Bonjour, bonjour !

J'espère que vous allez tous bien, et que vous avez passé une bonne semaine !

Avant toute chose, je voulais vous prévenir que les horaires de publication vont changer ! Les chapitres seront désormais postés chaque mercredi matin, et chaque dimanche matin aux alentours de 9h ! Il est aussi probable que je change la fréquence à un chapitre par semaine, d'ici quelques temps, mais encore une fois, je vous préviendrai !

Merci pour vos review(s) sur le dernier chapitre :

Nedwige Stark : C'est vrai qu'il n'y a pas eu beaucoup de Dramione dans le chapitre précédent... Mais cette fois-ci, avec ce chapitre tu vas être servi(e) ! XD J'espère qu'il te plaira ;)

Je voulais aussi vous remercier, car nous venons de passer les 10k vues sur Vivants, alors merci beaucoup *coeur coeur*

Bonne lecture ;)


Chapitre 44 : Éclaircie

- Bonsoir, bonsoir ! s'exclama Ginny en arrivant près de la table où étaient installés Théodore et Blaise.

Le bar n'était pas très rempli, seulement quelques élèves de dernière année et des sorciers habitant le village y étaient installés. Les garçons leur avaient déniché une table dans le coin de la salle principale, où ils pourraient être au calme.

Depuis la fin de la guerre, la popularité des Trois Balais n'avait fait qu'augmenter et il était rare d'y trouver un tel calme, ainsi les garçons avaient jugé bon de s'installer dans le coin le plus prisé du bar qui, ce soir-là, était libre.

- Bonsoir, répondirent en chœur les deux Serpentards, alors qu'ils s'installaient autour de la table.

- Les autres ne sont toujours pas revenus ? s'étonna Hermione.

- Non, ils sont montés à la volière donc je pense qu'ils ne seront pas là tout de suite, fit Théodore en haussant les épaules.

- À ce point-là ? grimaça-t-elle.

- Ils y sont déjà restés plusieurs heures en sixième année, donc je suppose que s'ils reviennent avant vingt heures, ce sera un exploit, plaisanta Blaise. Vous n'êtes pas tous là non plus, d'ailleurs, ajouta-t-il en haussant un sourcil.

- Non, Ron est allé se doucher à la salle commune après l'entraînement, mais Neville et Luna ne devraient pas tarder. Je les ai croisés avant l'entraînement, ils ont dit qu'ils seraient à l'heure, affirma Ginny.

En effet, quelques minutes plus tard, Neville et Luna, accompagnés par Ron, franchirent les portes du bar, emmitouflés dans leurs capes d'hiver. Ils arrivèrent en plein milieu d'une conversation pendant laquelle Ginny et Blaise débattaient avec verve de Quidditch. En entendant cela, Ron se précipita vers un siège à leurs côtés et s'immisça dans le débat, prenant le parti de Blaise qui - tout comme le rouquin - supportait les Canons de Chudley.

- Alors ton entretien ? s'empressa de demander Hermione, lorsque Neville fut lui aussi installé.

- Doucement, Hermione, s'amusa-t-il. Je vous raconterai quand tout le monde sera là, je n'ai pas envie de me répéter, ajouta-t-il dans un soupir.

- Tu n'es pas sérieux ? fit-elle d'une voix sourde, alors que son visage se décomposait, toute excitation disparue.

- Ce n'est rien, intervint Théodore en levant les yeux au ciel. Ils ne vont pas tarder, Granger.

- Mais ils n'en ont rien à faire ! Si tu me racontes maintenant, ils ne diront rien ! protesta-t-elle avec une moue suppliante.

- Hermione, détends-toi. Premièrement, tu n'en sais rien, peut-être qu'ils seront intéressés aussi. Ensuite, laisse-le respirer, il vient à peine d'arriver que tu lui as déjà sauté dessus, plaisanta Harry.

- Très bien, se renfrogna-t-elle. Prenez part à la conversation si intéressante que les autres ont, moi je vais chercher à boire puisque vous êtes décidés à me faire passer une mauvaise soirée, gronda-t-elle en se levant.

- Hermione... Ne le prends pas comme ça, tu sais très bien que Neville va te raconter. Attends juste que les autres arrivent, tu n'es pas à dix minutes près, soupira Harry.

Elle l'ignora pour toute réponse et quitta la table pour rejoindre le comptoir. Les autres secouèrent la tête, lassés par la réaction puérile de leur amie et Luna en profita pour entamer un monologue sur la créature qu'elle avait vue sur le chemin. Si Neville semblait s'y intéresser, Théodore et Harry retenaient difficilement leurs rires, après que leurs regards mitigés se soient croisés.

Comme l'avait prédit Théodore, Pansy et Drago passèrent les portes du bar quelques minutes plus tard. Ils discutaient en souriant, tout en s'approchant de leurs amis, qu'ils avaient repérés en entrant. La jeune femme avait remplacé son habituel uniforme scolaire par une longue robe noire dont les manches finissaient en dentelle et dont le décolleté s'arrêtait à la naissance de sa poitrine. Elle avait revêtu par-dessus une cape aux couleurs de sa maison. À ses côtés, Drago était habillé de son traditionnel costume noir et avançait la tête haute, d'une démarche fière, presque arrogante.

- Où est Granger ? demanda-t-il les sourcils froncés, en arrivant à leur table.

- Elle est allée chercher à boire, répondit Théodore en levant les yeux au ciel. Je te conseille de l'attendre ici, vu l'humeur avec laquelle elle a quitté la table, ricana-t-il.

- Comment ça ? s'enquit-il, les sourcils toujours aussi froncés, restant debout alors que Pansy rejoignait la banquette où Théodore et Blaise étaient installés.

- Je dirais qu'elle est partie dans un mélange de colère et de déception, plaisanta Harry, qui suivait lui aussi la conversation.

- Qu'est-ce que vous lui avez dit ? demanda-t-il légèrement sur les nerfs, en les fusillant du regard.

- Pourquoi serions-nous le problème ? Qui te dit qu'elle ne s'est pas mise en colère toute seule ? répliqua Théodore, le plus innocemment possible.

Drago lui répondit en haussant un sourcil, prouvant qu'il était certain que la jeune femme n'était pas en colère sans raison. Théodore soupira en levant les yeux au ciel, mais finit par lui répondre.

- Elle a voulu savoir comment s'était passé l'entretien de Londubat dès qu'il est arrivé.

- Mais je lui ai dit qu'il valait mieux attendre que vous soyez là, pour que je n'aie pas à me répéter, continua Neville, en haussant les épaules.

- Bande d'idiots, grogna Drago. Vous saviez très bien que c'était important pour elle, et surtout, que Pansy et moi n'en avions rien à faire ! Quelle merveilleuse idée d'agir aussi imbécilement, surtout aujourd'hui, gronda-t-il en les incendiant du regard.

Il s'éloigna vers le comptoir sans les laisser répliquer, ni même les regarder. Il aurait alors pu voir que les trois garçons paraissaient réellement embêtés. Tout en insultant mentalement ses idiots d'amis, il chercha Hermione du regard. Elle était installée sur un tabouret au bord du comptoir, un verre à la main.

Il s'arrêta à quelques pas d'elle, simplement pour l'observer. Il la trouvait magnifique. Ses longues boucles retombaient sur ses épaules recouvertes par sa cape noire. Il ne voyait qu'une partie de son visage, mais assez pour apercevoir ses petites tâches de rousseurs et ses longs cils.

Il s'approcha discrètement d'elle et se plaça dans son dos, sans la toucher pour autant. Elle avait baissé la tête et fixait le fond de son verre, plongée dans une profonde réflexion. Il était assez proche d'elle pour pouvoir sentir son parfum. Elle sentait la rose. Il savait non seulement qu'elle se parfumait avec de l'eau de rose, mais aussi que son shampoing avait cet arôme. Elle était imprégnée par cette odeur, que Drago déifiait.

- Puis-je vous offrir un verre, Miss ? murmura-t-il en s'approchant près de son oreille.

Elle sursauta légèrement lorsqu'il posa ses mains sur ses hanches, mais ne se retourna pas, ayant deviné qui se trouvait derrière elle. Elle esquissa un léger sourire.

- J'accepterais volontiers votre proposition, Monsieur, mais j'ai peur que mon très possessif petit ami en soit jaloux, répliqua-t-elle d'une voix plus forte.

- Il n'en saura rien, je vous assure, répondit-il, toujours au creux de son oreille, en glissant ses mains sur son ventre.

Elle se retourna en ricanant et plaça une main derrière sa nuque pour l'embrasser, souriant contre ses lèvres. Elle s'écarta en caressant sa joue et il lui sourit doucement.

- Tu ne devais pas apporter à boire ? demanda-t-il moqueur, en haussant un sourcil.

- J'ai dû oublier, répondit-elle avec un clin d'œil en finissant son verre. Est-ce que c'était bien avec Pansy ?

- Je ne sais pas si "bien" est le bon qualificatif, ironisa-t-il. Mais je dirais que c'était... nécessaire, ajouta-t-il alors que la jeune femme rougissait, consciente de sa maladresse.

Elle caressa doucement sa joue avec un rictus désolé, qui le fit sourire à son tour. Il l'embrassa sur le front, avant de lui tendre une main galamment. Elle l'attrapa et il avança vers leurs amis en serrant sa main dans la sienne.

La jeune femme avait compris qu'il ne lui détaillerait pas plus sa conversation avec Pansy et n'envisagea à aucun moment d'insister. Il paraissait plus serein que lorsqu'il l'avait quittée plus tôt dans la journée, et cela lui suffisait. Si Drago ressentait le besoin de lui en parler, il le ferait, elle le savait. Il fonctionnait de cette façon, elle l'avait bien compris au fil des jours. Il ne servait à rien de le pousser à dire ce qu'il avait sur le cœur, au risque qu'il ne se referme davantage sur lui-même. Au contraire, il fallait attendre qu'il vienne en parler de lui-même, et Hermione le savait.

- Je crois que tu as oublié de ramener à boire, Granger, plaisanta Théodore, lorsqu'ils arrivèrent près d'eux.

Elle le fusilla du regard, sans lui répondre, et s'installa sur la dernière banquette de libre. Drago leva les yeux au ciel en entendant la remarque de son ami et s'assit près d'elle. Hermione ignora complètement Théodore, Harry et Neville et se tourna vers Pansy, installée juste à sa gauche. Elle l'observa rapidement et écarquilla les yeux.

