Chapitre 3 : Du rhum et du thé
Point de vue de France :
Il était 18.10h… Je devrais peut-être y aller, j'étais déjà en retard…
Un peu plus tôt je me suis lavé et coiffé. Toujours avec soin bien sûr. Mais en me regardant dans le miroir, je m'étais rendu compte à quelle point j'étais fatigué. Malgré cela, dans l'ensemble je restais tout de même séduisant. J'avais une barbe de quelques jours qui me donné une allure plus décontracté que d'habitude et mes cheveux descendaient en de belles ondulations. Et puis mes cernes ne se voyaient pratiquement pas. Je pris une veste et quitta ma chambre. Je m'étais habillé simplement, une chemise noire avec un jean bleu foncé, bien cintré. Je faisais particulièrement attention aux coupes de mes pantalons, j'aimais mettre en avant mes longues jambes. Je marchais en direction de l'ascenseur quand je vis Canada au bout du couloir, il devais sûrement aller se reposer un peu pour le dîner. Normalement toutes les nations étaient conviées à un dîner organisé par l'hôtel qui faisait aussi restaurant. Mais quelques personnes préféraient manger dans leurs chambres. Personnellement je ne pensais pas y manger ce soir. De toute façon, il fallait me rendre à l'évidence, j'étais de mauvaise compagnie ces dernier temps.
J'appuyais sur le bouton de l'ascenseur et attendis quelques secondes qu'il arrive. Perdu dans mes pensées, j'entendis à moitié la sonnerie de l'ascenseur indiquant son arrivé. Je levais les yeux, un peu amorphe. Après quelques secondes d'hésitation, je montais dans celui-ci en soupirant. Alors… la réceptionniste m'avait dit qu'il était chambre… 400… quatre cent combien déjà ? Ah voilà, je m'en souviens. J'appuyais sur le numéro de l'étage.
Je me rendis d'un pas nonchalamment vers la suite de ce crétin puis, pour la énième fois j'émis un long soupir. Avant de frapper à la porte je regardais ma montre, 18.15h... Bon… un quart d'heure de retard ce n'était pas si grave... Je toquais plusieurs fois et c'était après un certain temps qu'il vint m'ouvrir avec ce sourire énervant.
- Salut… Désolé pour le retard … Dis-je en le regardant.
Point de vue d'Angleterre :
Il était 18.10h et il n'était toujours pas là ! Ah c'était bien la peine de me dire une heure s'il ne la respectait même pas. Abruti de français… Je marchais vite à travers la pièce, faisant des aller-retours. Cela va faire si longtemps que je ne m'étais pas retrouvé seul avec Francis. J'angoissais un peu de lui faire part de mon mécontentement concernant son attitude. Peut-être allait-il me parler de ses problèmes. Un bon thé serait donc nécessaire. En quelques pas je me rendis dans la cuisine pour faire chauffer de l'eau. Peut-être va-t-il pleurer ? Ou peut-être va-t-il se mettre en colère…. Ah… je n'ai aucune idée de comment ce type va réagir. Je ne le connaissais pas tant que ça. Nous avions grandi ensemble, nous avions une histoire commune mais mis à part cela… Je ne connaissais pas ses goûts et… merde ! J'essuyais en vitesse l'eau qui avait débordée de la théière et c'était évidemment au même moment que j'entendis frapper à la porte. Je mis pas mal de temps à réparer les dégâts puis je me dirigeais vers celle-ci en courant. J'avais un peu mal au ventre à cause du stress. Au moment d'ouvrir la porte, je me ravisa. Je m'écartais de quelques pas puis me regarda dans le miroir de l'entrée. Dans des gestes nerveux j'enlevais quelques peluches invisibles sur mon pull puis me recoiffa rapidement. Je regardais l'heure sur mon poignée. 18.15h… Un quart d'heure de retard ! Il allait m'entendre celui là! La main sur la poignée de porte, j'inspirais un grand coup puis ouvrit.
Point de vue de France :
- Hey Francis ! T'inquiète pas, on a toute la nuit ! Alors prêt pour notre virée ?
- Que je te dise oui ou non tu vas me forcer à y aller…
- Hahaha ce n'est pas faux amigo !
