Bonsoir à tous !

J'ai pas mal de choses à vous dire avant que vous ne commenciez la lecture de ce chapitre !

Tout d'abord merci pour vos reviews :

San1987 : Je suis contente que tu recommences à en lire et avec la mienne en plus ! J'espère que la suite te plaira, et je t'assure que pour l'instant je ne suis pas prête d'abandonner !

Charlotte : Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira !

ChesiErhe : Suspens ! Qui est donc ce fameux correspondant ? Les réactions suite à la grossesse de Ginny ne vont pas tarder à arriver, tu verras si tu as visé juste ahah. Beau cadeau n'est-ce pas ? ;) Alors je tenais à te remercier, parce qu'avant que tu n'en parles je ne connaissais pas du tout le concept des bêtas :/ Mais je me suis renseignée, en ai contacté quelques-uns et j'en ai trouvé deux !

Floriane : Merci et bonne lecture !

Bon, comme vous avez pu le lire (ou non) juste au-dessus, je suis partie à la recherche de bêta(s) qui pourrai(en)t m'aider pour cette histoire et je suis heureuse d'annoncer que j'en ai trouvé deux ! Suldreen194 et Choixpeau de fic seront donc les deux bêtas qui m'accompagneront et m'aideront pour cette histoire et je les remercie grandement pour ça !

Pour ce qui est du rythme de publication et des corrections que nous allons faire : le rythme restera le même (pour l'instant, je vous préviendrai s'il venait à changer) chaque lundi, mercredi et samedi, aux alentours de 21h30 ; pour ce qui est des chapitres déjà postés et qui n'ont donc pas été encore corrigés, cela sera fait au fur et à mesure, et je pense que je vous posterai un petit message en début des nouveaux chapitres pour vous informer de ceux que nous aurons modifiés, si cela vous intéresse de les relire :)

D'ailleurs, le chapitre 1 vient d'être modifié !

Merci pour vos reviews, n'hésitez pas à me donner vos avis sur l'histoire et ce nouveau chapitre !

Bonne lecture :)


Chapitre 20 : Assentiments

Les beaux jours n'avaient pas duré, ils étaient bel et bien terminés et le parc de Poudlard se fit inonder par une forte pluie le jour suivant. En ce dimanche matin, Drago était encore une fois bloqué à l'intérieur du château.

En quittant son lit, il remarqua immédiatement les nuages et la pluie battante, et soupira de déception. Il ne perdit pas plus de temps à observer le mauvais temps, et se prépara pour ensuite descendre prendre son petit-déjeuner. Il fut – comme chaque matin – l'un des premiers à s'asseoir dans la Grande Salle et se servit de quoi manger.

Rassasié, il quitta sa table dans l'idée de rejoindre la Salle sur Demande. L'idée lui était venue en voyant Potter et Weasley entrer dans la Grande Salle et il s'était souvenu de leur mésaventure là-bas, au mois de mai dernier. Il se souvenait aussi très bien du nombre d'allers-retours qu'il y avait fait lors de sa sixième année. Bien que ces souvenirs soient aussi mauvais que celui de la guerre, il lui était aussi souvent arrivé de s'y rendre pour être seul, mettre sa vie en pause et reposer son esprit.

Le coin du parc – qu'il aimait pour les mêmes raisons – étant inondé, il se rendit jusqu'à la Salle sur Demande qui lui ouvrit ses portes quelques secondes après qu'il fut arrivé au septième étage. Il fut accueilli par une pièce chaleureuse ne contenant qu'un grand fauteuil face à une cheminée dans laquelle brûlait un grand feu et dont l'odeur avait envahi la pièce. Une petite table était installée à la droite du fauteuil, sur laquelle était posée une pile de livres, qui retint toute son attention. Il s'empara de l'un d'entre eux et commença sa lecture dans le calme olympien de la pièce.

Après quelques chapitres, il quitta des yeux l'ouvrage et braqua son regard sur les flammes. Ses pensées n'étaient pas tournées vers quelque chose de particulier, il avait simplement le regard dans le vide, une pause dans ses réflexions, dans ses pensées. Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, il fut rattrapé par le sommeil et s'endormit.

