Chapitre 11 : Mal de tête espagnol
Point de vue de France :
- Un jeu d'alcool ? Dis-je perplexe.
-Tout à fait… C'est simple et tu comprendras vite ! Me répondit l'espagnol avec son enthousiasme habituel.
-Je sais pas trop Spain… D'habitude j'aurais dit oui mais là… J'ai pas trop le morale.
-Et bien justement ! Bois pour oublier ! Dit-il en rigolant.
- Super conseil... maugréais-je de mauvaise humeur.
L'espagnol alla dans la cuisine et en sortit quelques secondes plus tard avec deux verres et une bouteille (pour la troisième fois depuis qu'il était arrivé à Londres). Il posa le tout sur la table basse, comme d'habitude, et s'assit en me regardant avec des yeux brillants d'excitation.
-Aller c'est parti ! Dit Spain en versant l'alcool dans les verres.
Je soufflais de désespoir. Je n'avais vraiment pas envie. Je repris la parole un peu fatigué par les événements.
-Écoute Antonio… C'est pas une bonne idée ton truc. Et puis c'est quoi comme…
-Du rhum ! Me coupa-t-il en devinant ma question.
-Ouais bah raison de plus… Je crois me souvenir que ça me réussit pas le rhum.
L'espagnol reposa la bouteille, surpris de mes paroles.
-Comment tu sais ça ?
J'hésitais quelques instants avant de répondre.
- Je sais pas. Je le sais c'est tout… Pourquoi ? Questionnais-je sans comprendre.
-Non comme ça.
Après une petite pause, il reprit l'air de rien.
- Aller, je t'explique les règles ! Reprit-il avec entrain.
-Pas la peine Spain. Je m'en vais… Dis-je en me levant du canapé. Je dois faire quelques petits trucs et je n'ai pas le temps pour ça. Je t'ai suivi pour te faire plaisir mais maintenant, je suis fatigué.
Il se leva à son tour puis se mit entre moi et la sortie.
-Qu'est-ce que tu dois faire ? Tu vas te reposer dans ta chambre ?
-Je dois aller demander quelque chose à l'accueil.
Antonio fronça les sourcils et fit une moue boudeuse.
-Pas la peine de me regarder comme ça. Je ne céderai pas ! Dis-je en souriant malgré moi.
Je passais à côté de lui et me dirigea vers la porte d'entrée de son appartement. Soudain, l'espagnol me retint pas le bras. Lorsque je tournais la tête, je vis qu'il arborait un petit sourire de victoire.
Qu'est-ce qu'il me voulait encore ?
-Quoi ? Dis-je un peu impatient.
-Je te laisse tranquille à une seule condition !
-La quelle ?
-Je te lance un défi ! Si tu gagnes tu peux partir mais si tu perds tu dois faire tout ce que je dis ! Notamment rester avec moi et descendre la bouteille… Me dit-il dans un clin d'œil.
Je me passais une main dans mes cheveux par réflexe. J'allais refuser mais il me traîna jusqu'au canapé.
-De toute façon tu n'as pas le choix ! Un défi c'est un défi ! Tu es obligé d'accepter !
-Bon d'accord… Capitulais-je en souriant face à l'immaturité de Spain. Et c'est quoi le défi ? Dis-je en me rassaillant.
Antonio me regarda en rigolant puis se pencha sur la table en mettant son bras droit en évidence.
-Le bras de fer !
Point de vue d'Angleterre :
O.K…
Je venais de m'infiltrais dans la chambre du français avec la clef que nous avions volée Spain et moi. J'avais fait un petit détour dans ma chambre pour prendre quelques éléments importants pour la suite du plan. Je me demandais où en était l'espagnol avec France… J'espérais qu'il allait réussir à le faire boire, mais je ne me faisais pas trop de soucis. Spain était quelqu'un de très convaincant. Mais en même temps, j'avais cette petite partie de moi qui me disait qu'un français bourré… ça ne devait pas être très facile à gérer.
Je fis quelques pas à travers le salon et inspecta chaque recoins de la pièce. Je pouvais sentir l'odeur de Francis partout. Ce parfum de cigarette et de fleur… Je poussais un soupir.
