Chapitre 16

Une fois ramenée à la maison sous l'escorte de William et Sybile, je profitai de l'absence de mes parents pour me réinstaller devant l'ordinateur. Je savais que Steren voyait d'un mauvais œil le fait que je l'utilise pour le loisir, de ce fait je préférais m'adonner aux jeux vidéo quand il était à la chanterie. De toute façon pour une fois il ne pouvait pas me reprocher quoi que ce soit, même si ça ne l'empêchait pas de saisir n'importe quel prétexte pour m'interrompre.

Je lançai donc une partie classée d'Age of Triumph sur une carte pour 8 joueurs avec l'Empire Perse. L'heure était à la conquête. Sur la droite de mon écran, les pseudonymes de mes 7 adversaires s'affichaient avec leur niveau de jeu et je ne pus m'empêcher de remarquer l'un d'eux sous le pseudonyme « Graf Orlok » et qui avait choisi la nation Viking. Il sortait du lot par un niveau de jeu assez hallucinant, totalisant près de 500 heures à son actif. Probablement un no-life, chômeur longue durée, cela dit, il allait falloir que je m'en méfie. Généralement mes adversaires me sous-estimaient à cause de mon faible nombre d'heures de jeu mais les meilleurs d'entre eux ne tardaient jamais à se rendre compte de leur erreur, je devais donc profiter de l'effet de surprise.

Bien entendu, la carte était recouverte par un brouillard de guerre et le hasard de la répartition ne me permit pas de trouver Trondheim, sa capitale, avant presque deux heures de jeu. Mon champion, Cyrus II, commandait le gros de mon armée et était protégé par ses précieux mélophores, les troupes d'élites de l'armée perse. Je pouvais compter sur mes éclaireurs pour prendre la température mais Graf Orlok avait bien vu que j'avais écrasé les nations mongole, égyptienne et grecque ; de ce fait il adopta immédiatement une tactique extrêmement agressive à mon encontre.

Lui-même avait conquis les territoires indien, carthaginois et romain, nous n'étions donc plus que deux sur la carte. Par chance il ne semblait pas encore avoir trouvé ma capitale Persépolis, ce qui m'assurait pour le moment une certaine avance. Je décidai de le noyer sous une nuée de petites unités mobiles et harceler ses fermes et avants postes pour le priver de ressources et de visibilité. Pendant ce temps, mon armée principale grossissait pour l'attaque finale. Je m'étais assurée de dégager une zone suffisamment grande autour de Persépolis pour ne pas me faire prendre par surprise et décidai de jouer le tout pour le tout en fondant sur Trondheim avec une vague militaire inarrêtable. Le combat dura encore plusieurs minutes avant que je ne parvienne à détruire ses dernières défenses.

Quelques minutes après sa reddition, je reçus un message privé : « Good Game ! Revenge ? » accompagné d'une demande d'ami. Un adversaire honorable ! Il était quasiment une heure du matin, mais je pouvais encore tenir plusieurs heures, j'acceptai donc son invitation. Il choisit cette fois l'armée Russe tandis que je décidai de sortir des sentiers battus en incarnant la nation Aztèque. Nous avions pour adversaires les Babyloniens, les Français, les Egyptiens, les Chinois, les Carthaginois et les Romains. Cette fois, je perdis du temps contre les babyloniens incarnés par un joueur d'un certain niveau et mon adversaire en profita pour conquérir les territoires de quatre nations, ce qui lui offrit un certain avantage. Malgré tout, je reprenais les territoires petit à petit, profitant de l'avantage offert par ma capitale Tenochtitlan pour mener des raids à l'aide de mes guerriers jaguars, une unité d'élite qui combinait une grande mobilité et un armement puissant. Il était désormais presque quatre heures du matin lorsque j'entendis quelqu'un, probablement Steren, monter les escaliers. J'étais parvenue à rattraper mon retard mais la victoire était encore hors de portée. Je fermai un instant les yeux pour éviter de trop manifester ma déception lorsqu'il entra dans ma chambre sans même frapper à la porte.

- Nathalia, que fais-tu ?

Je tournai immédiatement ma chaise pour me positionner face à lui.

- J'étais en train de jouer à l'ordinateur.

Il plissa les yeux et un frisson me parcourut.

- Je vois. N'as-tu pas mieux à faire ?

- J'ai prévu de faire mes devoirs demain à la bibliothèque avec un camarade de classe.

- Pendant la journée donc. Et quand comptes-tu dormir ?

Je réprimai un soupir. Je pouvais voir la partie se poursuivre en périphérie de ma vision mais je ne pouvais décemment pas ignorer la présence de Steren. Je fermai le jeu d'un simple Alt-F4 et reproduis le raccourci pour éteindre l'ordinateur.

- Je vais me coucher tout de suite. Aïlin n'est pas encore rentrée ?

