Chapitre 2 - L'heure des changements
Hermione était à Pré-au-Lard en train de boire une bière au beurre avec ses deux meilleurs amis riant aux éclats. Puis, c'était Noël, ses parents prenaient des tas de photos d'elle qui lisait une histoire à ses doudous. Le choixpeau hurlait « Gryffondor » tandis que toute une table l'applaudissait. Elle embrassait Ron juste avant de partir se battre. Le klaxon du Poudlard Express, encore et encore. De plus en plus fort.
Non. Ce n'était pas le Poudlard Express. C'était un bruit extérieur.
La Gryffondor se réveilla en sursaut, baguette à la main, prête à se défendre face à ce bruit. Après quelques secondes, elle se rendit compte que ce n'était pas quelqu'un qui allait l'attaquer mais une personne qui avait le doigt appuyé sur sa sonnette. Pourquoi avait-elle tant insisté pour installer une sonnette ? Là tout de suite, elle n'en avait aucune idée mais le regrettait amèrement.
Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Draco Malfoy sur le pas de sa porte. Le doigt toujours appuyé sur cette maudite sonnette.
- Tu sais Granger, tu fais peur à voir le matin.
Sans même prendre la peine de répondre, la brune lui referma la porte au nez. Qu'il vienne la réveiller était déjà une chose peu acceptable, mais qu'il en profite pour l'attaquer était la goutte d'eau qui faisait déborder la pensine. Seulement, la sonnette retentissait toujours, alors à contre-cœur et avec une envie de meurtre elle rouvrit la porte.
- Tu as deux secondes pour retirer ton doigt de ma sonnette et je t'en donne cinq de plus pour que tu m'expliques ce que tu fais chez moi et comment tu as eu mon adresse. Puis d'ailleurs, il est quelle heure ?
- Six heure et demie.
Hermione s'apprêta à lui refermer la porte au nez, mais le blondinet avait prévu le coup cette fois et mis son pied pour qu'elle ne se referme pas.
- Qu'est-ce que tu me veux ? J'espère sincèrement que ça mérite que tu me réveilles aux aurores un jour de congé.
- Justement Granger, tu n'as pas pris congé pour te prélasser toute la journée. Prépare-toi, je reviens dans une demi-heure avec Blaise et Pansy.
- Tu sais, dit Hermione avec le même ton qu'on utilise avec un enfant pour lui expliquer quelque chose de compliqué, toi et moi, nous ne sommes pas ensemble pour de vrai. Tu n'es pas obligé de me présenter tes amis.
- Très drôle. Sois prête.
- Non, eh, attends Malfoy, dit-elle tandis qu'il faisait déjà demi-tour. C'est quoi cette histoire ? Tu ne m'as jamais dit que j'allais devoir côtoyer toute ta cour de Serpentard.
- Ah oui ? dit-il faussement étonné. Eh bien, maintenant tu sais. Et ce sont mes amis les plus proches, précisa-t-il en partant une bonne fois pour toute.
Décidément, Hermione ne savait pas dans quoi elle s'était engagée. C'est vrai qu'hier ils avaient signé une trêve pour mettre à bien leur vengeance, mais jamais il n'avait été question que des personnes extérieures soient mêlées à ça. Bon, elle ne pouvait pas dire qu'elle avait déjà réellement eu de problèmes avec Blaise et Pansy… Mais tout de même… Ils restaient des Serpentards.
Quand Hermione se vit dans le reflet du miroir, pendant quelques secondes, la pensée que Ron avait légèrement raison lui vint à l'esprit. Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait là ? Bien sûr que non. La raison que Ron lui avait fournie était des plus bêtes. Il avait l'air d'être plus affligé qu'elle ne prenne pas soin d'elle plutôt que du manque du temps qu'elle lui consacrait. C'était un raisonnement crétin au possible.
Ce manque de confiance en elle, qui ne lui était jamais arrivé auparavant, avait été insufflé par les remarques du rouquin. Hermione le savait. Bien évidemment qu'elle se trouvait belle telle qu'elle, mais son ex l'avait mordu et son venin se répandait doucement dans ses pensées. Ironique quand on savait qu'elle avait fait un pacte avec les serpents.
En parlant de ces Serpentards, ils allaient bientôt arrivés. Alors, elle se prépara avec une application particulière. Parce qu'elle pouvait se répéter sans cesse qu'il avait tort, ça l'avait blessé et ça la tourmentait.