Aller, action !
J'entrais dans la chambre à coucher du français et alla près du lit. Je me baissais légèrement et mis une chemise en évidence qui dépassait un peu du matelas. Je souris en regardant le morceau de tissu… France avait littéralement arraché ses boutons lorsqu'il avait voulu me faire l'amour.
Ah… Si notre plan échoue Francis ne me touchera plus jamais. Pensais-je en fixant la chemise. Ou alors dans une bonne centaine d'année.
C'est en traînant les pieds que je partis pour rejoindre la salle de bain. Je remplaçais son gel douche par celui qu'il avait utilisé pour me préparer à la pénétration puis retourna sur mes pas pour rejoindre la cuisine. Je plaçais quelques sachets de thés sur un plan de travail puis une fois le travail.
Une fois mes méfaits accomplis, j'allais partir quand je vis du coin de l'oeil le fauteuil Vaucouleurs.
- Damn !! Dis-je surpris.
C'était LE fauteuil le plus confortable que je connaissais. Je m'assis dessus, exténué. Un soupir de plaisir s'échappa de mes lèvres.
Pourquoi ce crétin de français avait le droit à un fauteuil de luxe comme celui-ci ?
Je tendais ma main pour voir s'il y avait bien la télécommande dans la pochette sous le fauteuil. Lorsque j'ai eu la précieuse manette dans les mains, je jettais un regard rapide vers la porte d'entrée.
Aller, juste quelques minutes.
Je mis en marche le fauteuil massant. Les vibrations touchaient exactement là où j'en avais besoin.
Je soupirai une fois de plus de plaisir.
Pendant le massage, je regardais autour de moi avec intérêt. J'imaginais le français autour de moi, en train de fumer une ses cloppes.
Dans des pensées somnolentes, je revoyais chaque interactions avec Francis. Je ne savais pas si tous mes efforts seraient vains. Peut-être qu'il ne retrouvera pas la mémoire. Mais le pire serait qu'il retrouve ses souvenirs mais qu'il refuse tout de même de me pardonner.
Il n'avait pas répondu à ma déclaration sous la douche. Il n'avait pas non plus répondu à mon excuse. Encore et toujours j'avais la terrible impression que tout était de ma faute.
Pourtant... ce n'était qu'un accident.
Mes yeux se fermaient tout seul. Une légère somnolence me prit. Je ne m'étais pas reposé depuis longtemps à vrai dire.
- Ce putain d'accident… pensais-je à moitié endormie.
Je vais juste fermer les yeux quelques secondes. Juste… Quelques secondes…
Point de vue de France :
-Et là toujours rien !? Dit Spain en me secouant violemment.
-Puisque je te dis que non, enfoiré d'espagnol !
Je poussais Antonio de toute mes forces et tituba sur le mur d'en face.
-Pourquoi tu te souviens de rien putain ! Mais dites-moi pourquoi ?! Implora l'espagnol en tombant par terre dans un geste théâtrale.
Alors que mon regard divaguait sous l'effet de l'alcool, je le vis se relever difficilement complètement mort de rire.
-Mais au pire… Fra… France… J'ai envie d'une crêpe avec du sirop d'érable ! France ! Ah mais oui ! Débita-t-il rapidement. Des crêpes ! On a besoin que de ça ! Il ne faut pas que… De quoi je parlais ?
-T'es complètement saoul Spain… T'as bu plus que moi je… Oh putain…
Soudain, une violente envie de vomir me prit. Je me suis levé le plus vite possible pour me rendre aux toilettes. J'entendais le rire bruyant de l'espagnol se répercuter dans la pièce. Dans ma course, je me cognais à l'armoire puis au lit. Alors que j'allais enfin arriver aux toilettes, je percutais de plein fouet la porte.
-Hey Francis… Pour aller dans une pièce faut ouvrir la porte ! Dit Spain en essayant de me prendre en photo avec son portable.
-Oohh ma tête… Murmurais-je douloureusement.
Ma soudaine nausée venait de passer mais j'avais à présent un terrible mal de crâne. Je relevais lentement mon regard. Et bien oui… Je n'avais tout simplement pas ouvert la porte. Dépité, je me roulais sur le côté pour essayer de me relever.
