Chapitre 4 : Francis au pays des merveilles ?


Point de vue de France :

- Aller on se réveille blondinette ! La réunion est dans une heure !

- Ah… Qu'est-ce que…

Spain ouvrit d'un coup les rideaux et une aveuglante lumière se propageât dans la pièce.

- Mes yeux… Ah… putain…

- Je t'ai mis un verre d'aspirine sur la table de chevet, je vais préparer le petit déjeuné. Ne traîne pas trop! Me dit-il avec un petit regard amusé.

Ce type n'a aucune compassion… Je me mettais en position assise quand soudain un terrible mal de crâne fit son apparition. De violents coups de tambours martelaient ma tête et me faisaient geindre de douleur. Je me recroquevillais sur moi-même en essayant de me souvenir de ce qui avait pu se produire la veille. J'avais une sensation désagréable dans le ventre et une subite envie de vomir me pris… Il fallait absolument que je prenne une douche pour me réveiller, j'irais déjeuner plus tard. Je me levai avec difficulté, avala l'aspirine d'une traite puis me dirigea vers la salle de bain. Une fois propre j'empruntai une chemise blanche et un jean d'Antonio puis décida de m'inspecter dans le miroir.

Je ne ressemble vraiment à rien…

Mes yeux étaient gonflés et mes cheveux emmêlaient. J'avais une mine affreuse.

Après un coup de rasage, j'arrangeai mes cheveux et me brossa les dents. Pour le reste je ne pouvais rien faire, il me faudra juste du repos. Je rejoignis de suite l'espagnol dans le salon. L'odeur de la nourriture me dégouttait. Mon envie de vomir revint d'un coup. Antonio me tournait le dos et préparait le petit déjeuner en sifflotant d'un air joyeux.

- Ah ! La belle au bois dormant est enfin réveillée ? Alors bien dormi ?

- Te fou pas de moi Spain, aie pitié…

Je m'assis sur le canapé en soupirant puis me pris la tête dans les mains.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé hier ?

Un long silence me répondit. Je ne voyais toujours pas son visage étant de dos mais je m'étais aperçu qu'en posant ma question il s'était arrêté dans ses mouvements. Il se retourna et me regarda dans les yeux avec un air sérieux qui ne lui allait pas du tout.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait encore ? J'ai cassé des trucs ?

- Et bien, pour résumé… T' as embrassé un type dans une boite de nuit et au moment de conclure t'as failli vomir sur une voiture puis je t'ai ramené ici.

- Ah merde… C'est tout ? Parce que s'il n'y a que ça c'est pas la mort. Pas la peine de prendre cet air sérieux pour si peu. Je te l'ai déjà dit que ça ne t'allais pas du tout et…

- Francis, désolé de te le dire brusquement comme ça mais tu te rappelles on est quel jour aujourd'hui.

- Euh… eh bien on est le… Ah. Je t'ai parlé de ça.

Le temps venait de se figer. Spain se tourna vers moi et m'observa. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais la referma immédiatement. Nous ne savions tous les deux pas quoi dire. Après de longues secondes de silence, c'est moi qui pris la parole :

- On ne va pas en faire une histoire… C'est l'anniversaire de sa mort, c'est tout. C'est du passé tout ça. Dis-je un peu trop rapidement.

- Tu ne te rappelle pas de ce que tu m'as dit de plus hier soir ? me dit-il hésitant.

Je blêmis face à la question et me redressa.

- Antonio… Qu'est-ce que je t'ai raconté encore ?

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Flash-Back :

J'étais dans les bras de Spain en train de pleurer. Il me berçait lentement et me disait des mots réconfortants pour me calmer. Après de longues minutes mes sanglots se dissipaient peu à peu jusqu'à disparaître totalement.

- Antonio… je suis désolé…

- T'a pas à t'excuser imbécile… C'est plutôt moi qui t'ai forcé à sortir alors que tu ne te sentais pas bien.

- Je peux te dire quelque chose ?

- Ouais, au point où on en est.

