Chapitre 4 - Idées en tout genre

Quand Hermione descendit le lendemain matin, elle se rendit compte qu'il y avait une certaine agitation dans la salle à manger. Tandis qu'elle approchait, une bribe de la conversation lui vint à l'oreille.

- Je vous jure que je vais descendre dans les locaux de Sorcière Hebdo et faire un scandale, entendit-elle d'une voix qu'elle reconnut comme étant celle de Draco. Je ne laisserais jamais passer ça. Comment ont-ils osé publier ce chiffon ?

- Draco calme-toi mon pote, tu ne vois pas déjà dans quel état est Pansy ? Ce n'est pas la peine d'en rajouter. Maintenant assieds-toi qu'on réfléchisse correctement à ce qu'il convient de faire.

Hermione hésita à rentrer dans la pièce. C'était peut-être une discussion privée entre eux. Mais prise de curiosité, elle rentra tout de même.

La scène était assez étonnante.

Au milieu de la pièce se tenait Draco, fou de rage, avec un magazine qu'il serrait à s'en faire mal à la main. Elle l'avait rarement vu perdre le contrôle, ce qui montrait la gravité de la situation. Puis, en face de lui, Blaise était en train de réconforter Pansy qui avait les larmes aux yeux. C'était si étonnant de voir Pansy dans cet état. Au collège elle avait toujours paru de marbre, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Puis ces deux derniers jours en sa compagnie, lui avaient montré qu'elle était tout de même plutôt réservée. Blaise, lui, avait l'air passablement énervé mais était le plus calme. Sûrement trop inquiet par l'état de Pansy pour pouvoir laisser ressortir ses émotions.

- Oh bonjour Hermione, dit Blaise.

- Bonjour, si je peux vous laisser tranquille si je dérange.

- J'ai bien peur que ça te concerne aussi. Draco arrête de broyer le magazine et montre-lui.

Draco finit par donner le Sorcière Hebdo, sur l'article qui les intéressait. Quand elle vit le titre de l'article, elle comprit tout de suite.

Un regroupement de désespéré !

C'est ce à quoi vous auriez pu assister si vous étiez à L'Oiseau de l'Hiver hier soir, restaurant qui de mon avis ne mérite pas son étoile. En effet, à ce restaurant se trouvait le célèbre Draco Malfoy. Comme à son habitude, il était accompagné de ses deux amis Blaise Zabini et Pansy Parkinson qui donnent l'impression d'avoir utilisé le sortilège de Colle éternelle sur notre blondinet. Jusque-là, rien d'anormal pourrait-on se dire. Mais voilà, ils étaient accompagnés d'une personne bien surprenante, Hermione Granger.

Pourtant, tout le monde sait qu'entre cet ancien groupe de Serpentards et l'ancienne Gryffondor il y a une certaine rivalité et une grande haine mutuelle. Alors chers lecteurs, je pense que vous vous demandez ce qu'ils pouvaient bien faire ensemble ? Moi, Rita Skeeter, votre journaliste favorite ai la réponse.

Souvenez-vous, il y a de cela deux jours, j'écrivais un article annonçant la nouvelle et fabuleuse relation entre le héros de guerre Ron Weasley et notre sublime Mia Hudson, qui ne fait qu'enflammer les magazines par sa grande beauté. Comme vous le savez déjà, Mia Hudson sortait avec Draco Malfoy et Ron Weasley avec Hermione Granger. Alors les voir ensemble n'est plus si étonnant. En effet, leur partenaire respectif les ayant trompés pour se mettre ensemble, ce rapprochement semble tout de suite moins étrange. Comportement néanmoins décevant de la part de Draco Malfoy qui a toujours su se trouver les plus belles femmes du pays.

Puis, n'oubliez pas qu'ils étaient accompagnés de Blaise Zabini, connu pour être un célibataire invétéré. Ainsi que Pansy Parkinson n'ayant connu personne dans sa vie depuis sa rupture avec Théodore Nott, maintenant en couple avec une ancienne amie de cette dernière, Millicent Bulstrode (tout sur eux page 8 et 10).

Cela ressemblait donc à un rassemblement de personnes désespérés de connaître à nouveau l'amour un jour.

Et ce n'est pas tout ! En effet, notre couple favori du moment avait décidé de venir dans ce restaurant pour un dîner tranquille mais cela s'est vite transformé en cauchemar pour eux. Miss Granger, n'ayant sûrement pas supporté de se faire tromper sauta sur Mia Hudson, l'insultant de tous les noms et la menaçant.

