantage dans l'hypothèse que Crockdur soit allé dans la Forêt Interdite car il aurait entendu des bruits suspects et aurait eu peur qu'une licorne ne soit en danger dans la Forêt… Et il aurait été lui-même piégé. S'il y a bien des pièges dans la Forêt, je vais vite aller vérifier ça. Bon, on va désinfecter la plaie. Tu le fais ?
Théo ne se fit pas prier et se saisit de compresses et d'une bassine qu'il remplit d'eau et fit chauffer pour qu'elle soit tiède. Il trempa une compresse, l'essora et nettoya la plaie de Crockdur. Cela dut le piquer car il couina et voulut replier sa patte, mais Théo la tint fermement, sans pour autant lui faire mal, et l'apaisa avec des mots doux. Il continua à aseptiser la plaie, et lorsqu'elle fut propre, Hagrid appliqua un baume pour favoriser la cicatrisation. Puis Théo refit le bandage.
- Je maintiens ce que j'ai toujours dit : tu ferais un bon vétérimage, déclara Hagrid.
Théo sourit.
- Je sais que vous êtes sincère, comme le sont mes autres professeurs, mais si je les écoutais tous, je serais fait pour quasiment tous les métiers… Pour le professeur Snape, je serais un bon potionniste, pour le professeur Chourave, je serais un bon botaniste, pour le professeur Sinistra, je serais un bon spécialiste en astronomie, pour le professeur Babbling, je serais un bon chercheur en runes… Mais malheureusement, je n'ai pas les moyens pour faire trente-six mille formations…
- À l'heure qu'il est, non, mais quand tu seras à l'aise financièrement avec ton métier de potionniste, tu auras de quoi faire une autre formation. Tu n'es pas obligé de faire le même métier toute ta vie, tu as le droit d'en avoir plusieurs… Parmi tes professeurs, il y en a qui faisaient tout autre chose avant de débarquer à Poudlard en tant qu'enseignant… Moi-même, j'ai été garde-chasse durant cinquante ans avant que le directeur ne me confie le poste de professeur de soins aux créatures magiques… Et je ne regrette absolument pas d'avoir accepté. Mais franchement, avec tous les talents que tu as, ce serait dommage de ne t'en tenir qu'à un seul métier… De plus, si tu te reconvertis en vétérimage ou en chercheur en astronomie, rien ne t'empêche de faire comme le professeur Snape et de conserver ton métier de potionniste. Et tu peux même cumuler trois métiers en traduisant des textes de runes le soir ou lors de tes jours de repos… Est-ce que ce seraient des métiers qui t'intéresseraient ?
- Oh oui ! C'est simple : je voudrais exercer tous les métiers que vous avez cités. En plus de celui de botaniste.
- Eh bien, en étant bien organisé, c'est faisable. Bon, après, ne fais pas non plus totalement comme ton directeur de maison. Ne frôle pas le burn-out en te faisant déborder par tes fonctions… Mais ce ne sont que des conseils que je te donne. Tu es libre de ne te limiter qu'à une carrière de potionniste si c'est ce que tu désires.
- Je vais y réfléchir, affirma Théo.
Il hésita, puis se lança :
- Hagrid, est-ce que vous seriez d'accord pour que je vous écrive, cet été, pour avoir des nouvelles de tout le monde, dont vous ?
Hagrid sembla troublé par cette suggestion.
- Euh… oui, j'en serais ravi, mais… l'écriture et moi, ça fait deux, tu vas avoir des lettres pleines de fautes d'orthographe…
- Ce n'est pas grave, le principal, c'est ce qu'il y a dedans, assura Théo.
- Tu as raison. Mais si moi, je te dis comment ça va et si tout va bien au château, toi, tu feras pareil et tu me raconteras tes journées au Chaudron Baveur.
Théo acquiesça.
- Mais dis-moi, tu n'avais pas un programme hyper chargé ? Tu vas avoir le temps de tout faire, en trois heures et demie ?
- Il est dix heures et demie ?!
- Presque, oui.
- Oh, zut, j'ai trop traîné, il faut que j'y aille... Merci pour le thé, et pour tout ce que vous m'avez dit concernant mon avenir…
- Merci à toi pour la visite, c'était adorable de ta part de me consacrer une heure malgré tout ce que tu as à faire… Et bon courage pour ton job. Et ne te fais pas trop marcher sur les pieds…
Théo promit de faire de son mieux, souhaita une bonne journée et de bonnes vacances à Hagrid, et s'en alla. Il rentra au château et monta au septième étage. Comme Justin et lui avaient prévu d'aller à la salle sur demande, et que Harry comptait être dans sa salle commune toute la matinée, Théo lui avait proposé de s'y retrouver, puisque la salle sur demande était située au même étage que la salle commune des Gryffondor.
À peine fut-il devant la salle secrète qu'il fut rejoint par Harry.
- Tu étais juste derrière moi ou quoi ? s'amusa Théo.
- Tu es là depuis combien de temps ?
- Même pas deux minutes.
- Ah ouais, on devait avoir un ou deux escaliers de différence… Mais ça prouve que nous sommes ponctuels. On avait dit dix heures et demie, et il est…
- Dix heures et demie, acheva Théo.
- Bon, une minute de plus, et j'étais en retard…
- Je ne t'en aurais pas tenu rigueur, tu avais une matinée aussi agitée que la mienne…
- Pas faux. Tu étais avec les licornes, d'ailleurs ?
- Oui, enfin j'étais d'abord avec les licornes, puis avec Hagrid.
- Comment vont-elles ? Et comment va Hagrid ?
- Ils vont tous bien. Comme il y avait de la tarte aux pommes hier soir, je suis allé aux cuisines, au cas où il y aurait des pommes destinées à aller à la poubelle, et il y en avait. J'ai nourri les licornes et il y a deux qui ont décrété qu'elles n'en avaient pas eu assez… Par chance, je n'avais pas écoulé tout le stock de pommes que j'avais ! Et rien à signaler du côté de Hagrid. Par contre, Crockdur, lui, a été blessé à une patte.
Théo relata à Harry sa discussion avec Hagrid.
- Mais c'est horrible ! J'espère que vous vous trompez et qu'il n'y a personne qui veut faire du mal aux licornes…
- Je correspondrai avec Hagrid, cet été, il me tiendra au courant… Et je te transmettrai tout ce que je saurai une fois par semaine, après les séances de duel avec ton parrain. Et toi, comment vas-tu ?
- Oh, comme un jour de départ… À la fois triste de quitter tous ceux que j'aime, et impatient d'être au Square, au calme, avec Sirius et Remus… L'année a été tellement dure et épuisante que ces deux mois de vacances ne seront pas de trop…
- Oui, et tu vas davantage en profiter que celles de l'année dernière, ajouta Théo.
- Oh oui ! Je vais bien mieux psychologiquement, je suis suivi par un vrai psychomage, et je n'aurai bientôt plus besoin de séances de thérapie.
- Oh, c'est génial !
- D'un sens, oui… D'un autre sens, non. Car c'était l'occasion d'être avec Draco tous les samedis, jour de ma séance hebdomadaire avec le professeur Snape pendant les vacances… Mais bon, le plus important, c'est que ma santé mentale aille mieux.
- Exactement. Et si ta thérapie se termine vers la fin juillet, tu reverras Draco bien vite, vu qu'il est censé être au Square durant les deux dernières semaines de vacances, souligna Théo.
- Oui, ça ne fait que deux ou trois semaines à tenir sans lui, ce n'est pas la mer à boire… Toi et moi, au moins, on est sûrs de ne pas être éloignés l'un de l'autre plus d'une semaine, avec tes séances de duel avec Sirius… Sauf si, une semaine, tu as ton jour de repos le mercredi, et la semaine d'après, le dimanche, ce qui gâcherait tout…
- Non, je n'aurai pas dix jours de travail consécutifs, même avec une demie-journée de repos…
- Ah oui, ce serait abusé… Bon bah tant mieux, je suis content.
Harry eut l'air soudain rêveur.
- C'est fou, quand-même. Il y a un an, je n'aurais jamais cru que je serais autant accro à la présence de deux Serpentard… Et ce n'est même pas grâce à la disparition des tensions entre les maisons… Ou très peu. Ce sont nos points communs qui nous ont rapprochés.
- Oui, mais avant ça, il y a eu un truc, sur le Chemin de Traverse, quand tu m'as aidé à me relever… Mais je serais incapable d'expliquer quoi.
- De toute manière, notre lien est voué à rester un mystère… Et si, en réalité, il n'y a pas de lien, et qu'il n'y a qu'une très forte amitié entre nous due au destin, eh bien je suis heureux qu'il nous ait réunis. Cette année n'aurait pas été la même sans toi… Tu m'as apporté tant de choses… Avec toi, tout est si pur, en dépit de tout ce que tu as subi et qui aurait pu noircir ton âme… Au lieu de ça, tu es l'être le plus pur que j'aie rencontré jusque-là… Tu es si gentil, si généreux, si modeste, si doux, si timide… Et en même temps, quand il le faut, tu sais gérer les situations les plus compliquées… Je n'oublierai pas que c'est toi qui as secoué Draco en lui hurlant dessus pour qu'il aille chercher son parrain, après m'avoir découvert inconscient, parce que j'avais ingurgité cinq potions périmées… Et je n'oublierai pas cette nuit où tu m'as secouru, lorsque j'étais à deux doigts de faire une bêtise et de replonger dans les potions de sommeil sans rêves…
- J'ai pu te secourir car tu as eu le réflexe de m'envoyer un Patronus, nuança Théo.
- Oui, mais tu as su quoi faire. Tu as su où m'emmener. Draco et Hermione m'auraient certainement conduit chez le professeur Snape, tandis que Ron m'aurait plutôt conduit à l'infirmerie… Alors que c'était l'oreille attentive de Sirius et de Remus qu'il me fallait. Ce n'est pas un reproche fait à Ron, à Hermione et à Draco, c'est juste que toi, tu as la faculté d'être serein en toutes circonstances, et de savoir ce qui est bon pour moi… C'est pour ça qu'inconsciemment, je me suis adressé à toi. Cela ne fait que neuf mois qu'on est amis, et tu me perces pourtant si bien à jour…
- C'est parce qu'on a énormément de similitudes, je me reconnais en toi… Et tu dis que tu me dois beaucoup, mais qu'est-ce que je devrais dire ! Tu étais là quand je me suis fait agresser par Parker et Milligan, tu étais là pour témoigner lors du conseil disciplinaire, tu étais là quand j'étais mal après avoir fait mon coming-out par inadvertance lors d'un cours de soins aux créatures magiques, tu étais là quand ça n'allait pas, entre Justin et moi, en début d'année, tu étais là pour arranger les choses, tu étais là quand j'étais en état de choc, à l'infirmerie, après le procès de mon père, et c'est toi qui, par le biais d'un transfert involontaire, as permis à ma magie qui était figée de circuler de nouveau dans mes veines… Et ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres.
Harry sourit.
- On n'a qu'à dire qu'on a été essentiels mutuellement l'un pour l'autre. Si je n'étais pas en sécurité au Square avec Sirius et Remus, je serais inquiet à l'idée d'être loin de toi cet été…
- Pareil pour moi, avoua Théo.
Sa gorge se serra d'un coup. Il venait de réaliser pleinement que pendant deux mois, il n'aurait plus Harry constamment près de lui. Il eut l'impression que l'on allait lui arracher un bout de lui-même. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Harry l'attira à lui et le serra dans ses bras. Un sentiment de plénitude s'empara de Théo de tout son être. Il était bien, là, dans cette étreinte protectrice…
- Ça va aller, lui murmura Harry.
Théo hocha la tête dans son cou. Harry se détacha de lui quelques minutes plus tard, provoquant un vide en lui. Mais cette désagréable sensation fut atténuée par son coeur qui s'était réchauffé.
- Je vais y aller, tu as rendez-vous avec Justin et moi, je vais essayer de croiser Ginny. Mais je ferai un saut dans ton compartiment dans le Poudlard Express. Si ça ne te gêne pas…
- Bien sûr que non ! Et ça ne gênera pas la personne avec qui je serai, que je sois avec Justin, avec Draco, avec Blaise ou avec Pansy…
- Oui, je m'en doute bien… Allez, à tout à l'heure.
Harry pressa le bras de Théo et s'en alla. Théo le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il soit hors de sa vue. Ce petit moment avec Harry lui avait fait du bien, même s'il avait failli se faire submerger par la tristesse. Mais ils n'allaient pas être séparés bien longtemps, puisqu'il irait au Square une fois par semaine pour ses séances de duel. Finalement, son trouble magique avait du bon. Il le privait de sa magie lorsqu'il était en proie à de trop fortes émotions, mais il allait se rattraper en offrant à Théo la possibilité de voir régulièrement Harry pendant les vacances. De plus, il aimait bien ces séances de pratique intense avec le professeur Black. C'étaient deux points positifs en faveur de son trouble, et Théo avait bien l'intention d'en profiter !
.
.
POV Severus
.
