O.S horrifique !

Le sanatorium

partie 2

« Haunted » - Evanescence

« Jack ? Jack ? Merde répond ».

Le silence devient long.

Trop long.

Et le silence est très mauvais dans ce cas précis.

Pas de bruit extérieur susceptible de donner des indices sur le lieu où il se trouve.

Si ça se trouve, la liaison ne fonctionne plus de son côté sans qu'on ne le sache. Il est seul dans cet endroit vide et froid sans pouvoir donner de nouvelles.

Dans un sanatorium, il est difficile de se repérer via les sons environnants. Le vent s'engouffre partout, tout est ouvert et quand ce n'est pas ouvert, l'humidité est présente. Des animaux nocturnes peuvent habiter les lieux, des morceaux de verres partout sur les sols, les sols ne sont pas forcément solides au point de supporter un poids humain par exemple. Beaucoup de raisons existent pour justifier des dangers réels, personne ne prendrait ce type de risque au point de se retrouver coincer dans le meilleur des cas ou alors mort. C'est pour ça que les explorations nocturnes sont répertoriés dans une base de données pour les chasseurs de fantômes.

Nous sommes coincés dans un putain de camion loin de Jack qui est sans doute en danger. Cette situation me rend fou. Rester aussi calme me rend dingue. L'écran de contrôle n'indique rien d'anormal. C'est ce qui m'irrite le plus. Mais dans quelle partie du bâtiment se trouve Jack bon sang ! S'il ne donne pas de signe de vie dans les prochaines minutes, il nous faut intervenir.

Dans les expériences paranormales, il y a autant de risques que de réussites. Les lieux sont sélectionnés de manière très sérieuse. Des conditions de sécurités sont mises en place afin de ne pas courir de risques inutiles. On est équipé pour les visites nocturnes en fonction de la météo, en fonction de ce que l'on va trouver dans le lieu. Ils sont abandonnés, des animaux peuvent y trainer, des bouts de verres sont éparpillés sur le sol, les murs sont décrépis et humides, les courants d'air font des bruits flippants. Beaucoup d'éléments sont à prendre en compte. On a eu plusieurs frayeurs auparavant alors on prend le maximum de précautions pour affronter différents problèmes. Se rendre dans un lieu tel qu'un sanatorium est aussi risqué qu'aller visiter un château hanté. Un sanatorium était un établissement de santé dans les années 1900. Ils étaient considérés comme des lieux de soins, des lieux sains où les prises en charges des patients étaient globales. Ils n'existent plus depuis bien longtemps. Ils sont délaissés. Et des imbéciles trouvent judicieux d'y faire un tour sans équipements adéquats, juste pour se faire peur et raconter l'expérience à leur amis. Sauf que c'est illégal. Inutile et illégale. Les amateurs sont inconscients des risques qu'ils prennent, ils sont stupides. Nous sommes des chasseurs de fantômes, nous avons des autorisations gouvernementales pour étudier tous les phénomènes paranormaux et des équipements adéquats pour aller sur le terrain. Nous parcourons le monde pour en apprendre toujours plus. C'est aussi enrichissant que flippant.

L'écran de contrôle ne me montre toujours rien de suspect alors que la situation est suspecte.

Jack est coincé à l'intérieur de ce sanatorium. Il est seul et vulnérable.

On a déjà perdu Ben l'année dernière. Interdiction pour l'un d'entre nous de se retrouver en difficulté encore une fois. Pas question d'enterrer quelqu'un d'autre que Timmy il y a trois ans dans des conditions sordides qui ne sortiront pas des bureaux. On a encore du mal à digérer le sort de Timmy alias Tim. On s'entraide tous. Et heureusement, le nombre de fois où j'ai failli me faire prendre au piège à cause d'un esprit qui ne veut pas répondre aux sollicitations et qui souhaite du mal à notre encontre.

On ne peut pas se permettre de perdre encore un chasseur.

Mes nerfs sont mis à rude épreuve.

Jack doit répondre.

Mes yeux balaient l'écran à la recherche d'un indice, même ridicule.

Je ne perçois pas sa respiration, aucun bruit environnant via les appareils connectés. Ce n'est pas rassurant. J'ai un double des plans sous les yeux et il y a beaucoup de fenêtres. Elles sont toutes entourées. Le plan est annoté, griffonné et légendé. Le problème est qu'il n'y a pas beaucoup de sorties non plus. La principale est accessible que par l'extérieur, souvent il s'agit d'une terrasse entourant le bâtiment et elle permet de sortir et entrer. Aucune autre issue n'est possible, excepté par les fenêtres qui doivent être brisées à cause des vents, de la détérioration, des explorations clandestines aussi. Difficile de trouver une issue sécuritaire, je ne connais pas les fondations exactes du bâtiment, je ne sais pas dans quel état sont les vitres. L'armature n'est sans doute pas assez solide pour supporter un poids humain. Je ne sais pas. Plus le temps de douter, il est l'heure de faire quelque chose.