C'est une Mia effrayée que nous retrouvons ici.

« On aurait vraiment dit une folle, si nous nous étions retrouvées seules je ne sais pas ce qu'il me serait arrivé. »

Ron Weasley, quant à lui, a préféré ne rien déclarer, sûrement trop choqué de la violence de son ex-copine. Mais après tout, qui pourrait blâmer Hermione Granger ? Sans Ron Weasley elle se retrouve pour ainsi dire totalement seule et certaines rumeurs courent quant à son amitié avec Ginny Weasley et Harry Potter qui serait apparemment brisée depuis sa rupture.

Hermione arrêta sa lecture ici. Cette fois ci Rita Skeeter avait tapé fort, il est vrai. Mais la fin de son article manquait sincèrement d'inspiration, une dispute entre Ginny, Harry et elle ? C'est vrai qu'elle ne les avait pas vu depuis sa rupture, mais cela s'était passé i peine trois jours.

- Je suis sincèrement désolée qu'on en soit arrivé là par ma faute.

- Ce n'est absolument pas de ta faute Hermione, dit Blaise. C'est moi qui ai commencé. Puis comment voulais-tu rester impassible face aux propos qu'elle tenait ? Je t'assure, elle a tout fait pour que tu t'en mêles. Vraiment, tu n'y es pour rien.

- Si je n'avais rien dit elle aurait laissé passer votre accroche. Donc j'estime que si, c'est ma faute.

- Bon, on ne va pas rejouer la scène pour savoir qui a fait quoi. Je vais aller arranger ça. Je ne compte pas laisser passer cela, après tout je suis tout de même Draco Malfoy. Granger, Blaise va t'apprendre à danser avec des talons aujourd'hui. Et toi Pansy, dit-il avec tout de suite un ton plus doux, va te reposer d'accord ? Je reviendrais tout de suite ici ne t'en fais pas

- Mais comment tu comptes arranger cela ? A part publier un démenti je ne vois pas ce que l'on pourrait faire.

- Faire virer Skeeter ? Torturer Hudson ? Tant de choix et d'opportunités s'offrent à nous.

- Tout ce que je vois ici c'est un aller-simple pour Azkaban.

- Tu ne comprends pas Granger. Si je ne fais rien, ma réputation va en pâtir et les tabloïds finiront par me prendre pour une cible facile. Je ne dois pas laisser cela passer et encore moins face à ce qu'elle a osé écrire sur Blaise et Pansy.

- Tu sais, moi ça me va. Je n'ai jamais été fait pour être posé. Puis ça me rendra encore plus populaire que je ne le suis déjà auprès de la gent féminine.

- La ferme Zabini.

Je vais m'en occuper, dit résolument Hermione. C'est à cause de moi qu'on en est là, alors c'est moi qui vais arranger tout cela. Puis, je connais personnellement le directeur de Sorcière Hebdo.

Si ce que tu fais ne me conviens pas, je m'en occuperais moi-même.

Laisse-moi la matinée.

Le directeur se montra très coopérant avec Hermione. Il n'hésita pas à lui faire une fleur et à réimprimer l'édition d'aujourd'hui sans cet article. Il envoya aussi un mot d'excuse personnel, ainsi que le nouveau magazine auprès de chaque personne ayant reçu l'édition de ce matin. Le directeur avait réellement semblé désolé pour ce qui avait été publié. Alors, il accepta de laisser aussi le mot d'excuse dans la Gazette du Sorcier pour être sûr que tout le monde puisse le lire.

Hermione voulut passer par son bureau pour voir si sa secrétaire avait bien reçu ce qu'elle avait envoyé hier. Mais quand elle vit la personne qui était en pleine discussion avec sa secrétaire, la tentation de prendre ses jambes à son coup lui vint à l'esprit.

Malheureusement pour notre lionne, Ginny Weasley l'avait déjà vu et fonçait à présent sur elle.

- Tu peux m'expliquer ça ? demanda-t-elle de but en blanc en désignant le magazine qu'elle tenait dans la main.

- Viens, on va dans mon bureau, on sera plus tranquille.

Voilà le moment qu'Hermione redoutait tant. Devait-elle dire la vérité au risque de tout faire rater ? Alors que son désir de vengeance s'était encore plus renforcé en voyant l'article de ce matin ? Ou devait-elle ne rien dire au risque de perdre sa meilleure amie ?

