Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
Après une longue absence, voici un nouveau chapitre !
Nous nous étions arrêté sur une assez mauvaise scène : de la neige commençait à tomber sur Narnia. Et cela ne pouvais signifier qu'une chose : la Sorcière Blanche est de retour ! Je vous laisse découvrir comment nos héros vont réagir à présent, face à cette nouvelle menace.
Bonne lecture !
Equipe :
Auteure originale : WickedlyAwesomeMe
Traductrice : PetiteSphereAilee
Relectrice : Snow
Hermione regarda au dehors à travers une des fenêtres du château, et fronça les sourcils d'inquiétude. En seulement deux jours, la neige avait entièrement recouvert Narnia. Sur les vastes champs autrefois verts, il y avait à présent un épais tapis de neige. Tout était en train de se flétrir, des arbres aux fleurs.
Elle resserra l'épais manteau autour d'elle, frissonnant légèrement de froid. Elle soupira et se sentit alourdie par la peur et l'inquiétude alors qu'elle se dirigeait lentement vers la Salle à Manger.
Dès qu'il avait commencé à neiger, ils avaient su. La soudaine crise de Sybille n'avait fait que renforcer les pensées qui s'étaient immiscées dans leurs esprits.
Elle avait entendu dans les conversations de la fratrie que l'hiver soudain avait causé une panique à Narnia et dans des pays voisins. Ce pays était un printemps éternel, et les saisons n'étaient pas distinctes, contrairement au climat londonien. Mais à partir du moment où l'éblouissant soleil fut recouvert par des épais et sombres nuages, et que la neige avait commencé à tomber, ils avaient su que les temps sombres avaient commencés.
« La Sorcière Blanche est revenue. »
Hermione se remémora Sybille qui avait prononcé ces mots aussitôt son étrange crise terminée. Même si cela faisait deux jours, cette simple phrase terrifiait encore Hermione.
Elle connaissait Jadis par sa lecture des livres, et elle savait qu'il était futile pour elle de nier qu'elle était terrifiée par la Sorcière Blanche. Alors qu'elle était plus jeune, elle cauchemardait la plupart du temps sur la Sorcière Blanche, et sa capacité à tout transformer en pierre d'un simple coup de baguette. Même si, en grandissant, elle avait combattu des choses horribles, cette peur n'avait jamais diminué.
Hermione fatiguée, soupira doucement lorsqu'elle atteignit la Salle à Manger. Elle poussa les portes et remarqua que tout le monde, excepté Peter, était assis à sa place – à la différence aujourd'hui que Lucy et Edmund avaient échangés les leurs. Elle leva un sourcil, mais ne dit rien. Au lieu de ça, elle se dirigea vers son siège habituel et s'assit.
Edmund mit immédiatement sa main dans celle de la jeune femme, ce qui la surprit. Mais elle ne dit rien. Il était fréquent qu'il lui prenne la main à présent, mais Hermione ne s'en préoccupa pas. D'ailleurs, elle accueillit ses mains réconfortantes.
Puis il pressa les mains de la jeune femme, et Hermione s'aperçut que ce simple geste calmait les nerfs à vif du jeune roi. La jeune femme frotta ses articulations distraitement, ce qui le réconforta, et regarda tout le monde.
« Nous devons renforcer tes entraînements Hermione, » dit Caspian dont les yeux avaient perdu leur lueur habituelle.
Elle acquiesça, et répondit d'une voix crépitante : « Je sais. La guerre approche. »
La main du roi dit "le juste" pressa fortement celle de la jeune femme. Et c'est seulement lorsqu'elle grimaça qu'il s'aperçut qu'il lui coupait la circulation sanguine. Immédiatement, il relâcha sa prise et frotta son pouce contre la paume de sa main, pour soulager sa douleur.
« Ma chère enfant, cela a été prédit, » dit Sybille en souriant tristement à Hermione. « Je crois que... nous ne pouvons rien y faire. »
Hermione acquiesça silencieusement tout en se pinçant les lèvres. Elle était bien placée pour savoir que dès que les choses faisaient l'objet d'une prophétie, personne n'y pouvait rien. Harry Potter en était le parfait exemple : même s'il n'avait pas choisi d'être vainqueur contre Voldemort, il savait qu'il était obligé de suivre la prophétie. Cela n'aida pas la jeune femme d'ailleurs.