« Tu vas devoir y aller Tom ».

Un échange de regard entre nous me donne la réponse. Une confirmation plutôt, il est temps de sortir Jack de là. Je n'ai aucune idée des intentions de cet esprit mais ça va finir en carnage si rien n'est fait dans les prochaines heures.

« Je me prépare ».

Le chasseur en face de moi se raidi dans un premier temps et il comprend dans la seconde d'après qu'agir est ce qu'il y a de mieux à faire dans ce type de cas. Le sang ne fait qu'un tour chez moi. Ce n'est pas possible que Jack soit pris dans un guet-apens pareille. Et pourtant, l'esprit qui hante ce sanatorium n'a pas terminé de nous faire tourner en bourrique. C'est le troisième agent à en payer les frais. Pas après ce que Ben a subit l'année passée, Jack doit revenir en un seul morceau. Ce sanatorium est censé aider l'équipe à en savoir plus sur le lieu, sur les patients qui ont occupés les lieux. Ben avait l'idée de créer un documentaire sur le premier siècle de la fermeture du lieu. L'occasion de lui faire révéler quelques secrets est une idée géniale sur le papier, la rendre réelle en est une autre. Si l'on perd un nouvel agent de l'équipe, ce sera un point noir dans nos carrières de chasseurs de fantômes reconnus. Les esprits ne coopèrent pas toujours, rare sont ceux qui acceptent de le faire.

Liam s'équipe d'un enregistreur pour capter tous les sons nécessaires à l'expérience et pour garder une trace. Aussi, il décide de se brancher à un autre enregistreur connecté au camion pour transmettre l'action en temps réel à l'équipe qui nous suit au siège. Il me tend une lampe plasma au cas où et une batterie de secours, sans oublier bien sûr la lampe de poche.

« Tu dois y aller Tom ».

« Liam, appelle le siège, on aura besoin de renfort si jamais... ».

« J'appelle Noah ».

Une fois prêt, je vais devoir prendre une profonde respiration pour garder mon calme. Je sens que cette nuit va être interminable.

Autant dire que je ne suis pas serein à l'idée d'entrer dans un établissement de santé abandonné au milieu de la nuit, seul, avec des outils basiques de technologies et d'autres plus sophistiqués. L'idée de ne pas réussir à le trouver à la première lueur du jour ne m'enchante pas. Et laisser Liam tout seul dans le camion non plus. Il a toutefois la possibilité de prendre la fuite soit sans moi soit par miracle en m'ouvrant à la vitesse de la lumière la porte du camion. Cette brèche me rassure à dix pourcent. Sur les quatre vingt dix autre pourcent qui m'angoisse, je prends sur moi et me persuade de sortir en un seul morceau avec Jack. Allez, ce n'est pas un esprit qui va nous empêcher de travailler, de mourir accessoirement même si mon assurance vie est là.

J'avance dans le noir, la lune est cachée par des nuages que j'ai envie d'insulter. Le sanatorium est dans un endroit isolé, entouré d'une forêt car bien entendu, un environnement sain est préconisé. Guérir est une autre histoire selon l'avancée de la maladie chez chaque patient accueilli. J'ai déjà lu beaucoup d'informations sur ce lieu. Au niveau de l'architecture dans un premier temps, les bâtiments sont conçus de manière différente et je ne connais pas toutes les architectures du monde. Il est isolé mais la forêt a son charme, pas à une heure tardive soyons clair. Je doute qu'un chat traine dans le coin. Il y a beaucoup de bouts de verres brisés, de détritus par endroit, des traces de feux de camps improvisés donc je suis sceptique sur la présence d'un animal ici. Les conditions sont meilleures dans la forêt d'à côté et non sur le terrain d'un sanatorium.

J'avance en ayant les yeux rivés un peu partout, j'observe autour de moi, ma lampe de poche bien en main. J'aperçois l'établissement caché sous une couche importante de lierre. Le lieu est éteint, il n'y a pas d'électricité bien sûr. En soi, le bâtiment tient debout. Les ouvertures doivent apporter beaucoup de luminosité la journée car les fenêtres sont larges et permettent de ne pas se sentir oppresser.

Ma lampe de poche balaye les pièces rapidement, je ne sens pas de présence immédiate. Seul le vent froid qui s'engouffre dans les couloirs me surprend. Je ne vais pas me laisser déstabiliser par le vent. Je viens d'arriver dans le bâtiment. En attendant, pas d'esprit à l'horizon, pas de silhouette suspecte n'apparaît sur l'écran de la caméra. Je ne sais pas si c'est positif. Rien ne m'indique quelque chose d'anormal. Même si les esprits savent se montrer discret avant de se manifester. Pauline. Ben s'est fait piéger il y a un an. Jack est pris dans un piège sans que je ne le sache car il ne donne pas de nouvelles. Marcher dans l'entrée mène à des couloirs de part et d'autre du bâtiment, des salles menant à d'autres ailes, il y a un grand escalier en face de moi. Le dernier signal de Jack est parti de là. Sans doute a-t-il eu l'idée de se trainer au sol dans une pièce annexe. En tout cas, je suis seul ici.

