Bonjour à tous !

Je souhaite déjà m'excuser pour ce retard de deux jours, nous avons eu quelques soucis de correction et avons fait au mieux pour vous poster ce chapitre au plus vite !

Ensuite, j'ai posé un nouvel OS Dramione, que vous pourrez retrouver sur mon profil, et qui j'espère vous plaira !

Pour ce qui est de Vivants, comme vous l'avez remarqué, j'ai considérablement espacé la publication des chapitres et j'ai le regret de vous dire que cela va changer à nouveau. J'ai bien peur de ne pas réussir à tenir un rythme fixe et de devoir repasser à une publication plus "aléatoire". Je vous préviendrai à l'avance de la publication des chapitres (je vous conseille donc de suivre mon profil Wattpad pour recevoir ces annonces), et ferai de mon mieux pour que les délais ne soient pas trop longs. J'ai quelques soucis personnels ces derniers temps et il est vraiment compliqué pour moi de trouver le temps et l'inspiration pour continuer l'écriture de cette merveilleuse histoire. Je ferai de mon mieux pour vous publier les chapitres et qui sait, peut-être que j'en posterai parfois plus régulièrement qu'actuellement ? Nous approchons de la fin de l'histoire, et je vous fais la promesse qu'elle aura une fin ;)

Merci pour vos review(s) sur le dernier chapitre (et désolée pour l'attente de réponses) :

francinette : Déjà, merci pour tes commentaires sur les différents chapitres, il me font énormément de bien ^^ Si tu as bien lu, tu verras que niveau prénoms... Je ne suis pas les livres ;) Quant à l'animosité des deux zigotos ? Nous verrons cela dans les prochains chapitres et dans celui-ci...

Guest : Merci à toi !

Nedwige Stark : Contente qu'il t'ait plu et vive le Dramione !

Merci de continuer de me suivre dans ce projet, j'espère que le chapitre du jour vous plaira et encore une fois, les reviews et les retours ne seront pas de trop, et au contraire me motiveront à être plus rigoureuse sur mon écriture ;)

Bonne lecture !


Chapitre 55 : Perséides

- Dépêchez-vous, nous allons être en retard ! cria Hermione, depuis le hall du manoir.

- On arrive, répondirent en chœur les autres, qui finissaient de se préparer dans les étages du Manoir Potter.

La raison de cette agitation était simple : le petit groupe d'amis partait passer le Nouvel An à une soirée privée sorcière. Oui. Une soirée privée sorcière.

L'idée était apparue quelques jours plus tôt, alors qu'ils étaient tous revenus au Manoir Potter. Ils ne savaient toujours pas quoi faire pour la soirée du Réveillon. Pansy avait proposé au départ de les accueillir chez elle, mais finalement sa mère lui avait dit qu'elle resterait dans leur manoir ce week-end là et la jeune femme n'avait eu aucune envie de se coltiner sa mère toute la soirée. Blaise avait fait de même, avant que sa propre mère ne l'informe qu'elle et son compagnon rentreraient deux jours plus tôt que prévu.

Finalement, c'est grâce à Charles que le choix s'était fait. Ce dernier avait proposé de se rendre à une soirée privée dans le centre du Londres sorcier, organisée par quelques anciens élèves de Poudlard qu'il connaissait via les amis de ses parents.

Bien évidemment, l'idée n'avait pas du tout tenté Hermione, ni même Neville ou Harry, qui préféraient largement passer une soirée tranquille au Manoir, mais les autres avaient été tellement enjoué à l'idée de s'y rendre qu'ils n'avaient tout simplement pas pu dire non - principalement parce que Drago avait pratiquement supplié Hermione. Ils s'étaient donc résolus à s'y rendre, avec la promesse des autres de ne pas rester trop longtemps.

Presqu'une semaine était passée depuis Noël et ils avaient tous passé la semaine à voyager entre les différents manoirs et le Terrier, passant tous des après-midi les uns chez les autres. Lorsque les Gryffondor se rendaient au Terrier, les autres se retrouvaient chez Drago, ou bien chez Pansy, et passaient le reste du temps entre leurs domiciles et le Manoir Potter, qui était le plus pratique pour accueillir tout le monde.

Harry et Ginny avaient même eu le temps de faire leurs tous premiers achats pour leur fils. C'était même Ginny qui l'avait proposé, après que sa mère en ait parlé - involontairement devant elle - à Fleur. En effet, la rouquine avait bien remarqué les efforts faits par sa mère et avait même fini par aller la voir pour en discuter. Les deux s'étaient excusées pour leurs comportements et elles avaient fini par se prendre dans les bras - bien que cela ne soit pas du tout le genre de Ginny.