Les vacances étaient là. Enfin, elles le seraient à quatorze heures. Severus aurait néanmoins pu dire qu'il était déjà en vacances, mais ce n'était pas le cas. Car, à une heure du départ des élèves, son devoir de directeur de maison se rappelait à lui. Il l'avait assumé, pour l'avant-dernière fois, le matin-même, avec Pansy Parkinson, et il s'apprêtait à le faire pour la dernière fois de l'année avec Draco, qu'il avait convoqué dans ses appartements à treize heures. Il fut d'ailleurs interrompu dans ses activités par des coups frappés à la porte. Il alla ouvrir et tomba sans surprise sur Draco.
- Coucou ! Je n'ai rien compris à ton mot, déclara d'emblée Draco.
- C'est un peu normal, je t'y ai seulement prié de venir ici à treize heures…
- Oui, c'est pour ça que je n'ai rien compris.
Severus leva les yeux au ciel. Ça, c'était la logique imparable de Draco. Il l'emmena au salon où il l'invita à s'asseoir, ce que fit volontiers Draco. L'énergie qui émanait de lui contrastait terriblement avec la personne qu'il était un an plus tôt, presque jour pour jour. Et les mots qu'il prononça après s'être assis confirmèrent qu'il n'était pas du tout dans le même état d'esprit :
- Ça doit être très urgent, ce que tu as à me dire… Car bon, ce n'est pas comme si dans huit heures, on était à la maison, tranquilles et loin de tout…
À la maison. Le trente juin 1 995, la maison de Severus n'était encore pour Draco que sa maison de vacances, celle où il allait souvent quand il était enfant, puis tout aussi souvent durant les vacances depuis qu'il était à Poudlard, et qui était dès lors la sienne mais qu'il ne considérait pas comme telle à l'époque, l'abandon de ses parents étant trop récent. Là, il avait spontanément dit «à la maison», ce qui signifiait qu'il avait pleinement adopté la maison de Severus comme étant la sienne. C'était relativement troublant comme la situation de ce trente juin 1 996 et celle du trente juin 1 995 était à la fois la même et complètement différente. C'était le même jour, mais l'atmosphère et l'attitude de Draco n'étaient absolument pas les mêmes. Un an auparavant, Draco était un adolescent de quinze ans, dévasté et choqué, qui avait perdu tous ses repères, mais qui niait tout cela et qui s'était détaché de lui-même pour se protéger. Il était aux antipodes de celui qu'il était actuellement : un adolescent plein de vie, bien dans sa peau, heureux, et avec suffisamment d'insolence pour oser se moquer de son parrain. La thérapie qu'il avait eue y était pour beaucoup, mais c'était également dû à toutes les personnes qui l'aimaient et qui, à présent, comptaient énormément pour lui : ses meilleurs amis, ses nouveaux amis, et bien sûr, son petit-ami qu'il chérissait plus que tout. Draco allait bien, et c'était le plus beau constat aux yeux de Severus.
- C'est assez urgent, oui, car cela concerne tes fonctions de préfet lors du trajet de cet après-midi.
- Ah… Mais Pansy devrait être là, alors…
- Je me suis entretenu avec elle ce matin.
- Pourquoi ne pas nous avoir convoqués en même temps ? s'étonna Draco.
- Car, d'une, quand je suis allé dans la Grande Salle ce matin, tu étais déjà parti, il n'y avait que ton amie et collègue préfète qui y était, il n'y a donc qu'à elle que j'ai pu adresser un mot, et de deux, je souhaitais m'entretenir avec toi en privé. Bon, pour ce qui est du trajet en train, comme le premier septembre, tu auras ton propre compartiment réservé aux préfets, et tu iras chercher les instructions auprès du préfet-en-chef et de la préfète-en-chef. Tu feras des rondes avec Miss Granger, Miss Patil et Miss Roper tout au long du voyage, tu veilleras à ce que personne ne fasse de bêtises, que ce soit dans les compartiments ou dans le couloir, et au début et à la fin du voyage, avec les autres préfets, tu aideras les plus jeunes à hisser leurs valises en haut ou à les récupérer. S'il y a des problèmes qui ne relèvent pas de tes compétences, tu en référeras à un professeur qui sera dans le train. Est-ce que tout est clair ?
- Oui. Mais est-ce qu'il vaut mieux que j'en réfère au directeur de maison de l'élève avec qui il y a un problème, ou à mon directeur de maison, c'est-à-dire toi ?
- Ni l'un, ni l'autre, car tous les directeurs de maison ne seront pas dans le train. En fait, il n'y aura que le professeur Chourave. Et c'est de cela dont je voulais parler avec toi. Je n'ai pas pour habitude de regagner mes pénates via le Poudlard Express. Je l'ai fait l'année dernière car je tenais à garder un œil sur toi, car tu étais fragile et vulnérable, et je n'avais pas envie de te confier à qui que ce soit. C'était mon rôle d'être près de toi dans une période comme celle-là. Aujourd'hui, tu n'es plus dans le même état mental. De plus, l'année dernière, j'avais eu le temps de faire des allers-retours entre mes appartements et la maison, pour dépoussiérer et faire du rangement. Là, je n'ai pas pu, à cause de tout ce que j'avais à faire. Et ça m'ennuierait de t'accueillir dans un taudis… Mais si tu as besoin que je sois là, dis-le-moi, je ferai le voyage en train, il n'y a pas de soucis.
Draco secoua la tête.
- Non, ça ira. Comme tu l'as dit, je vais mieux, je ne suis plus traumatisé comme je l'étais il y a un an, et si ça ne va pas, un ou une de mes collègues s'en apercevra et en informera un professeur qui t'informera à son tour via un Patronus. Mais du coup… tu seras sur le quai, quand je descendrai du Poudlard Express ?
- Oui, sinon, ça va être un peu compliqué pour toi de faire le chemin jusqu'à la maison… Je sais que ce sont généralement les parents qui attendent leurs enfants sur le quai, donc si ça te dérange que je le fasse, je…
- Non, au contraire ! Ça me fera plaisir. J'aurai l'impression d'être comme tous mes camarades… Et après tout, c'est toi qui fais office de parent, maintenant. C'est logique que tu fasses tout ce que mes parents faisaient… Tu fais même plus qu'eux. Ce qui ne me gêne pas du tout. Je serais ingrat de me plaindre d'avoir de l'amour et de l'attention… Certes, il y a eu des tensions, cette année, entre nous, mais dans quelle famille n'y en a-t-il pas ? On a su les surmonter, et c'est le plus important.
Severus sourit, touché par les mots de Draco.
- Tu as raison. As-tu des questions ?
- Non, pas à ce que je sache. Ah si, mais c'est plus de la curiosité qu'autre chose. À King's Cross, tu seras avec Sirius et Remus ?
- Oui, sûrement.
- Ça va faire bizarre à Harry aussi… Ce sera la première fois qu'il sera accueilli par son parrain à la gare… L'été dernier, Sirius avait sa garde, mais Harry a dû aller un ou deux jours chez son oncle et sa tante pour récupérer ses dernières affaires avant d'aller au Square… Là, il ira directement.
- Oui, et ça ne lui fera pas bizarre bien longtemps, la joie prendra vite le dessus…
- Pas faux. Ah, tout compte fait, j'ai une question, à propos du trajet… Est-ce que je dois être dans le compartiment des préfets durant tout le voyage ?
- Non, vous vous relaierez, mais il y aura une liste qui sera affichée dans le wagon. Tant qu'il y a au moins trois préfets en permanence dans le compartiment, que ce soient trois préfets ou deux préfets et un préfet-en-chef, c'est le principal.
- D'accord, c'est une bonne idée, le roulement.
- C'est ce qu'il y a de plus équitable, oui. D'autres questions ?
- Non, c'est tout.
- Bien, dans ce cas, je vais te libérer. Mais avant ça, je présume que ce n'est pas la peine que j'aille assister au départ du train ?
- Pour que tu me fasses des signes de la main quand il s'ébranlera ? Non, ce ne sera pas nécessaire, en effet, confirma Draco avec humour. Bon, j'y vais, à ce soir à la maison.
Severus raccompagna Draco jusqu'à la porte, puis il retourna au salon où il s'assura une bonne fois pour toutes de ne rien avoir oublié. Il commença par son matériel de professeur : plumes, encriers, livres, parchemins, copies d'examens, listes d'élèves… Puis il vérifia son matériel de potionniste : fioles, boîtes à ingrédients, chaudrons, mortier, pilon, balance… Et enfin, il termina par son matériel de médicomage et psychomage : potions, baumes, lotions, compresses, ustensiles de soins, dossiers de patients… Il s'avéra que rien ne manquait. Il s'apprêtait à refermer sa valise quand de nouveaux coups furent frappés à la porte. Il alla à la rencontre de son visiteur, ou plutôt de ses visiteurs, car il s'agissait de Sirius et de Remus. Sirius avait l'air abattu, ce qui intrigua Severus. Il les conduisit au salon où ils s'installèrent.
- Tu étais occupé ? s'enquit Remus.
- Non, j'ai fini à l'instant de boucler ma valise. Mais ça va, vous ? Tu fais une drôle de tête, Sirius…
- Harry a refusé que j'aille à la gare de Pré-au-Lard…
- Il n'a pas dit ça, rectifia Remus.
- C'était tout comme ! Il m'a bien fait sentir qu'il préférait que je ne sois pas là !
- Non, ce qu'il a essayé de te dire, c'est que tu pouvais y aller si tu y tenais, mais qu'il serait mal à l'aise vis-à-vis des autres.
- Oui bah voilà, il a honte de moi !
- Mais non, soupira Remus.
Il leva les yeux vers Severus, l'implorant silencieusement du regard de prendre le relais. Severus se douta que s'ils étaient là, c'était de l'initiative de Remus, qui avait dû tenter de consoler Sirius sans y parvenir, et qui avait songé que Severus serait le plus à même d'y arriver…
- Sirius, ce n'est pas contre toi, intervint-il. Mets-toi à sa place, il aurait été le seul à avoir un parent à la gare, ce qui l'aurait une fois de plus distingué des autres… Et tu sais aussi bien que moi qu'un de ses plus grands désirs, c'est d'être un adolescent comme les autres… Et il a certainement eu peur que ce soit trop dur pour toi. Et cette crainte aurait été plus que légitime. Ça va être la première fois depuis un an qu'il va être loin de toi pendant sept ou huit heures. Et tu avais envisagé de le voir s'en aller… Ça n'aurait pas été trop violent, pour toi ?
Sirius grimaça.
- Si, peut-être… Il vaut mieux que je n'y aille pas, alors. Tu iras, toi ?
- Non, j'ai posé la question à Draco il y a même pas vingt minutes, et il est comme Harry. Sauf que lui, c'est uniquement parce qu'il estime être trop grand pour que je vienne avec lui à la gare et que je lui fasse des coucous quand il sera dans le train… Nos filleuls sont de grands garçons, Sirius. Ils ont davantage l'âge d'être avec leurs amis qu'avec leurs parrains…
- Oui, c'est vrai… J'ai été bête, j'ai cru que Harry avait honte de moi…
- Ce n'est pas bête, c'est humain. Tu n'es ni le premier, ni le dernier parent à avoir cette réaction. Tu as été relativement épargné jusque-là par les joies de l'adolescence avec Harry. Eh bien là, tu es en plein dedans. Mais tu vas t'y faire. Tu as tout l'été pour ça, indiqua Severus, non sans une pointe de malice.
- C'est moi ou tu te fiches de moi ? s'indigna Sirius.
- Nooooon, je n'oserais pas… Bon, blague à part, c'est une bonne chose que vous soyez là. Car on ne s'est pas organisés pour les séances de Harry…
- Ah oui, oups… Ce n'est pourtant pas faute d'avoir évoqué plusieurs fois le sujet ! Mais à chaque fois, on se disait qu'on avait le temps, et on repoussait… Résultat, on s'en va dans une demie-heure et ce n'est pas réglé. Et après, on reproche aux élèves de procrastiner avec leurs devoirs ! Ah là là… Bon, on t'écoute. Que proposes-tu ?
- Avant toute chose, je précise qu'on s'approche de la fin de la thérapie et que par conséquent, il n'y aura probablement pas de séances pendant toutes les vacances. Harry va beaucoup mieux, ce serait inutile de lui en imposer durant tout l'été. Pour moi, trois ou quatre séances supplémentaires seront suffisantes, avec un rythme d'une séance par semaine, le samedi, de quatorze heures à seize heures, à compter de la semaine prochaine. S'il faut en annuler une, faites-le-moi savoir par Patronus et on reportera cette séance à une date ultérieure. Mais si c'est pour la dernière séance, elle sera reportée à la mi-août car du premier au dix août, je ne serai pas disponible.
- Ce n'est pas grave, tu as le droit de t'octroyer de vraies vacances…
- Oui, mais pas un mot à Harry, sinon il risque de le dire à Draco, et pour le moment, c'est un secret.
- Ooooh, tu fais des cachotteries à ton filleul ?
