Chapitre 3 - La confrontation
Même si ses parents étaient des personnes assez aisées par leur profession, Hermione n'avait jamais connu ce luxe. Elle se retrouvait dans une chambre secondaire de la résidence Parkinson et pourtant, sa chambre ressemblait à une suite d'hôtel cinq étoiles.
Son lit était tellement confortable qu'elle dut se faire force pour en sortir. Evidemment la tentation de se prélasser au lit toute la journée était présente, mais il fallait absolument qu'elle se remette au travail.
Bien qu'en ce moment elle travaillait sur beaucoup de dossiers, cela restait des dossiers mineurs qui ne lui nécessiterait pas forcément autant de temps qu'un gros dossier. En effet, c'était le mois d'août, ce qui voulait dire pour le Ministère qu'il était l'heure de prendre des vacances. Alors les gros dossiers étaient reportés à la rentrée scolaire et l'été était ponctué de petits dossiers peu intéressants.
Seulement, Hermione aimait quand son travail était bien fait. Alors, à ses yeux, chaque affaire se valait. Il était hors de question qu'elle ne se donne pas à cent pour cent dans son travail sous prétexte des vacances d'été.
Puis son travail était la seule chose fixe qui lui restait dans sa vie. Alors, après avoir attrapé une tenue dans son armoire – ses affaires ayant été rangé par Betty hier, elle fila à la douche - adjacente à sa chambre évidemment.
Alors qu'elle était prête à se mettre au travail, son attention fut vite porté par le fait qu'il lui manquait un dossier extrêmement important. Son étude était presque finie et le Ministère voulait son rapport le plus tôt possible. Il fallait absolument qu'elle retourne au Ministère.
Mais alors qu'Hermione s'apprêtait à y aller, quelqu'un lui rentra dedans.
- Tu pourrais faire attention où tu vas Granger.
- Si tu avais toi-même fais attention ça ne serait pas arrivé, répliqua-t-elle.
- Qu'est-ce que tu fais d'ailleurs ? demanda-t-il semblant remarquer qu'elle s'en allait.
- Je dois aller chercher un dossier au Ministère.
- Je dois aussi y aller, je t'accompagne.
Alors là, elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise cela. Cela voulait dire se montrer en public avec Draco. Sur son lieu de travail qui plus est. Décliner son invitation était assez tentant, mais elle sentait qu'il ne lui donnait pas le choix et qu'il comptait bien l'accompagner.
Une fois arrivés au Ministère, ils partirent chacun de leur côté, cependant Draco finit ce qu'il avait à faire avant elle et la rejoignit devant son bureau.
Mais alors qu'ils attendaient l'ascenseur, les portes s'ouvrirent sur une image bien déplaisante aux yeux de tous. Le cœur de la Gryffondor s'arrêta en voyant la scène qui se déroulait devant ses yeux. Ron et Mia étaient dans l'ascenseur et comme si ce n'était pas suffisant, ils étaient en train de se bécoter d'une manière qui aurait mis n'importe qui inconfortable. Comme à l'époque de Ron-Ron et feue Lavande.
Comment arrivait-il à toujours lui briser le cœur un peu plus alors qu'il était déjà anéanti ? Ron finit par remarquer la présence de nouveaux individus dans l'ascenseur et se décolla légèrement de sa nouvelle copine.
- Her… Hermione ? demanda sottement Ron. C'est bien toi ?
- Contente de savoir qu'après toutes ses années d'amitiés tu es tout de même capable de me reconnaître, répondit-elle sèchement. Il faut croire qu'elles n'ont pas totalement servi à rien.
- Il y a quelque chose de changé chez toi.
- Hermione, intervint Draco, tu as-
Mais avant qu'il ne puisse continuer sa phrase, Ron le coupa.
- Qu'est-ce que tu fais avec cette fouine ? demanda-t-il totalement décontenancé, sans oublier de jeter un regard furieux au blond.
