chapitre 12 : Tentative de fuite


Point de vue de France:

Bon.

Toutes les communications étaient coupées, les téléphones ne pouvaient plus fonctionner et le réseau était mort. Je n'avais pas réessayé de me connecter mais j'étais sûr que rien n'avait changé. J'étais définitivement coincé dans cet hôtel à attendre que les circonstances s'améliorent. Je n'avais pas le courage de parcourir Londres et de partir à la recherche d'un taxi pour aller à l'aéroport. Et puis je n'avais même pas de billets, que ce soit pour l'avion où pour le train. Voyons le côté positif des choses, Spain était autant bloqué que moi dans ce fichu pays et je pouvais continuer à enquêter sur les quelques jours avant mon accident. Je devais aller à l'accueil et reprendre là où mon stupide meilleur ami m'avait interrompu.

D'un mouvement décontracté, je tendis les bras au dessus de ma tête pour m'étirer. J'avais passé ma journée à me reposer et à changer mes bandages. Je n'avais plus dû tout mal à la jambe, je marchais dorénavant normalement, mais mon bras me faisait encore un peu souffrir. Heureusement que ma constitution de nation me rendait résistant, je ne pourrais pas être un de ces humais qui devait être en convalescence pendant des mois... Il faut dire que les médicaments du médecins m'ont bien aidé.

Il devait être dans les alentours de cinq heure de l'après-midi quand j'ai décidé d'aller questionner la réceptionniste. Je partais de ma chambre et parcouru ces couloirs qui maintenant m'étaient tellement familiers.

Tout d'un coup, une alarme se mit en route. J'entendis des bruits de pas précipités un peu partout.

Qu'est-ce qui se passe ?

La panique commençait à monter, j'ai couru jusqu'à l'ascendeur et aperçu plusieurs personnes descendre rapidement l'escalier. Soudain, je me figeais sur place, c'était l'alarme incendie.


Point de vue d'Angleterre:

-MERDE MERDE MERDE ! SPAIN !

-OK. On a un gros problème...

-EVIDEMMENT QU'ON A UN GROS PROBLÈME ! IL Y A LE FEU !

-Un extincteur ! Il devrait en avoir un dans la salle !

-BAH CHERCHE CONNARD !

L'ancien pirate courait dans tous les sens pour trouver un moyen d'éteindre le feu. Pendant ce temps, j'allais activer l'alarme incendie. Un son strident se répercuta à travers les murs et bientôt les autres alarmes de l'hôtel suivirent. De la sueur coulait sur mon front et une profonde panique me tordait les muscles des jambes.

-Je trouve pas !

-CHERCHE ENCORE !

-Aide moi alors ! Cria l'espagnol en me lançant un regard stressé.

Je serrais les dents et couru dans le couloir pour essayer de trouver un extincteur. Mon regard s'éclaira lorsque j'en aperçu un à une trentaine de mètres. J'ai couru le plus vite possible et le prit sans plus de cérémonie. En revenant dans la salle de contrôle, Spain se jeta sur moi pour me prendre l'objet des mains. Il l'activa et bientôt une mousse blanche se déversa sur le feu qui devenait de plus en plus important. Quelques secondes plus tard l'extincteur s'arrêta et dans un silence de mort l'espagnol de tourna vers moi.

-Ça... Ça marche plus... Dit-il.

L'espagnol, qui semblait perde les pédales à cause du stress, avaient les mains secouées de tiques nerveux et tremblait horriblement.

-C'est quoi ces conneries ! Normalement ça devrait...

-Oui bah tant pis on se casse ! Me cria-il en me coupant et en me prenant par le bras pour partir de la salle.

Spain et moi courrions à présent dans les couloirs et c'est dans un ton de reproche que je lui lançais:

-Tout est de ta faute ! Si on avait pas suivi ton stupide plan rien ne ce serait produit ! A cause de toi j'ai carrément mit le feu à mon hôtel, putain de bordel de merde !

-Toi aussi t'étais d'accord ! Et puis on devait commencer le plan B je te rappelle ! Me cria Spain totalement offusqué par mon attitude. On devait juste recouper les câbles d'alimentation pour gagner du temps, c'est pas de ma faute si tout est réparé en quelques heure ici !