- Je serais stupide de lui dévoiler ce qui est censé être une surprise…
- Ah oui, pas faux. Mais on ne dira rien à Harry, c'est promis.
- Merci. Pour en revenir aux séances, Harry viendra chez moi par voie de cheminée. S'il le veut, et si vous êtes d'accord, il pourra dîner à la maison. Comme ça, Harry et Draco auront l'occasion tous les samedis de passer du temps ensemble.
- Ça leur ferait plaisir, c'est sûr, renchérit Remus. Sirius, ça t'irait ?
- Oui, ce n'est pas un après-midi et un soir par semaine sans lui qui nous empêchera de profiter des vacances avec lui ! On ne va pas le cloîtrer au Square… Ça va lui faire du bien, de changer d'air.
- Ce sont de très sages paroles ! S'il rentre à vingt-et-une heures, ça vous va ?
- Oui, c'est parfait.
- Et puis comme ça, cela vous fera une soirée hebdomadaire en amoureux, fit remarquer Severus.
- Ah, ce n'est donc pas que pour Harry et Draco, si tu offres l'hospitalité à Harry tous les samedis, comprit Sirius.
- C'est à la fois pour eux et pour vous. Ok, en-dehors des cours et de vos rondes, vous êtes en tête-à-tête tous les matins, tous les soirs, et toutes les nuits depuis dix mois, mais ce n'est pas pareil dans vos appartements de Poudlard qu'au Square…
- C'est clair, admit Sirius. C'est gentil de ta part, en tout cas. Mais ce serait bien que tu puisses avoir toi aussi du temps pour Tonks et toi…
- Eh bien, on en aura lors des deux dernières semaines d'août, quand Draco sera au Square, si c'est toujours d'actualité…
- Ça l'est, mais est-ce que ça coïncidera avec les congés de Tonks ?
- Elle demandera une semaine au chef des Aurors. Elle préfère ne pas en demander deux, au cas où ça lui serait nécessaire d'ici la fin de l'année… Et même quand elle travaillera, ce sera le rêve de se retrouver le soir…
- Oh ça oui… Tu lui feras de bons petits plats, car il paraît que tu es très bon cuisinier… Du moins, si on se fie aux goûts de Harry. Car il a pu y goûter, à tes plats, quand il était en convalescence chez toi…
- Je me débrouille, dit modestement Severus. La cuisine et les potions, ce n'est pas très différent.
- Donc tu te débrouilles plus que bien ! Il faut qu'on se fasse un avis sur tes talents culinaires, avec Remus.
- Si tu souhaites à tout prix me juger là-dessus, je vous inviterai un midi, avec Harry.
- Pourquoi pas quand Tonks sera là ? Ça nous permettra d'avoir un repas tous ensemble ! Ce qui ne serait pas idiot, du fait des liens qui unissent nos deux familles… Harry et Draco sont en couple, et Tonks et moi sommes de la même famille… Et puis bon, Tonks est quand-même ma cousine, et ça fait presque un an que je ne l'ai pas vue ! Alors que toi, tu as pu la voir pas mal de fois…
- Tu es jaloux ? se moqua Severus.
Sirius lui tira la langue pour toute réponse.
- Vous êtes de vrais gamins, déclara Remus, amusé, mais feignant l'exaspération. Mais pour Harry et Draco, ce serait cool s'ils avaient la possibilité de se voir vers la vingtaine de juillet, en plus de la fin des vacances… Sinon, ça va être long pour eux.
- C'est ce que je m'étais dit, approuva Severus. Et pour le mois de juillet, c'est moi qui accueillerais Harry, c'est ça ?
- Si ça ne te dérange pas, oui.
- Moi, je veux bien, mais lui… Est-ce qu'il sera à l'aise ?
- Peut-être pas au début, mais il s'y fera. Et il sera plus gêné par le fait d'être autre part que chez lui que par le fait d'être chez toi… Désolé pour toi, mais le temps où tu lui faisais peur est révolu.
- Pfff, t'es bête… Et pour les chambres ? On fait comment ? Chambre à part ? Ou on les autorise à dormir ensemble ?
- Ah, j'en parlais justement avec Harry hier, rebondit Remus. Quand Draco sera au Square, Harry et lui appliqueront le même règlement qu'à Poudlard : trois nuits par semaine maximum dans le même lit, afin qu'ils ne s'y habituent pas trop. Quand Harry sera chez toi, tu seras libre de fixer tes propres règles, car c'est toi qui seras responsable d'eux, mais ce serait mieux qu'on leur fasse respecter les mêmes consignes…
- Oui, et les tiennes me vont très bien. Ça te va aussi, Sirius ?
- Oui, Remus et moi en avons discuté, et j'ai de suite adhéré à ces règles.
- Bien, je crois que nous avons tout traité pour ce qui est des vacances. Merlin que c'est compliqué d'élever un adolescent…
- Mais avoue que tu aimes ça, le taquina Sirius.
- Je serais un monstre de prétendre le contexte… Et je ne serais pas digne d'être parrain. Et ce serait faux. Je n'étais pas préparé à être le tuteur de Draco, ce n'est pas toujours facile, mais c'est un pur bonheur de l'avoir sous mon toit.
- C'est exactement la même chose pour moi avec Harry… Il y en a eu, des obstacles, mais jamais je ne regretterai de m'être battu pour avoir sa garde. Même quand il refuse que j'aille à la gare de Pré-au-Lard avec lui…
Severus et Remus levèrent les yeux au ciel.
- C'est bon, je plaisante ! D'ailleurs, les élèves vont bientôt s'en aller…
- Oui, et nous sommes supposés faire de même, rappela Severus.
- Oui, mais on n'est pas obligés de déserter Poudlard à quatorze heures ? C'est l'heure de départ des élèves, mais pas la nôtre…
Severus et Remus se jetèrent un coup d'oeil. Sirius n'avait pas tort…
- Ce n'est pas stipulé dans le règlement que les professeurs doivent absolument avoir plié bagages à quatorze heures, effectivement, appuya Remus. Et nous sommes bien, dans ce salon.
- Oui, et avec un thé, ce serait bien mieux ! ajouta Severus.
- Tu m'ôtes les mots de la bouche ! Savourons notre dernier thé de l'année scolaire à Poudlard…
Ce fut sur ces mots de Sirius que Severus alla faire du thé dans sa cuisine. Il revint au bout de cinq minutes avec un plateau contenant une théière, trois tasses et une soucoupe pleine de petits gâteaux. Severus disposa le tout sur la table et se rassit.
- Il est loin le temps où notre seule façon de communiquer, c'était les insultes, songea Sirius. Avant, on ne faisait que ça, et là, on papote tranquillement en buvant le thé au lieu de rentrer chacun chez soi comme le font actuellement tous nos collègues…
- Oui, notre relation a tellement évolué en dix mois, c'en est vertigineux…
- Si on me l'avait dit il y a un an, je n'y aurais pas cru, confessa Sirius. Mais j'aurais aimé que ça se fasse dans d'autres circonstances qui n'auraient pas impliqué un viol et une intoxication aux potions de sommeil sans rêves… Mais bon, je me dis que sans ça, tu n'aurais pas découvert ce qui torturait tant Harry, qu'il souffrirait peut-être encore aujourd'hui, ou qu'il aurait fini par faire une bêtise…
- Le problème, c'est qu'il s'est mis avec un garçon qui lui-même n'allait pas bien, et qui se droguait à cause d'un traumatisme qu'il a tu et qui devait hanter jour après jour son esprit…
- Tu sais de quel traumatisme il s'agit ?
- Non, mais j'y ai réfléchi, et j'ai une piste qui tient la route. Pucey était très possessif envers Harry, n'est-ce pas ?
- Oui, je me souviens d'un jour où je les ai entendus se disputer devant ma salle de classe, après le cours avec les cinquième année. J'ai ouvert la porte et j'ai vu Pucey qui retenait de force Harry par le poignet… J'ai incité Pucey à le lâcher, il est parti, j'ai observé le poignet de Harry, et Pucey avait serré si fort qu'il y avait une marque… Cette possessivité ne serait pas anodine, d'après toi ?
- Ça l'est rarement. Et là, pour moi, ce serait issu de son traumatisme. Ce comportement associé au fait que Pucey avait la réputation d'enchaîner les relations avant de sortir avec Harry, ça m'a amené à l'hypothèse qu'il a perdu de manière tragique un ancien de ses petits-amis… Et qu'il y a assisté.
Les mots de Severus furent suivis d'un léger silence.
- Comme Harry avec Cédric ? murmura Sirius après quelques minutes.
- Oui, et ça ne m'étonnerait pas que Pucey ait également vu son ex petit-ami se faire tuer, et si c'est bien cela, même si ça n'excuse rien, cela expliquerait pourquoi il s'est réfugié dans les potions… Et ce qui est sûr, c'est que s'il a vécu un tel drame, il n'aurait pas eu le même soutien que celui qu'a eu Harry. J'ai régulièrement des nouvelles de Pucey par les médicomages de Sainte-Mangouste, et j'ai appris récemment que les parents de Pucey avaient coupé les ponts avec lui quand ils ont su ce qu'il avait fait. Du coup, même s'il est aujourd'hui apte à quitter Sainte-Mangouste, il ne peut pas, car il n'a nulle part où aller. Et les conditions pour qu'il puisse s'en aller, c'est qu'il continue ses séances avec son addictomage, qu'il ait accepté de consulter une autre psychomage, et qu'il ait un toit. Deux de ces conditions sont remplies, pas la troisième. Du moins, elle ne l'était pas quand j'ai reçu il y a une semaine la dernière lettre de Sainte-Mangouste.
- Mais c'est horrible… J'espère que tu te trompes.
- Je l'espère aussi. Mais tout collerait…
- Oui, et en tant que psychomage, tu as le don d'analyser l'état mental des gens… On verra bien, si tant est qu'un jour, on sache la vérité, conclut Sirius. Bon, tu as été vague tout à l'heure, mais cette surprise que tu vas faire à Draco, c'est quoi ?
- Ce que tu peux être curieux, Sirius, soupira Remus.
- Ose dire que tu n'as pas envie de savoir…
Remus rougit. Severus se retint de secouer la tête. Ce n'étaient pas des amis qu'il avait, mais deux vraies pies ! Ils faisaient bien la paire… Mais il n'en fallut pas plus pour qu'il leur révèle tout. Son projet provoqua un grand enthousiasme chez ses deux amis. Ils furent unanimes : cela allait plaire à Draco. Severus n'en avait pas douté une seule seconde, mais il fut ravi de l'engouement du couple. Ils dérivèrent ensuite sur ce qu'avaient prévu Sirius et Remus pour l'anniversaire de Harry. Un sujet en entraînant un autre, la conversation se prolongea et ce ne fut qu'à seize heures trente que Sirius et Remus décrétèrent qu'il était temps pour eux de regagner le Square. Ils prirent congé de Severus après l'avoir remercié pour l'après-midi qu'ils avaient eu, et Severus ne tarda pas à imiter ses deux collègues et amis. Il allait tourner la page de cette année mouvementée à Poudlard, et profiter de ces vacances qui s'annonçaient heureuses et radieuses…
.
.
POV général
.
Ce fut réunie au complet que la bande se rendit à la gare de Pré-au-Lard. Avant de se mettre en route, ils avaient longuement contemplé le château, comme bon nombre de leurs camarades, afin d'imprimer son image dans leur mémoire, même si, pour la majorité des élèves, ils en franchiraient de nouveau les portes après les vacances. L'émotion avait été palpable, les coeurs s'étaient serrés, et cela avait été d'autant plus dur pour les septième année qui, pour leur part, ne seraient pas de retour à Poudlard à la rentrée.
Le train était là depuis une dizaine de minutes quand les quelque soixante-dix élèves parvinrent à la gare. Une fois à l'intérieur, Draco s'adressa à Harry :
- Je viendrai dans ton compartiment dès que je serai dispo, même si ce n'est que pour une heure.
Harry hocha la tête. Draco le regarda s'éloigner, puis il rejoignit Cassius et Tess, les préfets-en-chef, ainsi que ses collègues préfets. Il était le dernier, mais il n'était pas en retard.
