Chapitre 6 - Révélations
Hermione ne savait pas quoi faire face à cela. En effet, elle s'était elle-même occupée du dossier la première fois et c'était une histoire bien sombre. Cette femme ne méritait absolument pas d'être relâchée, elle ne comprenait donc pas pourquoi le Ministère tenait tant à ce qu'elle jette un œil à ce dossier.
Eleanor Willow s'était décidée, à la fin de la guerre, de tuer toutes les familles qui avaient un rapport avec Voldemort. Elle n'avait pas pu mener sa mission à bien car elle fut vite interpellée par des Aurors. Seulement, pendant ce temps de liberté, elle avait réussi à tuer la famille Greengrass au complet, comportant les parents, deux adolescentes et un nouveau-né. Elle avait aussi tué Andromeda Tonks, estimant que son lien de sang avec Bellatrix Lestrange et Narcissa Malfoy, méritait sa mort. Heureusement, Teddy était chez les Weasley quand ce drame arriva.
Son dernier meurtre fut celui de la mère de Draco. Elle aurait sûrement tué Lucius Malfoy s'il n'avait pas été emprisonné à vie à Azkaban. Narcissa Malfoy avait été torturé avant d'être tué. Les photos de son corps avaient donné la nausée à Hermione durant de longues semaines.
Cette femme avait à son actif tellement de meurtres, qui plus est, des meurtres de personnes innocentes, que la brune ne comprenait même pas qu'on se soit donné la peine de lui laisser l'espoir qu'elle retrouverait le soleil avant l'heure.
A la fin de la matinée, elle avait déjà bien avancé son rapport qui démontrait point par point les raisons pour laquelle cette femme ferait ses neuf ans de prison restant. Elle prit donc une pause pour manger quelque chose et après avoir bien réfléchi, décida de se rendre au manoir Malfoy.
Une fois arrivée, la brune ne fut pas étonnée de voir que l'elfe de Pansy était toujours là pour l'empêcher de passer, seulement cette fois elle était plus déterminée que jamais et se décida donc à hurler jusqu'à ce qu'on daigne venir lui ouvrir.
- Non mais ça va pas ? s'indigna Pansy.
- Laisse-moi rentrer s'il te plaît.
- Je te l'ai déjà dit, pour l'instant ce n'est pas possible.
- Laisse-moi rentrer, répéta-t-elle sans broncher.
- Je t'ai dit non. Rentre au manoir, dit Pansy en ayant un ton plus dur.
- Je ne laisserais pas tomber.
- Soit, amuse-toi bien. Je vais lancer un sort d'insonorisation. Tu pourras brailler tant que tu veux, tu ne rentreras pas.
- Laisse-la rentrer, intervint Blaise. Bornée comme elle est, ça ne sert à rien de l'en empêcher. Cela ne m'étonnerait même pas qu'elle essaie d'enfoncer la porte.
- Mais Blaise ! se plaignit Pansy.
- Laissons-les, dit-il en la poussant hors de la pièce.
- Merci, répondit la brune avec un sourire.
Draco était, pour le moins que l'on puisse dire, mal en point. Il avait les cheveux en bataille, des cernes catastrophiques qui montraient qu'il n'avait pas fermé l'œil depuis la nouvelle et semblait ne pas avoir changé de vêtements depuis la dernière fois. Mais surtout, il avait un regard lointain, il ne semblait pas connecté au monde réel. En ce moment, elle avait pitié de lui.
- Bonjour Malfoy. On m'a mis en charge du dossier de Willow. J'ai tout de suite fait le lien avec toi et je voulais donc savoir comment tu allais.
Hermione n'obtint pas de réponse de sa part mais ne se démonta pas pour autant.
- Et je voulais aussi t'assurer qu'elle ne reverrait pas de sitôt la lumière du jour. Cette femme a commis des actes bien trop graves pour que je la laisse sortir.
Toujours pas de réponse.
- Cette femme a tué le dernier parent de Teddy Tonks, il n'a plus que Harry dans sa vie maintenant, aucune personne saine d'esprit ne la laisserait sortir. Alors reprends-toi en main et ne te laisse pas aller pour quelque chose aussi dérisoire qu'une demande de remise de peine. Tous les jours j'en reçois, et rare sont les cas qui finissent par être relâchés. Ce n'est qu'une formalité.