- Non. Je lui dirai que tu es couchée. Ne tarde pas. Demain soir, je compte sur ta présence à la maison dès la tombée de la nuit. Si tu ne sais pas comment occuper ton temps, je te fournirai de quoi exploiter au mieux tes capacités.

J'ouvris la bouche avant de la refermer, réfléchissant à une manière de réagir adéquate pour ne pas le froisser... et manifestement je n'avais pas beaucoup le choix. Je me levai de ma chaise et inclinai la tête.

- Je vous remercie, je serai à l'heure.

Il quitta ma chambre et je me laissai tomber sur le lit de dépit. Il fallait s'en douter, je n'allais pas pouvoir passer mes nuits à jouer en sa présence. Je me hâtai de faire ma toilette et d'enfiler ma chemise de nuit avant de me glisser sous les draps. Lucie marmonna à propos de Steren et je souris, répondant à mon amie en langue de signes, me gardant bien de l'énoncer à haute voix : Steren est un sacré empêcheur de tourner en rond...

Le lendemain, je retrouvai Kevin à l'heure prévue. Il m'attendait à l'entrée de la bibliothèque avec son sac de cours et je ne pus que m'étonner en voyant son visage : Contrairement à la veille, il arborait une contusion sur la pommette, signe qu'il s'était pris un coup.

- Hey Kevin ! Bah qu'est-ce qu'il t'est arrivé au visage ? Tu t'es battu ?

Il fit une légère grimace, preuve que le sujet le mettait mal à l'aise.

- Salut Nathalia. Rien de grave ne t'inquiète pas. Mon père... n'était pas très content que je rentre aussi tard.

Je soupirai. Je compris qu'il préférait éviter d'en parler.

- Je vois. Moi aussi je me suis fait disputer hier. Mon père m'a trouvé en train de jouer aux jeux vidéo à 4h du mat'... Autant te dire que ce soir je dois être de retour à la maison avant la nuit tombée. Comme nous avons tous deux une excellente raison de rentrer à l'heure, ne tardons pas davantage, mettons-nous au travail !

Le sujet du travail de physique-chimie était compliqué et mener les recherches en collaboration nous fit gagner un temps précieux, cependant nous ne pouvions nous permettre de bâcler la fin. Nous parvînmes à boucler le plan et la première partie au cours de l'après-midi et nous nous fîmes la promesse de nous retrouver la semaine suivante pour le terminer. Nous nous séparâmes et je me hâtai de rentrer pour ne pas être en retard et avoir le temps de manger un bout. Steren était un lève-tôt et même à cette période de l'année je pouvais compter sur lui pour être prêt à peine une heure après le coucher du soleil. Je le retrouvai donc dans la bibliothèque à l'heure prévue, avec un épais tas de feuilles imprimées entre les bras.

- Ah Nathalia, te voilà. J'ai un test à te soumettre. Assis-toi ici, je t'ai préparé de quoi écrire...

Je m'exécutai, curieuse de ce qu'il avait l'intention de faire. Parfois, j'avais un peu l'impression que Steren me voyait comme sa petite expérience personnelle, mais mon besoin de recevoir ses compliments balayait mes doutes. J'étais devenu plus importante à ses yeux qu'un simple cobaye, en tout cas je l'espérais... Je le suivis des yeux alors qu'il déposait un plan sur la table devant moi, gardant le silence dans l'attente de ses consignes.

- Puisque tes professeurs s'accordent à souligner ton potentiel, autant l'employer de manière utile. Ne t'inquiète pas, je compte bien te récompenser si ton travail le mérite. Je voudrais faire une simulation pour évaluer tes capacités en matière de stratégie. Tu n'es pas sans savoir que malgré sa faible présence en France, le Sabbat possède toujours quelques poches de résistance. Cette carte est le plan d'un réseau d'égout qui hébergeait jadis une cinquantaine de ces vermines. Imaginons maintenant que tu doives éradiquer ces indésirables de manière à mobiliser le moins de ressources possible… Vois-tu, il est assez facile de trouver un groupe de jeunes vampires capable d'accepter n'importe quelle tâche contre de l'argent et de la réputation. Mettons que tu aies à ta disposition cinq personnes relativement capables avec un équipement raisonnable. En respectant évidemment la Mascarade, rédige-moi un plan qui exploiterait au mieux leurs capacités en fonction de leur clan. Tu t'en souviens, n'est-ce pas ?

Je récitai de tête chaque clan de vampire membre de la Camarilla, ainsi que leurs pouvoirs.

- Malkavien, dissimulation, aliénation, augure. Brujah, célérité, présence, puissance. Gangrel, protéisme, animalisme, force d'âme. Nosferatu, dissimulation, animalisme, puissance. Toréador, augure, célérité, présence. Ventrue, domination, force d'âme, présence. Tremere, domination, augure, euh… sorcellerie ?

Il eut un drôle de regard lorsque je parlai de sorcellerie, mais lui-même avait toujours sciemment évité le sujet et je tenais cette appellation des Malkaviens, donc je ne savais pas quel autre nom lui donner.