- Voila… c'est difficile à dire… Je… Je n'aime plus Jeanne. Avec le temps mes sentiments ont disparus et quand je pense à elle c'est comme une sœur qui s'est sacrifiée pour moi. J'avais juré de l'aimer pour toujours… Et quand je pense que demain c'est l'anniversaire de sa mort je me sens horriblement coupable…

- Francis, écoute-moi bien. Elle était une héroïne. Elle t'aimait mais elle n'est plus là. C'est normal que tu ne l'aime plus. Une nation ne peut pas aimer un humain éternellement.

Je me dégageais de ses bras pour le regarder, à cause de l'alcool ma vision était floue et je ne voyais pas du tout son visage. Je sentais que j'allais bientôt m'endormir mais je ne voulais pas briser l'atmosphère que nous nous avions créé Antonio et moi. L'alcool me rendait bavard et c'était le moment pour lui dire. Je clignais des yeux de plus en plus et je dis d'une voix endormie :

- Je ne sais pas… mais… c'est bizarre… Après tout ce temps. Je voudrais détester... Je voudrais... Je suis en colère.

- De quoi tu parles ? Demanda Antonio en installant des couvertures.

- Je prenais soin de lui quand nous étions enfants... Je l'aimais mais il a tout gâché.

L'espagnol s'arrêta dans ses mouvements. Francis sous la couette, ses yeux papillonnaient de sommeil.

- De qui tu parles Francis ?

- Je crois que je l'aime encore… Dit-il à moitié endormi.

- Qui ça ? Jeanne ?

- Arthur...

XxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Un silence de mort régnait dans la pièce et aucun de nous deux voulait prendre la parole. Spain venait de tout me raconter. Comment est-ce que j'ai pu dire une chose pareille ? Je déteste Angleterre ! Je délirais, rien de plus ! J'étais mort de fatigue et ivre, je ne savais pas ce que je disais ! Ce n'étaient simplement que des divagations d'un esprit nostalgique et malheureux.

Après des secondes qui paraissaient des heures Antonio essaya de dire quelque chose :

- Euh… Tu sais… C'est pas si grave… Enfin… J'ai toujours su qu'il y avait un petit quelque chose entre vous… Alors te prends pas la tête mec.

- Quoi !? Non mais Antonio ! J'étais bourré ! J'ai dit n'importe quoi ! Criais-je en me levant du canapé.

Mauvaise idée. Mon estomac me cria de me calmer.

Spain ne répondis pas. Après quelques secondes de silence durant lesquelles nous nous observions mutuellement, il se tourna et continua la préparation de son petit déjeuner. Après mettre calmé, je repris peu à peu mon assurance. Je me rassis et repris avec un ton blagueur :

- Spain voyons… C'est complètement insensé que la France aime l'Angleterre. Lui dis-je en rigolant. Nos pays ont été en guerre si souvent.

- Je ne te parle pas de La France et de l'Angleterre mais de lui et toi. Nous ne sommes pas que des nations. Me répondit-il amusé.

Il me regarda par-dessus son épaule en souriant. J'ai tout de suite eu l'impression que la légère tension de tout à l'heure se volatilisa. C'est pour cette raison que j'aimais l'amitié d'Antonio. Il arrivait à apaiser l'atmosphère en une seconde. Je réfléchissais sur ses dernières paroles. ''Nous ne sommes pas que des nations.''

Qu'est-ce qu'il sous-entendait par-là ? Je-ne-l'aime-pas ! C'est clair pourtant. C'était mon rival depuis toujours et même si aujourd'hui nous sommes censé être alliés c'était purement politique. Et j'en sais quelque chose à propos de l'amour. Plongé dans mes réflexions intérieurs Antonio en profita pour mettre la table et commencer à servir, mais alors qu'il repartait dans la cuisine, je pris la parole.

- Tu penses que je l'aime ? Lui dis-je posément.

- Oui mi amigo.

- Alors arrête tout de suite…

- Arrêter quoi ?

- De penser. Lui dis-je en me levant.

- Ou est-ce que tu vas ? Me regarda-t-il surprit.

-Je sors fumer. T'as qu'à manger sans moi, de toute façon j'ai pas faim avec la cuite que je me suis prise.

Je pris ma veste et sortis sans un mot de plus mais juste avant de passer le seuil de la porte il me cria avec un regard mi sérieux mi moqueur.

- Réfléchie bien à ce que je t'ai dit France !