Cependant, elle n'avait absolument pas le courage de lancer tous les sorts permettant à ses cheveux d'avoir l'air convenable. Les seules fois où cet effort était fait était lors de ses grandes réunions au ministère de la Magie et lorsqu'elle devait assister à des procès. Alors, elle se contenta de les relever, ce qui leur donnait l'impression d'être un peu moins indomptable qu'à l'habitude. Puis elle enfila la robe que sa mère lui avait offert il y a quelques temps déjà. C'était une robe blanche légèrement cintrée qui lui arrivait un peu au-dessus des genoux. Après s'être passée du spray à l'eau de rose sur le visage, elle se considéra prête et plus que présentable.
Hermione n'en revenait pas d'à quel point ces derniers jours avaient été de plus en plus improbable. C'est comme si du jour au lendemain, elle était entrée dans un monde parallèle. Un monde où elle déjeunait avec les verts tout en détestant de tout son être Ron.
Draco cette fois, à son plus grand plaisir, se contenta de toquer à la porte. C'était une drôle d'image, de voir Pansy, Blaise et Draco sur le seuil de sa porte.
- Je me suis dit qu'après le réveil que je t'avais infligé, je pouvais au moins venir avec quelque chose. Je suis allé faire un petit tour en France pour ramener des viennoiseries avec un portoloin.
Hermione en bavait déjà. Cela faisait des années qu'elle n'était pas allée en France, mais jamais elle ne pourrait oublier le délice d'un croissant français.
- Bon puisque Draco est incapable de nous présenter, je vais devoir le faire moi-même. Oui, je sais que nous nous connaissons déjà, dit Blaise sous le regard surpris d'Hermione, mais je pense que ce n'était pas dans les meilleures conditions. Alors, si tu es prête à faire table rase du passé, appelle-moi Blaise. Même si selon mes souvenirs tu préférais Zabini. Je trouve ça moins sévère et donc je compte bien t'appeler Hermione. Et j'espère que ça te convient, ça m'embêterait de devoir te mettre sous Imperium.
- Blaise, arrête, intervint Pansy en frappant gentiment son ami qui riait devant la tête d'Hermione, devenue plus pâle que Draco. C'est pas malin, ajouta-t-elle avec un petit sourire. En le connaissant, on se rend compte que c'est un vrai nounours qui ne ferait pas de mal à une mouche, la rassura-t-elle. Pour le reste, je suis assez d'accord avec lui, appelle-moi Pansy.
- Tu es en train de détruire toute ma crédibilité.
Hermione ne savait pas quoi faire de ces présentations. Elle s'était attendue à un ton froid et à un déjeuner plus que gênant, seulement ils se montraient plus qu'aimables comme si le collège n'avait jamais existé.
Pourtant il était du devoir des Serpentards et des Gryffondors de se haïr, et ce, même après la fin de leurs années de collège. C'était la tradition.
- Je vous en prie, rentrez, dit-elle finalement se rendant compte qu'ils attendaient toujours dehors. Merci pour les viennoiseries.
Le petit-déjeuner se passa étrangement bien. En effet, elle découvrit les Serpentards sous un autre angle. Ils n'étaient pas du tout les personnes pincées qu'elle s'était imaginée, remplis de valeurs qu'elle trouvait dérisoires. Au contraire, ils étaient, eh bien … Comme tout le monde. Bien qu'une grande distance se faisait ressentir entre Hermione et Draco, c'était totalement différent avec les deux autres. Blaise était hilarant et, Pansy, bien que plus réservée que Blaise, lui faisait penser à Ginny sur certains points.
- Bon, tu te doutes bien que je ne t'ai pas réveillé aux aurores seulement pour que l'on déjeune tous les quatre.
- Vu le ton de ta voix, j'ai le sentiment que ce qui va suivre risque de ne pas me plaire.
- On va t'emmener chez le coiffeur aujourd'hui.
Hermione explosa de rire. Puis, peu à peu, elle se rendit compte qu'il était des plus sérieux.
- Excuse-moi, mais j'ai du mal à comprendre en quoi m'emmener chez le coiffeur va nous servir.