- Ce n'est pas de la vulgaire sorcellerie. Nous pratiquons la thaumaturgie, la magie du sang. Ses possibilités sont infinies mais diffèrent d'un vampire à l'autre et nous n'aimons guère nous donner en spectacle. Concernant le Sabbat, les meneurs sont souvent soit des Lasombras, soit des Tzimisces. Je ne crois pas t'avoir déjà parlé de leurs capacités. Les Lasombras maîtrisent puissance et domination mais aussi obténébration, une discipline dangereuse qui leur est propre et qui leur permet donner consistance à l'obscurité. Ils peuvent s'en servir pour se dissimuler mais aussi pour attaquer. Quant aux Tzimisces, dont tu as déjà rencontré un représentant si je ne m'abuse, ils maîtrisent augure, animalisme et vicissitude, qui leur permet de modifier les chairs, que ce soit la leur ou celle de leurs victimes. Bien entendu ils recrutent aussi les âmes perdues venues d'autres clans, parmi les Anarchs ou les idiots qui pensent qu'un autre modèle que la Camarilla est possible. Ils sont alors surnommés antitribus, pour représenter qu'ils luttent contre leur propre sang. Ce ne sont pas toujours de fervents fanatiques, parfois ils se sont juste retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, mais ils servent ceux qui leur ont donné l'étreinte à défaut de comprendre ce qu'ils sont devenus. Supprimer ces parasites est un acte de bon sens.

Je hochai la tête. J'avais encore beaucoup de mal à me figurer ce que pouvait être un combat entre vampires. Steren m'avait expliqué en détail à quoi correspondaient les différentes disciplines mais il restait encore beaucoup d'inconnues. Je décidai donc d'imaginer une stratégie réaliste qui ne reposerait pas sur la présence d'un clan en particulier, en m'appuyant essentiellement sur le terrain. Je notai sur la carte la présence des couverts, l'utilisation possible de leurres sonores, grenades artisanales ou armes de fortune.

Mes soldats hypothétiques ne pouvant transporter d'équipement trop encombrant ni se procurer d'armes de guerre, j'étais partie du principe qu'ils possédaient avant tout des couteaux de chasse, matraques télescopiques, armes de poing de type Beretta. Bien sûr, il fallait une sacrée motivation et quelques réserves en poche de sang pour mener à bien la mission, mais ma stratégie me semblait réaliste. Au final, le travail imposé par Steren était plutôt distrayant et ressemblait à ces jeux de stratégie militaire que j'affectionnais. Mon plan reposait sur une connaissance précise des égouts mais ma simulation ne laissait aucune possibilité à l'ennemi de fuir.

J'espérais que Steren ne trouverait pas ma proposition trop stupide. Après-tout, c'était la toute première fois que je m'essayais à un exercice de ce genre et je m'appuyais sur mes connaissances alors que je n'étais même pas une goule. Ayant fini de me relire, je relevai la tête pour le chercher des yeux. Il s'était assis à quelques mètres de moi pour lire un rapport et j'en profitai pour le détailler plus attentivement. Ma présence lui était désormais suffisamment naturelle pour qu'il ne se donne plus la peine de maintenir ces semblants de vitalité qu'il arborait en compagnie d'autres humains. Sa peau était livide et parfaitement immobile : pas un cillement, pas une respiration ne venait troubler sa concentration. On aurait dit un mannequin de cire. Il sentit cependant mon regard sur lui et leva les yeux vers moi.

- Qu'y a-t-il ?

- J'ai terminé.

Il se leva immédiatement, s'approchant de mon bureau où il scruta un instant le plan désormais annoté.

- Explique-moi alors quelle serait ta stratégie.

Je lui exposai le plan que j'avais imaginé et il garda le silence de tout le long, attendant la fin avant de me demander des éclaircissements. Finalement, il était presque 3h du matin lorsqu'il délivra son verdict.

- Ton plan n'est pas irréaliste, pour une première approche et de la part de quelqu'un comme toi, c'est même plutôt cohérent. Mais tu réfléchis encore trop comme une humaine. Un vampire sera naturellement peu enclin à utiliser un cocktail molotov à cause du risque de "Rötschreck", cette peur panique qu'éprouvent la plupart des nôtres à la vue d'un feu non maîtrisé. À contrario, une canalisation inondée n'est pas un obstacle par un vampire qui n'a pas besoin de respirer. Tu dois penser à ces possibilités qui offrent parfois un avantage stratégique non négligeable.

Je hochai la tête en réprimant un bâillement. J'étais debout depuis midi et mes yeux commençaient à me piquer.

- Est-ce que je peux aller me coucher ?

Il posa sa main sur ma tête avec une sorte de paternalisme et même si sa peau glacée m'arracha un frisson, je ne pu m'empêcher d'en ressentir une véritable bouffée de bonheur.