- Bonjour à toutes et à tous, les salua Cassius. Et merci d'être là, même si vous n'aviez pas vraiment le choix. Durant ce trajet, vous allez être plus sollicités que lors de celui du premier septembre, car à l'époque, vous n'étiez que de tout jeunes préfets sans expérience. Là, vous êtes bien plus aguerris et vous allez donc avoir plus de choses à faire. Vos directeurs de maison ont dû vous dire quoi, mais je vais le répéter : vous allez surveiller les compartiments et le couloir, aider les jeunes élèves à hisser leurs valises dans le filet à bagages, et régler les éventuels problèmes, comme vous l'avez fait toute l'année à Poudlard. Il y aura des rondes toutes les heures, avec deux préfets à chaque fois. Il faudra qu'il y ait en permanence au moins trois préfets dans le compartiment des préfets. Pourquoi autant de préfets, alors qu'il y en aura déjà deux qui seront de ronde ? Eh bien parce que s'il y a un préfet – ou deux en fonction du degré de la situation – qui sont réquisitionnés par un élève car il y a un souci et qu'il ne trouve pas les préfets de ronde car ils sont dans un compartiment, il vaut mieux qu'il y ait un préfet qui reste dans le wagon des préfets… Pour éviter de décider à la dernière minute qui sera de ronde et qui sera dans le compartiment des préfets, Tess et moi avons rédigé deux listes, une pour chaque rôle, avec les huit tranches horaires. Elles seront affichées sur la porte du wagon des préfets, mais nous avons préparé une liste propre à chacun de vous. Comme ça, vous aurez votre emploi du temps sur vous, et ceux qu'il y aura dans le wagon seront utiles pour que vous sachiez avec qui vous ferez vos rondes, ou avec qui vous serez dans le wagon. Est-ce que tout est clair ? Oui ? Bien, Tess va vous expliquer plus en détails en quoi consisteront les rondes, et quels genres de problèmes vous serez en mesure de traiter. Et elle vous fera aussi part d'une mission un peu spéciale. À toi, Tess.
La préfète-en-chef prit la parole :
- Les rondes seront similaires à celles que vous faisiez à Poudlard, à ceci près que vous ne ferez pas de rapports, sauf si un élève commet une très grosse bêtise… Mais dans le train, c'est très rare. S'il y a trop de chahut dans un compartiment, vous direz aux élèves de baisser le volume et d'être plus calmes. Si quelqu'un ne se sent pas bien, vous en aviserez Mrs Pomfrey qui sera à l'avant du train, juste derrière le wagon des préfets. S'il y a des élèves qui sont agités ou qui sont au contraire atones car ils s'ennuient, occupez-les. Dans notre wagon, il y a plein de jeux magiques et moldus, plein de livres, plein de carnets à dessins… Il y aura forcément leur bonheur. S'il y a de jeunes élèves qui ne peuvent pas dormir à cause du bruit, insonorisez leur compartiment, mais uniquement de sorte à ce qu'ils n'entendent pas ce qu'i l'extérieur, afin que nous, préfets, puissions les entendre s'il y a un problème. S'il y a un danger et qu'on doit leur faire parvenir des consignes, ils les auront car on annulera tous les enchantements qui auront pu être lancés. En ce qui concerne les éventuels soucis, c'est simple : ne vous chargez que de ceux que vous vous estimez aptes à résoudre. Les autres, vous les confierez aux professeurs. Est-ce qu'il y a des questions sur les points que j'ai évoqués ? Non ? Super. J'ai une requête à vous faire et ensuite, je vous donnerai vos plannings. Cassius et moi ferons également des rondes toutes les deux ou trois heures, et quand nous ne serons pas de ronde, Cassius sera soit dans le compartiment des préfets, avec vous, soit avec ses amis, et moi, je serai avec Lisa Turpin, qui, pour des raisons que je n'ébruiterai pas, a besoin de protection. Lorsque je ne serai pas avec elle, j'aimerais que l'un de vous me remplace. J'ai indiqué sur vos feuilles les horaires de nos trois rondes, à Cassius et à moi. Cela concerne les créneaux de quatorze à quinze heures, de dix-sept heures trente à dix-huit heures trente et de vingt-et-une heures à vingt-deux heures.
- Je veux bien être sur le premier, déclara Pansy. Je ne serai ni de ronde, ni dans le wagon.
- De dix-sept heures trente à dix-huit heures trente, je serai libre, et comme Hermione sera de ronde de dix-sept heures à dix-huit heures, je n'aurai pas à sacrifier une heure avec elle, souligna Terry.
- Et tes amis ? Ils puent ? s'amusa Cassius.
- Oh, mais j'ai pensé à eux ! Je serai avec eux au tout début et à la toute fin du trajet.
- Très bonne organisation. Bon, et pour le dernier créneau ? Qui se dévoue ?
- Moi, annonça Sophie. Je serai dispo.
- Moi aussi, ajouta Ron.
- Lisa sera plus à l'aise avec une fille, opposa Pansy.
- Dis tout de suite que je suis un rustre ! Et puis Terry est bien un garçon, et tu ne lui as rien dit…
- Parce que Lisa le connaît bien, lui !
- Hé, ne vous battez pas, tempéra Cassius. Ce n'est pas contre toi, Ron, mais ce sera effectivement mieux pour Lisa que Sophie soit avec elle. Mais c'est gentil de t'être proposé. Tout est ok, Tess ?
- Oui, vous pouvez disposer.
Les préfets ne se firent pas prier et se dispersèrent dans la seconde. Tandis que Cassius, Tess, Draco et Padma allèrent faire leur ronde, Ron, Sophie et Wayne se dirigèrent vers le wagon des préfets, et Pansy vers celui de Lisa. Il n'y eut que Terry et Hermione qui n'eurent rien à faire ! Ils auraient pu profiter d'une petite heure en amoureux, mais ils avaient réservé celle-ci à leurs amis respectifs. De plus, ils seraient dans le compartiment des préfets l'heure suivante, et ils seraient de ronde ensemble de vingt heures à vingt-et-une heures. Ils allaient beaucoup bouger, mais au moins, ils n'allaient pas s'ennuyer !
.
Le voyage se fit sans encombres. À quinze heures, Draco alla dans le wagon de Harry qu'il avait repéré lors de sa ronde. Harry était avec Théo et Ginny qui les laissèrent pour aller voir leurs petits-amis. Draco s'installa à côté de Harry qui se coucha aussitôt sur la banquette en se servant des jambes de Draco comme oreiller.
- Tu es fatigué ? s'enquit Draco.
- Non, mais je suis mieux ainsi. J'ai été bête d'insister, ce matin…
- Oui, mais je te l'ai dit : tu aurais été frustré, sinon, et ça n'aurait pas été mieux. Mais tu sais, Ron et Sophie, qui sont actuellement de ronde, sont au courant qu'il y a un préfet avec toi, ils n'iront pas s'assurer si tout va bien dans ce compartiment… Donc si je verrouille la porte avec un Collaporta, ils ne l'ouvriront pas de force. On sera peinards et personne ne nous dérangera pendant les soins…
- Mais tu ne vas pas me soigner ici ! s'exclama Harry. En-dehors des préfets, n'importe quel élève maîtrisant l'anti-sort du Collaporta pourrait débarquer ! Je préfère de loin être allongé durant tout le trajet…
- Mais pourquoi tu ne l'as pas fait quand Ginny et Théo étaient là ?
Harry fit les gros yeux à Draco.
- Parce que ça aurait inquiété Théo qui aurait été à mille lieues de la vérité, et parce que j'aurais été trop gêné face à Ginny qui, elle, aurait tout compris ! Si on avait été seuls, je ne dis pas, mais là, il y avait Théo qui, lui, n'aurait rien capté et qui se serait fait des films… Il aurait fallu que je lui fasse un exposé sur les relations intimes entre garçons, et ce n'était ni l'endroit, ni le moment pour ça.
- Ah bah tiens, j'en parlais avec Justin ce matin… Car Blaise a failli traumatiser Théo, lors du petit-déjeuner. Pour ne pas que ce genre de scène se reproduise, j'ai demandé à Justin, que j'ai croisé, de tout dire à Théo quand il en aura l'occasion.
- Bonne idée. Bon, et ta ronde ? Ça a été ?
- Oh oui, il n'y a rien eu à signaler. Padma et moi avons surtout aidé les petits à mettre leurs valises en haut. Sinon, ma deuxième ronde est à dix-huit heures, et à partir de dix-sept heures, je serai dans le wagon des préfets une heure sur deux : de dix-sept heures à dix-huit heures, de dix-neuf heures à vingt heures et de vingt-et-une heures à vingt-deux heures.
- Ah ouais, sacré programme…
- Oui, mais je n'ai rien jusqu'à dix-sept heures, ce qui signifie que nous avons deux heures rien que pour nous…
- Oui, et ça, c'est top.
Draco sourit et courba le dos pour embrasser Harry. Il se mit ensuite à lui caresser les cheveux alors qu'ils discutaient de tout et de rien. Ils étaient tranquilles et détendus, et ces deux heures furent pour eux un pur délice…
.
La ronde de seize heures fut effectuée par Terry et Pansy. Ils étaient ravis d'avoir été mis sur le même créneau : ils adoraient patrouiller en compagnie l'un de l'autre.
- Hâte de jouer avec ta nièce ? supposa Pansy en longeant les premiers wagons des professeurs.
- Oh oui… Mais j'aurais aimé la rencontrer quand elle était tout bébé. Elle a presque quatre mois, à l'heure qu'il est, et un bébé, ça grandit vite… Toi, tu vas avoir cette chance, avec ton petit frère. Et tu seras stupéfaite de constater combien il aura grandi à la fin de l'été…
- Je ne veux pas y songer, soupira Pansy. Ça va être si dur de le laisser… Après avoir été deux mois avec lui, il va tellement me manquer quand je serai à Poudlard… Il n'est même pas né que je l'aime comme s'il était mon propre enfant… Je vais trop avoir envie de l'embarquer avec moi à Poudlard !
Terry éclata de rire.
- Il sera un brin trop jeune pour assister aux cours !
- Il va y avoir une pouponnière, pour le bébé de Lisa. Eh bah mon petit frère n'aura qu'à y aller, lui aussi !
- Pas sûr que tu obtiennes gain de cause…
- Non, que ce soient mes parents, Mrs Pomfrey ou Dumbledore, ils vont tous refuser… Mais c'était pour plaisanter. Mon petit frère sera bien mieux avec mes parents. Hé, je n'avais pas fait le lien plus tôt, mais ça veut dire que ta nièce et lui vont être dans la même promotion à Poudlard ?
- Ah oui, je n'avais pas tilté non plus… Ce serait drôle qu'ils tombent amoureux.
- Et qu'ils se marient et qu'ils aient des enfants… Au moins, si on se sera perdus de vue d'ici là, on sera certains de se retrouver à leur mariage !
- Ça, c'est clair ! Mais on ne se sera pas perdus de vue, la bande ne va pas se disloquer comme ça ! Même si, évidemment, nos chemins vont se séparer après Poudlard… Mais on restera en contact. Et on se verra lors des mariages des uns et des autres !
- Ouh là, ne compte pas trop là-dessus, prévint Pansy. À mon avis, nous serons tous plus intéressés par le fait d'avoir des enfants que par le fait de se marier…
- Bon bah on se verra sur le quai de la gare King's Cross, quand notre progéniture ira à Poudlard…
- Mais non, on se sera revus bien avant ça ! En tout cas, j'espère que j'aurai fait la connaissance de ta nièce avant d'emmener mon premier enfant à la gare pour sa première rentrée à Poudlard !
- Et moi, j'espère que j'aurai fait la connaissance de ton petit frère ! Car ils seront probablement en sixième ou septième année à Poudlard quand notre premier enfant sera en première année… Sauf si on a du mal à l'avoir.
- Que Merlin m'en préserve, je veux avoir plein d'enfants, moi ! protesta Pansy.
- Ron le sait ? la taquina Terry.
- Oui, je ne le lui ai pas caché. Il n'est pas très chaud pour l'instant, mais on a le temps. Les enfants, ce sera après Poudlard ! Quoi qu'il en soit, si j'ai plusieurs enfants, je ferai en sorte qu'il n'y ait pas trop d'écart entre eux.
- Oui, ne fais pas comme mes parents… Bon, eux, pour le coup, ont galéré à m'avoir. Enfin, ils ont mis quatre ans, ce qui est peu comparé à d'autres couples…
- Mais ça ne t'a pas empêché d'être proche de ta sœur ?
- Non, pas du tout. On est très proches, elle et moi. Elle a huit ans de plus que moi mais on est très fusionnels. Mais même si je suis bien plus jeune qu'elle, aujourd'hui, elle ne me traite plus comme un petit garçon. Elle me considère même quasiment comme à son égal… Ça, c'est grâce à mon côté Serdaigle. Ça me permet d'avoir des conversations sur tous les sujets avec elle. Elle ne va pas être étonnée quand je vais lui dire qu'après mûre réflexion, je me destine à être Auror…
- Votre relation a vraiment l'air super… Et son petit-ami ? Tu t'entends bien, avec lui ?
- Oh oui, c'est hyper fluide, entre nous ! C'est l'un des êtres les plus gentils de la Terre. Ma sœur et lui forment un très beau couple. Et il est complètement gaga de sa fille.
- Il s'appelle comment ?
- Miguel. Il a des origines italiennes, mais il est né en Irlande.
- Qui a une famille cent pour cent britannique, franchement ?
- Très peu de monde, renchérit Terry. Et c'est une bonne chose. Quand les enfants ont des parents de diverses origines, et que ces parents y sont attachés, les enfants ont accès à d'autres cultures, et par extension, à une vision plus large du monde.
- Entièrement d'accord. Et ta sœur, c'est Judith, je crois ?
- Oui, c'est ça.