- Tu sais très bien que je n'ai aucune confiance dans ce qu'écrit Skeeter, dit la rouquine une fois dans le bureau. Mais Harry m'a raconté que Ron était allé le voir fou de rage hier après t'avoir vu en compagnie de Malfoy. Alors, que se passe-t-il ?

- Je te demande pardon ? Il a osé aller voir Harry fou de rage ? demanda Hermione dont toute la colère ressortait enfin. Il me trompe, me traite de la pire manière possible, m'impose un délai pour quitter NOTRE appartement, et après il s'offusque de me voir avec Draco ? C'est vraiment la meilleure. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi culotté de toute ma vie.

- Depuis quand tu appelles Malfoy par son prénom ? Attends, sembla soudain réaliser la rousse, il t'a demandé de quitter votre appartement ?

- Il m'a laissé un mot, disant que j'avais jusque-là fin de la semaine pour partir parce qu'après ce délai il s'installerait dans l'appartement qu'on a choisi ensemble avec Hudson. Il n'a même pas eu le courage de m'affronter en face.

- Mais quel goujat ! Oh Hermione, je suis vraiment désolée. Je n'ai pas pris de tes nouvelles une seule fois ces deux derniers jours alors que mon frère t'a quitté. Et quand je viens, c'est pour te faire des reproches. Excuse-moi, je suis la pire meilleure amie de l'univers. Peu importe la raison de cet article, ainsi que les rendez-vous que tu as avec Malfoy. Je vais me concentrer sur toi.

- Ce n'est pas grave, lui sourit tristement Hermione. Tu sais, ces deux derniers jours je n'étais pas toute seule, puis c'était de la folie, ça ne m'a pas donné beaucoup de temps pour y penser.

- J'espère bien que tu comptes m'expliquer ça un jour tout de même !

- Fais-moi confiance.

- Ce n'est pas en toi que je doute mais en eux. Cependant, ce n'est pas ce qui compte pour l'instant.

Hermione ne s'était jamais sentie aussi soulagée. Elle savait que Ginny finirait par lui demander des comptes, mais elle n'avait pas la rancœur que les garçons avaient envers Draco, alors elle prenait la chose plus à la légère. Un jour cependant, Hermione devrait choisir entre lui mentir ou lui dire la vérité et elle le savait.

- Je préfère tout de même te prévenir. Je n'ai pas encore vu Harry, mais je ne doute pas qu'il va exiger des réponses sur l'article paru.

- Je le sais bien, soupira Hermione.

- D'ailleurs, où est-ce que tu habites maintenant ? J'espère que tu sais que notre maison t'est ouverte.

- Merci, c'est vraiment gentil. Mais je vis chez Pansy pour l'instant.

Ginny semblait étonnée des propos d'Hermione. Après tout, elle n'avait jamais pu s'entendre avec ce groupe de Serpentards, et maintenant elle vivait chez l'un deux ? Même si sa curiosité voulait en apprendre plus, pour savoir si son amie allait bien, elle savait que ce n'était pas le moment de lui faire des reproches. Elle voyait bien la tristesse et la colère qu'il y avait dans les yeux d'Hermione quand le nom de son frère avait été prononcé. Il était donc plus important d'être présente que de demander le pourquoi du comment de ses nouvelles fréquentations.

Hermione lui raconta alors dans le détail la détresse qu'elle avait ressenti en lisant ce mot. La colère qui l'avait envahi quand elle s'est dit qu'il préférait laisser un simple mot à son bureau plutôt que de venir la voir en face pour lui dire les choses. Elle se rendit compte que ça lui faisait sincèrement du bien d'en parler. En effet, elle s'était attendue à ce qu'il y ait un mur entre Ginny et elle du fait que c'était la sœur de Ron. Mais Ginny faisait la part des choses, et l'avoir comme frère ne voulait pas dire approuver tous ses choix. Elle aurait d'ailleurs dû le savoir vu comment elle se moquait allègrement des choix de son frère au collège. La rousse ne manqua pas d'ailleurs d'exprimer à quel point elle n'était pas d'accord avec lui et que c'était un crétin de première classe.

- Merci Ginny. Vraiment. Mais je dois absolument rentrer maintenant.

- Pourquoi ? Tu ne travailles pas aujourd'hui ?