En soupirant je fermai la porte derrière moi puis parti en direction du rez-de-chaussée. En voyant la réceptionniste je lui fis une de mes plus beaux sourires mais elle détourna les yeux d'un air désintéressé vers son ordinateur. Elle pourrait au moins faire semblant… Je sortis dehors d'une démarche lourde et fatiguée puis me pris une cigarette. L'effet de la nicotine me faisait un bien fou ! Je me détendis progressivement et observa les nombreux nuages qui voilaient le ciel de Londres. Le vent m'ébouriffait les cheveux et grâce à cette fraîcheur ma gueule de bois disparaissait peu à peu. Je décidais de faire un tour dans le parc qui se trouvait un peu plus loin pour me dégourdir les jambes. Le terrain était magnifique et plus je m'éloignai de l'hôtel plus les arbres et les buissons m'entouraient. Ma cigarette fini j'en rallumai une autre avec le mégot de la précédente et continua ma balade. A force d'avancer j'entendis vaguement des clapotements d'eau et après quelques minutes de marche je vis une majestueuse fontaine. M'arrêtant devant, j'admirais les nombreux jets d'eau qui brillaient grâce aux quelques rayons de soleil qui réussissaient à percer la barrière de nuages. Il y avait des rosiers partout, si bien que j'avais l'impression d'être dans Alice au pays des Merveilles. Toutes les roses étaient rouges et formaient un cercle parfait entourant la fontaine et les deux bancs placés à ma gauche et à ma droite. Les fleurs qui m'entouraient étaient tellement belles que j'en oubliais presque mes soucis.

Dans un flash je revis ma Jeanne. Malheureusement, on oublie pas si facilement ses problèmes. Je pensais à ce crétin d'espagnol, certes il ne m'avait pas forcé à venir avec lui, mais il avait quand même une responsabilité dans l'histoire ! Et puis ce gamin qui était si mignon, il me faisait penser à Angleterre quand il était jeune… Enfin… Juste le physique. Non parce que si c'est pour avoir un égocentrique, antipathique et égoïste d'anglais dans les bras ce n'est même pas la peine ! Mon cœur s'accéléra et je mordis ma cigarette un peu plus fort au fur et à mesure de mes réflexions. Antonio avait tort. Je n'aime pas ce type. J'étais ivre quand je lui ai dit ça. A cause de cet abruti d'espagnol je ne savais même plus où j'en étais ! Je jetais ma cigarette par terre et l'écrasa violemment.

- Et merde c'est n'importe quoi! Dis-je en râlant.

- T'as intérêt à ramasser ton mégot stupide frog.


Point de vue d'Angleterre :

Je m'étais réveillé assez tôt et dès l'instant où j'ouvris les yeux je repensais à ce que m'avait dit Canada. Comme la vieille, mon ventre se tordit et je me sentais abattu.

Ah… C'était aujourd'hui… J'écartais mes couvertures pour me lever et un long frisson me pris. Je devais aller parler à France. Peut-être même allait m'excuser. A cette idée je soupirais, pourquoi est-ce que j'irais lui présenter mes excuses ? Le passé c'est le passé ! Et puis je ne l'ai pas assassiné de mes propres mains après tout, quand il y a une guerre il y a forcément des morts. Mon roi me mettait la pression et je ne pouvais rien faire. Nous n'avions jamais reparlé de cette histoire. Ce n'était qu'une guerre comme les autres. Avec haine, je serrais les dents.

Tout ça à cause d'elle…

J'aurais voulu qu'il ne l'a regarde jamais, qu'il continu de s'occuper de moi… Ce jour-là il m'avait supplié de la laisser en vie, c'était la première fois que je l'avais vu si bouleversé…

Il pleurait pour elle et il était à genoux pour elle.

Je pouvais revivre cet instant comme si c'était hier. Je voyais encore les mains tremblantes de Francis m'agrippaient le pantalon. Son visage rougit par les larmes, ses paroles remplient de supplications.