Il ouvrit soudainement les yeux. Il était allongé dans un grand lit à baldaquin. La chambre dans laquelle il se trouvait était simple, la décoration chaleureuse. À droite du lit se trouvait une grande armoire, à côté de laquelle était accroché un grand tableau représentant quatre personnes. Il resta les yeux fixés dessus, un sourire aux lèvres. Sur ce tableau, il se voyait entouré de deux enfants blonds, un garçon et une fille. Derrière eux, il se vit aux côtés d'une jeune femme, aux cheveux châtains légèrement ondulés. Cependant, leurs visages étaient indistincts, presque flous.

Sur ce tableau, Drago avait un bras autour des épaules de la jeune femme, et l'autre main posée sur l'épaule de la petite fille blonde. Un portrait familial.

Il se tourna dans l'autre sens et fit alors face à la jeune femme du tableau, endormie. Il remit en place une mèche qui barrait le visage de la brune et se sentit sourire.

Il se redressa en sursaut. Encore. Maudits rêves. Il était à nouveau trempé de sueur, pourtant, il ne s'agissait pas d'un cauchemar, ou même d'un rêve dans lequel il était agité. Il avait juste très chaud. C'était incompréhensible, comment pouvait-il se retrouver dans un état pareil à chaque fois qu'il faisait un de ces maudits rêves ?

En se remémorant celui qu'il venait de faire, il réussit à faire le lien avec les autres. Les enfants du tableau étaient probablement les mêmes que dans son second rêve. Quant à la jeune femme, il n'avait plus aucun doute sur le fait qu'elle soit la même chaque fois. Il l'avait vue de face, de profil, endormie, bien que les détails de son visage soient toujours flous et imprécis. C'était la même femme que dans le premier rêve. Granger.

Son subconscient lui jouait des tours, il en était certain désormais. Granger ne pouvait pas apparaître sans raison. La seule explication qu'il trouva fut que la jeune femme était souvent dans ses pensées ces derniers jours, et que son cerveau avait dû l'intégrer à ces rêves. Il n'y avait pas d'autres raisons possibles, de toute manière.

oOo

Le groupe de Gryffondors était assis près du lac. Ils venaient de finir de déjeuner et s'étaient retrouvés pour travailler ou discuter pour certains. La pluie ayant cessé juste avant midi, ils en avaient profité pour s'installer dans l'herbe.

Depuis une vingtaine minutes, Hermione s'évertuait à lancer des regards entendus à Ginny, pour l'inciter à parler à Harry. La rouquine était dans les bras du brun, consciente que le moment était venu de lui en parler, mais angoissait comme pas possible à l'idée simple de se retrouver seule avec lui et de tout lui annoncer.

Elle devait le lui dire, elle en avait conscience, et le moment était idéal, mais elle paniquait à l'idée qu'il puisse mal réagir. A vrai dire, elle n'envisageait même pas qu'il puisse réagir positivement, trop angoissée pour cela. La raison l'avait quittée, et bien qu'Hermione lui ait assuré le contraire, Ginny ne pouvait s'empêcher de penser qu'Harry allait mal réagir.

- Ginny ? Est-ce que ça va ? lui murmura le brun à l'oreille.

- Oui, répondit-elle d'une voix chevrotante. Pourquoi ?

- Tu trembles. Est-ce que tu as froid ? Tu préfères qu'on rentre ?

- Non, non, tout va bien, je t'assure.

Il soupira, mais ne répondit rien. Il la connaissait par cœur et savait que quelque chose la tracassait. Mais si elle ne voulait pas lui en parler, il la laisserait tranquille. Il se contenta donc de resserrer son étreinte autour d'elle en soupirant intérieurement.

Quelques minutes de réflexion plus tard, Ginny reprit discrètement la parole.

- Harry ?

- Hum.

- Il faut que je te parle de quelque chose, tu viens marcher avec moi ?