- Et ils font quoi, comme métier ? Désolée, je suis curieuse, mais ça fait six mois qu'on est amis et je ne sais rien de ta famille !
- T'inquiète, ça ne me gêne absolument pas. Judith est vétérimage et Miguel est avocamage.
- Oh mais c'est le métier que tu avais l'intention de faire, à la base… Ce n'est pas ton beau-frère qui t'a influencé, par hasard ?
- Ça a dû jouer, oui.
Terry réalisa soudain quelque chose.
- Mais je vais être en concurrence avec lui ! s'écria-t-il. Je vais arrêter des malfrats qui vont aller à Azkaban, et Miguel, lui, va les défendre…
- Oh là là, il va y avoir de ces conflits, lors des repas de famille…
- Ah bah t'es douée pour rassurer les gens, toi…
- L'hypocrisie et les faux semblants, c'est pas mon truc, affirma Pansy. Non mais plus sérieusement, vous serez bien assez intelligents et matures pour discerner le professionnel du personnel… Et dis- toi que ça aurait été pire si vous aviez été tous deux avocamages… Car vous auriez pu être dans une situation où vous auriez été sur le même dossier, et où l'un d'entre vous aurait défendu l'accusé, et l'autre la partie civile…
- Quelle horreur, s'offusqua Terry. Ça fait relativiser, tout à coup… Bon, c'est cool, on n'a disputé personne depuis le début de notre ronde…
- Oui, ils sont tous en train de papoter, de lire ou de jouer dans leurs compartiments… Mais ce n'est que la troisième heure de trajet. Quand on sera à la cinquième ou sixième heure, ça risque d'être une autre histoire…
Terry approuva les paroles de Pansy. Ils continuèrent leur ronde qu'ils terminèrent une demie-heure plus tard. Ils allèrent chacun vers un wagon : celui d'Anthony et de Michaël pour Terry, Hermione étant de ronde de dix-sept heures à dix-huit heures, et celui de Ron pour Pansy.
- Hey, fit-elle en refermant la porte coulissante derrière elle.
Ron leva la tête et lui offrit un doux sourire. Pansy s'assit sur ses genoux et l'embrassa tendrement. Ron répondit volontiers à son baiser en posant ses mains sur ses hanches et en l'attirant tout contre lui. Pansy exhala un soupir de bien-être dans la bouche de Ron. C'était si bon d'avoir son petit-ami partout sur elle, que ce fût sur ses lèvres ou à travers des vêtements… Elle l'aimait tant… Mais pour lui comme pour elle, ce n'était pas suffisant, si bien que Pansy croisa ses jambes autour de la taille de Ron afin d'être au plus près de lui. Elle avait bien conscience qu'ils n'auraient dû s'en tenir qu'à un simple baiser, et la suite le lui prouva. Ils se firent entraîner par le désir et la passion, leurs mains se faisant plus inquisitrices, et avant que les choses n'aillent trop loin, Pansy lança un Collaporta sur la porte et insonorisa le wagon. Elle put ainsi explorer à sa guise le torse de Ron en lui enlevant sa robe de sorcier et en déboutonnant sa chemise. Mais à peine se fut-elle attaquée à celle-ci que Ron lui attrapa les poignets.
- Attends, si un préfet entre, on va se faire tancer…
- Oui mais il y a justement deux préfets ici, et on se fiche la paix entre préfets, c'est la règle, rappela Pansy.
- Mais je dois être dans le wagon des préfets dans une heure…
- Ce n'est pas un souci. On peut directement aller à l'essentiel… Car si je me fie à ce qu'il y a sous mes fesses, ce qu'on fait depuis dix minutes t'a assez excité pour te faire réagir…
- Ça fait trop longtemps qu'on n'a rien fait, se justifia Ron.
- Mais ce n'était pas un reproche, au contraire… Tu veux bien que je te soulage ?
- Si tu ne le fais pas, je le ferai moi-même…
- Ce sera meilleur si c'est moi qui le fais.
- Vantarde…
Comme pour appuyer ses dires, Pansy défit le pantalon de Ron et faufila une main dans le caleçon tendu. Elle empoigna le membre tendu et y appliqua de lents va-et-vient, provoquant un râle à Ron.
- Bon sang, faire ça dans un wagon du Poudlard Express…
- Je ne le ferai pas si je n'étais pas sûre de ne pas me faire prendre. Ce n'est même pas un fantasme, c'est juste que j'ai envie de te faire du bien…
- Et tu fais ça divinement bien…
Engaillardie par ce compliment, Pansy intensifia le rythme des mouvements de sa main, égarant de temps à autre son pouce sur le gland sensible, ce que paraissait apprécier tout particulièrement Ron. De son autre main, elle malaxa les bourses pleines. Elle se régala des bruits que poussa Ron, et elle se félicita d'avoir sécurisé le compartiment lorsque le volume de ces mêmes bruits augmenta au fur et à mesure qu'elle accéléra la cadence autour de la hampe de chair dressée. Elle devint si grosse et si dure entre ses doigts, par rapport à ce qu'elle était au repos, que Pansy crut qu'elle allait exploser. Elle utilisa le liquide pré-séminal qui s'échappa du gland pour faire glisser plus facilement sa main et accentuer la vitesse de ses va-et-vient. Ils furent bientôt si rapides et énergiques que Ron se mit à haleter, envahi par le plaisir que lui procurait la main de Pansy. Il faisait voyager ses mains sur tout le corps de Pansy, faisant fi de ses habits, et affectionnait spécifiquement ses hanches, ses cuisses et ses fesses qui, elle le savait, contribuaient à attiser le feu qui brûlait dans les reins de son chéri. Elle adorait elle-même sentir les mains de Ron à ces endroits-là. Et plus ses mains se faisaient pressantes sur elle, plus sa propre main s'activait avec vigueur autour du sexe de Ron. Sa respiration se fit plus hachée, ses gémissements plus nombreux, signe qu'il était au bord de la jouissance, et il ne lui fallut plus que quelques minutes pour se répandre dans la main de Pansy dans un pur râle d'extase. Pansy jeta un sort de nettoyage sur lui et sur ses doigts, puis elle réordonna ses cheveux et ses vêtements. Ron fit de même après avoir récupéré ses esprits, et avec deux ou trois vaporisations du parfum de Pansy, ce fut comme s'il n'y avait rien eu d'intime dans le wagon. Ron remercia Pansy pour tout le plaisir qu'elle lui avait donné, et elle lut tant d'amour dans ses yeux qui l'envoûtaient qu'elle en fut bouleversée, et qu'elle fut obligée de lui transmettre le sien :
- Je t'aime…
C'étaient sûrement les mots que les couples finissaient par se dire machinalement, mais Pansy, elle, était plus que sincère en les prononçant. Et Ron le fut tout autant en les formulant à son tour :
- Je t'aime aussi… Si tu savais à quel point…
Il ne put s'exprimer davantage car Pansy s'empara de ses lèvres. Ils échangèrent un long baiser et ce ne fut qu'au bout de cinq minutes qu'ils le rompirent pour aller remplir leurs fonctions de préfets…
.
Théo se demandait parfois comment il faisait pour partager son temps entre tous ses amis. Il avait été avec Harry de quatorze à quinze heures, avec Justin de quinze à seize heures, avec Blaise de seize à dix-sept heures, et là, il était de nouveau avec Justin. Alors qu'il s'allongeait et posait sa tête sur les jambes de son chéri, celui-ci l'interrogea :
- Tu as prévu d'être avec qui, après ?
- Initialement, j'aurais voulu passer une heure avec Draco, Pansy, Hermione et Luna, mais entre les rondes des trois premiers, et Luna qui doit elle-même consacrer du temps à plusieurs personnes, ça va être trop compliqué. Du coup, je suis avec toi jusqu'à la fin du trajet.
- Oh, chouette ! Bon, je me réjouis, mais je m'en veux un peu, car tu dois être frustré…
- Oh, je suis habitué, confia Théo.
- Ah bah c'est ça, d'être populaire, s'amusa Justin.
- Oui bah la faculté que j'ai à me faire des amis demeurera un mystère pour moi… C'est vrai, quoi, ma timidité légendaire devrait être un obstacle…
- Ce n'est qu'une caractéristique parmi tant d'autres… Et, à mon sens, c'est loin d'être un obstacle. Ta timidité fait de toi quelqu'un d'extrêmement attachant, et il y a toutes tes qualités qui font qu'on veut naturellement être ton ami : ta gentillesse, ta douceur, ta bienveillance, ta tolérance, ta bonté, ta générosité, ton innocence, ton dévouement… Tu es un précieux ami, Théo. Et un tout aussi précieux petit-ami… Je galère à faire plus de cinquante centimètres de parchemin lorsque je fais mes devoirs à Poudlard, mais je serais capable d'en faire une centaine pour démontrer que tu es le meilleur ami et le meilleur petit-ami que l'on rêverait d'avoir…
Les mots de Justin touchèrent Théo au plus profond de son être. Il lui en avait fait, des déclarations, mais celle-ci était l'une des plus belles…
- Alors on a tous deux la médaille du meilleur petit-ami. Car moi non plus, je n'aurais pas pu rêver mieux que toi. À la base, je n'étais pas du tout prêt à tomber amoureux, et encore moins à avoir une quelconque relation avec quelqu'un… Tu as tout perturbé, mais d'une bonne manière. Je serais fou de regretter ça…
- T'inquiète, même fou, je t'aimerais.
- Cool, je perdrai peut-être tous mes amis, mais au moins, je ne serai pas célibataire, rigola Théo.
- Exactement ! Et comme on dit, mieux vaut être seul que mal accompagné ! Bon, par contre, si je suis le seul à rester près de toi, il y aura de quoi se méfier… J'aurais certainement manigancé pour te rendre fou afin que tout le monde t'abandonne, et t'avoir ainsi rien que pour moi… Non, en vrai, je ne ferais jamais ça. Et aucun membre de la bande ne te lâchera.
- Tu sais quoi ? Pour en être sûr, on va avoir plein d'enfants, jusqu'à ce que toutes les personnes de la bande soient nommées parrains et marraines. Comme ça, par égard à leurs filleuls, ils seront tous obligés de garder le contact avec nous.
Justin écarquilla les yeux.
- Mais c'est très Serpentard, ça !
- Pourquoi le Choixpeau m'y a-t-il envoyé, d'après toi ? répliqua Théo, espiègle. Non, c'était pour rire. Je ne suis pas assez perfide pour monter de tels plans…
- Oui, tu as l'âme trop pure pour ça. Mais tu as soulevé un point intéressant. Si on a des enfants, qui sera le parrain du premier qu'on aura ? Et qui sera la marraine ?
- Ouh là… T'as pas plus dur, comme dilemme ? Bon… Si on a notre premier enfant juste après la fin de notre formation, on écarte Blaise, car avec les longues études qu'il va faire, il ne sera pas tout de suite dispo pour s'occuper d'un enfant. Terry, lui, sera fraîchement diplômé en tant qu'Auror, et il devra être à fond dans son métier pour bien débuter sa carrière. Ce ne sera pas le bon timing pour avoir un enfant dans les pattes… Quant à Ron, ça n'a pas l'air d'être sa tasse de thé, les enfants. On n'a donc plus que Draco, Harry et Ernie en lice…
- Ernie ne sera pas apte à assumer de telles responsabilités.
- Bon, ça se joue entre Harry et Draco… Eh bien ce seront eux qui trancheront. De toute façon, que ce soit l'un ou l'autre qui soit élu, quand notre enfant ira chez son parrain, il ira à la fois chez Harry et Draco puisqu'ils sont en couple…
- Sauf s'ils se séparent d'ici là. Mais ça m'étonnerait beaucoup.
- Oui, on a du mal à visualiser une rupture entre eux…
- Bon, ce qui est bien, c'est qu'ils auraient plein d'amis chez qui aller…
- Oui, ça coûtera moins cher que de loger au Chaudron Baveur, bien que les chambres ne soient pas excessivement chères.
- Ah oui, tu y as logé, l'été dernier, se souvint Justin. Et là, tu vas y travailler. Et l'année prochaine, tu vas racheter l'auberge…
- Non, ce n'est pas dans mes projets ! affirma Théo en riant. Mais si ça me plaît, je referais bien une saison là-bas.
- Ah ouais, ce ne serait même pas uniquement pour gagner de l'argent ?
- Ce sera ma motivation principale, oui, mais si j'aime mon job, ce sera une autre motivation.
- Et si, à la fin du mois d'août, il s'avérera que tu auras détesté ce job ?
- Je n'ai pas réfléchi à cette éventualité. Et si le bilan sera trop négatif, j'ignore ce que je ferai l'été suivant.
- Tu as le temps de te décider. Mais au fait, tu vas y aller comment, au Chaudron Baveur ?
