Chapitre 13 : Pétage de câble


Point de vue d'Angleterre :

Où suis-je … ?

J'ouvris les yeux doucement mais les referma de suite en sentant la poussière s'insinuer sous mes paupières. Je clignais des yeux rapidement pour faire arrêter les picotements tout en essayant de me relever. Une violente quinte de toux me brûla les poumons et m'obligea à me remettre à terre. Je me mis sur le dos et tenta de reprendre ma respiration. L'air était atrocement chaud, j'avais la désagréable sensation d'être comme dans un four. Avec entêtement, je me redressais et enleva tout de suite mon pull pour pouvoir respirer normalement.

Mais qu'est-ce que je faisais ici... ?

Je regardais autour de moi et vu une forme recroquevillée sur elle à quelques mètres. J'eus un peu de mal à reconnaître ces cheveux blonds ondulés devenu presque gris à cause de la tonne de cendre qui les recouvraient. Mais lorsque j'aperçus le regard bleu perdu dans le vide un nom s'échappa de ma gorge.

-Francis ?

Tout d'un coup, le sabotage, le feu, la fuite et ma perte de conscience me revinrent à l'esprit. D'un mouvement rapide de tête je vis Spain qui gisait à côté de moi. Je m'approchais vite de lui et mis mon oreille au niveau de son cœur. Je l'entendis battre d'un rythme normal. D'un geste précis, je mis ma main devant sa bouche pour sentir sa respiration. Dans un soupir de soulagement je m'écartais de lui et reporta mon attention sur France. Mais comment Spain, France et moi étions ici ?

Francis nous auraient-ils... ? Non c'est impossible... Il est encore bien trop faible pour pouvoir nous porter tous les deux et nous amener en sécurité.

-Hey Miss frog ! You're all right ? Dis-je en essayant d'être le plus détaché possible.

Seul un silence me répondit. Dans un froncement de sourcils, je me mis debout pour m'approcher de lui. J'essayai de reporter mes interrogations à plus tard, l'heure était à la survie. Ma vision un peu brouillée et mes muscles engourdis me demandaient beaucoup d'efforts pour faire simplement quelques mètres mais je réussis tout de même à m'asseoir en face de lui. Le blond ne m'avait peut-être même pas remarqué tellement il semblait absorbé dans ses pensées. Son regard se perdait face de lui, c'est à dire dans ma chemise puisque je m'étais lourdement incrusté dans son champ de vision.

-France ? Est-ce que tu peux me répondre s'il te plaît...

Toujours aucune réponse. Il se contentait de regarder le vide. Il ne donnait aucun signe de vie.

-Francis, répond moi, merde ! Criais-je paniqué par son manque de réactivité.

Soudain, le voile qui recouvrait ses yeux se dissipa et il releva son regard pour le planter dans le mien. Tout de suite, je sentis une tension m'écraser le ventre. Lorsque j'aperçus des larmes perler au coin de ses yeux, une grande culpabilité me tomba dessus. Je n'aurais pas dû m'énerver, il doit sûrement être en état de choc. Encore une erreur.

Soudainement, je repensai à ce que je lui avait fait dans sa chambre. Ma promesse de ne plus jamais le retoucher volait en éclat... mais je ne pouvais certainement pas le laisser dans cet état. J'écartais d'un coup ses jambes qui me bloquaient le passage pour me plaquer contre son torse. Je mis mes mains autours de son cou et enfonça mon visage dans ses cheveux habituellement si doux et si parfumés. Je le serrais contre moi aussi fort que possible comme pour lui rappeler les fois où il me serrait de cette manière. J'essayais de transmettre tout l'amour que j'avais déjà éprouvé pour lui. Dans cette vie et dans les précédentes. A cet instant, tout ce que je voulais, c'était que Francis aille mieux.

Lentement, je sentis ses mains tremblantes me serrer la taille, me rapprochant encore plus de lui. Il me prit également dans ses bras et pendant quelques temps je sentis même son cœur battre contre ma poitrine.

-J'ai peur... Dit-il dans un souffle.

Je sentais ma gorge se serrer en entendant cette voix si confiante habituellement.

-Ne me laisse pas... Je... Me laisse pas Arthur... Continua-t-il en plaçant sa tête dans mon cou.

Je ne pouvait plus me retenir, l'émotion dans sa voix me faisait déraper.

-Je te laisserais jamais France ! Tu te rends pas compte à quel point... Je... Je... I love you so much... Dis-je avant de m'abandonner complètement dans ses bras.

Je laissais les larmes que j'avais accumulées depuis sa sortie de l'hôpital couler contre son épaule et c'est dans un sentiment de honte que j'enfouis encore plus mon visage pour sentir son parfum. Mais je ne sentais que l'odeur des cendres, de la fumée et de la peur.