Cette dernière avait donc proposé à son futur mari de se rendre dans une boutique sorcière - pour commencer - afin d'acheter quelques petites choses pour leur fils. Même si c'était difficile pour elle de faire ce pas, le soutien de sa mère et de Harry l'avait motivée à s'y rendre et ils étaient rentrés avec plusieurs sacs, contenant deux peluches - chacun en ayant choisi une - et quelques vêtements pour les premiers mois de leur fils. Hermione s'était littéralement extasiée devant tous leurs achats, sous le regard dégoûté de Pansy.

Quelques jours étaient passés après cela, et les voilà donc tous sur le départ pour cette fameuse soirée du Nouvel An dont Charles leur avait vanté les mérites. À vrai dire, l'un de ses amis d'enfance, Lucian Bole, de trois ans son aîné, était l'un des organisateurs de cette petite soirée privée et lui avait - comme chaque année - proposé de les rejoindre. Ainsi, Charles avait demandé à ramener ses amis et avait immédiatement reçu l'accord de son ami.

- Je vous signale que je peux très bien partir sans vous ! menaça Hermione après cinq minutes de plus à attendre que les autres descendent.

- Tu n'as aucune envie de venir, Granger, ne dis pas n'importe quoi, se moqua Drago en descendant les escaliers du manoir, un sourire moqueur aux lèvres.

Il était habillé d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'un noeud papillon noir aussi, exigé pour la soirée. Hermione, quant à elle, avait revêtu une longue robe noire en satin plutôt près du corps que lui avaient conseillée Ginny et Pansy. Elle avait fini par craquer bien que cela ne soit pas vraiment son style.

- La ferme, Malefoy, marmonna-t-elle alors qu'il s'approchait et que les autres descendaient à leur tour, tous vêtus de leurs plus belles tenues de soirée.

Il ricana et s'avança vers elle en la détaillant de la tête au pied, d'un regard très appréciateur. Il passa un bras autour de ses hanches, debout à ses côtés, et approcha sa bouche de son oreille.

- Tu es magnifique dans cette robe, Granger, murmura-t-il d'un ton chaud et doux qui la fit frissonner. Il me tarde de pouvoir te la retirer, ajouta-t-il avant de l'embrasser sur la joue, tandis que le reste du groupe arrivait enfin dans le hall.

Elle leva simplement les yeux au ciel, les joues rouges, avant de récupérer sa cape d'hiver que lui tendait Balter. Quelques minutes plus tard, ils quittèrent tous le manoir un par un, par la cheminée du séjour.

Ils réapparurent tous et toutes à l'intérieur du bar sorcier dans lequel avait lieu la réception. La pièce était plutôt classe et on entendait un fond de musique depuis la salle d'arrivée. Un autre sorcier apparut dans la cheminée, les motivant à sortir pour ne pas gêner l'entrée.

- Putain, ton pote se fout pas de notre gueule, Ogden, lâcha Blaise, les sourcils haussés et les yeux écarquillés.

- Langage ! s'exclama Théodore en lui donnant un coup de coude, alors que les autres ricanaient de la remarque de son petit-ami.

En effet, après s'être dirigés vers la musique, ils s'étaient tous les dix retrouvés dans une grande salle - qu'Hermione et Harry auraient pu assimiler à une boîte de nuit moldue, mais bien plus classe - où étaient réunis des dizaines de sorciers, principalement de leur âge. La musique était jouée par un groupe sorcier, sur l'estrade de la grande pièce, à l'opposé des quatres serveurs du bar.

- Charles ! s'exclama gaiement un jeune homme d'à peine vingt ans, qui marchait vers eux.

- Luc' ! répondit le concerné avant de prendre son ami dans ses bras, en une accolade amicale.

Les présentations furent rapides, principalement puisque Lucian les connaissait tous de noms, et ils purent tous se rendre à une table qui leur était dédiée dans un coin de la pièce. Aussitôt, un serveur leur déposa quelques encas, sous le regard abasourdi d'Hermione. Il y avait des serveurs !

- Je vais chercher à boire, lança Blaise après quelques minutes à discuter autour de leur table.

- Je t'accompagne, fit Théodore, faisant sourire son petit-ami qui lui attrapa la main.

- Est-ce que vous avez reconnu quelques personnes ? demanda Charles en s'asseyant avec eux, après avoir fini sa discussion avec Lucian.

- Aucun, non, répondit Pansy en posant sa tête sur son épaule. Je crois qu'ils étaient tous des années supérieures à nous, et je n'en ai pas reconnu un seul.

- Je crois avoir vu passer Marcus Flint, non ? demanda Drago en cherchant le concerné du regard.

- L'ordure qui vous servait de capitaine les premières années ? fit Harry avec un certain dégoût.

- Il n'était pas si terrible que ça, répliqua Drago en levant les yeux au ciel.

- Il a tout de même envoyé un cognard dans la tête de Dubois, alors qu'il n'était même pas batteur, marmonna Ron d'un ton plutôt sec.

- Personne ne-

- C'est la première fois que Lucian organise ce genre de soirée ? coupa Hermione en fusillant Drago et Ron du regard.

