Attention ! ️ Mention de torture très difficile ! Âmes sensibles s'abstenir !

Hermione oscillait entre honte et soulagement. Honte de s'être ainsi dévoilée. Soulagement de l'avoir enfin fait. Elle mit un certain temps avant de prendre conscience d'une main chaude et ferme posée sur son épaule. Elle se concentra sur cette main rassurante pour calmer peu à peu sa respiration. Main ferme, exigeante et en même temps rassurante. Lorsqu'elle se redressa lentement, comme sortie d'un mauvais rêve, la main disparut, laissant dans son absence un froid incommensurable.

Snape s'écarta lentement de la jeune femme pour prendre place dans la fauteuil face à elle. Sans la quitter du regard, il fit venir à lui d'un geste négligeant une bouteille de cognac et deux verres qu'il remplit généreusement avant d'en tendre un à la jeune femme. Hermione contempla un instant la robe délicatement ambrée de l'alcool avant d'en prendre une gorgée, la brûlure du liquide achevant de la rétablir.
Respectueux de son silence, Snape se contentait de l'observer sans un mot, trempant de temps à autre ses lèvres dans son propre verre. Toutefois, quelques instants plus tard, il dut déceler un signe venant de sa part puisqu'il se décida à rompre le silence.

-Combien, miss Granger...?

Elle n'eut pas besoin de lui demander de précisions.

- Quarante sept...

-Tous de votre main... ?

-Non... Souffla-t-elle. Vingt-cinq... Les autres sont de ma faute mais pas de ma main...

L'échange se faisait murmure, mots soufflés plus qu'exprimés.

- Ce sont les pires... Car on leur en veut presque d'avoir été là au mauvais moment...

Elle acquiesça. Encore une fois, il avait touché juste mais était-ce vraiment étonnant ?

- Autre chose, Granger... Votre potion de Liberté. Elle ne concerne pas que cette blessure, je me trompe ?

Elle hocha doucement la tête. Depuis quand était elle devenue si transparente ?

- Quel rôle a joué Lucius...?

Il avait avancé sa question sur la pointe des pieds, tout son être lui hurlant que le sujet était plus que sensible.

Hermione sursauta, son regard affolé rivé au sien.

-Comment...? Comment avez-vous deviné ?

- Votre ton, tout à l'heure, lorsque vous avez prononcé son nom. Votre regard a changé...

- C'est... difficile...

Elle suffoquait. L'air ne parvenait plus à ses poumons désormais brûlants. Angoisse, peur, honte, ses émotions transpiraient malgré elle et Snape ne pouvait les ignorer. Il se leva et posa à nouveau sa main sur son épaule.

- Du calme, miss. Vous faites une crise d'angoisse. Respirez lentement. Concentrez-vous sur ma voix. Et respirez. Comme ça, c'est bien.

Sa voix profonde et velouté la sortait peu à peu de cet étau qui l'enferrait. Elle leva vers lui un regard reconnaissant bien que brouillé de larmes.

- Je ne peux pas... je...

Elle saisit sa main et baissa les yeux en chuchotant.

- Laissez-moi... vous montrer...

Snape tressaillit. La jeune femme lui demandait ouvertement de la passer sous légilimentie et il n'osait pas accepter... ni refuser. Pourquoi, il n'aurait su le dire. Autrefois, il avait usé et abusé de ce pouvoir avec un certain plaisir, il devait le reconnaître. Mais aujourd'hui... non, pas aujourd'hui. C'était elle le problème, pas le jour. Elle était respectable, bien plus que tous ceux qu'il avait rencontré dans sa misérable vie. Et il avait l'impression de ne pas être à la hauteur, lui, Snape. Par sa demande, elle se remettait totalement entre ses mains et, pour la première fois de son existence, il n'en tirait aucune jouissance...

Hermione avait posé son front sur sa main qu'elle tenait toujours, attendant sa décision. Elle releva les yeux vers lui et ce fut ce regard désespéré qui le décida. Il murmura le sort et hoqueta, son esprit brutalement happé par le sien. Il n'avait pas besoin de chercher, elle lui faisait défiler, lui imposait, constata-t-il, des souvenirs qu'il aurait préféré ignorer. Il la laissa faire, abasourdi, écœuré, et se fit spectateur malgré lui d'une énième vision de l'horreur...

