Bonsoir à tous ! Merci à tous pour vos reviews, vous ne savez pas à quel point c'est génial d'avoir des retours :)

San1987 : AH ! Bonne question ;) Ces rêves ont-ils un rapport avec ce qu'ils ressentent lorsqu'ils se touchent et se regardent ? Il faudra attendre la suite pour en savoir plus sur tout ça ahah ! Voilà pour la suite :)

NedwigeStark : Je ne sais pas combien il y aura de chapitres pour l'instant, mais je suis en train d'écrire le chapitre 46, et je dirais que j'en suis à un peu plus de la moitié :) Bonne lecture de la suite !

ChesiErhe : En effet j'avoue que la réaction d'Harry n'était pas difficile à imaginer ! Rêves prémonitoires ou fantasme inavoué ? Bonne question ! Je n'en dirais pas plus ahah ;) Bonne lecture !

Le chapitre 2 a été reposté, corrigé et relu ! N'hésitez pas à y jeter un coup d'œil si vous avez le temps :)

Bonne lecture à tous et toutes :)


Chapitre 21 : Monsieur Malefoy…

On aime d'abord par hasard

Par jeu, par curiosité

Pour avoir dans un regard

Lu des possibilités

Et puis comme au fond de soi-même

On s'aime beaucoup

Si quelqu'un vous aime, on l'aime

Par conformité de goût

On se rend grâce, on s'invite

À partager ses moindres mots

On prend l'habitude vite

D'échanger de petits mots

Quand on a longtemps dit les mêmes

On les redit sans y penser

Et alors, mon Dieu, on aime

Parce qu'on a commencé

Méditations, Paul Géraldy

Foutue poésie.

Drago était parti se réfugier dans son coin près du lac. Voilà près de deux heures qu'il s'y trouvait. Il avait loupé les cours de la matinée mais ça lui était bien égal. Lire ces poèmes le détendait, mais s'allonger ici, au calme, était encore mieux. Alors, lorsqu'il était sorti de la Grande Salle, il avait immédiatement su où aller.

Les rêves lui étaient réapparus, dès qu'elle l'avait regardé intensément dans les yeux. C'était la première fois qu'elle faisait une telle chose et il en avait été perturbé. Lâche, pensa-t-il en se remémorant comment il avait détourné les yeux, ne supportant plus le poids de son regard.

oOo

- Aujourd'hui, nous allons étudier les Métamorphoses Improvisées. Quelqu'un peut-il m'en parler ? Allez-y, Monsieur Potter.

- Il s'agit de métamorphoses où le lanceur improvise la transformation, expliqua-t-il. Il n'existe qu'un seul sort pour commander ces métamorphoses, le reste se fait simplement à l'aide de notre esprit, ce qui est donc très compliqué à réaliser.

- Exactement, je vois que vous avez révisé vos fondamentaux pour cette année Potter, sourit-elle. Cinq points pour Gryffondor.

- Eh bien ! Tu t'es avancé ou quoi ? chuchota Hermione, étonnée.

- Exactement, j'ai lu beaucoup de choses sur le métier d'Auror cet été, pour avoir les bases pour les A.S.P.I.C.

- Je pensais que tu allais renoncer au métier d'Auror, avec la guerre et les morts, souffla-t-elle. Je pensais que tu aurais envie d'arrêter de te battre.

- Non, justement. C'est vrai que j'y ai beaucoup réfléchi, à un moment je pensais exactement comme cela. Mais finalement je me suis rendu compte que j'ai fait ça toute ma vie, et j'y arrive plutôt bien, plaisanta-t-il. Et si en plus je peux débarrasser le monde des mages noirs et autres, je le ferai avec grand plaisir.

- Que de belles paroles, dis-moi, ricana-t-elle. J'espère que tu réussiras à atteindre ton objectif, même si je n'en doute pas une seule seconde. Maintenant que tu es libre de faire ce que tu souhaites, profites-en.

-Merci, Hermione, répondit-il en souriant. Et qu'est-ce que tu veux faire toi ? Toujours autant attirée par un poste au Ministère ?