Elle avait senti la dispute arriver et elle ne voulait surtout pas qu'ils gâchent la soirée avec leurs idioties. Elle était réellement énervée contre eux. Ils ne pouvaient décidément pas s'empêcher de se lancer des piques, ni d'être désagréables, et cela la désolait profondément.

Elle avait donc directement coupé court à la conversation, bien décidée à avoir une discussion avec eux dans la soirée.

- Je vais me chercher à boire, lança-t-elle quinze minutes plus tard, toujours autant énervée, puisque Blaise et Théodore s'étaient esquivés tout autre part qu'au bar.

- Je viens avec toi ! fit Drago en levant pour la suivre la faisant soupirer fortement. Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il alors qu'ils marchaient vers le bar.

- À ton avis, Drago ? répliqua-t-elle sèchement, sans le regarder.

- Granger, soupira-t-il en comprenant. Tu ne peux pas nous obliger à nous apprécier.

- Oh, mais ce n'est pas ce que je souhaite, fit-elle sarcastiquement. J'aimerais juste que vous arrêtiez de vous comporter comme des enfants, que vous appreniez au moins à ne pas vous adresser la parole et à arreter de vous regarder avec des envies de meurtre. Si vous ne vous appréciez pas, ne cherchez pas à vous chamailler, par Merlin ! s'exclama-t-elle d'un air profondément agacé. Vous êtes tous les deux importants pour moi et j'en ai marre de vous voir constamment vous battre.

- Nous ne nous battons pas, réfuta-t-il fermement, en la suivant difficilement à travers la foule.

- Vraiment, Malefoy ? fit-elle sèchement en haussant un sourcil. Ne joues pas sur les mots.

- Ce n'est pas ce que je fais, j'essaie juste de te faire comprendre que-

- Tu sais quoi ? le coupa-t-elle en s'arrêtant face à lui, tout en secouant la tête. Laisse tomber, j'ai besoin d'être un peu seule, je suis trop énervée et je risque de dire des choses qui dépasseront ma pensée, soupira-t-elle fermement.

Il s'arrêta à son tour et jugea son état du regard.

- Très bien, finit-il par dire assez froidement. Je vais aller prendre l'air.

Elle le regarda s'éloigner vers la sortie du bar et sortir son paquet de cigarette d'une de ses poches. Elle soupira. Elle détestait les conflits et particulièrement avec ses proches.

Elle avança jusqu'au bar et s'installa sur un haut tabouret, avant de commander une simple Bierraubeurre. Elle n'y fit pas réellement attention, trop plongée dans ses pensées. Il fallait vraiment qu'elle parle avec Ron de son comportement envers Drago. Elle comprenait très bien qu'il ne l'apprécie pas, mais elle ne supportait plus les regards qu'ils se lançaient, ni leurs piques. Elle soupira fortement et but une gorgée de son verre.

Elle en avait déjà discuté quelques fois avec Ginny, et celle-ci l'avait incitée à aller parler au rouquin, mais chaque fois qu'Hermione voulait le faire, elle se dégonflait. Elle avait l'impression de trop en demander à Ron : accepter sa relation, puis être gentil avec Drago... Ginny lui avait répété plusieurs fois que cela ne concernait aucunement Ron et qu'elle avait le droit d'avoir une relation amoureuse avec qui elle voulait, mais Hermione n'arrivait pas à se résigner à lui demander cela. Pourtant, après ce qu'il venait encore de se passer, elle avait de plus en plus envie de le faire.

- Hermione Granger ?! lança soudainement une voix à ses côtés.

Elle écarquilla les yeux et sa main se serra autour de son verre.

Non.

Non.

Ce n'était pas possible. Pas maintenant. Pas ce soir-là.

- Hermione, c'est bien toi ? répéta la voix, qui s'approchait de plus en plus d'elle.

Elle finit par tourner la tête et plaqua un sourire des plus faux sur ses lèvres.

- McLaggen ! fit-elle avec un faux air enjoué. Je ne savais pas que tu serais là ce soir.

- Moi non plus ! s'exclama-t-il d'un ton réellement enjoué, en s'asseyant près d'elle, ce qui la fit désespérer intérieurement. Je reviens tout juste de New York, après plus d'un an là-bas, expliqua-t-il, comme si cela allait intéresser la jeune femme.

- Tu veux dire ta planque lors de la Guerre ? ne put-elle s'empêcher de dire, avant de prendre distraitement une gorgée de son verre.

Il rougit immédiatement, avant de boire lui aussi une longue gorgée de son verre d'hydromel.

- Tu es toujours à Poudlard, n'est-ce pas ? s'enquit-il pour détourner la conversation, d'un air toujours aussi mal à l'aise.

- Bien sûr, répondit-elle simplement en sirotant à nouveau son verre.