- C'est bon, vas-y. Ne te repose pas sur tes lauriers. Je te solliciterai sans doute une nuit la semaine prochaine.

Je m'endormis comme une bienheureuse pour ne me réveiller qu'en fin d'après-midi à l'appel de mon estomac. Après le repas, je préparais un sac pour passer plusieurs jours confortablement au refuge Malkavien.

J'avais prévu de passer quelques nuits aux côtés de ma mère pour pouvoir commencer mon apprentissage de l'ancien irlandais, chose qu'elle m'avait promis aux dernières vacances et je savais qu'elle comptait le faire loin des oreilles de Steren. Lucie rajouta dans mon sac le bloc de feuilles et la boîte de crayons que je lui avais acheté, ainsi qu'un roman dont elle avait commencé la lecture. Je restais encore fréquemment étonnée de voir à quel point ma meilleure amie fantomatique restait ancrée dans la réalité malgré qu'elle fût morte il y a de cela plusieurs décennies. Même d'après Steren, elle dérogeait par son degré de conscience à tous les fantômes qu'il avait pu rencontrer au cours de son existence.

Les trois nuits suivantes furent donc consacrées à des cours intensifs. Steren m'avait rendu le registre restauré et ma mère s'en servait de base pour mon apprentissage, à défaut de manuel existant. La langue qu'elle parlait et écrivait à l'époque différait légèrement de l'ancien irlandais littéraire et ma mère me reprenait surtout sur ma prononciation beaucoup trop anglaise des mots que je lisais. J'étais vraiment motivée à l'idée de pouvoir communiquer avec elle en toute situation, sans que personne ne puisse comprendre. C'était comme un langage secret réservé à moi seul.

Bien évidemment, nous ne restions pas enfermées toute la nuit au refuge et ma mère m'emmenait en ville sous la garde de William et parfois en compagnie d'Evguenia ou Sybile. Ce soir-là, au night-club « The Liar », je l'observais chasser depuis l'espace VIP. Contrairement à Steren, ma mère appréciait encore se mêler aux mortels, les séduire et ensorceler leur esprit le temps d'une soirée pour leur apporter l'extase d'une morsure vampirique. Elle n'était d'ailleurs pas le seul prédateur dans l'obscurité du night-club et j'avisai un vampire que je n'avais encore jamais vu. Jeune homme aux allures de bellâtre, cheveux noirs coiffés au gel, tenue de celui qui veut séduire. J'aurais sans doute pu me laisser berner, mais quelques détails avaient attiré mon attention : l'ankh en argent de forme si particulière autour de son cou et surtout les lunettes de soleil qu'il portait alors même alors que la luminosité était faible.

Je le vis dévisager une femme assise au bar, la trentaine, une minijupe en cuir noir et un débardeur assorti, maquillé comme une gotho-pouffe. Il se savait désirable et n'avait même pas à effectuer le premier pas ; le vautour avait déjà resserré ses griffes. La femme ne tarda pas à le remarquer. Elle se leva et commença à danser lascivement au milieu de la piste, espérant sans doute attirer le bellâtre de tout son petit cœur d'humaine. Il la laissa avancer vers lui, imitant ses mouvements avant de se pencher sur son oreille pour y susurrer quelque chose. Mais contrairement à ma mère qui profitait des recoins sombres de l'espace VIP pour boire ses proies, lui attira sa précieuse source de sang à l'extérieur, disparaissant de mon champ de vision.

- Cette pauvre fille rêve d'un prince charmant mais son baiser ne suffira pas à transformer le rat d'égout.

Je tournai la tête pour voir Sybile qui venait de s'asseoir à côté de moi.

- Quoi ? C'est un Nosfe' ? Je croyais qu'ils étaient tous, genre... super moches ?

Je baissai la voix pour terminer ma phrase, peu désireuse de vexer un potentiel témoin. Sybile m'attira contre elle et m'invita à me repencher sur la piste de danse en contrebas.

- Masque aux mille visages... Une autre manière de se rendre invisible. Les rats doivent aussi chasser.

Le bellâtre ne réapparut pas, mais près d'une heure plus tard, lorsque ma mère m'invita à me lever pour quitter la boîte, un Nosferatu nous attendait dans la ruelle. Je ne pus m'empêcher de fermer brusquement les yeux lorsque nous arrivâmes à sa hauteur et je l'entendis rire.

- Nathalia, je te présente le primogène Armand Senek.

Je rouvris les yeux et m'inclinai respectueusement devant le Nosferatu. Il était habillé exactement comme le séducteur de la boîte de nuit, mais sa peau avait la couleur d'une chair en putréfaction, sorte de mélange indéfinissable entre le gris, le rose et le vert. Ses yeux étaient enfoncés dans leurs orbites, son nez retroussé m'inspirait les naseaux d'un gros chiroptère et les extrémités de ses oreilles semblaient avoir été grignotées par les rats.

