Chapitre 10 : Plan A activé !
Pont de vue d'Angleterre :
-Si tu fais appel à moi Angleterre c'est vraiment que tu dois être désespéré ! Dit l'espagnol en souriant.
Je baissais la tête, un peu dépité. C'était vraiment dur de devoir ravaler sa fierté pour demander de l'aide.
-Ne fais pas cette tête. On est plus dans l'âge d'or de la piraterie. Continua-t-il en se baissant pour voir mon visage. Je ne vais pas t'attaquer à coup de sabre !
Après un moment, il tendit sa main. En voyant mon hésitation, il se leva de son fauteuil pour s'accroupir devant le mien. En levant les yeux, j'aperçu son sourire sincère.
-On peut bien s'entendre juste quelques jours tous les deux ? Surtout si c'est pour aider Francis.
En entendant son nom, mon cœur se pinça. Après avoir avalé ma salive difficilement, je tendis la main à Spain. Il me la serra avec joie et c'est dans un mouvement de poignée que notre accord fut signé. Je fis un léger sourire pour lui montrer ma reconnaissance mais très vite je sombrais dans mes tristes pensées.
Tout compte fait, et si je ne souhaitais pas arranger les choses avec Francis ? Après tout, je m'étais excusé... et ça n'avait pas suffit. Nous étions en temps de guerre lorsque l'acte avait été commis ! Beaucoup d'entre nous on fait de terribles choses...
En me voyant aussi désemparé face à la situation, il se rapprocha encore un peu plus près de moi. Je sentis la main chaude de Spain derrière ma nuque. Puis il cala ma tête dans son cou. Cette étreinte improvisée me fit beaucoup de bien, le flux de pensée qu'il tourbillonnait dans mon crâne cessa en l'espace d'une seconde. Je ravalais mes larmes, j'avais beaucoup trop pleuré ces dernières heures. Après avoir apprécié chaque instant de réconfort, je repoussais Spain avec un petit air détaché.
- Merci... pour cette... sollicitation.
-No problema, amigo. Dit-il en souriant.
-Et la moindre des politesses voudrait que tu me proposes quelque chose à boire. Dis-je en reprenant contenance.
-Euh oui bien sûr ! Un thé je présume ? Me répondit l'espagnol en se relevant prestement de son fauteuil.
-Tu aurais du scotch plutôt ?
Il me regarda surpris puis après avoir farfouillé dans quelques placards, il en sortit une bouteille.
-T'as de la chance mec !
-Ne m'appelle pas comme ça ! Dis-je en grimaçant.
- Toujours à râler celui-là... Chuchota Spain d'un ton moqueur.
Je ne répondais pas, j'étais déjà plongé dans mes pensées. J'essayais de retrouver mon calme étant à fleur de peau depuis le fameux baisé de Francis devant la fontaine. Je posais mon menton dans ma main et attendit l'espagnol.
Pourtant, j'avais eu l'impression qu'il ressentait réellement des regrets à mon égard. Il s'était excusé à l'infirmerie et dans la douche de sa chambre.
A cette pensée, je tournais la tête sur le côté. Une pointe d'excitation vint me chatouiller l'entre-jambe.
Pourquoi fallait-il qu'il que tout les moments forts avec Francis aient un rapport avec le sexe ?!
Les bruits de vaisselles de la pièce d'à côté me réveillèrent de mes songeries. D'un coup d'œil, je regardais la chambre d'hôtel de Spain. Le salon était très grand. Le beige prédominait, laissant la pièce lumineuse et agréable. Nous étions dans d'énormes fauteuils qui devaient coûter une vraie fortune. Ils donnaient sur une grande baie vitrée, dehors on pouvait voir le ciel brumeux de Londres.
Je soupirais en repensant encore à la réaction de France à la fontaine. Après tout, je n'avais que ce que je méritais. Je l'avais embrassé en sachant parfaitement qu'il ne se souvenait de rien. Francis devait encore penser à Jeanne. Pour changer…
Mais comment peut-il passer de la haine à l'amour en quelques jours ? Non... En quelques heures !
