- Clarke, ce carton je le mets où?

Lincoln tenait dans ses mains un énorme carton contenant toutes les affaires de travail de Clarke.

Tout le monde s'affairait dans la nouvelle maison du couple. Le jour du déménagement était enfin arrivé et la bande avait été réquisitionnée pour aider à installer leur nouveau nid. Le travail avait déjà bien commencé et même si chaque pièce ressemblait actuellement à un champs de bataille, Clarke commençait à voir le bout du tunnel. Les choses prenaient forme doucement.

Elle regarda à l'intérieur du carton avant de répondre à Lincoln.

- A l'étage, chambre de gauche après les toilettes.

L'homme s'exécuta et monta deux par deux les marches qui le menaient à l'étage. Clarke était la coordinatrice de tout ce raffut. Elle gérait les allées et venues de chacun en s'assurant que chaque carton finissait bien dans la bonne pièce. Un talant d'organisation qu'elle ignorait se révélait en elle.

Un peu plus loin, elle regarda Lexa qui, de la baie vitrée du salon, observait le jardin. La blonde s'approcha et se colla à son dos, après un furtif baiser dans son cou elle la tira de ses rêveries.

- Tu rêvasses pour ne pas avoir à défaire des cartons?

Lexa rit mais ne quitta pas le jardin des yeux.

- Non pardon, je regardais le cabanon je me disais que ni toi ni moi ne sommes de grandes jardinières.

- Tu es perspicace !

- Merci. Répondit Lexa en levant les yeux au ciel. Je me disais aussi qu'il serait parfait comme atelier pour ta peinture.

Clarke regarda à son tour le cabanon et se surprit elle aussi à rêver. Elle s'y voyait déjà.

- Bon évidemment il y aura des transformations à faire. Commenta Lexa. Rajouter des fenêtres pour que tu puisses profiter de la lumière du jour, ajouter des étagère, faire le sol...

Clarke ne lui laissa pas le temps de finir. Elle l'embrassa tendrement. L'idée était parfaite.

- On vous dérange pas trop?

Anya avait demandé cela en descendant les escaliers. Depuis le matin, elle était d'une humeur massacrante. Clarke fit une grimace à Lexa comme un enfant qui se serait fait grondé et elle retourna dans la cuisine aider Octavia à ranger la vaisselle. Lexa quant à elle, se saisit de sa visseuse et s'approcha du canapé afin de le monter. Il leur restait encore beaucoup à faire et Anya n'allait pas les laisser se reposer. Toute la bande était au travail, entraîné par la musique motivante, chacun avait son rôle. Harper s'occupait des branchements électrique, Lincoln et Lexa de montres meubles, Raven accrochait les lampes, Anya, Octavia et Clarke vidaient les cartons. Un vrai travail d'équipe parfaitement coordonné.

Cillian se fit remarqué un peu avant midi. Depuis le début de la journée, il avait été un vrai ange et n'avait pas ouvert la bouche. La musique ne l'avait pas gêné pour dormir, comme s'il savait que tout Le monde était occupé, il s'était fait discret. Oui, mais les heures tournaient et il n'était qu'un nourrisson. Il commença à montrer son agacement en pleurant doucement. Lexa lui lança un regard avant d'observer autour d'elle. Elle était la plus proche du petit garçon et personne, pas même ses parents, ne semblait vouloir venir l'aider. Elle reposa ses yeux sur Cillian une nouvelle fois avant que la voix d'Octavia ne lui parvienne.

- Tu sais, il ne va pas te manger tu peux le prendre!

Lexa la fixa comme si elle venait de dire la plus grande des absurdité. Lexa ne l'avait encore jamais porté, trop anxieuse pour essayer. Elle avait peur de lui faire mal ou de ne pas faire les choses correctement. Le simple fait qu'on puisse hypothétiquement lui dire qu'elle devrait effectuer une tâche d'une certaine façon la pétrifiait. Elle ne voulait pas que Clarke imagine qu'elle ne savait pas y faire. Après tout ce n'était pas la première fois qu'elle devait s'occuper d'un bébé, elle avait 15 ans lorsque Aden était venu au monde.

- Je vais faire chauffer son biberon. Indiqua Octavia. Aller prends le Lexa!

Clarke la regarda comme pour l'encourager. Lexa se décida finalement et s'approcha doucement du cosy dans lequel Cillian pleurait de plus en plus fort.

Il était si petit et si impressionnant en même temps. Lexa ouvrit la ceinture qui le gardait prisonnier et le saisit doucement. Lincoln vint alors se positionner à ses côtés un sourire calme sur le visage.

- Voilà, très bien, tiens bien sa tête. Encourage a-t-il.

L'homme lui faisait totalement confiance et la laissait positionner son fils dans ses bras incertains. Cillian continuait de pleurer visiblement conscient du malaise. Lexa changea alors de position et le colla contre elle, tête contre son cœur, un bras le soutenant par le ventre et l'autre tenant sa petite tête fragile. Lexa commença de doux balancements de droite a gauche pour le calmer et à sa plus grande surprise la technique fonctionna.

Lincoln lui fit un clin d'œil et se remit au travail, conscient que Lexa avait la situation bien en main. Clarke quant à elle ne pu réfréner son envie. Elle s'approcha de sa compagne et caressa tendrement la tête de son filleul.

- On dirait que tu sais y faire! Commenta-t-elle amoureusement.

Lexa profitait de ce moment, elle continuait de le bercer en l'observant. Comment un si petit être pouvait vous faire ressentir autant de chose? Il l'avait ensorcelée dès la première seconde où elle l'avait vu à l'hôpital. Pendant que Clarke était au chevet d'Octavia pour s'excuser de ne pas avoir été là, elle avait suivit Lincoln jusqu'à la nurserie pour aller récupérer Cillian. A travers la vitre elle l'avait vu dans son berceau, les yeux grands ouverts prêt à affronter monde qui l'entourait. Son cœur avait fait un bon et il n'en fallut pas plus pour qu'elle tombe sous son charme. Ce petit la tiendrait par le bout du nez tout au long de sa vie, elle en était persuadée.

Octavia revint avec le précieux biberon et récupéra son fils des bras de Lexa. La jeune maman s'en sortait à merveille. Elle était fatiguée, certes, mais arrivait à combiner les différentes facettes de sa vie. Heureusement, Lincoln était très présent et ne laissait pas tout gérer seule. Ils étaient une vrai équipe comme il était rare de le voir.

Alors que la porte sonnait, Clarke abandonna Lexa pour aller répondre. Il s'agissait sans doute des pizza qui arrivaient enfin. Lexa remarqua que Raven quittait la pièce pour aller sur la terrasse. Depuis son arrivée, elle avait été silencieuse, elle ne riait pas comme d'habitude et ne cherchait pas à taquiner celle qui était progressivement devenue sa meilleure amie. Peut être était-ce le fait d'avoir dû ressortir ses béquilles qui la rendait ainsi? Lexa la suivit à l'extérieur, et alors que Raven prenait place sur une chaise encore emballée par son plastique de protection, Lexa lui tendit une bière. Sa belle-sœur hésita à la saisir, depuis que les médicaments faisaient parti de son alimentation journalière, elle évitait de consommer de l'alcool.

- Aller, une bière ne va pas te tuer. Pressa Lexa, Raven accepta finalement et alors qu'elle buvait une gorgée, Lexa reprit. Tu nous évites ?

- Non désolée, ce n'est pas ce que tu crois. J'ai juste pris 2 minutes au calme.

- Ça n'a pas l'air d'aller aujourd'hui

- Si ne t'en fais pas.

- Je commence à te connaître maintenant. Et depuis votre arrivée je ne t'ai vu parler à ma sœur qu'une seule fois.

- Ce n'est rien.

Lexa soutenait son regard, elle ne lâcherait rien tant que l'autre brune ne lui aura pas répondu.

-On s'est disputé avant de venir ici. C'est tout.

- Encore à cause de l'opération ?

- Je sais que je devrai la faire cette chirurgie. Concéda Raven après un soupire. J'ai les lobaires complètement compressées, la colonne contractée, les nerfs qui ne s'irriguent pas correctement. Je sais tout ça mais en même temps on touche à ma colonne, les risques sont énormes!

- Le docteur kae est le meilleur neurochirurgien, tu peux avoir confiance.

- Je sais mais le risque 0 n'existe pas, je pourrais perdre mes jambes!

- Et si tu continues comme ça les douleurs ne feront que décupler.

- On dirait entendre Anya.

Lexa posa une de ses main sur l'épaule de Raven.