« Peter... » murmura Lucy d'une voix presque inaudible, qui fut entendu par tout le monde tant la pièce était silencieuse. « C'est à cause de lui, n'est-ce pas ? »
Elle vit le regard grave de Susan envers son mari. Même leur bébé était horriblement silencieux, comme s'il savait que quelque chose se passait. Les yeux de Sybille parcouraient étrangement l'assistance, mais elle restait silencieuse. Lucy regardait ses genoux, évidemment honteuse des mots qu'elle venait de prononcer.
Et Edmund… était tendu, et sa prise sur sa main s'était resserrée.
Personne ne répondit à la question de Lucy, mais Hermione savait que tout le monde soupçonnait la même chose.
'Une trahison par le plus improbable,' pensa-t-elle avec mélancolie, le cœur endolori. La phrase était la moins compréhensible de la prophétie, mais sans aucun doute la plus importante. Elle était la plus essentielle bien que la plus mystérieuse. Tous étaient focalisés sur Hermione, la Princesse des Lions nommée dans la prophétie, ce qui les avait détournés du reste.
Hermione refusait de croire que Peter, parmi tant d'autres, les avait trahis en réveillant la Sorcière Blanche. Il était le Grand Roi de Narnia, le premier défenseur de ce magnifique pays. Il était censé aimer et prendre soin de ce pays, de le servir afin de le rendre meilleur.
'Mais trahir Narnia ?' Pensa-t-elle en se mordant les lèvres. Ce n'était pas son genre. Il ne ferait jamais ça, mais la prophétie disait 'par le plus improbable.' C'était douloureux, mais parfaitement logique, et Hermione ne pouvaient pas expliquer tout ce qu'elle ressentait actuellement.
Elle voulait croire qu'une autre personne avait libéré la Sorcière Blanche de sa malédiction de sommeil éternel, mais une autre phrase de la prophétie prouvait, assez fortement, la trahison de Peter : 'Causée par un désir égoïste,' pensa-t-elle, sa bouche devenant sèche tout en ayant un haut-le-cœur.
Il y avait tellement de désir égoïste dans ce monde : l'argent, la célébrité, l'immortalité. Et alors qu'Edmund lui tirait la main pour qu'elle le regarde, elle réalisa ce que signifiait cette phrase en particulier. Tandis que leurs yeux se connectèrent, elle comprit et pressa sa main.
C'était de sa faute à elle. Peter ramenant Jadis de la mort, la guerre approchant à Narnia, elle était la raison de tout cela.
Elle, le désir égoïste de Peter.
« Es-tu prêt ? »
Edmund soupira, fronça les sourcils, avant de dire : « Ne penses-tu pas- »
« Non, je ne le pense pas, » dit-elle avec fermeté tout en l'embrassant.
Malgré lui, un sourire apparu sur son visage. "Je l'ai pensé," dit-il, et Hermione roula des yeux avant de secouer sa tête.
Plus tôt dans la journée, elle l'avait surpris en lui proposant un pique-nique à Douces Prairies. Elle avait utilisé le mot "rendez-vous" quand elle lui en avait parlé, le surprenant par sa franchise. Il n'était pas totalement surpris puisqu'elle était une "britannique moderne."
La main d'Hermione dans la sienne, et le panier de pique-nique dans l'autre main, il se demandait pourquoi Hermione avait soudainement proposé d'aller manger à l'extérieur. Premièrement, tout Narnia était sous la neige, et il n'était donc pas possible de faire un pique-nique. Deuxièmement, les derniers événements qu'ils étaient en train de vivre faisaient d'un pique-nique quelque chose d'assez frivole, et probablement signe d'indifférence. Mais Lucy et sa famille semblaient accueillir positivement cette idée. Et le voilà à présent à accompagner la fille de ses rêves à travers l'épaisse couche de neige.
Il faisait glacial, et Edmund s'aperçut que cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas connu la neige. Il lui fallut quelques jours pour s'habituer aux basses températures, s'emmitouflant dans les nombreux manteaux qu'il trouvait dans son armoire. Même Hermione portait des vêtements d'hiver épais et ridicules, s'enfouissant dans les multiples couches.
« Si tu tombes malade, ce ne sera pas de ma faute, » lui dit-il en passant un bras autour de ses épaules après avoir remarqué ses frissons.
Elle lui sourit de gratitude tout en se blottissant contre lui. Remarquant son regard incrédule, elle lui dit : « Je pense qu'une pause est nécessaire. Ce n'est pas parce qu'une guerre approche qu'il ne faut plus être heureux. »
Son avis flagrant sur la guerre le fit se raidir, et il ne sut pas si elle l'avait remarqué. Edmund la regarda bizarrement, et raffermit sa prise.
