Chapitre 14 : Destination Paris


Point de vue d'Angleterre :

Le taxi fonçait à vive allure, il allait tellement vite que je n'arrivai même plus à me redresser. Allongé sur les sièges arrières, je criai au chauffeur qui semblait de plus en plus amusé.

-Qu'est-ce qui vous prends espèce de malade ?! Arrêtez tout de suite cette voiture !

-Je ne crois pas non ! Me répondit l'autre d'une voix excitée mais fébrile.

Il avait l'air comme fou, son timbre de voix transpirai la nervosité liée à une certaine adrénaline. Je connaissais bien les types dans son genre, il avait sûrement eu pour ordre de m'enlever, sans doute pour de l'argent. Je réussis à me redresser suffisamment pour examiner ses yeux à travers le rétroviseur mais, voyant que j'essayais de discerner quelque chose, il tourna brusquement dans une ruelle. La vitesse du virage me fit voler jusqu'à la portière d'en face et me sonna quelques secondes.

-Tiens-toi tranquille l'anglais.

Je n'avais pas eu le temps de voir quoi que ce soit, seulement ses mains. Elles étaient recouvertes pas des simples gants noirs et étaient secouées de tiques nerveux. J'eus alors une vague impression de déjà vu, ses gestes m'étaient familiers...

-Calmes-toi. Dis-je d'une voix posée au conducteur. On peux parler tranquillement tu sais... Arrête de stresser. Continuais-je dans une tentative de persuasion.

-Je ne stresse pas ! Mentit mon ravisseur.

-Qui t'as demandé de faire ça ? Si tu me le dis, tout peux s'arrêter et je te gracierais auprès de la reine, je te le jure.

-Je m'en fou ! Ferme-là !

Après quelques minutes de silence où j'essayai de concocter un nouveau plan il reprit d'une voix plus douce que précédemment.

-Et puis...

Devant son hésitation je me relevai péniblement et me remis assit sur le siège de droite. À travers le rétroviseur je réussis à capter le regard du chauffeur de la voiture. Je fronçais les sourcils en voyant ces yeux verts si reconnaissables. A cause de la vitre teintée je n'arrivai pas tout à fait à voir leurs couleurs mais... Ils me disaient quelque chose...

-J'ai de bonnes relations françaises qui pourront me gracier aussi... Dit-il dans un clin d'œil.

Je restai bouche bée devant cet homme qui ne semblait mystérieux qu'en apparence. L'évidence se fit dans mon esprit et mon corps stoppa tout mouvement pendant quelques secondes. Je me laissais tomber sur le dossier du siège arrière et resta les bras ballants comme une coquille vide. Je savais que ces gestes et cette voix m'étais familiers...

Je vais l'exterminer...

Ce petit enfoiré.

Pour exprimer la rage qui montait doucement en moi je ne dis qu'un mot.

-SPAIN !

L'autre était tellement tordu de rire que la voiture commençait à faire des zigzags sur la petite route que nous empruntions.

-ESPECE DE PETIT BATARD ! JE VAIS TE TUER PUIS TE RESSUCITER PUIS TE RETUER ! Hurlais-je de toute mes forces en tapant contre la vitre teintée.

-Calme toi le punk ! J'ai déjà peur d'avoir les flics au basques avec les écarts que je mène alors si c'est pour avoir, en plus, un anglais qui veux m'étrangler ! Rigola t-il.

-A qui la faute ?! Tu me kidnappes espèce de dégénéré d'espagnol DE MERDE !

-On se calme on se calme !

-Comment veux tu que je me calme ?! Tu te fous royalement de ma gueule ?!

-Je n'oserai pas mon altesse... Dit-il en courbant un peu la tête dans une attitude faussement hautaine.

Je me collai à la vitre et frappa violemment du poing celle-ci. Antonio eu un petit sursaut et se retourna les yeux écarquillés, sans doute surpris d'une telle brutalité venant de ma part. Je lui lança alors le même regard glacial que je lui envoyais lorsque nous étions ennemis et pirates. D'une voix menaçante, j'articulais au maximum chacun de mes mots pour faire le plus d'effet possible :

-Spain arrête tout de suite cette voiture.

Il n'y avait plus de menace, plus de cris, juste un ordre. Il avala sa salive difficilement puis reporta son attention sur la route. Nous avions quitté le centre de Londres et roulions à présent dans sa périphérie. Les bâtiments se faisaient moins luxueux et, étant un peu surélevé, on pouvait apercevoir au loin Big Ben.

-Désolé amigo... Je n'peux pas, j'ai promis à mon meilleur ami de respecter le plan.