- Désolée, je ne veux pas prendre partie et tu sais que je te soutiendrai quoique tu fasses, mais pense un peu à ta vie et à ce que tu veux en faire. Tu ne peux déjà plus travailler au café, et après ça sera quoi? Tu ne pourras plus te déplacer sans une béquille ou carrément en fauteuil? Plus tu attends plus les séquelles seront irréversibles.

Anya arriva à son tour sur la terrasse. Elle croisa les bras, son air strict sur le visage. Lexa savait qu'elle était de trop et que si sa sœur faisait l'effort de venir rejoindre sa femme c'était pour une bonne raison. Elle décida donc de rentrer.

- Je vous laisse, je pense que vous avez pas mal de chose à vous dire.

Elle s'approcha d'Anya et murmura a son oreille:

- N'y vas pas trop fort avec elle, elle a peur c'est tout, laisse la faire son chemin, tu sais qu'elle prendra la bonne décision.

Aujourd'hui

- Raven s'est fait opérer ?

- Un mois après notre discussion. Elle a prit la décision seule sans avoir l'impression d'être brusquée

- Et maintenant, comment va-t-elle?

- Il y a des haut et des bas. Quand je suis partie les choses n'étaient pas évidentes. Le stress joue beaucoup sur sa santé .

Lexa et Hanna se trouvaient sur la terrasse. Lorsqu'elles étaient rentrées, Lexa avait fuit sous la douche. Elle ne voulait pas faire face aux questions d'Hanna. Puis, comprenant qu'elle devrait bien affronter la réalité à un moment ou à un autre, elle l'avait rejoint. Les deux femmes mangèrent en silence. La psychologue avait bien comprit qu'investiguer sur la fuite de la brune ne serait productif. Lexa avait eu besoin d'air et elle le comprenait parfaitement. Les journée étaient longues et intenses, depuis qu'elle était arrivée, Lexa parlait sans retenue de ces derniers mois, mais plus les heures passaient, plus elle se rapprochait de sa chute. De ce moment qui l'a brisée. La psychologue savait que si Lexa faisait autant durer son récit, c'était pour ne pas avoir à affronter le pire. Psychologiquement parlant, elle ne voulait pas le revivre. Pourtant il le fallait. C'était la raison qui avait poussé Hanna à ne pas retourner dans son bureau, elle se disait qu'en étant dans un autre cadre, Lexa en oublierait peut être sa stratégie et se confirait. Malheureusement, il n'en était rien. Lexa continuait son récit, se fixant sur des détails de son histoire: l'adoption de Wheeler, les premiers jours dans leur maison, les travaux dans le cabanon, les soirées entre amis. Tous ces moments futiles mais qui représentaient la joie et le bien être de ces derniers mois.

- Le jour que je préférais, c'était le jeudi. Expliqua Lexa. Je partais plus tôt du bureau, vers 18 heures et je rejoignais Clarke en ville. On dinait ensemble au restaurant, c'est drôle car elle ne voulait jamais que je paye. Elle disait que c'était son rencard! Puis on rentrait à la maison et on regardait un film. Ce n'est pas grand chose tu me diras, tous les couples le font mais pour nous c'était spécial... c'était un moment coupé du monde extérieur où l'ont pouvait vraiment se concentrer sur nous.

Hanna alluma une cigarette alors que Lexa prenait une pause. La brune commençait à ne plus trouver de bon moments a conter. Elle jouait nerveusement avec les manches de son pull. Sa psychologue la fixa un instant et finit par poser une main rassurante sur son bas. Lexa releva les yeux et se racla la gorge.

- Lexa, interpela Hanna. Qu'est-ce qu'il s'est passé le 13 juin dernier?

Une hésitation, Lexa n'arrivait pas à prendre la parole. Elle tirait de plus en plus fort sur ses manches. C'était au dessus de ses force. Parler du 13 juin voulait dire se replonger dans la pire nuit de sa vie, cela voulait aussi dire parler des trois mois qui avaient suivit, cela voulait dire avouer sa faiblesse, avouer sa dépression.

- Lexa. Retenta Hanna. On est arrivé au moment où tu dois l'évoquer.

- Je ne peux pas. Chuchota Lexa. Je ne peux pas me replonger là dedans.

Lexa se leva et bien qu'Hanna essaye de la retenir, la jeune femme ne pu rester ici une seconde de plus. Elle monta rapidement les escaliers et s'enferma dans sa chambre. Comme pour mettre une barrière entre elle et la réalité, elle ferma la porte a clé et laissa son dos glisser contre le mur. Le visage entre ses mains, elle visionnait ces flashs sans fin et ne pu retenir ses larmes.

Clarke de son côté, attendait patiemment dans le terminal. Billet en main, elle avait passé tous les contrôles de sécurité. Il ne restait plus qu'à patienter pour pouvoir embarquer. Son vol était dans une heure et la blonde n'arrivait plus à contenir ses nerfs. Voler n'avait jamais été quelque chose qu'elle appréciait, l'idée d'être dans les airs enfermée dans une boîte de métal était si absurde que son cerveau ne pouvait pas l'accepter. Elle n'avait pas une réelle phobie, une fois en vol, son corps se calmait et elle pouvait profiter du voyage, mais comme beaucoup le décollage et l'atterrissage étaient un vrai supplice.

Elle regardait autour d'elle, les hommes et les femmes d'affaire avaient le nez rivé sur leur téléphone et cette vision lui rappela Lexa. décidément, ils étaient tous pareil au final et Clarke se demanda ce que Lexa lui aurait dit pour la rassurer. Les yeux fixé sur un écran, sa main sur sa cuisse, elle n'aurait pas eu besoin de la regarder, elle aurait senti sa tension, l'aurait perçu sans explication et lui aurait dit quelque chose comme "aller amour! tout ira bien tu verras! des avions j'en prends des dizaines par année, il n'y a rien de plus sûr!" Clarke pouvait l'imaginer sans le moindre problème, entendre cette voix la calmer et la rassurer. petit a petit, la blonde sentit son angoisse baisser, elle ferma un instant les yeux et s'imagina encore et encore la femme qu'elle aimait l'apaiser tendrement.

Lexa avança d'un pas peu sûr a travers le long couloir. Elle était déjà revenue 3 fois sur sa décision avant d'avancer vers la porte du bureau d'Hanna. Elle avait passé une heure a réfléchir à tout cela, à hésiter et à peser le pour et le contre. finalement, le pour l'avait emporté et avait quitté sa chambre. mais voilà, les nerfs lui manquaient, ce courage qui la qualifiait pourtant si bien était comme inexistant maintenant.

De sa main tremblante, elle toqua a la porte. Encore une hésitation, elle avait le temps de repartir, elle pouvait courir et retourner se cacher, mais le temps qu'elle y réfléchisse, Hanna ouvrait déjà la porte.

- Je suis prête. Dit simplement Lexa.

Hanna hocha la tête et ouvrit un peu plus la porte afin de faire pénétrer Lexa dans le bureau. La brune prit place sur son fauteuil habituel et croisa les jambes, sa psychologue, de son côté, ne s'empara pas de son bloc note cette fois-ci. Elle se mit en tailleur sur sa chaise et attendit que Lexa prenne la parole.

- Ca devait pourtant être la plus belle soirée de ma vie. Commença Lex d'une voix tremblante.

- Et si tu commençais par me raconter ça? Le début de cette nuit?

La patiente souffla, elle s'accorda une seconde pour se canaliser.

- C'était il y a trois moi, j'allais enfin demander à Clarke de m'épouser.


Clarke gara la voiture dans l'allée du garage, elle ne rentrait jamais à l'intérieur car la télécommande du portique n'avait plus de pile et elle oubliait tous les jours d'en acheter. La journée avait été longue. Pour une fois c'était elle qui rentrait tard. Elle avait cru tuer Marcus. Il était arrivé sur les coups de 16 heures à la galerie et avait voulu, pour une raison qu'elle ignorait encore, passer en revue chaque œuvre les unes après les autres en compagnie de son bras droit. Clarke le maudissait, elle qui espérait finir tôt ce soir, s'était retrouvée à 20 heures à prendre des notes sur un tableau qui était de toute manière vendu. Jamais Marcus ne faisait ça, c'était comme s'il avait eu pour mission de la retenir à la galerie.

Clarke bailla, les mains sur son volant puis elle sortit de la voiture et se dirigea vers la porte d'entrée avant de s'arrêter un instant. Aucune lumière n'était allumée, pas un signe de vie dans la maison. Il était tard pourtant et lexa aurait dû être là, la brune ne l'avait pas prévenue d'une réunion ou d'un dîner d'affaire, chose qu'elle faisait scrupuleusement depuis leur retour du chalet.