- Toi et moi, pendant deux mois, nous allons jouer la comédie. Mais toi, en plus de jouer la comédie, tu vas rentrer dans mon monde, tu vas te frotter aux médias. Ils sont du genre à s'attaquer au moindre faux pas, au moindre détail. Puis en soit, ça ne fera pas de mal à tes cheveux … dit-il en jetant un regard critique à ses cheveux.
- Je ne compte pas changer qui je suis juste par intimidation des médias, dit-elle laissant passer avec difficulté la remarque du blond sur ses cheveux.
- Tu ne comprends pas parce que tu ne leur as jamais fait face, intervint Blaise. Ils ne sont pas du genre à avoir la langue dans leur poche.
- Ils ne peuvent pas tous être comme Rita Skeeter tout de même.
- Justement, c'est là que tu te trompes, ils sont tous pareils. Skeeter est seulement la pire d'entre eux. On veut juste que tout se passe au mieux.
- Bien et qu'est-ce que je dois m'apprêter à changer, en plus de mes cheveux ? demanda Hermione, qui avait bien compris que ça ne s'arrêterait pas qu'à cela.
- Pendant ces deux mois, nous allons revoir toute ta garde-robe. Ce sera bien sûr à mes frais et tu pourras tout garder à la fin.
- Faire tout cela serait donner raison à Ron. J'ai bien conscience que je ne fais pas particulièrement attention à la manière dont je m'habille, mais c'est tout de même abusif de me changer de la tête au pied.
- Je pensais que tu savais dans quoi tu t'engageais Granger, répliqua sèchement Draco.
- Je n'avais pas réalisé que j'aurais besoin de devenir une tout autre personne pour intéresser les médias, répondit-elle tout aussi sèchement.
- Ce n'est pas ce que Draco voulait dire. Seulement, les critiques vont être sévères, ils essaieront tous de trouver une faille à votre relation, alors on pense juste, qu'il serait plus pertinent de ne pas leur donner des raisons de plus.
Evidemment, qu'elle savait que son retour à l'affiche impliquerait quelques changements, mais jamais elle n'aurait pensé que ce serait un changement complet. Après tout, les articles parus sur elle et le Trio d'Or à la fin de la guerre n'étaient que glorifiant, jamais un mot trop fort. Seulement, là, c'était la presse à scandale. Ils savaient sûrement mieux qu'elle ce qu'il fallait faire. Elle espérait seulement ne pas se perdre en chemin.
- C'est d'accord.
- Super, s'exclama Pansy en tapant dans les mains.
- Seulement, ne vous attendez pas à des miracles pour mes cheveux. Aucun coiffeur n'a jamais su en faire quelque chose.
- C'est parce que tu ne connais pas Will. Pour tes vêtements, il va falloir faire un tri de manière à laisser de la place dans ton armoire pour ce qu'on va t'acheter.
- Hum, dit Hermione embarrassée. Il y a là un problème. Je dois quitter mon appartement dans cinq jours. J'avais prévu de déménager sans me donner de délai, mais apparemment Ronald s'en est chargé à ma place. Je dois partir dans une semaine. Il s'installe avec sa nouvelle copine, ajouta-t-elle avec amertume. Donc, je ne pense pas que la place soit réellement un souci, ironisa-t-elle.
- Je me disais bien, intervint soudainement Blaise. Je trouvais ça étonnant de voir autant de cartons chez toi. Je t'avais toujours imaginé habitant dans un appartement bien carré et rangé.
- Attends, attends. Il compte s'installer avec elle alors que vous viviez ici ensemble ? dit Pansy sincèrement étonnée. C'est vraiment un goujat, je n'en reviens pas. En tout cas, si tu ne sais pas où aller, tu peux venir chez moi. J'ai un tas de chambres vides et ça ne me fera pas de mal d'avoir du monde au manoir.
- C'est extrêmement gentil de ta part, répondit la Gryffondor étonnée mais sincèrement touchée, mais je ne veux pas m'imposer.
- Allons, ne raconte pas de sottise ! Puis, ça sera plus pratique pour nous si tu habites sous le même toit.
Hermione accepta l'offre de Pansy. Elle n'en revenait pas. Il n'y avait pas deux heures qu'elles avaient fait table rase du passé et Pansy l'invitait chez elle sans même y réfléchir. Décidément, ces Serpentards n'étaient pas comme l'on pouvait se les imaginer.
- Le rendez-vous chez Will est à treize heures. On a qu'à faire tes cartons et les emmener chez moi.