Cela faisait plusieurs jours déjà que Peter avait disparu et que la Sorcière Blanche s'était de nouveau réveillée. Edmund refusait toujours de croire que Peter avait libéré Jadis car il était, parmi toutes les personnes de ce monde, incapable de faire une telle chose à Narnia. Ce pays était tout pour le Grand Roi, et le trahir lui semblait impossible.
Mais la prophétie convenait parfaitement à la situation de Peter : 'Une trahison par le plus improbable. Causée par un désir égoïste,' pensa-t-il en relâchant un soupir de tristesse.
Il ne fallait pas être un génie pour savoir qui était le désir égoïste de Peter. Edmund savait qu'Hermione avait déjà décrypté cette partie au regard de la culpabilité qui apparaissait régulièrement sur son visage. Il trouvait cela ironique à présent qu'elle se rejette la faute, alors qu'elle avait passé un temps fou à lui dire de ne pas se blâmer.
Il devait l'avouer, il fut perturbé lorsqu'il réalisa que la prophétie parlait de Peter. Tout paraissait irréel, improbable et tellement faux, mais tout correspondait parfaitement. Si quelqu'un lui avait dit avant que Peter trahirait Narnia à cause d'une fille, il l'aurait envoyé voir le Médecin Royal pour se faire consulter.
Hermione lui tira légèrement la main, et il revint à la réalité. Ils étaient à Douces Prairies qui était recouvert, sans surprise, d'un manteau de neige. La jeune femme le tira vers le milieu du champ glacé, et il l'a regarda, légèrement amusé, sortir la couverture du panier à pique-nique pour la déposer ensuite sur le sol. Hermione se mit à l'aise en s'asseyant sur la couverture, puis elle le regarda avec espoir et avec un léger sourire sur le visage. Pensant toujours que c'était ridicule, Edmund relâcha un léger soupir et s'assit à côté d'elle.
Il resta silencieux une minute entière, puis il dit avec un froncement de sourcils qui gâchait son magnifique visage : « Mes fesses sont trempées. »
Hermione gloussa et secoua sa tête. Elle lui fit remarquer : « Oui, moi aussi. » Puis elle enleva leur repas du panier pour les déposer sur la couverture. « Mais est-ce que je me plains ? Non. Donc, ne pense pas à cette couverture mouillée mais plus à ce sympathique petit pique-nique en compagnie de ta petite-amie. »
Il leva ses sourcils face à la blague de la jeune femme, et les leva d'autant plus quand elle se qualifia de 'petite-amie'.
Cela semblait juvénile de la nommer 'petite-amie' alors qu'il était le roi de tout un pays. Un autre terme serait plus approprié, mais le bon mot les qualifiant ne lui venait pas. Ils sortaient ensemble, c'était un fait. Le pique-nique qu'ils faisaient en était la preuve.
Il sourit, acceptant qu'elle était, sans aucun doute, sa petite-amie. Puis il commença à manger.
Quelques minutes passèrent, et le roi remarqua que la jeune femme le regardait intensément. Ses yeux contemplatifs suivaient le moindre de ses mouvements. Edmund devint légèrement gêné, devinant qu'elle cherchait à lui demander quelque chose, mais elle relâcha un soupir.
« Qu'y a-t-il ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Hermione s'éclaircit la gorge et détourna le regard avant de dire rapidement : « Non, rien. »
Edmund afficha un sourire en coin, et lui demanda : « Est-ce encore un de tes stratagèmes pour me persuader que ce sera moi qui t'aurai forcé à parler une fois que tu auras dit ce que tu voulais dire ? »
La jeune femme parut très justement surprise. « C'est... exact, » dit-elle avec un léger sourire sur le visage.
Il haussa les épaules, et dit d'une manière raisonnée : « C'est utile de pouvoir lire entre les lignes alors que je suis avec une femme énigmatique. »
Hermione soupira et ferma les yeux, laissant soudainement tomber la pomme qu'elle avait commencé à manger. Puis elle posa une main sur celle d'Edmund, la pressant légèrement pour libérer la tension qu'il ressentait.
Edmund fut surpris de son changement d'humeur drastique. Il fut également surpris que ce simple geste lui fît comprendre qu'Hermione se sentait embêtée. Sans trop y penser, il se rapprocha d'elle et l'enlaça, la laissant poser doucement son front sur son épaule. Inconsciemment, il commença à lui tapoter doucement le dos pour la réconforter, et il put sentir son doux sourire contre lui.
« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-elle d'une voix assourdie par le manteau épais.
« Hum... je n'en ai aucune idée honnêtement, j'ai l'impression que mon corps a agi tout seul » répondit-il en fronçant les sourcils.