- Alors gamine, ce que tu vois te dégoûte ? Tu préférais ce que tu voyais tout à l'heure ?

Sa voix était rocailleuse et son sourire dévoila une rangée de dents pointues jaunies. Il semblait plutôt amusé par ma réaction.

- Je vous prie de bien vouloir m'excuser, je ne croise que rarement des membres de votre clan.

- Te bile pas pour ça. Depuis le temps que j'entends parler de toi ! Aïlin ne tarit pas d'éloges sur la petite chérie qui deviendra son infante. Venez, suivez-moi, allons discuter dans un endroit plus confortable.

Il reprit en un clin d'œil son apparence de tout à l'heure et nous traversâmes plusieurs rues avant d'atteindre l'arrière du casino de la ville. Il sortit une clé de sa poche et ouvrit une porte blindée. À l'intérieur, une impeccable moquette amortissait le bruit de nos pas et les murs étaient recouverts de papier peint couleur champagne. Finalement nous arrivâmes jusqu'à une autre porte blindée qu'il ouvrit cette fois à l'aide d'une carte magnétique. La nouvelle pièce ressemblait à ce que je m'imaginais d'une tour de contrôle. La lumière était éteinte mais une lueur bleue était diffusée par de multiples écrans accrochés au mur. Une vingtaine d'entre eux retransmettaient les images prises par les caméras de surveillance du casino. D'autres étaient en veille. Le primogène Senek avait repris son apparence et nous invita à s'asseoir sur les fauteuils en cuir qui entouraient une table. Sybile était repartie de son côté mais je sentais la présence de William dans mon dos. Il ne faisait confiance à personne, encore moins à un Nosferatu, mais si ce dernier était au courant de sa présence, il n'en montra aucun signe.

Ma mère s'assit à côté de moi tandis que notre hôte s'était laissé tomber sur un siège qu'il roula jusqu'à son bureau pour y secouer la souris de son ordinateur principal. Il tapa un mot de passe avant de pointer un doigt griffu vers un écran bien plus large que les autres, où plusieurs photos venaient d'apparaître. On y voyait une cour d'immeuble avec des hommes, manifestement en train de transporter des caisses. Ma mère fixa l'écran avec attention.

- Des goules du Sabbat...

- Effectivement. Au début je les ai pris pour de vulgaires petites racailles en train de monter un business, mais quelques détails ont attiré ma curiosité... Pendant la journée, ils font bosser leurs esclaves, mais la nuit, on peut parfois en voir un se déplacer en personne... Regarde-moi ce grand dadais !

Il montrait désormais une photo prise de nuit sur laquelle on pouvait distinguer un homme assez massif dont les yeux semblaient luire dans le noir. Il devait donner un ordre et pointait quelque chose d'un doigt anormalement long, comme s'il possédait une phalange supplémentaire.

Ma mère était attentive et ne souriait plus, preuve que l'information la préoccupait.

- Nous avons à peine eu quelques années de répit et les revoilà en train de manigancer je ne sais quoi...

- Je peux déjà confirmer que le nid n'est pas ici. La tête pensante est autre part. Leur but est de se faire un avant-poste, sans doute en infiltrant la pègre locale pour faire quelques basses besognes. Pour l'instant ils n'ont mené aucune action, mais je les tiens à l'œil et je ne manquerai pas de t'en avertir si je vois quelque chose. De ton côté, j'imagine que tu vas prévenir Evans ?

Je réprimai un sourire en l'entendant parler aussi familièrement de Steren. Le primogène Senek semblait être quelqu'un d'assez peu soucieux des conventions sociales. Ma mère acquiesça.

- Tu commences à le connaître. Il se contentera de réceptionner l'information voir prétendra même être déjà au courant. Mais je te remercie, j'en ferais bon usage.

Nous laissâmes le primogène Nosferatu à son casino et regagnâmes la maison. Ma mère en informa Steren qui écouta les détails avec attention avant de se contenter d'un « je vois ». Pour ma part, j'avais mentalement noté le quartier en question pour éviter de m'en approcher. Même si j'étais accompagnée de William, il aurait été fâcheux que je m'y aventure par mégarde, en particulier de nuit. Si j'étais curieuse de voir cette fameuse maestria à l'épée qui rendait William si craint par les autres vampires, je n'étais pas assez stupide pour mettre ma vie en danger pour cela.

La nuit suivante je retrouvais Stefania, la fille adoptive de l'ancienne Ravnos, et je la mis en garde à son tour concernant la présence du Sabbat. Même si le sujet ne prêtait guère à la rigolade, nous fûmes prises d'un fou rire en décidant de créer les équivalents en langue des signes du vocabulaire propre au monde de la nuit. Stefania n'avait rencontré que peu de vampires en vérité et elle ne connaissait pas forcément la réputation de chaque clan, je me chargeais donc de les lui dépeindre avec tous les clichés, vérifiés ou non, qu'on avait pu me transmettre.