-Parce que c'est un putain d'hôtel de luxe ! On répare ce qui est cassé ici ! Et puis c'est pas parce que y'a plus de connexion internet que France va forcément rester !

-Oui bah c'est pas ma faute si quand j'ai coupé le fil y'a eu une putain d' étincelle et que ça à pris feux ! Je contrôle pas les éléments merde à la fin!

-C'était ton idée !

-C'est pas comme si tu m'avais empêché !

-Oh ferme ta gueule tu veux !

-Mais c'es toi qui a commencé ! Espèce de sale...

Spain ne pu finir sa phrase car, étant trop occupé à me regarder, il percuta violemment le mur. Il tomba à la renverse et après quelques grognements il s'évanouit.

-Merde merde merde ! Réveille toi ! Dis-je complètement paniqué en lui donnant des petites claques sur les joues.

-Mais quel con ! Même le mur il le remarque pas !

Au loin je voyais la fumée arriver et dans un mouvement rapide de la main je pris mon téléphone. Mes mains, devenu moites à cause du stress, tremblaient terriblement et j'eus beaucoup de mal à composer un numéro. Je mis le portable contre mon oreille mais fronça les sourcilles lorsque je n'entendis aucune tonalité.

-America...? Tu m'entends ?

Non il n'avait même pas dû avoir mon appel... Mon regard s'éclaira lorsque je compris pourquoi il ne marchait plus. Les lignes étaient coupées... A cause d'Antonio et moi... Dans un cris de rage je jetais l'objets à l'autre bout du couloir. Je me penchais vers mon complice et le secoua de plus en plus violemment. Il était bien trop lourd pour que je le porte et hors de question de le laisser ici seul.

-Spain ! Je t'en prie réveille-toi !

Aucune réaction. Je sentais la fumée envahir mes poumons peu à peu. Je toussais brutalement et mit un tissu contre la bouche du pirate ainsi que sur la mienne. J'essayais tout de même de porter Spain en mettant une de ses mains par dessus mon épaule mais après quelques mètres je m'effondrais par terre dans un grognement de douleur. Ma vision était de plus en plus trouble et j'entendais un drôle de sifflement dans mes oreilles. Je me relevais avec difficulté mais aussitôt je retombais à genoux devant Antonio. Des larmes coulaient sur mes joues tellement la fumée me piquait les yeux et j'avais la terrible impression que ma cage thoracique aller exploser. Soudain, j'entendis un hurlement au loin et après avoir gratté mes yeux je vis une ombre courir vers moi. Je tombais sur le ventre totalement impuissant et après un dernier regard vers Antonio je sombrais à mon tour dans l'inconscience.


Point de vue de France:

Je courais à travers les couloirs et me précipita dans la chambre de mon meilleur ami.

-Antonio ! Tu es là ?! Criais-je en parcourant son appartement. Il y a le feu, on doit partir d'ici ! Antonio !

De toute évidence, il n'était pas là. Je partis rejoindre les couloirs et vis passer au loin une foule de personnes dont China qui courrait pour rejoindre les escaliers de secours.

-China ! Tu as vu Antonio ?!

-Non désolé ! Dit-il en partant sans me regarder.

Je grognais de mécontentement et couru vers la chambre de Canada. A peine avais-je fait deux mètres que je percutais quelques chose.

-Aïe ! Emit une toute petite voix.

-Matthew ?

-Oui... ?

-Oh je t'avais pas vu, désolé. Dis-je avec dépit. Va te mettre à l'abris tout de suite ! As tu vu Antonio ? Et America, il va bien ?

-Al... Alfred est sortit tout à l'heure, j'allais le rejoindre... Je... Je crois que j'ai vu Spain monter avec Angleterre dans l'ascenseur avant que l'alarme se déclenche.

-Très bien merci ! Lui répondais-je précipitamment en courant vers l'escalier. Et sors de cet hôtel !

-Fait at...atention papa, j'ai entendu des personnes dire qu'il y avait de la fumée tout en haut.

-Ne t'inquiètes pas pour moi !

Antonio putain...

C'était mon meilleur ami, hors de question de partir sans l'avoir déjà retrouvé. Et le connaissant, j'étais quasiment sûr qu'il s'était fourré dans je ne sais quelle histoire.

