Chapitre 9 : Une erreur anglaise


Point de vue de France :

-Non je ne me souviens de rien… Je me rappelle juste de la pluie, du taxi et… Ah je ne sais plus… Dis-je en me grattant la tête.

-Ça te reviendra France… Me répondit Spain d'un ton consolateur. Le médecin a dit que ta mémoire dois être stimulée par les événements qui se sont produit pendant ton séjour à Londres. En refaisant les mêmes gestes et en revivant les mêmes scènes je suis sûr que tu la retrouveras. Termina-t-il en me souriant.

-Ouais… Mais bon... En deux jours je crois pas que j'ai fais des choses extraordinaires. Surtout si c'était un voyage organisé pour le meeting. J'ai dû rester dans ma chambre et… En fait ? On est quel jour ?

-Euh… mercredi je crois.

-Le combien ?

-Le 31.

Mon cœur rata un battement lorsque j'entendis la réponse d'Antonio.

-Et je suis en Angleterre depuis ?

-Trois jours et deux nuits en comptant celle que tu viens de passer à l'hôpital. Ton accident a eu lieu hier soir mais le médecin a dit que tu pourras sortir en début d'après-midi et…

Je ne l'écoutais déjà plus car je pensais à l'horrible chose que j'avais osé faire. Enfin… Mon autre moi. Celui qui a agi pendant ces deux jours. J'ai raté l'anniversaire de la mort de ma Jeanne d'Arc pour une pauvre réunion qui en plus se trouve dans le pays de son meurtrier ! Chaque année je vais devant sa tombe pour me recueillir ! Pourquoi est-ce que je ne l'ai pas fait hier ?! Oh mon Dieu… Moi qui avais juré de l'aimer pour toujours… Et voilà que je l'oublie… Comme si… Comme si il y avait quelque chose plus important qu'elle ! C'est impossible que j'aie pu l'oublier. Quelque chose à du me forcer à rester en Angleterre.

-Hé France ? Tu m'écoutes ?

-Oui Oui…

-Tu pensais à quoi ? Dit-il en fronçant les sourcils inquiet.

-A personne… Laisse tomber…

-Ah donc c'est quelqu'un… Hmm… Voyons voir… America ?

-Pourquoi est-ce que je penserais à ce bouffeur d'hamburger ?

-Canada alors ?

-Arrête ! Dis-je de mauvaise humeur.

-Bon… Ton cher Angleterre alors ? Me dit-il en faisant un clin d'œil.

-Quoi ?! C'est le pire de tous ! La seule raison qui m'obligerais à penser à lui ce serait probablement pour savoir comment je pourrais le tuer sans me faire choper par les autres nations ! Dis-je en rigolant un peu mauvais.

Spain, lui, ne rigolait pas et m'envoya un regard triste. Mon rire se bloqua dans ma gorge lorsque je sentis ma tête me cogner horriblement.

-Ahh…

-France ça va ?

-Ma tête… Ah putain… Dis-je douloureusement.

Spain me regardait tristement et me caressait le dos.

- Je ne te force à rien, tu n'es pas obligé de m'en parler… Je m'inquiète c'est tout. Me dit-il en essayant de me réconforter.

J'avais un affreux goût de rhum dans la bouche, je puais la cigarette et la transpiration... Mon ventre me faisait me tordre dans de douloureuses crampes… Je voulais rassurer l'espagnol mais mes larmes avaient déjà inondées mon visage. Après plusieurs sanglots Spain me pris dans ses bras.

- Antonio… je suis désolé…

Je ne voulais pas l'embêter avec mes problèmes mais en même temps cela faisait trop longtemps que j'avais tout gardé en moi…

-France ! Hé mec t'es avec moi ! Dit Spain totalement paniqué.

-Je... oui...

Je reprenais peu à peu mes esprits mais j'avais encore un sentiment étranger qui m'habitait.

-Le docteur avait dit que ça pouvait arriver mais je pensais pas que ce serait aussi violent… Continua-t-il en se penchant vers moi.

Je n'avais plus du tout mal mais ma vision était encore trouble. J'avais l'impression d'être encore dans les bras réconfortants d'Antonio. Je pouvais même encore sentir le goût du rhum sur mon palais. Ça avait été si rapide mais si long en même temps. C'était vraiment étrange…

-T'es sûr que ça va ? Sinon j'appelle le médecin.

-Je… Antonio… Est-ce que… Enfin… C'est bizarre à dire… Commençais-je hésitant.

-Je t'écoute… Dit-il en se rasseyant sur le fauteuil un peu plus pâle que d'habitude.