-Je… Putain de bordel de merde ! Criais-je en glissant sur le parquet.
En relevant la tête, je vis Spain endormie sur le canapé. À moins que ce blaireau ne soit mort. Mais ça m'étonnerait. Les vermines résistent à tout. Je rigolais sans raison tout en essayant de me relever une nouvelle fois. Je pris appuie sur la petite table qui traînait par-là puis me remis debout. Lorsque mes jambes furent droites, je fermai les yeux et tenta de repousser cette violente nausée qui revenait en force.
C'est bon…
Je rouvrais les yeux difficilement et c'est en titubant que je quittais la petite sauterie d'Antonio.
Je tentais de lire l'heure de ma montre mais je ne parvenais pas à distinguer les aiguilles… 19.00h ? 20.00h plutôt… Non… Je ne sais pas… Je devais retourner dans ma chambre et… Je pouffais de rire en imaginant Spain dormir dans la pièce d'à côté.
Je me mis en route.
Je quittais la suite de l'espagnol avec difficulté et parcouru les couloirs en longeant les murs d'une démarche maladroite.
Point de vue d'Angleterre :
J'ouvris les yeux difficilement en entendant un bruit provenant de l'entrée. En grognant, je me relevais et étira mon dos. Ce massage fut divin.
Soudain, j'ouvris les yeux en grand.
-Et merde ! Pestais-je contre moi-même. Le con !
Dans un bond rapide, je me mis sur mes pieds et tendis l'oreille pour essayer d'entendre ce qu'il se passait . Après un silence tendu, j'entendis le bruit de la poignée de porte de l'entrée. Puis, un rire léger. Mon estomac se tordait en reconnaissant la voix de France.
Vite, vite, vite !
Je regardais dans tous les sens en essayant de trouver une cachette.
Aller ! Quelque chose ! Vite !
J'entendais les pas du français approcher de plus en plus. Tout d'un coup, un bruit de chute suivit d'un autre rire résonna dans l'entrée.
-Oh putain… Dit France entre deux rires.
D'accord… Spain à réussi… J'espère qu'il lui a soutiré des informations au moins !
J'ai pris cette chance inespérée pour m'enfuir dans la chambre à coucher. Juste après avoir refermé la porte, j'entendis Francis débarquer dans le salon. Je courus vers le lit, affolé. D'un mouvement souple. je me mis allongé par terre et rampa sous celui-ci. Les soldats britanniques ne sont pas les meilleurs espions pour rien ! Je calmais ma respiration trop rapide. Difficilement, je me retournais sur le dos. France débarqua dans la chambre tout de suite après. En entendant la porte s'ouvrir brusquement, ma respiration se coupa et mes muscles se tendirent. En tournant la tête vers la droite je vis les pieds de France se diriger vers la salle de bain. Je fronçais les sourcils en entendant le français chantonner une vieille chanson.
Je la connaissais… J'étais sûr de l'avoir déjà entendue… Bon peu importe.
Alors que je pensais pouvoir profiter de l'absence de France pour filer, il revint quelques secondes après et s'allongea de tout son long sur le lit. A cause du poids de Francis, le matelas se rapprocha de moi et me toucha presque. Heureusement que je n'étais pas gros…
J'esquivais quelques mouvements pour me déplacer au bord du lit le plus discrètement possible. Soudain, j'entendis les ronflements du français puis quelques paroles à moitié marmonnées. L'alcool le fait vite dormir à ce que je vois… Je sortis de ma cachette et me releva sans un bruit. Je découvris un français complètement débraillé avec les cheveux horriblement emmêlés qui dormait les bras et les jambes écartées.
Et bah… C'est du beau…
Je me dirigeais vers la sortie lorsque j'entendis quelque chose m'interpeller.
-Hmm… An…Angleterre… Dit-il France dans un soupir à moitié contenu.
Je fis volte face au ralentit et jeta un regard interloqué au blondinet.
Oh. My. God.
-Oui… ? Dis-je d'une toute petite voix.
-Hmmmm…
France ouvrit la bouche pour dire autre chose mais ne rajouta rien et se tourna sur le côté dans un petit sourire de plaisir.