Hermione gloussa, trouvant son excuse ridicule, et leva sa tête vers lui. Edmund remarqua que ses yeux étaient un tantinet plus brillants, et le sourire qu'elle affichait semblait un peu triste. À l'insu du roi, ses yeux devinrent doux et affectueux.
« La guerre approche, » dit-elle simplement, et il acquiesça.
« Je sais, » dit-il.
Hermione prit une profonde inspiration, et ferma les yeux avant de murmurer : « J'ai peur. »
Puis elle ouvrit doucement les yeux, permettant ainsi à Edmund de laisser voir sa vulnérabilité, et dit : « Je... Je pense que je ne suis pas encore prête. »
Et puis cela le percuta : elle avait vécu une guerre auparavant. Il resserra son bras autour d'elle lorsqu'il sentit qu'elle tremblait légèrement, et il savait que ce n'était pas à cause du froid.
« Je ne sais pas à quel point la guerre contre les Telmarins diffère de ma guerre du Monde des Sorciers mais, par Merlin, c'était horrible Edmund. Tellement affreux que j'en fais encore des cauchemars certaines nuits, » continua-t-elle alors que ses yeux s'agrandissaient de panique face à ce qu'elle disait. « Je les vois encore, ces personnes que j'ai connues, ils sont dans mon esprit, ils sont morts... sans vie. Il y avait G-Ginny et je ne pouvais rien faire contre ça, je lui parlais et l'instant d'après, elle n'était plus là. Je... »
Puis elle s'arrêta, ses yeux devenant humides, et elle prit une profonde respiration. Il pensa qu'elle faisait de son mieux pour ne pas pleurer. « Et puis il y a Harry... je ne peux même pas exprimer tout ce que j'ai ressenti lorsque je l'ai vu mourir Edmund, » dit-elle doucement en pleurant, les larmes coulant à présent sur son visage.
« Shhhh » chuchota-t-il pour la réconforter, essuyant ses larmes avec son pouce.
Hermione ferma les yeux et s'appuya contre lui avant de murmurer tristement : « J'ai peur de vous abandonner. J'ai échoué à protéger mes amis, et je ne sais pas si je serais capable de vous protéger tous. »
Edmund s'arrêta, et ses yeux s'agrandirent lorsqu'il comprit les mots d'Hermione. Elle était effrayée, et il pensait que c'était parce qu'elle ne voulait pas mourir, ou qu'elle ne voulait pas ressentir ce sentiment de peur qu'elle avait connu alors qu'elle se battait pour sa propre survie. Mais non. Elle était effrayée de ne pas pouvoir protéger ceux qu'elle aimait à Narnia.
Abasourdi, il se mit à la fixer, après avoir regardé la spéciale, incroyable et magnifique fille dans ses bras. Il avait vécu plusieurs décennies déjà durant l'Age d'Or de Narnia, et il n'avait jamais rencontré une fille aussi remarquable.
Et elle était à lui.
Sans prévenir, il lui attrapa le menton et l'embrassa de tout son corps, de tout son cœur, de toute son âme. Il l'embrassa avec tellement de ferveur, tellement d'adoration, tellement d'émotions. Il l'embrassa, se demandant ce qu'il avait bien pu faire dans sa vie pour mériter une personne aussi merveilleuse.
Lorsqu'il s'écarta, le visage d'Hermione était rouge. Ses yeux rouges s'étaient agrandis alors qu'elle le regardait, surprise par ce qu'il venait de faire. La respiration de la jeune femme était courte et rapide, ses poumons avalant goulûment l'air qui s'engouffrait en elle.
« Tu es incroyable, » murmura Edmund, le souffle court. « Tu es magnifique, extraordinaire, et tellement belle et surtout, par Aslan, incroyable. »
La jeune femme plissa le front alors qu'elle le regardait, confuse. « Je... ne comprends pas, » dit-elle en reniflant gracieusement tout en retirant les larmes de ses joues.
« Une guerre approche, et la seule chose qui te préoccupe c'est nous, » fit-il remarquer. Hermione fronça les sourcils : c'était, pour elle, la chose la plus évidente au monde. « Il a été prédit que tu allais affronter la sorcière la plus puissante que je connaisse, et tu ne crains pas pour ta propre sécurité. »
Elle baissa les yeux, se sentant embarrassée, puis demanda faiblement : « Est-ce que c'est mal ? »
Edmund gloussa et prit son visage, la forçant gentiment à le regarder, puis répondit en murmurant : « Je ne sais pas. C'est très... inhabituel. Tu as toujours été ainsi ? »
Elle afficha un sourire encore mouillé par les larmes avant de dire : « Gryffondor un jour, Gryffondor toujours. »
« Pardon ? » Demanda-t-il légèrement confus.