- Oui, toujours, sourit-elle. Comme tu le sais, je m'intéresse beaucoup à la Justice magique et la politique en général, donc j'aimerais bien rentrer au Ministère le plus rapidement possible, puis monter les échelons. Qui sait peut-être qu'un jour je serais Ministre de la Magie, ricana-t-elle.

- Veuillez accueillir Miss Granger, Ministre de la Magie !

Ils pouffèrent tous les deux de cette appellation puis se concentrèrent à nouveau sur les explications compliquées que donnait le Professeur McGonagall.

oOo

Hermione n'avait pas aperçu Drago une seule fois de la journée, que ce soit dans les couloirs, pendant les cours, dans la Grande Salle, ou même dans l'appartement en rentrant après le dîner. Bizarrement, elle s'inquiétait.

Où avait-il pu partir après le déjeuner ? Était-il revenu depuis ?

N'étant pas certaine de sa présence dans leurs quartiers, la jeune femme préféra rester dans le séjour, bien décidée à l'intercepter s'il passait par là. Cependant, ayant passé une journée de cours assez éprouvante, Hermione ne tint pas longtemps et finit par s'endormir dans le divan près du feu.

Il était minuit passé lorsque Drago se décida enfin à remonter au cinquième étage. Il avait passé la journée dans le parc et n'était pas remonté, ni pour manger, ni pour suivre ses cours. Son ventre criait famine, mais il ne l'écouta pas, la fatigue étant plus forte. Ses amis s'étaient sûrement inquiétés de ne pas le voir de la journée, mais pour être honnête, il s'en souciait peu. Il n'avait de toute manière pas pu aller plus loin que le parc de Poudlard, et ils le savaient.

Il entra silencieusement dans l'appartement et remarqua qu'à nouveau, Granger s'était endormie près du feu. Peut-être l'avait-elle attendu ?

Il espérait ne pas l'avoir réveillée en entrant et s'approcha d'elle pour vérifier. Elle paraissait si paisible, comme si rien ne pouvait l'atteindre d'où elle était. Il l'observa dormir de longues minutes avant de métamorphoser - encore une fois - une plume en couverture, pour l'en couvrir. Il partit ensuite s'enfermer dans sa chambre et tomba rapidement dans les bras de Morphée.

oOo

Le lendemain matin, le temps était toujours aussi pluvieux. La lumière du jour traversait les grandes fenêtres du séjour et n'épargna pas Hermione, qui ouvrit difficilement les yeux. Elle était sous une chaude couverture, mais le feu s'était éteint.

Malefoy était-il celui qu'elle devait remercier pour l'avoir protégée du froid cette nuit ? Elle en avait la très nette intuition. Après tout, qui d'autre aurait pu le faire ?

Agacée de s'être encore endormie, elle fila dans la salle de bains pour se réchauffer et se préparer. Elle ne s'attarda pas dans l'appartement et partit prendre son petit-déjeuner. Il était très tôt, aucun élève n'était encore présent. Sauf un. Malefoy. Forcément.

Hermione ne se découragea pas et s'assit dans son champ de vision. Face à lui. Elle ne le quitta pas des yeux, cherchant son regard, mais il comprit sans mal son petit jeu et s'obstina à fuir ses yeux chocolat. Les minutes passaient, sans qu'elle ne puisse voir ses deux iris gris. Elle commençait à perdre patience. Elle tapotait la table du bout des doigts et secouait sa jambe. Elle ne toucha même pas à son assiette, contrairement à Drago qui fixait son repas avec attention, comme si c'était la chose la plus précieuse et intéressante du monde.

Peu de temps après, Harry et Ginny vinrent la rejoindre. Elle les salua à peine et ne fit pas vraiment attention à eux, même si elle lâcha quelques secondes le blond des yeux le temps de leur dire rapidement bonjour. S'ils étaient étonnés de ce comportement, ils ne dirent rien et discutèrent entre eux, faisant abstraction de leur amie. Hermione était de plus en plus tendue et cherchait désespérément à capter les deux halos gris dans les siens. En vain.