-Quel plan ? Dis-je méfiant.

Antonio se retourna lentement et me regarda dans les yeux avec malice.

-Le plan A. Dit-il en me faisant un sourire radieux.


Point de vue de France :

Très bien.

D'après le sms de Spain le plan se déroulait parfaitement bien, il ne manquait plus qu'une toute petite chose... Insignifiante en sois : le consentement du punk.

Mais je ne me faisait pas de soucis, Antonio a toujours eu un grand talent pour la persuasion. Je me rendis sur mon balcon et sortis une de mes cigarettes favorites, à la menthe. Je pris une longue taffe et bientôt je sentis la nicotine traverser mes poumons pour aller faire ses merveilleux effets dans mon cerveau. Mes lèvres s'étirèrent en un petit sourire victorieux et dans un geste nonchalant, je m'accoudai à la rambarde. Bien que je faisais tout pour me convaincre qu'Arthur allait accepter de me rejoindre à Paris je sentais tout de même une pointe d'anxiété dans mon ventre. Je regardai au loin la tour Eiffel, j'avais tellement hâte que le soir tombe et qu'elle brille de mille feux. Angleterre sera là pour la voir étinceler et je serais à ses côtés. Il le fallait.

-Ah là là.. Chuchotais-je dans le vide. Je suis vraiment d'un romantique...

Une fois ma cigarette éteinte, je repartis en direction de mon salon et regarda l'heure sur mon portable.

14h16

Mon cerveau tournait à toute allure, rien de devait être laissé au hasard. Le vol Londres-Paris prenait entre 1h00 et 1h30 donc, si tout ce passait comme prévu, Arthur arrivera à 15h20 environ à l'aéroport de Roissy. Le temps qu'il arrive chez moi et qui traverse les rues de Paris, qui étaient un peu embouteillées je l'admets, il mettrait environ 20 minutes de plus. Ce qui nous amène à 15h40.

A 15h40 je verrais Arthur.

A 15h40 je lui dirai toutes les choses que je ne lui ai pas dites.

J'avais enfin retrouvé la mémoire.


Point de vue d'Angleterre :

Je restai abasourdi pendant quelques minutes devant un espagnol fier de son effet. Le vent de la piste d'aéroport me fouettait les cheveux et je sentais bientôt le froid de la saison se rependre sous mes vêtements.

-Aller Arty, monte dans cet avion ! Tu vas pas le regretter ! Continua Antonio en parlant fort pour que je l'entende malgré les bruits du moteur.

-Il... Il a vraiment retrouvé sa mémoire... ?

-Puisque je te le dit !

-Mais... C'est... Enfin c'est génial ! Dis-je dans un petit sourire.

-Bah ouais ! Tu m'étonnes !

L'espagnol me regardait attentivement, guettant chacune de mes réactions avec des yeux rieurs. En m'imaginant avec un sourire idiot collé sur le visage, je me repris instantanément et replaça mon masque d'impassibilité.

-Pourquoi ne me l'as tu pas dit quand nous étions dans la voiture? Ou directement à l'hôtel ?

-Sérieusement Angleterre... Tu crois vraiment que tu m'aurais écouté ? Je te connais comme si je t'avais fait !

-Ah mais ça va pas te dire des trucs comme ça ?!

-Bah quoi c'est vrai ! Dit-il en rigolant.

-Bon... Continuais-je dans un soupir. J'ai tout à fait le droit de vous en vouloir, vous êtes parti sans aucunes explications ! Pendant huit jours ! Est-ce que tu sais ce que j'ai pu ressentir pendant cette semaine ?!

Après une petite pause où seul le bruit du moteur de l'avion brisait le silence qui nous entourait, il reprit la parole avec un air sérieux.

-Angleterre... Je sais... Et je suis profondément désolé. Mais il le fallait, France avait besoin de ça pour... Enfin c'est pas à moi de te le dire, s'il le veux il te le dira lui même.

Je baissais les yeux de déception en voyant que l'espagnol ne m'en dira pas plus. Les bruits de moteurs se radoucirent. Il continua dans sa lancée un peu plus calmement mais toujours avec autant d'assurance.

-Pour la première fois de ta vie... ose faire quelque chose de...

Il chercha ses mots pendant quelques secondes puis continua avec fougue.

-De... Enfin je sais pas comment le dire... Au lieu de tout le temps réfléchir avec ton cerveau essaye de réfléchir avec ton cœur !

-On n'est pas dans un Disney d'America ou dans une comédie musicale de France, Antonio. Arrête de faire ton moralisateur. Dit-je glacial en me détournant de lui.