Et encore une fois, je ne servais à rien. Je n'étais qu'un poids pour lui...

Encore une fois, j'avais craqué alors que je devais le soutenir. Étais-je si faible que ça... ?

Soudain, une autre explosion envoya un nuage de fumée dans le couloir. Doucement, la fumée commençait à s'infiltrer dans la pièce me rendant encore plus paniqué.

- Personne ne brûlera aujourd'hui. Dit France le regard vide.

Doucement, il me dégagea de sa poigne. Une fois debout, il regarda aux alentours. Il courut à la fenêtre et l'ouvrit à la volée dans des geste précis. Sous mes yeux exorbités, il grimpa sur la rambarde et regarda intensément le vide.

-FRANCE ! QU'EST-CE TU FOUS ? Criais-je hors de moi. DESCEND ! MÊME EN ETANT UNE NATION TU PEUX MOURIR SI TU TOMBES DE CETTE HAUTEUR ! TU N'ES PAS AUSSI RESISTANT QUE RUSSIA, TU ES UN TROP PETIT PAYS POUR PRENDRE DE SI GROS RISQUES !

Je ne pouvais plus bouger, la peur me paralysait. Toutes mes forces s'étaient évanouies.

-Le feu... Il arrive... Dit-il avec des yeux amorphes. Le feu... Les flammes approchent...

Le feu ? Il avait peur du feu ?

-FRANCE JE T'EN PRIE ! Hurlais-je de toutes mes forces en pleurant. JE SAIS COMMENT SORTIR D'ICI, ECOUTE MOI !

Alors que Francis s'apprêtait à plonger dans le vide, Antonio surgit de nulle part et l'emporta avec lui par terre. Je tombais à genoux sous le choc et la peur qui refusait de sortir de mon corps.

-Mais t'es vraiment con putain ! Cria l'espagnol au visage de France. Tu ne mourras pas en tombant par terre ou brulant vif mais tu auras très mal Francis crois moi ! Et ton pays mettra des années à s'en remettre !


Point de vue de France :

J'étais par terre, Spain sur moi me criant des choses que je n'entendais pas. Je voulais juste m'enfuir d'ici, ne pas revoir le feu qui avait tué ma Jeanne. Je ne voulais plus...

-ECOUTE MOI CONNARD QUAND JE TE PARLE ! Dit Antonio en me donnant une violente droite sur le visage. Tu crois que c'est une solution de sauter par la fenêtre ?! Si je m'étais pas réveillé tu serais agonisant par terre !

Tout d'un coup, la colère m'envahit. Dans un éclair de rage, je retournais la situation à mon avantage en donnant un coup de genoux dans les côtes de l'espagnol. Il émit un petit cri de souffrance et dans des gestes rapides je me mis au dessus de lui.

- La ferme ! Je veux plus revivre ça ! Je préfère encore sauter ! Lui criais-je les larmes aux yeux.

Le souvenir de Jeanne attachée à son triste sort en train de brûler vive me rendait fébrile. Bientôt, mon meilleur ami repris les choses en main et me remit sur le dos. Me surplombant de toute sa hauteur, il me mit un coup de boule. Je pouvais sentir un filet de sang couler le long de ma tempe. Il me bloqua les jambes avec les siennes pour m'immobiliser et en fit de même avec mes mains. J'essayais de me débattre de toutes mes forces mais malheureusement, il avait toujours été plus fort que moi depuis notre enfance.

-Maintenant écoute moi bien France !

Je détournais le visage pour ne pas le regarder et tenta de bloquer toutes les images qui me traversaient l'esprit.

Je ne voulais plus la revoir... Je ne voulais plus revoir son sourire à travers les flammes...

-Francis ! Hurla-t-il en captant mon regard.

Ses yeux verts habituellement si posés semblaient bouillants.

-Je suis là. Tout va bien.

Des larmes s'échappèrent de mes yeux lorsque je vis Antonio me sourire faiblement.

-Il ne va rien t'arriver. Calme toi. Continua-t-il de plus en plus doucement.

Il resta quelques minutes à me regarder dans les yeux pour que je me calme.

-Nous allons sortir d'ici tous les trois et rien ne t'arriveras. Tu sais pourquoi ? Parce que tu es une grande nation et que tu as des amis pour t'aider. Tout va bien se passer, je te le promets.

En voyant mes muscles se relâcher petit à petit, il lâcha mes mains et se redressa. Je respirais à fond, tentant de calmer cette phobie qui me gâchait la vie. L'espagnol, restant au dessus de moi au cas où, reporta son attention sur quelque chose d'autre. Je vis une nouvelle inquiétude dans ses yeux.

Antonio se pencha vers mon oreille et me dit dans un chuchotement :

-Je crois que tu as fait peur à ton anglais...