Steren ne cachait pas son mépris envers les clans affiliés au Sabbat, ainsi que les Ravnos, Assamites et Giovanni qui évitaient pourtant de prendre part au Djihad. De l'autre côté, si ma mère était toujours très respectueuse, Sybile n'utilisait que des surnoms pour désigner les clans, surnoms que je me gardais bien généralement de répéter à voix haute. S'il était impossible de regrouper tous les membres d'un même clan sous une seule étiquette, on pouvait affirmer que les Ventrues n'étreignaient que les sangs-bleus et les Toreadors les artistes. Les Tremeres, eux, recherchaient les talents particuliers, capables d'apporter de nouvelles compétences au clan, quel que soit leur milieu. Quant aux Nosferatus, on retrouvait dans leurs rangs nombre de pirates informatiques et d'espions...

Stefania m'écoutait avec attention. Manifestement la primogène Isola ne mentionnait que peu la Camarilla et ses adeptes, et ma camarade n'en était que plus curieuse d'explorer le Monde de la Nuit. Je savais que les Ravnos étaient traditionnellement un clan nomade et j'espérais ardemment qu'après son étreinte elle ne disparaisse pas. J'avais tellement hâte de lui faire découvrir réellement mon univers !

La nuit suivante, je décidai de passer tout mon temps au cyber-café. Au moins là-bas j'étais certaine que Steren ne viendrait pas m'y déranger. J'avais prévenu ma mère que je comptais passer la nuit en ville et je m'y étais rendue avant même le coucher du soleil, de manière à ne pas solliciter William. Je m'étais habillée de manière à me fondre dans la masse des joueurs insomniaques qui fréquentaient les lieux et je portais un baggy, des basquettes et un sweat noir dont j'avais rabattu la capuche sur mon visage. Mon casque sur les oreilles, aucun son ne me parvenait de l'extérieur. Une délicieuse nuit de jeux vidéo en perspective. Quelques heures après la tombée de la nuit, je vis l'unique membre de ma liste de contact, le fameux « Graf Orlok », m'envoyer un Message Privé :

* Salut Malthalian ! Une partie ? *

Je levai un sourcil. Il n'y avait aucun moyen de deviner ma nationalité, pourquoi avait-il donc spontanément utilisé le français ? Je décidai de lui répondre en anglais :

* Hi, Graf Orlok ! Are you french ? I thought you were german with your gamertag ! *

* J'habite en France. Et je sais que toi aussi... ^_^ J'ai check ton IP après la dernière partie. *

* OK... J'avoue. Et bien jouons, cette fois je ne devrais pas être interrompue. Que le meilleur gagne. *

Nous lançâmes une première partie sur une carte moyenne en guise d'échauffement mais en à peine une heure nous étions victorieux sur les autres adversaires et à égalité en matière d'expansion. J'étais tellement concentrée que lorsque William arriva, Lucie dut se mettre devant l'écran pour attirer mon attention. Je m'étais placé dans un recoin de la salle de manière à ce qu'il puisse s'y tenir sans risque de frôler d'autre joueur et il s'installa à mes côtés, comme s'il voulait m'observer.

Malgré une lutte acharnée, trois quart d'heure plus tard, je dus admettre ma défaite. Ma première victoire était-elle un coup de chance ? Je refusais de l'admettre. Je ne fis pas le moindre commentaire et lançais une deuxième partie avec une grande carte. Et cette fois je parvins à lui arracher une belle victoire. Je ne pus m'empêcher de lâcher une exclamation de joie alors que mon cœur battait encore la chamade. Avoir un adversaire à son niveau était vraiment quelque chose de stimulant et j'espérais parvenir à convaincre Kevin de s'y adonner. Je ne tardai pas à recevoir un nouveau message de mon adversaire.

* Tu es doué ! Atteindre un tel niveau de jeu en si peu de temps. Tu n'es pas comme les autres... *

Je levai le nez vers la webcam accrochée en haut de l'écran et fus prise d'un frisson. S'il s'était déjà donné la peine de vérifier mon adresse IP lors de notre premier face à face, sa curiosité pouvait potentiellement le pousser à faire pire. Je débranchai l'USB avant d'accepter son invitation. Il avait cette fois lancé une partie privée avec seulement nous deux comme joueurs réels et une Intelligence Artificielle réglée sur très difficile. Voilà qui allait s'avérer intéressant. La partie fut très serrée mais je parvins à remporter une seconde victoire de justesse à quelques secondes près et en tentant le tout pour le tout. Cependant je fus mise en échec lors de notre quatrième et dernière partie de la nuit. Une égalité en résumé. Il était près de quatre heures du matin et le cybercafé n'hébergeait plus que trois irréductibles en plus de moi. Je m'apprêtais à me déconnecter pour rentrer lorsqu'un message privé me parvint.