Je suivais les indications de Matthew et montais les escaliers deux par deux mais à peine arrivé à l'étage supérieur une vague de fumée me prit à la gorge. Je toussais en sentant ma trachée me brûler. Je mis immédiatement ma chemise au niveau de mon nez pour éviter l'air pollué. J'ouvris à la volée la porte menant au couloir puis cria le nom de l'espagnol plusieurs fois. Au loin je vis deux personnes à terre dont une à genoux qui semblait suffoquer. Je plissais les yeux et remarqua les cheveux blonds et le pull si caractéristique de l'anglais.

-Angleterre... Chuchotais-je pour moi même.

J'avais l'impression que le temps s'était arrêté. En un éclair, mon cœur s'accéléra et mes jambes bondirent.

-ARTHUR !

Je le vis tomber face contre terre. Dans une montée d'adrénaline, je me jetais à ses côtés. Je me mis à genoux et le secoua brutalement. A côté, je vis Spain totalement inconscient.

-Angleterre ! Tu vas bien...? Angleterre !

Devant le manque de réaction, je le pris dans mes bras et réussis dans une contorsion d'acrobate à le mettre sur mon dos. Sa tête ballotait contre mon dos alors que je le tenais sur mon épaule d'un bras. De l'autre, je pris mon meilleur ami par la taille et partit en courant vers les escaliers. Antonio m'aida un peu, il était à moitié conscient. J'ouvris la porte d'un coup d'épaule et descendis difficilement un palier. Mais tout d'un coup, j'eu comme un flash de douleur dans le bras. Ma blessure n'était pas totalement guérie. Sous l'effort, je mis un genoux à terre. Je repris lentement ma respiration qui devenait de plus en plus sifflante à cause de l'épaisse fumée. Je me relevais avec difficulté et resserra mon emprise sur les deux nations. Je fis quelques mètres mais à peine arrivé aux nouvelles marches je sentis un vertige me prendre. Ma vision se troubla et j'entendis une voix feutré qui me chuchotait quelque chose.

-Francis, écoute-moi bien. Elle était une héroïne. Elle t'aimait mais elle n'est plus là. C'est normal que tu ne l'aime plus. Une nation ne peut pas aimer un humain éternellement.

Je clignais des yeux plusieurs fois tout en essayant de revenir à la réalité. C'était Antonio qui venait de me parler mais il était encore à moitié évanouis. Encore un souvenir alors...? Ou bien une hallucination dû à la fumée.

De qui parlait-il ?

Je secouais la tête brutalement et me remis en marche.

- Concentre-toi... Soufflais-je pour moi même.

Je descendis les dernières marches très lentement de peur de faire tomber l'un des deux. Je serrais les dents pour supporter la douleur de mon bras. J'ouvris la porte me menant au hall d'entrée à la volée, épuisé de ce périple.

- Oh non...

Devant moi se trouvait les couloirs conduisant aux différentes chambres. L'accueil était encore un étage plus bas.

Je retournais vers l'escalier mais au bout de quelques mètres, mes genoux cédèrent. Entraînant Spain et Angleterre avec moi, je tombais lourdement au sol.

Je suis à mes limites... Pensais-je avec amertume.

Il n'y avait plus de fumée mais je sentais quand même cette horrible odeur de souffre qui me collait à la peau. Je me redressais et, après avoir fouiller les poches des deux autres, tenta d'appeler quelqu'un avec un portable. Après quelques secondes, rien. Toujours aucun réseau.

Peu à peu, je retrouvais mes forces, malgré le fait que mes muscles ressentaient encore d'horribles tiraillements. Avec toute la volonté qu'il me restait, je me leva. Mais une fois debout, un vertige de plus me fit divaguer me faisant tomber près du mur.

-Qu'est-ce que tu me veux encore Arthur ? Dis-je en insistant sur son prénom.

-Je voulais juste voir si tu allais bien…

-Tu t'inquiètes pour moi maintenant ?

Je voulais tellement qu'il me dise que oui, qu'il s'inquiétait pour moi. Que oui, mon état le préoccupait...

-C'est Canada qui m'a demandé. C'est tout.

Ah... Angleterre... Pourquoi tu ne dit pas ce que je veux entendre...