L'estomac de Clarke se serra, était il arrivé quelque chose à sa compagne? Il est vrai qu'elle n'avait pas répondu à son message lorsque Clarke l'avait prévenu de son retard. Un pointe d'agacement la traversa, elles n'étaient quand même pas revenu au même point qu'il y a quelque mois?

Elle ouvrit la porte et fut accueillie par Wheeler et un soupire de soulagement la quitta. Si le golden retriever était là, Lexa était rentrée. Elle devait tout simplement dormir. La blonde alluma la lumière et fronça les sourcils en découvrant un chemin de pétale de rose. Il n'était pas très droits, des pétales étaient dispersées un peu partout, le chien avait du s'amuser à détruire la jolie réalisation.

Clarke sourit et suivit le chemin qui la conduisait jusqu'au salon. De la baie vitrée elle remarqua instantanément que le cabanon était illuminé, Clarke s'en approcha et traversa la terrasse. Elle fit encore quelque pas dans l'herbe avant d'arriver au cabanon. Sans savoir pourquoi, elle stressait. Ses mains étaient moites, sa respiration saccadée, elle avait peur de s'être trompée, que son esprit lui joue des tours et que Lexa ne se trouverait au final pas derrière la porte, elle avait peut être tout simplement oublié d'éteindre la lumière en partant hier soir et les pétales n'étaient en faite qu'une nouvelle bêtise de Wheeler

Peu sûre, elle ouvrit la porte et son sourire rayonna presque aussi fort que les bougie qui éclairaient la pièce. Lexa se trouvait au centre du cabanon, elle avait repoussé les chevalets et autres toiles sur le côté pour pouvoir y installer des bougies et des bouquet de fleurs elle avait du goût ça ne faisait aucun doute. La brune souriait timidement. Elle n'avait pas l'air aussi confiante qu'à son habitude et gardait nerveusement ses mains derrière le dos. Clarke se dit qu'elle n'était pas assez habillée pour tout cela, elle était encore en jean/ t-shirt et converse tandis que lexa avait revêtu une belle chemise blanche dont elle avait retroussé les manches jusqu'aux coudes. Ses cheveux étaient lâchés et elle s'était maquillée.

- salut. Murmura la brune

- salut... qu'est ce qui se passe?

Clarke s'approcha de sa compagne, Lexa l'embrassa du bout des lèvres et lui prit ses deux mains. La blonde sentait les tremblements, Lexa n'avait jamais été aussi stressée.

- Marcus est encore en vie ou tu l'as tué pour pouvoir rentrer à la maison?

- C'était toi! S'exclama Clarke en la pointant de doigt. Tu as tout manigancé !

- Comme tu peux le voir, j'avais quelques petites choses à préparer.

Clarke regarda encore autour d'elle et essaya de calmer son cœur.

- qu'est ce que ça veut dire tout ça Lexa ?

- il y a presque deux ans maintenant tu es rentrée dans ma vie et tu as absolument tout bouleversé. Tu as été une vrai tornade Clarke Griffin. J'ai croisé ton regard bleu azure et c'était fini pour moi. Tu as changé ma vie de la meilleure façon qu'il soit. Tu m'as appris qu'il y avait d'autre chose que le travail, que l'amour ce n'était pas une faiblesse et qu'on pouvait être heureux. Tu m'as appris au final exactement ce que mon père a essayé de me montrer tout au long de ma vie. Il a fallu que j'attende mes 27 ans pour le réaliser. Depuis que je suis avec toi, ma vie a prit un tournant incroyable et je ne veux que ça change sous aucun prétexte. Je te veux chaque jour, pour le restant de ma vie.

- Lexa..

La brune sorti alors de sa poche arrière un écrin bleu que Clarke ne connaissait que trop bien, elle qui avait flâné tant d'heure sur le site de Tiffany and CO savait ce que cette boîte bleue si connue renfermait.

- Clarke Griffin est ce que tu me ferais l'honneur de devenir ma femme ?

Sommes nous vraiment préparé à ce moment? Qu'importe le nombre de fois où en a rêvé, qu'importe les discussions avec ses meilleures amies, le moment où nous entendons ces mots est comme un coup de massue. Votre souffle se coupe, vos jambes ne vous soutiennent plus, tout vos muscles tremblent sans que vous n'arriviez à les contrôler. Et bien que vous souhaitiez parler, aucun son ne peut sortir. C'est exactement ce que vivait Clarke à cet instant, elle était pétrifiée. Son cerveau lui hurlait de répondre mais le choc était bien trop grand

- Ben ça alors... murmura-t-elle a bout de souffle.

- Ben ça alors oui ou ben ça alors jamais de la vie? Demanda Lexa un peu plus renfermée

Clarke croisa enfin son regard et aperçu la crainte, la peur réelle dans les yeux de Lexa. Cette vision la ramena sur terre immédiatement et elle sourit, aussi fort qu'elle le pouvait.

- Ben ça alors oui! Évidemment oui! Un millier de fois oui!

Lexa laissa échapper un sourire et glissa enfin le solitaire au doigt de la blonde qui lui sauta au cou pour l'embrasser.

Leur étreinte dura une éternité sans qu'elles ne puissent se séparer, c'était trop intense, trop beau pour s'arrêter. Elles étaient dans leur bulle dans ce nuage d'amour


- Lexa? Demanda Hanna.

Lexa s'était coupée dans son récit, incapable de prononcer le moindre mot. elle oscillait entre la joie de repenser à ce moment et l'angoisse de la suite.

- Je ne sais pas si je vais y arriver.

La psychologue quitta son fauteuil et vint s'accroupir devant Lexa, elle lui caressa tendrement la cuisse.

- Prends ton temps


Lexa essayait de reprendre son souffle, elle n'en pouvait plus. Clarke remontait doucement vers ses lèvres en embrassant chaque parcelle de son corps nu. Les deux femmes allongées dans le lit n'avaient pas réussit à décoller leur corps de toute la nuit. Le soleil commençait à percer dans le ciel, il était encore tôt, bien trop tôt ou tard, bien trop tard pour être encore éveillées mais ça, ni Lexa ni Clarke n'en avait à faire. Elles avait besoin l'une de l'autre.

- Tu vas me tuer! Un jour Clarke tu vas me tuer.

- Tu devrais me demander de t'épouser plus souvent! Plaisanta Clarke en caressant le visage transpirant de sa fiancée.

- Pourquoi? D'habitude tu ne prends pas autant de plaisir au lit?

Un éclat de rire s'échappa de Clarke. C'était si bon d'être ensemble, de profiter de ce moment qui avait suivi cette demande en mariage que Clarke n'avait pas imaginée. Elles n'en avaient jamais vraiment parlé toutes les deux. C'était un sujet discret bien qu'il soit toujours là comme une ombre. Clarke savait que Lexa voudrait franchir le pas un jour, mais elle pensait que sa fiancée aurait besoin d'un peu plus de temps pour se décider. Il n'en était visiblement rien. Lexa était prête, tout autant que Clarke.

Avant de consommer leur amour, elles avaient beaucoup parlé. Assises sur le sol de l'atelier, champagne à la main, elles avaient déjà une nette idée de ce qu'elles voudraient pour leur union: une cérémonie simple sans trop d'invité, pourquoi pas dans leur propre jardin? Elles avaient échangé longtemps sur les différents points de cette journée magique avant que Lexa ne les fasse redescendre sur terre.

- Si je n'invite pas le conseil d'administration, ils vont prendre ça comme une insulte.

- Tout le conseil? Avait demandé Clarke sur la retenue.

Lexa l'avait simplement embrassée sur la joue en guise de réponse. Leur mariage simple au fond du jardin ne serait qu'un rêve, Lexa n'était pas n'importe qui et même pour le jour le plus important de sa vie, elle avait des contraintes.

Bien qu'elle soit déçue, Clarke n'allait pas laisser ce détail entacher son bonheur. Ce n'était pas le plus important.

Alors qu'elles se rapprochaient encore une fois dans un baiser langoureux, le téléphone de Clarke sonna. Évidemment, ses amies venaient aux nouvelles. Déjà complice de la demande de Lexa, elles ne pouvaient plus attendre. Raven fut la première à appeler, suivie rapidement par Octavia et Harper. Les différents appels prirent plus de 45 minutes sur le temps du couple fraîchement fiancé, mais qu'importe, elles avaient toute une vie pour fêter cela.

Quand enfin Clarke eut raccroché avec Harper, Lexa se jeta sur elle, l'embrassant avec passion. Enfin elle ne purent faire qu'une et profiter de ce moment à deux qui dura plusieurs heures.

C'est ainsi qu'elles avaient fini, dans leur lit, l'esprit embué, le corps fatigué et le cœur bondissant. Tout était si parfait, si magique.

