Chapitre 12 : Colère et Informulés

Mais qu'est-ce qui lui prend à ce connard ? Depuis quand se mêle-t-il de mes affaires ? Pour qui se prend-il, il n'en a pas assez d'être déjà au centre de toutes les discussions en ce moment ? Non, il faut encore qu'il se permette de venir me parler ? Surtout pour me dire ça ? rageait intérieurement le blond.

Il marchait d'un pas lourd, sans regarder où il allait, trop concentré sur la rage qui le traversait.

Comment avait-il pu se permettre de lui dire ça ?

Sa fichue conscience lui disait que Potter n'avait peut-être pas tout à fait tort, qu'il voulait peut-être le bien du blond, mais ce dernier ne voulait pas l'écouter. Potter voulait seulement encore une fois se prendre pour le héros de l'histoire. Certes, il avait détruit le mage noir qui terrorisait tout le monde sorcier, mais ce n'était pas une raison pour lui dire de telles choses.

Drago allait imploser, les jointures de ses doigts étaient affreusement blanches, ses ongles étaient plantés dans sa peau et ses sourcils froncés. Il serrait tellement les dents que cela en devenait douloureux.

Seulement, sa colère surpassait tous les autres sentiments, il ne ressentait rien d'autre que de la rage, et donc aucune douleur. Le blond marchait à travers les couloirs de Poudlard, sans prendre de direction particulière et ressassait tous les mots de Potter.

"Cesse de jouer un rôle, personne ne t'en voudra pour ça Malefoy."

Drago ne savait quoi penser de tout cela, il savait au fond de lui que sa Némésis avait raison, mais jamais il ne pourrait l'admettre. Jamais. Ce n'était pas digne d'un Malefoy de se faire juger, ou même d'être percé à jour aussi facilement.

Mais après tout, qu'est-ce que cela pouvait lui faire ? Malefoy ou non, la guerre était finie, son père n'était plus là pour le réprimander.

Qu'est-ce qui l'empêchait d'admettre la justesse des mots de Potter ? Sa fierté peut-être. Il ne cherchait pas la rédemption, alors à quoi bon accepter les mots qu'il venait d'entendre. Après tout, Drago Malefoy était un monstre, un mangemort, un horrible personnage, qui ne méritait que d'être seul, isolé de tous, n'est-ce pas ?

Alors ces tentatives de lui faire croire qu'il était quelqu'un de bien ne serviraient à rien. Il n'en croyait pas un mot, Potter n'avait pas le droit de penser cela, pas après tout ce que le blond avait fait de mal. Il devait souffrir pour ses actes, il le méritait. Le Survivant n'avait pas le droit de lui donner de l'espoir, de lui donner l'envie de se repentir. Il ne le méritait, il ne méritait rien.

- IL N'A PAS LE DROIT ! beugla-il dans le couloir du sixième étage.

Bien heureusement pour Drago, personne ne traînait dans les couloirs à cette heure-ci, mis à part lui et quelques tableaux qui le regardèrent d'un air mauvais. Il soupira un grand coup en se passant une main sur le visage et continua de marcher dans les couloirs. Ce n'est qu'au bout de dix longues minutes, qu'il se rendit compte de la chaleur des larmes qui dévalaient le long de ses joues. Encore. Il avait plus pleuré ces deux derniers mois qu'en dix-huit ans de vie. Habituellement, jamais il ne se mettait dans un état pareil. Mais cette fois, ce n'étaient pas des larmes libératrices comme la fois précédente, mais des larmes de rage, de fureur, de colère, et de culpabilité.

Il avait enfin atteint le cinquième étage, après une heure à déambuler dans les couloirs, sans croiser personne. Au point où il en était, cela n'aurait pas été grave, mais il ne voulait pas être vu dans un état pareil. Il avait enfin réussi à se calmer lorsqu'il donna le mot de passe au tableau de l'appartement.

Le silence l'accueillit, comme il s'y attendait. Ce n'était finalement pas si différent des couloirs du château, mais contrairement à ceux-ci, la température était bien plus agréable et réconfortante. Une ambiance chaleureuse, antithèse de sa rage. La cheminée était allumée par un petit feu, alors que quelques rayons de lune traversaient les grandes fenêtres du séjour. Ces seules sources de lumière permirent au blond d'apercevoir Hermione Granger.

Drago s'était avancé dans la pièce et l'avait tout de suite repérée. Allongée sur le canapé en face de la cheminée et endormie profondément, elle paraissait plus calme que jamais. Seul le crépitement du feu rompait légèrement le silence pesant. Le Serpentard s'avança vers le sofa, pour la voir de plus près. Elle portait toujours son uniforme de la journée, un livre posé sur sa poitrine, les jambes recroquevillées contre son ventre, comme si elle avait froid. En la regardant plus attentivement, Drago remarqua qu'elle tremblait légèrement.