- J'apprécierai que tu ne me coupes pas la parole Weasmoche, répliqua Draco qui détestait qu'on l'interrompe.
Les deux se toisèrent, prêts à sortir leur baguette au moindre signe tel deux coqs.
- C'est mon ami.
- Tu rigoles j'espère.
- J'en ai l'air ? Il a un certain avantage vis-à-vis de toi, c'est que je connais déjà le pire de lui. Alors je ne prends pas le risque d'être déçu. Maintenant, je t'en prie, retourne bécoter ta poule que tu as ramassé on ne sait où et pour l'amour de Merlin, laisse-moi tranquille.
Puis les portes, ayant comme le sens du timing, s'ouvrirent enfin, libérant Hermione et Draco et laissant derrière eux un Ron stupéfié et une Mia folle de rage d'avoir été insultée. Elle était persuadée d'avoir entendu le début d'une insulte, mais les portes se refermèrent éteignant la voix de Mia avec.
Hermione put respirer à nouveau. Elle ne savait pas d'où lui était venu ce courage dans l'ascenseur, mais il était bien vite descendu. Et maintenant, c'étaient les larmes qui lui montaient aux yeux. Mais avant qu'elles n'aient le temps de s'écouler, Draco intervint.
- Bravo Granger, chuchota Draco. Tu peux être fière de toi, je crois ne jamais avoir vu Mia aussi folle de rage. Allez viens, je t'emmène dans un endroit super, nous allons petit-déjeuner.
Draco n'avait aucune idée de pourquoi il lui avait proposé un petit-déjeuner. Certes il avait proposé à Hermione une vengeance bien méritée, mais ce n'est pas comme s'ils comptaient réellement devenir proche. Ce n'était que du business.
Seulement, sur le moment, en voyant Hermione s'effondrer après cette rencontre qui avait dû être douloureuse au possible pour elle, il pensa que c'était la meilleure idée. Après tout, il avait besoin d'entretenir sa rage. Pas sa tristesse.
Même si, pour l'instant, la belette s'occupait très bien tout seul d'entretenir les sentiments de haine chez la Gryffondor.
- J'aimerai bien, sourit Hermione, mais je dois réellement me remettre au travail.
Puis, c'est comme si penser à son travail avait effacé toute la scène qu'ils venaient de vivre, un élan soudain d'énergie la secoua. Elle ravala ses larmes et ils transplanèrent au manoir.
Ce fut une des matinées les plus productives d'Hermione. Cela faisait un moment qu'elle bloquait sur ce fameux dossier, mais avoir fait une pause pendant trois jours lui faisait voir le problème sous un autre angle. Alors qu'elle finalisait enfin de le rédiger, Betty toqua à la porte, interrompant le fil de ses pensées.
- Bonjour mademoiselle Hermione, ma maîtresse veut vous faire savoir que le déjeuner est prêt. Elle vous attend dans la salle à manger.
- Bonjour Betty, je te remercie de m'avoir prévenu.
Décidément elle ne pouvait pas s'y faire. Pourquoi demander à son elfe de venir la chercher ? Pansy pouvait tout de même se déplacer par elle-même. Mais bon, elle l'avait accueilli sans même y réfléchir, alors ce serait plus qu'impoli de critiquer sa manière de vivre le lendemain de son emménagement.
- Bonjour Hermione, bien dormi ? Les garçons vont arriver d'un moment à un autre.
- Si j'avais eu un lit aussi confortable pendant ma scolarité, j'aurais sûrement eu plus de mal à sortir de mon lit pour faire mes devoirs.
- Je suis contente de savoir que tu te sens bien dans ta chambre.
- Un bon lit confortable aurait peut-être permis à Draco d'enfin te battre dans nos matières communes, au lieu d'être le deuxième de la classe, lança Blaise qui venait d'arriver, sous le regard furieux du blond.
- C'est juste que je n'ai jamais aimé les cours. Si je m'investissais comme tu le faisais Granger, je n'aurais eu aucun mal à être le premier de la classe, se justifia-t-il.