Le sourire de Spain me réconfortait un peu. Il était très beau dans sa chemise blanche, elle contrastait avec sa peau halée. C'était bien normal de se laisser convaincre par un type aussi charmeur. Antonio paraissait tout innocent avec ses yeux scintillants et sa mine enjouée, mais quand il s'agissait d'aller faire la fête, il n'était plus le même (ou quand il s'agissait aussi d'un certain italien…). Moi qui pensais avoir une soirée assez tranquille, devant la télé à manger de la glace. Et bien je me trompais lourdement ! Avoir un ami qui personnifiait l'Espagne c'était avoir la gueule de bois pour amie…
- Rentre France, j'ai un petit jeu à te proposer avant d'y aller.
- Je ne sais pas ce que tu as derrière la tête Antonio mais je te préviens, pas d'alcool ce soir ! Demain je veux être frais et dispo. Lui dis-je en entrant dans sa suite.
- Mais non ! Pour qui tu me prends ?
- Je te connais…
Je m'assis sur le canapé tout en observant Spain qui avait comme toujours son petit sourire en coin. Il partit vers une autre pièce, sans doute la cuisine. Je regardais quelques instants autour de moi. C'était plutôt cosy ici aussi. Mais je préférais ma chambre. Les couleurs y étaient plus sombres avec du bordeau et du violet foncé, laissant transparaitre une certaine idée de luxure qu'on ne retrouvait pas dans la légèreté de ce suite. Mon ami revint cinq minutes plus tard avec deux verres et une bouteille de rhum.
- Qu'est-ce que je viens de te dire Spain !
- Ah mais attend ! Si tu gagnes à mon jeu tu n'en boiras pas. Les règles sont simples ! Si tu gagnes tu me fera faire tout ce que tu veux mais si tu perds je te ferai faire tout ce que je veux. O.K ?
- Hors de question !
- Allez Francis !
- Non.
- Por favor…
- Non.
- Ahhhh… ! J'ai compris ! T' as peur de perdre, c'est ça ?
- Je n'entrerai pas dans ton jeu.
Après un petit silence qui interrompit notre joute verbale, Antonio repris avec flegme :
- Bon ok… Si tu gagnes je te laisse tranquille pendant toute la soirée mais dans le cas contraire tu boiras qu'un verre. C'est tout.
- Promis ? Juste un ?
- Oui, je te forcerais pas !
Je me passa la main dans les cheveux. Je ne faisais pas trop confiance en l'espagnol mais je ne voulais pas gâcher la soirée non plus. Il avait l'air de si bonne humeur. Sans doute pour me remonter le moral. Je voyais bien qu'il n'arrêtait pas de me fixer. Après une longue hésitation, je repris la parole en soupirant :
- D'accord… mais je te surveille Antonio ! Bon… c'est quoi ce jeu alors ?
L'espagnol était ravi. Il émit un petit rire sournois tout en se plaçant de l'autre côté de la table. Il remonta sa manche dans un geste déterminé et plaça son bras fièrement sur la table.
- Le bras de fer !
- T'es sérieux… ?
Après un silence, j'émis un long râle de désespoir.
- Rappelle-moi pourquoi on est ami ?
- Parce que tu aimes le soleil de mon pays mi amor !
Résigné, je me mis aussi en position et lui attrapa la main. Même en mettant toute ma force dans le combat, pas moyen de prendre le dessus sur l'espagnol. En moins de trente seconde j'avais perdu. Il avait préparé son coup, le fourbe… J'imagine que juste un verre ce n'était pas si grave. Je savais me contrôler.
-Aller Francis, sois bon joueur. Me dit-il en me tendant un verre de rhum.
Je râlais pour la forme puis mis le liquide ambré à mes lèvres et l'avala d'une traite. Antonio avait un sourire victorieux aux lèvres et se pris lui aussi un verre. Une petite chaleur se rependit dans mon corps et tout de suite je me détendis. Ce n'était peut-être pas une mauvaise idée. Spain me regardait et sourit encore plus.
- T'en reveux ?
Spain referma la porte et mis ses clef dans sa poche. Il me regardait avec des étoiles dans les yeux.
- C'est parti France ! Le taxi doit être déjà devant l'hôtel !