- Quel dommage, il aurait été sympa que l'on se voit en semaine, je vais rester deux mois ici.

- Oui, vraiment dommage, répondit-elle platement, sans même le regarder.

Par Merlin, qu'est-ce qu'elle haïssait ce type. Évidemment, elle aurait très bien pu lui dire qu'ils avaient le droit de quitter Poudlard de temps à autre, mais elle n'en avait absolument aucune envie.

- Est-ce qu'il y a des nouveaux professeurs ? demanda-t-il bêtement.

Il était évident qu'il ne savait pas quoi dire. Hermione reposa son verre et baissa quelques secondes les yeux sur son sac à main, qui venait de tomber au sol. Quelques secondes de trop.

- Aucun que tu ne connaisses pas déjà, répondit-elle simplement en attrapant son verre à nouveau.

- McGonagall est à la tête de l'école, d'après ce que j'ai entendu, n'est-ce pas ?

- C'est ça, soupira-t-elle, cachant du mieux qu'elle le pouvait son exaspération.

- Et… Tu es toujours avec Ronald ? demanda-t-il innocemment.

- Je te demande pardon ? s'étouffa-t-elle à moitié dans son verre.

Elle ne savait même pas comment il avait pu savoir une telle chose.

- Je t'ai demandé si tu sortais toujours avec Weasley, répéta-t-il en approchant sa main de la sienne, posée sur le bar.

- Non, répondit-elle en commençant à retirer sa main, qu'il attrapa avant qu'elle n'en ait eu le temps. Qu'est-ce que tu fais, Cormac ? demanda-t-elle d'un air confus, en fronçant les sourcils, alors qu'une migraine étrange la prenait.

- Tu m'as manqué, Hermione, chuchota-t-il en portant sa main à ses lèvres.

Elle la retira aussitôt, une ride de douleur sur le visage. Elle avait du mal à comprendre ce qu'il se passait à vrai dire. Elle avait très mal au crâne et se tint la tête, alors que sa vision devenait moins claire.

- Que se passe-t-il ? murmura-t-elle en fermant les yeux douloureusement.

- Je pense que tu as besoin de prendre l'air, Hermione, entendit-elle d'une voix lointaine, alors qu'elle sentait un bras passer autour de sa taille, très proche de ses fesses.

Elle tenta de le retirer, mais elle n'avait soudainement plus aucune force. Elle entendait vaguement Cormac lui parler, mais ne comprenait plus rien.

- Allons dehors, nous serons plus au calme, lui répétait-il en la collant à lui et en passant sa main le long de son corps, un petit sourire sur les lèvres, tout en l'accompagnant vers la sortie du bar.

Alors qu'il ouvrait la porte, il tomba sur Drago Malefoy qui allait entrer dans le bar. Il sembla perdu dans ses pensées, mais le Gryffondor ne dit rien, ayant d'autres projets pour sa soirée que de parler avec un mangemort tel que le blond. Il posa une main possessive sur les fesses d'Hermione, qui avait désormais sa tête endormie sur son épaule et continua d'avancer.

Cependant, il remarqua le regard du Serpentard changer du tout au tout et se fixer sur Hermione Granger. Il ne comprit pas tout à fait ce qu'il se passa, mais en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il reçut un Stupefix en pleine face.

- Hermione ! Hermione ! répétait Drago, la jeune femme dans ses bras, ne se préoccupant déjà plus de McLaggen, qui était au sol.

Le bruit avait ramené du monde et de plus en plus de personnes s'approchaient d'eux, observant la scène quelques pas plus loin.

- Hermione ? Hermione, est-ce que tu m'entends ? répéta Drago en passant sa main sur sa joue pour tenter de l'éveiller. Hermione ! cria-t-il presque désespérément, l'air paniqué.

- Que se passe-t-il ?! s'exclama Théodore en se précipitant vers eux, suivi par le reste du groupe, qui avait vu la foule se regrouper à l'entrée du bar.

- Je… Je crois qu'elle a été droguée, ou je ne sais quoi, répondit Drago, d'un ton à la fois affolé et confus.

Aussitôt, les yeux de tous les autres se tournèrent vers McLaggen, qui était toujours stupéfixé au sol. Leurs regards se chargèrent de colère et, alors que Ginny s'approchait de Théodore et Drago qui tentaient de réanimer Hermione, ils s'avancèrent tous vers l'ancien Gryffondor.

- C'est une sorte de somnifère, mélangé à un lourd calmant magique, expliqua Théodore après avoir ouvert les paupières d'Hermione pour tenter de comprendre ce qu'il s'était passé.

- Que faut-il faire ? demanda immédiatement Drago, qui tenait toujours la jeune femme dans ses bras.

- J'ai ce qu'il faut, fit le brun d'un ton calme, presque professionnel.

