Collier, Souris, Arbre, Hiboux

17h40

Après un bon repas et une petite sieste, le rouquin s'était assis sur le canapé-lit du salon. La télé ne fonctionnait pas et il n'avait pas envie de se balader en ville dans son état. Il était donc en train de lire le seul livre qui se trouvait dans l'appartement : La vie d'Arthur Legrandier, une biographie sur cet architecte renommé dans son milieu. Il y apprit le parcours de cet homme, comment il a réussi à sortir du milieu défavorisé dans lequel il a grandi, ses techniques, ses meilleures créations, ses erreurs, etc. « Ce n'est pas le plus passionnant qui existe mais ça occupe. » Il termina le bouquin assez vite.

19h30

« Je suis rentré ! cria Louis.

- Je peux difficilement ne pas le remarquer étant donné la taille de l'appartement, fit remarquer Kid.

- C'est vrai ! Tu as passé une bonne journée ?

- Hm. On peut dire que oui si on la compare aux précédentes. Et toi ?

- Impeccable !... Qu'est-ce que tu as sur le visage ? »

Le blond s'approcha de son ami.

« T'as une tache rose sur le front mais… c'est de la peinture ? T'as peint quelque chose ici ? Ce n'est pas mon appart' je te rappelle hein je vais me faire tuer si je dégrade le-

- Calme-toi, je n'ai rien fait. C'est juste un abruti de peintre qui m'est rentré dedans ce matin quand j'allais à la pharmacie et de la peinture a giclé sur moi. Il a taché une de tes chemises d'ailleurs mais je l'ai nettoyé, elle devrait être sèche.

- Ah, ne t'inquiète pas pour ça ce n'est que du matériel ! Tu vas bien toi ?

- Ouais. Enfin juste avant ça je venais de me faire bousculer par un gamin qui ne regardait pas où il allait et je suis encore tombé. Heureusement que j'ai ces antidouleurs maintenant. »

Il secoua la petite boîte de pilules à côté de lui.

« T'as vraiment pas de bol quand même. »

Kid haussa juste les épaules avec une petite moue dubitative.

« Bon ! On passe aux choses sérieuses ?

- De quoi tu parles ? »

Louis, un grand sourire jusqu'aux oreilles, avait attrapé sa tondeuse et son peigne.

« Ah… » fit le rouquin en déglutissant.

21h30.

« C'est terminé ! Tiens, regarde-toi dans le miroir.

- Wah… Comment as-tu fait ça ?

- Je les ai désépaissis, j'ai fait un soin au miel, j'ai coupé les pointes, je les ai séché et coiffé. Rien de plus simple ! Tes cheveux sont parfaits pour un coiffeur, je n'avais pas à faire grand-chose !

- J'ai vu je-ne-sais-combien de coiffeurs différents mais aucun n'a réussi en 28 ans ce que tu viens de faire en 1h30. C'est génial, t'es hyper doué.

- Merci ! »

Kid s'observait encore quelques minutes dans le miroir. Ses cheveux n'avaient jamais eu l'air aussi soyeux et disciplinés ! Il n'en revenait pas.

« Quand tu auras fini de baver devant ton reflet, on pourra peut-être manger ?

- Désolé, rougit-t-il.

- Je plaisante ! Qu'est-ce que tu veux manger ? Je n'ai pas eu le temps de faire les courses. Si tu veux on peut commander ?

- Ouais.

- Japonais ?

- Bonne idée !

- Regardons ce qu'ils proposent !

21h50.

« Bon, c'est décidé ! On a plus qu'à commander.

- Ouais.

- …Est-ce que ça te dérange d'appeler ?... Je ne suis pas à l'aise au téléphone… »

Kid pouffa de rire avant de prendre le téléphone. Il alla s'installer dans la chambre en soufflant un petit « Quel gamin » auquel Louis répondit par un « J'ai entendu ! ».

« SushiKyo bonjour ?

- Bonjour, je voudrais commander s'il vous plaît.

- Oui, votre nom ?

- Eustass Kid.

- Très bien, je vous écoute.

- Alors je vais prendre des makis californiens, des croquants thon-avocat et des fromages, 12 de chaque.

- Très bien.

- Des sushis saumon, des sushis au thon et des sushis omelettes, 6 de chaque.

- Oui, ce sera tout ?

- Non, je vais aussi prendre 7 yakitoris au bœuf, s'il vous plaît.

- Très bien. La commande sera prête d'ici 20 minutes.

- Merci, à tout à l'heure. »

Le téléphone glissa des mains de Kid lorsqu'il raccrocha. C'est ainsi qu'il aperçut quelque chose de brillant sur la moquette.

« Regarde ce que j'ai trouvé dans ta chambre…

- Un collier ? Il n'est pas à moi.

- Peut-être à Jena ?