Il se redressa et m'envoya un regard mi moqueur mi moralisateur. Je fronçais les sourcils et tourna la tête vers la droite pour voir Arthur tremblant, à genoux, en train de renifler dans un de ses mouchoirs. L'espagnol me libéra et alla vers la fenêtre. Alors que je me dirigeais vers Angleterre, j'entendais la voix grave de mon meilleur ami.

-Tu régleras tes comptes plus tard, je crois que nous devons déjà partir d'ici.

Je serrais les poings d'amertume et hocha la tête. Je pris une couverture qui se trouvait sur le canapé et l'enroula autour d'Arthur dans une tentative de réconfort. Dans une attitude que je voulais sûr de moi, je me dirigeais vers Antonio qui me regardait d'un air sérieux. Je pouvais sentir le regard brûlant de l'anglais dans ma nuque mais je n'essayais de l'ignorer.

-Où sont les secours Antonio ? Ils devraient être là depuis un bon bout de temps...

-Je ne sais pas... Quoi qu'il en soit, la fumée est de plus en plus présente. Nous devons sortir d'ici.

-Les couloirs sont condamnés, il n'y aucunes issus. Dis-je dans une grimace en sentant le stress recommencer à m'envahir.

-On va passer par la fenêtre, on pas d'autre choix. Me répondit-il d'un air contrit.

-On est peut-être qu'au premier étage mais cet hôtel est horriblement grand, il y a bien 20 mètres !

Un grand éclat de rire d'Antonio résonna dans la pièce dès la fin de ma phrase :

-C'est toi qui dit ça ! Monsieur '' je-veux-sauter-par-la-fenêtre-pour-échapper-aux-flammes '' Dit-il moqueur.

Je me renfrognais sur moi même.

- J'étais pris de panique...

Personne ne me répondit, mais l'anglais intervint entre deux reniflements :

-Il y a une échelle de secours sur le côté...

Antonio cessa tout de suite de rigoler et se tourna vers Arthur sidéré.

-Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt !

-Tu crois que j'avais le temps ! Répondit l'anglais retrouvant toute sa répartie. Entre l'un qui veux sauter par...

-Je crois qu'on à compris ! Dis-je en coupant Angleterre. Maintenant Spain... Continuais-je en me tournant vers lui. Tu m'as fait une promesse, il est temps de la tenir.

Spain me lança un regard plein de défis et se pencha quelques secondes plus tard par la fenêtre pour essayer d'apercevoir la dite échelle. Je le vis sourire de toutes ses dents puis déplia son bras au maximum pour la prendre. Au moment où je pensais qu'il allait tomber par dessus la rambarde il revint vers nous avec agilité.

-Elle était vachement bien accrochée au mur... Dit-il un peu essoufflé par l'effort. Astucieux Angleterre, je vais te piquer ton idée pour mes hôtels! Rigola-t-il en se retournant vers lui.

L'anglais sourit légèrement et dès que Spain se retourna il baissa les yeux avec tristesse. Je me grattais la tête avec agacement, c'était de ma faute s'il se sentait mal comme ça... J'avais dû mal à tout analyser, tout ce qu'il m'avait dit, ce que je lui avait dit... Il s'était passé trop de chose en trop peu de temps. Pendant mes réflexions, Spain avait déjà installé l'échelle et me tira par le bras.

-Aller... On se casse d'ici. Dit-il avec un sourire victorieux.


8 jours plus tard.


Point de vue d'Angleterre :

-Mais en fait t'es un vrai héro Angleterre ! S'exclama Alfred entre deux bouchées d'hamburger.

-Non... C'est plutôt Spain et France qui ont fait tout le boulot...

Ce type ne comprenait rien à rien... C'était France qui nous avait sauvé en nous portant jusqu'à l'appartement et c'était Antonio qui avait trouvé l'échelle et qui avait fait reprendre ses esprits à Francis...

-Ouais ouais… Continua-t-il en cherchant du regard la serveuse et en faisant semblant de m'écouter. Je reprendrai une grande fritte ! Donc... Pourquoi vous avez pas utilisé l'échelle tout de suite au lieu de traîner ? Les pompiers ont dit que...

-On à eu quelques petits problèmes. Dis-je fermement en interrompant mon ancienne colonie. J'ai pas eu le temps... et je n'y avait pas pensé tout de suite.

-Comment tu peux pas penser à quelque chose comme ça dans un moment aussi critique ?! Questionna-t-il avant de s'empiffrer d'une bouchée de nuggets.

-Je... J'étais occupé... Et puis je venais de me réveiller... Continuais-je de plus en plus mal à l'aise.

-Quoi ?

-Oh laisse tomber ! De toute façon je dois y aller, j'ai rendez-vous avec la reine en personne pour faire le bilan du meeting. Dis-je en relevant la tête avec fierté.

-Ouais ouais génial... Tu lui diras bonjour de ma part à la vieille...