La voie est libre. Je commence à grimper l'escalier pour avoir une vue d'ensemble. D'ici, de grandes baies vitrées donnent une vue sur le jardin, sur la forêt.

Le bruit d'une ampoule qui tombe résonne. Le problème est qu'il n'y a plus d'ampoules dans cette aile. Tout est plongé dans le noir. Je me demande s'il y a encore de l'électricité ou si le courant a juste été coupé. Le fléau de la lampe n'éclaire rien d'intéressant. Il n'y a que des débris ici. L'atmosphère est calme. Trop calme. Je décide d'écrire un message à Liam. Il faut que je sache s'il voit quelque chose à distance ou que j'aille dans une autre aile.

« Liam, tu vois quelque chose ? Rien à signaler ici, c'est presque bizarre ».

En attendant sa réponse, je continue de marcher dans l'obscurité avec ma lampe pour unique source de lumière dans cet endroit froid et flippant. En temps normal, je ne serais pas venu seul, on essaye de venir à deux au minimum sans se séparer trop longtemps. Je pensais trouver Jack directement. Il n'est pas là. Et si ma mémoire est bonne, les dernières traces de Jack se trouvaient dans l'entrée. Je pensais trouver une lampe dont les piles seraient déchargées mais rien. Pas de trace de matériel, pas de trace de lutte contre quelque chose.

Un vibreur.

« Je ne vois rien sur mes écrans non plus ».

Quand je lis sa réponse, un frisson me parcours le corps. Comment quelqu'un peut disparaitre sans laisser de traces ? Impossible pour moi de fouiller l'intégralité du lieu, pas en une nuit; il faudra quelques jours de recherche avec une équipe agréée. J'hésite à lui dire d'envoyer une équipe pour fouiller les lieux dans les prochains jours. D'un côté, je me dis à quoi bon car les indices risques d'être décevants. Ce lieu a des milliers d'indices sur les occupants, sur son histoire propre et tout ce qu'il recèle. Si Liam ne me donne pas d'autres informations, je vais hésiter à rester ici une partie de la nuit. Je continue de monter les escaliers qui mènent au premier étage. Arrivé au milieu de l'escalier, j'aperçois une porte ouverte qui doit mener à une chambre. Je pense que c'est l'étage des chambres. Je me rassure en me disant que le bruit de l'ampoule qui explose au sol est dû à un coup de vent. Les bâtiments sont ouverts à la nature. Des animaux nocturnes doivent y trouver un refuge. Je n'ai pas envie d'en croiser un.

« Je continue d'explorer ? ».

J'ai besoin de compagnie à distance. Je ne tremble pas mais je ne suis pas à l'aise à cette heure-ci de la nuit. Pas de signal sur mes caméras. Aucune idée non plus des sons que mes appareils à ultrasons peuvent capter, je le verrais plus tard en récoltant les données. Mon exploration continue, je suis concentré. Les lieux sont en mauvais état, ce n'est pas surprenant. L'architecture a un certain charme, un style ancien et moderne via les vitres. Mes micros m'indiquent que des présences sont ici, au-dessus de ma tête mais elles ne se manifestent pas concrètement. À moins que le coup de l'ampoule soit le signe qu'une d'elle est là. Je ne lui ai pas demandé non plus.

« Rentre Tom, tu es ici depuis une heure ».

L'idée de rentrer tout de suite ne m'enchante pas car je ne suis pas allé au bout du projet. Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas de traces de Jack.

De retour dans le camion, je me repasse le film dans ma tête. Tous les détails et aucune réponse ne me vient en mémoire. Je regarde le premier écran avec attention. J'ai laissé des caméras là où je suis passé pour avoir des images utiles, des micros, des enregistreurs pour capter les phénomènes électroniques. Pas de trace de Jack, aucune alors que je suis allé voir le premier étage quand Liam m'a dit de rentrer dans le camion. C'est tout ce que je pouvais faire. Ignorer son message aurait été dangereux, je suis dans un sanatorium abandonné. Aucune sécurité, aucun moyen de m'échapper autrement qu'en sautant de la première fenêtre. Difficile de faire pire ce soir. Aucun signal n'a donné d'éléments utiles. Que des écrans montrants juste moi, moi et moi dans le noir, à la recherche d'indices.

Les capteurs ne me revoient pas de donnés spécifiques. Je me refais le scénario.

Mon coéquipier me tend une tasse de café fumante pour capter mon attention.

« Tu as eu le courage d'y aller et je n'ai rien vu non plus ».

« Je ne comprends pas ».

« Tu ne comprends pas quoi ? ».

« L'esprit. Jack » énumérais-je en prenant ma tasse entre les mains pour me réchauffer.

Mon esprit est resté dans le sanatorium. Mon corps est dans le camion.

« Regarde ».