- Dans tes rêves Malfoy, riposta la brune. C'est moi la meilleure, tu peux l'avouer ne t'en fais pas, ça restera entre nous.
- Tu penses que je ne peux pas te battre ? demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux.
Il était hors de question pour Draco de laisser penser que quelqu'un pouvait être meilleur que lui. S'il fallait qu'il le prouve, il le prouverait. Hermione soutenait son regard, bien décidée à montrer que c'était elle la meilleure, mais Pansy, ayant senti la tension compétitive entre eux changea vite de sujet avant qu'Hermione n'ait eu le temps de répondre.
- On a des choses plus importantes en vue je te rappelle Draco. Comme partager à Hermione ce dont nous avons discuté ce matin.
Draco et Hermione se lâchèrent enfin du regard, toute leur attention sur Pansy. Mais ce n'était que partie remise et les deux le savaient.
- Oui c'est vrai. On a pensé qu'il serait intéressant de mettre en place un emploi du temps, pour déterminer ton temps de travail ainsi que ton temps d'apprentissage avec nous.
- Un apprentissage pour ?
- Pour survivre à mon bal.
- Avant la rentrée de septembre, la famille Malfoy a pour habitude d'organiser un bal. Au fil du temps, ce bal est devenu une tradition. C'est tout un évènement pour ceux de notre monde.
- Je ne me suis jamais montré à ce bal accompagné d'une femme autre que Pansy, que tout le monde sait être ma meilleure amie. Mia voulait être ma cavalière l'an dernier mais j'ai refusé. Si tu acceptes d'être ma cavalière cette année ce serait leur apporter le coup fatal. Toutes les familles invitées savent que je ne me présenterais pas au bras de n'importe quelle femme et bien que les journalistes soient interdits d'accès, les invités ne pourront s'empêcher de vendre l'information.
- Tu as l'air d'être entouré de personnes charmantes Malfoy.
- Mon seul entourage se tient aux personnes que tu vois autour de cette table. Si je maintiens cette tradition c'est simplement parce que j'en fais un évènement caritatif et que ça rapporte énormément d'argent. Bien qu'ils se fichent des associations, ils veulent se montrer comme la famille la plus généreuse. Alors, tu acceptes cette idée ?
Un bal où elle serait entourée de Sang-Pur ? C'était comme se jeter dans la gueule du loup. La plupart des invités seraient au mieux des personnes d'une richesse extravagante avec des préjugés sur la pureté du sang, au pire des anciens adeptes.
Puis, elle avait du mal à croire que Draco organisait ce bal simplement car il se souciait de donner aux associations.
Mais depuis le bal du tournoi des trois sorciers, elle rêvait de revivre un vrai bal.
- Si vous pensez que c'est nécessaire, oui. Mais je ne comprends toujours pas en quoi j'ai besoin d'un apprentissage.
- Tu ne comprends pas. Cette soirée est un véritable enjeu, ta conduite doit être irréprochable.
- Et je peux savoir quel est le problème avec ma conduite ? demanda Hermione sur la défensive. Mes parents m'ont bien élevée et je pense être capable de me conduire correctement le temps d'une soirée.
- Il n'y en a pas. Du moins, pour la plupart du monde. Mais là il s'agit de personnes ayant grandi dans une sphère assez particulière, avec des règles différentes. Il faudra que tu les maîtrises sur les bouts du doigt si tu ne veux pas te faire manger. Rien que les réponses arrogantes que tu peux fournir sont pour eux un sacrilège.
- Je vois.
- Alors on compte t'initier à notre monde.
- Autrement dit, la Sang-de-Bourbe va devenir une Sang-Pur pour la soirée, lança Hermione avec sarcasme.
Les trois autres ne répondirent pas, parce qu'effectivement, c'était ça l'idée. Hermione le savait. Il faut croire que sa rupture lui aurait au moins apporté une chose dans sa vie. Du changement. Si Ginny savait ce qu'elle s'apprêtait à faire … Elle serait morte de jalousie.