Il ne savait pas quoi faire. Il ne voulait pas la réveiller, elle semblait en paix, dans un sommeil profond et heureux, malgré ses tremblements. Il ne l'appréciait vraiment pas, pourtant la voir comme cela créait quelque chose au fond de lui qui l'empêchait de lui faire le moindre mal, de la réveiller, ou de la déranger. Il ne chercha pas de réponse à cette soudaine bienveillance et se contenta de métamorphoser une plume posée non loin en une grande couverture, avant de la poser sur la brune.

Il resta quelques instants sur place, à l'observer et à la détailler. En la voyant comme cela, il remarqua que lorsque les traits de la jeune femme n'étaient pas tiraillés par de la haine ou du mépris, elle pouvait être jolie. Ses lèvres rosées, son petit nez, ses longs cils, ses fins sourcils et ses cheveux bruns attachés en un chignon lâche.

Elle n'est pas si horrible pour un rat de bibliothèque, se dit-il, moqueur.

Il ne tarda pas à entrer dans sa chambre, se coupant de l'admiration de la sorcière. Il était presque trois heures du matin lorsqu'il parvint enfin à s'endormir.

oOo

Un jour de pluie, un de plus pour ce mois de septembre, et seulement trois jours que l'année à Poudlard avait commencé. Des torrents de pluie dévalaient le long des fenêtres de l'appartement des Préfets-en-Chef. Pour certains ce bruit aurait pu être relaxant ou apaisant, pour d'autres il s'agissait du signal d'un réveil désagréable. La jeune Gryffondor fut de ces derniers.

Mais où était-elle ?

Elle ne se souvenait pas s'être endormie la veille. Hermione avait attendu dans le séjour que son homologue, Drago Malefoy, daigne enfin rentrer pour qu'elle puisse avoir une discussion sérieuse avec lui. Mais d'après ce qu'elle voyait, elle s'était endormie avant.

Allongée sur le grand canapé devant la cheminée éteinte, enveloppée dans une couverture. Une couverture ? Elle n'était pas là la veille. Mais cela lui importait peu, au moins elle n'avait pas eu froid, peut-être qu'Harry l'avait déposée sur elle. Mais n'était-il pas parti avant qu'elle ne s'endorme ? Alors qui ? Malefoy ? Non, impossible.

Hermione ouvrit complètement les yeux et s'assit au bord du canapé pour s'étirer. Elle ne tarda pas à rejoindre la salle de bain pour se préparer. Il ne lui restait qu'une heure avant son premier cours de Défense Contre les Forces du Mal. Elle fit bien attention à verrouiller les portes et insonoriser la pièce avant de se passer sous l'eau.

Après s'être préparée, elle retourna dans le séjour. Elle n'avait pas faim donc ne descendit pas pour déjeuner. La brune choisit plutôt de prendre un livre pour patienter avant d'aller à son cours. Bizarrement, encore une fois, elle avait bien dormi, même dans le canapé. Elle se souvint qu'au début de sa nuit, son sommeil avait été agité, mais cela s'était calmé un peu plus tard, et tant mieux. Pour une deuxième nuit dans le château, elle ne pouvait espérer mieux. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi Malefoy n'était pas rentré la veille au soir. Il n'avait même pas assisté au dîner. Était-il même rentré ? Elle n'en avait aucune idée.

Elle fut vite renseignée à ce propos grâce au son de la douche. Il était là aussi. Parfait, dès qu'il sortirait, elle pourrait l'interpeller. Quelques longues minutes plus tard, le blond sortit enfin de sa chambre, les cheveux mouillés, pour se rendre dans la pièce où patientait Hermione.

- Où étais-tu hier soir ?

- Je ne crois pas que cela te regarde, Granger, répondit-il de sa voix traînante, se tournant à regret vers celle qui l'avait interpellée.

- Bien sûr que ça me regarde, je devais te parler mais tu n'étais pas dans la Grande Salle au dîner, et tu n'es pas rentré non plus, lâcha-t-elle en se levant pour se placer plus proche de Malefoy.

- Tu m'observais, Granger ? fit-il accompagné d'un sourire en coin typiquement Malefoyen.

- Absolument pas, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Je viens de te dire que je te cherchais pour te parler, Malefoy. Et tu n'as pas répondu, où étais-tu ? Tu n'étais pas là de la soirée, et tu n'es pas rentré non plus.

- Si, je t'ai répondu. Je t'ai dit que ça ne te regardait pas, et je suis rentré, puisque je suis là. Donc, qu'est-ce que tu me veux ?

- Tu es vraiment exaspérant, je t'ai attendue toute la soirée, je me suis même endormie ici, cracha-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine, avec un regard noir.