- Ta robe est magnifique, s'égosilla-t-elle en frôlant le tissu du bout des doigts.

La concernée rougit en baissant légèrement la tête, ce qui abasourdit Hermione. Jamais elle n'avait vu Pansy Parkinson mal à l'aise. Pourtant, c'était bien le cas. La jeune femme semblait gênée par la remarque d'Hermione, sans que cette dernière ne comprenne pourquoi. Elle fronça les sourcils, mais avant de pouvoir lui poser la moindre question, la Serpentard prit la parole.

- C'est l'une de mes créations, répondit-elle en triturant l'extrémité de sa manche.

- De tes créations ?! s'exclama Ginny, les sourcils haussés.

- Oui, j'en ai fait d'autres, répliqua-t-elle en redressant la tête.

- Ma mère serait fan de celle-ci, Pans', fit Blaise. Elle porte d'ailleurs très souvent celle que tu lui avais offerte cet été.

- Je ne savais pas que tu avais un tel talent ! Tu fais ça depuis longtemps ? demanda Ginny, ébahie.

- J'ai toujours adoré la mode en général, puis j'ai commencé à m'y mettre il y a trois ans. J'ai créé quelques pièces pour essayer, mais je me suis vraiment prise au jeu et j'adore ça, expliqua-t-elle avec un sourire timide. J'en crée de plus en plus, et comme l'a dit Blaise, j'en offre à mes proches qui deviennent mes premiers modèles en quelque sorte.

- Et tu n'as pas envie d'en faire ton métier ? s'enquit Hermione.

- J'aimerais beaucoup, répondit-elle en hochant la tête. J'ai trouvé de quoi développer mes créations, mais il faudrait que je me rende en Italie, alors je ne sais pas vraiment...

- Pourquoi aussi loin ? s'étonna Harry.

- Car c'est là-bas qu'Ugo Ferdinandi a établi ses ateliers. À Milan, plus précisément.

- Ferdinandi ? Pourquoi ce nom me dit quelque chose ? demanda Hermione en fronçant les sourcils.

- Ugo Ferdinandi est le fils de Vincenzo Ferdinandi. Il était très ami avec mon père, mais il est décédé il y a quelques années et a laissé la place à son fils.

- Mais oui, ça y est ! Je vois très bien de qui il s'agit ! Mais il n'est pas moldu ? fit-elle, les sourcils froncés.

- Sang-Mêlé, si je ne me trompe pas. Il créait pour les moldus et les sorciers. C'est la seule piste que j'ai pour pouvoir me développer dans ce secteur, soupira-t-elle.

- Mais c'est génial ! Cet homme était un dieu de la mode chez les moldus, et je ne doute pas une seule seconde qu'il ait aussi fait fureur chez les sorciers. Est-ce que son fils est aussi doué ? demanda Hermione.

- Il m'a l'air, oui, sourit-elle. Mais je ne me vois pas vraiment partir plusieurs années en Italie, grimaça-t-elle.

- Au moins tu parles italien, plaisanta Blaise.

- Merci, Blaise, je suis très rassurée maintenant, grogna-t-elle.

- Je ne comprends pas, c'est une très belle opportunité, et puis grâce à la magie tu pourrais rentrer en Angleterre dès que tu le souhaites, non ?

- Je ne suis pas certaine que faire autant d'allers-retours soit très bon pour la santé, Gin', intervint Hermione.

- Là n'est pas le problème, Granger, répliqua Drago avec un sourire, récoltant un regard noir de Pansy. Miss Pansy Parkinson, ici présente, ne veut simplement pas quitter le confort de son manoir du Berkshire, ajouta-t-il en souriant davantage.

- Mais en quoi le fait d'habiter en Italie changera quelque chose ? Toi et tes parents êtes pleins aux as, non ? fit Ginny, d'un air confus.

- C'est ce que nous nous évertuons à lui dire, mais elle ne veut rien entendre ! lança Théodore en levant les yeux au ciel.

- Ce serait différent, et vous le savez très bien ! Tous les trois ! gronda-t-elle en pointant du doigt Drago, Théodore et Blaise.

- Tu dis n'importe quoi, Pans', fit Drago. Tu pourrais te faire reconstruire ton manoir à l'identique si tu le voulais.

Elle répondit d'un simple grognement et croisa puérilement les bras sous sa poitrine. Les autres ricanèrent alors qu'elle levait les yeux au ciel. Blaise se redressa en voyant passer Rosmerta près d'eux.

- Rosie ! l'interpella-t-il en levant le bras.

- Monsieur Zabini, comment allez-vous ? demanda-t-elle en arrivant près d'eux, un grand sourire aux lèvres.

- Très bien, je vous remercie, lui répondit-il avec un sourire aguicheur, faisant grogner Théodore et ricaner les autres. Auriez-vous la gentillesse de nous apporter une bouteille de votre merveilleux hydromel ?

- Une Bièraubeurre pour moi, lança Drago, sous les regards étonnés du groupe.

- Et un jus de citrouille pour moi, s'il vous plaît, intervint timidement Ginny.

- Je vous ramène ça, fit-elle, en leur adressant un clin d'œil complice.

- Bon, maintenant que tout le monde est là, tu pourrais peut-être nous raconter ce fameux rendez-vous, Londubat, lança Drago une fois que Rosmerta fut partie, ne souhaitant pas recevoir les questions déplacées de ses amis.

- Oui, oui, fit-il en se raclant la gorge, sans oser croiser le regard d'Hermione. Eh bien, ce n'était pas très différent de ceux que nous avons passés en cinquième année. La seule différence est qu'elle m'a demandé de commencer à agir maintenant pour mon avenir, car je pense que vous le savez tous, mais je voudrais continuer d'étudier la botanique et en faire mon métier. Mais il n'existe pas vraiment d'études menant à un métier dans cet univers, malheureusement. Elle m'a donc demandé de me renseigner, de chercher des contacts, des pistes pour réaliser mon projet. Contrairement à la dernière fois, au lieu de simplement nous demander ce que nous voulions faire, elle a voulu approfondir. Elle m'a expliqué qu'elle a souhaité organiser ces rendez-vous car souvent, les élèves quittaient Poudlard et se retrouvaient sans aucun emploi, n'ayant pas vraiment creusé leurs projets d'avenir.

- Elle a vraiment bien fait, répondit Hermione en attrapant un des verres que Rosmerta venait de déposer sur leur table. C'est une très bonne idée, d'autant plus que certains élèves ont sûrement changé de projet entre-temps.

- Oui ! Je me souviens que Bill a mis du temps avant de trouver un travail à la sortie de Poudlard. Il avait d'abord envisagé d'être Auror, mais-

- Alors, rassurée ? murmura Drago à l'oreille d'Hermione, alors que Ginny continuait de raconter la vie de son frère.

- Je me suis peut-être angoissée pour rien, je l'avoue, répondit-elle en s'appuyant contre lui.

- Non, tu crois ? fit-il ironiquement, en passant un bras autour de ses épaules.

Elle lui répondit d'une tape sur le bras qui le fit ricaner, alors qu'elle levait les yeux au ciel.

- Ce n'est pas drôle ! Je n'aurais jamais pu savoir, marmonna-t-elle. Et j'avais mes raisons.

- Je ne repartirai pas dans ce débat-là avec toi, Granger. Tu sais très bien ce que j'en pense.

- Oui, je sais, grogna-t-elle en posant sa tête sur son épaule.

Il ricana en l'embrassant sur le front et ils se reconcentrèrent sur la conversation qu'avaient les autres.

- Elle m'a dit que les élèves qui avaient besoin d'un suivi et donc de plusieurs rendez-vous seraient convoqués par leurs directeurs de maison les prochaines fois, expliqua Neville.

- J'étais étonnée que McGonagall s'occupe de tous les rendez-vous, répliqua Hermione. Elle a eu raison de fonctionner comme cela pour la suite, c'est plus raisonnable.

- Tu m'étonnes, fit Harry en haussant les sourcils. Combien sommes-nous en dernière année ? Une cinquantaine ? Imagine qu'elle doive suivre chaque élève ! souffla-t-il.

La conversation divagua rapidement vers le projet de Neville, qui entama une discussion très détaillée avec Théodore sur leurs cours de Botanique. Hermione, de son côté, écoutait simplement les différentes conversations, sans vraiment y participer. Elle observait ses amis, appuyée contre Drago, qui caressait doucement la paume de sa main avec son pouce. Elle avait intercepté plusieurs fois le regard de Ron se poser sur eux, mais avait préféré ne pas le relever. Elle savait que son meilleur ami, contrairement à Harry et Ginny, était toujours autant sur la défensive avec Malefoy, ce qu'elle trouvait regrettable.

Cependant, la jeune femme connaissait assez bien Ronald Weasley pour savoir qu'il ne dépasserait pas son aigreur tout de suite, et certainement pas si elle lui en faisait la remarque.

Drago, Harry, Blaise, Ginny et Ron avaient repris leur débat sur les différentes équipes nationales de Quidditch, et bien qu'Hermione n'apprécie guère ce sport, elle adorait les voir s'animer en parlant de leurs équipes favorites. Ils débattaient avec verve pour faire comprendre aux autres à quel point l'équipe qu'ils supportaient était la meilleure, bien qu'aucun de leurs arguments ne parviennent à convaincre leurs adversaires. Les verres s'enchaînaient et malgré la tendance d'Hermione à ne pas tenir l'alcool, elle se sentait très bien, même après quelques verres.

Depuis de longues minutes, la jeune femme avait remarqué que Neville l'observait régulièrement depuis l'autre bout de la table. Bien qu'il soit en pleine discussion, son regard se posait souvent sur Hermione, qui commençait à s'inquiéter. Plusieurs fois, elle tenta de le questionner du regard, mais il détournait les yeux, comme s'il n'était pas certain de vouloir lui donner une réponse.

Au bout d'un certain temps, la jeune femme s'impatientait réellement du comportement de son ami, et alors qu'elle allait l'interpeler, il la devança et prit la parole.

- Hermione ? Je peux te parler un instant ? demanda-t-il faisant cesser les conversations autour de la table.