J'essayais de sourire pour lui faire plaisir, après tout, une nuit avec un de mes meilleurs amis ne peut pas me faire de mal surtout avec la bouteille de rhum qu'on venait de s'enfiler. Dix minutes plus tard, nous étions à l'arrière du taxi. J'avais toujours apprécié les taxis londoniens, ils avaient un charme que les taxis parisiens n'avaient pas.
- Where we going gentlemen?
- The Saturday night. Dit Spain avec un fort accent espagnol.
En regardant par la vitre, je voyais les lumières de la ville tourbillonnaient me rendant un peu plus fébrile qu'auparavant. L'alcool me montant à la tête. J'entendais la pluie qui s'écrasait sur le toit du taxi dans un bruit lourd et régulier me donnant l'impression qu'il y avait une atmosphère particulière dans le taxi, comme si nous étions dans un rêve. Antonio était tout excité, comme à chacune de nos sorties nocturnes. En voyant toutes ces personnes avec leurs grands imperméables et la pluie qui ne finissait pas de tomber, une petite vague de déprime me parcouru. Je poussais un soupir de lassitude.
- Nous sommes arrivé France. Arrête de déprimer et suis moi !
Nous payons le taxi rapidement puis je suivis Antonio dans une boite de nuit appelé le Saturday night. C'est quoi ce nom bizarre des années 80 ? Après avoir payé l'entrée, nous faisions nos premiers pas à l'intérieur. Tout de suite, je sentis une forte odeur de cigarette et de transpiration. Immédiatement, la vague de musique me frappa de plein fouet. Mon cœur battait au rythme des basses et mes pupilles commençaient déjà à s'habituaient à l'obscurité de l'endroit. Une vaste piste de danse trônait au milieu de la salle et des tables étaient éparpillées un peu autours. C'était une ambiance assez intéressante. Des spots de lumière rouge étaient éparpillés un peu partout. Un peu plus loin on pouvait apercevoir le bar ou de nombreuses personnes faisaient des concours d'alcool. Les quelques verres pris précédemment avait donné à Antonio encore plus confiance en lui. Il se dirigea directement vers la piste en me laissant seul à l'entrée. Il n'avait pas oublié de me lancer un clin d'œil juste avant d'y aller… J'allai au bar pour me trouver un endroit plutôt tranquille. Je commandai un Get27 et m'assis sur un des nombreux tabourets. Il n'y avait pas beaucoup de monde, mais assez pour qu'il y ai une très bonne ambiance. Les minutes passèrent. Antonio n'était plus là, sans doute draguait-il je ne sais quelle femme ou homme de cet endroit. J'étais en pleine dissociation. Comme lorsqu'on regarde devant sois sans réellement regarder devant sois. Ce ne sont que des vagues de flou, des musiques indéchiffrables.
Je ne pensais qu'à elle.
A force de me morfondre dans mon verre, je n'entendis pas les appels du barman face à moi. C'est lorsque j'entendis le bruit du verre posé devant moi que ma tête se releva.
- Cadeau du jeune homme. Dit le barman en pointant un type assit un peu plus loin.
Il devait avoir la vingtaine. Il avait ce regard assuré caractéristique des jeunes de notre époque. Je trouvais ça très mignon.
Il me souriait et en me voyant boire son verre il s'approcha de moi laissant ses deux amis en plan. Je ne serais pas si tranquille que ça en fait…
Deux heures plus tard et voilà que je me retrouvais, je ne sais pas comment, contre un mur avec le gamin dans les bras. Je crois que j'aie un peu trop bu… Ma vision était floue et mes jambes avaient un peu de mal à me tenir debout. Oui. J'ai trop bu… Le petit m'embrassait et se collait de plus en plus à moi. Il me complimenta sur mon ''french kiss'' en rigolant puis m'invita à allait dans sa voiture. L'alcool aidant je lui pris la main fermement et nous entraînâmes tous les deux vers la sortie. Il faisait nuit noire. Tout tournait autour de nous. Nous étions sur le parking quand j'entendis la voix familière de Spain crier quelque chose que je ne comprenais pas. A mon plus grand regret, je lâchai la main du gamin et tituba contre une voiture. Je distinguais vaguement une conversation puis quelqu'un me toucha l'épaule.
- Eh mec tu vas bien ?