Pour qui il se prenait... ? Il me kidnappait sans retenue alors que j'avais des devoirs envers la reine et ensuite il se permettait de me donner des leçons. J'en avais assez de toute cette histoire, j'avais constamment l'impression que c'était moi qui causait tout ce chaos.

Je... Je voulais juste qu'il m'aime... Pourquoi tout est si compliqué ? Pensais-je dépité.

Comme si Antonio avait deviné mes pensés il mit une main sur mon bras et affirma avec fermeté.

- Il veut te voir. Et plus important encore, il le sait. Il se souvient de tout. La suite des événements ne dépend que de toi.

- Non. Tout ne dépend pas de moi.

Antonio attendait que je continue.

- J'ai tué la femme qu'il aimait. Pas de mes mains, mais j'ai laissé faire mon gouvernement.

L'émotion m'empêchait de répondre. Ma gorge était trop noué et je sentais pondre en moi des sensations que je n'avais plus ressentis depuis une semaine, depuis que je ne l'avais plus revus. Et pour couronner le tout, des fichus larmes menaçaient à tout instant de couler sur mes joues.

-Arthur, si tu ne monte pas dans cet avion tout sera terminé... Et pour un bon bout de temps. C'est votre dernière chance. C'est ta dernière chance.

-Pourquoi c'est toi qui vient me chercher ? Pourquoi Francis n'est pas là ?

-Il ne pouvait pas... Son gouvernement je crois.

-En fin de compte je lui importe peu... Il préfère son cher pays à moi, n'est-ce pas ? Chuchotais-je les larmes aux yeux.

-Arthur... Nous sommes des nations, nous avons des devoirs. Essaye de le voir en tant que France et non en tant que Francis parfois.

Je ne répondis pas et baissa la tête pour ne pas qu'il me voit autant bouleversé par les événements. Il se retira lentement et fit un signe de main près de l'avion. Sans un mot de plus il se retira et commença à gravir les quelques marches menant a l'avion privé. Restant immobile, je le regardais s'éloigner tout en me demandant si oui ou non je devais le suivre.

Est-ce une bonne idée de revoir France ?

Et même s'il avait retrouvé la mémoire, m'avait il pardonné pour la mort de Jeanne ?

Est-ce que je pourrais supporter nos statuts de nations ?

Alors que je me posais encore plus de question, Spain capta mon attention d'un éclat de voix et me dit, toujours avec son air affreusement sérieux.

-Saisi là.

Je le regardait sans comprendre puis en voyant mon froncement de sourcils il insista.

- Ta chance, saisi là.

Puis sans hésiter, il monta dans l'avion. Le temps me faisait défaut, je ne savais absolument pas quoi faire. Mais alors que j'allais rebrousser le chemin jusqu'à la voiture, mes jambes m'avaient déjà conduit au pied de l'avion.

Non. J'allais encore souffrir.

Mon corps se mouvant tout seul, je montais les marches une à une. Je n'arrivais plus à réfléchir convenablement, ma tête allait exploser. L'hôtesse de l'air me salua avec un grand sourire puis m'invita à aller à l'intérieur.

Non. Je ne pouvais pas.

Je fis volte-face et dévala les escaliers le plus vite possible, comme si chaque marches me brûlaient les pieds. Je couru jusqu'à la voiture et démarra sans attendre. Le moteur en marche j'allais appuyer sur la pédale quand soudain je vis dans le rétroviseur l'avion fermer ses portes. Je fermais les paupières tellement brutalement que je pouvais encore voir dans le noir les taches de lumières qui restait fixer à mes rétines. Violemment je donnais un coup de poing dans le klaxon mais ce défouloir improvisé ne suffisait pas à calmer mon angoisse et un petit sanglot m'échappa. L'appareil allait décoller et je restais là à pleurer comme un minable. Je ne voulais pas encore être blesser par tout ça, j'avais trop souffert pendant tout ce temps... Et si je prenais ce risque... Si je prenais le risque de le revoir, de l'aimer sans retenue et s'il me laissait encore une fois... Je n'étais pas sûr de m'en remettre.


Point de vue de France :

Je commençais à douter de plus en plus. Je n'avais toujours pas reçu l'appel rassurant de mon meilleur ami. Un désagréable présentement me prenait aux tripes. Bon je devais l'admettre, le kidnapping n'avait peut-être pas été une très bonne solution mais Antonio avait raison : ce crétin de gros sourcil ne nous aurait pas écouté. Il fallait le mettre devant ses deux choix, l'acculer le plus possible et le faire peser le pour et le contre face à ce dilemme. Je le connaissais que trop bien, sa fierté prenait le dessus sur tout. Jamais il aurait accepté de venir de son plein gré. Du moins, jusqu'à l'aéroport. Et puis, c'était une petite vengeance pour l'incendie provoqué par ces deux imbéciles.