Drago et Ginny - qui était accroupie à leurs côtés - l'observèrent alors sortir de l'une de ses poches un petit bézoard qu'il donna immédiatement à Hermione, lui ouvrant la bouche pour le lui faire avaler. Il entendait la respiration rapide et hachée de Drago, signifiant à quel point il était anxieux.

- Cela devrait suffir, fit-il sérieusement en observant la jeune femme. Vous devriez retourner au manoir, elle va avoir besoin de calme, Drago, ajouta-t-il en regardant son ami dans les yeux.

Le blond déglutit et hocha la tête avant de se lever, Hermione dans les bras. Il n'observa même pas ce que les autres - qui avaient désormais McLaggen en joue - faisaient et se dépêcha de traverser la foule, alors que Ginny partait récupérer leurs affaires. Elle le rejoignit quelques minutes plus tard, passant devant le petit groupe qui entourait Cormac, et alla retrouver Drago, déposant au passage la veste du jeune homme sur Hermione.

Il se dépêchèrent de rejoindre la cheminée du bar - espérant qu'Hermione se réveillerait après leur arrivée - et quittèrent l'endroit dans une envolée de grosses flammes vertes.

- Va lui chercher un verre d'eau, demanda Drago en arrivant, déposant immédiatement Hermione sur le grand sofa du séjour.

- J'y vais, acquiesça Ginny, sans même réagir au ton ferme du blond.

Elle quitta la pièce, alors que Drago observait attentivement les gestes d'Hermione. Son visage était plus pâle qu'à la normale et sa joue fraîche sous la main du blond. Son cœur battait la chamade. Il s'en voulait à mourir. Il n'aurait pas dû la laisser seule !

Alors qu'il se répétait à quel point il était idiot, Hermione papillonna des yeux, d'un air perdu et complètement perturbé. Ses yeux se remplirent aussitôt de larmes et Drago comprit. Elle se souvenait. Il la prit directement dans ses bras.

- Tout va bien, répéta-t-il alors qu'elle explosait en sanglots. Tout va bien, Hermione, je suis là, tout va bien, chuchota-t-il à son oreille en la serrant contre lui.

- Il… Il a-

- Je sais, je sais, souffla-t-il en lui caressant les cheveux, comprenant qu'elle ne réussirait pas à former une phrase entre ses pleurs. Mais c'est fini, tout va bien, je suis là, Mia.

Ginny revint une minute plus tard avec un grand verre d'eau dans la main, alors qu'Hermione continuait de pleurer dans les bras de Drago, qui la réconfortait du mieux qu'il pouvait. Elle posa le verre d'eau sur la table basse et les observa quelques secondes, d'un regard triste et douloureux, avant de s'esquiver pour les laisser seuls.

- Je suis tellement désolé, Hermione, j'aurai dû rester avec toi, chuchota-t-il après un long moment.

Elle releva doucement la tête, les joues pleines de larmes, l'air confus.

- Ne t'excuse pas, s'il te plaît, murmura-t-elle en blottissant sa tête dans son cou.

Elle voulait simplement rester avec lui, qu'il la prenne dans ses bras, qu'il reste près d'elle, qu'il la rassure.

Il hocha lentement la tête et ferma les yeux et cachant son visage dans ses cheveux bouclés. Ils restèrent dans cette position pendant une longue demi-heure. Drago lui chuchotait parfois des paroles réconfortantes et elle le serrait plus fort entre ses petits bras.

Il s'en voulait. Il s'en voulait d'être parti en colère pour une bêtise et de l'avoir laissée seule dans un bar aussi plein. Il n'en avait pas parlé à nouveau, mais la culpabilité continuait de le ronger. Et s'il avait été là tout le long ? Et s'il avait mis son poing dans le visage de McLaggen ? D'ailleurs, qu'en était-il de celui-ci ?

Il n'eut pas plus de temps d'y penser plus longtemps, puisque les flammes de la cheminée du séjour se teintèrent en vert et que Pansy, Blaise, Neville, Théodore et Ron en sortirent. Hermione et Drago levèrent la tête vers eux d'un même mouvement et la jeune femme fronça les sourcils.

- Où sont Charles et Harry ? demanda-t-elle d'une petite voix.

- Potter est en train de régler les derniers détails avec les aurors et Charles est en train d'aider Lucian à ranger la salle, puisque tout le monde est parti, expliqua Pansy en s'avachissant dans un fauteuil, tout comme les autres, qui avaient tous une mine inquiète en regardant Hermione.

Hermione hocha légèrement la tête, avant de la reposer sur l'épaule de Drago, qui s'était assis à ses côtés dans le canapé. Le silence se fit. Personne n'osait dire quoi que ce soit. Tous regardaient ailleurs, mal à l'aise.

- Je vais bien, lança Hermione en soupirant, après cinq longues minutes de silence. On dirait presque que vous êtes ceux qui ont été attaqués sexuellement, ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel.