À l'heure du courrier, les hiboux et chouettes envahirent la Grande Salle, dans des bruits d'ailes et de hululements assourdissants. Mira ne lui apporta rien d'autre que la Gazette et Hermione se tourna donc à nouveau très vite vers son très agaçant colocataire. Elle l'observa attraper une lettre que lui apportait son hibou grand-duc. Il l'ouvrit et la jeune femme le vit se décomposer au fil de sa lecture. Son visage passa de l'indifférence totale dont elle avait l'habitude - et qu'elle aimait appeler son masque froid typiquement Malefoyen - à une sorte de fureur. Son regard devint plus dur, ses sourcils se froncèrent et sa mâchoire se contracta. Il ne dit pas un mot, ne fit pas un seul mouvement de travers et se leva brusquement, sans remercier son hibou. Elle le vit quitter la salle à grandes enjambées, sans rien comprendre.

Elle entendit Harry et Ginny faire une remarque, probablement à cause de la sortie brusque de Drago Malefoy, mais elle n'en comprit pas un mot, étant trop absorbée par ce départ précipité. Ses yeux restèrent fixés de longues minutes sur les grandes portes par lesquelles Drago était sorti, sans qu'elle n'esquisse le moindre mouvement.

Soudain, une vague de froid intense provenant de sa cage thoracique l'envahit. C'en était presque douloureux. Et sans savoir, ni contrôler ce qu'elle faisait, elle se leva d'un coup et sortit de la salle à son tour. Elle était dans une sorte de transe, ne voyant rien de ce qu'il se passait autour d'elle, concentrée uniquement sur la douleur lancinante qui entourait son cœur et ses poumons. Elle était essoufflée et ne se rendait qu'à peine compte qu'elle courrait à travers les couloirs de Poudlard. Son corps se dirigeait tout seul, elle ne savait même pas vers où elle se dirigeait. Sa vision était floue. Tout ce qu'elle voyait se confondait en nuages colorés sans forme.

Ainsi, après un temps indéterminé qui sembla à la fois incroyablement long et incroyablement court, elle atteignit le cinquième étage. Le tableau protégeant l'entrée de l'appartement s'effaça, sans qu'elle ne fasse quoi que ce soit. Elle pénétra dans le séjour et remarqua que la porte menant à la chambre de son colocataire était ouverte. Étant arrivée dans leurs appartements, elle avait repris ses esprits, sa vision était plus claire, et elle contrôlait à nouveau tous ses membres, même si le saisissement de son cœur était toujours présent, toujours aussi éprouvant. Elle s'approcha de la chambre du Serpentard pour voir comment il allait, et ce qu'elle aperçut la laissa sans voix.

Il se tenait debout face à la fenêtre, droit comme il en avait l'habitude. Cependant, ses épaules étaient secouées de légers soubresauts et tout son être semblait tendu. Il pleurait, même si de là où était placée Hermione, elle ne pouvait voir le flot de larmes qui s'écoulait de ses yeux. Sa main droite tenait fermement une lettre, probablement celle que son hibou lui avait apportée.

Mais tout ceci n'était pas ce qui choquait le plus la jeune femme. En effet, sa main gauche était en sang et son avant-bras tatoué était dans un terrible état. Des gouttes de sang s'écoulaient de sa Marque jusqu'au bout de ses doigts, certaines tombant même jusqu'au sol. Hermione aperçut alors, posée sur le bord de la fenêtre, une petite lame de rasoir. Elle plaqua une main sur sa bouche, pour ne pas crier, horrifiée. Une larme de compassion coula le long de sa joue devant ce désastreux spectacle.

La pièce était dans un horrible état, tout comme le jeune homme. La chaise de bureau était renversée, des papiers et des plumes éparpillés dans toute la chambre. De l'encre était renversée sur le bureau et coulait jusqu'au sol. Comme si la puissance magique de Drago avait explosé, détruisant tout ce qui se trouvait autour de lui.