Je ne pouvais plus partir.
Rêvait-il de moi ?
J'avalais ma salive difficilement et m'approcha avec la même discrétion que tout à l'heure. Je touchais du bout des doigts les cheveux dorés du français puis me pencha vers son oreille. Je respirais un grand coup son odeur.
-Francis ? C'est moi, Arthur.
-Hmm… Dit-il en ouvrant à moitié les yeux.
Pensant qu'il se réveillait, je me redressais d'un coup, mais lorsqu'il se mit sur le dos en soupirant je fus soulagé.
-France ?
Il ne répondit pas et continua de baragouiner des mots incompréhensibles.
Je le trouvais vraiment beau. Y'a pas à dire.
Je soupirais une dernière fois et lui donna un baisé avant mon départ. Je me remis droit mais à peine avais-je entamé un mouvement vers l'arrière qu'il me retint par la main. Il se releva sur ses coudes et me prit par le cou.
Il me donna un baisé langoureux, m'inondant de son parfum. Sous la surprise, j'ouvris les yeux en grand dans un regard sidéré. J'essayais de me dégager mais le français me prit par le col de ma chemise et me tira vers lui. Je tombais lourdement sur lui dans un éclat de voix refoulé par le baisé.
Après quelques délicieuses secondes, Francis inversa les positions. Il me regardait en clignant des yeux et rigolait bêtement.
-C'est toi… Je t'aime tellement… Dit-il en souriant.
Je sentais l'odeur d'alcool envahir mes narines. Je voyais bien que France n'avait pas encore dessoûlé. Mais le simple fait qu'il me dise ces mots doux réussissait à me faire oublier toute idée de départ. Je savais qu'il délirait, qu'il ne savait pas ce qu'il faisait. J'étais étrangement lucide à cet instant. Mais seul son baisé et ses mains baladeuses importaient.
Je mis mes mains autour de son cou et l'embrassa avec passion. Qu'il me prenne pour Jeanne d'Arc, pour un de ses amants ou pour même son crétin d'ami espagnol, ce n'était pas important.
C'est peut-être la dernière fois qu'il me touchera…
Il ne rigolait plus comme un idiot. Il était sérieux. Avec sa force d'ivrogne, il déchira ma chemise. Il m'embrassait partout sans aucune douceur et lécha mes tétons qui devenaient durs à cause de l'excitation. Ses gestes étaient maladroits et sa respiration saccadée, à croire que l'alcool le rendait moins performant. Je pris le contrôle et le renversa à mon tour sur le dos. Je le déshabillais rapidement lui laissant que son boxer noir. Dans des gestes lents, je commençais à me frotter contre lui. Je faisais le plus attention possible sachant qu'il avait encore un bras enroulé dans plusieurs bandages. Ses soupirs d'extase m'excitaient de plus en plus. Le fait de voir France aussi docile me plaisait plus que je ne le croyais.
-France… Grognais-je de satisfaction en sentant le bas de son corps se durcir de plus en plus.
D'un coup sec, je retirais nos sous-vêtements respectifs puis me mis à califourchon sur lui. Une décharge de plaisir m'envahit lorsque nos sexes se touchèrent. Après quelques secondes d'attentes interminables, je commençais à onduler du bassin. Je savais que je n'allais pas aller jusqu'au bout, pas lorsque Francis n'avait pas totalement retrouvé ses esprits. Alors je continuais de bouger dans un rythme sans fin, je ne voulais pas arrêter. Je me couchais sur lui et après que nos torses se touchèrent j'augmentais la cadence. Le français tournait la tête d'un côté puis de l'autre en soupirant. Il se mordit la lèvre lorsque je le pris en main. Je fis frotter nos deux virilités dans un mouvement de vas et viens horriblement lent et frustrant. Le plaisir venait de plus en plus et je sentais le point de non-retour arriver. J'augmentais le rythme au maximum et après quelques minutes de cris et de soupirs, France et moi furent frappés par un orgasme commun. Nous avions éjaculé sur le torse musclé du français et épuisé, je tombais sur le côté. En reprenant ma respiration, je remarquais que Francis s'était déjà endormi d'un sommeil lourd. Je me relevais pour me diriger dans la salle de bain afin de nettoyer ce qui c'était passé. Une fois fait je retournais dans la chambre et commença à m'habiller. Les larmes aux yeux, je remis mon pantalon et mes chaussures. Deux larmes coulèrent lorsque j'enfilais ma chemise à moitié arrachée et je ne pus m'empêcher d'éclater en sanglot lorsqu'il fallut remettre ma ceinture.