Si la manière crue dont elle avait dit les choses en choqua certains, ils se reprirent vite et certains toussotèrent pour reprendre leurs esprits. Pansy lança immédiatement la conversation sur une ancienne élève qu'elle avait reconnue dans le bar et tous suivirent pour changer de sujet. Hermione sourit d'un air amusé en voyant cela et se blottit contre Drago, après avoir attrapé le verre d'eau ramené par Ginny pour en boire quelques gorgées.

Cette dernière ne tarda d'ailleurs pas à les rejoindre, ayant entendu du bruit, et ce n'est qu'une heure plus tard qu'Harry et Charles rentrèrent enfin.

- Il a été emmené au Ministère, annonça directement Harry en posant sa veste de costume sur le dossier d'un des fauteuils. D'après les aurors, ce connard sera vite enfermé à Azkaban, puisque plusieurs autres plaintes ont été déposées il y a quelques jours, expliqua-t-il en s'approchant de sa sœur, alors que Charles rejoignait Pansy. Comment tu vas ? demanda-t-il tout bas avant de l'embrasser sur le front.

- Je vais bien, Harry, dit-elle avec un petit sourire triste pour le rassurer. Il… Il n'a rien eu le temps de faire, ajouta-t-elle tristement.

Il hocha la tête gravement, l'embrassa une dernière fois sur le front, avant d'aller s'asseoir avec Ginny. Son regard resta inquiet toute la soirée, mais Hermione préféra l'ignorer, reposant sa tête sur le torse de Drago qui avait passé un bras autour de ses épaules. Elle ne voulait simplement plus y penser.

Elle finit par s'endormir, blottit contre le blond, au milieu des discussions calmes de ses amis. La fatigue due aux fortes émotions avait pris le dessus et c'est sa main serrée dans celle de Drago, qu'elle s'endormit, avant même que les douze coups de minuit ne sonnent. Par ailleurs, l'ambiance était bien trop retombée pour qu'ils ne célèbrent vraiment le nouvel an, même lorsque le décompte fut passé. Harry ouvrit une bouteille de champagne en douceur, pour ne pas réveiller sa sœur, et en servit une coupe à tous - sauf Ginny bien sûr. Ils trinquèrent silencieusement à la nouvelle année, qui - ils l'espéraient - leur réserverait à tous de bonnes surprises.

Après cela, Drago annonça qu'il montait avec Hermione et souhaita une bonne nuit aux autres. Il la souleva dans ses bras, récupérant au passage son sac, que Ginny avait laissé sur le canapé, et se dirigea vers les escaliers qui montaient aux étages.

- Drago ! l'interpella une voix en chuchotant, qu'il reconnut comme étant celle de Théodore.

Il se tourna vers lui, Hermione toujours dans ses bras, les sourcils froncés. Il le vit alors arriver rapidement vers lui, sans un bruit.

- Il faudrait lui donner de quoi vider complètement son organisme des potions, elle risque de se réveiller toute engourdie demain sinon, chuchota le brun en arrivant à leur hauteur.

- Tu as raison, je vais lui préparer ça, j'ai de quoi faire au manoir, merci Théo, répondit-il tout aussi bas, avec un hochement de tête reconnaissant.

- Drago, tu n'y es pour rien, d'accord ? ne put-il s'empêcher de dire, connaissant son ami par cœur.

Il hocha simplement la tête et Théodore sourit doucement, bien qu'il sache que cela n'avait rien changé dans la tête du blond. Au moins il avait essayé.

- Bonne nuit, Drago.

- Bonne nuit, Théo.

Le brun lança un dernier sourire à Drago, avant de retourner dans le séjour avec les autres. Celui-ci soupira légèrement et baissa les yeux vers Hermione, toujours endormie dans ses bras, la tête contre son torse. Il l'embrassa doucement sur le front, avant de reprendre sa route jusqu'à sa chambre. Une fois arrivés, il déposa la jeune femme sur le lit, avant de sortir sa baguette pour fermer les volets de la pièce.

Il retourna vers elle silencieusement et lui retira sa robe, essayant de la faire bouger le moins possible pour ne pas la réveiller. Il attrapa ensuite l'un de ses t-shirt dans l'armoire de la jeune femme et lui enfila avec des gestes très lents et doux. Il s'arrêta dans ses mouvements lorsqu'elle bougea, mais soupira de soulagement en comprenant qu'elle n'avait pas été réveillée. Il la borda, puis l'embrassa sur le front.

- Je reviens, Hermione, chuchota-t-il, bien qu'il sache qu'elle dormait profondément à cause du reste de potions dans son organisme.

Il se redressa ensuite et sortit discrètement de la chambre pour se rendre dans la salle de bain. Il se mit au centre de celui-ci et fit apparaître, à l'aide d'une multitude de sorts, tout un set de potions.

- Scotch ! appela-t-il à voix basse.