- Anto…nio… Qu'est-ce que tu fais là ? ! J'allais… oulala… je crois que je vais…
Tordu par la douleur je me laissais tomber par terre mais rien ne sortit. Au moins l'honneur était sauf… Spain ne me verra pas vomir dans un parking morbide… c'était toujours ça. Ah je m'en souviendrais de ma sortie à Londres avec ce crétin d'Antonio !
- Eh bah… mon pauvre France, tu n'aurais pas dû boire comme ça.
J'étais au sol avec le ventre qui faisait des saltos arrière et ce connard d'espagnol me faisait la morale alors que c'était lui qui m'avait incité à boire quelques heures auparavant !
- Tu te fous de ma gueule ?! Je veux rentrer ! Tout de suite !
Spain se mis à ma hauteur et me regarda dans les yeux. L'effet de l'alcool et ce rapprochement soudain me mettait mal à l'aise.
- Francis… Je suis désolé si je t'ai vexé. Tu sais, je voulais juste t'aider. Ce n'est peut-être pas le moment pour parler de ça mais je sais que demain c'est important pour toi.
Je ne voulais pas répondre. De toute façon, je n'en avais pas la force.
- Je ne te force à rien, t'es pas obligé de m'en parler… Je m'inquiète c'est tout...
Je me senti tout d'un coup pitoyable. Il s'inquiétait pour moi, rien de plus. C'était mon ami et il s'inquiétait.
Sans que je m'en rende compte, deux larmes avaient coulé sur mes joues. Après avoir appelé un taxi, Spain me remit debout et me prit dans ses bras. J'étais comme vide. Nous attendîmes dans le froids et la nuit jusqu'à que le taxi arrive. Je n'ai pas vu le trajet passé, mon estomac me faisait souffrir et je ne sentais presque plus mes jambes. Je ne sais même pas par quelle miracle Spain réussit à me remonter jusqu'à sa chambre. Je ne pensais pas avoir l'alcool triste. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas réagi de cette manière. Et cela ne faisait qu'empirer. Une fois qu'Antonio me mis au lit, j'éclatai en sanglot. Comme un peu plus tôt, il me prit dans ses bras et me berça jusqu'à que je me calme. Une fois fait, je lui dis tout ce que j'avais sur le cœur depuis des années.
Point de vue d'Angleterre :
- Canada ? Mais… Qu'est-ce que tu fais là ?
- Bon…Bonjour Angleterre. Excuse-moi pour le retard, America a voulu me montrer sa nouvelle recette d'hamburger et il ne voulait pas me lâcher. Un vrai cliché ambulant celui-là... Je peux entrer ?
- Oui oui va y. Dis-je avec empressement.
Je m'écartais de l'entrée pour le laisser passer. Alors c'était lui l'homme blond avec un certain charme ? Tout ce stress pour rien… Je refermais la porte un peu désemparé puis regarda le canadien avec un peu de méfiance. Pourquoi voulait-il me parler ? Est-ce que ce serais à propos du meeting d'aujourd'hui ?
-Et bien Matthew… Tu as du succès auprès du personnel de l'hôtel tu sais ?
Matthew était au milieu de la pièce en regardant un peu partout comme si il ne savait pas où se mettre.
- Très drôle dady…
Je souris au canadien. Cela faisait longtemps aussi que je ne lui avais pas parlé en privé, rien que tous les deux. Sans America qui criait partout ou France qui… Je soupirais en pensant au blond. Reportant mon attention sur mon jeune invité, je lui fit signe de s'asseoir.
- Tu veux boire quelque chose ? J'ai commencé à faire du thé.
Connaissant la politesse de Canada il ne refusera pas.
- Oui j…j'en veux bien merci.
Je le connaissais par cœur mon petit Canada. Je souriais et me rendis dans la cuisine pour continuer la préparation du thé. Je revenais quelques minutes plus tard puis lui tendis une tasse.
- Merci.
Je prenais une gorgée tout en observant Matthew du coin de l'œil. C'est vrai qu'il était très mignon, il était grand (comme America) et ses yeux avaient une belle teinte violette. Ses traits fins et son sourire timide le rendait adorable et pour couronner le tout, il avait les mêmes cheveux que France. En l'observant davantage, je me corrigea. Il avait les mêmes cheveux que Francis mais en plus courts. Il fallait que je lui parle de lui.