Hermione soupira et toucha le visage du roi, son pouce le caressant inconsciemment. Elle pouvait sentir un début de barbe sur son menton, et elle sourit gentiment. Ses larmes s'étaient arrêtées, mais des traces persistaient sur ses joues et ses yeux. Puis elle commença son récit : « Harry, mon meilleur ami, avait toujours ce 'complexe du héros'. Je suppose que c'est ce que je ressens à présent. Nous, les Gryffondor, sommes épinglés comme des personnes loyales envers les autres, Edmund. Le soin que j'apporte à mes amis disparus est peut-être la raison du pourquoi je ressens cela.
Edmund sourit et lui embrassa le front. Il dit : « Parfait, parce que j'aime ce côté-là de toi. »
Elle rougit, et lui sourit en retour. Puis elle dit en souriant honteusement : « Désolée, je viens de ruiner un pique-nique qui était supposé être plaisant. J'avais demandé cela, pour te permettre de faire une pause, car tu es le plus stressé de tous. Au final, j'ai rendu cela déplaisant. »
« Ce n'est pas grave. Après la guerre, je promets de t'emmener faire un beau pique-nique Hermione. Et ce jour-là, je m'assurerai que tout soit parfait, » promit-il.
Elle l'embrassa sur la mâchoire, et sourit contre sa peau. Murmurant un simple « J'adorerai, » le souffle de la jeune femme caressa la peau du roi, qui le fit frissonner.
Après cette conversation, ils mangèrent et parlèrent de choses et d'autres. Hermione semblait s'être calmée, et Edmund en était soulagé. La jeune femme pensait qu'il était le plus inquiet, mais lui pensait que c'était elle. Elle avait travaillé de plus en plus dur ces derniers jours. Ses entraînements s'étaient intensifiés, et elle participait à chacun d'eux sans se plaindre. D'une certaine façon, les effets néfastes de ces entraînements intensifs se voyaient sur son visage pâle et ses cernes sous ses yeux. Mais elle ne semblait pas s'en préoccuper. C'était encore une chose que le jeune homme avait appris à aimer en elle.
Quelques minutes, si ce n'est quelques heures, passèrent avant que le couple ne décide de se lever et de se diriger vers Cair Paravel. Hermione commençait à être frigorifiée, et Edmund insista pour rentrer avant que son état n'empire. De plus, le crépuscule commençait à tomber et, parce qu'ils en avaient été témoins auparavant, ils savaient à quel point les nuits à Narnia pouvaient être menaçantes et dangereuses.
Ce fut seulement lorsqu'Hermione rangea le pique-nique dans le panier qu'Edmund aperçu une étrange silhouette à l'horizon. Il pensa que c'était simplement son imagination, que les ombres jouaient sauvagement devant ses yeux. Mais lorsqu'il protégea et plissa ses yeux, il reconnut la silhouette d'un animal au loin.
« Toi aussi… tu vois ce que je vois ? » Demanda-t-il en se tournant vers la jeune femme. Elle le regarda avec curiosité, et suivit la direction de son doigt. Elle approcha lentement du roi, et plissa les yeux.
Surprise, Hermione eut un mouvement de recul tout en poussant un cri de stupéfaction alors qu'elle regardait la forme au loin. Ses yeux s'agrandirent, sa mâchoire tomba, puis elle dit : « Est-ce que c'est… »
Ses mots moururent tandis que la silhouette avançait doucement. Dans leur direction. Edmund posa immédiatement sa main sur la garde de son épée, au cas où ils se faisaient attaquer. Mais alors que la forme approchait, les contours d'un imposant lion apparus devant ses yeux, et les bras d'Edmund tombèrent mollement tandis que son visage imitait celui d'Hermione.
Un fort rugissement brisa le silence de la prairie, et Edmund eut le souffle coupé. Le rugissement était tellement profond, et empreint de tellement d'espoir, qu'Edmund ne put contenir le sourire sincère qui grandissait sur son visage.
« Aslan, » dit-il simplement, alors que le Grand Lion s'approchait de plus en plus. Edmund tomba sur les genoux et fit une révérence, et Hermione l'imita.