Lexa caressait le haut de la poitrine de Clarke du bout des doigts, souriant en voyant apparaître des frisson sur son corps découvert. Elle adorait cela, doucement elle vint poser quelques baisers sur cette clavicule offerte, elle profitait de chaque parcelle de ce corps qu'elle aimait tant.

C'est la sonnerie de son téléphone qui la stoppa dans son élan de tendresse. Elle fronça les sourcils, il était 4 heures du matin, il était impossible que quelqu'un cherche à la joindre maintenant. Clarke se releva également, ne comprenant pas plus que sa compagne les raison de cette sonnerie.

Lexa regarda le numéro d'appel, il n'était pas référencé dans son téléphone mais l'indicateur était bien américain, il ne s'agissait donc pas d'un client étranger. La brune décrocha enfin après s'être raclé gorge.

- Allô ?

- Mademoiselle Wood, je m'excuse pour mon appel. Je suis le docteur Green de la résidence Bellevue.

- Il y a un problème avec mon père?

Elle avait demandé cela d'une voix tremblante, Clarke vint, comme si elle sentait quelque-chose, se coller à elle, menton contre son épaule et bras entourant sa taille.

- Je suis désolé Mademoiselle, mais il semblerait que votre père ait fait un malaise pendant la nuit. Nous pensons à un accidents vasculaire cérébral. Nous l'avons retrouvé inconscient lors de la tournée de nuit.

- Mais il va bien? Pressa Lexa.

- Mademoiselle Wood, je pense qu'il serait bien que vous veniez au plus vite.

Il ne répondait pas franchement à la question et son attitude agaça la brune. Ses mains commencèrent a trembler, elle ne pouvait pas analyser tout ce qui lui passait par la tête.

- Je ne comprends pas. Dit-elle finalement a voix basse.

Clarke embrassa son épaule avant de murmurer a son oreille.

- On devrait y aller Lexa, c'est important.

La brune ne la regardait pas, ses yeux étaient dans le vide. Machinalement, elle raccrocha: sans un mot, sans un au revoir. Elle ne réfléchissait plus, comme paralysée. Clarke descendit du lit, elle prépara leur tenue et s'habilla rapidement. Pendant ce temps, Lexa restait immobile, le téléphone encore dans la main, elle ne respirait presque plus, tourmentée par toutes ces émotions. Sa fiancée s'approcha, elle l'aida et se relever, lui tendit ses vêtements et lui murmura des mots rassurants. Clarke avait déjà vécu une situation similaire lorsqu'Octavia avait perdu son petit-ami de l'époque. Elle s'était occupée de sa meilleure amie, avait fait le nécessaire pour la soulager. Mais Octavia avait son frère, ses parents pour l'aider. Lexa, a cet instant n'avait que Clarke. La blonde devait être forte, elle devait porter toute cette peine sur ses épaules. Bien sûr, elle aurait pu appeler Anya, lui demander de les rejoindre mais Lexa s'y était opposée.

- On ne va pas déranger ma sœur pour une fausse alerte. Avait-elle dit dans un soupire.

- Lexa, je pense que c'est sérieux tu sais...

- C'est une fausse alerte. Avait-elle répété. Il est entouré de médecin, ils ont l'habitude, on va arriver et tout sera rentré dans l'ordre.

Le déni, Lexa était en plein dedans et Clarke savait que quoiqu'elle dise, elle ne serait pas entendue ni comprise. Lexa ne voulait pas voir la gravité de la situation, elle n'était pas prête a l'affronter.

Le trajet en voiture se fit dans un silence absolu. Clarke ne mit même pas la radio. Le seul bruit était celui du moteur et des pneus sur la route, rien de plus. Lexa avait collé son front contre la vitre et regardait le paysage défiler sous ses yeux. Les lumières de la ville, le levé du soleil, la lune en croissant qui disparaissait gentiment. Elle avait le temps de tout regarder, de prendre chaque vol d'oiseau comme un signe, d'espérer, prier même pour que rien ne gâche son bonheur. Elle le touchait enfin des doigts, elle avait trouvé son équilibre après tellement d'embûche. Polis allait mieux, son couple respirait la joie de vivre, elle avait des projets, les choses ne pouvaient pas mal tourner. Pas maintenant.

Clarke n'osait pas dire quoique ce soit. Elle devait être forte, se comporter comme un roc, elle savait que les jours à venir seraient d'une difficulté sans pareille. Lexa pouvait affronter les coups durs temps qu'elle restait dans le contrôle, les derniers mois l'avaient bien prouvé, mais cette fois-ci, elle n'était plus la commandante, elle n'avait aucune influence sur la vie ou la mort, elle était humaine, semblable aux autres.

La blonde resserra un peu plus ses doigts sur le volant et ses yeux tombèrent sur le solitaire qu'elle portait a son annulaire gauche, comment les choses avaient-elles pu s'effondrer ainsi?

Enfin, de sa voix faible, Lexa brisa le silence. Elle regardait Clarke de ses yeux mouillés.

- Dis-moi qu'il ne va pas mourir. Supplia Lexa.

Clarke détourna son regard de la route, un boule coinsa sa gorge et ne pu répondre qu'avec une voix étriquée.

- Je ne peux pas te promettre ça Lexa.

- Je ne suis pas prête pour ça. il ne peut pas me laisser maintenant. Ce n'est pas possible. On sait que des gens s'en remettent, il faut juste...

- On ne sait pas depuis combien de temps il était par terre. Coupa doucement Clarke. Il était déjà tellement faible avant ça. Tu te souviens le week-end dernier? Il était vraiment confus.

- je ne peux pas Clarke. Répondit simplement Lexa.

- je sais. Elle posa sa main sur sa cuisse. Je suis là, je te promets que je ne te lâcherai pas.

La route était longue, interminable pour toutes les deux. Lorsqu'elles arrivèrent enfin, le soleil était levé. Les gens se réveillaient doucement, certains devaient boire leur café tandis d'autres étaient déjà parti travailler.

Le parking était désert, et il paraissait bien moins accueillant qu'en temps normal. Lexa sortit rapidement de la voiture une fois que Clarke eut coupé le moteur. Elle se dépêcha de rejoindre la réception, la blonde sur ses talons.

Lexa vit rapidement la mine grave de l'aide soignante au bureau qui se leva précipitamment. Clarke n'eut pas besoin d'explication, elle comprit immédiatement la situation. La brune au contraire était comme dans un tunnel, elle ne voyait rien, ne comprenait rien. Clarke tenta de lui prendre la main afin de la retenir mais Lexa ne le remarqua même pas. Elle s'approcha de la femme.

- Mademoiselle Wood..

- Je viens voir mon père, est ce qu'il est dans sa chambre habituelle?

- Je vais appeler le médecin. Répondit la soignante en baissant les yeux.

- Dites moi juste où est mon père.

- Lexa...

- Je veux le voir! Cria Lexa

Elle avait perdu son sang froid et sa politesse. Rien d'autre ne comptait a par son père a cet instant. Clarke vint se positionner dans son dos et entoura sa taille de ses deux bras. Elle sentait que Lexa venait a réaliser ce qu'il se passait. C'était une évidence, un choc, elles étaient arrivées trop tard.

Lexa ne craqua pas, elle restait impassible, le souffle court, il était difficile pour elle de respirer, comme si ce hall d'entrée manquait d'oxygène. Elle ne voulu pas s'asseoir en attendant le médecin, elle était restée droite, fixe, le regarder absorbé par le mur blanc. Elle sentait les caresses de Clarke, cette étreinte qui se voulait rassurante mais au fond d'elle, elle était vide.

Mine grave et tête baissée, c'est ainsi que le médecin arriva. Il lui tendit la main qu'elle ne prit pas la peine de serrer et lança un regard désolé à Clarke qui essaya de lui sourire tristement.

- Je suis désolé Mademoiselle Wood. Annonça-t-il a voix basse. Nous n'avons rien pu faire.

Elle n'écoutait pas, elle ne le pouvait pas. Elle entendit simplement Clarke répondre a sa place et discuter quelques instants avec le médecin. Ce qu'ils se disaient? Lexa n'en avait aucune idée, tout était si abstrait pour elle.

Doucement, elle sentit la main de Clarke l'entraîner plus loin dans le couloir. Elle suivait l'homme à la chemise blanche et resserrait de plus en plus leur mains liées. Le moment qu'elle s'apprêtait a vivre allait la marquer pour toujours.