Je me regardais dans le miroir de la salle de bain avec peine. D'autres souvenirs m'envahissaient en pensant à cette époque sombre. Des souvenirs plus joyeux. Je nous revoyais, lui adolescent dans sa robe bleue et moi enfant portant ma petite cape verte en lin. Je savais qu'il m'aimait mais pas de la même manière que cette prétendue Sainte. Depuis sa rencontre avec elle il ne se souciait plus de moi, est-ce qu'il fallait qu'il tombe amoureux de moi pour que tout redevienne comme avant ? J'étais tellement heureux quand il m'avait recueilli. Je me sentais enfin aimé. Je grimaçais face à ce tourbillon de souvenirs. Les jours qui ont suivis l'exécution ont été un véritable cauchemar. Plus de nouvelles de France. Plus de nouvelles pendant des années. La culpabilité me prenait quelques fois mais j'avais toujours réussi toujours à oublier grâce aux sourires de mes colonies. Puis America et les autres partirent et ces foutus regrets refirent leurs apparitions. J'étais à nouveau seul sur mon île. Loin de toutes les nations que j'aimais… Cela n'a pas changé en y repensant…

En soupirant, je me mis à me déshabiller. Une bonne douche chaude chassera ces mauvaises pensées.

Une fois ma toilette finie, je me fis un thé et lu le journal. Mais tous ces souvenirs continuaient de me tourmenter. Je lisais la même phrase depuis dix minutes.

L'hôtel était silencieux et j'entendais les oiseaux qui chantaient. De nombreux rayons de soleil perçaient les nuages ce qui rendaiet la vue des jardins magnifiques. Cette atmosphère tranquille n'était pas du tout en accord avec mon humeur actuelle. Je devais parler à France au plus vite, je ne pouvais supporter plus longtemps cette attente. Nous devons mettre les choses au clair.

- Antia ? Tu es la ? Dis-je hésitant.

Tout d'un coup une fée apparut de l'autre côté de la pièce. Elle était très belle et avaient de grandes ailes blanches qui lui donnaient l'allure d'un ange. En souriant, elle me répondit.

- Oui Arthur. Tu vas bien ? Ça fait bien longtemps que tu n'es pas venu à l'hôtel.

- Oui ça va mais j'ai un service à te demander.

- Ce n'est pas gratuit tu sais. Je suis une fée, pas un génie. Me répondit-elle en s'approchant de moi.

- Je sais… je sais… Je te donnerais ta récompense plus tard. Mais pour l'instant tu dois me trouver une nation qui est dans l'hôtel.

Après lui avoir décrit le français elle partit à sa recherche. Je me levais puis alla m'inspecter dans la glace. Je replaçai quelques mèches de cheveux, lissa mon pull à carreau pour enlever les plis puis remis correctement mon pantalon. Après avoir pris mon portable je jetais un dernier coup d'œil à mon reflet puis attendis la fée. Antia revins quelques minutes plus tard en m'indiquant la position de France. Au jardin des roses ? Francis était vraiment un romantique… A défaut de pouvoir aller à la tombe de Jeanne peut-être était-il venu se recueillir là-bas… En quelques minutes j'étais déjà devant l'hôtel. Je suivais rapidement le chemin que m'avait indiqué Antia.

Mon cœur fit un bon de ma poitrine. Il était là, au loin. Il était de dos et semblait observer la fontaine. Je restais là à le regarder. J'avais peur. Peur qu'il me rejette encore. J'hésitais à aller le voir, malgré les arguments que j'avais préparé en chemin.

Il jeta violemment sa cigarette, apparemment il avait l'air de mauvaise humeur. Alors qu'il râlait sur je ne sais quoi je fis mon entrée. Je pris mon courage à deux mains et d'une voix forte, je pris la parole :

- T'as intérêt à ramasser le mégot stupide frog.

Putain qu'est-ce qui m'a pris de dire un truc comme ça ? Il fallait que j'essaye d'être agréable et moi je faisais tout le contraire… Il sursauta légèrement et se retourna pour me faire face. Bizarrement, il ne me répondit pas. Il se contenta de me regarder. Il devait sans doute penser à elle. Encore. Je m'avançai de quelques mètres pour séparer la distance entre nous. En m'approchant je constatai qu'il n'avait pas bonne mine, il n'a sans doute pas dormi de la nuit… Je voulais mon attitude nonchalante mais j'étais horriblement mal à l'aise, mes mains tremblaient et mon cœur battait trop vite. Je n'osais pas reprendre la parole de peur que ma voix vrille et monte dans les aigus. Il continuait de me regarder quand tout d'un coup il me fit un sourire mauvais. Il ne semblait pas dans son état normal. Lentement, il se rapprocha de moi. Il n'était un petit peu plus grand mais je ne m'étais jamais sentit aussi petit qu'à cet instant. J'étais de plus en plus mal à l'aise et je regrettais instantanément ma décision. Jamais je n'aurais dû venir. Je reculai légèrement, détournant la tête pour ne pas lui faire face. A ma réaction, il se pencha un peu vers moi de manière à être à la même hauteur puis mit ses mains sur ses hanches. Juste quelques centimètres séparaient nos visages et je sentais le souffle de sa respiration me brûler la peau.