Un bruit étrange, comme un doux gloussement, s'échappa de la bouche d'Aslan, qui dit : « Levez-vous Fils d'Adam et Fille d'Eve. »
Le roi dit 'le juste' se leva maladroitement, et prit la main d'Hermione pour l'aider à se relever. Les yeux d'Aslan se posèrent sur les deux mains liées, avant de regarder Edmund et d'afficher une grande joie sur son visage. Le Lion dit : « Edmund, cela fait longtemps. »
Edmund rayonna. Désorienté par la vue du Lion, il dit : « En effet, Aslan. Je... je ne peux pas croire que vous êtes là. »
« J'apparais quand le besoin se présente, Roi Edmund le Juste, et je pense que le moment est venu pour moi de me montrer, » dit le Lion.
Ses yeux se posèrent lentement sur la jeune femme aux côtés d'Edmund. D'une voix profonde et rauque, Aslan dit : « Hermione Granger – la jeune femme se raidit et fixa le Lion avec de l'émerveillement sur son visage – Princesse des Lions, j'ai attendu que ce jour vienne. »
« Je… » bégaya Hermione. Elle s'éclaircit la gorge et rougit fortement, restant incrédule devant Aslan. « Je suis ravie. »
« Je pense que nous avons beaucoup de choses à nous raconter, » dit-il d'une voix grave. « Emmenez-moi à Cair Paravel, et je répondrai aux questions qui envahissent votre esprit. » Aslan regarda de nouveau Edmund en lui souriant avec douceur. Puis il ajouta : « Mais avant ça, je pense qu'il y a quelqu'un que vous attendez. »
Le Lion se retourna, et son regard se fixa vers l'horizon. Hermione et Edmund suivirent son regard, et discernèrent une silhouette à l'horizon qui s'approchait. Lorsque son visage s'éclaircit, Hermione relâcha un léger soupir lorsqu'elle vit le visage de Peter Pevensie.
Le Grand Roi s'arrêta à quelques mètres d'eux. Sans un mot, Aslan se décala, et son regard se posa avec fermeté sur les trois adultes impliqués dans la prophétie de Narnia.
Cela faisait peut-être des heures et des heures qu'ils se fixaient : personne ne le savait. Edmund ne voulait pas être celui qui briserait le silence qui régnait. Mais il le fit et, dans un sens, cela était approprié. Le roi dit 'le juste', sans vraiment y penser, se lança vers son frère et tomba dans les bras de Peter pour l'enlacer.
C'était gênant, apparemment, mais il ne pouvait pas se débarrasser de cette sensation dans ses yeux lorsque son frère lui tapota le dos.
« Je suis désolé, » dit Peter dans un simple murmure qui voulait dire beaucoup de choses. À juger le ton de sa voix, Edmund devina que son frère se retenait de pleurer.
Des légers halètements se firent entendre dans la prairie, et Edmund savait qu'Hermione pleurait à présent. Gêné, il se détacha de son frère et se retourna, posant ses yeux brillants sur la jeune femme en pleurs. Sa main était pressée contre sa bouche afin de contenir ses sanglots, mais les larmes continuaient de tomber.
« J-je suis désolée, » bégaya Hermione. Impulsivement, Edmund s'approcha d'elle afin de lui prendre les mains et de la réconforter. Et il eut un sursaut quand il se rappela que Peter se situait à quelques mètres d'eux.
Lentement, il se tourna et vit le visage de Peter qui affichait une douleur rien qu'en les regardant se tenir les mains. Puis son expression se transforma en culpabilité, puis en pure résignation. Ce fut seulement lorsque Peter lui sourit avec douceur et tristesse qu'Edmund réalisa qu'ils étaient pardonnés.
« Nous devons rentrer, » dit Aslan. « La nuit tombe, et nous devons discuter de beaucoup de choses. »
Lucy tomba à genoux et se mit à pleurer lorsqu'elle vit le puissant Lion entrer dans la Salle des Trônes. Susan eut une exclamation de surprise si forte que son bébé sursauta, et Caspian les fixa. La plus jeune reine se remit debout, et courut vers Aslan pour tomber dans ses bras. Le Lion gloussa lorsque Lucy enlaça son cou.
« Il semblerait que cela fait longtemps, » dit Aslan en regardant à travers la salle. Ses yeux atterrirent sur Sybille Trelawney, qui le regarda avec des yeux chaleureux. Le Lion ajouta : « Sybille, nous nous rencontrons de nouveau. »
Trelawnay acquiesça et s'avança vers lui, et Lucy se recula pour se mettre à ses côtés. La sorcière dit : « Cela fait du bien de te revoir de nouveau, Aslan. Cela fait longtemps. »
« En effet, » ajouta-t-il en acquiesçant simplement.