-Est-ce que pendant ces deux jours tu… Tu m'as pris dans tes bras ?

-Comment ça ?

-J'en sais rien… Pour me réconforter par exemple. Parce que j'étais triste ou un truc dans le genre.

- Comment tu sais ? C'est bon, t'a retrouvé la mémoire ? Dit-il surprit.

-Non… En fait j'ai eu comme un flash… C'était assez bizarre. Lui répondis-je évasif.

-Tu as revécu le moment qu'on a passé après qu'on soit sorti de boîte de nuit ?

-Une boîte de nuit ? Non je me rappelle pas de ça… J'étais juste dans tes bras et je voulais te dire quelque chose mais pas moyen de m'en souvenir.

Spain se mordit la lèvre inférieure et baissa les yeux. Mon cerveau tournait à vive allure et j'essayais de reconstituer la scène que je venais de voir mais je ressentais comme un vide lorsque je tentais de me rappelais de la suite.

-Spain ! Pourquoi sommes-nous allés dans une boîte de nuit alors que c'était un voyage d'affaire ? Et pourquoi est-ce que je pleurais ? Dans tes bras en plus ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Dis-je impatient. Aller Antonio ! Dis le moi !

-Désolé France mais le médecin m'a dit qu'il fallait que tu retrouves la mémoire tout seul. Je ne peux pas t'aider. Dit-il contrit.

Je le regardait d'un air désapprobateur.

-Désolé… Je crois que je vais te laisser te reposer. Je viendrais te chercher tout à l'heure. Dit Spain en se levant. A plus !

Mais qu'est-ce qui s'est passé pendant ces deux jours ? Pourquoi est-ce qu'Antonio était gêné lorsque je lui ai parlé de mon souvenir ? Je fermais les yeux et tenta de me détendre. Je vais devoir trouver seul la réponse à mes questions.

Jeanne… Si seulement elle était là… Tout d'un coup je fis le rapport avec l'espagnol et mon souvenir. Il m'avait réconforté alors que c'était l'anniversaire de la mort de mon héroïne nationale. J'avais dû lui dire que je l'aimais encore et que je ne me sentais pas bien… Mais alors pourquoi est-ce qu'il était mal à l'aise tout à l'heure ? Il savait pourtant mes sentiments à son égard même si je n'étais pas du genre à m'étendre sur le sujet. A moins que quelque chose pendant mon départ de Paris et mon arrivée à Londres m'aie fait évolué vis à vis de Jeanne... ? Et puis… Pourquoi m'a-t-il fait un clin d'œil lorsqu'il m'a parlé d'Angleterre... ? Je sens que les prochains jours vont être très compliqués…


Point de vue d'Angleterre :

J'étais assis sur mon canapé, fatigué, déprimé et lassé. J'avais passé des moments merveilleux avec l'homme que j'aimais et qui m'aimait en retour mais tout ça était à présent du passé. L'info c'était propagé dans tout l'hôtel et maintenant tout le monde savait que la nation France avait perdu la mémoire. J'avais dû subir les regards affligés d'America lorsqu'il m'avait rendu visite pour s'excuser de n'avoir pas été présent à l'hôpital. Évidemment, il ne m'avait pas dit pourquoi mais je savais bien que ça avait un rapport avec un certain russe. Les marques dans le coup de l'américain étaient une preuve bien suffisante.

Le médecin avait été clair avec nous. Pour que France retrouve la mémoire nous devons la stimuler avec des événements produits entre son arrivée à Londres et son départ en voiture. Mais je ne peux quand même pas me pointer devant lui et lui demander de me faire l'amour dans une douche… Ça serait assez comique je l'admets… Sans compté que je ne sais toujours pas s'il m'a pardonné.

En réfléchissant, je me grattais la tête et m'étira les jambes. Comment était notre relation lorsqu'il était arrivé il y a deux jours ? Il aimait encore ce foutu fantôme ou m'aimait-il un tout petit peu ? Je voulais qu'il s'intéresse à moi, mon sentiment s'apparentait plus à de la tendresse qu'à de l'amour.

Soudain une idée me vint. Il fallait stimuler sa mémoire. Je n'avais qu'à lui donner rendez-vous dans le jardin, tout près de la fontaine. Je n'allais pas abandonner sans me battre ! Francis me pardonera bien un jour.

Le docteur nous a dit qu'il fallait qu'il retrouve ses souvenirs seuls mais je peux très bien lui donner une légère piste… Je me levais un peu plus motivé que tout à l'heure et me mit en action.