- En prenant le Magicobus. J'aurais pu y aller sur mon balai, mais avec toutes mes affaires, ce sera plus pratique d'utiliser le Magicobus. J'ai déjà fait l'expérience de faire un long trajet sur mon balai avec une valise pleine à craquer, et même avec un sort d'allègement, ça n'a pas été évident. Mais il se peut que mon avis soit biaisé par le fait que j'étais mal en point et qu'il faisait chaud dehors…
- Ouais, mais que tu sois en forme ou pas, ce sera plus prudent d'aller au Chaudron Baveur avec le Magicobus. Je serais bien tenté d'y aller avec toi, histoire de découvrir ce moyen de transport avant de m'en servir moi-même après ma première journée de stage, mais mes parents savent que le train arrive à la gare King's Cross à vingt-deux heures…
- La perspective de te déplacer via le Magicobus ne te rassure vraiment pas, constata Théo.
- Non, ça m'arrangerait qu'il y ait une autre solution pour que j'aille sur le Chemin de Traverse, le soir, après mon stage…
Théo fronça d'un coup les sourcils, une idée lui traversant l'esprit.
- Une seconde… Tous les bâtiments publics ont pour obligation d'être reliés à Sainte-Mangouste et au Ministère… Et ce ne serait pas idiot de supposer que toutes les chambres du Chaudron Baveur le soient également… Et tu n'aurais donc qu'à prononcer l'adresse du Chaudron Baveur et le numéro de ma chambre dans la cheminée du hall de Sainte-Mangouste… Bon, en revanche, pour y aller le matin, et pour rentrer chez toi après ton saut au Chaudron Baveur, tu devras te résigner et te rabattre sur le Magicobus… Mais ça te fera un trajet en moins à faire.
- Oui, je m'en contenterai. Mais pourquoi les bâtiments comme le Chaudron Baveur sont-ils soumis à cette obligation ?
- C'est au cas où il y aurait une urgence, expliqua Théo.
- Ah oui, pas bête… Il n'y a plus qu'à prier Merlin pour que tu aies raison. Mais s'il faut que je me coltine le Magicobus trois fois par jour, je le ferai. Car c'est toi, le plus important.
Théo sourit, ému, et se redressa afin d'embrasser Justin. Puis il se rallongea et reposa sa tête sur les genoux de son chéri. La discussion dévia vers d'autres sujets, mais elle fut bientôt interrompue par leurs estomacs qui crièrent famine. Il était tôt, mais le midi-même, ils avaient tous deux déjeuné sur le pouce. Théo n'était pas très fan de sucreries, mais là, il avait tellement faim qu'il mangea plus de bonbons en une demie-heure qu'en un an à Poudlard !
.
Blottie dans les bras de Blaise, Ginny lisait un livre sur le Quidditch, tandis que Blaise, lui, lisait un livre sur la médicomagie. Sur toutes les personnes avec qui Ginny aurait souhaité faire une partie du trajet, il n'y avait que Harry avec qui elle avait pu le faire. Hermione était trop accaparée par son rôle de préfète, entre ses rondes et ses heures de présence dans le wagon des préfets, et Luna avait divisé son temps entre Daphné et Padma, étant avec cette dernière dès qu'elle était libre. Cela avait troublé Ginny que Luna dédie un peu de son temps à Daphné. Les deux filles avaient tendance à s'éviter depuis qu'elles n'étaient plus ensemble. Mais Ginny avait confiance en Luna. Elle n'irait pas se rabibocher avec Daphné dans le dos de Padma…
- Au fait, j'ai découvert qu'il y avait eu des paris sur nous, au cours de l'année, annonça Blaise.
- Des paris ? répéta Ginny, perplexe.
- Oui. C'est Hannah qui m'a dit ça. D'après elle, les résultats étaient très mitigés. Trente pour cent des gens avaient parié qu'on romprait avant mars, trente pour cent disaient qu'on serait toujours en couple à la fin de l'année, mais qu'on romprait à la rentrée, et quarante pour cent ont parié que notre couple irait au-delà de la rentrée. Parmi tous ceux qui étaient persuadés que notre couple n'allait pas durer, la plupart arguaient que tu étais trop indépendante et que j'étais trop possessif.
- Mais c'est un sondage ou un pari, au juste ?
- C'est vrai que ça ressemble plus à un sondage…
- Il y avait de l'argent en jeu ?
- Hannah n'a rien précisé là-dessus.
- J'ai du mal avec ce principe, personnellement. Se faire de l'argent sur les relations amoureuses des gens… Mais au fond, je m'en fiche. Ce ne sont pas de stupides paris qui vont régir l'avenir de notre couple…
- Tout à fait ! Il n'est pas né, celui qui aura son mot à dire sur notre histoire… Si j'avais dû écouter Draco lors des premières fois où je lui ai fait part de mes sentiments envers toi, on n'en serait pas là, à l'heure qu'il est… Même ton frère s'y est cassé les dents en essayant de m'éloigner de toi… Tu te souviens du jour où tu as failli t'étouffer et que Ron m'a jeté un sort car je t'avais sauvée ?
- Comment l'oublier ! Ron avait abusé, sur ce coup-là. Il détestait tant les Serpentard… Vous étiez ses bêtes noires. Mais l'essentiel, c'est qu'il ait fini par baisser sa garde envers vous.
- Oui, en cédant lui-même aux charmes d'une Serpentard… C'est sûr qu'après ça, le fait que je sois un Serpentard n'était plus un argument valable pour qu'il s'oppose à notre relation !
- Si, la réputation de ta mère… Mais il ne m'a pas trop harcelée avec ça.
- Bon, pour le coup, je n'aurais pas pu le blâmer… Ça doit être flippant de se dire que sa petite sœur est avec un gars dont la mère est suspectée d'avoir tué ses sept maris… J'ai l'impression que c'est écrit sur mon front… Mais il y a des gens qui ne sont visiblement pas au courant car ils n'y font pas d'allusions. Il y en a même qui écorchent mon nom de famille en m'appelant Zambini ! Et l'origine de cette confusion est un vrai mystère.
- Oh, on est victimes du même genre d'erreur… Il y a des gens qui sont convaincus que Ginny est le diminutif de Virginia, alors que c'est le diminutif de Ginevra…
- Bon, pour leur défense, ce n'est pas facile à deviner… Ce n'est pas très répandu, Ginevra. Mais je préfère largement Ginevra à Virginia.
- Moi aussi ! N'en déplaise aux réfractaires… Mais en parlant de ça, tu tiens ton nom de qui ?
- Ah ah, bonne question ! Tu dirais quoi, toi ?
- J'ai sept chances sur huit de me tromper… Tu es bien né du premier mariage de ta mère ?
- Oui.
- Bon, je doute fortement que tu aies pris le nom de tous les époux qu'elle a eus après, donc Zabini est soit le nom de ta mère, soit le nom de ton père… Allez, je dirais que c'est celui de ta mère.
- Bingo ! C'est bien son nom de jeune fille.
- Elle l'a repris après chacun de ses mariages ?! Car actuellement, elle s'appelle bien Mrs Zabini…
- Oui, et c'est ça, entre autres, qui me fait penser qu'elle est innocente de ce dont on l'accuse. Car si elle n'a conservé le nom d'aucun de ses maris, c'est que chaque perte a dû être un choc pour elle… Et j'en veux pour preuve une fois où ma mère avait fait très vite les démarches pour récupérer son nom de jeune fille après avoir perdu un de ses maris, sans se soucier d'un potentiel héritage qu'elle ne serait pas en droit de toucher si elle n'avait plus le nom de son défunt mari… C'est un employé du Ministère qui avait dû le lui signaler, car ça avait échappé à ma mère, et elle n'avait pas sauté sur l'occasion pour annuler les démarches… Elle avait eu besoin d'un temps de réflexion. Tout ça ne se serait pas produit si elle avait bel et bien assassiné tous ses maris pour leur argent…
- À moins que ce soit un subterfuge, mais courir le risque de passer à côté de l'héritage, juste pour éloigner les soupçons… Le jeu n'en aurait pas valu la chandelle. Mais tu m'avais dit que tout ça te pesait, ce que tu cachais à ta mère, et que tu lui en ferais part pendant les vacances… J'espère que tu le feras.
- Oui, je te l'ai promis, et je le ferai, attesta Blaise.
Ginny fit un signe de tête, satisfaite, et se cala un peu plus contre Blaise. Tous deux se replongèrent dans leur lecture, mais ils furent distraits quelques minutes plus tard par la porte de leur wagon qui s'ouvrit sur Luna.
- Ah, oups, désolée, fit-elle en apercevant Blaise. Je repa…
- Non, reste, je vais aller voir si Draco, Théo ou Pansy sont dispos, la coupa Blaise. Ça ne t'ennuie pas ? ajouta-t-il à l'intention de Ginny.
- Non, pas du tout, répondit-elle en souriant.
Elle se dégagea afin de libérer Blaise. Celui-ci se leva, embrassa tendrement Ginny et s'en alla.
- Finalement, tu as un peu de temps pour ta vieille amie ? s'amusa Ginny tandis que Luna s'asseyait en face d'elle.
- Oui, Padma est dans le wagon des préfets, elle a une ronde ensuite, et elle sera de nouveau dans le wagon des préfets de vingt-et-une heures à vingt-deux heures. Depuis dix-huit heures, j'étais donc avec Daphné, mais je l'ai laissée avec Astoria quand elle a débarqué dans le compartiment.
- Attends, est-ce que Padma sait que tu es avec Daphné quand elle a une ronde ou quand elle est de permanence avec d'autres préfets ?
- Oui, et ça ne la gêne pas, elle a bien compris pourquoi c'était important pour moi. Et je n'étais pas avec Daphné à chaque fois que Padma avait ses fonctions de préfète à honorer… Je n'ai été qu'une heure et demie avec Daphné. Et ça a été suffisant. Mais tu n'as quand-même pas cru que je voulais renouer avec Daphné ?
- Non, mais ça m'intriguait. Je te connais, tu n'irais pas tromper Padma…
- Non, j'ai des défauts, comme tout le monde, mais je suis fidèle, aussi bien en amitié qu'en amour. J'ai simplement eu une conversation avec Daphné sur notre relation qui est quasi inexistante depuis que nous nous sommes quittées… Je lui ai dit que j'aimerais bien retrouver une certaine complicité avec elle l'année prochaine, et que si possible, on devienne amies… Je ne savais pas trop comment elle allait réagir, mais elle a aussitôt accepté. Elle était autant attristée que moi par la distance qu'il y avait entre nous… On a papoté, elle m'a demandé si j'avais quelqu'un, je lui ai avoué que j'étais avec une fille, sans dire qui c'était, et que c'était très récent. Elle était ravie pour moi. Elle avait eu des remords d'avoir mis fin à notre idylle, mais elle n'avait pas le choix. Et je ne lui en ai pas tenu rigueur. Et le fait qu'elle ne s'entende absolument pas avec son fiancé n'a fait que nourrir davantage sa culpabilité… Car elle a renoncé à une relation dans laquelle elle était heureuse, pour en gérer une autre dans laquelle elle est traitée comme une moins que rien par son fiancé… J'ai été révoltée par ses confidences, mais j'ai été soulagée quand elle m'a dit qu'elle avait un plan pour se soustraire à ce mariage. Elle m'en aurait dit plus si elle avait pu, mais ce plan est top secret. Je n'ai pas insisté, car moi-même, je ne lui ai pas dévoilé le nom de ma petite-amie… Ce qui ne l'a pas du tout vexée. Et je ne le ferai pas tant que Padma n'aura pas fait son coming-out. Elle s'excuse d'ailleurs souvent de m'imposer cette discrétion, et je lui répète inlassablement que ça ne me fait rien puisque j'avais l'habitude avec Daphné ! Mais lorsqu'elle aura annoncé son homosexualité à sa famille – ce qu'elle va faire durant l'été – elle sera prête à s'afficher avec moi dans le château. Mais je lui ai bien dit de ne pas se presser. Si elle retarde l'annonce aux vacances de Noël, ça m'ira très bien. Tout ce que je veux, c'est qu'elle se sente bien avec moi et vis-à-vis de notre couple, qu'il soit public ou non.
- Oh, c'est très beau, ce que tu dis… Padma est une petite veinarde de t'avoir comme petite-amie…
- Bah, c'est normal d'être aux petits soins de la personne qu'on aime… De plus, je suis sa première petite-amie.
- Ça te met la pression ?
- Un peu, oui. Mais c'est une pression saine, celle qui t'incite à faire de ton mieux, mais sans que tu n'en sois au point de réfléchir à chaque mot que tu prononces, à chaque geste que tu fais… Mais tu as dû avoir cette pression avec Blaise, au début de votre histoire, non ? Car il est comme Padma, il n'avait pas eu de copine avant toi…
- Oui, mais ça s'est fait naturellement, entre nous. L'expérience que j'ai eue avec Michaël ne m'est d'aucune utilité avec Blaise… Je peux très bien faire des bourdes avec lui en ayant déjà eu un petit-ami, tout comme tu peux en faire avec Padma en ayant déjà eu une petite-amie… Parce que Blaise n'est pas Michaël, et Padma n'est pas Daphné.