Mais qu'est-ce que j'avais fait ?
J'avais abusé de lui ? Il était complètement bourré… Je n'aurais pas dû.
Je me suis assis sur le bord du lit et continua de pleurer en silence pour ne pas réveiller France. La tête dans les mains, je n'arrivais pas à calmer mes sanglots de plus en plus violents. Mes épaules étaient secouées par la force de mes pleurs.
Non je ne l'avais pas forcé. C'est lui qui avait commencé à… Mais il ne savait pas ce qu'il faisait.
Je suis pitoyable…
Je tournais la tête pour voir France et la vision me frappa. Le français était allongé sur le côté et avait un magnifique sourire endormi accroché au visage. Un fin drap le recouvrait jusqu'à la taille et ses cheveux semblaient être faits en or. Son bras blessé reposait sur l'oreiller et il n'avait pas l'air de souffrir. Je reniflais bruyamment et après avoir essuyé mes larmes, je me suis permis un petit rapprochement. Je lui donnais un baisé tendre du bout des lèvres puis me releva doucement. Sans que je m'en empêche une larme glissa sur ma joue pour rejoindre le cou du français. Je voulais essuyer cette goutte salée mais alors que j'allais lui toucher la peau, ma main de stoppa.
Non.
Je ne voulais plus le toucher. Je n'en avais plus le droit…
Je partis de la chambre sans un mot et referma la porte après un dernier regard.
Point de vue de France :
Je me réveillais étrangement bien. Les rayons du soleil me réchauffaient la peau et après un long étirement j'ouvris les yeux. Je tournais la tête et regarda le réveil posé sur la table de chevet.
10h12
Je me suis mis en position assise et après avoir passé la main dans mes cheveux, j'émis un long bâillement. Soudain, j'eus un frisson. En regardant ma taille, je vis que j'étais à peine couvert d'un drap.
Tiens… Je ne me rappelle pas mettre déshabillé hier.
Je me suis mis debout, je me sentais bien. Je marchais à travers ma chambre et pour chercher mes vêtements. Ils étaient complètement éparpillés aux quatre coins de la pièce et après quelques secondes, j'ai réussi à tous les réunir. Je les rangeais dans mes affaires sales puis alla prendre une douche et de nouveau habits. Après m'être rasé et coiffé j'allais dans mon salon pour me faire un petit déjeuner.
En repensant à ce qui c'était passé hier, j'émis un petit rire.
On avait bien picolé avec Spain !
Mais bizarrement, je ne ressentais aucune gueule de bois. J'ai eu de la chance pour une fois. Je me fis un café bien noir puis m'assis devant la table du salon pour lire le journal.
Tout d'un coup, je sentis une odeur étrange. Je lâchais ma tasse puis releva la tête pour essayer d'identifier ce parfum familier. Il ne m'était pas inconnu… Mais ou est-ce que j'ai pu le sentir ? Je penchais la tête vers mon épaule et inspira une grande bouffée d'air. Lorsque je me rendis compte que mes cheveux sentaient cette drôle d'odeur, je me remis droit et redoubla d'effort pour rechercher dans mes souvenirs. J'ai haussé les sourcils et repris ma tasse de café en main.
C'était sûrement rien.
Point de vue d'Angleterre :
10h12
Je n'avais pas dormi de la nuit… D'énormes cernes s'étaient creusés sous les yeux et je sentais à tout moment la fatigue m'emporter.
Mais pas moyens de m'endormir.
Dès que je sombrais, je revoyais le visage de France et la culpabilité me submergait. C'était une erreur. Il me détestait et moi je profitais de son corps pendant qu'il était à moitié dans les vaps…
Après quelques secondes où je ruminais ma culpabilité, je me remis droit et bu le restant de mon thé. Tout d'un coup, j'entendis quelques coups donnés à la porte. A peine m'étais-je retourné que je vis l'espagnol faire irruption dans la pièce.