Je n'avais pas eu le courage de me rendre à Londres après avoir retrouver ma mémoire et puis j'avais de graves problèmes à traiter en France. Je ne pouvais pas repartir et abandonner mon pays. Malgré tout ça, j'avais parfaitement conscience que mes pensées étaient affreusement égoïstes, lui aussi avait son gouvernement à protéger. En fin de compte je me cachais derrière des excuses bidons pour ne pas à l'affronter directement.

Surtout qu'après mon départ de Londres il fallait que je fasse quelque chose d'important. Je ne pouvais pas continuer à avancer sans l'avoir fait et si Angleterre ne pouvait pas comprendre... S'il ne venait pas... J'aurais probablement le cœur brisé, comme lui l'a eu lorsque j'avais eu mon accident. Je l'aurais mérité en somme ?

Je soupirais devant mes réflexions idiotes et passa une main dans mes cheveux en regardant le ciel. De longs nuages parsemaient ce beau ciel bleu et de nombreux oiseaux chantaient, une magnifique journée, encore.

Arthur, je t'en prie, viens.


14h57.

Rien.

Faisant le tour de mon appartement pour énième fois je m'assis lourdement sur mon canapé. La tête dans les mains je n'en pouvais plus d'attendre. Pourquoi Antonio ne me répondait pas ? J'étais seul avec un tas de papiers à remplir pour mon gouvernement et cette musique sois disant apaisante en fond sonore. Il fallait qu'il vienne.


15h45.

Toujours rien. Aucunes nouvelles.

Je fumais cigarette sur cigarette et restais scotché devant mon portable, observant les minutes passer inexorablement. Il ne viendra pas, j'avais eu ce petit espoir mais je devais bien l'admettre. C'était trop tard. En une semaine il avait bien eu le temps de reconsidérer tout ça, de reconsidérer notre... relation. Et je paris même qu'il avait dû être avec ce stupide America.

Et voilà, je redevenais jaloux.

Jaloux pour un type qui ne m'aime même pas.

Pour un type qui à fait son choix.


16h21.

Je ne pouvait plus rester dans cet horrible appartement ! Un vaste et luxueux cinq pièces donnant sur la tour Eiffel s'était transformé en une cage où mes pires angoisses se jouaient de moi. Il fallait que je bouge, que j'aille le retrouver !

Angleterre avait fait son choix, je ne pouvait dire si c'était le bon ou le mauvais, mais plus question de rester cacher dans ma capitale, je vais aller le retrouver. Je ne serais plus un lâche qui se cache derrière son meilleur ami.

Je pris ma veste et mon sac de voyage, celui d'urgence que je prépare ou cas où mon périple serait de dernière minute, puis appela ma voiture privé. Je demandais ensuite à mon agent de m'envoyer tout de suite un billet d'embarcation pour Londres et dix minutes plus tard j'étais à l'intérieur de la voiture, billet en main, priant au chauffeur de me conduire le plus vite possible à l'aéroport. Ayant la chance de mon côté, le dernier vol de cette semaine était pour aujourd'hui. Apparemment les mauvaises conditions de vols y étaient pour quelque chose, le temps Londonien de ces dernier jours étant trop dangereux, une petite partie des vols étaient reportés, dont ceux entre les deux capitales.

Je n'y avais jamais pensé mais... Peut-être cela avait-il un rapport avec l'humeur d'Arthur ?

-Nous y sommes monsieur. Monsieur ?

-Ah pardon ! Euh oui merci. Marmonnais-je perdu dans mes pensées.

Je quittais le véhicule en tombant à moitié par terre puis me remis droit à toute vitesse. Je n'arrêtais pas de m'imaginer le pire des scénarios, lui me riant au nez, me disant que j'étais fou de penser une seconde qu'il aurait pu m'aimer. Je revoyais son regard froid lorsque je le suppliais d'épargner Jeanne.

En pestant, j'eus une mauvais pensée. Je n'arriverai jamais à l'oublier.

Ne pense pas à ça.

Je courrais comme jamais je n'avais couru, le désir de le revoir et l'angoisse de sa réponse me donnant la force et le stress nécessaire pour ma course. L'avion allait bientôt décoller, je devais y être à temps ! Sinon je devrais attendre encore plusieurs jours avant de le voir et je savais que le temps m'étais compté. J'arrivais rapidement à l'enregistrement des bagages et donna mon sac à un jeune employé.