D'ailleurs, qu'est-ce qu'il convenait de faire vis-à-vis d'elle ? Elle ne savait toujours pas quoi faire. Mais elle fut coupée dans ses pensées par Draco qui reprit la parole en lui expliquant comment allait se dérouler les prochains jours.
Cela lui donnait peu de temps pour travailler ce qui l'embêtait énormément, mais en soit elle avait beaucoup de travail car elle s'en infligeait beaucoup, ses plus gros dossiers étaient déjà bouclés. Il ne lui restait plus qu'un gros projet mais il était bien avancé et il lui restait encore du délai bien qu'à son travail ils se montraient impatients.
Le problème quand on est Hermione Granger, c'est que les gens s'attendent toujours au mieux de vous. Comme si tout le monde avait le droit au repos sauf elle.
- Je pense qu'on ne devrait pas se montrer tout de suite tous les deux. Je crains que ça ne paraisse pas crédible, on devrait d'abord se montrer en groupe. Tous les quatre.
- C'est une idée oui, approuva Draco.
- Elle n'a pas tort, dans tous les cas, les gens auront des doutes sur votre relation, mais si vous vous montrez ensemble des aujourd'hui, tout le monde saura que ce n'est que du pipo, dit Blaise.
- On a qu'à commencer par aller au restaurant. On pourrait y aller tous ensemble ce soir.
- D'accord on fait ça. Mais pour l'instant, concentrons-nous sur ce que nous allons faire cet après-midi. Tu vas apprendre les règles de la haute société, Granger.
Il y avait un nombre incalculable de règles. Tout ce qu'on lui apprenait lui rappelait quand elle jouait à la princesse petite. Les règles pouvaient changer d'un évènement à un autre. Il y en avait même pour la manière de s'habiller. A la fin de l'après-midi elle ne s'y retrouvait plus. Evidemment la brune savait qu'elle finirait par retenir toutes ses choses, mais savait aussi qu'ils avaient abordé le sujet en surface et qu'il y avait bien plus à apprendre.
- Ce n'est pas un peu excessif ? Je ne doute pas que si vous me l'apprenez c'est que c'est utile, mais je ne peux m'empêcher de trouver cela excessif.
- Eh oui Hermione, dit Blaise. Bienvenue dans le monde des Sangs-Pur, le lieu de tous les excès. Un seul pas de travers et le jeu s'arrête là. C'est un monde empreint d'hypocrisie et tu seras leur sujet préféré. Aussitôt partie d'un cercle de discussion que tu deviendras leur sujet principal.
- Si tu essaies de la faire renoncer, c'est bien joué Blaise.
- Je trouve seulement que ça ne sert à rien de lui cacher cette évidence. Mais, ça ne veut pas dire que tu ne vas pas réussir. Tu n'étais pas la meilleure de Poudlard pour rien. Tu vois Draco, si j'avais voulu lui mettre la pression, j'aurais juste eu à rajouter que si elle échoue, tu tomberas avec elle. Là, ça aurait été un coup de pression !
- Tu es vraiment un crétin, lui répondit-il en ayant vu Hermione blanchir.
C'est normal après tout. Elle n'avait aucune envie de faire chuter Draco avec elle. Car si ça devait arriver, il lui redéclarerait la guerre, et cette fois, c'en serait une sans merci.
- Vous avez vu l'heure ? s'exclama Pansy pour essayer de détourner l'attention. Il faut absolument qu'on aille se préparer pour le restaurant. Allez, filez les garçons, on se retrouve dans une heure. Tu viens Hermione ? On va choisir ta tenue.
Être avec Hermione faisait du bien à Pansy. Il faut dire qu'elle passait toutes ses journées avec les garçons, alors passer du temps juste entre filles était agréable. Puis, devoir choisir les vêtements qu'Hermione porterait ce soir lui donnait l'impression d'avoir une petite sœur avec qui elle pouvait partager toutes ses astuces. Evidemment, jamais elle ne révèlerait ça à Hermione qui se sentirait sûrement plus comme une poupée d'enfant que l'on pomponne que comme une petite sœur.