- Oui bien sûr, ce serait super.
Les filles s'occupèrent de vider l'armoire d'Hermione et de trier ses vêtements entre ce qu'elle pourrait utiliser pendant les deux mois et ce qui attendrait la fin du marché. Puis, elles rajoutèrent la catégorie « à donner » parce qu'il est vrai que devant certains habits Hermione se demandait bien comment elle avait pu les porter. Cela leur pris la matinée bien qu'Hermione n'avait pas une tonne de vêtement, elles avaient souvent eu des désaccords. Pansy voulant tout donner à des associations caritatives. Voire même brûler car « personne ne mérite de porter quelque chose comme ça ».
Elles passèrent tout de même un bon moment, apprenant à se connaître. Hermione se confia même sur sa relation avec Ron, en abordant tous les sujets qu'elle n'aurait jamais eu le courage d'aborder devant Ginny et Harry. Il était assez étrange de se confier à une inconnue, d'autant plus quand cette inconnue avait toujours été vue comme une potentielle ennemie. Mais cela avait quelque chose de nouveau. Après tout si elle pouvait établir un plan pour mettre Ron K.O et emménager chez elle un temps, elle pouvait bien aussi se confier sur comment elle se sentait.
Le réel problème étant de savoir elle-même comment elle se sentait. En effet, l'entrée brusque de Draco dans sa vie avait changé ses perspectives de futur proche et surtout l'empêchait de se morfondre sur sa rupture.
Bien que l'on aurait pu penser le contraire, Pansy écoutait attentivement, donnant son avis et réconfortant la lionne autant qu'il était possible de réconforter quelqu'un que l'on connaissait peu.
Pansy ne pouvait que comprendre comment se sentait la brune. En effet, Théodore Nott l'avait abandonné du jour au lendemain sans jamais donner d'explication sur son départ. Depuis, elle n'avait plus jamais accordé sa confiance à un homme et vivait seule. Elle se confia elle aussi à Hermione, mais de manière un peu plus réservée. Pas qu'elle n'ait pas confiance en la Gryffondor, seulement, on lui avait appris toute sa vie que se confier c'était donner des armes à l'autre.
- Bien, maintenant que nous avons finis ton armoire, on va pouvoir appeler Betty pour les cartons.
- Betty ?
- Oui, mon elfe de maison.
- Il est hors de question que nous ayons recours à un elfe de maison alors que nous pouvons le faire nous-même.
- Tu sais, je ne maltraite pas mes elfes de maison, dit Pansy légèrement offensée et ne comprenant pas le refus d'Hermione.
- Puis, je n'ai même pas emballé le dixième de mes affaires.
- Attends. Tu emballes tes affaires à la Moldue ? Pourquoi ? En un Accio se serait réglé.
Hermione se sentit drôlement bête d'un coup. Il lui arrivait souvent de choisir la manière moldue plutôt que la facilité. Tellement, que parfois elle oubliait que sa baguette pouvait l'aider de manière indéniable.
Un Accio et des dizaines de transplanage plus tard, rien ne laissait présager qu'Hermione avait déjà habité dans cet appartement.
- Qu'est-ce qui vous a pris tout ce temps ? demanda Draco étonné de voir qu'elles venaient juste de finir.
- Elle a refusé l'aide de Betty. Tu te rends compte Draco ? dit Pansy, ne comprenant toujours pas le point de vue de la Gryffondor.
Draco ricana légèrement. Cela ne le surprenait pas. Il avait été parvenu à ses oreilles au collège qu'elle avait monté une association pour libérer les elfes. Il en avait bien rigolé à l'époque parce que l'abréviation de son association était « SALE ».
- Bien, avant que l'on parte Granger. Il serait préférable qu'en dehors de la présence de Pansy et Blaise tu m'appelles par mon prénom. Ce serait bizarre que tu m'appelles Malfoy en public alors que dans quelques temps nous nous afficherons comme un couple.
Ils arrivèrent devant une bâtisse qu'Hermione avait toujours vu de loin mais où elle n'avait jamais osé mettre les pieds à cause des prix gargantuesque. C'était comme une sorte de centre commercial moldu, seulement c'était réservé aux personnes avec un compte en banque bien garni, à la manière des Galeries Lafayette. Elle était rentrée aux Galeries une seule fois, lors de son voyage en France, et en avait encore de merveilleux souvenirs. A l'entrée, Pansy et Blaise se séparèrent d'eux sous le regard étonné d'Hermione.