Elle accepta immédiatement, voulant à tout prix comprendre ce qui le tracassait. Si elle vit Drago froncer les sourcils, elle ne fit aucun commentaire et suivit le jeune homme vers la sortie du bar. Les clients s'étaient fait plus nombreux et il ne voulait pas être interrompu ou écouté par un inconnu.

Le froid les attaqua lorsqu'ils quittèrent le bar et la jeune femme resserra sa cape autour d'elle. Ils marchèrent quelques mètres, pendant lesquels Hermione se retenait fermement de lui poser les questions qui lui venaient à l'esprit. Elle ne voulait pas brusquer son ami et préféra attendre qu'il engage la conversation lui-même.

- Je voulais te parler de Luna, déclara-t-il au bout d'un certain temps.

- Quelque chose ne va pas entre vous ? demanda-t-elle, les sourcils froncés, étonnée qu'il lui parle de cela.

- Je ne sais pas vraiment, soupira-t-il en haussant les épaules. Je ne la comprends pas toujours et c'est parfois difficile, surtout en ce moment.

- Elle passe toujours autant de temps au Mémorial ?

- Oui, grimaça-t-il. Je sais que je devrais la soutenir, elle a perdu son père, elle est dans une mauvaise période de sa vie, mais je ne sais pas quoi faire de plus. Elle passe presque tout son temps libre là-bas, à raconter à la plaque de son père des tas de choses sur ses créatures et plantes imaginaires. Je sais qu'elle en a besoin, je m'en rends compte. J'ai failli perdre ma grand-mère pendant la guerre, et jamais je n'aurais jamais pu rester le même sans elle, mais Luna, c'est différent...

- Tu l'accompagnes à chaque fois qu'elle s'y rend ? s'étonna Hermione en s'asseyant sur un banc près du bar.

- Non ! répliqua-t-il vivement en secouant la tête. Je n'aurais pas tenu deux jours sinon, plaisanta-t-il amèrement en s'asseyant à ses côtés. Non, non, je suis venu une ou deux fois, mais de toute manière, je ne pense pas qu'elle fera son deuil si je suis toujours là lorsqu'elle vient parler à son père. Mais... elle ne passe presque plus de temps avec moi.

- Comment ça ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Eh bien, les seuls moments que nous passons ensemble ces derniers temps sont, soit quand je vais la chercher au Mémorial et que je l'accompagne jusqu'à sa salle commune, soit lorsque nous sommes en groupe, soupira-t-il.

- Est-ce que tu en as discuté avec elle ?

- J'ai essayé, mais tu connais Luna, c'est toujours difficile de parler de quelque chose de sérieux avec elle, je ne sais jamais si elle a vraiment enregistré ce que je lui dis. Je ne dis pas qu'elle est stupide et qu'elle ne comprend rien. Loin de là. Mais le peu de fois où j'ai essayé de lui parler sérieusement, elle ne répondait pas, ou alors changeait de sujet lorsque j'avais fini de parler. Je ne sais plus quoi faire. Tu me connais, tu sais que je ne suis pas doué avec ce genre de choses. Les relations avec les autres ce n'est pas mon fort, ricana-t-il nerveusement. Mais avec Luna, je sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas...

- Tu l'aimes ?

- Oui, répondit-il immédiatement. Oui, oui. Je pense, souffla-t-il finalement.

Il soupira et laissa sa tête retomber sur le mur qui était derrière le banc. Il leva les yeux vers le ciel et observa les étoiles. La nuit était tombée depuis quelques dizaines de minutes et le ciel était très dégagé.

De son côté, Hermione cherchait quelque chose à répondre à son ami, pour le réconforter, le conseiller. Comme il l'avait dit plus tôt, elle le connaissait très bien et savait qu'il n'était pas très doué dans ses relations sociales. Pourtant, depuis que la Guerre avait commencé, soit plus d'un an, elle l'avait vu prendre confiance en lui et affirmer sa personnalité et ses opinions. Il n'était plus le Neville Londubat timide, peureux et maladroit de première année. Hermione savait que sans cela, sa relation avec Luna Lovegood n'aurait probablement pas vu le jour.

Même si elle ne la connaissait pas aussi bien que le brun, la jeune femme avait appris à connaître les différentes réactions de Luna, ses comportements souvent qualifiés d'étrange et ses réactions parfois inadaptées. Elle-même avait mis longtemps à accepter ses excentricités, mais avait fini par devenir amie avec elle, malgré leurs différences. Cependant, même si elle avait été très heureuse d'apprendre qu'ils étaient en couple, Hermione se rendait à présent compte qu'ils étaient tous les deux très différents, peut-être même trop différents.

Neville était quelqu'un de très factuel, de très pragmatique, de terre à terre, il était aussi réaliste et matérialiste qu'Hermione l'était. À l'inverse, Luna avait la tête dans la lune, elle était plutôt spirituelle, plutôt trop optimiste que réaliste, elle avait une vision différente des choses et de la vie. C'était une preuve d'intelligence, Hermione le savait et jamais elle ne dirait le contraire, elle aimait beaucoup son amie et était réaliste : Luna était intelligente.

Cependant, la jeune femme prenait conscience, particulièrement grâce aux mots de Neville, qu'ils n'étaient peut-être pas faits pour être en couple. Hermione voyait que son ami était triste, presque désespéré d'en être arrivé à lui demander conseil. Elle soupira discrètement et se tourna vers lui.

- Tu n'es pas obligé de me répondre, ça vous regarde, mais est-ce que vous faites toujours des "choses de couple" ? demanda-t-elle maladroitement.

- De moins en moins, répondit-il en haussant les épaules, sans quitter le ciel des yeux.

- Est-ce que tu en as toujours envie ? Est-ce que tu la vois toujours de la même manière ?

- Je ne sais pas, soupira-t-il en secouant la tête. Nous passons tellement moins de temps ensemble que ce n'est pas comparable. Nous avons passé l'été ensemble, à être constamment tous les deux, mais depuis qu'elle a appris que le Mémorial existait, il ne se passe plus grand chose entre nous. Elle ne parle plus que de ça, et ne parle presque plus de toutes ses créatures ou encore du Chicaneur.

Hermione hocha lentement la tête, pensive.

- Tu sais, lorsque je suis revenue au Terrier cet été, reprit-elle en levant à son tour la tête vers le ciel, je n'ai plus ressenti la même chose pour Ron. Même si avant mon départ les choses étaient tendues chez les Weasley, Ron et moi étions un couple, avec tout ce qui va avec, ce qui rendaient peut-être les choses plus simples pour lui. Mais lorsque je suis partie, m'éloigner m'a fait me rendre compte que, peut-être, nous n'étions pas fait pour être ensemble. Son amitié me manquait, comme celle d'Harry, mais nos moments plus intimes ne me manquaient pas. Quand je suis rentrée au Terrier, je ne ressentais de toute manière plus les mêmes envies envers lui que le mois précédent. Je ne suis pas en train de dire qu'entre Luna et toi il se passe la même chose, fit-elle après quelques secondes. Mais plutôt que c'est quelque chose d'envisageable, peut-être seriez-vous plus heureux en tant qu'amis ? Je ne peux pas donner cette réponse à ta place, mais cela m'a fait penser à ce qu'il s'est passé entre Ron et moi. Même avant que je sorte avec Drago, j'étais bien plus heureuse de le voir en tant qu'ami. Il a toujours été mon meilleur ami avant tout. Je ne pense pas non plus que le fait que nous ayons été ensemble fut une erreur, mais cela nous a permis de comprendre que nous étions faits pour être amis et pas plus. Il était d'accord avec moi.

Il soupira fortement et se passa une main sur le visage. Hermione était embêtée pour lui. Elle avait l'impression de l'avoir perturbé davantage.

- Je dis peut-être n'importe quoi, tu sais, s'empressa-t-elle d'ajouter en le voyant soupirer. Je ne suis pas la meilleure pour ce genre de choses...

- Ne t'inquiète pas, Hermione, sourit-il doucement. Je ne pense pas que tu aies tort, même si j'ai vraiment besoin d'y réfléchir. J'avais besoin d'en parler à quelqu'un et finalement, je pense que tu es la mieux placée pour m'aider. Et tu l'as fait. Je vais avoir de quoi cogiter pendant un petit moment, ricana-t-il nerveusement, pour détendre l'atmosphère.

Hermione remarqua que son rire était tout de même teinté d'amertume, mais lui sourit en retour. Elle ne voulait pas qu'il se rende compte de son inquiétude. La jeune femme savait qu'après la Guerre, Luna et sa grand-mère avaient été les deux personnes qui lui avaient permis de s'accrocher, et elle ne voulait pas qu'il en perde l'une des deux, ou qu'il s'en éloigne, par sa faute. Elle ne voulait pas que son ami sombre comme certaines personnes avaient sombré après la bataille.

Il posa ses mains sur ses genoux et se leva en s'étirant. Il se tourna vers elle et lui tendit son bras, qu'elle attrapa avec plaisir. Ils rebroussèrent chemin, marchant en silence, plongés dans leurs pensées.

Il faisait bien plus chaud dans le bar, pour le plus grand plaisir d'Hermione. Tous les deux avaient bien besoin d'un verre après cette discussion, histoire de se changer les idées. Elle croisa le regard de Drago et avança vivement vers la table, mais à quelques pas de pouvoir l'atteindre, quelqu'un attrapa son bras.

- Granger, l'interpella une voix féminine.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de se retourner vers elle, Drago s'était levé et placé devant elle, baguette en main. Face à eux se tenait une grande jeune femme blonde, qui selon les estimations d'Hermione, devait avoir leur âge. Elle ne la reconnut pas tout de suite, mais après quelques millièmes de seconde d'observation, elle put l'identifier comme Daphné Greengrass. Elle sortit immédiatement sa baguette à son tour et attrapa la main libre de Drago.

- Dégage d'ici, Greengrass, gronda-t-il, alors que le reste de leurs amis dégainaient leurs baguettes, notamment Théodore qui s'était levé lui aussi.

Quelques regards s'étaient tournés vers eux, mais Blaise et Ginny fusillèrent les indiscrets du regard, et bientôt plus personne ne semblait leur prêter attention. La blonde leva ses mains vides au ciel pour montrer qu'elle était désarmée et souffla un grand coup.

- Écoutez, je ne vous veux aucun mal, je vous le jure. J'étais simplement venue m'excuser pour les agissements de ma sœur.