- C'est vrai, approuva Luna. Ça ne collerait pas entre Blaise et toi s'il était l'identique de ton ex… Si vous avez rompu, c'est que ça n'allait plus entre vous… Daphné et moi, ce n'est pas pareil. S'il n'y avait pas eu son fiancé, on serait encore ensemble, à l'heure qu'il est…
- Oui, c'est ce qui fait la différence entre ta première relation et la mienne… Mais si Daphné réussit à se dépêtrer du contrat qui la lie à son fiancé, ton inconscient ne va pas te berner et en profiter pour faire renaître la flamme ?
- Non, j'ai tourné la page, et mon coeur est à Padma, désormais.
Ginny acquiesça, rassurée. La discussion se poursuivit et les emmena vers d'autres sujets, dont celui des amours de leurs amis. Avec tous ceux qu'elles avaient à elles deux, il y avait de quoi tenir toute la soirée !
.
À dix-neuf heures, après cinq heures de trajet, l'agitation gagna les élèves, notamment ceux de la première à la quatrième année incluse. C'était le cas d'Astoria, au grand damne de Daphné qui avait du mal à la calmer.
- Que c'est long, se plaignit Astoria pour ce qui devait être la quarante-septième fois.
- Tu as si hâte que ça d'être à la maison ? ironisa Daphné.
Astoria se renfrogna. Daphné avait fait mouche.
- Vu comme ça… En fait, il faudrait que le Poudlard Express nous conduise à un point paumé, là où personne ne pourra nous tracer…
- Si seulement…
- Il n'y a pas une bestiole imaginaire qui embrouille le cerveau des gens ? Si oui, ce serait bien que cette bestiole aille le faire avec le conducteur…
Daphné fut surprise par la question d'Astoria.
- Tu te souviens de ça ? Je n'y ai fait allusion qu'une seule fois…
- Eh bien ça m'a assez marquée pour que je retienne. Mais je me doute bien que ça n'existe pas, en réalité… Je ne veux pas offenser ton ex, mais…
- Elle n'est pas là, et de toute manière, elle n'est pas susceptible, elle se fiche bien du fait que peu de gens croient aux joncheruines, aux nargoles, aux héliopathes…
- Tu y crois, toi ?
- Disons que pour moi, ça fait partie d'un monde qui m'échappe. Mais quand Luna m'en parlait, ça m'intéressait beaucoup.
- L'amour y était sûrement pour quelque chose… Au fait, que faisais-tu avec elle, tout à l'heure ? Tu n'avais pas décidé de l'éviter ?
- Si, mais c'était le temps de passer à autre chose.
- Parce que tu l'aimais toujours ?
- J'ai eu du mal à l'oublier, oui.
- Et là, c'est fini, tu ne ressens plus rien pour elle ?
- Non, ce n'est pas vraiment ça. Quand j'étais avec elle, dans ce wagon, j'ai eu la confirmation qu'il n'y avait plus d'amour entre nous, mais une profonde affection.
- Mais si tu la voyais avec une autre fille, tu ne serais pas jalouse ?
- Non. Et elle ne le serait pas dans le cas inverse.
- Bon, c'est une bonne chose. Murray n'est au courant de rien ?
- Pas à ce que je sache. J'étais très prudente, quand je sortais avec Luna.
Astoria soupira.
- Vivement que tu sois débarrassée de ce contrat… Je prie fort Merlin pour que le plan que tu as en tête, quel qu'il soit, fonctionne, et qu'il te rende ta liberté…
- Je vais tout faire pour, mais ça ne va pas plaire aux parents…
- Ah bah ça, c'est clair, perdre une alliance avec une famille riche et réputée, ça ne va pas leur faire plaisir… Mais tu as sécurisé le plan pour qu'ils n'aient rien à te reprocher ?
- Ils auront du mal, car ce n'est pas moi, la principale actrice du plan… En fait, à la base, je n'ai rien fait. Une occasion s'est offerte à moi, et je l'ai saisie pour monter ce plan.
- Ouais, c'est bien mystérieux, tout ça… Mais je suis contente que tu aies…
Astoria fut interrompue par le bruit de la porte du wagon qui coulissa.
- Pardon, s'excusa un garçon de Serpentard. Je cherche le wagon d'une amie…
- Qui ça ? s'enquit Astoria, sans la moindre gêne.
- Astoria, ça ne se fait pas, protesta Daphné.
L'élève, que Daphné reconnut comme étant Simon, l'attrapeur remplaçant de l'équipe de Quidditch de Serpentard, observa attentivement Astoria à l'entente de son prénom.
- Tu es Astoria Greengrass ?
- Oui, c'est le nom que j'ai reçu à la naissance…
- C'est toi qui souhaites entrer dans l'équipe ?
- Oui, pourquoi ?
- Tu convoites bien le poste de poursuiveur ?
- Ouh là, tu es bien renseigné, tu fais une enquête sur moi au service des Aurors ou quoi ?
- Non, je veux juste vérifier les informations qu'on m'a données…
- C'est censé me rassurer, ça ? Non parce que tu me fais subir un vrai interrogatoire alors que je ne sais même pas qui tu es… Enfin si, je sais que tu es un Serpentard, mais à part ça…
- Bon, pour être franc, je veux savoir si je vais être en concurrence avec toi au poste d'attrapeur. Car je compte bien conserver mon poste…
- Ah, parce que t'es dans l'équipe, toi ? lâcha Astoria.
Daphné fit les gros yeux à sa sœur. Ok, Simon était joueur de réserve, mais Astoria suivait de trop près l'équipe de Quidditch de sa maison pour ignorer que Simon en était membre ! Ce dernier avait l'air choqué. Il était évident pour Daphné qu'Astoria en avait fait exprès pour le déstabiliser, et cela avait marché… Mais il se remit vite de la pique d'Astoria et contre-attaqua :
- Oui, je suis dans l'équipe depuis le début de l'année, et je suis plutôt apprécié de la plupart de mes coéquipiers. Ce qui sera loin d'être ton cas si tu es admise, avec une attitude aussi détestable ! Il va falloir que tu fasses des efforts, ou ce sera un vrai calvaire pour toi !
Simon s'en alla sur ces mots en refermant violemment la porte derrière lui. Daphné darda un regard noir sur sa sœur.
- Astoria, tu viens de te mettre à dos un joueur de l'équipe avant même de l'avoir intégrée !
- Il m'a énervée, répliqua Astoria.
- Mais ce n'était pas une raison pour le mépriser comme tu l'as fait !
- C'est lui qui m'a limite agressée quand il a su qui j'étais !
- Il a manqué de tact, mais ça ne justifiait pas que tu réagisses de cette façon ! C'est pour ça que tu te faisais refouler par Draco quand tu le harcelais au sujet des sélections ! Il avait peur pour l'équipe si tu en devenais membre, car il craignait que ce ne soit la guerre entre toi et les autres à cause de ta tendance à être provocatrice, et il n'avait pas tort !
- Tu ne vas rien lui dire, hein ? s'alarma Astoria.
- Honnêtement, j'hésite. Tu m'as prouvé à l'instant que tu n'avais pas du tout l'état d'esprit exigé au sein d'une équipe de Quidditch…
- Je vais faire des efforts, c'est promis, plaida Astoria. S'il te plaît, ne me balance pas à Draco… Je serai sage comme une image, et j'essaierai de sympathiser avec tout le monde !
Daphné sentit sa résistance vaciller. Elle n'avait pas envie que l'équipe de Quidditch de Serpentard pâtisse du caractère indomptable d'Astoria… Mais elle fut vaincue par les yeux implorants de celle-ci.
- Je ne dirai rien à Draco, céda-t-elle.
- Merci, Daphné ! s'écria Astoria. Bon, par contre, quand je disais que je sympathiserais avec toute l'équipe, ça n'incluait pas cet imbécile de Harper…
Daphné leva les yeux au ciel. Cela l'aurait étonnée… Elle regrettait d'avoir été trop gentille avec sa sœur. Mais avec un peu de chance, si elle était prise dans l'équipe, elle allait tenir parole et ne pas se faire haïr par tous ses coéquipiers dès la première semaine d'entraînements…
.
La ronde de Terry et Hermione allait probablement être la plus mouvementée… En quittant le wagon des préfets où il était avec Pansy et Draco, Terry avait croisé Ron et Padma qui étaient de ronde de dix-neuf heures à vingt heures, et ils lui avaient dit qu'ils avaient eu du mal à maîtriser les plus jeunes élèves… Et en effet, à peine Terry et Hermione entamèrent-ils leur ronde qu'ils eurent à rappeler à l'ordre trois élèves de première année qui couraient dans le couloir en chahutant.
- Hé, ce n'est pas un hall de gare, ici ! les admonesta Terry. Le trajet peut vous sembler long, mais il l'est pour tout le monde, et pourtant, tous les élèves ne font pas les zouaves comme vous le faites !
- Mais on a le droit de s'amuser, non ?
- Oui, mais en respectant un minimum de silence. Les règles sont les mêmes ici qu'à Poudlard. Ce n'est pas pour rien si ce train a pour nom le Poudlard Express… Allez, soyez patients, on sera dans deux heures à King's Cross.
- Mais on n'a rien à faire…
- Est-ce que vous aimez les jeux de société ?
- Oui, on y a joué, mais il y en a qui trichaient, on leur a demandé d'arrêter, ils ont été vexés et ils se sont barrés en disant que c'était de la…
- Oui, bon, vous n'êtes pas obligés de répéter mot pour mot ce qu'ils ont dit, coupa Hermione. Et si vous jouiez avec des cinquième année ? Eux ne vont pas tricher, je vous le garantis !
Les trois élèves se jetèrent un coup d'oeil.
- Ce seraient qui, ces cinquième année ?
- Une ancienne préfète et un préfet qui est dans l'incapacité d'exercer ses fonctions actuellement. Et il y aura avec eux une fille très douce et très sympa. Ils raffolent tous des jeux en tous genres !
Les mots de Hermione suffirent à susciter l'enthousiasme des trois élèves. Terry et elle les menèrent donc au wagon d'Ernie, Hannah et Susan, dont Terry ouvrit doucement la porte.
- Coucou, on ne vous dérange pas ?
- Non, pas du tout, on joue au Trivial Pursuit…
- Ouais, et c'est abusé, on a choisi le niveau réservé aux enfants pour rire, et il y a des questions qui sont hyper dures ! On en a tous eu une ou deux qui nous ont bloqués… Mais ce ne sont que cinq ou six questions sur la centaine qu'on a faites, relativisa Hannah.
- En vrai, ce sont des choses qu'on a étudiées avant d'aller à Poudlard, mais qu'on a zappées depuis, précisa Susan.
- C'est la honte, conclut Ernie. Mais c'est drôle, au fond.
- Oui, on rigole bien, renchérit Hannah. Mais que faites-vous là ?
- Eh bien, ces trois adorables garnements s'ennuient, ils voudraient bien jouer à des jeux, mais ceux avec qui ils jouaient trichaient…
- Oh, ce n'est pas bien, ça, jugea Ernie.
- Est-ce que vous seriez d'accord pour les accueillir et jouer avec eux ?
- Oh oui, ce sera encore plus marrant avec de vrais enfants ! On verra si on a tous une mémoire de poisson rouge ou si ce sont les questions qui nous ont coincés qui sont trop dures… Ça vous dit, le Trivial Pursuit ? proposa Hannah aux enfants.
- Euh… c'est quoi ?
- C'est un jeu avec un plateau, sur lequel tu avances en répondant juste aux questions. Il y a plein de thèmes, c'est très varié, et cette version est mi-moldue, mi-sorcière.
- Il y a des gages ?
- On peut en inventer, au bout de trois réponses fausses, par exemple. Mais des gages drôles et pas humiliants.
- Moi, ça me va ! s'exclama la seule fille du trio.
Les deux garçons l'imitèrent. Ernie, Hannah et Susan leur firent de la place et ce fut dans la joie et la bonne humeur qu'ils débutèrent une nouvelle partie. Terry et Hermione assistèrent aux premières minutes en souriant, attendris par les éclats de rires des trois jeunes élèves et par la bienveillance de leurs trois camarades, puis ils les laissèrent pour continuer leur ronde.
- Hannah est trop à l'aise avec les enfants, c'est trop mignon, commenta Terry. Elle me fait penser à Pansy. Susan est tout aussi à l'aise, mais pas de la même façon. Quant à Ernie, il est également dans son élément, mais c'est légèrement moins flagrant. Tu as eu une bonne idée de leur confier les trois petites terreurs…
- J'étais sûre que ça ne les embêterait pas. Mais j'avoue que Hannah sait y faire avec les enfants… Et que c'est un point commun qu'elle a avec Pansy. C'est dommage qu'elles n'aient pas pu faire de rondes ensemble. Ça aurait pu les rapprocher…
- Pour qu'une amitié se développe entre elles et que Pansy se fasse par extension deux autres amis, c'est-à-dire Ernie et Susan ? Ça aurait été cool, oui, mais déjà qu'avec la bande, on galère à tous se voir, alors avec trois amis de plus, ça aurait été l'enfer pour Pansy, s'esclaffa Terry.