- Ils vont faire du repérage dans certaines boutiques pendant que tu iras chez le coiffeur. Comme ça nous irons plus vite, expliqua Draco.
Même si Hermione s'énervait souvent contre ses cheveux parce qu'il était impossible d'en faire quelque chose, elle était anxieuse à l'idée de les passer à un inconnu. Après tout, elle ne connaissait pas ce coiffeur et peu importe sa renommée, il n'avait sûrement jamais eu à faire à des cheveux comme les siens.
- Tu as pleinement confiance en ce coiffeur ? demanda-t-elle anxieuse.
- Quelle question ! Je lui confie mes cheveux, il n'y a pas plus grande preuve de confiance. Je te promets que c'est un coiffeur d'exception et que tu en ressortiras toute changée.
- C'est là le problème Draco, dit-elle avec hésitation sur son prénom. Je ne veux pas en ressortir changée. Je veux rester moi-même avant tout.
- Fais-moi confiance tu verras.
- Ne m'en demande pas trop.
Draco ne répliqua rien à cela. Il savait que sa réponse était culottée. Hermione se fiait peut-être à lui pour se venger de celui qui lui avait brisé le cœur mais elle avait aussi à l'esprit tout ce qu'il lui avait fait subir à l'école. Jamais elle ne lui ferait une confiance aveugle.
A peine eut-il prononcé son nom à l'accueil de la boutique que tout remua à l'intérieur du salon. Un grand homme d'une beauté sans pareil vint saluer Draco comme s'ils étaient des amis de toujours.
Les deux compères se mirent à parler tout en regardant Hermione qui n'arrivait pas à entendre ce qu'ils se disaient. C'était réellement déplaisant de se savoir observé et critiqué comme cela sans pouvoir faire quoi que ce soit.
Enfin, l'homme qu'elle comprit comme étant Will la salua et lui demanda de le suivre. Ils laissèrent alors Draco dans le grand salon luxueux qui faisait office d'accueil avec comme derniers mots pour lui « Je m'occupe de tout ».
Hermione se rendit compte que c'était la première fois de sa vie qu'elle était chez un coiffeur sorcier. Est-ce qu'ils allaient utiliser la magie sur ses cheveux ? Est-ce qu'ils utilisaient des potions ? Est-ce qu'ils faisaient tout simplement cela sans magie ? Elle n'en avait pas la moindre idée.
Il l'emmena dans une petite salle privée, comprenant tout ce dont il aurait besoin.
- Alors si j'ai bien compris tu es Hermione Granger ? C'est un honneur de te rencontrer en personne. Je suis Will et c'est moi qui vais te coiffer aujourd'hui. Je dois avouer que j'ai rarement vu des cheveux comme cela dans ma vie. Mais ne t'en fais pas, tout va parfaitement bien se passer.
- Je suis enchantée de vous rencontrer Will.
- Oh voyons, ne me vouvoie pas, tu me vieillis de dix ans.
- Excuse-moi, dit Hermione en souriant. Quant à mes cheveux, je ne doute pas que tu arriveras à en faire quelque chose, je me demande seulement comment. Ce serait un problème de vingt-deux ans dont tu me soulagerais.
Will ria aux éclats. Considérant les propos d'Hermione comme la blague de sa journée.
- C'est décidé. Je te préfère sans aucun doute à cette Mia Hudson. C'était une peste sans nom, bête comme ses pieds qui plus est. Draco doit vraiment t'estimer pour t'emmener chez moi. Même s'il n'y parait pas quand on le voit comme ça, c'est vraiment une bonne personne.
Hermione ne pouvait qu'en douter mais garda son avis pour elle.
- Donc, cette Mia Hudson, vient souvent se faire coiffer ici ?
- Oui évidemment. Je suis le meilleur coiffeur de Londres. Mais je ne lui conseille pas de revenir, parce qu'elle ressortira avec une petite surprise. Bon allez, passons à tes cheveux. Même si j'en ai rarement vu des comme les tiens, aucune chevelure ne me résiste. Je te propose de te bander les yeux, comme ça quand j'en aurais fini tu auras la surprise complète.
