Chapitre 8 : Quoi qu'il arrive


Point de vue de France :

Je claquais la porte de la chambre d'Arthur.

Qu'est-ce qui venait de se passer ?

Mes vêtements me collaient la peau, je m'étais à peine s'éché.

Je marchais vite jusqu'à ma chambre et par miracle je ne croisais personne sur le chemin.

Arrivé à destination, je me sentais perdu. Je regardais par la fenêtre la pluie qui tombait inlassablement depuis des jours. Soudain, je m'effondrai en larme. Je ne savais plus où j'en étais. A genoux sur le plancher, je me tenais les cheveux avec force. Je criais, je pleurais.

- Jeanne... Dis-je entre deux sanglots. Pourquoi...

J'étouffais. Je n'en pouvais plus de cette ville.

Après quelques minutes de silence, je réussis à calmer ma respiration. Les sanglots s'espaçaient.

Je me mis contre le canapé, les jambes pliées devant moi.

Mon regard se perdit dans le vide face à moi.

Il s'était excusé. Après toutes ces années de haine et de colère froide, il avait prononcé les mots que j'avais tant voulu entendre.

Angleterre et ses yeux pleins de larmes. D'un coup, je sentis comme un poids immense partir de mes épaules. Je n'arrivais plus à me mettre en colère. Je ressentais seulement une profonde tristesse.

Après un temps de silence, je me relevais pour prendre une douche et me réchauffer. Surpris, j'avais encore une semie érection que je n'arrivais pas à faire disparaitre.

- J'aurai dû finir dans ce maudit anglais... Chuchotais-je pour moi même.


Point de vue d'Angleterre :

Il était 20h00 et je dînais dans la grande salle. Seul.

Les yeux gonflés à la suite de ce qui s'était passé. Essayant de paraître aussi digne que je le pouvais, je buvais mon verre de vin.

La rumeur de l'esclandre de Francis avait déjà fait le tour des nations et beaucoup me dévisageait. Faisait mine de rien, je mangeai en toute tranquillité. J'avais décidé de quitter l'atmosphère sombre de ma chambre. Il fallait que je sorte.

Les images de ce qui s'était passé dans la douche me tordaient l'estomac.

J'ai tout gâché, une fois de plus.

Je ne sais même pas si France reviendra de nouveau vers moi.

Du coin de l'œil, je vis Cannada qui me fit un petit sourire. Je le lui rendis en essayant de pas montrer mon trouble.

Qu'est-ce que je vais faire moi maintenant ... ? Me dis-je en voyant le petit canadien.

Il ressemblait tellement à Francis. Je n'arrivais pas à sortir France de ma tête.


Point de vue de France :

J'allais à la réception d'un pas rapide puis demanda à la réceptionniste un taxi.

Je devais partir d'ici. Je ne resterai pas une minute de plus dans ce pays.

-J'en appelle un tout de suite Monsieur Bonnefoy.

-Bien. Dis-je en lui faisait un sourire charmeur.

Autant faire ce que l'on m'accuse à tort de faire… La réceptionniste ne répondit pas et, après avoir reposé le téléphone, continua de taper sur son ordinateur d'un air désintéressée. Il y a rien à faire, mes avances n'ont aucuns effets sur cette fille... En soupirant je me pinçais l'arête du nez et essaya d'entamer une conversation avec la jeune femme en attendant le taxi.

-Et ça fait combien de temps que vous travaillez ici ? Dis-je en la regardant dans les yeux.

-Deux ans.

-Intéressant ! Et vous avez déjà visité la France ? C'est un très beau pays et je pourrais vous avoir des tickets d'avion gratuit si…

-Monsieur, sans vouloir vous couper, votre taxi est arrivé. Dit-elle en me faisant un sourire un peu crispé.

-Ah déjà… C'est du rapide !

-Oui, nous avons toujours des taxis à dispositions pour les nations.

-Eh bien merci… On se reverra peut-être très chère ! Lui dis-je en lui faisant un clin d'œil.