- Oh si je travaille. Mais pas à mon bureau. Ça aussi je t'expliquerai plus tard.

- Je sais qu'il faut que tu partes, mais j'ai besoin de savoir si tu vas bien. Je m'inquiète tout de même. Du jour au lendemain tu deviens amis avec ceux qui t'ont toujours humilié et tu délaisses légèrement ton travail. Ce n'est pas toi ça Hermione. Alors, je ne te demande pas de répondre à mes questions, bien que j'en ai un bon nombre. Je veux juste savoir si ma meilleure amie va bien ou bien si elle a été mise sous Imperium.

- Ginny je comprends que tu puisses t'inquiéter, mais vraiment, je vais bien. Je n'ai pas oublié mon passé avec eux, mais sincèrement ils ne sont pas ce qu'ils donnent l'impression d'être et au moins je connais le pire d'eux. Puis, le collège c'est du passé. Il faut savoir pardonner parfois.

- Bien, dit Ginny visiblement peu convaincue. On pourrait manger ensemble dans la semaine si ça te dit ?

- Oui bien sûr, pourquoi pas dimanche ?

- Oh … Le dimanche c'est mon jour au Terrier. Mais si tu veux venir, maman serait ravie de t'accueillir.

- Désolée, le Terrier me manque beaucoup mais je ne peux pas manger à la même table que ton frère.

- C'est dommage, maman se ferait un plaisir de critiquer cette peste d'Hudson avec toi. Si l'on pensait qu'elle détestait Fleur, ce n'est rien comparé à ce qu'elle ressent pour celle-là. George aussi ne l'aime pas d'ailleurs. Bien évidemment ils ne l'ont jamais rencontré, mais l'image qu'elle dégage des magazines montrent sa fausseté. Puis j'ai peur que sa présence dans la vie de Ron ne fasse que l'entraîner encore plus dans cette vie de superficialité. Tout ça pour dire, tu fais partie de la famille, alors viens quand tu veux.

Malgré les propos de Ginny, Hermione ne pouvait qu'en douter. Bien que George l'appréciât énormément, elle se souvenait aussi du comportement que Molly avait eu quand cette dernière avait cru qu'elle avait brisé le cœur d'Harry en quatrième année à cause de Rita Skeeter. L'amour que Molly portait à ses enfants et Harry était d'une force incroyable et elle craignait de ne plus pouvoir faire partie de ce portrait maintenant.

- Laisse-moi encore un peu de temps s'il te plaît. Nous sommes séparés depuis trois jours maintenant, je ne me sens pas prête d'affronter un repas de famille avec lui et Hudson. D'autant plus qu'elle se montrerait comme une peste avec moi, vraiment je ne peux pas.

- Je comprends. Il veut nous la présenter ce week-end, je suis sûre qu'elle va nous parler d'une voix mielleuse pour bien cacher son jeu de vipère, dit Ginny d'une voix écœurée.

Il voulait déjà la présenter à sa famille ? Elle n'en revenait pas. Ils avaient officialisé leur relation il y a de ça trois jours. Hermione ne dit rien et Ginny finit par s'en aller, lui promettant de lui envoyer un hibou dans la semaine pour prévoir un dîner.

- Alors ? demanda impatiemment Draco à peine Hermione eut franchi les portes du salon.

- L'édition de ce matin est annulée, ils vont la réimprimer sans l'article nous concernant et la renvoyer à toutes les personnes abonnées avec un mot d'excuse du directeur, qui le publiera aussi dans le prochain numéro et dans la Gazette demain.

Cette nouvelle avait légèrement calmé Pansy, mais Hermione avait remarqué que ses yeux parcouraient l'article sur Théodore Nott.

- Je n'en reviens pas que le directeur ait accepté ça. Réimprimer toute l'édition prévue lui fera une grosse perte d'argent.

- Il me devait une faveur.

- C'est bien, mais je veux qu'elles comprennent le message. Bien que je ne doute pas qu'elles doivent déjà être énervées de savoir ce que tu as fait, je veux qu'elles comprennent bien qu'on ne s'attaque pas à un Malfoy.

- Je suis désolée mais je ne vois pas ce que je peux faire de plus. Au moins cette Hudson va comprendre qu'elle s'attaque à une personne qui a assez d'influence pour retirer les articles qui ne lui conviennent pas.

- Je vais m'en occuper.