Drago ricana méchamment et posa le bout de sa baguette sur le buste de la jeune femme, sans la lâcher des yeux. Hermione serra plus fortement sa main, inquiète par ce qu'il se passait. Son cœur battait la chamade et tous ses sens étaient en alerte. La Serpentard paraissait sincère, mais Drago ne semblait pas la croire.

- Laisse-moi rire, grogna-t-il d'une voix dure. Tu es aussi Serpentard que nous, Greengrass, si tu penses que je vais croire à ton petit mensonge, tu te mets le doigt dans l'œil. Dégage d'ici avant que je ne te le fasse faire moi-même.

- Drago, je t'assure que je suis sincère, répondit-elle d'un air suppliant, en gardant ses mains levées. Je n'étais pas au courant des plans d'Astoria, je te jure que j'aurais tout fait pour l'arrêter dans le cas contraire. Je n'ai jamais voulu tout ça, je croyais que tu le savais. Tu me connais, Drago, je n'ai jamais fait partie des petites entreprises de ma famille et je ne le serai jamais, crois-moi.

- Comment es-tu au courant ? intervint Hermione, pour calmer le jeu, serrant la main du blond pour l'empêcher de répliquer.

- J'ai été convoquée par McGonagall et le Directeur des Aurors, répondit-elle en baissant lentement les mains. Écoutez, je voulais simplement m'excuser, je sais que tu ne me croiras pas Drago, mais je suis sincère, ajouta-t-elle le plus honnêtement possible.

Hermione hocha lentement la tête pour lui signifier qu'elle avait compris que ses agissements étaient purement bienveillants, faisant soupirer Drago de mécontentement. Elle continuait de serrer sa main, comme pour lui déconseiller d'intervenir à nouveau. Daphné finit par s'éloigner et quitta le bar, laissant le petit groupe étourdi par ce qu'il venait de se passer.

- Elle avait l'air sincère, Dray, murmura-t-elle au bout d'un moment, sans quitter des yeux la porte du bar.

- Elle avait l'air, grogna-t-il. Je ne lui fais pas confiance.

- J'ai eu peur, confia-t-elle à voix basse.

Il se tourna vers elle et vit que ses yeux étaient humides. Encore une fois, il fut étonné d'apercevoir les faiblesses de la jeune femme, tant il était rare qu'elle les montre. Lui aussi avait eu peur. Il avait eu peur pour elle. Mais jamais il ne l'avouerait, pas à voix haute du moins.

Il tira Hermione par la main et s'assit à leur table, dans un coin, en la tirant sur ses genoux. Elle se blottit contre lui, alors que les autres se réinstallaient autour d'eux.

Ils paraissaient tous mal à l'aise et gardaient le silence. D'un regard, Drago leur fit comprendre qu'ils avaient intérêt à regarder autre part, au lieu de fixer Hermione, qui avait caché son visage dans son cou. Ils détournèrent les yeux et Théodore commença à parler, vite suivi par les autres.

Drago resserra sa prise sur la jeune femme et fourra son visage dans ses cheveux. Elle sentait merveilleusement bon et il inspira un grand coup son parfum de rose. Elle avait repris une respiration calme et déposa ses petits bras autour du torse de Drago. Ce dernier ne faisait plus attention à ce qui les entourait. Il n'y avait plus qu'eux deux. Elle et son parfum de rose.

Hermione posa une main sur la poitrine du blond pour sentir les battements de son cœur. Elle aimait faire cela, c'était un bon moyen de se détendre, d'être rassurée, ou simplement d'être au plus proche de lui. Il sourit contre ses cheveux en sentant sa main, il adorait qu'elle fasse cela. Il l'embrassa sur la joue et elle releva la tête pour lui sourire. Elle se sentait mieux, grâce à sa simple présence.

- Au fait Ron, Maman m'a dit de te dire qu'elle ne pourra pas t'envoyer les caramels que tu lui avais demandés car elle n'a pas tout ce qu'il faut chez Charlie, lança Ginny, faisant rougir Ron jusqu'aux oreilles.

- Elle t'a encore envoyé une lettre ? préféra-t-il répondre alors que les autres pouffaient discrètement rire.

- Bien évidemment, elle ne m'avait envoyé que trois lettres cette semaine, j'aurais été inquiète de ne pas en recevoir, répondit-elle sarcastiquement en grimaçant.

- Que voulait-elle cette fois ? demanda Hermione, qui avait suivi leur conversation.

- Elle veut absolument que nous nous mariions au Terrier, soupira Harry en levant les yeux au ciel.

- Ce que je ne veux absolument pas, tout comme Harry. Fleur et Bill ont peut-être accepté de se marier là-bas, même si les circonstances étaient différentes, et je sais qu'il s'agit d'une sorte de tradition de célébrer les mariages Weasley au Terrier, mais sincèrement je n'en ai aucune envie.

- Maman va être très frustrée, intervint Ron.

- Eh bien qu'elle le soit ! s'exclama-t-elle. Sérieusement, j'ai encore le droit de gérer ma vie et mon mariage. Nous n'allons déjà pas pouvoir gérer grand-chose étant donné que nous sommes à Poudlard, elle va s'occuper des trois-quarts des préparatifs, donc si je peux au moins choisir l'endroit où je vais me marier, je ne vais pas me gêner.

- Et où est-ce que tu veux te marier ? demanda Pansy.

La rouquine regarda Harry et grimaça légèrement. Elle n'en avait aucune idée. La seule chose qu'elle savait était qu'elle ne voulait pas se marier dans la maison de son enfance. Elle voulait quelque chose de nouveau.

- Nous ne savons pas encore, répondit Harry à sa place. Nous y réfléchissons.

- Est-ce que vous allez faire une union simple ou sorcière ? s'enquit Blaise en finissant son verre d'hydromel.

- Une union sorcière ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? répliqua Harry, les sourcils haussés.

- Eh bien, Weaslette, tu n'expliques pas la base des mariages sorciers à ton futur-mari ?

- La ferme, Malefoy, grogna-t-elle. Je n'y ai pas pensé, grimaça-t-elle ensuite.

- Donc ?

- Il existe deux types de mariage chez les sorciers, Harry, expliqua-t-elle en se tournant vers lui. Les mariages simples, où deux personnes se marient sans procédure particulière, un mariage à la moldue si tu préfères. Et la seconde option est un mariage sorcier, où cette fois-ci, un mage qualifié marie les deux personnes de manière magique, c'est-à-dire que le divorce ne peut se faire que si les âmes des deux mariés consentent à se séparer, que s'il n'y a plus d'amour entre eux, c'est un peu compliqué, souffla-t-elle avec une moue confuse.

- Pour faire simple, lorsque tu te maries de façon sorcière, il est bien plus difficile de se séparer, Potter, intervint Drago. C'est de la vieille magie, liée à l'amour et l'âme en quelque sorte.

- Il faut vraiment être sûr de soi, prononça-t-il d'une voix sourde, ébahi d'avoir appris cela.

- Désolée de ne pas t'en avoir parlé plus tôt, marmonna Ginny.

Il tourna la tête vers elle et vit qu'elle était réellement embêtée de ne pas lui en avoir parlé. Elle évitait son regard, sans pour autant baisser la tête, et jouait avec la pointe de ses cheveux de feu. Depuis le temps, le jeune homme avait appris à remarquer lorsque Ginny Weasley était mal à l'aise, désolée, triste ou bien énervée, et cette fois-ci, il parvenait parfaitement à voir qu'elle était désolée.

- Il n'y a aucun problème, Gin', nous en reparlerons tous les deux, d'accord ? fit-il doucement en souriant.

Elle hocha la tête en réponse et la posa sur son épaule. Blaise enchaîna en parlant du nouveau mari de sa mère, qui pour la première fois de sa vie lui semblait normal. Les conversations fusèrent, en même temps que les verres, et bientôt minuit sonna.

Drago, qui discutait avec Théodore, s'aperçut qu'Hermione s'était endormie contre lui. Les verres d'hydromel et le peu de sommeil qu'elle avait eu ces derniers jours ne l'avaient pas épargnée et la jeune femme somnolait contre le torse du blond. Il observa rapidement ses amis et remarqua que Ginny paraissait elle aussi épuisée. Il annonça qu'il allait rentrer avec Hermione, qui dormait plus profondément qu'il ne le pensait, et son annonce fut vite suivie par celle d'Harry et Ginny. Les autres choisirent de rester encore un peu, n'étant pas particulièrement fatigués.

Drago laissa quelques Gallions sur la table pour payer la commande globale, sous les regards désapprobateurs de tous les autres, mais il n'en tint pas compte et leur sourit innocemment. Harry et Ginny rejoignirent l'entrée du bar pour récupérer leurs quatre capes, main dans la main, alors que Drago réfléchissait à un moyen de ramener Hermione jusqu'au château sans la réveiller.

Finalement, il l'attrapa délicatement sous les genoux et la nuque et salua les autres avant de rejoindre Harry et Ginny, qui l'attendaient devant la sortie. Son frère la recouvrit de sa cape et ils quittèrent enfin le bar. Elle était plus légère qu'il ne le pensait, et même si Harry proposa plusieurs fois de la porter à son tour, Drago préféra le faire lui-même. Elle avait calé son visage contre son torse et sa lente respiration chatouillait son menton. Il la trouvait magnifique, endormie paisiblement dans ses bras.

La montée des escaliers fut plus longue et difficile qu'il ne l'aurait cru, mais par fierté, Drago ne broncha pas et gravit les marches sous les regards moqueurs d'Harry et Ginny. Ils étaient tous les trois étonnés qu'Hermione ne se soit pas une seule fois réveillée, mais comme l'avait dit Ginny, lorsque la jeune femme était dans un tel état de fatigue - et d'ivresse - elle devenait aussi sourde que Ronald Weasley.

Ainsi, après des efforts que Drago cacha du mieux qu'il le pouvait, ils arrivèrent enfin devant le tableau de Francesca. Après s'être souhaité une bonne nuit, Drago put enfin entrer dans leur chambre et déposer Hermione sur le lit. Il se massa doucement les épaules et fit quelques mouvements avec ses bras engourdis, avant de retirer sa cape et de la lancer sur son fauteuil.

Il retira à Hermione sa cape et ses habits, la laissant simplement en sous-vêtement. Alors qu'il la recouvrait avec les couvertures, elle bougea légèrement et papillonna des yeux.