La réceptionniste me sourit par politesse puis, croyant que je le ne la regardais plus, leva les yeux au ciel. Il faut croire que je n'ai plus de succès…

Enfin si j'en avait. Avec l'Angleterre personnifiée même.

Je soupirai en sortant de l'hôtel. Il fallait que je me trouve un petit coin tranquille pour réfléchir à tout ça et loin de l'anglais ! Une fois dehors je courus vers le taxi pour m'abriter au plus vite. Alors que nous roulions je donnais au chauffeur une adresse de l'aéroport puis alors que j'allais mettre ma ceinture je reçus un coup de téléphone.

-Allô France ?

-Hé Allemagne ! Ah ça faisait longtemps ! Comment va mon allemand préféré ? Ne répète pas à ton frère que t'es mon favori sinon sa awesome personne va me faire la gueule haha !

-Je vais bien… Dit-il d'un air un peu dépité par mon attitude. Je voulais te demander si tu avais bien reprit toutes les notes du meeting ?

-Oui, ne t'inquiète pas et encore désolé pour mon absence. Dis-je en regardant par la fenêtre d'un air distrait. Et bien sûr je…

-France ?! Tu vas bien ?! Qu'est-ce que c'était que ce bruit ?!

-…

-France ?! Répond !

-…

-FRANCE !


Point de vue d'Angleterre :

Voulant oublier mes problèmes avec le français j'avais pris un bon verre de rhum. C'était le soir. Il était 22h00.

J'en étais à mon deuxième et puisque je n'avais presque rien dans le ventre ma tête commençait déjà à tourner. Je n'avais presque rien avaler au dîner.

Tout d'un coup, j'entendis mon portable sonner. Je décrochais en me raclant la gorge.

-Oui ?

-Arthur ! C'est Spain ! France a eu un accident !

Le temps semblait s'être arrêté et je sentais mon cœur s'accélérer.

-D'après Allemagne ça semble grave ! Je crois que c'est un accident de voiture, je suis pas très sûr. Il m'a dit de te prévenir, Arthur tu m'entends ?!

-What? Dis-je en bégayant.

-Angleterre, t'es là ?!

-I… Yes… I'm here…

-Angleterre je suis en route pour l'hôpital ! Rejoins-moi là-bas ! C'est l'hôpital de St Mary. Je dois raccrocher, dépêche-toi ! Me dit Spain complètement paniqué.

Pendant au moins une minute, je restais le portable collé à l'oreille. La légère quantité d'alcool que j'avais ingurgité ne me faisait plus rien et je me sentais tout à fait lucide. Je me levais lentement et posa mon verre sur la table. Comme une statue, je restais immobile en repassant ma conversation téléphonique avec Spain. France a eu un grave accident. France est à l'hôpital. Comme si mon corps venait enfin de comprendre je couru prendre ma veste et partit de ma chambre en claquant la porte.

Le trajet en voiture fut compliqué, à cause de la tempête plusieurs routes étaient barrées et puis l'accident de France avait coupé la route principale. Après avoir emprunté des petites rues et de nombreux raccourcies j'arrivais enfin devant l'hôpital. Je courus le plus vite possible et très vite j'arrivais à la réception. Alors que j'allais questionner la femme de l'accueil je vis Allemagne arriver rapidement vers moi.

-Angleterre… Ah tu es là…

-Ludwig ! Ou est-il ? Comment va-t-il ?! Dis-je mort de trouille.

- Suis-moi.

J'emboîtais le pas de l'allemand qui semblait assez soucieux.

- J'étais au téléphone avec lui… Et à cause de la tempête la voiture a dérapé et s'est encastré dans un bus. Le chauffeur est mort.

-Et France ?! Lui dis-je presque en criant.

Pourquoi ne voulait-il pas me répondre !

-C'est une nation. Il est résistant. Dit-il en détournant le regard.

Je pâlis face à sa réponse plus qu'évasive et continua ma route un peu plus rapidement.