Une silhouette.

C'est la première forme qui apparait sur un écran et c'est la caméra située juste au milieu des escaliers qui la capte.

Si c'est Jack, je l'étrangle moi-même.

Sauf qu'il s'agit d'une forme fantomatique.

« Ne me dis pas que c'est Pauline ? ».

Il s'agit d'une adolescente de quinze ans.

Une adolescente coincée pour l'éternité dans un sanatorium.

Une adolescente qui refuse de passer de l'autre côté et qui préfère hanter ce lieu vide.

C'est à cette heure-ci qu'elle décide de sortir ? D'un côté, je préfère la voir sur un écran que face à face.

Elle s'avance, fait du sur place sans que sa démarche n'ait un sens pour moi. Pour Liam, je ne sais pas, il regarde la silhouette fantomatique avancer sans parler.

Si on surgit dans le sanatorium, elle va prendre peur et sans doute nous jouer des tours. Mes caméras sont toutes allumées, les micros aussi le sont et je reçois les données en temps réel puisque le souffle de Pauline se fait entendre dans l'habitacle. Il n'y a qu'elle de l'autre côté du micro. Elle et nous.

« Pars ».

Elle est en colère et je suis sur que c'est cette colère qui a causé la perte de Timmy puis de Ben et potentiellement de Jack ce soir. Je n'ai pas envie de la croire dans un premier temps et d'un autre côté, je ne pense pas avoir le choix. Si elle se met en colère, les énergies peuvent tourner à l'orage pour nous. Pauline a prononcé ce mot avec une voix sèche. Ses mains approchent de la caméra, ses cheveux lui tombent sur les épaules et ses yeux en disent longs sur un désir de vengeance. Ils sont jaunes et vifs.

Un hurlement.

Deux hurlements.

Trois hurlements.

« Cette garce veut me briser les tympans » s'écrit mon coéquipier à côté de moi.

Je regarde l'écran du haut, celui qui capte les enregistrements de mes capteurs, des micros disposés comme j'ai pu pour essayer d'entendre n'importe quel son. L'écran commence à sauter, une première fois, deux fois il se remet en marche. Elle essaye de saboter notre matériel. Voilà ce qu'elle fait. Les ondes sont brouillées par sa voix.

« Hé Tom, quelqu'un t'attends là-haut » rit-elle.

« Attends, comment elle te connait ? Tu t'es présenté ? ».

« Non » soufflais-je. « à moins que Jack lui ait parlé de moi ».

L'intérieur du sanatorium est aussi froid qu'il y a deux heures.

Cette fois-ci je ne suis pas seul, Liam est venu avec moi. On a pris de quoi tout filmer, enregistrer pour avoir la plus grande collecte de données possible. Je ne suis pas serein. Pour être honnête, si j'avais été seul j'aurais pris le volant du camion en deux minutes. Mon coéquipier m'a convaincu de revenir sur les lieux et avec lui. Je ne sais pas si c'est une bonne idée mais prendre le taureau par les cornes me semble important. En tout cas, je suis prêt à répondre à cet esprit. Je sais bien que ce ne sera pas simple cette nuit, il faut en terminer et résoudre cette histoire, Jack n'est pas loin. Nous avançons dans la pénombre, à la recherche d'indices avec nos lampes de poche pour seul éclairage. Ne pas trébucher, ne pas être déconcentré et isolé par l'esprit qui est capable de faire ce qu'il souhaite. Des éclats de verre partout, comme si des fenêtres avaient explosé, des verres brisés au sol, des vases jetés au sol qui ont contenus des fleurs et l'eau a séché depuis longtemps, nos pas sont lents. Je ne veux pas me rendre compte que mes caméras, mes micros ont lâché. Mon micro capte les données qu'il peut, parfois un voyant vert s'allume, parfois un orange. Les deux couleurs me permettent de savoir si un esprit, une onde rode dans le secteur. Le voyant est orange mais aucune manifestation ne me revient sur les écrans. Pauline doit préparer quelque chose. Connaissant ses agissements, elle doit attendre le bon moment, comme s'il y en avait un, d'apparaitre d'une quelconque manière devant nous. Liam marche prudemment et je devine sa déception de ce soir, rien ne se passe. Dans le camion, Pauline s'est manifestée, là on joue à cache cache.

Un bruit retient mon attention et je doute que ce soit rassurant.

Un crissement au sol.

Je mets ça sur le compte d'autre chose, une porte qui grince par le vent et la résonance transforme le bruit initial en un autre.

Un bruit de flappement.

Je lui fait signe que monter à l'étage est une bonne idée. Je pense qu'une chauve-souris a dû voler dans une des chambres, elle se dirige comme elle peut dans cet environnement. Mon micro doit enregistrer sa présence tellement la technologie fait des progrès. Je vais avoir la trajectoire d'un animal volant nocturne, super. À défaut d'autre chose, je vais aider les biologistes à mieux les comprendre au sein d'un sanatorium.