L'elfe apparut dans la seconde et se prosterna devant son maître. Avant même que Scotch n'ait pu dire quoi que ce soit, Drago lui donna la liste d'ingrédients dont il avait besoin. Il fut sec, c'était indéniable, mais son anxiété parlait pour lui, ce qui était rare.

Pendant la demi-heure suivante, il prépara avec soin une potion qui permettrait à Hermione de nettoyer complètement son organisme des potions que lui avait fait ingérer Cormac.

Il termina la potion dans un silence apaisant, faisant disparaître tout le laboratoire et les fioles avec quelques coups de baguette. Ne restait plus qu'un flacon de la potion qu'il ferait boire à Hermione, qu'il posa sur le bord du lavabo de la salle de bain, avant de retirer sa chemise et d'appuyer ses deux mains autour du robinet pour s'observer dans le miroir.

- Tu n'es qu'un con, Draco Malefoy, se murmura-t-il à lui-même, les yeux dans ses yeux.

Il avait passé tout le temps de la préparation à se répéter inlassablement les scénarios qui auraient pu avoir lieu s'il n'était pas parti pour fumer une cigarette. Il haïssait McLaggen. Il le détestait du plus profond de son âme. Si sa priorité n'avait pas été de porter secours à Hermione immédiatement, il aurait très probablement commis le tout premier meurtre de sa vie.

Très Gryffondor comme réaction, pensa-t-il sarcastiquement.

Il ouvrit le robinet d'eau froide et s'aspergea le visage, frottant ensuite ses yeux fatigués. Il était presque deux heures du matin, mine de rien. Il soupira un grand coup, retira son pantalon de costume et retourna dans la chambre, la fiole de potion dans la main.

Hermione était roulée en boule et endormie, de son côté du lit, les cheveux éparpillés autour de sa tête. Il la trouva adorable et n'eut aucune envie de la réveiller, mais il le fallait bien si elle ne voulait pas dormir trop ni se réveiller toute engourdie. Il soupira une nouvelle fois et s'assit au bord du lit juste à côté d'elle. Il passa ses doigts le long de sa joue, l'observant respirer paisiblement. Il n'avait vraiment pas envie de la réveiller, elle paraissait si bien…

- Hermione, finit-il par chuchoter sans arrêter de caresser sa joue.

Évidemment cela ne fonctionna pas. Même quand elle ne prenait pas de potion, elle dormait toujours parfaitement bien et rares étaient les choses qui la réveillait.

- Mia, réveille-toi, dit-il plus fortement en caressant cette fois-ci ses cheveux.

Il savait qu'il s'agissait d'une partie très sensible pour la jeune femme et espérait que cela suffirait à l'éveiller.

Visiblement, cela sembla fonctionner puisqu'il la vit papillonner des yeux et regarder autour d'elle d'un air perdu. Elle se redressa d'un air confus.

- Que se passe-t-il ? s'inquiéta-t-elle d'une voix endormie.

- Rien, tout va bien, la rassura-t-il en caressant sa joue. Je t'ai préparé une potion et il faut absolument que tu la boives avant de te rendormir, expliqua-t-il ensuite en lui tendant la fiole.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en l'attrapant pour l'examiner, d'une voix fatiguée.

- De quoi nettoyer ton organisme de...des potions que tu as bu tout à l'heure, répondit-il d'une voix hésitante, ne voulant pas rappeler à Hermione ces mauvais souvenirs.

Elle déglutit en hochant la tête lentement et ouvrit la fiole pour en boire son contenu, sans que Drago n'arrête ses caresses sur le bas de sa joue. Elle reposa la fiole vide avec une grimace de dégoût et soupira doucement.

- Quelle heure est-il ? demanda-t-elle en chuchotant.

- Environ deux heures du matin je dirais, répondit Drago, tout aussi bas.

Elle soupira de dépit et retomba sur les oreillers, en poussant un grognement de lamentation. Il sourit, amusé par sa réaction, et replaça une mèche de cheveux derrière l'oreille de la jeune femme.

Hermione se sentait déjà mieux, même si elle n'avait pas dormi énormément. Ce qu'il s'était passé plus tôt dans la soirée la rendait toujours très mal, mais cette peur et cette angoisse s'étaient atténuées. Elle n'oubliait rien, bien évidemment, les images tournaient encore et encore dans sa tête, mais elle se sentait en sécurité et c'est tout ce qui comptait à ses yeux.

- Tu viens te coucher ? demanda-t-elle avec une moue attendrissante.

Il sourit doucement en hochant la tête, avant de se pencher vers elle pour l'embrasser sur le front. Drago fit ensuite le tour du lit et vint s'installer à ses côtés sous les couvertures. Hermione se blottit immédiatement contre lui et ferma les yeux, la tête posée sur son torse.

- Bonne année, Dray, murmura-t-elle d'une voix endormie.

- Bonne année, Mia, chuchota-t-il en retour, fermant les yeux lui aussi.