- Alors Canada ? Pourquoi es-tu venu me voir ? Dis-je en posant ma tasse.
- J…je te dérange peut-être ? Je devrais partir si tu es trop fatigué…
Le canadien se leva hésitant puis posa à son tour la tasse de thé sur la table. Il fis quelques pas vers la sortie mais je lui attrapa le bras assez vite. Heureusement que j'avais de bon réflexes…
- Mais non Matthew… Jamais tu ne me dérangeras. Assis toi tu veux bien.
Canada se rassit lentement et fixa le sol d'un air réservé.
- D…Dady… Je voulais te parler de France en fait.
Eh bien, je n'aurais même pas à amener le sujet. Il me regarda quelques secondes pour voir si je l'écoutais puis rebaissa les yeux.
- Peut-être que je m'inquiète pour rien mais j'ai l'impression qu'il ne va pas bien. Juste avant le meeting je discutais avec lui et je voyais bien que ça n'allait pas. Il essayait de faire comme si tout allait bien. En fait, ça fait pas mal de temps qu'il fait comme si. Je pensais que ça allait passer mais non. Alors je me suis renseigné... si son économie avait besoin de soutien ou s'il avait des problèmes avec son président. Mais je n'ai rien trouvé de cet ordre-là. La France est peut-être en crise, comme les autres pays de l'Europe d'ailleurs, mais elle va bien.
J'étais impressionné. Matthew parlait sans hésitation et avec une assurance rare. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu parler aussi longtemps. Je l'écoutais attentivement avec un air sérieux.
- J'ai trouvé quelque chose…
Il n'osait pas continuer. Après un petit regard vers moi, il se gratta la tête.
- Demain est une date importante pour lui...
- Mais de quoi tu parles Matthew ?
- Je parle de l'anniversaire de la mort de Jeanne d'arc.
Ses paroles me firent l'effet d'une douche froide. Un long frisson me parcouru le dos. J'avais l'impression que le ciel me tomber sur la tête. L'idole que mon pays à brûler... Il pense encore à elle ? J'essayais de ne pas perdre la face devant le canadien.
- Et alors ? Tout le monde a perdu des symboles pendant les guerres. Il ne pleure pas pour la mort de Napoléon. Alors pourquoi est-il autant perturbé pour si peu ?
-Je…Je ne sais pas… Peut-être qu'il était amoureux ? C'est le pays de l'amour après tout…
Amoureux ? Mais… ce n'est pas possible…
- Ce ne sont que des suppositions dady… Il ne m'a jamais parlé d'elle après tout.
Amoureux… Il l'aimait… Je m'étais levé rapidement, n'osant pas le regarder. Je me rendis à la fenêtre et regarda le ciel pluvieux avec attention.
- Euh… Je me demandais alors… Si tu pouvais aller le voir. Peut-être lui en parler. Moi il ne me prendrait pas au sérieux alors que toi... tu es... spéciale non ?
Il l'aime encore… ça expliquait tout. Après quelques secondes de silence, je fis un léger geste de la main que je voulais nonchalant.
- J'irais le voir Canada. Merci de m'avoir prévenu.
- Tu es sûr que ça va aller ? Tu…Tu n'as pas l'air très...
- Je suis fatigué, j'ai juste besoin de dormir.
Je me tenais l'arrête du nez entre deux doigts. Je voulais juste être seul.
- D'accord. Alors à demain pour la réunion… merci de m'avoir écouté…
Il partit sans un mot de plus. Je me retrouvais à nouveau seul avec mes pensées. Je me sentais un peu bizarre et… triste ? France aime encore cette maudite femme. Jamais je ne pourrais me débarrasser d'elle…
Je pouvais encore ressentir les frissons de cette révélation. Avec une certaine lenteur, je me mis à tout débarrasser. Je nettoyais les tasses dans l'évier, les yeux observant le vide. Comme ai-je pu oublier cette date ?
Je me mis au lit encore habillé et m'endormis assez vite. Juste avant de sombrer dans le sommeil une question me vint à l'esprit. Malheureusement, je n'avais pas de réponse.
France m'avait-il pardonné un jour ?
J'espère que vous avez aimé le chapitre ! :D