- Qu'est-ce que tu me veux encore Arthur ? Me dit-il en insistant sur mon prénom.

Ma boule au ventre augmenta et mes mains devenaient de plus en plus moites. C'était la première fois depuis je ne sais pas combien de temps qu'il ne m'avait pas appelé par mon prénom… A cause du vent quelque uns de ses cheveux venaient me chatouiller le visage et je me sentis rougir. Un doux parfum de rose mélangeait à son odeur embaumé l'air. Qu'est-ce que je n'ailais pas la cigarette.

- Je voulais juste voir si tu allais bien… Dis-je sans grande conviction.

- Tu t'inquiètes pour moi maintenant ? Me répondît-il ironique

- C'est Canada qui m'a demandé. C'est tout.

Je voulais être cassant mais ma voix était trop faible. Le rapprochement physique du français me faisait perdre la tête. J'étais à la fois gêné et heureux. France ne voyait que moi à cet instant, j'étais dans ses pensées et personne ne pouvait briser ce moment. Mais son sourire moqueur me mettait mal à l'aise. Je voyais bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. J'attendais à tout instant qu'il me lance à la figure une montagne de reproches.

- Ah je ne te comprends pas mon petit Arty… Juste parce que Matthew te demande tu irais voir l'homme que tu déteste le plus ? Surtout que c'est une date importante pour nous… n'est-ce pas ? Me dit-il en entourant ma taille de ses bras.

- Qu'est-ce tu fous !?

- C'est une sorte d'anniversaire ! Chuchota-t-il à mon oreille.

Alors que j'essayais de me dégager France plaça une de ses jambes entre les miennes et m'embrassa fermement sur les lèvres. Je sursautais entre ses bras et mis mes mains sur son torse pour le repousser mais il était bien plus fort que moi. Je ne voulais pas… Son sourire me faisait peur, il agissait bizarrement… Il pensait à Jeanne. Il ne pensait qu'à elle. Il voulait juste me faire du mal !

J'essayais de protester mes ses lèvres étaient scellées aux miennes rendant toutes mes paroles muettes. Je sentis que sa langue essayait de venir dans ma bouche. Voyant que je résistais en bougeant ma tête dans tous les sens France me pris par la gorge. En manque d'air, j'ouvris les lèvres quelques secondes ce qui permis à sa langue de rencontrer la mienne. Plus je me débattais, plus il me serrait la gorge. C'était un véritable enfer.

Je fermai les yeux pour ne pas voir ce qui était en train de se passer. Je voulais qu'il me considère comme Jeanne, je voulais revoir son sourire, je voulais juste qu'il s'occupe de moi… mais il agissait en brute. Mes yeux me piquaient et alors que des larmes s'apprêtaient à couler sur mon visages je sentis quelques gouttes tomber sur mes joues. Quand je rouvris les yeux je vis que ce n'étais pas moi qui pleurer mais Francis. Il s'écarta de moi instantanément et s'essuya d'un revers de manche. Projeté par lui, je perdis l'équilibre et me retrouva par terre. Nos respirations étaient toutes les deux saccadées, je ne savais pas quoi dire. J'avais peur et horriblement chaud. Je sentais encore le goût de sa cigarette dans ma bouche et ma respiration était encore haletante. Une main sur la gorge, je tentais de reprendre ma respiration.

- Excuse-moi Angleterre…

France passa à côté de moi et partit en courant. Sans doute pour rejoindre l'hôtel. Les larmes que j'avais retenues pendant le baiser coulèrent lentement sur mes joues. Fatigué, je me relevais et m'assis sur un des bancs du parc. Je ne connaissait pas Francis aussi violent. Est-ce qu'au moins il savait ce que je ressentais pour lui depuis des années ?