- Peut-être. J'ai déjà vu ce signe quelque part mais… »

Le pendentif représentait une silhouette de souris entourée par un triangle.

« …j'ai oublié. On recroisera peut-être Jena, qui sait ? Garde-le.

- Pourquoi moi ?

- Je vais sûrement le perdre, je perds toujours mes affaires !

- Bon ok. »

22h10.

Heureusement que le restaurant n'était pas loin, Kid et Louis étaient prêts à dévorer tout ce qui se trouvait sur leurs passages !

Ils payèrent et retournèrent à l'appartement.

22h30.

« C'est hyyyyyper bon ! s'extasia Louis.

- Carrément ! Mais c'est encore toi qui as payé…

-' T'inquiètes !

- Je n'aime pas être redevable à quelqu'un. Et puis j'ai l'impression de profiter de toi. Dès demain j'irais faire les démarches pour avoir des nouveaux papiers.

- Et comment ?

- Je… c'est vrai ça, comment on fait ? Où doit-on demander ? pensa-t-il. »

Louis esquissa un sourire devant le visage pensif de son ami.

« La demande doit être effectuée à la mairie de ton lieu de résidence ou de naissance. Tu vas devoir faire un signalement pour la perte ou le vol de tes papiers. D'abord tu vas demander une carte d'identité, elle te sera nécessaire pour faire faire tous tes autres papiers.

- T'as l'air de t'y connaître.

- Je t'ai dit que je perdais souvent les choses non ?

- Ah ! Donc quand tu disais ''les choses'' tu voulais parler de tes papiers ?

- Oui, rigola-t-il fier de lui. J'ai perdu 3 fois ma carte d'identité. »

Le blond était plié en deux, Kid ne put s'empêcher de rire avec lui même si son ami l'exaspérait au plein haut point.

« Il faudrait déjà que je sache où je suis pour rentrer chez moi.

- J'ai une carte dans ma voiture mais j'irais la chercher demain matin, là je mange, j'ai trop faim ! Tu devrais faire pareil…

- Hey ! »

Kid s'engageait dans un combat épique contre le voleur de makis.

10h30.

« C'est gentil de m'aider autant, merci.

- C'est normal, on est ami, sourit Louis. Et puis je ne travaille pas ce matin. »

La carte dépliée prenait toute la table du salon.

11h00.

« Si on a bien calculé, on doit être à environ 500 km de NorthBlue. T'en a parcouru du chemin !

- Ouais.

- D'après moi tu devrais aller à Aladia. C'est une ville où tu trouveras des transports qui desservent beaucoup de villes de tout le pays. Il devrait y avoir un train qui te rapprochera de ta ville. Je pense.

- 'Il ''pense'' ? Avec la chance que j'ai-je vais devoir terminer à pied sur une centaine de kilomètres, se dit Kid sans oser interrompre le blond.

- Je sais qu'il y a un bus pour Aladia ce soir parce qu'une cliente m'en a parlé hier mais tu peux partir quand tu veux.

- Je vais partir ce soir.

- Tu en es sûr ? Tu peux rester ici aussi longtemps que tu le souhaites.

- Tu as déjà assez fait pour moi je ne peux pas vivre à tes dépens plus longtemps. Et puis je vais bien devoir retourner chez moi un jour ou l'autre.

- Comme tu veux. Je vais te préparer un sac à dos.

- Non je-

- Ah ! Pas de non ! Comment tu vas faire pour manger ou payer des choses sans argents hein ?

- Bah…

- Voilà, c'est ce que je disais. »

18h15.

Le bus est sur le point de partir.

« C'est ici qu'on se dit au revoir.

- Oui. Je suis désolé de ne pas pouvoir t'accompagner. J'ai beaucoup aimé ta compagnie.

- C'est réciproque.

- J'ai mis ma carte avec mon numéro de téléphone dans le sac ne la perds pas ! Appelle-moi quand tu seras arrivé et n'hésite pas non plus si tu as un problème.

- Merci, pour tout. Je te téléphonerais, promis.

- Prends soin de toi.

- Toi aussi. »

Pour la première fois depuis longtemps, Kid était triste de devoir quitter quelqu'un. Et pour la première fois depuis quelques jours, il réalisait que cette aventure avait au moins une chose de positive : elle lui a permis de rencontrer Louis.

Le bus roula presque toute la nuit.

7h45.

Gare routière d'Aladia.

« Avec tous les progrès qu'on a fait en terme d'ergonomie ils pourraient au moins mettre des sièges confortables dans leurs bus longs trajets ! » grognait intérieurement le rouquin en descendant du bus. Ces os craquèrent lorsqu'il s'étira légèrement. Il aperçut le chauffeur et se dit que finalement, ce n'était pas les passagers qui avaient le plus à se plaindre, « le pauvre… rester assis à conduire pendant une nuit… J'ai déjà mal aux fesses alors je n'imagine même pas ce qu'il doit ressentir… ».