Encore un silence de la part du blond.
- Ecoute, je comprends ce que tu traver-
- Tu n'as aucune idée de ce que je traverse, répliqua-t-il glacialement. Tu ne sais pas ce que ça fait de tomber fou amoureux d'une femme qui se révèle finalement être la meurtrière de ta propre mère.
Hermione était sous le choc. Elle ne s'attendait pas du tout à cela. Après tout, comment cela pouvait être possible ? Il n'y a jamais eu mention d'un quelconque copain. Et encore moins mention du blond.
- Tu la connais ? demanda Hermione perplexe.
- Oui. Et comme d'habitude elle finira par avoir ce qu'elle veut et sortira de prison.
- Si tu penses que je vais la laisser sortir tu me connais mal.
- Quand Eleanor veut quelque chose, elle l'obtient.
- Il faut croire qu'elle et moi nous avons un point commun. Tu comptes me raconter l'histoire ou je vais devoir patienter jusqu'à ce que tu me décides à me dire la vérité ?
Comme il ne répondit pas, Hermione décida d'utiliser l'attaque. Le meilleur moyen pour faire sortir quelqu'un hors de ses gonds.
- Je vois que le célèbre Draco Malfoy a peur, reprit-elle d'un ton sarcastique. La lâcheté des Serpentards est définitivement tout sauf un mythe. Regarde-toi ! Une mauvaise nouvelle et te voilà anéanti, incapable de faire face. Mais tu sais, la vie réelle, c'est des tas d'imprévus, c'est apprendre à faire face.
- Tu ne peux pas comprendre, s'énerva Draco.
- Tu crois que je ne peux pas comprendre ce que c'est de perdre quelqu'un Malfoy ? J'ai perdu la personne avec qui je pensais finir ma vie. J'ai perdu nombres d'amis pendant la guerre, parce qu'ils croyaient en un monde d'égalité. Et par-dessus tout, j'ai perdu mes parents lors d'une guerre qui ne les concernaient même pas. Alors je t'avoue que je ne vois pas en quoi je ne peux pas comprendre le fait de perdre des êtres chers pour des mauvaises raisons et la douleur de voir la personne qu'on aimait ne plus être celle qu'on croyait.
- Tu es en train de comparer Weasmoche le vaniteux à la femme qui a tué ma mère ? s'écria Draco, oubliant les autres propos d'Hermione.
- Tu retiens juste ce qui t'intéresse.
- Eleanor a, comme beaucoup, perdu des proches pendant la guerre. Dans son cas à elle, c'était son fiancé Edward. La folie s'est emparée d'elle et elle a décidé de tuer toutes les personnes ayant un rapport de près ou de loin avec celle qui l'a tué. Ma chère tante Bellatrix, dit-il d'un ton méprisant. C'est la raison pour laquelle Nymphadora est morte. La famille Greengrass et mon père avaient prévu qu'Astoria et moi aillons un mariage arrangé. Ils sont donc morts pour cela. Quant à moi, elle n'a jamais prévu de me tuer. Elle voulait me détruire. Que je tombe amoureux d'elle pour qu'elle me retire tout ce que j'ai. Ma mère n'a pas mérité ce qu'il lui est arrivé, elle n'a jamais été du côté des Mangemorts et a tout fait pour que je m'en éloigne. Alors je t'en prie, cracha Draco, si tu as vécu la même chose, dis-le-moi je serais ravi de le savoir. Toi qui adores piailler pour rien dire, je suis sûre que tu as des tas d'anecdotes qui valent cent fois ma peine à me raconter.
Hermione ne sut pas quoi répondre et avant même qu'elle ne trouve les mots juste, Draco s'était levé et dans un accès de rage, jeta tout ce qui se trouvait à portée de main. Hermione se mit à s'égosiller pour qu'il s'arrête, mais il avait un regard fou et surtout, un regard blessé.