À l'étage, je découvre les chambres des patients et avec Liam on décide de les explorer. Elles sont vides de meubles et quand il y en a, ils sont abîmés par l'humidité du lieu. La température est descendue d'un cran, je le sens. Cinq degrés. Sept degrés quand je suis arrivé dans le bâtiment. Un courant d'air arrive jusque dans mon dos et des frissons me parcourent le corps. Si Pauline décide de se manifester, je n'ai pas idée de ses attentions. J'en connais quelques unes puisqu'elle a coincé Ben dans une pièce refroidie et il a été piégé comme un rat. On n'a pas réussi à le sortir de là, autant dire que ça nous reste encore au travers de la gorge. Avec la disparition de Jack, on n'est pas avancé non plus. On est encore dans le flou face à la situation de notre ami, on essaye de le chercher sur le terrain. Cette nouvelle exploration nocturne en est la preuve.

J'ouvre une troisième porte et cette fois-ci je ne m'attendais pas à une telle vision.

« Liam » criais-je.

Rien d'autre ne me vient que le prénom de mon coéquipier. Le prononcer me ramène dans le monde réel. Le corps de Ben est devant moi. Je n'en reviens pas d'être face à lui. Une odeur de froid me brûle presque les narines. Il est congelé. En touchant son pied qui est à ma hauteur, je devine qu'il a été congelé. Comment, pourquoi, par qui je n'en ai pas la moindre idée. Son corps pend dans le vide. Ses yeux sont fermés. Sa combinaison noire est intacte. Ses armes sont encore là; il a gardé un couteau à l'intérieur de sa veste. Je reste comme stoïque, sans savoir quoi faire d'autre à part le regarder les larmes aux yeux et la gorge nouée. Ben était là depuis tout ce temps. On a été incapable de le protéger. Il n'a pas pu s'en sortir tout seul. Pauline l'a congelé d'une manière que je n'explique pas et je ne me vois pas demander des comptes à un esprit. Pas de chaise ou de meuble susceptible de m'aider à le détacher, il va falloir que Liam m'aide.

« Oh pu... ».

La bouche de Liam est grande ouverte. Lui aussi se demande comment Ben a pu se retrouver pendu au plafond et de ce fait, congelé. Des gouttes d'eau tombent au sol, une flaque s'est formée. En plus de l'eau de son corps, des gouttes rouges s'y mêlent.

Son sang est en train de fondre.

Il est en train de fondre.

Reste à savoir comment le décrocher de là. La pièce n'est pas grande, on est dans une chambre sans autre sortie que la porte car il y a des barreaux aux fenêtres.

« Fais moi la courte échelle » dis-je doucement. « Il faut le détacher ».

En montant sur ses mains, je prends de la hauteur mais pas assez pour que je le détache, il va falloir couper la corde. Le couteau tranche la corde facilement et le corps s'effondre sur le sol. Une équipe viendra le chercher plus tard, il faut récolter le maximum d'informations sur les circonstances de sa mort. Je ne pensais pas tomber sur lui ce soir. Son corps est étendu au sol, il est dans un état tel que je me demande qu'elles sont les attentions de cet esprit malsain pour nous ensuite. Va t-on retrouver notre autre coéquipier dans le même état que Ben ? Reste à le découvrir quand on aura des pistes. Liam sort de la pièce pour appeler une équipe. Je me doute que ce coup de téléphone est le plus étrange du monde. Jamais je n'ai imaginé trouver le corps de Ben. Pas ce soir dans un état figé et dans une des chambres du premier étage du sanatorium, d'habitude les corps sont jetés au sol. Mais les esprits malsains jouent beaucoup de tours, quelque part ce n'est pas surprenant de la part de certains mais d'un âgé de quinze ans seulement oui. Cet endroit est vraiment flippant et plus la température du lieu descend plus je pressens un mauvais présage nous concernant. On a intérêt à récupérer le matériel et partir d'ici pour ne plus jamais y remettre les pieds, c'est mon souhait le plus cher ce soir.

« L'équipe va arriver dans trente minutes » me dit Liam en entrant dans la pièce.

L'atmosphère a changé. La température descend encore d'un cran, les vitres prennent une autre teinte. Il fait un degré dans la pièce et plus elle baisse plus je sens que les choses vont mal tourner. Cette fois-je suis sûre que Pauline veut nous piéger. Elle veut nous piéger vivant pour nous regarder nous battre. Je n'avais pas prévu de me battre contre une entité invisible à nos yeux et qui nous manipule comme des pantins, elle tire les ficelles. Je l'imagine sourire et rire. Sadique. La porte de la pièce se claque, nous sommes enfermés dans la salle et la seule manière de sortir est de défoncer la porte. Je donne un premier coup de pied, rien ne se passe. La température descend encore d'un degré, il fait zéro et si ça continue on va frôler les moins un degré. Pas question de terminer ma vie comme un bonhomme de neige dans un sanatorium. Mon premier coup qui ne fait pas bouger la porte, je tente de recommencer une seconde fois qui la fait trembler. Liam me prend par le bras et me dit en silence qu'à deux la porte ne va pas résister. Et c'est le cas, au troisième coup de pied à deux, la porte cède. Pas question de se retrouver enfermer, pas comme Ben. Je n'en reviens pas de l'avoir trouvé. Ma caméra thermique n'a rien indiqué sur l'écran et après l'avoir vu je comprends pourquoi, Pauline a dissimulé les preuves de sa présence. Quelle idée sordide. C'est la première fois que je ressens de la colère envers un esprit. La porte à moitié défoncée jonche au sol qui est en train de geler sous nos yeux. Pauline est dans le coin. Elle surveille l'avancée de son plan machiavélique. Courir est notre unique option pour fuir cet endroit au plus vite.