La jeune femme entra silencieusement dans la chambre. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ressentait le besoin de se rapprocher du blond. Ayant fait quelques pas, elle arriva finalement dans son dos et, sans réfléchir plus longtemps, remplit le petit espace qui les séparait encore et l'entoura de ses bras, posant sa tête contre son dos musclé. Aussitôt, la sensation qu'elle endurait depuis le départ de Drago cessa pour laisser place à la chaleur à laquelle elle s'était habituée. Elle entoura tous ses membres et fit éprouver à Hermione un sentiment de pur bien-être, qui la fit resserrer sa prise sur Drago, souhaitant à tout prix la sentir plus intensément.

Le jeune homme était perdu. Il n'arrivait pas à faire cesser ses larmes, il venait d'exploser dans sa chambre et de tenter d'effacer ce foutu tatouage. En vain. Sur le moment, impulsivement, sans y réfléchir une seule seconde, il avait voulu faire disparaître sa Marque, ne plus la voir, quitte à en souffrir. Mais rien. Elle était toujours là. Il n'avait réussi qu'à augmenter sa douleur morale et physique. Il désespérait. Mais soudain, deux bras fins vinrent l'entourer, comme une délivrance. Un ange venu le secourir au fin fond de ses ténèbres, une bouée de sauvetage.

Dès qu'ils le touchèrent, la douleur commença doucement à s'évaporer, laissant place à une douce chaleur. La chaleur. Lui aussi en avait l'habitude, ce sentiment de bonheur, d'allégresse, de félicité.

Il baissa la tête et reconnut les mains d'Hermione Granger, ces doigts fins, qu'il avait si longtemps observés. Elle était là, derrière lui, et le réconfortait. Aussitôt, il ne pensa plus à rien d'autre qu'à ces bras qui l'enveloppaient de leur chaleur, ces mains sur son ventre et cette tête posée contre son dos. Aux douces sensations qui l'envahissaient au fur et à mesure que la douleur disparaissait. Il ne réfléchissait pas aux conséquences, ni aux causes de cet instant merveilleux. Il se laissait simplement aller, se détendant dans les bras de la jeune femme.

De cette façon, le débit de ses larmes ralentit, pour finalement s'arrêter. Ne restaient que les sillons de ses pleurs sur ses joues rougies par la rage qui l'avait pris plus tôt. Plus calme, il posa sa main droite sur celles de la jeune femme, relâchant la lettre qui atterrit à leurs pieds.

Le bien-être ne fit que s'accentuer et tous deux reprirent une respiration calme, que la jeune femme n'avait pas eu la sensation de stopper. Ils fermèrent finalement les yeux, d'un même mouvement, de façon à percevoir clairement les multitudes de sensations que vivaient leurs deux corps.

Après ces quelques minutes de délassement, d'un lent mouvement doux, Hermione écarta l'une de ses mains, pour attraper le poignet blessé du jeune homme. Elle entremêla ses doigts aux siens, sans s'embarrasser de les tâcher de sang, et se serra davantage contre lui, posant son front entre ses omoplates. Ils restèrent collés l'un à l'autre de longues minutes, sans bouger, simplement ensemble, calmement.

N'y tenant plus, Drago se retourna dans ses bras et put enfin l'observer. La jeune femme remarqua immédiatement les traces de ses larmes passées, mais n'y réagit pas, ne souhaitant pas le mettre mal à l'aise. Elle aussi avait pleuré de le voir dans cet état, il n'y avait aucune honte à cela. Pourtant, elle le connaissait assez bien pour savoir qu'il n'était pas dans ses habitudes de montrer ses émotions et qu'elle devait faire partie du peu de personnes à l'avoir vu pleurer. Alors elle ne réagit pas, se contentant de garder son regard dans le sien.

Ses yeux gris étaient rougis par la peine et la douleur, ses sourcils légèrement froncés et sa mâchoire crispée. Elle leva une main, dans un geste lent et précautionneux, vers sa joue pâle et essuya de son pouce les larmes restantes.