Ici, dans cette chambre qui l'avait abrité durant deux ans, elle découvrait son père allongé dans ce lit, le dossier remonté. Ainsi on croyait qu'il était légèrement assis. Seuls ses yeux fermés montraient qu'il n'était pas éveillé. Son teint était si gris, on le reconnaissait a peine, comme si en quittant son corps, son âme avait prit tout ce qui le rendait "lui". Maintenant, il ne restait plus que cette ombre qui planait, cette aura sombre qu'était la mort. Dans ses mains une tulipe avait été glissée, un geste de la part des infirmières pour rendre la scène moins tragique mais cela ne correspondait pas à Gustus. Lexa, si elle l'avait pu, les aurait arrachées, son père n'aurait pas apprécié cette vision de lui "féminisée", il avait toujours été un peu macho, et trouverait ça ridicule de se voir ainsi. Mais le geste partait d'une bonne attention et ne lui voulait aucun mal.

Lexa ne bougeait pas, elle avait beau le regarder, elle s'attendait a le voir bouger d'une seconde a l'autre. Ses yeux rivés sur son torse, elle avait l'impression de le voir se soulever, comme si Gustus dormait paisiblement. C'était si étrange, si angoissant a la fois.

Comme si une frontière imaginaire la bloquait, Lexa ne pouvait pas avancer. Il n'y avait pourtant que quelques pas à faire pour s'approcher de son père, ce n'était pas grand chose. Mais avancer voulait aussi dire accepter, se rendre compte que tout était fini. Doucement, elle sentit la main de Clarke l'entraîner à l'intérieur. Clarke lui donnait cette force, ce courage d'affronter, de passer cette barrière entre la vie et la mort et de voir en face cette terrible épreuve.

Lexa était face à ce corps sans vie et d'une main tremblante, elle posa ses doigts sur cette joue froide. Elle sentait les picotements de la barbe grise frotter sa peau, mais ce n'était pas comme d'habitude. Ce corps était glacé, rigide. Elle sentit une larme tomber, puis une seconde avant de réaliser que ses yeux ne contrôlaient pas sa peine. Elle pleurait face à cette vision sans pouvoir s'arrêter, sans rien contrôler. Clarke resserra son emprise, tentant de ne pas craquer. Mais bien que sa présence soit nécessaire, elle ne calmait pas Lexa, elle était comme invisible.

Lexa se sentait seule, Lexa se sentait sombrer. C'était le début de sa descente aux enfers.


- J'ai été dans un tunnel pendant cinq jours. je n'avais pas conscience de tout ce qui m'entourait. Il y avait tellement de chose à gérer entre les appels, les préparatifs pour la cérémonie, les rendez-vous avec les pompes funèbres. Rien d'autre n'existait.

- Tu étais seule? Demanda Hanna en essayant de ne pas brusquer Lexa.

La brune hocha la tête négativement. Elle jouait avec une peau morte sur son pouce, les picotements lui rappelaient qu'elle n'était pas entrain de cauchemarder. Sans regarder Hanna, elle continua:

- Clarke ne me quittait pas, elle prenait le relais lorsqu'elle sentait que je n'en pouvais plus et Anya avait presque déménagé chez-nous. J'étais couvée, je crois que je ne réfléchissais même pas par moi-même.

- Et comment tu te sentais face à leur attitude?

- Je ne sais pas... parfois, cela me faisait me sentir mieux, un peu comme une enfant qu'on surprotège, et parfois j'en avais assez, je voulais qu'on me laisse gérer tout ça.

- Tu penses que leur façon de te couver à eu un impact pour la suite?

Lexa hésita avant de répondre. Elle prit le temps d'y réfléchir et pesa chaque mot.

- L'histoire était déjà écrite. Finit-elle par dire. D'une façon ou d'une autre elle se terminerait de cette façon.

Cette dernière phrase interpella Hanna qui fronça les sourcils.

- Terminer ? Pour toi l'histoire est terminée ?

Un nouveau hochement d'épaule sans réponse. Lexa ne savait pas la réponse à cette question. Hanna décida de fermer son calepin et fixa la brune.

- Je crois que depuis quelques jours, à force de tout remémorer, on a pu découvrir l'importance de tout ce qui t'entoure, il serait dommage de penser que cela doit s'arrêter.

- Peut être oui.

Le changement d'attitude de Lexa était flagrant, comme si rien que l'évocation du départ de Gustus l'effaçait en tant que femme.


Il y a trois mois

Comme un fantôme, Lexa était assise, le regard dans le vide, sur son lit. Vêtue d'un peignoir, les cheveux tout juste lissés, elle ne bougeait pas. C'était à se demander si elle était dans ses pensées ou simplement perdue.

Le jour de l'enterrement était enfin arrivé, tout était prêt et l'heure s'approchait à grand pas. dans moins d'une demie heure, elle et Clarke se mettraient en route pour rejoindre l'église. Du haut de sa chambre, Lexa entendait sa fiancée gérer les dernière choses.

En effet, la blonde endossait le rôle de coordinatrice. Elle s'était levée tôt, s'était préparée et avait reçu le personnel s'occupant de la réception qui aurait lieu après la cérémonie. Par soucis d'intimité, Lexa avait préféré recevoir les personnes les plus proche ici-même, dans leur maison. Un traiteur et deux serveuse s'occuperaient de tout cela. Clarke leur donnait les dernières indication, l'heure de leur arrivée ainsi que les dernière choses à préparer. La peintre se sentait débordée et souhaitait que tout soit parfait, il ne fallait pas que Lexa trouve quoique ce soit à redire, elle ne le supporterait pas. Anya avait donné de son temps pour aider et heureusement, elle était d'un soutien sans faille, sans oublier ses propres parent qui avaient fait le voyage pour apporter leur aide. Bien que la blonde ne soit pas seule, elle ne se sentait pas apte à gérer tout cela.

Depuis cinq jours, elle voyait Lexa dépérir. Elle ne parlait que très peu, n'abordait aucun sourire et semblait ne s'intéresser à rien. Il était difficile de s'occuper d'elle, parfois Clarke avait l'impression d'en faire trop et la seconde d'après, elle avait peur de délaisser sa compagne. Il n'était décidément pas évident de l'accompagner dans cette période de deuil.

Clarke ouvrit doucement la porte de leur chambre, l'image qui apparut devant elle lui brisa le cœur. Sa fiancée, si frêle, si absente, n'avait pas trouvé la force d'enfiler sa robe.

Sans un mot, la blonde saisit le cintre posé sur la poignée de l'armoire et s'approcha de Lexa. Bien qu'elle garde le regard dans le vide, Lexa sentit sa présence et son cœur s'apaisa doucement. Elle sentit la main de Clarke caresser tendrement sa joue et ses lèvre déposer un baiser sur son front. Elle se laissa faire, lorsque Clarke défit la ceinture de son peignoir, elle se redressa afin de pouvoir dégager le vêtement, puis, Clarke l'aida à endosser cette robe de créateur qu'elle avait acheté pour l'occasion.

- On va devoir y aller. Murmura Clarke après lui avoir mis ses escarpins.

- Je sais. Soupira Lexa.

- Je serai avec toi à chaque seconde, je ne quitte pas ton bras.

Lexa se sentit soulagée et laissa échapper un soupir avant de se lever, le bras tiré par Clarke qui ouvrait la marche.

- Merci. Dit Lexa le regard plongé dans celui de celle qu'elle aimait.

Pour toute réponse, Clarke l'embrassa doucement, presque furtivement avant de reprendre leur marche.


La cérémonie fut émouvante et simple. Malgré le monde, elle était restée intime, comme l'aurait voulu le défunt. Pas de grand discours, pas de tirade sur l'homme incroyable qu'il avait pu être. Non, un service à son image, des anecdotes drôles et qui lui correspondaient réellement. Deux intervenants seulement en dehors du prêtre: Louis Ravieres, son meilleur ami, l'homme qui l'avait accompagné jusqu'à la fin et Lexa, qui avait trouvé le courage de lire quelques mots.

- Aucun mot ici bas ne saurait décrire ce que tu es pour moi et combien tu me manques, maintenant que nous sommes séparés, je sais que le bonheur ne nous ai jamais donné mais seulement prêté. Il me tarde de te retrouver dans ce monde sans peine que tu as rejoins.

C'est avec ces quelques mots qu'elle avait terminé son discours sous des applaudissements respectueux. Tête baissée, un masque froid et renfermé sur le visage, elle était retournée s'asseoir au premier rang, prenant la main de Clarke dans la sienne et la serrant du plus fort qu'elle le pouvait en espérant ne faire couler aucune larme.