- J'ai vu ça, répondit-il un sourire en coin. Maintenant, dis-moi ce que tu veux ou je me barre.

- Avec Harry, nous aimerions organiser une soirée ici, un de ces soirs-

- Hors de question. Personne ne fait de soirée ici, personne ne vient ici, déjà que Saint Potter est entré hier, crois-moi c'était la dernière fois. Personne ne vient ici, point, la coupa-t-il énervé.

- Tu ne me laisses pas finir, Malefoy, alors arrête tes jacassements ! J'allais te dire que nous souhaitions organiser ça avec des élèves de Serpentard, tes amis, pour essayer de... faire la paix en quelque sorte, expliqua-t-elle sans le laisser intervenir. La Guerre est terminée, nos gamineries et nos disputes dans les couloirs n'ont aucun intérêt et plus lieu d'être. Elles n'ont jamais vraiment eu d'intérêt, à vrai dire. Réfléchis-y, demanda-t-elle en se déridant légèrement. Nous avons tous souffert pendant cette foutue guerre. Il faut que cela cesse et le meilleur moyen à mes yeux serait de créer des liens. Nous sommes tous les deux Préfets-en-Chef, c'est un peu notre devoir et nous en avons la possibilité. Alors que tu le veuilles ou non, nous organiserons cette soirée. Et je n'ai aucun problème avec le fait que tu amènes des gens ici, alors je peux en amener aussi, point. J'espère que tu réfléchiras à notre proposition, nous allons en parler aux autres de notre côté, tu devrais faire de même, ajouta-t-elle finalement.

Il la dévisagea, sans donner de réponse. Elle était plantée là, devant lui, les sourcils froncés et les bras croisés. Lui, était toujours debout devant elle et fronça les sourcils à son tour.

- Il est hors de question que je participe à votre soirée débile. Et concernant ceux que tu appelles mes amis, ajouta-t-il ironiquement. Démerdez-vous, je ne m'en mêlerai pas. Vous avez intérêt à être discrets lorsque vous viendrez ici, si vous me dérangez, vous dégagez, vous et vos conneries. Si vous croyez qu'ils accepteront de venir, tu te mets le doigt dans l'œil, Granger, ricana-t-il dédaigneusement. Et si tu veux amener des gens ici, très bien, mais pas quand je suis présent.

Il détourna le regard, sans faire attention à sa potentielle réponse et quitta l'appartement. Sans autre forme de procès.

- Attends, Malefoy, s'exclama-t-elle.

Il se retourna juste avant de franchir la porte.

- C'est toi qui m'as déposé une couverture, hier soir ?

- Qui d'autre veux-tu que ce soit ? répondit-il en se tournant à nouveau vers la sortie.

- Pourquoi ?

- Tu tremblais, fit-il d'une voix rauque.

- Oh. Merci.

Il ne répondit pas et reprit son chemin pour se rendre à la Grande Salle.

oOo

Quelques minutes avant sa première heure de cours, Hermione quitta l'appartement avec ses affaires. Elle avait hâte d'avoir son premier cours avec Bill. Elle savait qu'il était un très bon sorcier, et après réflexion cette place de professeur lui allait très bien. Hermione s'était toujours très bien entendue avec lui, du moins lors des peu de fois où ils s'étaient vus. Lorsqu'ils avaient passé du temps à la Chaumière aux Coquillages, pendant la Chasse aux Horcruxes, elle l'avait trouvé amusant et d'une grande gentillesse. Il était vraiment un homme bien, et serait un très bon professeur, elle en était persuadée.

Lorsqu'elle arriva devant la classe, Harry et Ron l'attendaient. Ils avaient dû arriver directement de la Grande Salle.

- Salut, bien dormi ? s'exclama-t-elle en arrivant près d'eux.

- J'ai vu mieux, et toi ? demanda Harry en réprimant un bâillement.

- Parfaitement, pourtant je me suis endormie sur le canapé du séjour, fit-elle en ricanant.

- Tu n'étais pas allée déjeuner ? demanda alors Ron. Je pensais que tu étais remontée avant notre arrivée.

- Non, je n'avais absolument pas faim, donc je suis restée là-haut. Je n'ai rien raté ?

- Non, ne t'inquiète pas, sourit Harry. Prête pour ce premier cours avec Bill ?

- Carrément, j'ai hâte de le voir à l'œuvre, ricana-t-elle.

- Hum, pas moi, grogna Ron. Je déteste l'idée que mon frère ait ce genre d'autorité sur moi.

- Ne t'en fais pas, je suis certaine que ça va bien se passer, Ron. Il ne peut pas être pire que nos anciens professeurs de DCFM, et à mon avis il sera très bon.