Ils ne disaient rien, continuant de se regarder dans les yeux. Hermione sortit sa baguette sans bouger la tête, ni le regard et la pointa sur l'avant-bras du blond pour soigner - à l'aide d'un informulé - ses profondes entailles. Drago ressentit immédiatement la chaleur significative des soins magiques et se détendit. Sa mâchoire se relâcha et ses sourcils s'abaissèrent, sous l'apaisement de ses maux. Elle crut même apercevoir un léger sourire s'étendre sur ses lèvres, alors que ses yeux montraient clairement sa gratitude.

Il baissa les yeux vers ses fines lèvres, jonglant entre ses yeux noisette et sa bouche rosée. La jeune femme rattrapa la main qu'elle avait lâchée et entremêla une nouvelle fois ses doigts avec les siens. Tout était simple, sans tourments, sans questions. Ils vivaient l'instant, comme s'ils en avaient habitude, comme s'ils l'avaient fait des millions de fois auparavant. C'était comme si ce qu'il se passait était indépendant de leur libre-arbitre, qu'une force agissait à leur place, ne les laissant pas spéculer sur les causes et les conséquences. Tout était bien.

Le blond s'approcha d'Hermione, jusqu'à sentir son souffle chaud sur le bout de son menton. De sa main libre, il attrapa la joue de la brunette et approcha son visage du sien, frôlant son nez avec le sien. Tout lui venait naturellement et comme un signe d'approbation, la jeune femme ferma les yeux. Il n'attendit pas une seconde de plus et posa ses lèvres sur les siennes, dans un tendre et langoureux baiser.

Dès que leurs bouches se frôlèrent, une multitude de sensations éclatèrent en eux. La jeune femme passa ses mains derrière sa tête, jouant avec les cheveux blonds qui descendaient sur sa nuque. La chaleur ressentie précédemment explosa dans leurs poitrines, comme si leurs magies implosaient. Elles se frôlaient, jouant l'une avec l'autre. Ils se détachèrent, à bout de souffle, front contre front. La force de ce baiser était unique, mais aussi épuisante. Hermione, qui avait resserré ses bras autour de lui, blottit sa tête dans son cou, alors que le jeune homme la serrait dans ses bras.

- Merci, murmura-t-il à son oreille, le visage plongé dans ses cheveux ondulés.

Elle ne répondit pas et se contenta de resserrer son emprise, l'embrassant dans le cou d'un même mouvement. Il inspira le parfum merveilleux que sa chevelure dégageait. Une odeur de rose. Une odeur qu'il avait eu plusieurs fois l'occasion de sentir, lorsqu'il avait été près d'elle. Une odeur qui l'exaltait, qu'il avait cherchée sans le savoir.

Tout allait bien, aucun des deux ne se sentait mal d'être dans les bras de l'autre, au contraire, ils ne s'étaient jamais sentis autant à leur place qu'à cet instant. Leurs corps, l'un contre l'autre, s'assemblaient de la meilleure des façons, comme si cela avait toujours été une évidence. Aucun des deux n'avait envie de quitter les bras de l'autre. Ils se sentaient bien. Elle avait quelqu'un qui la soutenait, qui la tenait dans ses bras, contre qui elle pouvait se blottir, se reposer, mais aussi à réconforter. Il avait quelqu'un à serrer dans ses bras, à tenir contre lui, quelqu'un à protéger, à soutenir, quelqu'un pour le réconforter. C'était pur.

- Tu veux m'en parler ? Chuchota-t-elle après quelques instants de silence.

Pour toute réponse, il se détacha d'elle et ramassa la lettre tombée au sol. Il caressa sa joue et lui tendit le parchemin, avant d'aller s'asseoir sur le lit. Elle le suivit, lettre en main et appuya sa tête sur son épaule avant d'entamer sa lecture.