Aladia est une ville gigantesque qui a la particularité de laisser la nature pousser aussi librement qu'elle le souhaite à certains endroits. On peut ainsi être dans un quartier luxueux et l'instant d'après, être entouré d'arbres comme dans une jungle amazonienne. C'est d'ailleurs pour cela qu'Aladia est surnommée 'la capitale végétale'. C'est assez spécial mais très agréable. L'air est plus respirable ainsi.

8h30.

Kid, arrivé à la gare, avait demandé comment se rapprocher de NorthBlue et était maintenant assis sur un banc du quai C en attendant son train qui devait arriver à 9h30.

9h00.

Le rouquin ne pouvait plus résister à l'appel de la boulangerie qui laissait ses effluves envahir la gare au fur et à mesure où les pains aux chocolats et les croissants sortaient du four.

9h06.

Il n'y avait qu'une seule cliente à la boulangerie devant lui mais elle avait acheté pour un régiment ! Si bien que…

« Bonjour, deux croissants s'il vous plaît.

- Ah je suis désolé, nous n'en avons plus qu'un seul ! Les prochains sortiront du four dans 10 minutes. Vous voulez attendre ou prendre autre chose ?

- Non. Je vais juste prendre le croissant.

- Très bien, ça fera 0.75€. Merci ! Voilà pour vous, bonne journée ! »

Kid ne voulait pas risquer de rater son train, il retourna donc sur le quai avec sa viennoiserie.

9h13.

Une petite fille pleure depuis déjà 10 minutes à quelques mètres de Kid.

« Elle me casse les oreilles... Pourquoi personne ne fait rien ?! Plus ça va et plus elle gueule fort en plus ! »

Alors qu'il allait entamer son croissant, un cri strident lui transperça les tympans.

« Raaaah ! Elle me gonfle ! »

Il se dirigea à grands pas vers la petite.

Celle-ci s'arrêta enfin de pleurer lorsqu'elle s'aperçut que quelqu'un daignait enfin lui montrer un peu d'intérêt. Elle observa le rouquin avec ses grands yeux bleus rougis par les pleurs.

« Bon, qu'est-ce que t'as ? demande Kid d'un air agacé.

- Je veux des bonbons hiboux.

- …Quoi ?

- Je veux mes bonbons hiboux !

- Tes bonbons ?...

- Mais oui ! Mes bonbons 'sont pas tombés de la machine ! Je veux mes bonbons ! »

La petite brune venait de bondir sur ses pieds pour s'énerver un instant avant de recommencer à pleurer. « Toute la gare doit entendre cette sale peste ! » Un couple qui passait par-là jugea Kid en chuchotant : « Regarde ! Il fait pleurer cette petite fille, quel monstre.

- Quoi ? Mais pas du tout ! Je ne la connais pas ! Ce n'est pas moi qui-

- Je veux mes bonbons hiboux Monsieur, dit la petite en lui attrapant la main.

- Mais lâche-moi avec tes bonbons et arrête de pleurer t'as de la morve qui coule c'est dégoutant ! »

Cette gentille phrase eut pour effet d'accentuer l'indignation des passants et les pleurs de la petite fille.

« Non attend ce n'est pas ce que je voulais dire ! Arrête de pleurer ! Je vais t'aider à les attraper ok ?!

- Promis ?

- Promis, souffla-t-il. Emmène-moi à ton distributeur… »

9h16.

Il frappa un coup sur la machine sous le regard attentif de la petite fille.

« J'ai déjà essayé, dit-elle froidement.

- Oui bah excuse-moi mais on n'a pas la même force. Tu vas voir je vais les faire tomber. »

Un deuxième petit coup. Puis un plus gros. Et carrément des coups de pieds.

« Satané machine de m**** ! » jura-t-il.

9h20.

« Monsieur s'il vous plaît ?

- Quoi ?! se retourna Kid, énervé et le visage aussi rouge que ses cheveux.

- Je suis gardien ici et je vous demanderais d'arrêter de dégrader le matériel.

- Mais les bonbons hiboux ne sont pas tombés !

- Calmez-vous Monsieur. Je vais appeler un technicien.

- Ah bah génial ! Tu vois petite, tu vas avoir tes bonbons ! »

Le gardien partit chercher de l'aide tandis que la fillette fixait Kid avec un air déçu et hautain.

« Pff. Tu ne tiens même pas ta promesse. Tu as dit que TU allais me les récupérer et au final ce n'est même pas toi qui va le faire.

- Je viens de boxer cette pauvre machine pour toi alors tu pourrais me remercier d'avoir essayé.

- Non. T'es un menteur, tu ne te tiens pas tes promesses. »

Il y avait bien une chose que Kid ne supportait pas, c'est qu'on le traite de menteur. Ce n'était pas un menteur et il allait le prouver !