-Bah c'est ça ! Entre ! Fais comme chez toi ! Commençais-je à crier.
-Ahh… Arrête de hurler comme ça ! Me coupa-t-il en se prenant la tête dans les mains.
Je lui envoyais un regard interrogateur.
-T'as pas une aspirine… ? Demanda Spain avec un petit air de chien battu.
Je soufflais de désespoir en voyant la bêtise d'Antonio et alla dans la salle de bain pour prendre le médicament demandé. Une fois de retour dans le salon je vis l'espagnol affalé sur le canapé. Je lui ai servi un verre d'eau et m'assis sur le fauteuil en face. Il prit le médicament dans une grimace de dégoût et se recoucha rapidement sur le dos. Après un petit silence, il prit la parole.
-Alors ?
-Alors quoi ? Dis-je irrité.
-Tu as bien profité des quelques heures que je t'offrais ?
-Oui ça va… J'ai… Et mais attend… Tu veux dire que tu n'avais aucun plan ?
-Je savais que tu aviserais… Dit-il dans un sourire. Qu'est-ce t'as fait alors ?
Après un soupire non contenu, je lui répondis.
-J'ai placé quelques affaires à moi dans l'appart de France. Pour qu'il ai des flash-back.
-Bien bien ! Très bonne idée ! S'exclama Spain en se relevant difficilement. De mon côté je me suis pris une belle cuite…
- Je vois ça… Lui répondais-je supérieur.
- Hey ! C'était pour le bien du plan A ! Dit-il en rigolant.
-Le plan A… Dis-je avec mépris et dégoût.
Je me levais brusquement et me rendis sur le balcon. L'air matinal m'a fait du bien et je relâchais mes épaules horriblement tendues. Je fermais les yeux et apprécia la douce brise du matin me caresser la peau. J'entendis Antonio arriver derrière moi et se placer à ma droite.
-Qu'est-ce qui ne vas pas Angleterre… ? Demanda-t-il avec sa sincérité habituelle.
Comme je détestais ses élans de gentillesse.
-Rien.
Il haussa les sourcils d'un air moqueur et s'accouda à la rambarde du balcon.
-Je connais bien mes amis Arthur…
-Je ne suis pas ton ami ! Dis-je indigné.
-Laisse-moi finir… Continua-t-il en levant les yeux au ciel. Je disais que je connaissais bien mes amis mais encore plus mes ennemis. Nous nous sommes tellement battus, Angleterre, que je te connais comme un frère ! Je sais qu'il s'est passé quelque chose.
Je levais la tête pour admirer le ciel et lui répondit de mauvaise humeur.
-Tes plans sont complètement absurdes ! Ça ne marchera jamais !
Je quittais le balcon d'une démarche lourde puis retourna m'asseoir sur le canapé.
-Arrête de fuir. Dit l'espagnol en me suivant.
- Lâche-moi. Tu devrais partir… Lui répondais-je en croisant les bras.
Le concerné s'avança rapidement vers moi et, une fois devant le canapé, se baissa pour mettre son visage à la hauteur du mien. Dans un réflexe je me reculais et colla mon dos au dossier.
-Écoute Angleterre. Je ne sais pas ce qui s'est passé dans l'appartement de France mais quoi qu'il en soit tu n'abandonnes pas ! On doit finir le plan jusqu'au bout et si ça ne marche pas on a encore le plan B. Me dit-il le plus sérieusement possible.
Après une petite pause il continua.
-Tu es avec moi ?
-Seulement si tu te casses de mon espace vital. Grognais-je de mauvaise foi.
Il s'écarta dans un grand sourire et se remit droit.
-Bien ! Dit-il tout joyeux. On continu le plan comme prévu alors !
-Et c'est quoi la suite… ? Dis-je en soupirant.
-Ah ah ! S'exclama-t-il dans un clin d'œil se voulant mystérieux.
Si seulement le pauvre Francis savait tout ce qui se tramait autour de lui.