Les portes s'ouvrirent et entra Hermione avec Edmund, tous les deux portant Peter. Lucy et Susan réagirent instantanément lorsqu'elles virent leur grand frère. La jeune reine couru vers lui et pleura dans les bras de son grand frère. De son côté, Susan donna à la va-vite son bébé à son père et couru vers son frère afin de l'enlacer. Le Grand Roi pleura silencieusement alors qu'il prenait ses sœurs dans ses bras. Lucy fit venir Edmund dans l'embrassade familiale, et le roi dit 'le Juste' gloussa simplement tandis qu'une larme coulait sur son visage.
« Maintenant que nous sommes tous rassemblés ici, je vais pouvoir vous expliquer pourquoi je suis soudainement apparu, » dit Aslan en souriant chaleureusement à la famille réunie.
Les Pevensie se séparèrent et se rassemblèrent autour du Lion. Aslan, d'un autre côté, regarda Hermione droit dans les yeux et poursuivit : « La Sorcière Blanche est revenue, comme l'avait prophétisé Sybille, et nous savons tous qu'après cela, une guerre va éclater. »
Peter regarda ses pieds avec culpabilité, et Lucy lui prit la main pour le réconforter. Le Grand Roi lui sourit chaleureusement, puis ils regardèrent de nouveau Aslan.
Le Lion continua : « Mademoiselle Granger, je pense que le moment que vous attendez ardemment est arrivé. »
Hermione fronça les sourcils, confuse.
« Voulez-vous bien me montrer votre baguette s'il-vous-plaît ? » Demanda-t-il. La jeune femme réalisa enfin, incrédule face à sa requête. Tremblante, elle sortit son inutile bâton magique de sa manche et, avec précaution, elle le montra au Roi des Lions.
Aslan posa une patte sur la baguette. Tout le monde fut surpris de voir que la baguette s'agitait et brillait d'une lumière rouge qui provenait de son centre. Lorsqu'Aslan retira sa patte, il sourit avec gentillesse à la jeune femme stupéfaite. « Votre magie est de retour, et elle va vous aider dans votre combat contre Jadis, » dit-il.
Émerveillée, Hermione fixait à présent sa baguette immobile. Lentement, elle referma sa main sur elle et, instantanément, elle ressentit ce flot puissant et familier qui courait dans son corps à chaque fois qu'elle tenait sa baguette. 'C'est revenu, c'est revenu !' se dit-elle, légèrement désorientée de tout ce qu'il lui arrivait.
Doucement, elle dit « Lumos » et découvrit avec joie et soulagement la petite lumière qui apparaissait au bout de sa baguette.
« Bon sang, est-ce que je viens juste de- »
Hermione se tourna vers Edmund et pointa sa baguette sur le roi qui la regardait en silence, abasourdi. « Petrificus Totalus, » dit-elle, et ils virent tous avec amusement le jeune roi devenir de pierre et tomber à la renverse. Avant que son corps ne touche terre, Hermione ensorcela le sol afin qu'il puisse amortir sa chute. Le corps du roi rebondit légèrement, et ses yeux, seule partie de son corps qui pouvait encore bouger, regardèrent Hermione qui se penchait vers lui.
« Je te l'avais dit : dès que je retrouverais ma magie, tu serais le premier à la tester, » dit-elle avec une légère hilarité dans le regard. Quelques gloussements se firent entendre dans la salle, dont ceux d'Aslan, et son sourire s'élargit. « Finite Incantatem » dit-elle ensuite tout en bougeant sa baguette. Edmund fut libéré de son sort, et lui jeta un regard noir.
« La sorcière la plus brillante de son âge, » lui rappela-t-elle, et il soupira.
« Je garderais ça en mémoire à l'avenir, » dit-il en se relevant.
Hermione afficha un large sourire et le regarda tendrement, lui prenant la main pour la presser légèrement. Doucement, elle l'aida à se relever. Le regard d'Edmund atterri quelque part derrière elle et elle se raidit, se rappelant que Peter était également présent.
Elle se retourna, et ses yeux se posèrent immédiatement sur le Grand Roi. Son expression était indéchiffrable, et Hermione remarqua finalement les blessures fraîches sur son corps. Sans un mot, elle lâcha la main d'Edmund et s'approcha de Peter. Elle pointa sa baguette sur une de ses profondes entailles, et Peter la regarda, curieux.
« Vulnera Sanentur (1), » dit-elle. Le sang séché sur la blessure de Peter disparu rapidement. « Vulnera Sanentur, » dit-elle de nouveau, et la blessure se referma. Elle prononça une troisième fois cette formule, et les traces de sa blessure disparurent définitivement.