"Mr. Malefoy,

J'ai le regret de vous annoncer le décès de votre père, Mr. Lucius Abraxas Septimus Malefoy, ce samedi 19 septembre. En effet, comme vous le savez, Mr. Malefoy était emprisonné à la Prison d'Azkaban depuis plus de quatre mois. Cependant, il avait depuis quelque temps un comportement très dangereux envers les Aurors-Gardiens, ainsi que les autres prisonniers. Il avait bien évidemment été placé en isolement, mais cela n'a pas suffi. Mr. Malefoy avait été diagnostiqué comme ayant perdu toute lucidité, persuadé que Lord Voldemort était toujours vivant, qu'Il viendrait le sauver et qu'Il "tuerait tous ceux qui se mettraient sur son chemin".

Malheureusement, il a eu ce samedi un comportement très violent envers l'un des autres prisonniers, amenant à une bagarre générale. N'ayant plus aucune pensée lucide ou sensée, il s'est battu à mort au nom du Seigneur des Ténèbres, et a succombé sous les coups de plusieurs prisonniers, qui rassurez-vous vont passer sous procès, afin d'allonger leur peine, pour la plupart. Une lettre a également été envoyée à votre mère, Mrs. Narcissa Druella Irma Malefoy.

J'aimerais cependant, vous préciser une dernière chose. Il a été retrouvé dans les affaires de votre défunt père de très nombreuses lettres, qu'il adressait à votre mère. La plupart d'entre elles étaient des lettres de menaces, dans lesquelles il interdisait à son épouse de sortir du Manoir Malefoy pour, je cite, "ne pas déshonorer la famille, déjà plus bas que terre à cause d'elle et son fils". D'autres lettres lui interdisaient des tas d'autres choses. Il y avait parmi celles-ci, la plupart des réponses, dans lesquelles votre mère disait obéir à son mari.

Concernant l'enterrement, il vous sera possible d'en préparer un, mais d'après les lois sorcières concernant les prisonniers, n'y seront autorisés que les membres proches de la famille (soit pas plus de dix personnes). L'enterrement devra par ailleurs avoir lieu dans la résidence du défunt.

Je vous invite à trouver avec ce pli une copie de l'acte de décès. De plus, je me tiens à votre disposition pour effectuer toutes les démarches qui s'imposeront.

Toutes mes condoléances à vous et votre famille,

Mr. David Ackerley, Directeur du Département Psychiatrique de la Prison D'Azkaban."

Drago avait gardé la tête baissée pendant que la jeune femme lisait la lettre. Lorsqu'elle leva les yeux de cette dernière, elle était sans voix. Elle comprenait toute la douleur du blond et la ressentait au plus profond d'elle-même. Lorsqu'elle l'observa, elle éprouva le besoin physique de le protéger, de le consoler, de le réconforter, comme si tous ses membres avaient besoin d'être là pour lui. Le voir dans cet état la poussait à vouloir rester avec lui, le rassurer, l'apaiser. Et c'est ce qu'elle fit. Hermione attrapa les mains du blond, pour qu'il arrête de les triturer dans tous les sens, puis reposa sa tête sur son épaule.

- Je suis désolée, Drago, murmura-t-elle, sans se rendre compte qu'elle l'appelait par son prénom pour la première fois.

- Pas moi.

- Pourquoi ? demanda-t-elle, sans montrer son étonnement.

- Il a détruit notre famille. Il nous a forcés, ma mère et moi, à servir Voldemort, il nous a fait nous soumettre. Il était dingue, depuis toujours. Il cachait bien son jeu, en se rapprochant des politiciens, en ayant toujours une attitude parfaite - exceptée son activité Mangemort. Mais la réalité était tout autre. Il était violent. Ma mère cherchait toujours à me protéger du mieux qu'elle le pouvait, de ses coups, de ses cris, de ses insultes. Elle était toujours là pour moi. Mais parfois, il s'en prenait à elle, souvent même, et je n'y pouvais rien, je ne pouvais pas la défendre, souffla-t-il, lui-même étonné de se confier si facilement. Depuis cet été, elle n'est plus vraiment là, elle est absente, ne parle pas, comme une coquille vide. Et tout cela, c'est à cause de lui, accusa-t-il d'une voix forte et dure, qu'elle ne lui connaissait pas.