Je lui envoyais un regard noir mais il ne fit pas attention et se contenta de boire dans son énorme gobelet en plastique. Levant les yeux au ciel et estimant inutile toutes explications sur la supériorité de la reine face à ses propres dirigeants, je partis du café-restaurant d'un pas sûr de moi.

Et voilà, à cause de cet abruti j'étais de mauvaise humeur !

Dire qu'America louait mes exploits alors que l'incendie était de mon fait.

Quelle vie.

Ma voiture personnelle m'attendait à quelques pas et en seulement deux secondes, j'étais bien installé à l'arrière.

-Vous connaissez la destination. Commençais-je d'un air condescendant. Dépêchez vous, j'ai pas que ça à faire.

Le chauffeur toussa plusieurs fois et prit la parole d'une voix bizarrement grave. La vitre qui séparait l'arrière de la voiture et le conducteur était teintée et rendait la voix de celui-ci un peu feutrée.

-Ce n'est pas l'attitude que la reine attend d'un parfait gentleman vous savez.

-Je vous demande pardon ? Dis-je en haussant la voix.

Non mais j'y crois pas, pour qui il se prenait ce chauffeur ?

-Non rien... Excusez moi monsieur...

J'émis un petit rire de moquerie et remis ma veste bien droite dans un geste élégant. Personne ne manque de respect à l'Angleterre elle même.

-C'est de plus en plus compliqué de trouver du petit personnel de nos jours, vous ne trouvez pas ?

-Effectivement monsieur. Dit-il d'un ton neutre.

Je pouvais sentir d'ici le sourire moqueur du chauffeur. D'une voix glaciale, je lui intimai de commencer à rouler. La voiture se mit en route et bientôt je vis à travers la vitre les rues familières de Londres dérouler sous mes yeux.

Ce type m'avait sérieusement énervé. Je ne pouvait même pas profiter de ce magnifique paysage !

-Tsss... Rouspétais-je dans le vide.

Mon regard se perdit dans le fauteuil en face de moi et bientôt je me mis à penser à la seule chose qui préoccupait mon esprit depuis une semaine.

France.

Lui et Spain avaient simplement disparu. La seule explication que m'avait donné ce crétin d'espagnol était qu'ils devaient retourner faire quelque chose qu'ils auraient dû faire depuis des centaines d'années. Je me grattais la tête avec agacement, qu'est-ce que je pouvais détester ce genre d'énigme à deux balles ! Je revoyais encore le regard malicieux du bronzé et son putain de clin d'œil juste avant son départ.

Ah je le hais ! Je ne peux plus me le voir celui là !

Ma jambe commençait à bouger d'elle même dans des gestes anxieux.

France qui ne me répond même pas ! Je lui avait quand même avoué mes sentiments pendant l'incendie... Et aucune réponse. Rien. Je ne savais même pas s'il avait retrouvé la mémoire suite aux événements, le médecin n'avait rien voulu me dire. Apparemment il y a quelque chose qui s'appelle '' le secret médical '' qui m'empêche de savoir ! Que des conneries... Je me mordis la lèvre inférieure avec impatience et ferma les yeux quelques instants.

-Quelque chose vous tracasse monsieur ?

-Est-ce que je vous ai autorisé à me parler ? Chuchotais-je menaçant.

Il fallait absolument que j'arrête de penser à tout ça. De penser à lui.

-Désolé... Vous semblez juste...

-Un mot de plus et je vous fait renvoyer. C'est clair ?

Pour toute réponse il éclata de rire. Il était tellement secoué par son hilarité que la voiture faisait de plus en plus de zigzag sur la route. Je m'accrochais à la poignée de porte et contracta mes abdos pour ne pas glisser.

-Mais vous êtes fou ?! Faites attention à la route !

Le chauffeur continua de rire à gorge déployée et ne prit même pas en considération mes remarques.

-Vous êtes mort ! Vous avez compris ?! Vous êtes viré et je vais bien faire attention que plus jamais personne vous embauche dans ce secteur ! Hurlais-je en mettant ma ceinture précipitamment de peur d'avoir un accident.

Tout d'un coup, la voiture tourna brusquement vers la droite grillant une priorité et un sens interdit. Je tombais sur le côté me heurtant la tête sur le siège. Je me relevais avec précipitation et regarda par la fenêtre de plus en plus paniqué.

Mais... Où m'emmenait-il ?


Donc voilà l'avant dernier chapitre !

Bon ok... Je l'admet j'ai mis un petit peu de temps à publier mes chapitres ces derniers temps ^^' Mais soyez indulgent, j'ai raté mon bac ! Ah... L'échec ! TTvTT

J'espère que le déroulement de l"histoire vous plaît ! Encore dsl pour les fautes, tendresse et chocolat, j'vous aime putain ! :3

Une review ! Une review ! :D