Elle avait quitté son travail tôt pour passer la soirée avec Ron et tenter de recoller les morceaux... encore une fois. La soirée s'était achevée comme à l'habitude, dans les cris, et elle était sortie furieuse de chez son ami, révoltée par son étroitesse d'esprit. La guerre était achevée depuis un peu plus de six mois et le procès en réhabilitation de Snape battait son plein. Et elle en était un des principaux témoins... pour le plus grand dégoût de Ron. Ron qui le lui reprochait chaque jour et dont le regard, de tendre et affectueux qu'il avait pu être, était devenu méprisant et froid. Il s'éloignait d'elle de plus en plus à mesure qu'elle s'impliquait de tout son être dans ce procès. Ce soir, il avait eu le mot de trop, insinuant qu'elle prenait son pied avec d'anciens Mangemorts. Elle avait hurlé. Il l'avait giflée. Elle était partie. A présent, elle marchait d'un pas vif, les joues brûlantes de ses larmes, tellement troublée et en colère qu'elle ne vit le bras qui lui barrait la route que trop tard. Un étau de fer se referma sur elle tandis qu'elle était entraînée dans une ruelle sombre. Le miroitement qu'elle avait traversé ne signifiait qu'une chose : sort de silence et de camouflage. L'homme encapuchonné qui la tirait d'une poigne de fer lui avait subtilisé sa baguette d'un geste sûr et la malmenait tant qu'elle ne pouvait rien faire pour se dégager. Une angoisse sourde la saisit lorsqu'elle entraperçut le compère de celui qui la tirait vers le fond de la ruelle. Cette blondeur ne pouvait appartenir qu'à un homme. Un sourire glacial étira les traits de l'aristocrate lorsque son complice la jeta à ses pieds. Il fondit sur elle et la releva, ses yeux gris acier brillants de folie et de luxure.

- Tiens, tiens, mon ami... que nous as-tu trouvé là ? Une jolie sang-de-bourbe et pas n'importe laquelle s'il vous plaît...

- Laisse m'en un bout Lucius, ne me l'abîme pas trop, j'ai les crocs... railla une voix rauque qui la fit tressaillir.

- Fenrir, Fenrir, susurra Malefoy d'un air désolé. Toujours impatient et sans délicatesse... Laisse-moi te montrer comment un véritable Lord traite un de ses sujets...

D'un geste nonchalant et avec un sourire carnassier, il l'immobilisa au sol avant de réduire ses vêtements en lambeaux grâce à quelques diffindo vicieux. Chaque sort de découpe avait marqué sa peau qui rougeoyait à présent de fines gouttelettes de sang. Le loup garou sorti ses crocs à l'odeur alléchante et se jeta sur elle pour lécher bestialement chaque coupure. Hermione hurla de douleur, de dégoût sous les assauts lubriques du loup tandis que le rire glacé du Lord résonnait.

- Hurle tant que tu veux sang-de-bourbe... Ce soir tu es à nous... Doucement, Fenrir, lança-t-il à l'adresse de son bourreau, je veux qu'elle tienne plus longtemps que cette petite pute d'Aurora...

Il écarta brutalement le loup-garou avant de la relever d'une main de fer et de la plaquer contre le mur de pierre derrière elle. Elle tourna la tête et ferma les yeux, cherchant à échapper à son souffle, à son contact, alors qu'il murmurait à son oreille.

- Je vais te faire hurler petite pute... mais tu vivras... oh oui, tu vivras... pour ne jamais oublier où est ta place.

D'un coup de genou, il lui écarta les jambes, la faisant grogner de douleur.

- Ouvre ça, pétasse... Laisse moi prendre mon dû... Greyback ! appela-t-il. Tiens là !