Point de vue de France :

-Bon… Surtout ne fait pas de gestes brusques ! Tu as encore le pied et un bras endommagés ! Me redit Spain pour la dixième fois.

-Je sais je sais… Mais n'oublie pas que je suis une nation… Je suis assez résistant…

-Ah bah oui je le sais bien ! Les médecins on hallucinés lorsqu'ils ont vu que ce matin tes fractures s'étaient déjà ressoudées.

-Que veux-tu… Je suis l'awesome nation française ! Dis-je théâtralement en imitant la Prusse.

Spain rigola doucement et en regardant par la vitre de la voiture il me répondit.

- T'as eu de la chance oui ! Dit-il en souriant. Au moins tu n'as pas changé avec moi… Continua l'espagnol d'un regard lointain.

Je fronçais les sourcils en entendant cette remarque mais je ne relevais pas et fit le même geste que lui. Je regardais défiler les rues de Londres et bientôt une légère somnolence me prit. Soudain la voiture bougea un peu trop brutalement dans un virage et je sentis mon bras cogner contre la portière. Dans un petit cri de douleur je le pris contre moi et attendis que la douleur passe. Spain demanda au chauffeur de rouler plus doucement en voyant ma détresse. En effet je devais faire plus attention à mon corps si je voulais rentrer en France le plus vite possible. Mon bras était encore enroulé dans de nombreux bandages et je boitais légèrement mais sinon c'était plus ma tête qui m'inquiétais le plus. Depuis l'espèce de flash-back que j'avais eu précédemment en compagnie d'Antonio j'avais vraiment peur que cela se reproduise.

-Ah nous sommes arrivés France ! Me dit Spain en me tapotant l'épaule. Arrête de rêvasser et suis-moi !

Lorsque je sortis de la voiture je découvris le majestueux hôtel qui me servait de résidence depuis deux jours. Pas mal pour une architecture anglaise… Me dis-je avec une pointe de jalousie.

-Mais oui c'est vrai… Dit Antonio penseur.

-Quoi ?

-Maintenant que t'as perdu la mémoire je vais pouvoir te refaire toutes les blagues que je t'ai sorties ! Me dit-il dans un éclat de rire.

-Tu es désespérant… Lui répondais-je amusé.

Pour toute réponse l'espagnol me pria de le suivre et me fis visiter l'hôtel. J'avais de plus en plus peur de revivre un flash comme dans l'hôpital mais rien ne semblait me revenir. Il me conduisit dans ma prétendue chambre et me laissa seul pour que je me ''refamiliarise avec mes affaires''... Curieux je regardais dans tous les placards et je fus assez surpris de voir que c'est exactement les affaires que j'aurais emmené avec moi pour un voyage d'affaire de quelques jours. Le Francis des ces deux jours était effectivement bien moi… Mais alors pourquoi est-ce que j'avais oublié Jeanne… ? Toujours cette même question…

Je retournais dans le salon et alluma la télé quelque instants. A peine assit sur le canapé j'entendis quelqu'un toquer à la porte. Je me dirigeais vers celle-ci lorsque j'aperçus un petit mot par terre. Je le ramassais et ouvrit la porte mais il n'y avait personne. En haussant les épaules, je la refermais puis observa le bout de papier.

''Viens tout au bout du jardin des roses de l'hôtel, je dois te parler. Arthur K.''

D'accord… J'ai peut-être perdu la mémoire mais je ne suis pas con. C'est forcément un piège. Pourquoi Angleterre voudrait me voir ? Et puis pourquoi il signerait avec son nom d'humain ? Cela ne lui ressemble pas du tout, lui qui veux toujours que ses relations avec les autres soient strictement professionnelles. Surtout envers les autres nations et en particulier avec moi. J'avais bien reconnu son écriture mais elle ne semblait pas très soignée. Comme si il l'avait écrit à la va vite ou nerveusement. Dans les deux cas c'était très intéressant… Et puis il avait fait l'effort d'écrire en français. Mais c'est que le rosbif a fait des progrès côté relationnel pendant mon hospitalisation ! Je pris une veste et partit de suite à sa rencontre.


Point de vue d'Angleterre :

Oh mon Dieu il arrive… Je dois me calmer et prendre un air sérieux. C'est le même après tout… Au fond il est pareil que le Francis qui m'a fait toute ces choses dans la douche. Si je n'avais pas tout gâché à ce moment là... France arriva d'un pas rapide vers la fontaine me coupant dans mes pensées. Je me levais du banc et rajusta mes vêtement.