Elle avait beau dire qu'Eleanor ne sortirait jamais, qu'il finirait par surmonter ça. Que l'on finit toujours par s'en remettre. Qu'il n'avait pas mérité ça et qu'il finirait par aller bien. Draco Malfoy ne voulait rien entendre et était en train de ravager son salon.
Alors, dans un élan de désespoir, Hermione le prit dans ses bras, s'arrangeant de le coincer pour qu'il ne puisse plus jeter d'objets. La surprise de ce geste, si imprévu, si intime et tellement en désaccord avec le chaos de la pièce eut au moins l'efficacité de stopper la folie de Draco.
A la grande surprise d'Hermione, Draco ne la rejeta pas. Encore plus étonnant, il s'écroula sur le canapé et quelques larmes s'écoulèrent. Hermione avait l'impression qu'elle n'avait pas le droit d'être là. Cela lui donnait l'impression d'être dans la tête du Serpentard, où à travers tout ce cafouillis se trouvait un homme brisé par son passé. C'était une situation étrange pour elle de constater ça alors qu'il ne montrait jamais ses sentiments, qu'il avait toujours son masque de marbre.
Eh oui, Draco Malfoy avait un cœur.
Sans même s'en rendre compte, elle s'adossa au canapé et se mit à caresser les cheveux de Draco. Elle avait pris l'habitude de faire cela quand Harry se mettait à fondre en larmes et ça avait le don de le calmer. Voyant que Draco la laissait faire, elle continua son geste jusqu'à ce qu'il finisse par s'endormir, enfin.
Après tout si Hermione n'avait pas autant insisté pour savoir la vérité ça ne se serait jamais passé. Il était même étonnant que Draco ait accepté de se confier, même si dans le fond elle savait qu'il avait seulement fait ça pour qu'elle se taise une bonne fois pour toute.
Quand Draco se réveilla et qu'il se remémora ce qu'il venait de se passer, il se sentit comme un idiot. Il était en colère contre lui-même d'avoir craqué et devant son ancienne ennemie qui plus est. Si son père avait vu cela, il l'aurait sûrement frappé avec sa canne. Bien que, si son père n'était pas en prison actuellement, il n'aurait même pas laissé Hermione rentrer dans leur manoir.
Alors que le blond était en train de trouver un moyen de se débarrasser de Celle-qui-avait-vu-ses-faiblesses, la voix qu'il ne voulait pas entendre s'éleva dans les airs.
- Bien tu es réveillé Malfoy ? demanda Hermione.
- A ton avis Granger, railla-t-il.
- Parfait. Prépare-toi, dans une demi-heure nous sortons.
- Je ne compte pas sortir.
- Oh pardon, j'ai omis de te dire que je ne te demandais pas ton avis.
- Pour qui te prends-tu à me donner des ordres ? s'irrita Draco.
- Ecoute, c'est foutu pour le restaurant de ce soir, alors à la place on va aller sur le Chemin de Traverse, prendre une glace et agir comme si nous étions proche. Crois-moi ça ne te fera pas de mal de voir un peu la lumière du jour.
- Tu n'es qu'une égoïste Hermione Granger, s'indigna faussement Draco. Tu ne penses qu'à toi et à ce marché. N'as-tu pas honte ?
En réalité, Draco n'était pas particulièrement contre cette idée. Il est vrai que ce n'était pas une partie de plaisir de parler avec elle alors qu'elle avait vu sous sa carapace mais Hermione faisait comme si cette scène n'avait jamais existé. Alors pourquoi dire non à un moment qui lui changerait sans aucun doute les idées ?
Eleanor n'était pas encore sortie et il aurait tout le temps d'y penser plus tard. Il fallait se concentrer sur les évènements les plus importants, et en ce moment il s'agissait de faire payer la petite garce d'Hudson.
- Par Merlin ! Je viens de réaliser quelque chose, dit Hermione comme si elle venait d'avoir une illumination.
- Je t'écoute.
- Nous avons un point commun. Tu es tout aussi égoïste que moi, dit la brune en souriant.
- Il vaudrait mieux qu'on évite de passer trop de temps ensemble si tu ne veux pas que je déteigne sur toi dans ce cas.
- Qui te dit que ce n'est pas moi qui vais déteindre sur toi ?