« Très bien, je vais te les récupérer. »

Le gardien n'étant pas très loin, il était risqué de continuer à donner des coups sur le distributeur. Kid essaya donc la méthode civilisée en commandant un nouveau sachet de bonbons hiboux. Malheureusement, la machine ne fonctionnait plus du tout après sa torture…

9h22.

« Le train n°7514 en direction d'Élubiel vient d'arriver en gare, voie C. »

9h28.

La petite avait enfin ses sachets de bonbons tant attendu.

« Tu vois, tu as tes bonbons, j'ai tenu ma promesse.

- Ce n'est pas grâce à toi, dit sèchement la petite. »

Kid n'avait même plus l'envie de répondre, il s'était déjà bien trop énervé sur la machine. Il se contenta d'un souffle agacé auquel la fillette répondit par un rire taquin.

« Merci quand même, dit-elle finalement.

- Ah je commençais à me demander si tu connaissais les règles de polite-

- Le train n°7514 en direction d'Élubiel fermera ses portes dans 2 minutes.

- Élubiel ?... C'EST MON TRAIN ! »

Il partit en un éclair sans dire au revoir.

9h30.

Le train était parti. Sans Kid.

« Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?... »

9h34.

Au guichet de la gare.

« Bonjour, j'ai loupé mon train, je voudrais échanger mon billet.

- Malheureusement, votre billet n'est pas échangeable.

- Quoi ? Je ne peux pas me faire rembourser ?

- Non Monsieur, nous sommes vraiment désolé mais vous auriez dû lire les conditions d'achats où il était stipulé que ce billet n'était ni échangeable ni remboursable.

- Comme par hasard, grogna-t-il. Et bien je vais payer un autre billet pour le prochain train pour Élubiel.

- Oui, le prochain part à 11h45. Ça vous fera 35 € s'il vous plaît.

- Je paye en liquide… »

9h45.

« Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'ai loupé mon train.

- À cause de moi ?

- À ton avis… »

La petite fille s'assied à côté du rouquin au visage désespéré.

« Tu veux un bonbon hiboux ? »

Il regarda les sucreries avec tellement de mépris que la petite recula un peu le paquet. « C'est à cause de ces put**** de hiboux que j'ai loupé mon train ! »

« Non merci. Mais j'espère qu'ils sont bons au moins, dit-il.

- Super bon ! Tu ne sais pas ce que tu loupes... à part ton train, se met-elle à rigoler. »

Kid lui lança un regard agacé et fut finalement touché par son rire. Il sourit en levant les yeux au ciel. C'était une blague bien placée, il fallait l'admettre.

« T'es toute seule ? Où sont tes parents ?

- Oui, je vais rejoindre ma sœur à Grindam.

- Tu n'es pas un peu jeune pour voyager seule ?

- J'ai 11 ans, je peux me débrouiller !

- Ok-ok, 't'énerves pas. »

Elle croqua la tête d'un hibou en guimauve avec une moue boudeuse.

« Et tu t'appelles comment ?

- Justine et toi ?

- Kid.

- C'est bizarre comme nom.

- Je ne l'ai pas choisi. »

9h49.

« Le train n°4226 en direction de Grindam arrive en gare, voie C.

- C'est mon train, tu m'accompagnes ? »

Pourquoi irait-il avec elle ? C'est une enfant. Il n'aime pas les enfants. Et c'est à cause de ses caprices qu'il a raté son train.

« …Si tu veux. Je n'ai rien d'autre à faire de toute façon. »

9h59.

« Merci Kid ! Au revoir ! »

Les portes du train allaient se fermer et Justine cria « Oh non ! Mon doudou ! » en pointant une espèce de torchon sur le banc du quai sur lequel ils s'étaient assis. Les larmes commençaient déjà à briller dans ses yeux. Heureusement pour elle, Kid eut le temps d'aller jusqu'au banc, d'attraper le chiffon et de sauter dans le train pour le lui donner.

« Merci ! T'es super gentil !

- Pff, je sais, dit-il légèrement essoufflé.

- Alors tu viens avec moi ?

- Non.

- Les portes vont se fermer. »

Le BIIIP des portes retentit.

« Non ! Non-non-non ! OUVREZ LES PORTES JE DOIS SORTIR ! »

Le train s'en allait déjà.

« Non… c'est pas possible…

- Tu vas voir, ma sœur est trop gentille elle aussi !

- Non ! C'est pas possible !

- Mais si ! » s'indigna Justine qui ne comprenait pas.

Kid se rappela de la destination du train.

« Grindam. Ça veut dire que je retourne vers le Sud, à l'opposé d'où je dois aller. Fais chier ! » râla-t-il.

La petite l'observait de ses grands yeux bleus.

« C'est pas beau de dire des gros mots ! »