Spain arrivait avec la bouteille et deux verres en main. Il posa le tout sur la table et me servit en premier. Lorsque je pris ma première gorgée, je sentis mon corps se détendre. Je lâchais un soupir de bien-être. Lentement, je m'enfonças dans le fauteuil, au chaud. Spain se contenta de goûter au scotch du bout des lèvres, après une grimace, ile me dit que ce n'était pas sa boisson favorite. Un silence agréable s'installa dans la pièce ou je profitais de l'effet de l'alcool. Spain prit la parole le premier, prenant un air sérieux.
-Bon… Raconte moi ce qu'il s'est passé.
Je reprenais une gorgée pour me donner du courage. Je me redressais péniblement et lui décris en détaille la scène de tout à l'heure.
-Angleterre… T'a pas à devenir tout rouge comme ça. Je t'ai vu dans de pire situation… Me dit-il en faisant un clin d'œil.
Ah… Il parlait de l'infirmerie…
-Certes… Dis-je un peu crispé.
Je déteste exposer ma vie privé aux gens. Surtout à cet abruti d'espagnol…
-Et comment a-t-il réagit lorsque tu l'a embrassé ? Dit-il en reprenant son sérieux.
-Mal. Très mal.
Antonio soupira profondément.
-Il fallait sans douter en même temps. Tu sais, je suis votre histoire depuis le début. Ce meeting qui est tombé le même jour que l'anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc... et le déni complet de Francis. Tout ça à fait un cocktail explosif.
Je me renfrognais dans mon siège en entendant le nom de la jeune femme.
- Francis est le roi pour tout refouler. Et je crois qu'il t'as profondément détesté.
- Thanks... Murmurais-je en plongeant mon regard dans le liquide ambré.
- Non mais attend !
L'espagnol se redressa pour se rattraper.
- Ce que je veux dire par là... je ne sais pas ses sentiments à ton égard. Nous les nations... Nous sommes compliqués entre nous... De part notre longévité et nos histoires communes et tourmentées. Regarde toi, tu m'en veux encore à cause de ces chamailleries de piraterie !
Je ne relevais pas son affirmation. Il avait raison.
- Mais ce que je suis sûr Arthur. Continua-t-il en se penchant. C'est que Francis m'a dit qu'il t'aimait.
A cette nouvelle, mes yeux s'ouvrirent en grand.
- Que... Quoi ?
- Bon... Il était dans un état second. Mais il me l'a dit !
A mon interrogation silencieuse, Antonio mima de sa main une bouteille d'alcool qu'il buvait. Un grand sourire vint égailler mon visage.
Francis m'aime ?
- Mais pourquoi il agit de cette façon ? Demandais-je spontanément.
- Il t'en veux encore j'imagine.
Après une seconde de réflexion, il reprit.
- Je ne sais pas Arthur.
Nous réfléchissions tous les deux à toute allure.
- Nous allons résumer les faits et voir ce qui a conduit Francis à avoir ce cheminement de pensée.
- Ce cheminement ?
- Oui. Dit Antonio sûr de lui. Comment et pourquoi il s'est rapproché de toi.
- Très bien... Je t'écoutes.
L'espagnol se leva pour faire quelques allers et venus dans la pièce. Plongé dans sa réflexion, il commença à énumérer le parcours de Francis.
-En arrivant à Londres France était très déprimé. Sans doute à cause de la mort de Jeanne d'Arc. Ou peut-être même à cause de toi, le fait de te revoir aller sans doute faire émerger tous ses sentiments enfuis ou je ne sais quoi. Je ne suis pas dans sa tête après tout. Bref, pensant bien faire, je l'ai entraîné avec moi en boîte de nuit.
-En boîte ?! Mais vous êtes des nations ! Vous avez que ça à faire de vos soirées ? Vous auriez dû travaillé le meeting ! Dis-je autoritaire.
- Ce n'est pas moi qui suis arrivé en retard. Me répondit l'espagnol avec répartie.
Je ne répondis pas, sachant qu'il avait tout à fait raison. J'attendis la suite en me resservant un peu d'alcool d'une moue boudeuse.