- Je suis un Malfoy, dit hautainement le blond. J'influence les gens, je ne me fais pas influencer.
- Eh bien moi, je suis une Granger, répliqua-t-elle en imitant son ton hautain, et comme on dit chez moi : toujours imitée, jamais égalée. Allez dépêche-toi Malfoy, plus que vingt minutes.
- Les Gryffondors et leur détermination, ronchonna faussement Draco.
Quand Draco revint dans le salon, il vit qu'Hermione était présente. Elle s'était changée, avait attaché ses cheveux et avait enfilé un short ainsi qu'un t-shirt assez simple. Elle n'en restait pas moins radieuse. Draco s'étonna lui-même de cette pensée traitresse mais l'oublia assez vite.
- Vu qu'il est seize heures je te propose qu'on aille d'abord boire le thé.
- C'est quelque peu cliché qu'un anglais aille boire du thé à seize heures, mais j'adore cela alors comment refuser ?
Au début c'était assez étrange de devoir faire semblant d'être proche devant autant de personnes. En effet, tout le monde se retournait sur leur passage. Il faut dire que ce couple atypique devait sonner étrange aux yeux des gens. Au fur à mesure, Draco reprit des couleurs et il fut tout de suite plus facile pour lui d'apprécier le moment. Ils finirent même par réellement s'amuser. Il faut dire que la fête foraine de George était une véritable réussite.
Il y avait même un coin avec des attractions moldues. Les sorciers y allaient d'un air étonné, se demandant comment les Moldus pouvaient faire cela sans avoir recours à la magie.
Mais leur soirée se transforma vite en guerre quand Hermione eut l'audace de lui mettre une boule chocowiz sur le nez. Cela s'ensuivit d'une bataille de jet d'eau sous les regards amusés des passants. Ils rentrèrent chacun de leur côté totalement épuisé, n'ayant comme seule hâte d'aller dormir.
Alors que le cerveau d'Hermione cogitait pendant qu'elle cherchait le sommeil. Elle fut surprise de se rendre compte que cette fois ces pensées n'allaient pas vers Ronald mais vers l'après-midi agréable qu'elle avait passé avec ce qu'elle pouvait considérer son nouvel ami. Elle s'endormit alors le sourire aux lèvres, sans se douter une seule seconde qu'il se passait la même chose du côté du blond.
oOo
La brune fut réveillée par des coups portées à sa porte. Une fois qu'elle eut finit d'émerger, elle alla ouvrir la porte et fut assez étonnée de tomber sur une Pansy pensive. Décidément, que se passait-il ? Est-ce que la bande de Serpentards s'étaient passé le mot pour laisser montrer leurs sentiments à la Gryffondor ?
- Je peux te parler s'il te plaît ? demanda Pansy.
- Evidemment, sans soucis. Tout va bien ?
- Comment as-tu fait ? demanda-t-elle.
Devant le regard perplexe d'Hermione, Pansy approfondit sa question.
- Ce matin, alors que j'allais partir chez Draco, je me suis rendu compte qu'il était en train de déjeuner dans ma salle à manger. Quand je lui ai demandé si tout allait bien, il m'a envoyé balader avec son célèbre air Malfoyen que je déteste. Alors je te demande comment tu as fait. Je suis sa meilleure amie. J'aurais dû pouvoir l'aider et j'en ai été incapable, alors qu'en une après-midi tu as arrangé les choses.
- Je ne lui ai pas réellement donné le choix. Tous les trois vous êtes amis, vous utilisez un ton entre vous que vous n'utilisez avec personne d'autre. Moi je ne suis pas son amie et cela ne me gêne aucunement de remettre Malfoy à sa place quand il en a besoin. Je pense que ça vient de là.
- Tu es en train de me dire que j'ai juste été trop gentille ?
- Non Pansy, seulement je sais comme il est difficile de voir son ami aller mal. Je sais à quel point j'avais du mal avec Harry parce que je n'osais jamais réellement lever la voix sur lui. Pourtant, parfois, les gens ont besoin qu'on leur donne un petit coup au derrière.