-Je suis désolé monsieur mais il est trop tard, les portes de l'avion sont déjà fermées.

-Écoutez moi jeune homme... Je suis Francis Bonnefoy. Dis-je en sortant un bout de carton attestant de mon identité privilégié, c'était une sorte de passe partout très utile face aux réfractaires. Je suis LA France, je conçois tout à fait que votre petite cervelle de mortel ai dû mal à concevoir ceci mais le fait est là. Insistais-je d'un ton glacial en brandissant le papier. Je vous l'ordonne, laissez moi passer !

Dans une grimace, l'employé se força à me répondre avec toute la politesse qu'il pouvait faire preuve.

-Je vous répète que les portes de l'appareil sont fermés. Elles ne seront rouverte qu'à Londres, à l'heure ou l'avion atterrira.

-Je vois que vous ne comprenez pas ma situation ! Je...

-Les règles sont les règles. Qu'importe qui que vous soyez, le président, le pape et même ma mère ! Je ne peux rien pour vous. Me coupa-t-il avec une pointe de moquerie dans un sourire crispé. Maintenant veuillez partir de la file, des gens attendent que j'enregistre leurs bagages.

Dans des gestes mécaniques, je pris mon sac et fit quelques pas plus loin. Quel idiot... J'aurai du demander un jet privé. Mais quel idiot !

Désemparé et accablé par le temps qui ne cessait de défiler je m'assis sur un des milliers de sièges de l'aéroport. C'était trop tard, tout était foutu. Ou alors je commande tout de suite mon jet ? Les humains vont encore en faire toute une montagne en parlant d'écologie ou je ne sais quoi... Je mis ma lourde tête pleine de soucis dans mes mains puis m'abandonna au désespoir. Tout redeviendra comme avant. Comme avant ce foutu meeting. Une seule petite chose changeait. Au lieu d'avoir le cœur brisé par la mort de mon héroïne nationale c'était un certain anglais qui s'en était chargé. Il devait déjà être en colère par ma subite disparition d'une semaine et si j'avais le culot de revenir dans quelques jours... Il ne me pardonnerait pas. Alors qu'est-ce que j'étais censé faire ?

-France.

Rester en France m'occuper de mes problèmes gouvernementaux ? Ou je pourrai l'appeler ? Je ne sais pas.

-Francis.

Et si je prenais le prochain vol pour Londres, j'étais quasiment sûr que je serais accueilli par un bon coup de poing dans la gueule... Ou même par un tank ! Et s'il savait quel avion je prendrai, il enverrai des missiles dessus !

-Ohh... Me lamentais-je en regardant le sol.

Que quelqu'un m'aide !

-Frog bordel de merde ! Relève la tête et regarde moi !

Dans mon délire, j'entendais sa voix.

Lentement, comme dans un rêve, je relevais la tête. Nos yeux se rencontrèrent et encore plus doucement que précédemment je me levais de mon siège. Il paraissait gêné et triste à la fois mais on pouvait voir dans son regard toute sa détermination. J'écarquillai les yeux et resta bouche bée en le regardant.

-Tu compte rester comme ça longtemps ou tu...

Sans réfléchir d'avantage je fis un pas en avant et m'empara de ses lèvres avant qu'il n'en dise trop. Les mots n'étaient plus nécessaire.


Point de vue d'Angleterre :

France et moi traversions les couloirs à moitiés en train de nous déshabiller et pendant que je déboutonnais rapidement le pantalon du français celui ci jura entre ses dents en cherchant ses clefs. Il reporta son attention sur moi et me fit un petit sourire joueur.

-Je crois qu'on va devoir le faire dans le couloir... Dit-il en rigolant à moitié.

Je levais les yeux au ciel et alla à la recherche des clefs dans ses poches de pantalon. Nos visages séparés de quelques centimètres semblaient s'attirer inexorablement et lorsque je touchais enfin le bout de ferraille des doigts France s'empara de ma bouche dans un baiser avide. En fermant les yeux, je me collais à lui et augmenta la pression de nos lèvres. Lorsque nous nous séparâmes à bout de souffle je chuchotais d'un air sévère :

-Tout ça pour pouvoir m'embrasser, espèce de pervers...

-On se refait pas. Rigola Francis en prenant ses clefs rapidement.

Il ouvrit la porte d'un geste théâtrale et me fit entrer en premier.

-Sa majesté est servie...