On inspire… Et on expire…

On inspire… Et on expire…

Comment je dois le saluer ?! La bise ? Non, trop personnelle… Une accolade ? Non c'est encore trop… Alors… Une poignée de main. Oui voilà. Et s'il me fout un vent et que je garde ma main suspendu dans le vide ? J'aurais l'air ridicule… Je vais juste lui dire ''bonjour''. Il vaut mieux. Oui ? Je vais faire ça.

France se rapprochais de plus en plus et je sentais le stress monter en moi. Encore quelques mètres… Mes mains devenaient moites et je regrettais immédiatement d'avoir mis ma veste qui me faisait encore plus transpirer. Oh non… Jamais je n'aurais dû lui dire de…

-Hey le punk ! Ça va ?

-Oui et toi ? Dis-je dans un sourire crispé.

-Euh ouais… Me répondit-il en plissant les yeux d'un air méfiant.

-Bien ! Tu t'es vite rétablie à ce que je vois.

-Ouais ouais, il faut bien. Euh… Commença-t-il hésitant. T'es sûr que ça va ? Non parce que tu m'a l'air vraiment de bonne humeur. C'est assez… Hmm… Déroutant je dois dire…

-On a même plus le droit d'être civilisé stupide frog ? Dis-je avec répartie. C'est pourtant toi l'aîné, tu devrais prendre exemple sur moi.

-T'énerve pas j'ai compris… Dit-il mauvais. Après tout ça me rassure un peu, tu n'as pas changé en deux jours…

-Comment ça ?

-Toujours avec tes petits airs supérieurs. Dit-il un peu méprisant.

-France… Je ne cherche pas la bagarre cette fois ci. Essayais-je en soupirant.

Je me dirigeais vers le banc et m'assis en tentant d'être le plus naturelle possible.

-Et qu'est-ce que tu cherches ? Pourquoi tu m'as fait venir ? Me demanda-t-il sans pouvoir cacher sa curiosité.

Il s'approchait de moi lentement mais resta debout à me fixer avec un regard perplexe. Je baissais la tête devant ses yeux inquisiteurs et croisa les bras. Mes gestes était trop rapides et transpiraient la nervosité mais cela ne semblait pas atteindre le français.

-N'oublie pas que j'étais là lorsque tu étais à l'hôpital.

-Et ? Dit-il de plus en plus impatient.

-Eh bien, je voudrais t'aider à retrouver la mémoire.

Une fois la surprise passée, France me répondit un peu méfiant.

-Je croyais que je devais la retrouver tout seul. Pourquoi tu voudrais m'aider ?

-Si je te dis que je suis simplement une âme très charitable et que le seul fait de pouvoir te rendre heureux me suffit… Tu me croirais ? Dis-je ironique.

Pour toute réponse, il éclata de rire bruyamment. France était tellement secoué par son hilarité qu'il se tenait les côtes avec sa main libre. Je soupirais puis croisa les jambes en attendant qu'il se calme. Le rire s'estompa peu à peu puis après quelques secondes d'attente il alla s'asseoir à côté de moi. Sa cuisse touchée la mienne et je sentais petit à petit sa chaleur m'atteindre.

-France… Est-ce que tu te souviens ce qu'il s'est passé ici ?

Il me regarda surprit face à ma question et répondit avec hésitation.

-Non. Je n'ai aucun souvenir. Pourquoi ? J'ai fait quelque chose d'important ici ? Genre j'ai enterré un cadavre? Dit-il en plaisantant.

- Tu ne peux pas être sérieux deux minutes !? Dis-je impatient.

-Oui c'est vrai désolé… C'est vrai que s'il aurait fallu tuer quelqu'un tu aurais été le premier à y passer ! Rigola-t-il doucement.

-Arrête !

Francis ne répondit pas et me lança un petit regard en coin.

-Je plaisante !

-Bref ! Dis-je en levant les yeux au ciel. On peut continuer ?

-Ouais ouais…

-Alors… Un souvenir ? Quelque chose ?

-Non, vraiment. Dit-il en prenant un air sérieux.

Après une courte pause, il hésita quelques secondes mais se décida à parler.

-Qu'est ce qui s'est passé ici Angleterre ? Me dit-il en fronçant les sourcils.

-Euh…

Je rougis face à cette question puis me gratta la tête.

-Pourquoi tu rougis crétin de punk ?

-Je ne rougis pas ! M'indignais-je en me levant.

-Si tu le dis…

Je fis quelques pas près de la fontaine puis je me retournais pour lui répondre.

