Chapitre 8 : Caprice d'enfant

Le soleil se levait paisiblement sur le Lac Noir. Tout était encore calme et seuls les oiseaux chantaient, venant déranger le silence matinal. Le château commençait à être éclairé par la lumière du jour, il ne pleuvait plus et la grande école accueillait une belle journée de septembre, la première pour les élèves.

La veille au soir, Hermione n'avait pas pensé à fermer les rideaux de sa chambre, trop fatiguée, et s'était endormie rapidement. Ainsi, ayant un sommeil léger, elle fut réveillée tôt par la lumière du jour qui traversait la grande fenêtre de sa chambre. Elle mit quelques minutes à comprendre où elle était et à se réveiller, puis se leva pour aller prendre sa douche. Elle n'était pas non plus allée voir la salle de bains, ainsi, elle entra dans une pièce qu'elle trouva très lumineuse.

Il y avait une grande douche, une large baignoire, ainsi que deux lavabos au-dessus desquels trônait un grand miroir. La pièce était peu colorée, principalement blanche et noire, et donnait sur les deux chambres et le séjour. La jeune femme verrouilla précautionneusement les deux portes à l'aide de sa baguette, pour être certaine de se doucher tranquillement.

Lorsqu'elle fut propre, elle profita du large temps qu'elle avait avant le petit déjeuner pour se coiffer, elle n'en avait que rarement l'occasion. Enfin prête, elle retourna dans sa chambre, qu'elle put admirer plus clairement. En plus du lit au centre de la pièce, Hermione avait à sa disposition une grande armoire, ainsi qu'un bureau.

Après avoir – désespérément – vu qu'il n'était que six heures trente, elle se décida à ranger toutes ses affaires dans les différentes étagères de l'armoire et sur son bureau. Elle sortit de sa valise les affaires de Lily Potter et les plaça dans un tiroir du bureau qu'elle ferma à l'aide d'un sortilège.

Juste par précaution.

Elle n'avait pas oublié qu'elle ne vivait plus seule et cela l'obligeait à se méfier. Surtout que son colocataire n'était pas n'importe qui, mais Malefoy, le vil Serpentard, la fouine. Il portait bien son surnom, elle savait qu'il serait capable de venir fouiner dans ses affaires, elle ne voulait donc prendre aucun risque. Elle ne lui faisait absolument pas confiance et tout cela était trop privé à ses yeux.

En rangeant tout cela, Hermione se rendit compte d'à quel point, elle avait bien dormi. Elle ne s'était pas réveillée une seule fois et avait dormi sur ses deux oreilles, sans aucun cauchemar, d'autant qu'elle s'en souvienne. Sa première nuit entière, depuis la guerre. Cela était sûrement dû à la fatigue, ou simplement au fait de se retrouver dans un endroit sûr, qui lui rappelait de bons souvenirs, malgré les mauvais qui la hantaient. Dans tous les cas, elle se sentit de bonne humeur à l'idée que tout allait bien, tout ne pouvait qu'aller bien.

oOo

Quel était ce bruit ? De l'eau ? Une douche.

Il ne mit pas longtemps à émerger de son sommeil, perturbé par le doux bruit provenant de la salle de bain. Furieux, il se leva de son lit et se dirigea vers la fenêtre de sa chambre, pour admirer le lever du jour et essayer de se calmer, dépité de s'être réveillé si tôt. L'horloge de sa chambre affichait à peine six heures trente. Qui pouvait bien prendre une douche à une heure si prématurée ?

Puis il se souvint. Il n'était plus seul dans l'aile de son manoir, mais bel et bien à Poudlard, dans sa chambre de Préfet-en-Chef. Dans un appartement qu'il partageait avec nulle autre que Hermione Granger, la Miss-je-sais-tout, l'amie de Saint Potter. Il ne lui en fallut pas plus pour être doublement dépité. Qu'est-ce qui lui prenait de se lever aussi tôt ? La Grande Salle n'ouvrait que dans trente minutes, mais elle était déjà douchée et sûrement habillée étant donné que l'eau s'était coupée depuis quelques minutes. Il entendit une porte s'ouvrir, signe que la jeune femme avait quitté la pièce adjacente. Drago en profita donc pour lui-même y entrer. Il verrouilla lui aussi les deux portes et prit quelques secondes pour observer la pièce.

C'est mieux que rien, pensa-t-il.

En voyant son reflet dans le miroir, il soupira. Les larges cernes qui agrémentaient ses yeux gris n'avaient pas disparu, malgré qu'il ait passé une nuit plutôt calme et reposante, à son goût. Au manoir, il ne dormait jamais aussi tard que cela, voilà pourquoi il était si dépité d'être réveillé par l'eau de la douche.

Il se contenta de prendre une douche rapide et de s'habiller, mais ne se coiffa pas. A quoi bon ? Il aurait toujours une tête de déterré quoi qu'il fasse, alors autant ne pas perdre de temps pour cela. Il s'étonna lui-même de cette réflexion, ce n'était pas dans ses habitudes.

Le blond retourna dans sa chambre. Plus que quinze minutes avant que la Grande Salle ne lui ouvre ses portes. Il sentait son ventre gémir, n'ayant que très peu mangé la veille au soir. Le jeune homme ramassa le livre qu'il avait laissé sur son lit et sortit de sa chambre. Personne en vue, tant mieux.