Il hocha la tête et aida la jeune femme à se lever. Ginny prévint les autres qu'ils allaient se balader, tout en jetant un regard quelque peu paniqué à Hermione, qui lui rendit un sourire encourageant. Harry attrapa sa main et ils avancèrent le long du lac.

Ginny prévint les autres qu'ils allaient se promener, tandis qu'Harry attrapait sa main, pour commencer à avancer le long du lac.

- Alors, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je- Harry, promets-moi de ne pas t'énerver, de rester avec moi, au moins jusqu'à la fin de mes explications.

- Ginny qu'est-ce qu'il y a ? Tu m'inquiètes, souffla-t-il en se rapprochant d'elle pour lui attraper les mains.

- Harry, promets-le-moi.

- Promis, dit-il les sourcils froncés d'inquiétude.

- Ne me coupe pas, s'il te plaît. Je comprendrais très bien que tu veuilles partir après ça, je ne t'en voudrais pas, c'est ma faute. Mais d'abord laisse-moi t'expliquer-

- Ginny...

- Ne me coupe pas ! S'il te plaît... Je ne réussirais jamais à te le dire sinon, confia-t-elle avant de prendre une grande inspiration pour commencer son récit. Hier matin, je me sentais mal, j'avais des nausées depuis quelques jours, et je n'avais pas eu mes règles depuis vraiment longtemps. Alors, je me suis inquiétée. Maman m'avait une fois parlé d'un sort, qui permettait de savoir si on était enceinte. Alors je l'ai fait hier au réveil et- Harry, je suis enceinte, annonça-t-elle finalement.

Elle avait parlé très vite, sans laisser le temps au jeune homme d'intégrer réellement l'impact de ses paroles. Elle sanglotait et lorsqu'elle eut fini de parler, elle baissa la tête pour laisser couler librement ses larmes.

- Je suis désolée, j'aurais dû te le dire hier, couina-t-elle en essuyant quelques larmes. Je suis tellement désolée Harry, tout est ma faute.

Il n'avait pas bougé d'un poil et continuait de fixer la rouquine, complètement immobilisé par ses mots. Mais lorsqu'elle prononça ces dernières paroles, il sembla revenir à la vie et n'hésita pas une seule seconde pour la prendre dans ses bras. Il la fit décoller légèrement du sol, des larmes coulant sur ses joues à son tour.

- Ne sois pas désolée ! Par Merlin, Ginny ! Pourquoi te mets-tu dans un état pareil ?! Qu'est-ce que tu croyais ?

- Tu ne dis rien ? Pourquoi ne te fâches-tu pas ?

- Me fâcher ? Mais pourquoi est-ce que je ferais ça ? Tu viens de m'annoncer la plus belle chose au monde, Gin', murmura-t-il en prenant son visage en coupe, tout en essuyant ses larmes avec ses pouces.

Il l'embrassa doucement, leur baiser se mélangeant à leurs larmes et s'éloigna pour la regarder dans les yeux.

- Ginny, pourquoi voudrais-tu que je sois énervé ?

- Parce que ce n'est pas ce que tu veux ! Tu as l'ambition de devenir Auror ! Tu n'as même pas terminé tes études à Poudlard. La Guerre vient juste de se terminer, personne n'en est remis et je tombe enceinte ?! Comment veux-tu accueillir un enfant dans ces conditions ? Je ne passe même pas mes A.S.P.I.C. cette année. J'ai tout gâché Harry, je-

- Tu ne veux pas de cet enfant, Ginny ?

- Quoi ?! Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu-

- Alors pourquoi te mets-tu dans un tel état ? Je n'ai jamais été plus heureux que maintenant, Gin'. Tu viens de m'annoncer que j'allais être père, il n'y a rien de plus beau, alors si tu veux cet enfant calme-toi, tout va bien, d'accord ? dit-il doucement en lui caressant la joue.

- Mais... Et ton métier d'Auror ? Et Poudlard ?

- Ginny, calme-toi. Tout va bien se passer, on trouvera des solutions, tout ira bien. D'accord ? Je t'aime, tout va bien.