- Alors, dit Pansy tandis qu'elle fouillait dans les affaires d'Hermione. Ce soir c'est un restaurant chic mais sans plus. La robe ne sera donc pas nécessaire, ça ferait un peu snob j'ai peur.
- Ce n'est pas donc exactement ce que les personnes de votre monde mettraient ?
- Oh non, pouffa Pansy. Ils aiment montrer leur argent et se montrer sous un meilleur jour que les personnes qui les entoures, mais peu de personnes porteraient une robe pour ce restaurant. Je pensais personnellement porter un tailleur beige, mais pour toi je te conseille un pantalon tailleur blanc avec une fine ceinture noir et le chemiser en dentelle bleu nuit que nous avons acheté. D'ailleurs, tu devrais laisser tes cheveux lâchés.
Hermione fila donc à la douche avec la tenue que Pansy lui avait préparée et après s'être préparée elle se décida de rajouter le long collier en perle que Ginny lui avait offert pour ses dix-sept ans. Elles arrivèrent dans le hall au même moment où les garçons sortirent de la cheminée.
Le restaurant se déroulait très bien. Blaise n'en revenait pas qu'Hermione ait traité Mia de poule et il n'arrêtait pas d'en rire. Il était étrange de pouvoir passer autant de bon temps avec des inconnus. Tout se passa donc parfaitement bien jusqu'au dessert où un imprévu arriva, et cet imprévu se nommait Mia et Ron. Mia portait une robe qui aurait sûrement coûté deux salaires à Hermione et qui surtout donnait un certain contraste entre elle et les autres clients du restaurant.
Quand Mia s'aperçut de la présence de celle qui avait osé l'insulter alors qu'elle n'était qu'une simple Sang-de-Bourbe, elle devint aussi rouge que sa robe. Et la situation empira quand ils passèrent à côté de leur table car Blaise ne put s'empêcher de faire une remarque.
- Je n'ai jamais vu une tenue aussi mal choisie pour un restaurant, dommage que la classe ne soit pas quelque chose qui puisse s'acheter, lança-t-il en regardant Mia avec dédain suivi d'un ricanement de Pansy.
- Au moins je ne suis pas le type de femme qu'on oserait tromper, mais plutôt le type avec qui on trompe. Tu es descendu bien bas Draco. Traîner avec une Sang-de-Bourbe … On aura tout vu. Déjà que tes amis n'étaient pas ce qu'il y a de plus fréquen-
- Je te conseille de déguerpir de ma vue avant que je ne te fasse regretter tes paroles, est-ce que c'est clair ? dit Draco d'un ton qui ne présageait rien de bon.
Mia perdit de son allure mais bien décidée à ne pas se laisser faire ne put s'empêcher de relancer.
- Je dis ça pour ton bien chéri. Te montrer en public avec… ça, dit-elle en lançant à peine un regard à Hermione qu'elle considérait clairement comme une moins-que-rien. J'ai bien peur que cela n'affecte ton image. C'est un nuisible elle ne mérite en rien ton attention.
- En bien des choses elle mérite plus mon attention que celle que j'ai pu un jour te porter crois-moi. Et petit conseil, de toi à moi, chérie, n'énerve pas la lionne.
- Le jour où j'aurais peur d'une sale Sang-de-Bour-.
- Hudson, l'interrompit Hermione n'étant pas capable de se retenir plus longtemps. Je ne doute pas que cette vie avec Ron doit être drôlement ennuyante, mais au point de venir nous faire la discussion ? Nous sommes au restaurant et aimerions bien finir notre dîner sans que tu viennes nous couper l'appétit. Alors peut-être que ce que tu recherches c'est le scandale, je comprends ça te ferait une jolie une des magazines. Mais vois-tu, je n'ai pas besoin de ça personnellement pour être à l'affiche. Après, si tu veux, lors de ma prochaine interview je pourrais peut-être te citer si cela te permet de connaître la vraie célébrité. Il n'y a pas de quoi, ça me fait plaisir.