- Drago ? murmura-t-elle sans ouvrir complètement les yeux.

- C'est moi, Mia, répondit-il doucement. Rendors-toi, ajouta-t-il en l'embrassant sur le front.

Il remonta la couverture sur ses épaules, alors qu'elle s'endormait et caressa quelques secondes sa joue avant de se lever. Il n'avait pas sommeil et, comme il en avait pris l'habitude depuis quelques jours, il s'installa à son bureau pour travailler sur les choses dont il avait discuté par cheminée avec son assistante quelques jours plus tôt.

oOo

Drago était installé à son bureau depuis bientôt quatre heures. Illuminé grâce à une bougie posée à quelques centimètres de son parchemin , il rédigeait sa demande d'acquisition d'un immeuble récemment construit près du Chemin de Traverse, dont il voulait faire le futur siège de Draconis Industries.

Isabella Miller lui en avait vanté les qualités à plusieurs reprises et il irait le visiter dans la semaine. Cependant, ayant confiance en son assistante et en son expérience, il préférait préparer sa demande à l'avance, pendant qu'il en avait encore la motivation et le besoin.

Le besoin car, depuis quelques jours, Drago avait trouvé en son travail un refuge parfait pour s'évader de ses pensées qui ne tournaient qu'autour de sa mère, principalement lors de ses nombreuses insomnies.

Et ce soir-là, en plus de ses tourments à propos de sa mère, il voulait s'empêcher de ressasser sans cesse les événements de la veille. Alors il se plongeait dans la rédaction de chaque détail de son entreprise, dans l'attente de pouvoir agir concrètement. Il savait qu'il ne pourrait officialiser ses démarches que lorsqu'il aurait quitté Poudlard, mais cela ne l'empêchait pas de préparer à l'avance chaque élément qui constituerait Draconis Industries.

Il trouvait en ses insomnies des moments parfaits pour s'employer à ces travaux. Le silence de la nuit permettait à Drago de se concentrer précisément sur ce qu'il voulait coucher sur papier et même s'il avait eu au départ peur de réveiller Hermione avec la lumière de sa bougie, il avait vite compris qu'une aussi petite chose ne réveillerait pas la marmotte qu'était la jeune femme.

Cependant, le calme de la chambre fut soudainement dérangé par des petits gémissements que Drago identifia comme provenant du lit. Il se tourna vers ce dernier, mais ne voyait pas grand-chose à cause du peu de luminosité de la pièce.

En s'approchant du lit, il vit qu'Hermione était agitée. Il comprit plus clairement ce que la jeune femme exprimait dans son sommeil, et même s'il ne comprit que certains mots, ceux qu'il discerna le laissèrent sans voix.

Hermione semblait répéter la conversation houleuse qu'elle avait eu avec Astoria Greengrass la veille, mais parlait aussi de Daphné. Elle répéta ensuite inlassablement le prénom de Drago, alors que sa tête s'agitait, comme si elle se débattait. Il s'approcha plus vivement d'elle et s'assit à ses côtés dans le lit. Il la ramena doucement contre lui en caressant ses cheveux, tout en murmurant à son oreille.

- Hermione, tout va bien, réveille-toi, ce n'est pas la réalité. Tout va bien. Je suis là, Hermione. Je suis là, répéta-t-il toujours aussi doucement.

Il ne savait pas d'où lui étaient venus tous ces mots, n'ayant jamais réconforté qui que ce soit de sa vie, mais cela sembla fonctionner puisqu'il sentit la jeune femme se détendre petit à petit dans ses bras. Il caressait ses cheveux, tout en continuant de lui murmurer des paroles réconfortantes.

Après quelques secondes, Hermione ouvrit les yeux et leva doucement la tête vers Drago, en s'éloignant de lui, d'un air perdu. Son regard était voilé, comme si la réalité semblait encore loin d'elle.

- Tout va bien, lui dit-il en posant une main sur sa joue. Viens là, ajouta-t-il en la ramenant contre lui.

Il la sentit trembler contre lui et ramena la couverture sur eux, bien qu'il était convaincu que ses tremblements n'étaient pas réellement dus au froid.

- Calme-toi, d'accord ? murmura-t-il ensuite. Cale ta respiration sur la mienne, respire doucement. Tout va bien. Je ne laisserai plus jamais rien, ni personne te faire du mal, je te le promets, ajouta-t-il en la serrant plus fort contre lui.

Il avait vu dans ses yeux de la peur, de la détresse, lui brisant le cœur. Il n'aimait pas voir cela dans ses yeux. Lorsqu'il prononça ces derniers mots, il fut quelques secondes effrayé d'avoir dit cela, mais en sentant Hermione le serrer encore plus fort et déposer son visage humide de larmes dans son cou, il fut finalement rassuré de ne voir chez elle aucun rejet ni aucune réaction négative.

Il lui était rare de s'étendre sur ce genre de choses, mais il avait ressenti un réel besoin de la protéger et les mots avaient dépassé sa pensée. Il regrettait de ne pas les lui avoir dit dans un moment où la jeune femme serait en pleine possession de ses moyens, mais relativisa en pensant qu'il ne serait probablement pas capable de faire une telle chose.

Elle semblait toujours aussi perturbée, mais restait silencieuse, blottie dans ses bras. Il avait passé ses bras autour de ses hanches et caressait du bout des doigts le creux de ses reins. Cependant, Hermione ne semblait pas se calmer, ce qui embêtait le jeune homme.

- Ne bouge pas, je reviens tout de suite, chuchota-t-il avant de l'embrasser tendrement sur le front.

Il la reposa doucement sur le matelas et la vit douloureusement se recroqueviller sur elle-même. Il s'approcha de son armoire et retira ses vêtements pour les remplacer par un simple jogging, le plus rapidement possible, souhaitant rejoindre Hermione au plus vite.

Il attrapa un de ses t-shirts et retourna vers le lit. Il reprit place aux côtés de la jeune femme et lui tendit son t-shirt en lui caressant la joue. Ses larmes s'étaient taries mais ses yeux brillaient toujours de la même lueur. De l'angoisse, de la peur. Elle paraissait si perdue.

- Viens-là, dit-il en lui ouvrant les bras, après qu'elle eut enfilé son t-shirt.

- Reste avec moi cette nuit, l'implora-t-elle d'une petite voix en se collant à lui.

- Je reste, affirma-t-il avant de l'embrasser sur le haut du crâne.

- Tu peux me lire quelque chose ? demanda-t-elle timidement, en lui affichant une moue suppliante.

- Bien sûr, Mia, sourit-il doucement.

Il tendit le bras pour attraper le recueil qu'elle lui avait offert et l'embrassa doucement, avant de commencer la lecture d'un poème.

- "Comme un exilé du vieux thème,

J'ai descendu ton escalier ;

Mais ce qu'a lié l'Amour même,

Le temps ne peut le délier.

Chaque soir quand ton corps se couche

Dans ton lit qui n'est plus à moi,

Tes lèvres sont loin de ma bouche ;

Cependant, je dors près de Toi.

Quand je sors de la vie humaine,

J'ai l'air d'être en réalité

Un monsieur seul qui se promène ;

Pourtant je marche à ton côté.

Ma vie à la tienne est tressée

Comme on tresse des fils soyeux,

Et je pense avec ta pensée,

Et je regarde avec tes yeux.

Quand je dis ou fais quelque chose,

Je te consulte, tout le temps ;

Car je sais, du moins, je suppose,

Que tu me vois, que tu m'entends.

Moi-même je vois tes yeux vastes,

J'entends ta lèvre au rire fin.

Et c'est parfois dans mes nuits chastes

Des conversations sans fin.

C'est une illusion sans doute,

Tout cela n'a jamais été ;

C'est cependant, Mignonne, écoute,

C'est cependant la vérité.

Du temps où nous étions ensemble,

N'ayant rien à nous refuser,

Docile à mon désir qui tremble,

Ne m'as-tu pas, dans un baiser,

Ne m'as-tu pas donné ton âme ?

Or le baiser s'est envolé,

Mais l'âme est toujours là, Madame ;

Soyez certaine que je l'ai."

L'âme - Germain Nouveau

Lorsqu'il quitta le livre des yeux, elle était endormie. Il l'embrassa doucement sur le front et s'installa plus confortablement sous les couvertures. La fatigue le rattrapa plus vite qu'il ne le pensait et il ne tarda pas à s'endormir, Hermione calée dans ses bras.

oOo

Quelqu'un toqua à la porte de la chambre d'Hermione et Drago, alors qu'ils discutaient tranquillement.

Une semaine était passée depuis qu'Astoria Greengrass avait pénétré leur appartement. Elle avait d'ailleurs été amenée au Ministère deux jours plus tôt par des Aurors et Drago avait appris par son parrain qu'elle avait été condamnée à cinq ans d'emprisonnement à Azkaban. Ils avaient tous été rassurés d'apprendre que le Ministère ne laisserait pas ses actions impunies et qu'elle serait loin d'eux pendant un bon moment.

Hermione avait fait plusieurs autres cauchemars depuis, mais ils s'étaient bizarrement stoppés net lorsque Astoria avait quitté le château puis avait été condamnée à Azkaban. Elle avait pu compter sur Drago qui, à chacun de ses cauchemars, avait été présent à ses côtés pour la réconforter. Il avait été parfait.

Il ne lui avait pas raconté sa discussion avec Pansy, comme elle l'avait prédit, mais elle avait senti qu'il allait mieux. Il n'était pas au meilleur de sa forme, loin de là, il continuait de fumer autant, dormait toujours aussi peu et ne mangeait pas assez. Mais Hermione avait remarqué qu'il participait plus aux conversations avec ses amis, qu'il souriait davantage, et cela lui réchauffait le cœur. Elle n'espérait qu'une chose désormais : que Narcissa Malefoy contacte une bonne fois pour toutes son fils, et qu'elle puisse connaître ce Drago plein de vie que Pansy lui avait décrit.

Leurs amis étaient restés discrets et n'avaient plus parlé de ce qu'il s'était passé au plus grand bonheur de Drago qui ne voulait plus qu'Hermione y pense. Malgré les cauchemars qui avaient habités certaines nuits de la jeune femme, la semaine avait été plutôt calme. Les examens s'étaient tous bien passés, même si Hermione était persuadée d'avoir loupé plusieurs épreuves, ce qui avait fait s'exaspérer ses amis.