- Et c'est tout ? Tu acceptes les choses sans rien dire de plus ?!

- Qu'est-ce que tu voudrais que je dise de plus ? Oui, l'annonce est soudaine, ce n'était pas prévu, mais les choses sont telles qu'elles sont désormais, Gin'. Tu es enceinte. D'accord. Très bien. Nous allons avoir un enfant. Très bien. J'ai toujours rêvé d'avoir des enfants, depuis toujours. Alors oui, nous sommes jeunes et ce n'est pas prévu, mais ce n'est pas pour autant une mauvaise nouvelle ! Nous nous débrouillerons, et nous l'aimerons plus que tout, lui assura-t-il avec un sourire tendre.

- Tu es sûr ? demanda-t-elle dans un murmure.

- Je n'ai jamais été aussi sûr de ma vie, sourit-il. Viens-là, ajouta-t-il.

Il la prit dans ses bras et la sentit sangloter à nouveau. Il lui chuchota que tout irait bien, que c'était merveilleux et qu'ils habiteraient tous les trois, qu'ils vivraient une vie magnifique. Elle se calma lentement et ils restèrent de longues minutes dans les bras l'un de l'autre. Harry prenait de plus en plus conscience de la situation et son sourire ne faisait que s'agrandir.

Ils rebroussèrent chemin pour retrouver leurs amis, main dans la main. Pendant ce temps, Harry demanda les quelques précisions concernant la grossesse, sans arrêter de la rassurer. Elle lui expliqua qu'Hermione était déjà au courant, qu'elle était enceinte de deux mois et qu'il fallait qu'ils aillent voir Pomfresh dans la semaine, ce qu'il accepta immédiatement.

Le jeune homme était le plus heureux du monde, il n'en revenait pas. Il allait être père. Dans sept mois, il tiendrait un petit bébé dans ses bras. En plus avec la personne qu'il aimait plus que tout.

Certes ils étaient jeunes, mais il avait eu le même raisonnement que sa sœur : après tous les événements et les douleurs passés, il n'y avait rien de mieux qu'un enfant pour tourner la page et pour continuer de vivre. Et il comptait tout faire pour que cet enfant soit heureux, qu'il vive entouré de gens qui l'aimeraient et qu'il ait l'enfance que son père n'avait pas eue, une enfance heureuse et tranquille. Il aimerait cet enfant plus que tout au monde, il en était certain, et l'avait assuré à Ginny, qui avait retrouvé un sourire timide.

- Tout va bien ? leur chuchota Hermione, inquiète, lorsqu'ils furent assis près d'elle.

- On ne peut mieux, répondit Harry, un grand sourire aux lèvres.

Hermione leur fit un clin d'œil, ravie que tout se soit bien passé pour le couple. Ils ne l'annoncèrent pas aux autres, préférant attendre d'en avoir discuté tous les deux plus sérieusement et d'être allés voir l'infirmière.

oOo

La journée du dimanche s'était terminée tranquillement pour le groupe d'amis. Elle avait été reposante et ils s'étaient tous couchés de bonne humeur, certains bien plus que d'autres.

Hermione descendit prendre son petit-déjeuner vers huit heures et y trouva la plupart de ses amis, déjà attablés. La Grande Salle était bien remplie en ce lundi matin, et l'ambiance sonore était assez bruyante.

La jeune femme ne put s'empêcher, en entrant, de jeter un œil à la table de Serpentard, où elle croisa le regard gris qu'elle cherchait inconsciemment. Elle baissa rapidement les yeux et rejoignit ses amis qu'elle salua joyeusement.

Elle se servit de quoi déjeuner, puis commença à manger, plongée dans ses pensées, sans vraiment écouter les conversations qui l'entouraient. Elle s'efforçait de garder la tête baissée, sentant le regard cuisant de Malefoy sur elle depuis l'autre bout de la salle.