Hermione n'avait pas voulu aborder l'éclat de colère de Draco et les révélations qu'il lui avait fait. Elle savait que Pansy était déjà au courant, mais estimait que c'était du domaine privé. Draco ne lui pardonnerait pas de raconter ce qu'il s'était passé à quelqu'un, même si ce quelqu'un était Pansy.
C'était une drôle de sensation d'avoir l'impression de partager un secret avec le blond. Elle savait qu'elle ne reparlerait jamais de cette scène car cela braquerait sûrement Draco. Chose qu'elle ne se permettrait pas d'arriver maintenant qu'il y avait entre eux une ouverture pour un début d'amitié.
Pansy finit par sortir de sa chambre le cœur plus léger.
Hermione put constater, en arrivant dans la salle à manger pour déjeuner, qu'en effet, Draco était totalement remis sur pied. Arborant cet air flegmatique qui le caractérisait si bien.
- Granger, te voilà enfin.
- Parce que vous m'attendiez ?
- Comme tu es perspicace. J'ai réfléchi et je pense que nous devrions officialiser notre relation pendant le bal. Laisser planer le doute un certain temps puis porter le coup final ce soir-là.
- Bien et donc qu'as-tu à l'esprit ?
- Le bal est dans trois semaines. Il va falloir que l'on multiplie les sorties ensemble. Ce soir nous allons donc au restaurant.
- Ce soir c'est samedi Malfoy. Je t'ai déjà dit que je n'étais pas disponible ce jour-là.
- Tu ne peux pas le reporter ? soupira-t-il.
- Non Malfoy non. C'est très impoli et l'on compte sur moi. J'ai des engagements à tenir.
Draco n'avait jamais été le type de personne à qui l'on refusait quelque chose. Tout le monde se pliait toujours à ses moindres exigences dès qu'il le souhaitait. Il n'y avait qu'Hermione pour oser lui tenir tête et il n'appréciait pas du tout.
- Tu as aussi tenu un engagement auprès de moi en signant le marché Granger.
- Je ne cèderais pas.
- Je pensais que tu savais ce que je voulais.
- Et je t'ai posé mes conditions. Que tu as accepté.
- C'est bon Draco, laisse-là respirer.
Draco fusilla Blaise du regard. Il n'en revenait pas que son meilleur ami ne le soutienne pas. Et au profit d'Hermione en plus. Il s'engageait dans un combat perdu d'avance si Blaise n'était pas de son côté.
- Bien. Faites comme vous voulez, peu importe si la belette reste avec Hudson jusqu'à la fin de sa vie parce que mademoiselle Granger n'a pas été capable de m'accorder une soirée. Tu seras peut-être invitée au mariage.
Hermione n'en revenait pas à quel point il pouvait être dramatique certaines fois.
- Je t'accorde toutes les soirées que tu veux Malfoy, sauf celles du samedi, je trouve que ça va tout de même, ça te laisse quand même un certain choix.
- Oui peut-être Granger, mais vois-tu, il n'y a jamais autant de monde en ville qu'un samedi soir.
- C'est vrai, excuse-moi, les gens de ton monde sont tellement habitués à travailler qu'ils ne trouvent que le samedi soir pour s'accorder le temps de souffler un peu. Rappelle-moi déjà, c'est quand la dernière fois que tu as travaillé ?
- Je suis un Malfoy.
- Et moi une Granger et quand je te dis que je ne peux pas c'est que je ne peux pas.
Draco ne put s'empêcher de serrer les lèvres devant l'attitude d'Hermione. Il n'appréciait pas le fait qu'elle ait raison. Peu importe quand ils sortiraient, il y aurait forcément du public, ou du moins la presse. Cependant, toute l'énergie qu'il avait refoulé ses derniers jours lui donnaient réellement envie de titiller la Gryffondor. Juste par plaisir.
Mais alors que ses yeux prirent un léger air sadique, Blaise vit très clair dans son jeu et stoppa net le blond.
- D'ailleurs, si on ne s'occupe pas du bal, il n'y en aura pas. Il est dans à peine trois semaines et on a encore pensé à rien. Je sais que peu importe la date à laquelle les invitations seront envoyées, tout le monde répondra présents. Mais ce serait tout de même plus poli de s'en occuper maintenant.