Drago avait quitté Poudlard le mercredi, après avoir reçu l'autorisation de la directrice, pour rejoindre Isabella devant l'immeuble qu'il voulait acheter pour son entreprise. Il avait eu raison de lui faire confiance car il avait eu un vrai coup de cœur lors de la visite. C'était exactement ce qu'il s'était imaginé. Il s'était donc empressé d'envoyer sa demande par hibou en rentrant à Poudlard et d'après la réponse qu'il avait reçue le lendemain, les choses étaient bien parties pour que le bâtiment lui revienne.

- Entrez, lança Hermione à la porte.

- Vous êtes dans une tenue décente ? demanda Harry en entrouvrant la porte.

- Tout dépend, as-tu déjà vu ta sœur nue, Potter ?

- Arrête de dire des conneries, Drago, le sermonna Hermione en lui frappant l'épaule. Entre, Harry.

Alors que Drago se plaignait faussement d'être un homme battu, Harry ouvrit complètement la porte. Ils étaient tous deux assis dans leur lit et semblaient être réveillés depuis un petit moment déjà, ce qui rassura le brun qui avait eu peur du contraire. Le weekend ayant à peine commencé, il ne savait pas ce qu'ils avaient prévu, et bien qu'il sache que Malefoy ne dormait jamais aussi tard, il n'avait pas voulu les réveiller. Il s'appuya contre le chambranle de la porte et se passa une main derrière la nuque en parlant.

- Ginny et moi nous rendons à Londres ce matin et sûrement au Chemin de Traverse, elle voulait donc savoir si vous vouliez nous accompagner.

- C'est parfait ! Toi qui voulais y aller, s'exclama Hermione en se tournant vers le blond.

En effet, la veille, Drago avait reçu un appel par cheminée de son assistante, qui l'avait prévenu que les tests sur sa potion étaient revenus positifs et qu'il fallait donc qu'il achète de quoi en créer d'autres, s'il voulait en faire profiter des privilégiés. Son entreprise ne pourrait la mettre en vente que lorsqu'il officialiserait sa création, c'est-à-dire pas avant qu'il ne quitte Poudlard. Cependant, comme lui avait dit Isabella, cela ne l'empêchait pas d'en faire profiter ses amis et ses proches.

Hermione lui avait alors demandé pourquoi il devait y aller lui-même, car bien qu'elle n'y voit aucun inconvénient - au contraire - elle était étonnée qu'il n'ait pas délégué cette tâche à quelqu'un d'autre, lui qui en avait l'habitude. Il lui avait alors expliqué qu'il était pour le moment le seul détenteur de la recette et qu'il ne la donnerait à personne tant qu'il n'aurait pas déposé de brevet au Département des Propriétés Intellectuelles et Industrielles Sorcières - ou DPIIS-, pour ne prendre aucun risque.

- Rejoignez-nous quand vous serez prêts alors, dit Harry lorsque Drago eut fini d'expliquer pourquoi il devait aussi s'y rendre.

Hermione hocha la tête avec un grand sourire et Harry referma la porte derrière lui, laissant les deux autres seuls.

- Je propose une douche commune, pour ne pas les faire attendre, lança Drago en se tournant vers elle, un sourire goguenard aux lèvres.

- Toi et moi savons très bien que si nous faisons cela, nous ne gagnerons pas du tout de temps, Drago Malefoy, répliqua-t-elle en haussant un sourcil amusé. Bien que ce soit très tentant, je vais y aller en premier, ajouta-t-elle en lançant une œillade à son torse nu qui ferait rougir un fantôme.

Il grogna pour la forme en se réinstallant dans le lit, mais laissa tout de même la jeune femme rejoindre la salle de bain, non sans qu'elle ne l'embrasse tendrement sur les lèvres.

oOo

Le Chemin de Traverse était plutôt vide pour un samedi matin. Drago, Hermione, Harry et Ginny avaient l'habitude de voir la rue blindée de monde par des sorciers et sorcières venus acheter les fournitures scolaires de leurs enfants, cependant, en ce dernier week-end de novembre, peu de personnes arpentaient la rue, habituellement pleine de vie et de bruit.

À l'autre bout de la rue, ils purent apercevoir le magasin de George, qu'il n'avait rouvert que très récemment. La devanture de la boutique surpassait toujours les autres par ses couleurs et ses excentricités et Ginny sourit d'un air nostalgique en la voyant. La dernière fois qu'elle était venue ici, la boutique était fermée et la rue paraissait bien moins vive sans elle.

- Est-ce que nous pouvons passer voir George à la boutique ? demanda doucement Ginny, les yeux toujours rivés vers celle-ci.

- Bien sûr, répondit Harry en serrant sa main dans la sienne, lui montrant son soutien.

- Je dois aller à Gringotts, je vous rejoindrai après, intervint Drago, soudainement mal à l'aise.

- Je viens avec toi, répliqua vivement Hermione, qui avait très bien compris à quoi était dû le malaise du blond. Il faut aussi que je récupère de l'argent.

- Pas de soucis, sourit Ginny. Mais je ne sais pas si nous allons nous recroiser tout de suite, nous devons aller du côté moldu pour le foikeur, ajouta-t-elle.

- Coiffeur, chérie, rectifia Harry en ricanant. De toute manière, nous pourrions peut-être déjeuner ici, non ? J'ai lu l'autre jour dans la Gazette qu'un nouveau restaurant avait ouvert pas loin, Les Trois Dragons.

- Faisons ça, acquiesça Hermione. On se retrouve vers treize heures devant Gringotts, ça vous va ?

- Parfait ! répondirent Ginny et Harry d'une même voix.

- Alors à tout à l'heure, et passez le bonjour à George de ma part !

Ils hochèrent la tête et s'éloignèrent en direction de la boutique du rouquin, main dans la main.

- Tu n'étais pas obligée de venir, marmonna Drago, les mains dans les poches, en arrivant devant l'entrée de la banque sorcière.

- Dis tout de suite que tu ne veux pas de moi ! répondit-elle avec humeur.

- Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire, grogna-t-il en entrant dans le grand hall, récemment reconstruit.

- En effet, je le sais très bien. Et je sais aussi très bien pourquoi tu n'as pas voulu venir à la boutique de George, et laisse-moi te dire que je trouve cela complètement idiot de ta part ! s'agaça-t-elle.

- Ah oui, tu crois ? répliqua-t-il sarcastiquement. Tu crois que George Weasley aurait été heureux de me voir entrer dans son magasin comme si de rien n'était ? Laisse-moi te remémorer plusieurs choses, Granger. Premièrement, je te rappelle, au cas où tu l'aurais oublié, que son frère jumeau a été assassiné par nul autre que mon propre géniteur, ou alors peut-être est-ce sorti de ta tête de Miss-Je-Sais-Tout ?! s'exclama-t-il méchamment, au milieu du vacarme qu'il y avait dans le hall, passant inaperçu aux oreilles de tous. Deuxièmement, je suis un Mangemort et rien que pour cela je ne devrais pas avoir le droit d'entrer dans cette boutique, alors que je fais partie et ai vécu avec ceux qui ont détruit des centaines de familles, dont celle des Weasley ! Et troisièmement, Granger, que crois-tu qu'il va penser en me voyant arriver à vos côtés, à tes côtés ? Je te signale que personne n'est au courant de ce qu'il se passe à Poudlard, personne ne sait que mes amis et les tiens se sont rapprochés et personne ne sait que nous sommes ensemble ! Mais oui, tu as raison, j'aurais dû venir avec vous, ricana-t-il finalement, d'un air mauvais.

Cet air qui donnait à Hermione l'impression de retrouver l'horrible Drago Malefoy qu'elle côtoyait les années précédentes. Le Drago Malefoy qui lui avait fait du mal. Le Drago Malefoy qu'elle détestait. Ce n'était plus son Drago, plus celui qu'elle avait appris à connaître ces dernières semaines. Il était redevenu en l'espace de quelques secondes, celui qu'elle exécrait il y a encore trois mois. Il lui avait parlé mal, comme si elle n'était rien de plus que son « ennemie » des années précédentes.

Elle n'eut de toute manière pas le temps - ni la force et l'envie - de répondre quoi que ce soit, puisqu'ils arrivèrent à la réception de la banque, où un gobelin des plus hideux les attendait. Ce dernier se redressa en voyant approcher l'un de ses clients les plus précieux et leur offrit un sourire peu denté, qui fit grimacer intérieurement les deux sorciers. Le jeune homme prit sur lui pour garder son calme, face à l'excès de colère qui venait de le traverser, et s'adressa à la créature.

- J'aimerais accéder à mon coffre, lança-t-il de sa voix traînante.

La réplique concernant le manque de politesse de Drago resta coincée dans la gorge d'Hermione, qui se contenta de patienter à ses côtés, les bras croisés et les sourcils froncés, furieuse.

- Bien évidemment, Monsieur Malefoy. Lequel souhaitez-vous visiter ?

- Le numéro trois, répondit-il simplement, se moquant complètement de ce que le gobelin pouvait penser de son impolitesse.

Encore une fois, dire que cela agaça Hermione était un euphémisme. Elle bouillonnait intérieurement. Comment pouvait-il passer en seulement quelques minutes du Drago qu'elle connaissait - ou croyait connaître - à cet idiot arrogant et exécrable ? Elle ne dit rien, mais intérieurement, une multitude de grossièretés lui passaient par la tête.

- Parfait, je vous laisse patienter ici, je reviens dans quelques minutes, Monsieur.

Étonnée de voir que le gobelin ne souciait pas une seule seconde se présence - ne l'ayant pas regardée une seule fois - Hermione se racla la gorge. Il sembla enfin remarquer sa présence et tourna la tête vers elle, avec un sourire des plus faux et mauvais.

- Miss ? Si vous voulez demander à accompagner votre compagnon, dit-il, sous-entendant clairement qu'elle n'était sûrement rien de plus qu'une gourgandine accompagnant Drago Malefoy. Je crains que cela ne soit malheureusement pas possible.

- Oh, mais ne vous inquiétez pas, Monsieur. Je ne souhaite absolument pas accompagner Monsieur Malefoy, répondit-elle avec un rictus sévère et de sa voix la plus calme, bien qu'une tempête ait lieu dans sa tête. Je souhaiterais moi aussi accéder à mon coffre, je vous prie, ajouta-t-elle en appuyant bien sur ses derniers mots, de façon à réprimander indirectement le blond.