Sans rajouter quoi que ce soit Draco partit au Ministère pour mettre un terme définitif à la carrière de Rita Skeeter. Hermione ne le revit plus de la journée, et cela la soulageait légèrement car s'il l'avait vu marcher sur des talons il aurait eu son regard réprobateur et jamais elle n'aurait pu se concentrer. Hermione n'avait jamais vu l'intérêt de porter des talons, c'était inconfortable et dangereux.

Blaise avait passé l'après-midi à la regarder marcher sur des talons en lui apprenant tout ce qu'elle devait savoir sur les invités. A la fin de la journée, elle connaissait les plus intimes secrets d'une dizaine d'invités. En effet, Blaise ne lui avait pas tout raconté tout de suite pour ne pas l'ensevelir d'informations, il voulait qu'elle maîtrise sur le bout des doigts ce qu'il lui apprenait. Puis, quand elle fut exténuée et capable de marcher sans se déclencher d'entorse, il la congédia.

Le reste de sa soirée se consacra à ses dossiers et le soir elle descendit manger avec Blaise et Pansy avec qui elle s'entendait de mieux en mieux. En effet, Blaise était un personnage à lui tout seul, ce qui le rendait tout de suite très attachant. Pansy quant à elle, allait mieux que ce matin, ce qui faisait plaisir à voir. Elle ne faisait que rire des propos de Blaise, qui se dégustant de l'attention qu'il avait, en faisait toujours plus.

Rita Skeeter sous surveillance

La célèbre journaliste Rita Skeeter travaillant pour Sorcière Hebdo a été mise en examen dans la soirée d'hier, pour usage abusif de la magie. Elle a été relâchée ce matin mais reste sous surveillance en attendant le procès.

En effet, dans la journée d'hier, une source anonyme est venue au Ministère avec certaines informations. D'après cette source, Rita Skeeter est un Animagii non-déclaré. La personne a été en mesure de fournir des preuves qui ont valu à la journaliste une nuit à Azkaban.

Son poste à Sorcière Hebdo est donc remis en cause. Bien que, Sorcière Hebdo envisage déjà très sérieusement de licencier madame Skeeter, le procès définira si oui ou non elle a encore un avenir dans le journalisme, ainsi que la caution qu'elle devra payer. Cependant, elle n'encourt pas de risque de prison.

Draco arrêta sa lecture ici, il avait lu ce qui l'intéressait et en était satisfait. Désormais, Mia Hudson saurait qu'elle ne peut s'attaquer à un Malfoy sans qu'il y ait des conséquences. Bien qu'il ne doutât point que bien d'autres journalistes seraient prêts à accorder des interviews exclusives à Mia, ils feraient sans aucun doute attention aux propos utilisés. En effet, même s'il est cité comme « source anonyme » il n'était pas compliqué de savoir que c'était un acte signé Malfoy.

Quand il arriva chez Pansy, il fut bien heureux de constater qu'Hermione n'était pas encore descendue. Il savait qu'elle aurait désapprouvé ce qu'il avait fait, et bien que ça lui soit totalement égal, il n'avait pas la force de se chamailler avec elle dès le matin.

- Je n'en reviens pas que tu nous aies enfin débarrassé de cet insecte, s'exclama Pansy avec une once de reconnaissance dans sa voix.

- Sa carrière dans le journalisme est finie. Bien qu'ils disent que c'est l'enjeu du procès, elle a sorti des informations bien trop privées à maintes reprises pour la laisser encore pratiquer dans le métier.

- C'est dommage, dit Blaise, bien qu'elle me débecte, j'aimais bien tout savoir de tout le monde.

- Comme si tu avais besoin d'elle pour être au courant de tout ce qu'il se passe autour de toi. Nous n'étions qu'en première année que tu étais au courant des ragots les plus croustillants sur les professeurs ou même sur des élèves de dernière année.

- En tout cas Malfoy, dit Hermione qui venait de rentrer discrètement dans la pièce, pour une fois, je suis contente que tu ne m'aies pas écouté.

Il n'en revenait pas. Venait-elle réellement d'approuver son acte ? Mais après tout, quand on repensait à tout ce que Rita avec écrit sur elle lors de leur quatrième année ce n'était pas si étonnant. Rita s'était fait un paquet d'ennemis avec le temps, mais jamais, avant hier, elle n'avait osé l'attaquer lui et là, elle en payait son erreur.