* Tu es un adversaire honorable. Je suis curieux de savoir à quoi tu ressembles... *

Je me félicitai d'avoir débranché la webcam. Je n'étais pas sans savoir que les appareils numériques étaient capables de percer l'occultation et il aurait été gênant de devoir expliquer la présence du « grand monsieur étrange qui se tenait derrière moi ».

Je tapais rapidement mon message avant d'éteindre l'ordinateur.

* Je suis timide. 😉 Merci pour ces parties. À la prochaine ! *

Il n'y avait plus de bus à cette heure, je devais donc regagner ma maison à pied, de préférence sans me faire remarquer. J'avais presque 18 ans mais j'étais petite et frêle pour mon âge et je n'avais pas envie que William se retrouve confronté au dilemme de soit laisser une voiture de police me ramener à la maison soit les massacrer pour rester à mes côtés. Et vu que sa « folie » transformait ma protection en mission sacrée, il y avait de forte chance qu'il choisisse la seconde solution.

Je passais donc par les petites rues pour éviter les rares témoins humains qui fréquentaient encore le centre-ville, confiante dans la capacité de William à me protéger des éventuelles racailles encore éveillées. Et justement, alors que je parcourais les quelques rues pavillonnaires qui me séparaient encore de chez moi, j'avisai un groupe de cinq individus qui semblaient faire du repérage. Je les remarquai de loin, car ils dénotaient clairement dans ce quartier plutôt chic. La maison de mes parents se mêlait parfaitement parmi les résidences privées qui peuplaient cette partie de la ville, et nos voisins tenaient tout autant à leur intimité que nous. Chaque jardin était entouré par de hauts murs ou de haies impénétrables, il était donc assez louche de voir des hommes prendre des photos à travers les portails. Ils étaient sur le trottoir d'en face, je décidais donc de faire comme si de rien n'était, continuant tranquillement mon chemin. Lucie s'était rapprochée d'eux.

- Il y a un vampire parmi eux. Mais les quatre autres sont humains.

Je hochai la tête. Au moins l'un d'entre eux avait repéré ma présence, mais je n'avais pas peur et je comptais bien le leur montrer. Je continuai donc mon chemin à même allure, les écouteurs sur les oreilles, comptant sur Lucie pour me prévenir si l'un d'entre eux bougeait. Soudain, sans même un signe avant-coureur, le vampire parmi eux décida de se jeter sur moi et il traversa la rue avec une telle rapidité que William eut juste le temps de s'interposer, le repoussant de son épée et manquant de peu de le décapiter complètement. Je ne pus m'empêcher de crier, de surprise et d'effroi, me rencognant contre le mur le plus proche.

L'assaillant recula en poussant un chuintement répugnant, une main sur sa trachée béante, essayant sans doute de régénérer sa gorge pour stopper l'épanchement de sang. Deux de ses accompagnants sortirent un pistolet de leur manteau et un troisième un couteau. Ils allaient probablement tenter de s'attaquer à William mais ma présence l'empêchait de se rendre invisible, je profitai donc que leur attention soit monopolisée par mon garde du corps pour m'enfuir. La maison n'était pas si loin et je bénéficiais de Lucie pour surveiller mes arrières et s'assurer que je n'étais pas suivie.

Je ne m'arrêtai qu'une fois devant la lourde porte en métal qui me séparait du jardin, le cœur battant et le souffle court. Il allait peut-être falloir que j'améliore mon cardio en faisant de l'exercice plus souvent… William allait probablement faire un beau massacre, je ne m'inquiétais absolument pas de son sort face à quatre potentielles goules et un vampire. En revanche, les pontes de la Camarilla allaient devoir trouver une excuse pour le bain de sang que les humains ne manqueraient pas de remarquer.

Je sortis le badge magnétique de ma sacoche et tapai le code à 6 chiffres sur la console qui venait d'apparaître. Heureusement que le mécanisme d'ouverture du haut portail en métal était assez rapide. Il me restait encore à traverser le jardin mais je me sentais déjà bien plus en sécurité.

La fraîcheur de l'air contrastait avec la chaleur que mon sprint avait provoquée et je pris un instant pour calmer mon rythme cardiaque avant de passer la porte d'entrée. Je confirmai d'un SMS à William que j'étais bien rentrée et déverrouillai la porte d'entrée. Tout était calme, Steren devait encore être dans son laboratoire, quant à ma mère, elle ne semblait pas encore entrée. Je soupirai longuement de soulagement. Au moins, j'allais pouvoir regagner ma chambre pour me changer et me débarrasser de l'odeur de transpiration.

Lorsque je redescendis, plusieurs minutes plus tard, les deux vampires qui me servaient de parents étaient installés à leurs places habituelles. Je saluai mon père d'une inclinaison de tête avant d'aller m'asseoir aux côtés de ma mère, réfléchissant soigneusement à la phrase que je voulais formuler.