Quand on sort dans le couloir, chacun prend une profonde respiration et on se regarde en ayant la peur de nouveau dans les yeux.

Des fauteuils roulants vides dévalent le couloir à une vitesse folle. Les roues s'emballent toutes seules. La vitesse ne va pas diminuer si on reste planter là.

Mais le pire, c'est le rire de Pauline.

Les fauteuils foncent droit sur nous.

« Une chanson douce » murmure t-elle.

Reste à courir le plus loin possible d'ici. J'essaye d'en éviter un qui tente de me faire tomber. J'entends mon cœur qui bat plus vite que précédemment et ma respiration saccadée me fait comprendre que je dois continuer mes entrainements à la salle de sport. Si j'avais su qu'en venant ici, je ferais ma dose de sport hebdomadaire, j'aurais prévu autre chose. Mes armes ne me sont pas utiles, j'ai beau vouloir planter un de ces fauteuils de l'un de mes couteaux, il y a une armée derrière qui n'attendent que d'accélérer et combien d'autres meubles ou objets attendent de foncer droit sur nous ? J'ai l'impression que c'est une lutte sans fin. Ils surgissent de partout comme s'ils se multipliaient. Aucun d'entre eux ne glissent ou ne se cognent les roues dans les morceaux de verres brisés, ils semblent les éviter. Rien ne les ralentis. J'ai beau lancer un premier couteau pour le faire tomber, un autre arrive derrière et continue sa course, comme une course de relais au cent mètres. Les fauteuils roulants effleurent ma jambe gauche. L'un essaye de me déstabiliser tout comme mon coéquipier que j'aperçois vite fait du coin de l'œil. Bien évidemment, il est concentré sur sa tache, à savoir ne pas se prendre les pieds dans les roues du fauteuil. Les couloirs se succèdent. Quelle idée de ne pas les prendre au court lors d'un virage pour qu'ils s'entrechoquent mais nous devons gagner la sortie au plus vite. Nous avons pu récupérer mes micros et caméras dispersés un peu partout dans l'aile. Je regrette de ne pas avoir pu visiter les autres ailes. Je n'ai pas été rapide, Pauline m'a pris de court. Elle se manifeste au bon moment, cette entité est perspicace. Liam jette un nouveau couteau en arrière sans vraiment prendre le temps de regarder quel fauteuil roulant il vise. Pas le temps de s'accorder cette peine, ils sont tous déterminés à nous rouler dessus. Nous arrivons enfin aux escaliers. Les fauteuils vont nous poursuivre jusqu'en bas, je doute qu'ils puissent aller ailleurs. Liam veut s'installer sur la rambarde de l'escalier pour aller plus vite mais il m'interpèle.

« Attention Tom » me crie Liam derrière.

Une silhouette se dessine en bas des escaliers.

Rien de rassurant encore une fois, je ne suis même plus surpris par ce sanatorium. Tout est prétexte à nous prendre au piège comme des rats ici.

La silhouette disparait et réapparaît quelques mètres plus loin. Encore une fois, on devine un sourire sur un visage flou. Un sourire de satisfaction bien sûr, de sa part je ne suis même pas étonné. Un brouillard se dessine autour d'elle l'espace de quelques secondes.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » demandais-je à mon tour sans attendre de réelle réponse car elle ne m'en donnera pas.

« Une chanson douce » murmure t-elle encore une fois dans un souffle sarcastique.

Le froid revient et ce n'est pas une raison pour rester figer ici.

Quant aux fauteuils, ils reprennent leur course et dévalent les escaliers, certains tombent quand d'autres les survolent de manière à nous tomber dessus. Liam en écrase un, j'en pousse un sur le côté qui tombe sur sa tranche. L'équilibre est leur point faible et c'est ce point faible qui va nous sauver la vie ce soir. J'essaye d'attraper un fumigène dans une poche cachée et je le lance droit vers le fantôme.

« J'ai une idée » dis-je à l'attention de Liam.

Je lâche le fumigène qui génère aussitôt une fumée épaisse et je m'enfuis vers l'aile Ouest qui loge le bâtiment jusqu'à retrouver un autre accès à un étage supérieur. Le mieux est de courir encore vers une fenêtre, de sauter et de continuer notre course dehors. C'est le souffle saccadé que Liam me rejoint.