- Je continue. Dit-il dans un petit sourire de victoire. Après un petit épisode avec un jeune homme, France…
- Comment ça ? Quel type ?! Demandais-je surpris.
-Personne… C'est pas si important.
-Je veux savoir !
-Non vraiment... Dit-il en levant les yeux au ciel.
-Mais dis le moi si c'est pas si important que ça !
-C'était rien Angleterre ! Fait-moi confiance. S'il te plaît.
Je ne répondis pas et croisa les bras avec force.
Putain de français !
Après un silence de quelques secondes je lui demandais de reprendre. Après une petite hésitation, Antonio repris la parole :
- Nous sommes rentrés un peu ivre. Moi je l'étais un peu. France lui… Et bien... il était complètement bourré.
Je secouais la tête, désapprobateur.
-Ne fait pas cette tête Angleterre. Parce que peut-être que sans alcool, Francis n'aurait jamais réalisé qu'il t'aimait ! Ou s'il le savait déjà, il me l'aurait pas dit en tout cas.
-C'est à partir de là qu'il savait qu'il m'aimait. Concluais-je en me grattant le menton.
-Ouais je crois. Mais après comme je le dit, je ne suis pas dans sa tête.
Cela expliquerait son comportement lorsqu'il m'avait embrassé au jardin des roses… Lorsqu'il m'avait donné ce baisé il paraissait tellement perdu.
Étant absorbé dans mes réflexions, je ne vis pas Spain se lever. Lorsque je me rendis compte de son absence, il refit surface une seconde plus tard avec un bout de papier et un stylo. Il les posa sur la table et après l'avoir questionné du regard il fit mine de pas m'en soucier.
-Donc… Reprit Spain en se rassaillant. France a revécu ce moment.
-Le moment où il t'a dit qu'il m'aimait ? Dis-je complètement paumé. Mais ça voudrais dire qu'il le sait alors…
Le dire à voix haute me réchauffait tellement le cœur. Encore mes lèvres s'étiraient dans un grand sourire. C'était dur de se retenir !
-Non… Il n'a pas tout vu. Dit-il en haussant les épaules dans un signe de lassitude. C'est pas de bol quand même…
-Je te le fait pas dire… Dis-je un peu froid.
Je vidais mon second verre de scotch et me renfonça dans le fauteuil.
-Alors qu'est-ce qu'on fait… ? Demandais-je sombrement.
-Eh bien… Puisque France ne semble pas très coopératif avec toi, il faudrait une autre personne pour lui faire revivre ses souvenirs oubliés.
-Et c'est là que tu entre en scène je parie ?
-Tu n'as pas changé Angleterre. Toujours aussi perspicace ! Dit-il en rigolant.
Je soupirais en levant les yeux au ciel. Spain prit la feuille de papier et écrivit quelque chose en espagnol. Une fois finit, il dit à voix haute ce qu'il avait marqué.
-Plan A : Je vais faire boire France pour qu'il soit encore bourré.
-Ça me plaît pas du tout cette histoire ! Dis-je en me tortillant les doigts.
-Chut ! Écoute la suite… J'y ai réfléchit longtemps alors un peu de respect. Me répondit l'espagnol dans un sourire amusé.
- Oui...
-Plan B : America va se battre encore une fois avec lui.
- Je te demande pardon ? Questionnais-je abasourdi. Ne mèle pas mes colonies à ça !
Il me corigea rapidement dans un clin d'oeil :
- Ancienne colonie.
- Tu es insupportable.
Il reprit l'air de rien.
-Plan C : Il vaut mieux pas que tu le saches.
- Et tu as le culot de me dire que tu as réfléchit longtemps à un plan aussi foireux.
- Pas de vulgarités dans mes appartements monsieur l'anglais ! Dit-il toujours autant amusé par la situation.
-Comment j'ai pu m'associer avec toi… ?
Spain éclata de rire.
-T'inquiète pas Angleterre ! Ça va le faire !
Soucieux, je me pinçais l'arrête du nez. J'avais un mal de crâne à s'en taper la tête contre les murs.