Il profita de l'absence de sa camarade pour remettre l'ouvrage là où il l'avait trouvé la veille, ainsi que pour observer le reste de la grande bibliothèque. On y trouvait de tout. Des ouvrages moldus, comme sorciers, beaucoup de livres scolaires, mais aussi des romans et des revues de divers domaines. Tout cela pour le plus grand plaisir du blond.

Il se tourna donc vers les ouvrages concernant les potions et attrapa l'un d'eux, Potions et maléfices avancés du XIXe siècle. Puis, après observation, il récupéra aussi un autre recueil de poèmes de John Heywood, son poète moldu favori. Il avait été ravi de voir que la bibliothèque était composée de certains de ses ouvrages préférés.

En se retournant pour aller poser ses trouvailles dans sa chambre, il se retrouva nez à nez avec Granger. Décidé à ne pas se préoccuper d'elle, il la contourna pour entrer dans sa chambre. Heureusement pour lui, elle ne fit rien. Mais en ressortant, il ne lui échappa pas.

- Tu sais qu'il va bien falloir qu'on se côtoie plusieurs fois dans l'année, à cause de nos obligations de préfets, lâcha-t-elle, assise dans le canapé, face à la cheminée.

Elle ne le regardait pas, contrairement à lui, qui observait son dos. Elle s'était coiffée ? Granger ? Même lui ne l'avait pas fait. Il haussa les épaules, indifférent, et répondit sèchement :

- Tant que tu restes loin de moi le reste du temps.

- On ne va pas pouvoir s'éviter indéfiniment, étant donné que l'on habite ensemble et que nous devrons travailler et collaborer pour organiser les différentes choses de l'école, Malefoy, fit-elle hargneusement.

- Eh bien, ne compte pas sur moi, je ne te ferais pas ce plaisir, Granger.

- Bien sûr que si ! Tu as l'obligation d'organiser avec moi le reste des activités que nous allons devoir proposer, je ne sais pas quand elles auront lieues, mais il est hors de question que je m'y colle seule, répliqua-t-elle en se levant.

- Hors de question. Et il n'y a pas de nous, si tu veux organiser des trucs débiles, libre à toi, mais je ne ferais pas ça.

- Tu n'as pas le choix, ce sont les ordres de McGonagall, dit-elle avec un regard noir, un sourcil haussé, elle était désormais face à son désagréable colocataire.

- Peu importe, je ne le ferai pas c'est tout. Et la prochaine fois, Granger, mets un foutu sort de silence sur les portes, je n'apprécie vraiment pas ce genre de réveils, répliqua-t-il avec verve.

Il ne prit même pas la peine d'écouter la réponse de la sorcière et sortit de l'appartement en claquant la porte. Sa mauvaise humeur n'avait fait qu'augmenter. Elle avait vraiment le don de le faire sortir de ses gonds. Même pas vingt-quatre heures qu'ils cohabitaient et il ne la supportait déjà plus. Elle et son besoin de faire la loi, d'organiser les choses, de diriger les autres.

C'était son rôle à lui, personne ne lui disait quoi faire et surtout pas une fille comme elle. Certes, elle paraissait avoir changé, mais elle gardait toujours son comportement d'insupportable-miss-je-sais-tout et de j'ai-toujours-raison.

Elle n'en revenait pas, il avait agi tel un bébé et était parti en claquant la porte. Un vrai caprice d'enfant. Il pensait vraiment qu'il n'allait rien faire de l'année ?

Alors là il rêve, pensa-t-elle.

L'année n'allait pas se passer comme ça, elle l'obligerait à participer, quoi qu'il arrive. Même si elle devait en parler à la directrice, ce qu'elle ne souhaitait pas.

Tu parles d'une année calme, comment rester calme avec un idiot pareil.

Elle n'avait pas eu besoin de le regarder longtemps pour voir, qu'en plus de sa colère, il avait l'air extrêmement fatigué et en piteux état. Elle l'avait déjà remarqué la veille, mais le fait qu'il soit en colère faisait ressortir ce qui ressemblait à un profond mal être et fatigue.

M'enfin, à quoi bon s'inquiéter, c'est Malefoy, il est toujours comme ça, non ? se dit-elle.

Malgré sa colère soudaine, la brune réussit à prendre sur elle-même et à retrouver la bonne humeur avec laquelle elle s'était réveillée. Elle allait pouvoir retrouver ses amis, qu'elle n'avait que très peu vus la veille. Après réflexion, elle ne leur avait même pas raconté ce qu'il s'était passé dans le train, ni put parler avec Harry. Elle en avait pourtant sacrément envie.

Depuis qu'elle savait qu'il était son frère, Hermione ressentait d'autant plus l'envie de lui raconter tout ce qui lui arrivait, de se confier à lui, de lui faire part de ses émotions et de ses pensées. Et elle en était ravie. Toute cette histoire les avait rapprochés et Harry se confiait lui aussi beaucoup plus à elle, pour son plus grand bonheur. Quand ils étaient au Terrier, ils restaient constamment ensemble, à rendre jalouse Ginny, mais elle n'avait rien dit, après tout, ils étaient meilleurs amis. Personne n'était au courant de leur fraternité et tant mieux.

Elle n'avait alors qu'une hâte, rejoindre son frère pour lui dire à quel point son colocataire était insupportable, et pouvoir s'en plaindre.