Lorsque tout le monde quitta l'église, une averse se déversa sur la ville comme pour faire échos à la peine de Lexa. Abritée sous in parapluie, elle recevait les condoléances des personnes présentes. Un corvée pour la jeune femme qui avait l'impression d'être une bête de foire, une attractions pour ces inconnus venu rendre hommage à un homme qu'ils connaissaient à peine. La jeune femme rêvait de voir tout cela se terminer, rentrer et se glisser à nouveau dans son lit, sans un bruit.

Bien que la réception soit privée, la maison était bondée. Lexa s'était mise dans un coin du salon, et n'avait pas ouvert la bouche, elle laissait Clarke faire la conversation lorsqu'un convive s'approchait. Ce n'était pas dans son habitude de faire semblant. Rire à des souvenirs futiles ne lui réchauffait pas le cœur, elle voulait être seule.

Raven s'approcha, depuis cinq jours elle montrait sa présence sans pour autant s'imposer. Elle ne se comportait pas en mère-poule, mais en amie. Elle décapsulait des bières en fin de journée, apportait le journal, emmenait Lexa promener Wheeler dans le quartier et lui parlait de tout, sauf de cet événement traumatisant, sans jamais lui demander comment elle allait, ou si elle désirait quelque chose, elle laissait ce rôle à Anya et Clarke.

Comme à son habitude, elle se positionna au côté de Lexa et lui tendit une petite assiette.

- Je t'ai sauvé quatre petit-four, y a des vorace qui interceptes les choses à peine sortie de la cuisine. Tu peux t'estimer heureuse de pouvoir goûter aux mini-croque-monsieur.

Cela extirpa presque un sourire à Lexa qui n'eut pourtant pas de réaction visible. Seul son cœur s'amusa de cette remarque.

La jeune femme n'y goûta pas pour autant et alors que Clarke allait la forcer à manger au moins un petit quelque chose, Raven dédramatisa encore une fois et promis à la blonde que Lexa se réservait pour plus tard, il n'est pas facile de se rassasier lorsque tous les regards sont tournés vers vous.

C'est alors que Lexa remarqua un couple s'approcher. Elle ne les reconnaissait pas et trouvait étrange de les voir ici, toutes les personnes présentes avaient côtoyé Gustus de près ces dernières années, pourtant rien chez-eux ne lui rappelait quoique ce soit.

La femme lui tendit la main et lui fit un sourire tendre.

- Lexa, toutes mes condoléances.

La brune hocha la tête avant de de se reculer à nouveau.

- Je suis désolée dit-elle à voix basse. Votre visage ne me revient pas.

- Nous ne nous sommes jamais rencontrées, je suis Hanna, la sœur de Gustus.

Ce fut comme un coup de massue, Lexa cru rêver. Cette femme avait le culot de ce montrer ici. Mais elle ne pouvait décemment pas faire un scandale, que dirait les autres?

D'une voix froide et ferme Lexa s'éleva.

- Si vous venez tourner autour de la fortune de mon père je...

Hanna ne la laissa pas finir, de son ton chaud, elle tenta de rassurer sa nièce.

- Ce n'est pas une question d'héritage Lexa. Je chercher juste à être présente pour la fille de mon frère qui vit un moment particulièrement difficile.

- Je n'attends rien de vous, je n'ai besoin d'aucune aide et surtout venu de votre part. Si mon père a mis de la distance avec les Wood, c'est qu'il avait ses raisons.

- Je comprends ta réaction mais...

- Je vais vous demander de quitter ma maison. Mon père ne mérite pas un esclandre le jour de son enterrement.

Tante et nièce se regardèrent pendant une seconde avant qu'Hanna hoche la tête. Elle comprenait cette réaction et ne chercherait pas à s'imposer. Elle avait pu faire le premier pas et dire un dernier au revoir à ce frère absent.

Elle se permit de sortir de son sac une carte et la tendit à Lexa.

- Si tu as besoin de quoique ce soit, appelle-moi. La famille a été séparée pendant trop longtemps, je veux être la pour toi. Prends le temps qu'il te faut.

Hanna lui sourit tendrement et se permis un geste tendre sur le bras de Clarke qui ne s'était pas interposée lors de leur discussion. La blonde lui renvoya son sourire et la remercia poliment. Lexa quant à elle, soupira encore une fois. Elle murmura qu'elle avait besoin d'air et trottina jusqu'à la terrasse sans attendre que Clarke la suive, elle avait besoin d'air.


Aujourd'hui

- Je n'ai pas été tendre avec toi ce jour là.

Lexa semblait timide, honteuse de sa réaction lors de cette première rencontre. Hanna pouffa et hocha la tête

- Effectivement, mais tu ne me connaissais pas. Cette tante que tu n'as jamais vu débarque le jour des funérailles de ton père, je ne suis pas sur que j'aurai réagit différemment. Tu sais j'ai longuement hésité avant de venir te parler, ou plutôt de venir tout court.


Hanna Powels-Wood venait d'emmener ses enfants à l'école. Elle avait déposé en premier temps Liam au lycée avant d'accompagner Maddie à l'école primaire. Aujourd'hui était une journée plutôt calme, son premier patient n'arriverait pas avant 10h45. Elle aimait ces matinées tranquilles ou elle pouvait profiter de faire du ménage ou de préparer les repas.

Hanna arriva chez elle, cette belle maison en bord de plage qu'elle avait fait construire il y a 13 ans. Elle y vivait de façon aisée avec un mari banquier, elle même psychologue le couple n'était pas à plaindre et cette maison avait toujours été son rêve. Ce coin de paradis en bord de plage, un espace ressourçant ou elle voyait s'épanouir ses enfants.

Elle rentra chez elle, décida d'aller dans la cuisine pour se servir un café et alluma par reflex la télévision. Tout en appuyant sur les boutons de la machine à café, elle entendit le jingle de la chaîne économique et pesta. Marc avait encore tout déréglé pour mettre ses programmes ennuyeux!

Alors qu'elle prenait la télécommande quelques mots arrivèrent à son oreille et elle se stoppa

- Triste nouvelle ce matin, nous apprenons mort de Gustus Wood, directeur de la firme Polis. Dans un communiqué, sa fille, Alexandria Wood devenue directrice trois ans plus tôt, indique qu'il s'est éteint paisiblement au petit matin, elle remercie toute l'équipe de la résidence Bellevue dans laquelle son père vivait depuis bientôt 2 ans. Rappelons que Gustus Wood avait démissionné de son poste à cause de la maladie d'Alzheimer dont il était atteint. Maladie qui n'a été révélée au grand publique que l'année passée suite à différentes enquêtes sur les raisons de cette passation de pouvoir. Lexa Wood alors dans la tourmente avait du annoncer publiquement de quoi souffrait son père...

Le journaliste continuait à parler mais Hanna n'écoutait rien. Son frère était décédé. Un frère qu'elle n'avait pas revu depuis plus de 30 ans. Elle du s'asseoir et prendre une minute pour digérer l'information. Sa famille avait explosé il y a tellement de temps. Les mois, les années avaient fait qu'elle l'oublie petit à petit mais ce matin tout lui revenait comme un ouragan en plein visage.

Elle avait 20 ans de différences avec Gustus et ne l'avait jamais vraiment côtoyé, elle le voyait aux réunions de famille, aux anniversaires, aux enterrements mais rien de plus. Papa avait dit qu'il reprenait le flambeau de l'entreprise depuis New York et que c'était très bien ainsi. Hanna n'avais jamais posé de question avant ce fameux soir.

Des cris, des éclats de voix et deux hommes qui s'empoignent. Elle avait 16 ans à l'époque et voyait son père dans une colère folle. Gustus avait encore perdu un contrat et pas des moindre. Un investisseur français, Hanna n'y comprenait rien, les chiffres ce n'était pas pour elle. Elle entendait juste ces cris, ces reproches puis...

- Tu sais quoi j'arrête ! Hurla Gustus. Je n'en peux plus de vivre comme ça, de n'entendre que des reproches à longueur de journée

- Tu es un bon à rien Gus, si au moins tu savais ce que tu faisait je n'aurai pas à te réprimander si souvent

- J'ai signé des centaines de contrats j'ai fait gagner des millions à cet entreprise et tu ne vois que le négatif

- Tu es un faible si tu as besoin de reconnaissance, et sans moi tu ne serais rien

- Je dis stop aujourd'hui... je vais te prouver que je peux y arriver seul, que je ne suis pas le bon à rien que tu vois depuis ma naissance

C'était la dernière fois qu'Hanna l'avait vu, depuis elle avait apprit la création de Polis et la réussite de son frère. Leur père haïssait de le voir à la télévision ou dans les journaux. Il ne pouvait pas regarder en face l'étendue de sa réussite. Et pendant des années Hanna avait suivit ce sentiment. Elle haïssait Gustus, lui en voulait d'être parti mais surtout d'avoir brisé leur famille ce soir là. A cet époque elle ne comprenait pas tout et son père ne lui avait jamais rien expliqué. Au fil du temps elle s'était habituée à tout cela, à vivre sans son frère ou par procuration.