« J'ai envie de t'étriper Tom ».

« Elle nous a barré l'accès pour sortir cette garce ne va pas lâcher l'affaire ».

« Quelle sortie tu proposes ? C'était la principale ».

« La fenêtre est notre option la plus rapide ».

Un crissement de roue.

Un échange de regard et on comprend tous les deux qu'on a intérêt à prendre une nouvelle fois la fuite. Nos pieds nous mènent là où on peut aller car ces fichus chariots roulants nous poursuivent encore. J'ai l'impression que le scénario est sans fin. Il doit bien y avoir un moyen d'arrêter tout ça. Une sorte de mécanisme est enfermé quelque part ? Est-ce que cet esprit est arretable ? La solution est de le prendre à son propre piège.

« On ne va jamais s'en tirer si elle nous retient prisonnier ».

« Elle l'est elle-même depuis trop longtemps ».

« Ce n'est pas notre problème ».

« Tu as toujours ta corde ? ».

« Oui ».

« On va l'attacher de part et d'autre de ce couloir, on est coincé. Attirer les fauteuils, le fantôme et tout faire basculer comme un jeu de quilles. On fait demi tour et la voie est libre pour sortir. J'espère que Noah est devant le portail ».

« C'est un piège des plus banals ! Je doute que Pauline marche. Elle va se manifester encore plus et nous piéger comme des rats ».

« À part lui lancer un second fumigène pour la désorienter, on n'a pas d'autres options pour se tirer de là ».

Liam comprend. Je sais bien que les options ne sont pas immenses. D'un coté, face à un esprit je ne peux rien faire. Etre chasseur de fantôme n'est pas être magicien, disparaître en une seule fois n'est pas dans mes capacités.

« Répète ce que tu viens de dire ».

« Quoi ? Désorienter ? Fumigène ? ».

« On va faire ça. On va jouer à la magie avec l'esprit ».

Liam me regarde avec un sourire de satisfaction et je crains la suite des événements mais de toute manière, sortir de ce sanatorium est notre priorité de la nuit. J'aurais passé une nuit complète à fuir un fantôme qui hante ce lieu depuis je ne sais combien de temps. Mon coéquipier attache sa corde de part et d'autre du couloir, la corde bien tendue, il prépare un couteau qu'il aiguise avec une autre lame afin de se défendre si nécessaire. Je fais de même tout en vérifiant les micros et la caméras pour tracer Pauline, il faut tracer son itinéraire dans le bâtiment. Sa trajectoire est la même d'après les écrans de mes caméras. Ses paroles sont enregistrées dans les micros mais elles n'ont pas de sens. Elle chante une comptine pour enfant, ça c'est flippant. Mais c'est un esprit alors je ne vais pas réfléchir davantage à sa cause qui est peine perdue. Je la vois sur l'écran, elle se déplace telle de la fumée d'un feu. Sans doute réfléchit-elle à un plan machiavélique, tout comme nous pour fuir d'ici.

« C'est aussi simple que ça ? » me demande Liam en étant pas convaincu.

« Je ne suis pas convaincu non plus ».

« Si jamais... ».

« Ne commence pas... ».

Un nouveau bruit de crissement de roue, les fauteuils reviennent.

« Je hais ces fauteuils, quel genre d'esprit fait ça ».

« Le genre d'esprit à la con qui veut nous mettre dehors ».

Prendre le temps de se relever est trop long pour ces maudits fauteuils, les roues laissent des traces d'accélération sur le sol. Ici, il n'y a que des bouts de verres brisés sur le sol, visiblement insuffisants pour les coincer dans les roues des engins roulants, les meubles sont abîmés et inutilisables. En fouillant dans mes poches, je ne trouve rien qui serait susceptible de les nuire. Seuls les couteaux, les fumigènes vont nous aider à gagner du temps, on a besoin de temps et utilisés correctement, on a une chance en plus d'échapper à ce carnage. Pauline ne va pas s'en sortir comme ça.

La corde a retenu les fauteuils, ce qui fait qu'ils ne peuvent franchir la ligne. Pas si Pauline leur ordonne d'être plus agressifs ou qu'elle utilise autre chose pour nous foncer dessus pour nous tuer. La trace de Pauline n'apparait plus sur mes écrans. Autant dire que je reconnais ma méfiance face à elle, ses attentions sont mauvaises. Ce ne sont plus des rires que l'on entend résonner cette fois, ce sont des cris. Comme si elle avait demandé du renfort à des camarades de chambres, des copains en renfort. De toute façon, je ne peux pas les blâmer. Ils obéissent aux ordres. Si on a à faire à plusieurs esprits, on va rester coincés ici comme Jack et Ben. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

« Pauline est là ».

« Je l'a voit sur mon écran aussi, elle ne bouge pas ».