Elle l'avait souvent vu sarcastique, insolent, arrogant, moqueur, froid, mais jamais elle n'avait entendu tant de haine, de fureur et de dureté dans ses mots et sa voix. Elle en était retournée. Mais avant qu'elle n'ait pu repenser à ses mots, il reprit la parole.

- Tout est sa faute, Hermione, murmura-t-il en posant sa tête sur le haut de son crâne, utilisant lui-aussi le prénom de la jeune femme pour la première fois. Il a ruiné nos vies par sa folie, sa démence et sa dévotion au Seigneur des Ténèbres. Il m'a fait devenir quelqu'un d'horrible, quelqu'un que je déteste, un foutu Mangemort. Qui sait qui j'aurais pu être, si dès ma naissance, il n'avait pas été dans ma vie, ricana-t-il d'un air mauvais, sarcastique. Et je n'ai rien pu faire pour sauver ma mère, ni pour me sauver moi. J'ai fait souffrir tellement de gens, simplement parce qu'il me l'ordonnait.

- Drago, le coupa-t-elle. Eh ! Écoute-moi, dit-elle en attrapant son visage entre ses deux mains, pour qu'il la regarde dans les yeux. Ce n'est pas ta faute. Tu as peut-être fait des choses dont tu n'es pas fier, mais tu étais constamment sous la menace. Je le sais. Tu l'as dit toi-même, sans lui, tu ne serais pas le même. Tu n'es pas quelqu'un de mauvais, d'accord ? Tu as été un crétin, pendant longtemps et toujours aujourd'hui. Mais je sais que tu n'es pas quelqu'un de mauvais, au fond de toi, ajouta-t-elle en posant une main sur son cœur. Tu n'es pas un monstre, tu n'es pas quelqu'un de mauvais, d'accord ? Arrête de te malmener, je t'en prie. Ne te fais pas de mal, ne refais plus ça. Tu ne sais pas ce que j'ai ressenti quand tu t'es fait du mal...

- Comment ça ?! répondit-il en fronçant les sourcils, tout d'un coup inquiet.

- Je ne saurais pas l'expliquer, bafouilla-t-elle en se reculant légèrement, commençant à se triturer les mains. Quelques temps après que tu sois parti de la Grande Salle tout à l'heure, j'ai ressenti comme un froid autour de mes poumons et de mon cœur, c'en était presque douloureux, souffla-t-elle en posant une main à l'endroit indiqué. Je n'ai pas compris comment, ni pourquoi, mais je suis partie, j'ai quitté la salle. J'étais inconsciente de ce que je faisais, j'ai atterri ici et je t'ai vu...

- Est-ce que tu as aussi ressenti, une espèce de-

- Chaleur ? Oui. Depuis le début, depuis que nous nous sommes frôlés en Potions. Et depuis, chaque fois que je te regarde, je ressens cette chaleur. Je suppose que toi aussi ? Nous avions les mêmes réactions à chaque fois.

Il hocha la tête et elle reposa la sienne sur son épaule, en soupirant. Il passa un bras autour de ses hanches et la rapprocha de lui.

- Tu as une idée de ce que c'est ?

- Non, je n'ai jamais vécu quelque chose de tel avec qui que ce soit.

- Tu me rassures, plaisanta-t-il avec un sourire en coin. Moi non plus.

- Tu crois que c'est purement physique ? Ce lien ?

- Est-ce que c'est purement physique pour toi ?

- Je ne crois pas, dit-elle doucement, les joues roses.

- Moi non plus.

Elle releva les yeux vers lui et les planta dans les siens, encore une fois. Il posa une main sur sa joue et l'embrassa de nouveau, d'un baiser lent qui en disait long.


J'espère que le chapitre vous aura plu ! N'hésitez pas à me laisser une petite review pour me donner votre avis ;)

Merci à Suldreen194 et CindyOlivia pour leurs relecture et leurs corrections !

A samedi pour le prochain chapitre !