Le loup garou s'approcha et la saisit dos à lui, l'immobilisant dans un étau à l'odeur putride. Malefoy ricana avant de lui attraper brutalement ses cheveux pour lui faire relever la tête.

- Tu vas regarder sang-de-bourbe... Tu vas me regarder te prendre comme une salope. Tu vas hurler et je vais prendre mon plaisir sur toi. Quant à mon ami... il releva les yeux vers Fenrir et s'il était possible, son angoisse augmenta encore. Il va faire de toi ce qu'il veux... à condition que tu restes en vie... et consciente, bien sûr...

D'un coup de pied, il lui écarta les jambes. D'un coup de rein il fut en elle. Il la brutalisa, la mordit jusqu'au sang tandis qu'il la pilonnait. Un sort de découpe sur l'épaule. Le loup qui léchait son sang alors que son complice la souillait. Le rire rauque de Greyback. L'odeur putride du loup. Le parfum obscène de Malefoy. Ses hurlements de douleur. Ses sanglots. Malefoy l'écartant de Greyback pour la jeter au sol. Elle rampant dans une dérisoire tentative d'évasion. Le poids qui l'écrase. La main qui la frappe, qui la cloue au sol. L'intrusion encore et encore. Le grondement rauque de jouissance de son bourreau. Sa tentative de se relever. Les doloris qui pleuvent. Le loup usant de ses griffes pour dessiner d'obscènes arabesques sur son corps. Un flash de lumière. L'obscurité bienvenue de l'abandon.

Snape se sentit éjecté de l'esprit d'Hermione. Son regard se troubla un instant avant qu'il ne se reprenne, une nausée le submergeant. Elle avait les yeux étonnement secs et n'aurait pas pu en dire de même pour lui. Pourtant il en avait vu. Mais là, il l'avait ressentie... elle... et il se haïssait. Il avait été cela. Il avait été ami avec cet homme, si tant est que l'on puisse encore lui attribuer ce qualificatif. Il ne savait pas comment réagir et d'ailleurs qui l'aurait su ? Elle avait vécu l'horreur et avait survécu, encore une fois.

- Pourquoi...? Pourquoi m'avoir montré cela...?

- Je n'en peux plus... Seuls vous et Harry êtes au courant. Ne vous méprenez pas. Harry ne l'est que parce que c'est lui qui m'a sauvée.

- Comment ont-ils pu s'échapper ?

- Je ne sais pas mais ils y sont bien arrivés. Harry était seul et rien ne lui indiquait ce qu'il allait trouver dans cette ruelle. Seul le fait qu'il y ait détecté ma magie l'a prévenu de ma présence. Il a foncé sans savoir qui était là. Il a été blessé mais son intervention les a fait partir.

- Pour une fois l'impulsivité Gryffondorienne a eu du bon... tenta-t-il d'ironiser.

Elle en releva pas la pique et laissa son regard errer autour d'elle. Étrangement, cette confession lui avait fait du bien mais n'ôtait en rien la sensation de souillure. Elle sursauta alors que deux yeux noir se trouvaient face aux siens et qu'une voix veloutée résonnait doucement.

-Miss Granger. Vous n'avez rien à vous reprocher. Vous êtes au-delà de cela. Vous êtes forte. Vous êtes différente. Et ceux qui ne l'on toujours pas compris ne sont que des imbéciles. J'ai l'honneur de ne pas rentrer dans cette catégorie de cornichons décérébrés, ironisa-t-il. Et ce que vous venez de m'apprendre ne fait que confirmer mon opinion historique sur certains cas désespérés, ricana Snape.

Elle sourit, l'allusion à l'étroitesse d'esprit de Ron étant plutôt plaisante.

-Attention Professeur, murmura-t-elle. Vous commencez à faire des compliments à une Gryffondor. Je ne voudrais pas vous voir faire une syncope.

Ses yeux brillaient à présent franchement et il soupira. Le pire semblait être passé et il bénissait son sens de l'humour bien particulier qui semblait avoir le pouvoir de la sortir de ses idées noires.

Et il était décidé à user et abuser de ce pouvoir, jusqu'à la sortir définitivement d'affaire.