Peter la regardait avec des yeux doux et repentants, puis il murmura : « Merci. »
Hermione lui sourit chaleureusement. « Bienvenue à la maison... Peter, » lui dit-elle. C'est à ce moment-là que Peter réalisa qu'importe ce qu'il avait fait pendant que le pays était vulnérable, Hermione lui avait pardonné. Et cela lui suffisait pour le moment.
« Si je peux me permettre de poser la question, » commença Susan, et tout le monde la regarda, « est-ce vraiment nécessaire d'entraîner Hermione pour la guerre imminente, alors qu'il a déjà été prophétisé qu'elle vaincrait la Sorcière Blanche ? Tout ce que fait Hermione ne mène pas déjà à la mort de Jadis ? »
La jeune femme fixa Susan, impressionnée. En effet, il s'agissait là d'une bonne question, et Hermione sourit. Elle savait que si Susan avait été dans une maison de Poudlard, elle aurait été à Serdaigle.
« Ah, vois-tu chère Susan, certaines prophéties, même parmi les plus grandes, peuvent être changées. Seules les plus déterminées peuvent se réaliser, » dit Aslan tout en regardant Hermione avec un air entendu. « Je suis sûr que mademoiselle Granger sait de quoi je parle. »
Et puis, la jeune femme comprit : il parlait de la saga littéraire 'Le Monde de Narnia'' qu'elle possédait quand elle était plus jeune. Hermione devina que tous les événements abordés dans ces livres étaient issus d'une prophétie, mais maintenant qu'elle était à Narnia, tout avait changé. Hermione réalisa également qu'elle ne leur avait jamais dit qu'elle les connaissait avant même qu'elle ne les rencontre personnellement, notamment la fratrie des Pevensie.
« Je… et bien… » commença-t-elle, se sentant légèrement bizarre. « Avant que je ne sois envoyée ici, à Narnia, je savais déjà beaucoup de choses sur ce monde, et sur vous. »
Lucy fronça les sourcils et demanda : « Comment ? »
« Eh bien, voyez-vous, à mon époque, il y a une saga littéraire très connue nommée 'Le Monde de Narnia'. Il y a sept livres, et je les ai tous lus étant plus jeune, » expliqua-t-elle tout en remarquant l'étonnement apparaître sur le visage de tout le monde. Sybille acquiesça, confirmant les dires de la jeune femme, et adressa à la fratrie un grand sourire. « Dans cette saga, ce qui est écrit dans les premiers livres, avant la guerre avec les telmarins, s'est réalisé. Ensuite, les choses ont changé. Notamment lorsque je suis arrivée ici soudainement. »
Aslan sourit et s'approcha d'Hermione. « Je pense que mon ami Clive (2) a écrit ces histoires en respectant ce que je lui avais dit. La seule chose qu'il ne pouvait pas anticiper était la possibilité que les choses changent, après lui avoir tout raconté sur Narnia, du début à la fin,» dit le Grand Lion.
Puis il regarda chaque personne avec intensité, son regard devenant sérieux, et dit : « Par conséquent, l'avenir s'annonce menaçant, et je ne suis pas familier avec ça. Jadis ne cesse de regagner ses pouvoirs, et elle attend le bon moment pour se battre de nouveau contre la royauté narnienne. Je pense qu'elle a détecté le changement dans la magie à Narnia, depuis que j'ai redonné sa magie à Hermione. »
Je vous préviens, mes chers Fils d'Adam et Filles d'Eve, soyez prêts et souvenez-vous que je viendrais toujours vous aider, » dit-il d'une voix empreinte d'inquiétude.
« Vous partez de nouveau ? » Demanda Lucy d'une voix légèrement déçue.
Aslan lui adressa un sourire chaleureux et dit : « Hélas, je le dois. Mais appelez-moi, Lucy, et je viendrais vous aider. »
La jeune reine acquiesça tristement, les yeux se remplissant de larmes.
Le Grand Lion se tourna vers Hermione, et dit : « Soyez prêtes, Elue, et restez courageuse malgré tout ce qui va se passer, et rappelez-vous que ce sont ceux près de vous qui pourront vous apporter de l'aide. »
Hermione acquiesça avec détermination avant de promettre : « Je le serais. »
Avec un dernier regard pour tout le monde dans la Salle des Trônes, dont les visages étaient déterminés, Aslan les quitta l'esprit et le cœur léger.
Entre leurs mains, il savait que Narnia était en sécurité.
(1) Petite formule servant à soigner les blessures (comme dans la scène où Rogue soigne Drago suite au Sectumsempra).
(2) Il s'agit de Clive Staples Lewis, ou C.S. Lewis, l'auteur de la saga Le Monde de Narnia.