-Écoute Angleterre… Des accidents aussi communs ne peuvent pas nous tuer, tu le sais n'est-ce pas ? Sinon nous serions tous mort depuis longtemps, surtout Russia avec son habitude de sauter des avions… Dit-il en me souriant dans un espoir de réconfort. C'est sans doute pour ça que France n'a pas rejoint le chauffeur de taxi. Notre constitution est différente de celle des humains. Néanmoins cela peut affecter gravement son pays et son état physique… Une jambe coupée ne repousse pas avant très longtemps… Même si nous sommes des nations notre pouvoir reste limité…

-Je sais tout cela… Mais je sais aussi qu'il y a un risque énorme de coma...

-Oui… C'est un risque… Me répondit Allemagne avec un air sombre.

Après avoir traversé la moitié de l'hôpital j'arrivais enfin devant la chambre de France. Spain était devant et semblait soucieux. Cela ne lui va pas du tout cet air sérieux… En m'apercevant il se leva du banc et vint à ma rencontre.

-Ah Angleterre, tu es venu…

-Évidemment. Dis-je un énervé. Est-ce qu'il va bien ?

-Je ne sais pas, j'attends depuis tout à l'heure.

-Canada et America… Pourquoi ne sont-ils pas là ?

-America ne répond pas à son portable et Canada est bloqué dans la circulation. Il ne connaît pas aussi bien que toi les rues de Londres…

-En fait. Dis-je en me retournant vers Allemagne. Pourquoi tu es ici toi ? Tu n'es pas un de ses amis proche il me semble ?

-Arthur je te l'ai dit, il était au télépho… Intervint l'espagnol mal à l'aise par mon agressivité.

-Je me sens un peu responsable donc je suis venu. Dit Allemagne en coupant l'espagnol. Ça te pose un problème ?

-Non… Dis-je en grognant.

Un silence s'installa rompu par Spain qui voulait détendre l'atmosphère.

-Bon… On est tous un peu sûr les nerfs donc tout le monde se calme… Je vais chercher du café, quelqu'un en veux ?

-Non.

-Oui. Dis-je en même temps qu'Allemagne.

Je regardais l'allemand quelques secondes avec hostilité puis alla m'asseoir sur le banc sans lui prêter attention. Je ne savais pas pourquoi je réagissais ainsi… J'en avais après tout le monde et je ne supportais plus d'être en présence d'une tiers personne. Je voulais juste voir France. Spain revint environ cinq minutes plus tard en disant que le personnel n'avait plus de café en réserve. Encore plus exaspéré je me renfrognais en n'adressant la parole à aucun d'entre eux. Je savais que le risque de coma s'élevait à plus de 70% dans ce genre de cas. C'était le moyen le plus sûr qu'avaient les corps des nations pour se protéger. Notre système immunitaire n'étaient pas constitué pareil et lors des chocs trop violent, qui causerait la mort pour certains humains, le corps s'endormait pour plusieurs mois, voire pour plusieurs années. L'économie de la nation s'en voyait affectée et tout le pays tournait comme au ralentie. Même si les hommes ne remarquaient pas ce changement, leurs caractères et leurs motivations étaient eux aussi affectés.

En espérant que France ne soit pas tombé dans cet état...

Une heure d'attente plus tard une infirmière sortis de la chambre de France et alla nous parler. Canada qui nous avez rejoint se leva en premier et serra un peu plus fort son ours dans les bras. Je me levais à mon tour et interrogea la jeune femme.

-Alors ? Comment va-t-il ?

-Son état est stable, notre plus brillant chirurgien en charge de toute nation visitant Londres l'a opéré. Il est passé de très peu de l'état comateux mais son organisme a repris le dessus et il est sorti d'affaire. Il lui faut juste un peu de repos.

J'entendais les trois soupirs de soulagement des autres nations et posa une nouvelle question à l'infirmière.

-On peut le voir ? Dis-je plein d'espoir.

-D'accord… Mais seulement quelques minutes et juste une personne. Il ne faut pas qu'il soit trop entouré.

Je me retournais pour regarder les autres et dans un accord communs ils me laissèrent la place.

-Euh… Merci… Dis-je un peu gêné de leurs attitudes alors que j'avais été horriblement désagréable.