- Serait-ce un compliment que tu me fais ici Granger ?

- Dans tes rêves Malfoy.

- Tu as fait une bonne impression à Will et il aimerait nous recevoir tous les deux à dîner mercredi.

- Pourquoi pas, ça me ferait plaisir de le revoir. En parlant de dîner, ce soir je ne pourrais pas être présente. Et ce sera le cas tous les samedis.

- Pourquoi ? demanda Blaise piqué par sa curiosité.

- J'ai des engagements à tenir, lui répondit-elle en souriant.

Hermione était volontaire dans un orphelinat qui avait ouvert après la guerre. En effet, de nombreux parents étaient morts laissant leurs enfants derrière eux. Bien que ce n'était pas un secret, Hermione avait besoin de ce cocon tranquille. Après tout, vivre avec les Serpentards du jour au lendemain, voulait dire ne plus avoir d'intimité et de secrets pour eux.

La journée passa assez vite. Ce qu'elle apprenait l'intéressait parce qu'elle voyait les dessous de la fameuse noblesse et cela se révélait comme étant un simple tissu d'hypocrisie. Tout n'était question que de faux-semblant. Puis elle était contente d'enfin savoir marcher convenablement avec des talons, elle avait aussi moins de difficultés quand elle dansait.

Vers dix-sept trente, Hermione quitta la demeure Parkinson pour se rendre sur le Chemin de Traverse. Elle voulait acheter des surprises pour les enfants de l'orphelinat. Quand elle arriva devant la bâtisse assez modeste, les enfants se précipitèrent pour la saluer et lui faire un câlin. Son cœur se réchauffa tout de suite. Toute la douleur du monde pourrait s'effacer avec rien qu'un seul sourire d'un de ces enfants. Si ça ne tenait qu'à elle, elle les adopterait tous.

Elle avait ramené des confettis surprises de chez Weasley, farces pour sorciers facétieux. Quand ils avaient explosé cela avait formé pleins d'étoiles avec des étoiles filantes partout. Rien que pour le regard que les enfants avaient en cet instant, elle se dit qu'elle pourrait en ramener à chaque fois qu'elle venait.

- Hermione, Hermione, l'appela un petit garçon brun.

- Eliott ! Tu vas bien ?

- C'est vrai que maintenant tu es amie avec les méchants Serpentards ?

- Eh d'abord c'est faux, intervint une blonde au nom d'Ella en décrochant un mauvais regard à Eliott, ils sont pas méchants les Serpentards. C'est les meilleurs et même que quand je serai à Poudlard eh ben, eh ben, je serais une Serpentard moi aussi. Et la meilleure.

Ella et Eliott étaient inséparables comme deux frères et sœurs et pourtant l'un était l'eau tandis que l'autre était le feu. Ils étaient différents sur tous les sujets mais c'est ce qui rendait leur proximité merveilleuse. Un débat arriva alors chez les enfants pour décider quelle maison était la meilleure. C'est cette ambiance qu'elle aimait ici. Il y avait toujours du bruit, toujours un aspect familial. Chaque enfant adopté la rendait à la fois heureuse et lui brisait le cœur.

Hermione mangea avec eux dans la bonne humeur et après leur avoir raconté bien dix histoires, ils finirent par partir se coucher et Hermione repartit le sourire aux lèvres et pleine de motivation.

A la fin de la guerre, elle avait reçu énormément d'argent pour avoir aidé Harry dans sa quête de sauver le monde et de tout cet argent elle avait seulement gardé de quoi se réserver un avenir raisonnable. Tout le reste avait été donné à des associations pour aider le monde sorcier à se reconstruire. La plus grosse somme avait été versé pour cet orphelinat, et tous les mois elle versait la moitié de sa paye ici pour s'assurer du bonheur des enfants. Il lui était souvent arrivé de se dire qu'elle devrait quitter son travail et venir à plein temps ici, mais jamais elle n'en avait trouvé le courage.

Evidemment, son travail lui plaisait. Enfin, c'était aider les gens qu'elle aimait dans son travail. Elle savait que son avenir n'y était que temporaire. Seulement y travailler à la fin de la guerre, permettait de mettre une certaine stabilité dans ce monde détruit, en s'assurant que la corruption ne serait pas là tant qu'elle y sera.

Pleine d'idées en tête, elle finit par rentrer chez Pansy pour finir de travailler sur ces dossiers en attendant les nouveaux.