Et si ça ne fonctionnait pas ? Et si Francis retrouve la mémoire, voudra-t-il tout de même me pardonner ? Je n'ai jamais eu son pardon. Et si...
- Arrête de réfléchir Arthur. Je te dis que ça va le faire. Dit Antonio toujours aussi sûr de lui.
Point de vue de France :
J'étais dans ma chambre tranquillement installé et je feuilletais un annuaire. Très vite, je trouvais ce que je cherchais et composa le numéro indiqué.
-Allô, je suis bien au service information de la ville ?
-Hmm… Sorry ? You're french ?
Ah oui… Quel cauchemar cette ville.
-Yes but I can speak English... So, I have a little problem and I just…
-Allô…? Sir?
-Monsieur…? Vous m'entendez ?
-…
La transmission était de plus en plus brouillée et la ligne coupa sans prévenir. Je regardais par la fenêtre pour voir si la tempête avait repris mais le ciel était dégagé et le vent s'était beaucoup calmé. Je soupirais de déception et reposa le cabinet. Je voulais juste savoir les horaires des prochains avions… Et pourquoi Internet ne marchait pas ! Je vais encore devoir rester combien de temps dans ce foutu pays ?!0
En repensant à Angleterre je fermai l'annuaire brutalement. Non mais quel connard… De quel droit il m'embrasse. Il pense peut-être qu'en battant des cils il peut avoir tout ce qu'il veut ? Et qu'est-ce qu'il veut d'ailleurs ? Pensais-je en jetant le bouquin par terre. Il veut m'embrouiller avec mes souvenirs, c'est encore une de ses stratégies pour m'emmerder ! Je dois vite retourner en France pour pouvoir m'éloigner de ce type, il est trop dangereux pour ma santé mentale. Et puis… Je dois me rendre sur la tombe de Jeanne. Je devrais parler à Spain d'Arthur et de son comportement, il pourrait me donner son avis. Enfin… Non. Je ne veux pas trop l'ennuyer avec mes histoires, il doit être assez occupé comme ça.
Le soleil déclinait peu à peu et je pouvais sentir la fatigue m'engourdir les membres. Je pris une cigarette et alla fumer à la fenêtre. Je me détendis et profita de ce petit instant de paix pour fermer les yeux. Je pris une longue inspiration et recracha la fumée en soupirant de bien-être. Un léger vent faisait voler mes cheveux et les rayons du soleil me réchauffaient doucement la peau. Pour une fois qu'il y avait quelques rayons de soleil. Tout d'un coup, un léger mal de crâne me prit.
-Ahh…
Je me tenais la tête dans les mains et sous la violence de la douleur, je reculais de quelques pas sans m'en rendre compte. La cigarette me glissa des mains et je tombais en arrière en tentant de me retenir aux rideaux.
- I love you...
- Je ne te quitterais plus.
Je rouvrais les yeux difficilement. M'aidant de mes mains, je m'assis par terre dans des petits gestes désordonnés. Un léger mal de tête me faisait voir quelques étoiles mais je me sentais un peu mieux. Je passais une main sur mon visage dans un signe de lassitude.
Bordel… Il m'arrive vraiment des trucs de fou…
Je me remis debout et ramassa au passage la fin de cigarette qui traînait par terre. Je pris une dernière taffe et la jeta par la fenêtre.
D'accord… Restons calme et analysons. Je venais de revivre un de mes souvenirs oubliés.
J'étais dans un endroit humide.
J'émis un petit rire lubrique et sortit une autre cigarette.
- Concentre-toi ! Pestais-je en secouant la tête.
J'étais dans un endroit humide et j'avais chaud. J'étais trempée. J'étais excité. J'ai dis ces mots... très romantiques. Très sentimentales.
Mais à qui ?
Impossible de reconnaître cette voix. Et cette peau si douce.
J'avais l'étrange sensation d'être dans un rêve. Tous ces événements ne peuvent pas se produire ainsi, c'est cette ville qui me rend dingue.
Il fallait que je parle à quelqu'un de ce souvenir. Pensais-je en fumant ma dernière taffe de cigarette.