- Sauf Lupin, intervint Harry.

- Pas faux, c'est le seul professeur que j'aurais aimé avoir tous les ans, répondit-elle avec un sourire triste.

Lorsqu'il fut l'heure d'entrer, Bill ouvrit la porte d'un coup de baguette depuis son bureau et leur fit signe d'entrer. Le cours ne rassemblait que les élèves de Gryffondor, ils n'étaient donc pas nombreux. Peu de septièmes années étaient revenus à Poudlard, la plupart d'entre eux étaient présents, mais parmi les absents, certains avaient préféré ne pas revenir, d'autres faisaient encore leur deuil, et certains autres étaient morts au combat. Chaque fois que les trois amis entraient dans un cours avec leur maison uniquement, ils ne pouvaient s'empêcher de regarder tristement les places manquantes.

- Bonjour à tous ! J'espère que vous allez tous bien en cette magnifique matinée de septembre, ironisa-t-il d'une voix forte, accompagnée par les claquements de la pluie sur les fenêtres.

Sa réplique fut suivie par les rires de la classe, qui avait pris place au fond de la salle.

- Comme vous le voyez, aujourd'hui nous n'aurons pas besoin des bureaux, puisque nous allons commencer l'année par plusieurs heures de pratique. Je sais que la grande majorité d'entre vous, si ce n'est tous, ont fait partie des élèves défendant le château l'année dernière, voire fait partie de l'Ordre ou de l'Armée de Dumbledore. Je considère donc que vous êtes ceux qui avez le plus de pratique et de connaissances, mais je préfère que nous revoyions tout, ensemble. Ainsi, je vous fais confiance pour connaître vos difficultés concernant les différents sorts que nous allons travailler.

D'un coup de baguette pointée vers un tableau noir, il fit apparaître la liste des sorts à travailler.

- Comme vous pouvez le voir, il y a ici la liste de tous les sorts que vous devez connaître pour les A.S.P.I.C. L'objectif d'aujourd'hui est que vous vous entraîniez à lancer les sorts que vous connaissez peu, ou que vous avez encore du mal à lancer. Cependant, vous les lancerez sans les formuler, vous avez dû voir cela en sixième année. Je souhaite que vous ayez la capacité de tous les lancer parfaitement pour Halloween. Des questions ? Bien, mettez-vous par deux ou trois et commencez à vous exercer, reprit-il en ne voyant aucune main se lever.

La liste était assez longue, allant de simples Diffinito, Bombarda, ou Incarcerem, jusqu'aux Stupefix, Expelliarmus, ou Spero Patronum. Hermione se mit en équipe avec Harry, alors que Ron se mettait face à Neville. Elle se savait bien moins douée que son frère dans cette matière, mais elle trouvait les duels contre lui très intéressants et instructifs.

- Quel sort dois-tu réviser ? lui demanda-t-il alors qu'ils se mettaient en place.

- J'ai un peu de mal avec Expelliarmus, mais je sais que tu es presque le maître de ce sort, alors tu vas pouvoir m'aider non ?

- Aucun souci, répondit-il en riant de son allusion à sa maîtrise de ce sort.

- Prêt ?

- Quand tu veux, sourit-il en se mettant en position.

"Expelliarmus !" lança intérieurement Hermione.

"Protego, Protego, Protego." pensa Harry.

Il fit le geste avec sa baguette, mais aucun bouclier n'en sortit et le sort d'Hermione le toucha. Sa baguette lui échappa des mains et tomba au sol.

- Eh bien, je croyais que tu avais du mal avec ce sort, se moqua-t-il.

- Mon objectif est que ta baguette atterrisse dans mes mains, grogna-t-elle. Comme tu le fais toi. Donc non, ce n'est pas terrible ce que je viens de faire. Et je vois que tu n'as pas réussi non plus, nous sommes bien partis !

- Mes Informulés n'ont jamais été très efficaces, déplora-t-il. Surtout les sortilèges de défense, vas savoir pourquoi.

Le reste du cours se déroula dans cette ambiance-là, Tous les élèves travaillaient durement pour réussir tous leurs sorts; Hermione s'acharnant sur ses Expelliarmus, pour que la baguette de son frère atterrisse dans sa main, et Harry qui tentait par tous les moyens de réussir à se protéger d'Hermione, sans prononcer la moindre syllabe. En fin de cours, ce dernier avait réussi à se défendre plusieurs fois, mais n'était pas satisfait de son travail. Il quitta la salle, déçu, avec Ron et Hermione.

Sur le chemin du Parc, Harry proposa discrètement à Hermione de faire part à Ron de leur idée de fête, en espérant qu'il serait emballé par l'idée.


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Merci à Suldreen194 pour sa relecture et correction ;)

Writer8Hell