J'entrais dans la pièce et fus un moment saisit par l'apparence de Francis. J'avais connu de nombreuses guerres et plus rien ne pouvait me choquer mais là on parlait de France… Il était couvert de bandages, avait une jambe et un bras dans le plâtre et son visage était crispé. Sans doute à cause de la douleur. Cependant sa tête était restée intacte, sûrement grâce à notre excellente reconstitution. Je m'approchais lentement de lui et lorsque je lui pris la main, deux larmes coulèrent le long de mes joues. Je m'essuyais en vitesse un peu honteux de me laisser aller comme ça puis me pencha pour l'embrasser sur les lèvres. Pendant le baisé, je regrettais amèrement mon précèdent comportement envers lui… Je m'étais conduis lâchement. J'aurai voulu lui parler de tout ça dans d'autres circonstances.

-En fait… Tout ce que j'ai besoin c'est de ton amour… Le reste je m'en fou… Dis-je en laissant quelques larmes tomber.

Soudain je sentis sa main remuer lentement dans la mienne et après mettre redressé j'aperçus France qui tentait d'ouvrir les yeux.

-Reste calme idiot! Ne fait pas d'effort ! Dis-je un peu paniqué.

-Oh ça va… Ne me donne pas d'ordre saleté de punk… Dit-il en grognant.

-Infirmière ! Infirmière ! Criais-je en direction de la porte.

-Ne crie pas merde ! Putain d'anglais… Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je le regardais ouvrir les yeux lentement. Après un froncement de sourcil, il tourna la tête vers moi.

-Qu'est-ce qui s'est passé… ?

-Tu as eu un accident de voiture... Tu m'as fait horriblement peur stupide frog ! Pourquoi t'es sorti par un temps pareil ?! Et pourquoi tu n'as pas mis t'a ceinture !? Dis-je en m'énervant.

-Qu'est-ce que ça peut te foutre que je crève ou pas ?

-Ne réagit pas comme ça… Dis-je en détournant le regard. Je suis désolé. De ce qui s'est passé. Je me suis inquiété pour toi…

-Désolé de quoi ? Et lâche-moi ! Cria-t-il en dégageant sa main de la mienne.

En voyant sa réaction je le regardais dans les yeux avec un air interrogateur.

-Pourquoi tu dis ça… ? Francis… ?

-Monsieur, sortez de la pièce je vous prie, je dois examiner le patient. Dit un médecin en arrivant rapidement derrière moi.

-Hmm yes… Sorry…

Je partis de la chambre et me planta quelque mètres plus loin pour réfléchir. Les autres nations, en me voyant arriver, se levèrent et vinrent à ma rencontre. Je remarquais que l'allemand était partit, il avait dû s'en aller quand l'infirmière l'avais rassuré. Spain prit la parole le premier avec une mine réjouie.

-Alors ? Comment va notre français ?

-Tu… Tu lui à parler ? Tes cris nous on alertés, ça veut dire qu'il s'est réveillé ? Dit Canada plein d'espoir.

-I… I don't know… I don't understand…

-Comment ça ? dit l'espagnol en fronçant les sourcils.

-I…

Au même moment le médecin sortit de la chambre et en quelques pas il nous rejoignit. Il prit la parole d'un ton grave :

-Votre ami va bien. Ses os sont déjà en pleine reconstruction, c'est fabuleux ! Dit-il fasciné. Malheureusement le choc lui a fait perdre une partie de sa mémoire… Mais rien de très grave. La zone du cerveau touchée est la zone de la mémoire instantané, celle qui enregistre les données du monde extérieures et les placent ensuite dans la partie ''souvenirs''. La nation France a perdu les souvenirs des dernières 48 heures. Il se croyait à Paris en se réveillant mais je lui ai informé brièvement de sa condition.

Je voyais que Spain me regardait bizarrement et Canada n'osait pas ouvrir la bouche. En tremblant, je posais la question qui me brûlait les lèvres depuis le début de son explication.

-Y a-t-il un moyen pour que France retrouve la mémoire ?