-Il s'est passé quelque chose en rapport avec moi. C'est tout ce que je peux te dire.

-D'accord… Tu m'aides vachement… Me répondit-il ironique.

-Mais merde souviens-toi France ! Il pleuvait ce jour-là !

-Pas la peine d'insister, je ne me souviens de rien ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?! Et puis je comprends même pas pourquoi tu veux m'aider !

-Oh la ferme ! Putain tu étais beaucoup mieux avant ! Criais-je en lui tournant le dos.

-Comment ça ? J'étais… Mieux ? Dit-il soupçonneux.

Et merde… Je m'étais emporté…

-C'est pas ce que je voulais dire… Je…

-Qu'est-ce qui s'est passé ici ? Répond ! Dit-il en s'énervant.

-Mais rien !

J'ai merdé... Je me suis fait avoir comme un débutant en m'énervant contre lui. Il fallait vraiment que j'arrive à me contrôler. Mais… Quand je voyais France, je n'arrivais pas à rester calme. J'entendis France se lever du banc et arriver vers moi.

-Angleterre, répond au moins à ça. Pourquoi est-ce que le jour de l'anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc je ne suis pas venue sur sa tombe ? Pourquoi est-ce que je suis resté ici ? Tu dois le savoir toi. Et même si ça m'arrache la langue de te demander quelque chose comme ça, réponds moi s'il te plaît… Tu ne peux pas imaginer à quelle point ma situation peut-être handicapante… Termina-t-il avec hargne.

Je ne savais pas quoi dire… Il était si direct. Il n'avait jamais parlé de ça avant. Face à mon hésitation le français me pris par le bras et le serra un petit peu. Une douce chaleur se rependit dans mon ventre et à ce simple touché je perdis tous mes moyens.

-I… I don't…

-S'il te plaît… C'est bien la première fois que je te demande quelque chose depuis une centaine d'année…

Je me retournais pour lui faire face et le regarda dans les yeux. Mon cœur battait à cent à l'heure en pensant à ce que j'allais faire. Prenant mon courage à deux mains je m'avançais puis mis une de mes mains sur sa joue.

-Angleterre ? Dit France dans un geste de recule.

Peut-être que si je l'embrassais, il retrouverait la mémoire… Peut-être…

Je me rapprochais encore un peu plus jusqu'à que nos deux torses se collent. Les yeux écarquillés, France ne savait pas comment réagir face à mon attitude. Je passais une main derrière sa nuque puis avança lentement son visage du mien. Doucement nos lèvres se rapprochèrent jusqu'à que je lui donne le baisé le plus chaste que je n'ai jamais donné. Je fermais les yeux pour apprécier ce moment et, alors que je lui léchais la lèvre inférieure pour demander la permission d'entrée, le français me repoussa violemment. Je le regardais soudain mort de honte et je sentis un horrible poids me peser sur l'estomac. Francis se frottait la bouche d'un revers de main et me regardais dégoutté.

-Non mais t'es malade !

Je ne répondis pas et me contenta de le fixer. Je sentais déjà les larmes arriver tellement au coin de mes yeux.

-Tu pensais à quoi en faisant ça ?! Me cria-t-il. J'ai perdu la mémoire alors t'essayes de me faire croire n'importe quoi en m'embrassant ?! Tu te foutrais pas un peu de ma gueule ?! C'est encore un de tes pièges ?!

Au fil de ses critiques je reculais de plus en plus. Mes jambes tremblaient sous le choc et bientôt mes joues furent inondées de larmes.

-C'est ça chiale ! Je sais que tout le monde me prends pour un pervers mais jamais je pourrais baiser avec un type comme toi ! Hurla-t-il de plus en plus fort.

Il se retourna et fit quelques pas pour s'écarter. Mais d'une rage non contenue, il fit demi tour et me fit face à nouveau.

- Et tu me fais ça alors que je me suis confié à toi. Dit-il menaçant. Alors que je t'ai parlé... d'elle.

Après une pause, il reprit.

- Tu me dégoûte.

Soudain alors que France aller redire quelque chose, il tourna les talons et partit. Je restais immobile jusqu'à qu'il disparaisse de ma vue puis me mis à pleurer. J'avais l'impression de tout gâcher, encore et encore. Je ne savais pas comment me faire pardonner.

France pouvait-il seulement me pardonner ? Avait-il au moins les sentiments nécessaires pour avoir l'envie ?

D'une main tremblante, je pris mon portable et composa un numéro.

-Allô ? Il faut qu'on parle… J'ai un problème…