- Mama, chaidh ionnsaigh a thoirt oirnn beagan bhlocaichean às an seo. Mharbh Wil iad ach bha mortairean ann. (Maman, nous avons été attaqués à quelques rues d'ici. Wil les a tués mais il y avait des mortels.)

J'avais décidé de l'informer de l'incident en ancien irlandais pour éviter de mentionner William et elle m'offrit un large sourire avant de me serrer dans ses bras.

- Na gabh dragh, tha fios agam. Tha fios aige mar a dhìonas e an dìomhair. Tha thu air freagairt gu math. (Ne t'inquiètes pas, je suis au courant. Il sait protéger le secret. Tu as bien réagi.)

Steren passa son regard sur moi et ma mère mais son expression était comme toujours indéfinissable. Intérieurement, il devait sans doute désapprouver ce nouveau mode de communication qui le maintenait dans l'ignorance, mais pour ma part ça m'apportait une grande satisfaction. Je décidai tout de même de lui fournir quelques informations.

- J'ai aperçu des membres du Sabbat en ville. Un vampire avec quatre humains d'après Lucie.

- Je vois. Tu devrais peut-être te montrer plus prudente.

- Steren a raison. Les nuits prochaines tu resteras avec moi. Je ne veux plus que tu passes la nuit seule.

Je fronçai les sourcils. William ne m'avait pas quitté d'une semelle. Et le lendemain j'avais prévu de retrouver Kevin à la bibliothèque dans l'après-midi...

- Et pendant la journée, est-ce que je peux sortir ?

Ma mère regarda Steren, comme pour juger de sa réponse.

- Sois certaine de rentrer avant la tombée de la nuit et évite les rues isolées. Je veux que tu ne prennes aucun risque.

Je fis la moue mais je me gardai bien de soupirer. Il me restait deux semaines de vacances et les choses prenaient une tournure pénible. Cependant, je savais qu'il en allait de ma sécurité. Aïlin était, à juste titre, terrifiée par mon humaine fragilité. Et je savais bien que William ne pouvait pas arrêter toutes les balles. Je hochai la tête pour la rassurer.

- Promis. Je ne veux pas que tu t'inquiètes. Demain après-midi je vais travailler à la bibliothèque avec un camarade. Je serais de retour avant dix-huit heures.

Je me couchai rapidement après. Six heures de sommeil me suffisaient amplement pour être efficace le lendemain.

***/-/***

Je retrouvai Kevin à l'heure dite devant la bibliothèque et nous pûmes avancer efficacement dans nos devoirs. Je m'éclipsai cependant dès 17h30 pour rentrer tranquillement et me changer. Je ne savais pas ce que ma mère avait prévu pour cette nuit mais si je n'avais consacré que peu d'attention à mon apparence pour retrouver mon camarade, je savais qu'elle préférait me voir bien apprêtée en sa compagnie. De toute façon, chaque fois que je fréquentais des vampires, je m'appliquais à masquer les témoins de mon humanité par divers artifices : sous-vêtements gainants, anti-transpirant, talc, maquillage... Ça ne trompait personne mais ça aidait à ce qu'ils ne me perçoivent pas immédiatement comme une proie, et c'était déjà beaucoup.

Lucie n'avait rien pu faire à la bibliothèque et était impatiente de m'accompagner. Elle tournait autour de moi un peu à la manière d'un chiot un peu fou et je ne pus m'empêcher d'éclater de rire lorsque Aïlin pénétra dans ma chambre et que, de surprise, elle se télescopa dans le plafond. Ma mère m'aida à resserrer mon corset et ajusta ma robe avant de prendre mon visage entre ses mains avec un air émerveillé.

- Tu es parfaite. Le Prince a convoqué tout le monde, il va probablement parler de la présence du Sabbat. J'espère que ça ne sera pas trop long...

Ca faisait maintenant plus d'un an que je n'avais pas recroisé le Prince Duval et je n'étais pas vraiment impatiente de le revoir mais il allait bien falloir que je m'habitue à ses discours... Heureusement, je connaissais nombre de vampires désormais et une majorité d'entre eux respectaient ma mère. Le primogène Damany le Toreador, le primogène Senek du clan Nosferatu et bien entendu le primogène Ewans accompagné par quelques Tremeres. La Ravnos Gabriela Isola était aussi présente, mais sans Stefania. Je reconnu aussi un Gangrel habillé comme un biker, plusieurs Ventrues et un petit groupe de Brujahs. Sybile, Evguenia et David ne tardèrent pas à nous rejoindre. On aurait dit une étrange réunion de famille, chaque clan restant plus ou moins entre ses membres, chuchotant et scrutant les autres avec méfiance. Le Prince apparut alors et le bruissement se tût.


Fin du chapitre 16

TADAM ! J'espère qu'il vous aura plu ! Il ne faut pas attendre le 17 avant un moment par contre, désolé pour le suspense. Rorp, merci encore pour ton soutien, tu es une véritable source de motivation. Je répondrai aux reviews comme toujours, elles me font super plaisir. :D