Devant son air sarcastique je ne pus que lui envoyer un regard glacial mais alors que je faisais quelques pas dans l'appartement, totalement émerveillé par un tel luxe, le français me pris brutalement par les hanches et me chuchota à mon oreille :

-Allons tout de suite visiter la chambre...

Je me retournais pour être bien calé dans ses bras et lui répondit dans le même ton, arborant un petit sourire que je voulais sexy.

-Qui te dit que je veux une chambre ?

France me regardait surpris et se contenta de me pousser violemment contre le mur de l'entrée.

-Bien. Si c'est ce que veux sa majesté. Dit-il en jetant sa chemise un peu plus loin.


Point de vue de France :

Je me jetais littéralement sur mon anglais et bientôt le silence de mon appartement fut rompu par ses soupirs de plaisirs que je commençais à apprécier particulièrement. Il déboutonna sa chemise avec rapidité et je souris en le voyant arborer un regard presque féroce.

-La distance t'as rendu encore plus sexy my little punk...

-J'y pense depuis des jours alors ferme là et baise-moi. Répondit l'anglais en se collant à moi dans une attitude provocatrice.

J'haussais les sourcils devant son comportement plus que surprenant, surtout venant de sa part, et lui envoya un petit sourire moqueur.

-Et les mots magiques ?

Angleterre ne me répondit pas et se contenta d'aller me mordre le coup pour ensuite descendre de plus en plus bas. Arrivé à mes tétons il les suça avec dextérité mais avant de continuer son avancée il se remit droit et échangeâmes nos places pour me mettre contre le mur. Je ne protestais pas devant ses attentions. Alors que j'allais lui faire remarquer son impatience dans le but de me redonnais un peu contenance, il se mit à genoux en me regardant d'un air gourmand. Je restais sans voix devant lui et perdis tous mes moyens face à un anglais de plus en plus dominateur et sûr de lui. Lorsqu'il baissa mon pantalon lentement je repris contrôle de ma voix et rigola un peu gêné.

-Mais ou est passé mon Arthur si maladroit ?

-Tu m'as pervertis stupide frog, maintenant tais-toi et apprécie.

Je n'eus même pas le temps d'ajouter quelque chose qu' Angleterre avait déjà retiré mon boxer et commença lentement à me lécher sur toute la longueur. Je fermais les yeux et émis un petit soupir en sentant le blond continuer son délicieux traitement. Je sentais mon visage chauffer et mit une main devant ma bouche pour étouffer les quelques sons de plaisirs qui trahissaient la barrière de mes lèvres.

-Depuis quand... et tu devenu... si... doué... ? Dis-je difficilement en m'adressant à l'anglais.

Je le sentit sourire et pour toute réponse il fit de longs et sensuels vas et viens sur mon membre déjà dressé au maximum. Je mis ma main libre dans ses cheveux et enroula quelques mèche blondes autours de mes doigts pour lui montrer que j'appréciais son traitement. Les minutes défilaient lentement et lorsque je sentis la fin arriver je lui intima de s'écarter rapidement. Au lieux de m'obéir il continua encore plus rapidement qu'auparavant et lorsque je rouvris les yeux je tombais sur le regard percent de l'anglais qui devait déjà me fixer depuis plusieurs minutes.

-Angleterre... Arrête... Je...

Troublé par son attitude, je n'arrivais plus à me contenir et dans un cris de plaisir je me libérais dans la bouche chaude de l'anglais. Il avala le tout et se remit à ma hauteur en m'observant d'un air moqueur. Essoufflé et étant encore dans les brumes de l'orgasme je ne remarqua pas tout de suite le rapprochement soudain d'Arthur.

-Le français perds ses moyens ? Me chuchota-il à mon oreille en reprenant une de mes anciennes piques que je lui avait lancé.

J'émis un rire devant la répartie de mon anglais préféré et plaça ma tête dans le creux de son cou.

-D'accord... Félicitation ma majesté, tu m'as impressionné

-Je n'ai plus rien à apprendre ? Demanda-t-il innocemment.

-Je sais pas ce qui c'est passé mais tu est doué, très doué... Chuchotais-je en l'embrassant tendrement sur la nuque.

Il me repoussa en mettant ses fines mains sur mon torse et m'envoya un regard troublé.

-C'est parce que tu m'as manqué, je veux te faire plaisir...

Après une petite pause il rajouta en se détournant, un peu gêné d'avouer ce qu'il ressentait.

-Je ne veux pas que tu... Enfin... Hésitât-il en fronçant les sourcils.

-Je crois que j'ai compris. Lui dis-je en collant mon front au sien. Écoute Arthur, je ne partirais plus. Je suis à toi.