Hermione avait bien remarqué que depuis sa soirée d'anniversaire, le blond l'observait souvent, voire constamment. De son côté, Hermione s'appliquait à faire l'exact contraire. Elle savait qu'il lui serait difficile de se détacher de ses deux iris gris, si elle les croisait par inadvertance.

Chaque fois que cela arrivait, ses propres yeux semblaient attirés comme des aimants par ceux du jeune homme, tant et si bien qu'il lui était presque impossible de détourner les yeux. Tout son corps y réagissait, et elle ne pouvait rien y faire. Elle se mettait à rougir et une douce chaleur traversait ses membres.

Elle n'avait donc jamais mis la main au feu et tenté de garder son regard dans le sien, consciente qu'il fallait qu'elle détourne les yeux au plus vite, ce qu'elle parvenait difficilement à faire. Il ne l'observait que depuis deux jours, pourtant elle avait l'impression que cela durait depuis des semaines, tant ses beaux yeux s'imposaient souvent dans ses pensées.

Beaux yeux ?! pensa-t-elle.

Elle rougit à cette pensée et s'efforça d'écouter les discussions de ses amis, pour ne plus y penser. Les garçons et Ginny parlaient encore de Quidditch, alors que Neville et Luna – qui s'asseyait de temps à autre avec eux – discutaient d'une plante dont elle n'avait jamais entendu parler.

Elle se risqua à relever les yeux, mais ne put éviter une nouvelle fois le regard de Drago Malefoy. Il la dévisageait. Encore. Elle remarqua qu'il était seul. Si ses souvenirs étaient bons, il commençait les cours dans plus de deux heures, ce qui expliquait l'absence de ses amis.

Elle avait compris qu'il se levait toujours très tôt, bien plus tôt qu'elle. Elle ne le voyait d'ailleurs que très rarement lorsqu'elle descendait pour prendre son petit-déjeuner, mais depuis son non-anniversaire, aucun repas n'avait eu lieu sans qu'il ne soit dans la Grande Salle en même temps qu'elle. Étrange.

Cette fois-ci, elle ne dévia pas le regard et s'arma de tout son courage pour ne pas baisser les yeux face à lui. Elle le vit lever un sourcil, un sourire en coin de bouche, la défiant clairement du regard. Mais la jeune femme ne cilla pas et prit sur elle pour ne pas défléchir.

Mais ça y est, elle était là. Cette chaleur qui traversait chacun de ses membres, petit à petit. Un frisson parcourut le corps d'Hermione et en observant le jeune homme, elle remarqua qu'il semblait dans le même état qu'elle.

Elle sourit en comprenant qu'il ressentait la même chose qu'elle, d'un sourire typiquement Malefoyen. Cependant, il fronça les sourcils, comme si pour la première fois il semblait réellement perturbé. Il rompit lui-même leur contact visuel et se leva pour quitter la Grande Salle quelques secondes plus tard.

Hermione n'eut pas le temps d'être étonnée par sa réaction, car Ginny se pencha vers elle.

- Qu'est-ce qu'il avait à te regarder comme ça ? lui murmura-t-elle.

- Je ne sais pas, bafouilla Hermione, perturbée.

- Est-ce que ça va ? Tu es brûlante, lui fit-elle remarquer après avoir posé une main sur la joue d'Hermione.

- Oui, oui, j'ai juste besoin d'aller m'aérer, répondit-elle rapidement. Tu viens avec moi ?

- Je te suis.

Elles abandonnèrent leurs assiettes et filèrent dans les couloirs du château. Aucun Malefoy en vue, ce qui soulagea quelque peu Hermione. La chaleur avait disparu, mais la réaction du blond l'avait perturbée. Pourquoi était-il parti aussi vite ? Il ne faisait jamais ça habituellement lorsque leurs regards se croisaient, même si cette fois l'échange avait été plus long.

- Tu es essoufflée et toute rouge, remarqua Ginny. Qu'est-ce qu'il se passe, Hermione ? Malefoy t'a fait quelque chose ?

- Je n'en sais rien, c'est la première fois que ça me fait ça.

- C'est quoi "ça" ?