- Je vous prierai de vous diriger vers mon collègue. Vous êtes ici dans la section des coffres les plus influents, dirons-nous, ajouta-t-il en pointant du doigt un autre gobelin, toujours accompagné de son horrible sourire.

- Je suis certaine d'être au bon endroit, Monsieur… Fatrock, affirma-t-elle en lisant la plaque placée devant le gobelin. J'aimerais donc accéder aux coffres Potter, je vous prie, dit-elle en sortant la clé qu'elle avait demandé à son elfe - malgré sa réticence à l'appeler - une heure plus tôt. Le coffre numéro deux, s'il vous plaît, ajouta-t-elle d'un ton doucereux.

Le visage du gobelin se décomposa alors qu'il comprenait l'erreur monumentale qu'il venait de faire. Même Drago avait esquissé un sourire en coin, fier de la fermeté et du charisme avec lesquels Hermione venait de parler. Après quelques secondes de silence, pendant lesquelles Fatrock se remettait de ses émotions, il acquiesça vivement et se retira. Aucun des deux ne firent de commentaire sur ce qu'il venait de se passer et suivirent le gobelin lorsqu'il revint vers eux.

Le début du trajet se fit dans un silence total entre les deux amants.

Au fond, Drago s'en voulait vraiment de s'être aussi mal comporté avec la jeune femme. Les mots avaient dépassé sa pensée et il savait qu'elle l'avait mal pris, qu'il était allé trop loin. Il l'avait lu dans ses yeux. Alors, ne sachant pas comment se faire pardonner et trop fier pour dire quoi que ce soit, il attrapa sa main et la serra dans la sienne, en passant son pouce contre sa paume. Il la leva vers ses lèvres et en embrassa le dos, faisant frissonner Hermione malgré elle.

Sans qu'elle ne s'en rende compte, les épaules de la jeune femme s'étaient crispées depuis leur montée dans le wagon, et le baiser de Drago les détendit inconsciemment.

Elle ne pipa mot jusqu'à ce que le wagon ne s'arrête, elle aussi trop fière pour faire un pas vers lui.

Le gobelin qui les avait accompagnés descendit et leur fit signe de les suivre. Ils descendirent à leur tour et le suivirent, sans que Drago ne lâche la main de la jeune femme.

Hermione n'était jamais descendue dans cette partie de Gringotts, bien qu'elle avait été obligée de se rendre dans l'un des coffres Lestrange. Cependant, le tunnel où ils s'étaient arrêtés était bien plus bas que celui des Lestrange. Fatrock avait eu raison en disant que les coffres réunis à ce niveau étaient les plus influents. Il n'y en avait qu'une quinzaine, réunis dans un large hall de pierre. Cette fois-ci, il n'y avait aucun dragon à l'horizon, ce qui rassura Hermione malgré elle.

Non, cette fois-ci, des centaines de sortilèges plus puissants les uns que les autres protégeaient les coffres, d'après les explications du gobelin. En plus de ceux-ci, une magie gobeline très ancienne protégeait l'entrée du hall et de chaque coffre, empêchant quiconque d'y entrer sans être accompagné d'un gobelin expérimenté et sain d'esprit.

Fatrock les amena en premier lieu devant l'un des coffres Malefoy, tout en faisant des gestes complexes avec ses mains, probablement pour défaire un à un les sorts. Il s'approcha de la grande porte du coffre principal des Malefoy et posa ses deux mains à-plats dessus. Ils purent tous entendre les cliquetis signifiant que la porte se déverrouillait et bientôt, le gobelin s'écarta pour laisser la porte s'ouvrir.

La bouche d'Hermione forma un "o" parfait lorsqu'elle put enfin découvrir l'intérieur du gigantesque coffre. Il devait faire environ le double de celui de Bellatrix Lestrange, qui était déjà très grand. Il était à moitié rempli d'or, mais aussi d'une multitude de malles, renfermant probablement une armada d'objets divers. Une gigantesque bibliothèque trônait au fond de la pièce, remplie de plusieurs centaines de livres, probablement aussi précieux les uns que les autres, faisant presque saliver Hermione.

Drago entra dans le coffre et se dirigea vers les milliers de Gallions entassés dans un coin. Il fit apparaître une bourse qu'il remplit et ressortit aussi rapidement qu'il était entré. Il lui restait des Gallions à Poudlard, mais probablement pas assez pour acheter ce dont il avait besoin, il avait donc préféré passer par la banque sorcière pour éviter tout problème d'argent.

Fatrock referma le coffre avec d'autres gestes complexes et les mena ensuite vers celui des Potter. La porte était similaire à celle du coffre Malefoy et le gobelin répéta les mêmes gestes que précédemment. Hermione fut moins étonnée que la première fois en voyant la porte s'ouvrir, puisque le coffre ne renfermait que de l'argent.

Elle s'y attendait puisque Blair - l'elfe qui lui avait amené la clé du coffre - lui avait précisé que le coffre numéro deux renfermait de l'argent moldu et sorcier, et qu'elle y trouverait ce qu'elle cherchait.

La pièce était bien plus petite que celle des Malefoy, mais n'en renfermait pas moins de richesses. D'un côté, un amas de Gallions, de Noises et de Mornilles était entassé jusqu'au plafond, et de l'autre, de l'argent moldu, disposé en plus petite quantité. La jeune femme fut même étonnée de remarquer qu'il n'y avait pas que des Livres Sterling, mais aussi d'autres monnaies du monde moldu.

Elle entra timidement dans le coffre et fit apparaître une première bourse qu'elle remplit de quelques Gallions, puis une seconde qu'elle remplit d'argent moldu, qui lui servirait plus tard dans la matinée. Elle plaça les deux bourses dans son sac en perle et ressortit du coffre, que le gobelin referma derrière elle.

Alors qu'elle avançait pour suivre Fatrock, Drago la tira par la main et la plaqua contre lui. Avant qu'elle n'ait pu faire le moindre mouvement, il posa ses lèvres sur les siennes en encerclant son visage entre ses paumes. L'intensité qu'il mit dans le baiser fit frémir Hermione, qui fut envahie par la chaleur qu'elle avait pris l'habitude de ressentir lorsqu'elle était physiquement proche de Drago, et elle lui rendit son baiser avec la même verve.

Lorsqu'ils se séparèrent, Drago posa son front contre celui de la jeune femme et caressa sa joue du bout des doigts. Hermione avait gardé les yeux fermés, souhaitant ressentir encore quelques secondes les émotions qui l'avaient traversée.

- Je sais ce que tu pensais, je l'ai compris, Dray. Et je te promets de tout faire pour que n'aies plus jamais à penser une chose pareille, murmura-t-elle tendrement, posant une main sur la sienne.

Il avait stoppé ses caresses lorsqu'elle avait prononcé ces mots, mais les reprit et l'embrassa à nouveau avant de lui attraper la main, pour rejoindre le gobelin qui les attendait quelques mètres plus loin. Il n'avait pas su quoi répondre. Elle avait compris qu'il ne le ferait pas, mais ne lui en voulait pas, elle n'avait pas non plus répondu lorsqu'il lui avait dit qu'il la protégerait. Ils étaient quittes, ils le savaient.

Quelque part, les mots de la jeune femme avaient rassuré Drago, qui avait eu l'impression que tout ce qu'il avait ressenti lorsqu'il lui avait dit vouloir la protéger était réciproque. Il leva leurs mains entremêlés à ses lèvres et embrassa celle d'Hermione.

- Au passage, si tu reparles encore comme ça à un gobelin, ou à qui que ce soit, je te lance un sort bien placé, Malefoy, ajouta-t-elle tout de même.

Drago ricana et passa un bras autour de ses épaules en s'asseyant dans le wagon. Il leva les yeux au ciel, mais acquiesça tout de même en voyant le regard sérieux d'Hermione. Il tenait à ses bijoux de famille.

oOo

- Je n'étais pas revenu du côté moldu depuis au moins six mois, souffla Harry en sortant du Chaudron Baveur avec Ginny.

Elle sourit et serra son bras contre le sien. Elle non plus n'était pas revenue de ce côté depuis un long moment, bien qu'il était rare qu'elle s'y rende. Elle aimait accompagner son père dans ses excursions dans le monde moldu, mais cela faisait plusieurs années qu'elle ne l'avait pas fait.

- Harry ? prononça-t-elle après quelques secondes de silence. Nous n'avons toujours pas parlé de ce que Blaise nous a demandé l'autre jour, ajouta-t-elle quand il eut tourné la tête vers elle.

Cette discussion n'était pas sortie de sa tête depuis leur soirée à Pré-au-Lard. Elle avait passé la semaine à se demander ce qu'elle voulait, ce que Harry voulait, à se tourmenter à propos de cette foutue question que Blaise Zabini leur avait posée, et qu'elle ne s'était même pas posée depuis que Harry l'avait demandée en mariage.

- Je sais, répondit-il dans un soupir. Et je suppose que tu y as pensé autant que moi, n'est-ce pas ?

- Probablement, ricana-t-elle, se détendant petit à petit en voyant qu'elle n'était pas la seule à avoir été tourmentée par cela.

- Et qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-il finalement.

- Je ne sais pas vraiment, dit-elle en soupirant. Je n'y avais jamais pensé, tu sais ? J'avais même oublié que cela existait. Il est assez rare que les sorciers se marient de cette façon. Mais en y réfléchissant, j'ai d'abord trouvé que ce serait une très bonne idée, qu'ainsi, nous saurions toujours si nous nous aimons, que nous aurions toujours une preuve de notre amour. Mais finalement, j'ai réfléchi plus en détails et je me suis faite la réflexion que nous ne savions pas de quoi l'avenir était fait. Si l'un de nous n'aimait plus l'autre, ou si un événement de notre vie faisait que nous voulions nous séparer, nous ne le pourrions pas. J'espère sincèrement que ce ne sera jamais le cas, crois-moi, mais je ne peux m'empêcher d'imaginer que si cela arrive, nous ne pourrons pas revenir en arrière. Je ne sais pas ce que tu en penses, je suivrai ton choix de toute manière, mais j'imagine que ce n'est pas forcément la meilleure chose à faire.