Elle avait apprit la naissance de Lexa trois ans après que celle-ci ne se soit déroulée, à l'époque elle avait hésité à appeler. Elle était en pleine étude de psychologie et avais finalement remis à plus tard...

Comme toujours et puis les années defilérent encore et maintenant elle apprenait qu'elle n'aurait plus cette chance de recréer quoique ce soit avec ce frère absent.

La nouvelle lui trotta dans la tête toute la journée sans qu'elle puisse gérer quoique ce soit. Elle pensait à cete nièce qui se retrouvait seule et qui aurait tant à gérer. Lexa n'avait pas encore 30 ans qu'elle devait maintenir un empire, organiser des funérailles, et faite face à ce deuil. C'était trop pour une seule personne.

Elle prit alors son téléphone et composa le numéro de son mari qui répondit quelques secondes plus tard

- Marc il faut qu'on aille à New York.


aujourd'hui

- Merci d'être venue. Je ne t'ai pas accueillie comme j'aurai du le faire, mais je suis réellement heureuse que tu soies apparue dans ma vie.

- Je suis heureuse de te connaître moi aussi, j'aurai aimé être là pour toi avant tout cela.

Un regard, une compréhension muette entre elles, avant que Lexa ne reprenne son récit.


Lexa s'assit sur les marches de la terrasse elle n'en revenait pas. Cette tante apparaissait maintenant, comme par hasard, au moment où un gros héritage était en jeu. Son père ne lui avait jamais parlé de cette famille. Il avait pris ses distances, ne les voyait jamais et n'avait pas du tout envie de mêler Lexa à ces gens.

Elle tentait de se calmer et sentit une main se poser sur son épaule. Un regard derrière elle pour découvrir Costia et elle se decalla afin de lui laisser un peu de place. La jeune femme s'installa et lui prit délicatement la main.

- Inutile de te demander comment tu te sens.

- Épuisée. Répondit Lexa honnêtement.

- Une fois cette journée terminée, tu pourras commencer à avancer.

- J'ai souvent entendu dire ça. Et je n'arrive pas à le comprendre. Pourquoi est ce que cette journée changerait quoique ce soit? Il ne sera pas moins mort demain. Son absence sera toujours aussi lourde.

- Mais tu pourras apprendre à vivre avec cela.

- Et si je n'en ai pas envie? Si je ne veux justement pas vivre avec ça? Sans lui?

Costia sentait toute cette tristesse et ce déni, le fait de continuer à vivre était tellement inconcevable pour Lexa.

- Il n'aurait pas voulu te voir comme ça. Et surtout t'entendre parler comme tu le fait. J'arrive à entendre sa voix grave t'engueuler. Te dire que tu as tellement de chose à vivre et que tu ne devrais pas gâcher le moindre instant de ta vie pour lui.

Lexa n'y croyait pas, elle ne pouvait pas voir les choses ainsi.

Clarke ouvrit la porte fenêtre qui donnait sur la terrasse et s'approcha de l'ancien couple encore main dans la main. Difficilement, elle ravala sa jalousie qui n'avait pas lieu d'être, leur histoire était terminée, il s'agissait d'un geste de réconfort rien de plus. Costia était venue accompagnée de sa femme, elle ne cherchait en aucun cas à abuser de Lexa, du moins, Clarke l'espérait.

- Je vous laisse. Indiqua Costia en se levant. Elle sourit tristement à Clarke avant de se tourner une dernière fois vers Lexa. Tu as toutes les clés pour être heureuse Lexa, et même si tu ne le vois pas, ça en vaut la peine. Fais confiance à Clarke, elle peut combler toutes tes peines.

Lexa passa la fin de la journée sur cette terrasse à regarder la pluie tomber. Elle ne dit au revoir à personne, laissant Clarke gérer les départs au fur et à mesure. Elle ne salua que les Griffin ainsi que Raven et Anya, les seules personnes qui comptaient à ces yeux à cet instant. Même Octavia et Lincoln n'eurent droit à aucun regard, comme s'ils n'existaient pas.

Sur les coups de 20 heures 30, elle suivit Clarke a l'étage et pénétra dans leur chambre. La fatigue venait à bout de ses nerfs, elle se sentait vaciller. Assise en sous-vetement sur le lit, elle regardait Clarke ranger leurs affaires. La blonde, était méticuleuse, elle essayait de maintenir un certain ordre dans cette maison bien que le rangement ne soit pas sa tâche de prédilection. En général, Lexa faisait cela, elle passait toujours derrière Clarke comme une ombre, qui organisait chaque objet dérangé. Mais aujourd'hui, la peintre tenait les deux rôles, sans se plaindre. Une fois les corvées terminées, Clarke réapparu devant Lexa, elle la regarda tristement, cette image lui basait le cœur. Doucement, elle s'approcha et s'assit à ses côté, la douceur de sa main vint effleurer le flan de la brune qui ferma les yeux un instant. Clarke approcha son visage et scella leur front, elle cherchait à ne faire plus qu'une. Un geste rassurant, emplit d'amour. Lexa n'ouvrit pas les yeux, elle déposa ses lèvres tendrement sur celle de la blonde et l'embrassa aussi doucement que possible. Cette étreinte dura quelques secondes avant que Clarke accentue leur baiser. Lexa se laissa faire, leur langue dansaient, puis, Clarke, d'une main ferme, carressa la cuisse nue de sa compagne qui fut comme électrocutée. D'un bon, Lexa se recula et ne fixa pas sa fiancée qui transpirait les remords. La blonde passa rapidement une main sur son visage et se releva du lit, confuse.

- Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne voulais pas prendre avantage ou...

- C'est rien Clarke.

La voix de Lexa était absente, presque froide et robotique. Sans un mot de plus, le couple se coucha, Lexa dos à la blonde, les yeux fixant le néant. Clarke s'en voulait, soucieuse d'avoir dépassé les bornes, elle colla son corps dans le dos de sa fiancée et encercla sa taille. Lexa n'eut aucune réaction, un froid glaciale s'était installé et ne comptait pas s'en aller de si tôt.


aujourd'hui

- Depuis ce soir là, est-ce qu'il y a eu des moment d'intimité entre vous? demanda Hanna.

- Non... Je ne pouvais pas ne serait-ce que me projeter.

- Quand tu as senti que Clarke en voulait plus ce soir là, tu lui en a voulu?

Lexa soupira, elle se replongeait dans ces pensées, ce qu'elle avait ressentit à ce moment là.

- Terriblement oui. Je n'ai pas compris qu'elle puisse imaginer que j'en aurai envie. Ce soir, c'est comme si le lien qu'on avait créé s'était rompu.

- Tu t'es sentie trahie?

- Un peu... Ça m'a rappelé ma conversation avec Costia. C'était comme si maintenant que mon père était sous-terre, il n'y avait plus de raison d'être triste, il fallait reprendre une vie normale.

- C'est encore ce que tu penses? Que Clarke a fait ça car l'enterrement était passé ?

Le moment de réflexion dura de longues secondes avant que Lexa ne réponde.

- A cet instant, c'est ce que je pensais.

- Et maintenant?

- Je ne sais pas...

- Votre relation à toujours été physique. Répondit Hanna. C'est ainsi que vous vous êtes connues, et c'est aussi ainsi que vous avez évolué au long de votre relation. Les disputes, les réconciliations, les sentiments, tout passait par le sexe. Tu avais besoin de soutien, et Clarke était habituée à te le donner sous cette forme-là.

- On était ensemble depuis 2 ans, notre relation ne tournait pas qu'autour de ça.

- C'est vrai. Mais parfois le corps exprime mieux son soutient que les mots. Clarke a essayé de te faire passer quelque chose, bien que cela soit maladroit.

- Malgré elle, une chose c'est brisée ce soir là. J'ai perdu cette envie de me raccrocher à elle. Je l'ai vu avancer, et moi... moi j'étais bloquée.

- Ça n'a fait que dégringoler après ça ?

Lexa hocha la tête.

- Clarke a repris sa vie, elle aurait voulu que je fasse de même. C'était facile de mettte un masque lorsque j'étais au travail, je tenais ce rôle de patronne froide, ça me permettait de mettre de la distance avec les gens. Mais quand je rentrais à la maison je n'arrivais pas à être celle qu'elle aurait voulu. Je ne voulais pas partager ma journée avec elle, ni regarder un film et encore moins risquer de l'entendre se plaindre de sa journée, alors j'essayais de rentrer aussi tard que possible et je me renfermais toujours un peu plus.