Hermione refusa. Bien que Will eût l'air très gentil, elle ne se voyait pas laisser ses cheveux complètement à l'aveugle. Will accepta sans broncher, mais dès qu'il commença son shampoing la brune s'endormit comme par magie.
Hermione se réveilla aussi doucement qu'elle s'était endormie et alors que des centaines de questions lui venaient en tête, tout s'évanouit quand elle croisa son reflet. C'était comme si elle se voyait sans vraiment se rendre compte que c'était elle.
Ses boucles étaient domptées.
Elle n'en revenait pas. Il avait réussi l'impossible. Sa chevelure de lionne était envolée. Il avait aussi légèrement coupé ses cheveux, les faisant arriver à sa poitrine.
Mais notre brune redescendit vite de son petit nuage. Elle connaissait assez bien ses cheveux pour savoir qu'après une bonne nuit de sommeil ils reprendraient le contrôle d'eux-mêmes.
- Je vois que notre Belle au bois dormant s'est enfin réveillée, dit Will riant légèrement.
- Tu m'as jeté un sort. C'est de la triche, répondit-elle en riant à son tour. Ce que tu as fait à mes cheveux, vraiment, c'est une merveille. Merci mille fois. C'est vraiment un miracle !
- Ce n'est rien d'un miracle. Je suis simplement un coiffeur d'exception.
Puis Will passa une trentaine de minutes à lui expliquer la routine capillaire qu'elle devrait avoir pour que ses cheveux ne redeviennent pas la broussaille qu'ils étaient.
- Draco s'est déjà occupé de régler la coiffure. C'était un réel plaisir de travailler sur tes cheveux, cela m'a permis d'améliorer mon savoir-faire. Je suis content d'avoir fait ta connaissance. Même si tu n'as pas été des plus bavardes, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Puis Will la raccompagna à l'accueil de son salon. Pansy, Blaise et Draco l'attendaient sirotant chacun un cocktail sûrement offert par la maison. Elle remercia une dernière fois Will qui retourna vaquer à ses occupations. Quand les trois l'aperçurent, ils adoptèrent chacun un comportement différent. Pansy s'enthousiasma discrètement en lui disant que ça lui allait très bien. Blaise se mit à rire aux éclats, allez savoir pourquoi. Puis Draco, eh bien … C'était Draco. Il hocha la tête mais ce fut tout. Evidemment, elle ne s'attendait pas à une floppée de compliments de sa part.
- Pourquoi ris-tu ? finit par demander Hermione.
- Eh bien, ne t'offense pas bien sûr. Mais j'étais en train de penser que tout le collège rêvait de t'emmener chez le coiffeur pour ta tignasse. Et c'est assez ironique que nous soyons les personnes avec qui tu y sois allée.
Ils passèrent le reste de leur journée à dépenser l'argent de Draco. En effet, ils étaient allés dans la sélection de magasins que Blaise et Pansy avaient fait et avaient passé la journée à regarder Hermione essayer différentes robes, accessoires, chaussures, pantalons, chemisiers et autre. Heureusement, dans des boutiques comme celles-ci, les achats étaient directement envoyés par domicile parce que sinon ils auraient bien eu du mal à tenir tous ces sacs.
Hermione n'en revenait pas de la facilité qu'avait Draco a dépensé son argent dans des produits qui, à elle, lui aurait coûté un mois de salaire.
Une fois arrivée au manoir de Pansy, son nouveau chez-elle, pensa-t-elle le cœur serré, elle fut soulagée de voir que toutes ses affaires avaient été montées. Bien qu'elle sût que cela voulait dire que Betty s'en était occupée, jamais elle n'aurait eu la force de s'en occuper en rentrant. C'était épuisant de faire les magasins.
Pansy lui fit visiter le manoir, qui, bien qu'il fût plus petit que celui de Draco, il n'en restait pas moins somptueux. Elle ne douta pas une seconde qu'elle s'y perdrait un bon nombre de fois avant d'y prendre ses marques.
La pile de dossiers transférés de son bureau à ici resta dans ses cartons. Trop épuisée pour se mettre au travail. Malgré sa fatigue, elle était contente de sa journée, qui avait pourtant démarré si brutalement. Après tout, Draco et elle ne s'était pas bagarré comme à l'époque ce qui était une grande avancée.
C'est toujours mieux de s'entendre un minimum avec son faux petit-copain.