Je secouais la tête violemment et me mordit l'intérieur des joues pour reprendre le contrôle de moi même.

Qu'est-ce qui se passait...? Encore des souvenirs, je n'en pouvais plus... Quel était ce sentiment que j'avais à l'égard d'Arthur...?

Je tournais la tête pour observer l'anglais puis en réalisant la tournure de mes pensées une montée de stress m'envahis.

Il fallait partir.

Rapidement, je me dirigeais vers Angleterre pour le porter. Tout d'un coup, une explosion se fit entendre à l'étage supérieur. Je tombais à genoux en me protégeant la tête dans un instinct de survie puis une grande vague de fumée et de poussière se rependit dans la pièce. Je ne voyais pratiquement plus rien. De peur de les perde de vue, je me rapprochais des deux autres nations. Mais ce n'était pas fini, soudain les marches qui menaient au hall d'entrée tombèrent au sol. L'escalier désormais coupé était inutilisable et c'est dans un cris de panique que je me jetais vers Angleterre pour le mettre sur mon épaule. Je pris Espagne avec moi et partis dans les couloirs. Toute fatigue avait disparue sous la panique et l'adrénaline. Je me dirigeais avec difficulté vers la chambre la plus proche, c'était sans aucun doute celle de l'espagnol. Je tournais la poignée de porte le plus vite possible puis m'engouffra dans la petite suite. L'alarme de la chambre continuait de crier. On pouvait aussi entendre les violents hurlements de l'alarme générale provenant du couloir. Une fois l'adrénaline et tout le stress passé je me laissais glisser le long du mur et me prit la tête dans les mains.

Je ne pouvais pas y croire... Comment des nations peuvent se retrouver piégés comme des rats. Nous sommes au dessus des humains pourtant.

Je relevais la tête et regarda Espagne et Angleterre toujours évanouis près du canapé. Je n'avais plus aucune force, je ne pouvais pas aller voir leurs états de santé.

Je fermais les yeux en entendant les bruits environnants. Je ne pourrais pas continuer. C'était dur de se l'avouer, très dur. Mais je ne pouvais pas continuais ainsi, je n'avais plus de force.

En imaginant les flammes danser à l'étage supérieur, je fus pris de nausée.

Mon pire cauchemar se réalisait.

Mon ventre était tellement tordu que j'avais du mal à respirer. Rien que l'odeur du brûler me donnait envie de vomir... Je revoyais ma Jeanne brûler sur cet affreux bûcher. Je revoyais son sourire, si doux mais si terrible. Je voyais sa chair fondre et j'entendais les gens rire.

Mon dos me faisait mal, tout mon corps n'était que courbature et douleur. Je ne voulais pas voir cette chaleur trop intense, cette couleur rouge vive qui me faisait mal aux yeux. Les mains tremblantes je me frictionnais les bras en remarquant à quel point j'étais paralysé. Je ne me débarrasserais jamais de tout ça.

Soudain, je vis de la fumée pénétrer l'appartement en passant lentement par le dessous de la porte. J'ouvris mes yeux en grand en voyant toute l'horreur de la situation. Nous trois coincé dans une pièce en attendant gentiment de se faire brûler par les flammes. Des larmes commencèrent à perler au coin de mes yeux. Dans un sanglot étouffé, je mis ma tête entre mes bras. Mes cheveux étaient tellement emmêlés que lorsque je me redressais pour lancer un coup d'œil aux deux autres, j'en arrachais plusieurs. Ils ne bougeaient toujours pas, je ne savais même pas s'ils respiraient encore. Mes yeux étaient bien trop brouillés pour voir quoi que ce soit.

- Pourquoi tu es désolé ?

Ma voix résonnait dans ma tête si fort que je me bouchais les oreilles pour arrêter cette torture. Encore ces saletés de souvenirs !

- Moi aussi je suis désolé.

Tout d'un coup, une seconde explosion se fit entendre à l'autre bout de l'hôtel. Je sursautais en entendant ce bruit atroce et le poids dans mon ventre se fit encore plus lourd.

Je ne savais plus quoi faire.

Je n'avais plus la force de faire quoi que ce soit.

Je...

C'était trop...

Je ne pouvais plus...