L'anglais sourit et m'embrassa tendrement en enroulant ses bras autour de mon cou. Je voyais bien qu'il était encore un peu troublé mais je ne dis rien. Je ne voulais pas casser ce moment.

Je lui répondis donc avec fougue et essaya de mettre tout l'amour que je ressentais à son égard. Il se colla à moi et je sentis bientôt son excitation contre ma jambe. Sans qu'il le veuille Angleterre se frotta à moi presque avec vulgarité et en quelques secondes il reprit là où nous nous étions arrêté comme s'il ne s'était rien passé. On pouvait voir dans les yeux vert de l'anglais l'étincelle de pouvoir et de domination de tout à l'heure revenir à toute allure et je n'eus même pas le temps faire le moindre geste qu'il avait déjà retiré son pantalon ainsi que son boxer. Il m'entraîna ensuite vers un fauteuil non loin de là et me poussa sans délicatesse sur celui-ci.

-Arthy, t'es pas obligé de jouer un rôle si tu veux pas.

-Qui te dit que je suis en train de jouer un rôle ? Me répondit l'anglais en me grimpant dessus à califourchon.

Je le pris par les hanches et rigola devant son air sûr de lui. Tout compte fait le nouveau Arthur était particulièrement intéressant... Le visage d'Antonio m'apparut quelques secondes et en déglutissant difficilement je ne pu me retenir de penser que l'anglais devait faire un redoutable pirate.

-Tu penses à quoi ? Demanda l'autre en m'embrassant les tétons.

Je renversais la tête en arrière et apprécia les frissons qui me parcouraient le corps puis lui répondis avec sincérité.

-A toi. Lorsque tu étais dans la piraterie.

Il rigola légèrement et alla me voler un baiser. A l'aide de mes mains, je faisais passer mes doigts agiles sur toute la surface de son dos, voulant le toucher au maximum mais l'anglais me repris très vite.

-Non, aujourd'hui c'est moi qui commande.

Je ne répondis pas et me contenta d'hausser les épaules, indifférent. Il prit ce geste pour une provocation, comme si je le prenais pas au sérieux et pour prouver ses dires il s'empala sans préparation sur mon membre. Il émit un petit sifflement de souffrance et nicha sa tête dans mes cheveux pour contenir le douleur. J'eus le souffle coupé en sentant toute cette chaleur d'un coup et dans une attitude protectrice j'enroulais mes bras autour de lui.

-Mais t'es malade... ça fait longtemps qu'on l'avait pas fait et toi tu...

-Ta gueule. Me coupa-t-il en bougeant ses hanches avec sensualité.

Ce qu'il me faisait subir était au delà de l'imagination, les sensations inondaient mon corps si bien que je n'arrivais même plus à respirer convenablement. Il accéléra la cadence jusqu'à me faire crier de plaisir et au moment ou je voulus à mon tour bouger les hanches il me fit un énorme et douloureux suçon sur le torse.

-J'ai dit : c'est moi qui commande.

J'abandonnais la lutte, aussi courte soit-elle, et me laissa faire de bonne grâce. Soudain, l'anglais émis un cris plus puissant que les autres et entreprit de reproduire le même mouvement qu'il venait de faire. Il continua de descendre et de monter sur moi, toujours avec plus de sauvagerie au fur et à mesure des allers-retours. Il colla nos torses tout en m'embrassant langoureusement et lorsque nos lèvres furent séparées je lui dit complètement essoufflé :

-Je t'aime.

-Moi aussi... Chuchota-t-il à bout de souffle.

Arthur sentait le point de non retour arriver et se masturba pour pouvoir jouir en même temps que moi. L'orgasme arriva vite et, dans un dernier cris, l'anglais se déversa sur mon torse alors que je fis la même chose à l'intérieur de lui. Ma vision étant totalement floue, je voyais des milliers de points blancs danser devant moi pendant que je planais entre l'enfer et le paradis. Angleterre s'effondra sur moi dans un dernier soupir de satisfaction et repris sa respiration lentement. Restant encore un peu en lui je le pris dans mes bras et tenta de faire ralentir mon cœur qui semblait faire une attaque. Le silence avait reprit son droit dans la pièce et doucement je posais mes lèvres sur l'épaule de l'anglais. Pour la première fois depuis une semaine je me sentais enfin complet.


Point de vue d'Angleterre :

-C'est magnifique. Dis-je émerveillé en contemplant la tour Eiffel s'illuminait de toute part.

France prit une gorgée de son vin rouge et approuva en me regardant d'un air amoureux.

-Oui... Dit-il en contemplant le monument.

J'émis un petit rire moqueur.