- Pas faux… Et ce n'est pas comme si son emploi du temps n'était pas assez chargé, entre les cours, les devoirs, son rôle de préfète, son poste dans l'équipe de Quidditch de Serpentard… J'ai beau être très organisée, ça me fascine que Draco, Pansy et Ron aient pu honorer toutes leurs responsabilités sans négliger leur scolarité… Bon, c'est ce qu'a fait Ron, mais ce n'était pas dû à tout ce qu'il avait à faire… Mais Draco et Pansy, eux, ont super bien géré.
- Oh oui… Mais nous, le temps qu'on ne consacre pas au Quidditch, on le consacre à nos lectures… D'ailleurs, on est le seul couple de la bande à ne pas être concerné par le Quidditch. Chez Harry et Draco, Ron et Pansy, et Ginny et Blaise, ils sont tous dans l'équipe de leur maison, et chez Justin et Théo, il y en a un qui fait du Quidditch…
- Oui, et nous sommes aussi le seul couple où il n'y a pas de Serpentard !
- Mais qu'est-ce qu'on fait dans la bande ? plaisanta Terry.
- Ben… initialement, ça a gravité autour de Harry et Draco… D'un côté, il y avait les amis de Harry – Ron et moi – et d'un autre côté, il y avait les amis de Draco – Blaise, Théo et Pansy. À ceux-ci se sont ajoutés Justin, Ginny et toi, en tant que petits-amis de Théo, Blaise et de moi-même, et en gros, voilà comment s'est formée la bande…
- Très bien résumé ! Ça s'est fait en trois temps, en fait. Mais c'est dingue comme c'est allé vite… Au début de l'année, rien ne présageait qu'un tel groupe se créerait… Sans le concept de travail en binôme, on ne serait pas en couple à l'heure qu'il est, toi et moi.
- Je ne préfère même pas y songer, grimaça Hermione. Je t'aime trop pour imaginer mon futur sans toi, maintenant…
Touché, Terry s'arrêta, forçant Hermione à faire de même, puisqu'ils faisaient leur ronde main dans la main. Il franchit la distance qui les séparait et embrassa tendrement Hermione. Durant quelques minutes, ils oublièrent tout ce qui n'était pas eux. Ils transmirent dans ce baiser tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Et ce fut à contrecoeur qu'ils détachèrent leurs lèvres pour ne pas prendre trop de retard dans leur ronde. Comme ils l'avaient prédit, celle-ci fut très animée. En étant témoin de l'agitation des élèves de première et deuxième année, ils adressèrent silencieusement leur soutien à tous les parents qui allaient non seulement les réceptionner à la descente du train, mais qui allaient en plus les subir pendant tout l'été !
.
La dernière heure du voyage commençait, et la fatigue était bien présente chez Lisa. Sophie Roper était avec elle, Tess ayant sa ronde de préfète-en-chef avec Cassius Warrington. Allongée sur sa banquette, Lisa caressait machinalement son ventre, habitude qu'elle avait depuis l'échographie où elle avait vu son bébé pour la toute première fois. Elle avait eu la preuve qu'il y avait bel et bien un petit être qui grandissait à l'intérieur d'elle, et même s'il était trop tôt pour qu'elle perçoive ses mouvements, elle établissait un contact avec lui à travers la peau de son ventre. Il était encore plat, ce qui la frustrait, bien qu'elle fût consciente qu'il ne s'arrondirait que vers le quatrième mois de la grossesse. Elle avait hâte, car pour elle, un ventre de femme enceinte, c'était beau. Elle n'avait pas désiré ce bébé, mais elle l'avait rapidement aimé comme s'il avait été voulu. Cela avait eu le don de la troubler, mais le professeur Snape lui avait dit que c'était l'instinct maternel qui s'était réveillé, et il avait anticipé ses oppositions en stipulant que ce n'était pas parce que ce bébé était issu d'un viol qu'il lui était interdit de l'aimer. Bien sûr, cela pouvait être un obstacle : il y avait des personnes qui rejetaient leur bébé car elles l'associaient inconsciemment au viol dont il était le fruit. Et il n'y avait pas à les blâmer pour cela. Chaque personne réagissait différemment, et ce n'était pas une réaction qui se contrôlait.
La première chose que Lisa avait apprise au cours du trajet était qu'elle ne pourrait pas contempler le paysage par la fenêtre du compartiment. Le résultat avait été immédiat dès les premières minutes du trajet. Elle avait éjecté son repas du midi et avait dû apaiser les soubresauts de son estomac avec les potions qu'elle avait sur elle. Le souci était que, n'ayant plus rien dans le ventre, elle avait vite eu faim. Mais elle avait craint de renvoyer le moindre aliment qu'elle allait manger… Pansy l'avait cependant rassurée en lui disant que si elle évitait de regarder dehors, tout irait bien. Pour lui éviter toute tentation, Pansy avait tiré le rideau. Cela avait eu un triple effet positif, car cela cachait ainsi le soleil, dont la forte lumière éblouissait les deux filles, et cela les protégeait de la chaleur qui aurait pu provoquer un malaise à Lisa aux heures les plus chaudes de la journée.
À part le vilain désagrément dont elle avait été victime peu après quatorze heures, le voyage s'était bien déroulé pour Lisa. Elle avait d'abord été avec Pansy, lors de la première heure, puis avec Tess, puis avec Terry, puis de nouveau avec Tess, et elle terminait le trajet avec Sophie.
- Est-ce que ça va ? s'enquit la préfète de Poufsouffle. Si tu veux dormir, tu peux. Tu es en train de lutter, là…
- Oui, mes paupières se baissent toutes seules… Mais je vais être encore plus raplapla si je ne dors qu'une heure…
- Non, au contraire ! Une sieste de quarante minutes est souvent plus efficace qu'une sieste de deux ou trois heures, car tu n'as pas le temps de plonger dans le sommeil profond… C'est quand tu sors de ce type de sommeil que c'est plus dur.
- Oh, pas bête…
- Bon, après, ça dépend de ton état d'épuisement. Parfois, une longue sieste est nécessaire. Mais là, tu vas finir par rejoindre les bras de Morphée malgré toi… Et ne t'en fais pas, hormis les préfets et tes amis, j'empêcherai quiconque de pénétrer dans ce wagon.
Lisa sourit.
- Merci… Je vais me reposer, dans ce cas.
Elle se roula en boule sur sa banquette et ferma les yeux. Elle était sereine, ayant toute confiance en Sophie. Si elle avait été désignée pour être avec elle lors de la ronde de Tess, c'était que les préfets-en-chef avaient jugé qu'elle était capable de la défendre si Murray débarquait pour lui chercher des noises. Il ne s'était pas manifesté depuis que le train avait démarré, ayant peut-être eu vent de tout le dispositif qui avait été élaboré afin d'assurer la sécurité de Lisa. Et il fallait dire qu'avec les rondes qui avaient lieu toutes les heures, il n'aurait pas été très malin d'agresser Lisa durant le trajet…
Lisa eut l'impression de n'avoir somnolé que cinq minutes quand Sophie la secoua doucement. Elle ouvrit les yeux et perçut du bruit à l'extérieur du wagon. Tous les sortilèges avaient été levés par les préfets qui avaient amplifié le volume de leur voix et qui donnaient leurs instructions.
- On arrive dans quinze minutes, veuillez récupérer vos valises et vérifier de ne rien oublier… Pour les plus jeunes, les préfets viendront vous aider avec les valises…
- Veuillez attendre l'arrêt complet du train pour quitter vos compartiments…
- Soyez courtois et ne bousculez personne dans le couloir…
Les consignes se succédèrent, puis les voix des préfets se turent. Dix minutes plus tard, le Poudlard Express ralentit, et à vingt-deux heures pile, les premiers élèves sortirent du train. Pour être certaine de ne pas se faire heurter par des élèves peu prévenants, Lisa ne déserta son wagon que lorsqu'il n'y eut plus personne dans le train. Alors qu'elle se dirigeait vers les portes, elle stressa un peu à l'idée de retrouver ses parents. Ils n'étaient au courant de rien, et elle allait devoir tout leur dire : le viol, la grossesse, le fait que le père de son enfant était le fiancé d'une de ses camarades de classe qui était elle-même en danger avec lui, le plan qu'elles avaient monté pour libérer Daphné du contrat qui la liait à ce garçon… Cela allait être compliqué, émotionnellement, de tout leur raconter, mais cela ne l'angoissait pas tant que ça. Elle avait les meilleurs parents du monde. Elle était la prunelle de leurs yeux, ils avaient toujours été là pour elle, et ils le seraient une nouvelle fois quand elle leur ferait le terrible récit. Mais le pire, cela allait être la confrontation entre sa famille, celle de Daphné, et celle de Murray. Mais ce ne seraient que quelques heures sur tout l'été… Ce n'était rien, à cette échelle. Mais il n'y allait pas y avoir que ça. Ce qu'elle retenait, c'était que pendant les vacances, son ventre allait se bomber, et qu'avec un peu de chance, elle sentirait son bébé bouger pour la première fois… Et elle allait faire ses toutes premières emplettes pour le bébé ! Elle ne saurait pas encore son sexe, mais comme elle accoucherait en janvier, et que par conséquent, elle ne rentrerait pas chez elle lors des vacances de Noël, elle n'avait que l'été pour se procurer des vêtements pour bébé sur le Chemin de Traverse… Et ce n'était pas un problème d'ignorer le sexe du bébé. Elle n'aurait qu'à acheter des vêtements unisexes ! Elle avait déjà tout le planning de l'été en tête, et elle était plus qu'impatiente d'expérimenter toutes les joies de la grossesse et de la future maternité…
.
.
Et voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'était le dernier du premier tome, mais ça ne s'arrête pas là, on se retrouvera très vite avec le premier chapitre du deuxième tome !
Avant de vous quitter, voici les chiffres les plus significatifs de ce premier tome :
.
5 parties, 91 chapitres, 406 POV
14 personnages principaux (dont 8 un peu plus secondaires)
10 couples (y compris Justin/Emily, Harry/Adrian et Graham/Draco)
1 858 096 mots environ (titres et nom du POV inclus)
1 855 776 mots environ (contenus des POV)
.
Je vous laisse calculer le nombre de mots de NA XD
C'est ma sœur qui s'est occupée de répertorier tout ça, elle adore les chiffres XD Un grand merci à elle !
Parmi les couples, ceux qu'on a suivis de loin et que je n'ai pas développés n'ont pas été inclus, tels que Luna/Daphné, Luna/Padma ou Simon/Fiona, mais on pense à eux quand-même !
.
Sinon, pour les POV, on a de grands vainqueurs XD Les voici :
POV les plus apparus: Harry (67 POV), Théo (52 POV), Severus (47 POV), Draco (44 POV) suivis par Sirius (39 POV), Justin (30 POV) et Remus (25 POV).
C'est pour ça que je vous ai demandé, il y a trois semaines, qui vous souhaiteriez plus voir, car il y a clairement des personnages qu'on a plus vus que d'autres XD
.
Et sinon, SAMLP, c'est aussi 2 ans de publication, 103 favoris, 123 followers, et 321 reviews,et je vous remercie tous du fond du coeur pour l'assiduité dont vous avez fait preuve au fil des semaines, au fil des mois, et même au fil des ans, car cela fait presque deux ans que SAMLP a vu le jour, avec des chapitres qui faisaient à l'époque 7 000 mots… Aujourd'hui, je vous en propose qui font entre 20 000 et 28 000 mots, et vous êtes toujours là… Vous êtes de grands fous ! Je le dis et je vous le répète : vous avez toute mon admiration d'avoir tenu jusque-là ! Et j'espère vous revoir tous lors des publications du prochain tome *-* Ils paraîtront d'ailleurs toutes les trois semaines, afin que je puisse avoir le temps d'écrire les chapitres et que je ne me fasse pas trop déborder par tout ce que j'aurai à faire à côté ! L'année prochaine (enfin à la rentrée de septembre), je travaillerai sûrement en-dehors de mes études comme AED (Assistant d'éducation en préprofessionnalisation), job qui est proposé aux étudiants de L2, L3 et M1, qui demande du temps, mais qui a plein d'avantages. Du coup, j'aurai moins de temps pour écrire et c'est entre autres pour ça que je ne pourrai plus publier toutes les deux semaines, ce qui devenait de toute façon de plus en plus compliqué. Quoi qu'il en soit, j'espère que vous serez tous là pour continuer à suivre les aventures de nos personnages ! =D
Afin de ne laisser personne sans réponse, je posterai un chapitre dans lequel je répondrai à toutes les reviews, et qui sera donc mis à jour dès qu'il y aura une nouvelle review.
Je vous remercie tous une nouvelle fois, et je vous donne rendez-vous le dimanche 2 avril pour le premier chapitre du deuxième tome, qui n'a pas encore de titre, et que vous découvrirez donc le jour de la publication XD Je vous souhaite de passer de bonnes semaines d'ici là, portez-vous bien, je vous embrasse, et plein de bisous tout le monde !