- Mais avant de dire à Betty de s'occuper des cartons, il faut songer au thème, rajouta Pansy.
- Et un thème chic de préférence. Le bal ange et démon de la jumelle Carrow était un vrai désastre.
Les trois Serpentards eurent une moue de dégoût en repensant à ce fiasco.
- Pourquoi pas « Tous en Blanc » proposa Hermione. C'est raffiné.
- Oui mais le blanc n'est pas très ami avec l'hydromel.
Les trois commencèrent à réfléchir aux thèmes qui pourraient être abordés, avec quelques fois des propositions d'Hermione. Elle n'osait pas trop donner des idées car c'était leur monde et ils savaient sûrement mieux ce qu'ils faisaient.
- Et si on partait plutôt sur un bal masqué. C'est vrai que ça peut paraître assez vu et revu, mais dans le fond c'est toujours les meilleures soirées.
Ils tombèrent tous d'accord sur ça et Blaise et Pansy commencèrent à préparer la liste des invités tandis que Draco appris à Hermione à danser la valse.
- Parle-moi pendant que tu danses. Comme ça, tu apprendras à ne plus te focaliser sur tes pieds et tu apprendras bien plus vite, ça se fera naturellement.
- Quand vous êtes jeune, avant d'aller à Poudlard, vous passez votre enfance à apprendre à vous comporter en haute société ?
- C'est à peu près ça oui. Pansy et moi avions le même tuteur plus jeune, il nous apprenait à bien nous comporter à table, en public, et il nous apprenait aussi à danser.
- Je ne savais pas que vous vous connaissiez depuis aussi longtemps avec Pansy.
- Elle est présente, même dans mes plus vieux souvenirs.
- Avant Poudlard, j'allais à l'école pour apprendre à lire, écrire, compter, calculer. C'est ce qu'on fait chez les moldus.
- Certains sorciers font ça aussi. Mais mes parents – du moins mon père, souhaitait que je me mélange le moins possible à des sorciers n'ayant pas le sang pur.
- Tu n'as pas dû rencontrer beaucoup de monde avant Poudlard.
- Fais attention où tu mets tes pieds Granger, éluda-t-il.
oOo
Une fois arrivée à l'orphelinat, elle n'eut pas le temps d'aller dire aux enfants que la directrice, demanda à lui parler
- Tout va bien Irène ?
- Ça va, seulement, en ce moment, je sens que les enfants sont un peu déprimés. Tu sais ce que les grandes vacances ont sur leur humeur.
- Oui, ils restent coincé ici tout le mois d'août et après revois leurs camarades de classe qui leurs racontent en détail leurs vacances à l'étranger.
- Je me disais, que peut-être, ce serait intéressant de les emmener à la mer une semaine. Ça fait trois ans qu'ils n'ont pas quitté cet orphelinat, ça leur ferait sûrement du bien.
- C'est une excellente idée ! Tu as besoin de fonds j'image pour pouvoir les emmener en vacances. Ecoute, je vais essayer de m'arranger pour t'apporter la somme avant la fin de la semaine.
- Merci Hermione, tu es déjà celle qui en fait le plus pour cette association, mais honnêtement, je pense que sans toi, nous n'en serions pas capable.
- Tu sais, je pense qu'ils seraient heureux de participer aux frais du voyage. Bien que je m'engage à payer en totalité les vacances, peut-être qu'on pourrait organiser une vente de cookies et l'argent récolté fera parti de leur argent de poche pour les vacances ?
- Ils en seraient ravis. De plus, tu es ami avec les Weasley, alors tu pourrais peut-être convaincre George de nous laisser un stand à sa fête foraine ? Il y a tellement de gens qui y viennent chaque jour que ça ne pourrait qu'être une réussite.
Hermione avait bien sûr accepté, mais ne savait comment aller demander un service pareil à George. Après tout, maintenant qu'elle n'était plus avec Ron, les choses avaient peut-être changé dans ses liens avec les Weasley ? Mais, en voyant la joie sur les visages des enfants quand elles leur annoncèrent, elle sut qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour ne pas décevoir ces bouts de choux et leur offrir les meilleures vacances au monde.