J'arpentais les corridors de l'hôtel pour me rendre à la réception. Au détour d'un couloir, je percutais quelqu'un.
-Oh pardon… Je ne faisais pas attention. Dis-je précipité.
-Non c'est pas grave…
Devant moi se trouvait la nation Estonie qui me regardait en fronçant les sourcils.
-Fait attention la prochaine fois… Dit-il en me jetant un regard supérieur.
Soudain mon mal de crâne revint brutalement. Ma vision se flouta et je titubais vers l'estonien.
-Hey France ? Qu'est-ce qui t'arrive ? Me demanda-t-il un peu paniqué.
Tout d'un coup, j'entendis une voix lointaine. C'était la même que celle d'Estonie mais en plus feutrée, comme si le son était étouffé par quelque chose.
-Oui enfin… France court après tout le monde aussi… Ça m'étonnerait même pas qu'il est couché avec la moitié des nations... De toute façon il arrivera jamais à mettre l'anglais dans son lit. Arthur le déteste.
Une profonde rage m'envahit et tout de suite une idée me vint. Si je recroisais un jour l'estonien je lui mettrais une belle droite !
La voix s'éteignit peu à peu jusqu'à se taire complètement. Ma vision était redevenue normale. Lorsque que je relevais la tête pour regarder devant moi, je vis Estonie qui me soutenait en me tenant dans ses bras. Sans que je m'en empêche, je levais mon poing et l'envoya en plein dans la joue du pauvre homme. Mon corps avait agi tout seul, sans que je puisse l'en empêcher. Le baltique était par terre avec le nez en sang et me regardait avec des yeux exorbités.
-Non mais ça va pas ?! Cria-t-il dans sa langue natale.
-Je suis vraiment désolé ! Attend… Je vais t'aider ! Dis-je sans trop savoir comment réagir.
J'essayais de le relever mais il me repoussa et partit en hurlant des insultes que je ne comprenais pas.
Et merde…
Bon… Après tout… Il avait dit des trucs pas très cool sur moi…
Enfin je crois.
Est-ce que je peux vraiment me fier à mes visions ? Ce ne sont sans doute que des souvenirs erronés. Peut-être même des rêves que je pense aujourd'hui réalité. Je regardais ma main droite et sentis une brûlure familière au niveau des articulations. J'avais déjà ressenti cette douleur… Mais où ?
Tout d'un coup je repensais à ce qu'avait dit Estonie dans mon souvenir. Je n'arriverais jamais à mettre Angleterre dans mon lit… ? Qu'est-ce que c'est que cette merde encore ? Pourquoi je voudrais coucher avec lui ?
Je soupirais.
Je n'avais vraiment pas une bonne réputation auprès des autres nations. Ils pensaient tous que j'ai couchais avec n'importe qui, que je voulais même l'anglais comme conquête. Non mais ils sont fou ces baltiques…
En me passant une main dans les cheveux, je repris ma marche. Je trouvais que, bizarrement, le fil de mes pensées déviait souvent sur Angleterre. J'avais l'impression que toute mes actions me faisait revenir à lui. J'essayais de faire le vide dans mon esprit car je sentais déjà un mal de tête revenir.
Point de vue d'Angleterre :
-Et voilà ! Dit Spain tout content de lui.
-C'est illégale ce que tu viens de faire ! Lui répondais-je outré.
-Je le sais bien, mon petit anglais… Mais c'est pour le bien de mon meilleur ami !
-Si quelqu'un l'apprend je…
-Tu ne risqueras rien. Est-ce que tu te souviens que TU ES l'Angleterre ? C'est ton pays ici ! Me dit l'espagnol dans un clin d'œil.
Il rangea la pince dans sa poche et c'est en me prenant le bras qu'il m'emmena hors de la salle de contrôle. Il regarda rapidement s'il y avait quelqu'un puis me murmura que la voie était libre. Nous entrâmes tous les deux dans un ascenseur puis il appuya sur un bouton au hasard pour descendre.
-Où allons-nous maintenant ? Lui demandais-je en me tordant les doigts.