- Quand on se regarde.

- Avec Malefoy ?!

Elle hocha la tête.

- Attends, tu veux dire que c'est juste le fait de l'avoir regardé qui te met dans cet état ?

- Je n'en sais rien, se lamenta-t-elle.

- Mais il y a quelque chose entre vous ?

- Non ! Ça ne va pas, s'indigna Hermione en fronçant les sourcils.

- Ce n'est pas la première fois que vous vous regardez comme ça, et il t'observe tout le temps, en ce moment.

- Tu l'as remarqué aussi ? Il fait ça depuis samedi, soupira-t-elle en appuyant sa tête contre le mur derrière elle.

- Bon, tu vas me dire ce qu'il se passe, Hermione ?

- Je ne sais pas ce qu'il se passe, je n'y comprends rien, Ginny, souffla-t-elle.

- Explique-moi, répliqua la rouquine, d'une voix qui laissait entendre qu'elle ne la laisserait pas s'en sortir sans explications.

- Tu le garderas pour toi, n'est-ce pas ? s'inquiéta Hermione.

- Évidemment, répondit la rouquine en levant les yeux au ciel. Il ne vaut mieux pas que j'en parle aux autres de toute manière, rit-elle, faisant sourire Hermione qui commençait à se calmer.

- Depuis déjà quelque temps, nos rapports sont bien plus cordiaux, presque agréables. Il n'y a plus de haine ou quoi que ce soit. Mais la semaine dernière, en Potions, il s'est passé quelque chose d'inexplicable, quelque chose de très étrange… Tu sais, nous sommes en binôme pour les cours, donc nous avons pris l'habitude de travailler ensemble, et ça se passe plutôt bien, surtout qu'il est vraiment doué en Potions. Mais à notre dernier cours, sans faire exprès, nos mains se sont touchées et immédiatement j'ai été traversée de frissons et d'une sorte de chaleur, continua-t-elle en tripotant le bas de sa chemise.

- Une chaleur ? répéta Ginny, les sourcils froncés d'incompréhension.

- Je ne saurais pas te l'expliquer, mais c'était très étrange, pas désagréable, ou douloureux, mais juste étrange. Je pense qu'il a ressenti la même chose, parce que nous ne nous sommes plus adressés la parole jusqu'à la fin du cours, d'où je suis partie presque en courant, à la fin de l'heure. Je n'avais jamais ressenti un truc pareil, c'était… intense.

- Mais c'était la première fois que vous vous touchiez ? s'étonna la rouquine.

- Non, soupira-t-elle. Je l'ai frappé en troisième année, mais depuis rien.

- Tu l'as frappé ?!

- Nous ne t'avions pas raconté ? s'enquit-elle, étonnée.

- Non, mais je veux tous les détails, répliqua-t-elle, un sourire en coin de bouche.

- Ce n'était pas palpitant, crois-moi. C'était juste avant l'heure de l'exécution de Buck, il observait la cabane d'Hagrid avec deux de ses amis et il a dit des horreurs sur Buck et Hagrid, alors je lui ai envoyé mon poing dans la figure, expliqua-t-elle en haussant les épaules, sans cacher son petit sourire fier.

- Eh bien ! J'aurais aimé voir ça, railla Ginny. Mais c'est étrange que tu aies ressenti ça. Tu es sûre que ce n'était pas simplement le fait de le toucher lui, qui t'as mis dans cet état ?

- Non, j'y ai pensé au départ, mais c'était vraiment différent d'un simple frisson. Et puis, il y avait cette foutue chaleur, et il a eu l'air d'avoir ressenti la même chose, ce n'est pas anodin.

- Je suppose donc que tu as fait des recherches, fit-elle après avoir hoché la tête.

- Oui, mais je n'ai absolument rien trouvé à la bibliothèque, soupira-t-elle.

- Et comment est-ce que Malefoy a réagi ?