Mia n'en revenait pas, elle venait de se faire insulter de la pire des façons par Hermione. Elle qui aurait besoin d'une Sang-de-Bourbe pour connaître un peu de succès ? C'était trop.
- Ecoute-moi bien. Je vais te tuer.
- Je t'en prie, essaie, bien des Mangemorts ont essayé et pourtant regarde où j'en suis. Puis, n'oublie pas que je suis une héroïne de guerre, la meilleure amie du célèbre Harry Potter ainsi qu'une représentante du Ministère. Il me semble même que l'on m'a nommé sorcière la plus intelligente de sa génération il n'y a pas si longtemps. Maintenant, hors de ma vue avant que je te montre ce qu'une Sang-de-Bourbe sait faire.
Mia allait répliquer, mais le gérant arriva et leur demanda avec Ron – dont le visage avait pris une couleur pivoine, de partir de son restaurant prétextant que toutes les tables étaient prises. Il y avait pourtant des tables vides, mais Mia venait de faire un scandale dans son restaurant et c'était quelque chose qu'il n'acceptait pas. Puis, on ne mettait jamais Draco Malfoy à la porte. A moins d'avoir envie de mettre par la même occasion clé sous la porte.
- Je ne te savais pas si vaniteuse sur tes titres, se moqua Draco.
- Pouvons-nous toujours t'appeler Hermione, ou serait-il plus adéquat de dire « Madame la représentante du Ministère, héroïne de guerre », renchérit Blaise riant allègrement.
- A la fin de la guerre, quand tous les magazines étaient braqués sur nous, on aimait bien avec Harry se moquer de la manière dont on nous affublait de surnoms en tout genre. Ronald, lui, se délectait de toute cette attention.
- En tout cas, tu lui as bien fermé le bec à celle-là. Et en prime, on a eu l'honneur de la voir se faire virer du restaurant, quelle belle soirée. Puis, tu as vu comme Weasley est resté en retrait, il n'a pas osé dire quoi que ce soit.
- Je suis désolée d'avoir fait une scène ici.
- Elle le méritait, puis c'est Blaise qui a commencé, la rassura Pansy.
- Puis tu n'as rien fait de mal, tu lui as juste montré qu'on n'insultait pas Hermione Granger. Peut-être qu'elle se fera plus prudente sur ses propos la prochaine fois.
Quand ils rentrèrent, Hermione laissa les trois amis de toujours dans le hall, montant dans sa chambre. Elle finit par boucler son dossier et l'envoya au Ministère et, enfin alors, son esprit se repassa la journée qu'elle venait de passer. Les larmes ne purent s'empêcher de lui monter aux yeux quand elle revit Ron dans l'ascenseur avec Mia. Ce qu'il lui avait dit et la manière dont Mia l'avait regardé. Comme si elle n'avait aucune valeur.
Evidemment, ce n'était pas la première fois que quelqu'un venait à la traiter de Sang-de-Bourbe, mais cela n'était pas arrivé depuis la fin de la guerre. Eh bien qu'on l'eût souvent insulté, particulièrement l'homme avec qui elle avait osé passer un marché, cela n'avait rien de comparable avec l'attitude de Mia. Pour les autres, c'était beaucoup dû à l'attitude des parents à la maison, elle l'avait toujours su. Quand on est petit, on se fait influencer par les propos des parents et après, avec un certain mal il est vrai, on commence à penser par nous-même. Mais là ! Mia avait agi différemment, pour cette femme, Hermione était une réelle abomination de la nature, une vermine qui ne mérite pas de vivre.
Elle finit par s'endormir, l'esprit secoué, sans se douter que quelque part dans Londres quelqu'un était en train de se venger d'elle.