La brune marqua un temps d'arrêt. Elle se releva du fauteuil et s'approcha de la fenêtre. S'ouvrir ainsi à Hanna et à soi même lui permettant de voir plus loin, d'enlever les œillères qu'elle avait accrochés et de remarquer l'absurdité de son comportement.

- J'étais tellement égoïste. Soupira-t-elle. J'avais envie que les gens autour de moi cessent de vivre, qu'ils tombent aussi bas que moi. Je les prenais eux pour des ingrats mais je me trompais.

- Parfois, lorsqu'on perd quelqu'un, le deuil a pour effet de nous recentrer sur nous-mêmes, c'est difficile de voir les choses de façon objective. Et c'est aussi à ça que sert une terrapie.

- J'étais entrain de la perdre elle aussi, de perdre chacun d'entre eux.


Clarke tapait nerveusement son pied sur le sol. Elle attendait Lexa depuis des dizaines de minutes dans la hall d'entrée de Polis. Lorsqu'elle avait croisé Nyilah, cette dernière lui avait dit que la brune n'en aurait pas pour très longtemps, encore un contrat à signer et sa journée serait terminée. Pourtant cette conversation avait eu lieu il y a plus de 35 minutes. Clarke n'avait pas osé pénétrer dans le bureau, sa compagne se serait certainement énervée, pestant d'être dérangée. Sa mauvaise humeur rythmait leur rapport depuis des jours. La tristesse avait laissé place à cette colère perpétuelle, et Clarke ne cherchait pas la confrontation.

Soudain, elle entendit des bruits de pas s'approcher et elle releva la tête. Lexa, le nez sur l'écran de son téléphone avançait dans sa direction. Le teint pâle, presque aussi blanc que le lait, les jambes frêle et bien trop maigre qui la maintenaient à peine debout. La brune fronça les sourcils en voyant sa compagne et s'arrêta à sa hauteur.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Pas un baiser, ni même une caresse. Ce ton asserbe, et ce regard distant.

- Je viens te chercher. La soirée chez ta sœur tu te souviens?

La voix de Clarke était douce, presque timide, elle n'osait presque pas croiser le regard de la brune.

- Oh c'était ce soir? Répondit Lexa. Je vais plutôt rentrer à la maison.

- Lexa s'il te plaît. On a déjà remis ce dîner tellement de fois. On ne peut pas annuler à la dernière minute.

- Vas y, ne t'inquiète pas, je rentre avec Dylan. Profite de ta soirée.

- Non Lexa, pas cette fois. Tu m'accompagnes et ce n'est pas négociable.

Son ton était ferme, bien plus qu'elle ne l'aurait souhaité il surprit Lexa qui ravala sa colère, elle n'était pas une enfant et Clarke n'avait pas à lui imposer quoique ce soit. Pourtant elle ne rentra pas dans le conflit. Bien qu'enervée, elle suivit la blonde jusqu'à leur voiture. La soirée allait être longue, et déjà, Lexa rêvait de rentrer chez-elle.

Elle n'ouvrit pas la bouche. Un simple bonsoir et se fut tout, une biere a la main, elle s'était installée sur le canapé sans participer aux discussions. Elle attendait simplement que les heures passent. Pas un rire aux boutade de Raven, pas un regard sur Cillian, pas de participation aux débats qu'elle adorait pourtant tellement en temps normal. Lexa s'effaçait et s'agaçait de voir ses amis aussi naturels. Clarke ne s'était même pas assise près d'elle, préférant la compagnie d'Octavia avec qui elle riait bien trop fort. Pourquoi avoir insister à l'emmener ici, si c'était pour s'occuper des autres ? Lexa bouillonnait et soupirait encore et encore.

Alors qu'elle se levait pour aller chercher une nouvelle bière, elle capta la voix d'Octavia.

- Pourquoi pas le Plaza? Les salles sont somptueuses et je suis sûre qu'avec tous ses contacts, Lexa pourrait vous avoir une date pour l'été prochain.

- Je ne sais pas O. Répondit Clarke gênée. Avec Lexa, on imaginait plutôt une cérémonie simple, plus intime.

- Oui... Enfin, Lexa connaît la moitier de la ville, c'est un peut compliqué d'avoir un mariage intime quand on s'appelle Wood.

Lexa croyait rêver. Clarke et Octavia étaient-elle réellement entrain de parler du mariage? Avec tout ce qu'il se passait en ce moment ? La brune trouvait ça abjecte, comme une insulte. Elle décapsula sa bouteille et joua nerveusement avec l'étiquette que l'humidité avait légèrement décollé. Elle n'allait pas faire de réflexion, elle ne participerait pas à cela.

- Tu en penses quoi Lexa? Demanda Octavia, comme une provocation. Un mariage au Plaza l'été prochain, ça serait parfait non?

Clarke lui fit les gros yeux, comme si elle anticipait la réaction de sa fiancée.

- Ce n'est pas à l'ordre du jour. Répondit glacialement Lexa.

- Les mois défilent vite tu sais...

- Ce n'est pas à l'ordre du jour Octavia. Répéta-t-elle .

Le silence qui suivit était lourd, dérangeant. Personne ne savait quoi ajouter, et le malaise s'installa. Tous les regards étaient rivé sur Lexa, et bien des pensées naissaient dans les esprits de chacun. La brune soupira pour la centième fois et s'éclipsa sur le balcon, loin de ces jugement. Elle entendait, comme étouffé, le reste de la conversation.

- Ca ne peut plus continuer comme ca. Commenca Anya. Elle ne peut pas se renfermer encore et encore.

- Il lui faut encore du temps. Expliqua Clarke.

- Du temps elle en a. On ne lui demande pas d'aller parfaitement bien. Évidemment qu'elle a besoin d'aller à son rythme, mais les choses ne font qu'empirer. Ajouta Octavia. Il faut qu'elle comprenne qu'elle n'est pas seule dans cette histoire et qu'elle est entrain de t'emmener dans sa chute.

- Ça va rentrer dans l'ordre.

- Je ne la laisserai pas détruire ma meilleure amie.

- O. Intervint Raven. Ça ne fait qu'un mois, essaye juste de la comprendre cinq minutes.

- Je la comprends! mais je vois aussi ce qu'elle fait à Clarke. Bon sang Raven ce n'est pas parce qu'elle est mal, qu'elle doit blesser la personne qui l'aime le plus ici.

- Je vais bien O. Rassura Clarke.

Lexa secoua la tête, Clarke était une victime aux yeux de ces amis et une fois de plus, elle était la grande méchante. Selon eux, pour Clarke elle devrait mettre sa peine de coter, parler mariage et fleur, traiteur et photographe. C'était si puéril si stupide.

Énervée, elle rentra dans le salon, saisit ses affaires et lança un regard à Clarke.

- Je rentre. Dit-elle les dents serrées.

La blonde ne répondit rien, elle se leva à son tour et suivit sa compagne. De maigres excuses timides et honteuses furent prononcées avant qu'elle ne quitte elle aussi l'appartement.

Lexa était déjà dans la voiture, côté conducteur, elle avait démarré le moteur et attendait nerveusement l'arrivée de Clarke. Cette dernière n'osa pas relever la tête ni même demander à prendre le volant malgré l'alcoolisation de la brune. Ses nerfs ne supporteraient pas une disputes. En silence, elle s'installa et laissa Lexa les ramener chez-elles, où un soir de plus, elles ne s'adresseront pas la parole et n'auront l'une envers l'autre, aucun geste tendre.


- Tout à l'heure tu m'as demandé si j'avais toujours su que l'histoire se terminerait ainsi, si, au matin du 13 juin, j'avais décidé de me laisser plonger.

Hanna ne la coupa pas, elle savait que Lexa avait besoin de temps.

- La réponse est non, je ne savais pas ce qu'il allait se passer avant cette soiree chez Anya et Raven. C'est durant le retour chez-nous que j'ai compris que j'étais perdue. Que j'étais un poids pour tout le monde et que je les empêchait d'avancer. Surtout vis à vis de Clarke, elle allait bien se rendre compte un jour que j'étais un fardeau, qu'avant moi, elle était bien plus heureuse et que je gâchais sa vie encore et encore. Ma descente aux enfers a réellement débuté ce soir là.

Alors qu'Hanna allait prendre la parole, on toqua a la porte. C'était étrange, Marc et les enfants savaient qu'ils ne devaient pas les déranger et cette règle était toujours stipuleusement respectée. La psychologue se leva et ouvrit la porte, laissant apparaître son mari.

- Je suis désolé de vous déranger mais... Clarke est ici.