- Aucune idée. Au départ, nous nous évitions tous les deux, nous ne nous croisions plus, ne nous parlions plus, et c'était parfait. Mais depuis samedi soir, tout a changé, sans aucune explication. Il me fixe sans arrêt. Il a passé la soirée de mon anniversaire à m'observer, et lorsque vous êtes tous partis, il m'a même offert un livre.

- Il t'a offert quelque chose ?!

- Oui, et c'était un très beau livre en plus, répondit-elle en s'empourprant légèrement. Enfin peu importe, reprit-elle en voyant Ginny ricaner, depuis il m'observe dès qu'il en a l'occasion ! Il est présent en même temps que moi dans la Grande Salle, et ce, pour chaque repas, et s'efforce de capter mon regard, ce que je ne veux absolument pas, parce qu'à chaque fois cette espèce de chaleur revient.

- Juste en le regardant ?!

- Oui… Mes yeux sont comme attirés par les siens, et la chaleur revient sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit, c'est toujours très compliqué de détourner les yeux, je n'y comprends rien… Mais tout à l'heure, reprit-elle après un long soupir, je me suis forcée à soutenir son regard, juste pour voir. La chaleur est apparue, évidemment, les frissons aussi, voilà pourquoi j'étais dans cet état, mais ça n'a pas duré longtemps, car cet idiot est parti ! Ce qu'il n'avait jamais fait ! Habituellement, c'est lui qui me cherche, il m'a même défié du regard tout à l'heure. Mais non, il a quitté la Grande Salle en fronçant les sourcils, sans m'adresser un regard de plus. C'était très étrange et toute cette foutue histoire n'a aucun sens ! s'emporta-t-elle.

Ginny resta immobile quelques secondes, plongée dans ses pensées. Elle ne comprenait pas plus que son amie ce qu'il se passait et était aussi intriguée qu'elle. La rouquine non plus n'avait jamais vécu une chose pareille et elle ne savait pas quoi lui dire. Aussi, elle s'avança vers Hermione et la serra quelques secondes dans ses bras.

- Calme-toi, Hermione, lui souffla-t-elle à l'oreille.

Elle s'écarta d'elle et lui offrit un sourire encourageant, avant de reprendre la parole.

- Est-ce que tu es attirée par lui ? Physiquement ?

- NON !

- Hermione, réponds sincèrement, je ne te demande pas ça par hasard.

- Je ne sais pas, soupira-t-elle finalement. Oui, sûrement. C'est vrai qu'il est beau, attirant... Mais c'est un connard de première, Ginny !

- Je ne suis pas vraiment d'accord avec toi. Tu te mens à toi-même, nous savons toutes les deux qu'il a changé depuis le début de l'année. Et je sais très bien que tu es d'accord avec moi, d'autant plus que tu le côtoies plus que moi et qu'il t'a montré plusieurs fois que justement, il n'était plus un connard. Nous avons pas mal traîné avec lui et ses amis, et il n'y a jamais eu de problème...

- Mais je ne le supporte pas ! Nous ne nous supportons pas ! Ce n'est pas possible...

- Qu'est-ce qui n'est pas possible ? Je n'ai rien insinué, moi, répondit-elle les bras levés, un léger sourire au coin des lèvres.

Hermione rougit instantanément et baissa les yeux.

- Je n'y comprends rien Ginny...

- Je pense que tu l'apprécies plus que tu ne le crois, confia-t-elle avec un petit sourire. Alors, cesse de te prendre la tête, il n'y a pas de mal à ça, ma belle.

Hermione haussa les épaules et son amie passa un bras autour de celles-ci. Elles reprirent le chemin de la Grande Salle quelques minutes plus tard et retrouvèrent les autres. Harry questionna sa sœur du regard, mais elle secoua la tête pour lui signifier que ce n'était rien.

Elle ne savait pas vraiment quoi penser de ce que lui avait dit son amie, alors elle s'efforça de se changer les idées en se mêlant aux conversations.


Et voilà ! Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'espère qu'il vous aura plu ! N'hésitez pas à me donner votre avis dans une review ;)

Merci à Suldreen194 pour sa relecture et correction !

Writer8Hell