Pas de courants d'air, pas de baisse de température, pas de nouveaux pièges, tout semble stagner. En attendant ses attentions, Liam me regarde en ayant de l'espoir dans les yeux. Au moins, il y croit et je ne veux pas être seul à me dire que c'est possible de se battre avec Pauline. J'ai encore un dernier fumigène dans ma poche, deux ont été utilisés, de son côté je ne sais pas ce que ses poches contiennent. Courir est notre seul option, avec de la chance bien sûr et je compte sur elle pour faire son job. Mon écran m'indique la présence de Pauline. Elle ne bouge pas, sans doute est-elle en train de ruminer.

« Si, elle est sur mon écran, au-dessus de ta tête Liam ».

Une masse fantomatique tombe au sol, se relève et menace de se jeter sur moi, Liam l'intercepte de justesse. Ses mouvements sont fluides pour un esprit de plusieurs siècles. Il y a une raison du pourquoi du comment elle décide de se venger sur tous les visiteurs du sanatorium. Je ne suis pas là pour répondre à cette question, je suis là pour faire mon job de chasseur de fantôme. Elle se relève et se retourne, son visage est déterminé. Pour la seconde fois, je vois une partie de la forme physique de Pauline, un physique normal, c'est une adolescente comme d'autres. Dans son cas non, elle hante un sanatorium et elle rejette toute forme de dialogue.

« Une chanson douce, que me chantait ma maman » chante t-elle de sa voix fantomatique et sadique.

Change de disque pitié.

Elle prend soin de bien articuler les paroles pour se faire comprendre et avoir une sorte d'ascendance sur nous, ce qui marche très bien l'espace de quelques secondes.

J'ai eu des échos comme quoi certains aimaient utiliser des comptines pour piéger des victimes.

Seulement, le dernier a en avoir eu les échos c'est Jack et Jack a disparu. Nous avons eu la chance de trouver le corps de Ben mais pas celui de notre ami.

L'adolescente crie encore une fois, je pense que c'est le moment de lancer nos dernières armes et de partir d'ici. Liam se relève un peu sonné. Je regarde Pauline qui me sourit et ça ne présage rien de bon. Il est temps d'en finir. Je prends une arme blanche discrètement dans mon dos, elle est ma seule défense. Un peu de confiance me parvient, je souffle un peu pour reprendre le cours de mon sang froid.

« C'est terminé ».

« Pour qui ? Pour toi ou pour moi ? » me sourit-elle.

Liam survit derrière elle et lance un fauteuil en sa direction. Manque de chance; elle a intercepté le fauteuil et le jette contre le mur. Le visage énervé, elle se retourne face à nous, nous regarde et fronce les sourcils.

Je tiens toujours mon arme blanche dans la main pour lui jeter là où c'est possible.

Son sourire se fane et ses poings se serrent, elle se met à nous courir après. Nous avons la chance de ne pas tomber en chemin et cette course ultime sera la dernière avant l'année prochaine. Jamais je me suis demandé comment je vais échapper à la colère d'un esprit. Elle est capable de nous congeler sur place pour nous réserver le même sort qu'à Ben. Je ne veux rien savoir. Liam non plus. Liam me suit de très près alors j'attrape sa main afin de ne pas être séparés, ce n'est pas le moment. Quand on arrive au dernier couloir pour gagner la sortie, je sens mon cœur qui se remet à battre. L'air frais de la nuit nous frappe le visage et je suis heureux d'avoir pu sortir de là en un seul morceau. Liam ne lâche pas ma main, double raison de me sentir soulagé ce soir. Nous courrons aussi vite que possible dans la forêt qui entoure le sanatorium, une petite partie permet de rejoindre l'entrée par laquelle nous sommes arrivés. Je ne pense plus à la mission initiale, je ne pense pas à ma respiration saccadée, je ne pense pas à Pauline qui se réjouit de sa soirée. Je pense à mon coéquipier Ben qui a vécu les pires dernières heures possible avec elle. Bien entendu, Jack est aussi une victime, une victime encore introuvable et je me demande si on va réussir à le trouver. Ce sera sûrement un mystère.

« Montez ».

Je suis encore plus soulagé quand Noah nous ouvre la porte du camion, près à quitter les lieux dans la seconde. Liam se jette dans l'habitacle et Noah roule dans l'allée du sanatorium pour rejoindre la route. Adieu le sanatorium dont on ne percera jamais les secrets tant convoités.


BOOH ! (vous avez eu peur ? hein ? Dites moi haha).

Hey les amis, heureuse de publier une suite du Sanatorium.

À ne pas lire aux alentours de minuit sinon, vous allez avoir un peu peur la nuit ou alors avec une lumière à proximité haha. Croyez-le ou non mais écrire cette suite m'a beaucoup amusé, j'ai trop aimé ! Je réfléchis aux prochains O.S d'Halloween ou à d'autres pendant l'année. C'est stimulant !

En espérant que vous avez aimé lire cette suite et merci de continuer à lire mes textes, ça signifie beaucoup