-Tu es trop romantique.

-Je suis sûr que ça te plais. Répondit l'autre en sortant une cigarette. Merde... Mon briquet...

Le blond cherchait dans toutes ses poches son feu mais le trouvant pas il pesta de mauvaise humeur. Je tendis alors celui que j'avais prit dans ma propre poche et alluma le bout de sa clope dans un regard intense. Il inspira une longue taffe et recracha la fumée en soupirant de satisfaction.

-Depuis quand tu fumes toi ? Demanda le français en me voyant ranger mon briquet.

-Je ne fume pas. Du moins, plus depuis que je suis avec toi.

France souriait d'un air confiant et reporta son attention sur le paysage parisien d'en face. Il reprit une taffe ainsi qu'une gorgée de vin et rigola.

-Eh bien permet moi de te dire majesté que... tu ne risques plus jamais de refumer.

-J'espère bien. Dis-je en me servant à mon tour un verre de vin.

Un petit silence se fit entre nous.

Je n'osais plus trop le regarder. J'avais peur de l'après, peur de ce qu'il allait me dire maintenant que nos corps étaient satisfaits. Je sentais que Francis voulait prendre la parole. Il me lançait des petits regards à la dérobée.

- Francis... Commençais-je ne supportant plus cette tension. Concernant... notre histoire.

- Arthur, je te coupe tout de suite.

Surpris, j'osais un regard vers lui. Il me regardait calmement.

- Ecoute... J'ai beaucoup réfléchi. Sur moi même, sur notre ''histoire'' comme tu l'appelles.

Avec appréhension, j'attendais qu'il me parle de Jeanne.

- Et je pense que je ne pourrai jamais l'oublier.

Bingo.

- J'ai été me recueillir sur sa tombe, je devais le faire. Et ça m'a fait beaucoup de bien.

Je baissai les yeux, malheureux de me sentir encore coupable.

- Mais je sais avec du recul que... c'était un conflit entre nos deux nations. Que les choses auraient pu être différentes mais... mais on ne réécrit pas l'histoire. Dit France en tentant d'exprimer ses pensées au mieux.

Voyant le mal qu'il se donnait pour partager tout ça avec moi, je pris la parole à mon tour.

- Francis, je suis... Je suis vraiment désolé. Pour ce que mon gouvernement a fait, ce que j'ai fait... J'aurai dû faire quelque chose... J'étais jaloux... Je...

- Je sais.

Il me pris la main doucement et me l'embrassa.

- Tout va bien.

Je pensais que j'allais pleurer, je m'étais imaginé ce moment des centaines de fois dans ma tête mais je ne pensais pas être si serein.

- O.K... Chuchotais-je en le voyant si tendre. Merci...

- Et je suis au courant que tu m'as tripoté pendant que je dormais à moitié. J'ai quelques souvenirs de ça. Rajouta-t-il d'un ton pervers.

- Wh.. What ?!

Rouge de honte, je tournais la tête sur le côté.

- C'est à moi maintenant de te faire des choses la nuit... quand tu dormiras...

Il finit par me mordiller le cou en faisant déborder son verre de vin.

- Attention ! Tu en mets partout ! Criais-je en essayant de l'écarter.

Après une minute où seul son rire me répondait, je repris d'un ton sérieux :

- Tu es sûr que tout est O.K. entre nous... ?

Pour toute réponse, Francis me pris mon verre des mains et le posa sur la table en même temps que le sien. Il m'attrapa par la taille et me jeta quelques mètres plus loin, sur le lit.

- Si tu ne me crois pas, ne t'inquiète pas mon petit anglais... Je vais te le montrer. Dit France dans un sourire de prédateur.

- Je ne me laisserai pas faire...

Ma petite réplique ne laissa pas de marbre. Il me prit par la gorge et me murmura quelques menaces à l'oreille.

- Tu te crois dominant parce que tu m'as fait un suçon ?

J'avalais ma salive difficilement.

- Je vais bien m'occuper de toi Arthur... Ne t'en fais pas.

En effet, je n'avais aucun soucis à me faire...

-\FIN/-


Bon. Eh bien voila. Ma première fic est terminée, je suis toute bouleversée... :') En tout cas, j'espère sincèrement qu'elle vous à plus et n'hésitez surtout pas à donner votre avis que ce soit en négatif qu'en positif. Je vous laisse avec un petit chapitre bonus et vous dit à bientôt si vous lisez aussi mes autres fanfictions !

Et merci aussi pour les reviews que vous avez posté pendant que je mettais mes chapitres, ça motive vraiment ! ^^

A + :)