-Eh bien… La phase 1 de notre plan s'est déroulée comme prévu… Donc on attaque la phase 2 !
-Et… ?
-On va à l'accueil amigo ! Dit l'espagnol en réappuyant sur le bouton RDC.
Après une courte pause, je repris la parole.
-J'espère que la phase 2 ne nous obligera pas à couper des fils d'alimentations de l'hôtel ! Dis-je presque avec reproche.
-Non t'inquiète ! Me dit-il sans comprendre mon accusation.
Je n'arrivais pas à croire que j'avais endommagé du matériel de mon hôtel préféré. Selon Spain, il fallait couper toute communication avec le monde extérieur sinon France pourrait s'enfuir. Ce n'était pas une mauvaise idée mais bon… Moi non plus je n'avais plus Internet et moi non plus je n'avais plus de réseau.
-Et pour les autres nations qui voudraient téléphoner ?
-Ils se débrouilleront.
-Ma réputation hôtelière va se dégrader à cause de toi… Dis-je sombrement. Les nations vont croire qu'il n'y a aucun réseau en Angleterre.
-Désolé Arthy. N'oublie pas que tu le fais pour ton amoureux ! Dit Spain avec le même sourire moqueur habituel.
-La ferme crétin d'espagnol…
Le concerné rigola doucement et c'est dans un de mes nombreux soupirs que nous arrivâmes à destination. Spain descendit de l'ascenseur le premier, dans une démarche assurée. Je le suivis de près et tenta d'être aussi naturel que lui. Arrivé devant la réceptionniste, il prit la parole d'une voix qu'il voulait grave et sensuelle.
-Hola, señorita. Dit-il dans un sourire charmeur.
-Hello, sir. Répondit la jeune femme indifférente.
-¿Cómo estás? Continua-t-il en se penchant vers elle.
J'y crois pas...
-I'm fine. Thanks.
L'espagnol me lança un regard penaud et se gratta la tête un peu surprit par le manque de réaction de l'anglaise. Je levais les yeux au ciel et avança de quelques pas pour pouvoir m'adresser à elle.
-Bonjour mademoiselle. Mon ami voudrait vous demander quelque chose. Dis-je en lançant un regard lourd à Spain. Quelque chose d'important. Insistais-je en le fixant.
En voyant que la jeune femme ne le regardait pas il me fit un signe nonchalant de la main pour me dire que tout était sous contrôle. Ne sachant pas ce qu'il aller lui dire j'attendis avec impatience. Il prit la parole, en conservant tout de même cette voix grave qui faisait, selon ses dires, apparemment craquer toutes les femmes…
-Je voudrais réserver un billet d'avion mais j'ai oublié mon ordinateur portable chez moi. Pourriez-vous m'en commander un s'il vous plaît ? Dit-il poliment.
-Tout de suite, monsieur.
La réceptionniste commençait à taper sur son ordinateur puis après plusieurs froncements de sourcils, elle s'arrêta.
-I don't understand…
-Un problème ? Dis-je faussement surpris en comprenant le plan de Spain.
-Je n'ai plus accès à Internet.
-Ah bon ? Dit l'espagnol en me lançant un petit regard victorieux.
-Je vais appeler notre réparateur.
La jeune femme prit le téléphone mais en entendant qu'il n'y avait aucune tonalité elle raccrocha sans savoir comment réagir.
-Euh… Je suis désolé messieurs mais… La ligne est coupée.
Spain me lança un regard agacé et dit d'un ton impatient.
-Et comment je vais faire moi ?
Il se tourna vers moi et continua.
-Je croyais que cet hôtel valait sa réputation Angleterre…
Je regardais à mon tour la réceptionniste qui semblait de plus en plus affolée et rentra dans le jeu d'Antonio.
-Je ne sais pas quoi te dire… Normalement le service est toujours excellent… Dis-je avec dépit.
-Je vais arranger ça ! Cela doit être un problème au niveau de la salle de contrôle ! Dit la jeune femme en faisant le tour du comptoir.
-Et qui assurera l'accueil ? Continuais-je en haussant les sourcils.