Harry avait souri tout le long de son petit discours et lorsqu'elle cessa de parler et tourna la tête vers lui, elle fut étonnée de voir que ses yeux pétillaient de bonheur et d'amour. Elle fronça les sourcils d'un air confus, alors qu'il s'arrêtait en pleine rue.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je t'aime, Ginny, répondit-il en attrapant son visage pour l'embrasser. Et je t'aime encore plus en voyant à quel point nous nous correspondons. J'ai réfléchi exactement de la même manière que toi, reprit-il doucement, en voyant qu'elle ne comprenait pas où il voulait en venir. J'ai aussi pensé au départ que ce serait génial, puis que finalement, même si j'espérais fortement le contraire, cela nous empêcherait de nous séparer si quoi que ce soit arrivait.

- Donc tu préfères que nous nous mariions normalement ? demanda-t-elle timidement, toujours dans ses bras.

- Si c'est que tu veux aussi, alors oui, Gin'.

- Je le veux aussi, Monsieur Potter, fit-elle en souriant.

Il sourit à son tour et plaqua ses lèvres sur les siennes, dans un baiser plein d'amour. Ils s'étaient arrêtés à une rue du coiffeur où ils devaient aller et ne tardèrent pas à reprendre leur marche vers celui-ci. Ginny était toute excitée d'entrer dans un magasin moldu et d'enfin se faire couper les cheveux, à tel point que Harry dut plusieurs fois calmer ses ardeurs pendant qu'une coiffeuse moldue s'occupait de la rouquine.

oOo

- Scotch ! appela Drago en quittant la boutique d'apothicaire avec Hermione.

- Oui, Maître, couina l'elfe en transplanant à leurs côtés.

- Pourrais-tu amener ça dans mon laboratoire au Manoir Kelso, je te prie ? demanda-t-il en lui tendant ses achats.

- Bien sûr, Maître.

- Range-les dans l'armoire principale.

L'elfe hocha la tête, fit une révérence et disparut dans un craquement.

- Tu as un laboratoire dans l'un de tes manoirs ? s'étonna Hermione, en passant son bras sous le sien.

- J'en ai plusieurs, en fait, mais le plus grand est à Kelso. Mon grand-père Abraxas était très doué en potions et l'avait fait construire avant la naissance de Lucius. J'y allais souvent quand j'étais jeune et qu'il était encore en vie. Simplement pour l'observer travailler sur ses potions, comme je le faisais avec Severus. Lucius avait aussi le sien mais ne me l'a pas légué, de toute manière il n'avait aucun talent dans ce domaine.

- Tu y as déjà travaillé, à Kelso ?

- Pas encore, je compte réaménager tout le manoir et qu'il devienne entièrement un laboratoire pour l'entreprise. Là où je viendrai travailler mes potions quand j'aurais le temps, mais aussi là où les chercheurs d'Astra travailleront.

- Astra ? répéta-t-elle sans savoir de quoi il parlait.

- C'est le nom que j'imaginais pour le laboratoire, répondit-il en jouant avec nerveusement sa chevalière. Qu'en penses-tu ?

- Je trouve ça très joli, Drago, sourit-elle doucement. C'est une très bonne idée, tu restes dans le thème en plus, plaisanta-t-elle ensuite.

- C'était l'objectif, s'amusa-t-il en lui adressant un clin d'œil.

Elle sourit et serra son bras contre le sien. La journée était plutôt ensoleillée, contrairement aux cinq jours de pluie qu'ils venaient de supporter en Écosse. Ils passèrent près du Chaudron Baveur et une idée germa dans la tête d'Hermione.

- Dis, Drago ?

- Oui ?

- T'es-tu déjà promené dans le Londres moldu ? demanda-t-elle avec une pointe de malice dans les yeux, que Drago ne manqua pas de remarquer.

- Jamais, non. Et ce n'est pas aujourd'hui que j'irai, Granger, répliqua-t-il.

- Et pourquoi ça, Malefoy ?

Il haussa négligemment les épaules et tourna la tête vers la rue, pour tenter de lui faire oublier cette idée et changer de sujet. Mais c'était mal connaître Hermione Granger.

- Je vois, reprit-elle en levant discrètement les yeux au ciel. Tu n'as aucune excuse valable. Nous allons donc passer l'heure qu'il nous reste là-bas, je suis certaine que cela va te plaire.

- Tu n'es pas sérieuse ? demanda-t-il en s'immobilisant.

- Bien sûr que si, mon cher. Il est temps que tu découvres le monde où j'ai vécu dix années de ma vie, ajouta-t-elle avec un grand sourire qui fit grogner le blond.

Cependant, malgré sa réticence, il se laissa faire, voyant que c'était important pour la jeune femme. Il la laissa l'accompagner jusqu'à la sortie du Chaudron Baveur et ils quittèrent le monde sorcier pour les rues bruyantes et agitées de Londres. Si Drago se sentit quelque peu mal à l'aise les premiers mètres, il se rendit vite compte que le monde moldu n'était pas si différent du sien.

Évidemment, il voyait autour de lui de nombreuses choses qu'il ne connaissait pas et dont Hermione lui donnait chaque fois les noms, mais il ne sentait pas mal, même plutôt bien. Dire que toute sa vie, son père l'avait persuadé que les moldus étaient des êtres inférieurs et inutiles. Pourtant, ce qu'il avait devant les yeux était tout le contraire. Il voyait des choses qui, d'après les descriptions d'Hermione, étaient toutes plus merveilleuses et ingénieuses les unes que les autres.

De son côté, Hermione voyait les yeux du blond s'écarquiller devant chaque chose qu'il ne connaissait pas. Ils brillaient de curiosité et chaque fois qu'il ne comprenait pas quelque chose, Drago s'empressait de le demander à la jeune femme. Elle avait été à deux doigts de le charrier les premières fois, mais s'était retenue, ne souhaitant pas qu'il se braque dans un moment si agréable. Elle se sentait bien à ses côtés, elle était heureuse et passait un si merveilleux moment qu'elle ne voulait pas que quoi que ce soit vienne le gâcher.

Ils changèrent de rue et elle vit Drago tourner la tête vers une boutique, puis s'arrêter devant. Il s'agissait d'un salon de tatouage et Hermione vit Drago froncer les sourcils.

- Les moldus se font des tatouages ? s'étonna-t-il d'un air légèrement plus sombre que quelques secondes plus tôt.

- Oui, mais pas pour les mêmes raisons que l'a fait Voldemort, répondit-elle, comprenant le véritable sens de sa question. Dans le monde moldu, c'est un art, une manière de s'exprimer, de décorer son corps, de manière symbolique, éthique, parfois même religieuse. Certaines personnes n'en font qu'un ou quelques-uns, d'autres se font tatouer tout le bras, voire parfois tout le corps, lui expliqua-t-elle.

- Aucun sorcier ne fait ça, répliqua-t-il. Les seuls tatouages qui existent se font à Azkaban ou par le Seigneur des Ténèbres.

- Je sais, et je trouve ça dommage d'ailleurs. Bien que je n'ai pas particulièrement envie de me faire tatouer, je suis certaine que beaucoup de sorciers le souhaiteraient, d'autant plus qu'avec la magie, cela rendrait probablement les choses plus facile et plus rapides. Peut-être même moins douloureuses, ajouta-t-elle plus timidement.

- Pour la douleur, je ne suis pas sûr, dit-il en reprenant leur marche.

- C'était douloureux ? s'inquiéta-t-elle en caressant inconsciemment son avant-bras tatoué du bout des doigts.

- Terriblement, répondit-il difficilement. Je ne souhaite ça à personne.

Il vit les yeux de la jeune femme s'humidifier face à son ton sérieux et au sens de ses mots. Il s'arrêta pour la serrer dans ses bras et l'embrassa sur le haut du crâne. Elle se blottit contre lui, la tête contre son torse, ses bras autour de la taille de Drago, et se complut dans la sensation de chaleur qu'elle ressentie dans ses bras, comme si ses inquiétudes s'envolaient à son contact. Il passa une main dans ses cheveux et elle releva doucement la tête vers lui.

- Je crois qu'il est l'heure d'aller retrouver les deux tourtereaux, Miss Granger, murmura-t-il finalement, en lui caressant la joue, souhaitant détendre l'atmosphère tendue qui le mettait mal à l'aise et lui rappelait des choses qu'il voulait oublier.

- Tu as raison, allons-y, dit-elle avant de l'embrasser doucement sur les lèvres. D'après Harry, la Gazette vantait grandement les mérites de ce restaurant et je commence à avoir vraiment faim.

- Je t'ai dit que nous aurions dû passer prendre quelque chose à la Grande Salle, mais tu ne m'as pas écouté, répliqua-t-il avec un sourire en coin, tout en levant les yeux au ciel.

Elle lui tira la langue pour toute réponse et ils rebroussèrent chemin, en direction du Chemin de Traverse. Elle n'avait pas envie de transplaner, préférant profiter des quelques rayons de soleil qui illuminaient les rues londoniennes.

Quand on est sous l'enchantement

D'une faveur d'amour nouvelle,

On s'en défendrait vainement,

Tout le révèle :

Comme fuit l'or entre les doigts,

Le trop-plein de bonheur qu'on sème,

Par le regard, le pas, la voix,

Crie : elle m'aime !

Quelque chose d'aérien

Allège et soulève la vie,

Plus rien ne fait peine, et plus rien

Ne fait envie :

Les choses ont des airs contents,

On marche au hasard, l'âme en joie,

Et le visage en même temps

Rit et larmoie ;

On s'oublie, aux yeux étonnés

Des enfants et des philosophes,

En grands gestes désordonnés,

En apostrophes !

La vie est bonne, on la bénit,

On rend justice à la nature !

Jusqu'au rêve de faire un nid

L'on s'aventure...

Eclaircie - René-François Sully Prudhomme


Et voilà ! Alors quels sont vos avis sur ce nouveau chapitre ?

Une soirée où tous nos personnages préférés sont réunis au Trois Balais, le fameux debrief du rendez-vous avec Mcgo', Neville a des doutes sur son couple, Daphné entre en jeu, Hermione cauchemarde, et une sortie à quatre sur le Chemin de Traverse... Qu'est-ce que vous en avez pensé ?!

Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs corrections, relectures et leurs soutiens !

Je vous dis à mercredi matin pour le prochain chapitre !

Writer8Hell