La réceptionniste s'arrêta dans son élan et fis volte-face pour nous fixer. En voyant son air paniqué Spain se positionna en héro.
-Ne vous inquiétez pas señorita… Je m'en occupe. Dit-il en lui faisant son plus beau sourire.
-Oh merci monsieur ! Je reviens dans quelques minutes ! Répondit-elle avec reconnaissance en se dirigeant vers l'ascenseur.
Une fois la jeune femme disparue, l'espagnol éclata de rire et se plaça à la réception. Je souris devant notre ingéniosité puis questionna Spain qui semblait très content de la supercherie. Dos aux ascenseurs, je pouvais le voir jouer son rôle de réceptionniste à merveille.
-Et après ? Je suis rentré dans ton jeu mais je ne sais même pas pourquoi tu voulais l'éloigner.
-Juste pour ça. Me dit l'espagnol en me brandissant une clef.
-Une clef… ? Tout ça pour une putain de clef ? Dis-je un peu énervé.
- Langage Arthur ! C'est celle de France. Répondit Spain dans un clin d'œil. Normalement… Si nous suivons le plan A, tu en auras besoin dans pas longtemps.
-Je le connais même pas ton plan A !
Alors que l'espagnol allait me répondre, il sauta par-dessus le comptoir et me pris par le col de ma chemise. Dans un souffle, il me dit de me taire et me jeta de l'autre côté de la réception. Je tombais lourdement par terre et me plaqua ma main sur la bouche pour ne pas laisser échapper un cri de douleur. Je restais allongé et tendis l'oreille pour comprendre la situation…
-Hey France ! Alors ça va ? T'as repris tes repères ? Dit l'espagnol joyeusement.
Quoi ?! France était là ?!
-Ouais ouais tranquille… Répondit le français fatigué. Qu'est-ce que tu fais là ? Il n'y a personne à la réception ?
En entendant la voix de Francis, mon cœur se serra et je sentis mon ventre se tordre.
-Non la réceptionniste doit se charger d'un problème… En bref, c'est moi qui m'occupe de l'accueil ! Pour lui rendre service, elle est plutôt mignonne... Mais je me demande bien pourquoi il n'y a pas plusieurs personnes pour s'en occuper. On est dans un hôtel de luxe, merde à la fin ! Termina Spain dans son plus grand jeu d'acteur.
-Ouais t'as raison… Maugréa France. En plus y'a même pas de réseau ici… Quel pays de merde…
Je serais les dents en entendant la remarque du français. J'avais beau ressentir quelque chose pour lui, qu'est-ce qu'il pouvait m'énerver. Spain rigola doucement et répondit avec enthousiasme :
-Arrête de râler France, on dirait Arthur !
A cette remarque, je pouvais entendre un petit rire mauvais de la part de Francis.
- Allez viens, j'ai un truc à te proposer pour ce soir… Comme au bon vieux temps !
-Qu'est-ce que tu…
- Ferme-là et suis-moi amigo ! Nous allons dans ma chambre ! Dit l'espagnol un peu plus fort.
Au ton de Spain, je compris que cette partie m'était adressée. Je tendais l'oreille au maximum pour tout entendre.
-Personne ne sera dans tes appartements du coup ! Il ne faudrait pas que quelqu'un y pénètre et y fasse n'importe quoi...
-Je suppose… Dit France un peu méfiant. C'est quoi ton problème ?
- Rien. Je suis Spain, le pitre de service... !
France ne rajouta rien mais je pouvais très bien imaginer son regard mortifié.
J'entendis les deux amis partir en discutant. Lorsque j'étais sûr qu'il n'y avait plus personne, je me relevais dans un bond. Qu'est-ce que Spain voulait que je fasse dans la chambre du français ? Peut-être qu'il me laissait juste improviser pendant que Francis était occupé à se soûler. Alors il faudrait que je mette quelque chose dans sa chambre qui l'aidera à lui faire retrouver la mémoire. Je me grattais la tête en réfléchissant.
-Mais oui ! Dis-je victorieux.
J'avais trouvé.