Un vent léger,

Tard le soir,

La danse des ombres.

En regardant le ciel

Je ne sais plus

Pourquoi j'étais en colère.

Nuit des étoiles filantes -

Moi aussi, sur Terre,

Je ne suis que de passage.

Perséides - Stephen Moysan

oOo

- Ginny, non !

- Avada Kedavra !

Harry se réveilla en sursaut, la respiration hachée. Ginny était penchée au-dessus de lui, l'air très inquiet.

- Tout va bien, Harry, ce n'était qu'un cauchemar ! lui chuchota-t-elle immédiatement en caressant le haut de sa tête avec tendresse. Tout va bien, répéta-t-elle en voyant son regard perdu.

- Il nous tuait tous les trois, Gin', dit-il d'une voix tremblante et paniquée. Le bébé et toi, vous… vous…

- Ce n'est qu'un cauchemar, Harry, lui souffla-t-elle en caressant le front, décalant ses mèches pleines de sueur. Il n'est plus là, et nous allons bien. Tout va bien, Harry, ajouta-t-elle en le serrant contre elle.

Il enfouit sa tête dans les cheveux de Ginny et prit une grande inspiration en la serrant contre lui à son tour. Elle avait été réveillée par les mouvements brusques de Harry dans son sommeil et ses marmonnements incompréhensibles. Elle avait eu très peur, avant de comprendre qu'il ne s'agissait que d'un cauchemar. Malheureusement habituée à ce qu'il en fasse, elle avait attendu qu'il se réveille, sachant qu'il était encore pire de le réveiller au milieu de son rêve.

- Je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose à cause de moi, murmura-t-il contre le cou de la rouquine.

- Il ne nous arrivera rien, Harry, répondit-elle doucement en caressant le haut de sa nuque. La Guerre est finie, tout est fini, tout ira bien. Rien ne nous arrivera, mon chéri.

- Tu n'en sais rien, prononça-t-il d'une voix déchirée. Des gens en veulent à ma vie, j'en suis certain, et ils voudront vous atteindre aussi, Ginny…

- Harry, regarde-moi, lui ordonna-t-elle d'une voix douce en attrapant ses joues pour lui faire face. La guerre est finie, le Ministère est entre de bonnes mains, il ne reste presque plus aucun partisan de Voldemort en liberté et nous sommes en vie. Tout va bien, d'accord ? chuchota-t-elle sérieusement en caressant ses joues avec ses pouces.

- Des gens nous en veulent toujours, Gin', tu ne te rends pas compte, soupira-t-il en se détachant de ses mains et en s'asseyant au bord du lit, torse nu et transpirant. Hermione a été agressée deux fois en seulement deux mois, comment veux-tu que j'espère que tout va bien ? ricana-t-il amèrement.

Il se passa une main sur le visage et Ginny se redressa à son tour dans leur lit, posant négligemment une main sur son ventre arrondi. Elle le regardait tristement, comprenant totalement sa façon de voir les choses, bien qu'elle ne la partage pas. Elle posa une main sur son dos et s'assit au bord du lit à ses côtés, posant sa tête sur son épaule.

- Tu ne peux pas sauver tout le monde, Harry, tu as le droit à du repos, tu as le droit de vivre ta vie maintenant, tu comprends ? chuchota-t-elle en caressant son dos.

Il releva la tête vers elle, les yeux humides, et la fixa dans les yeux. Son regard était déterminé, sérieux et… convaincant. Il soupira longuement mais finit par hocher la tête. Elle avait raison, il le savait. Le changement serait difficile, mais il y arriverait. Pour elle, et pour leur fils.

- Tout ira bien, promit-elle en posant sa main sur sa joue pour l'embrasser tendrement.

Elle trouva assez ironique de dire une telle chose, alors qu'elle-même était paniquée à l'idée que le temps passe. Il répondit à son baiser avec amour avant de la serrer contre lui.

- Je t'aime, Gin', chuchota-t-il.

- Je t'aime aussi, Harry.

Quelques dizaines de minutes plus tard, les deux fiancés étaient allongés à nouveau sous les couvertures, serrés l'un contre l'autre, dans le grand lit de leur chambre au Manoir Potter.

oOo

La fumée s'échappa de la locomotive et le train se mit enfin en marche, démarrant sous les au revoirs et les acclamations des sorciers restés sur le quai. Les vacances de Noël étaient déjà finies, seulement deux jours après le Nouvel An.

Le petit groupe de dernière année était installé dans le compartiment des Préfets-en-Chef, après être arrivés tout juste avant le départ du train - pour le grand bonheur de Théodore et Hermione. En effet, après avoir décidé de tous dormir au Manoir Potter la veille de la rentrée, ils s'étaient tous couchés assez tôt, mais visiblement, cela n'avait pas suffit à ce qu'ils soient à l'heure puisque Blaise et Ron - pour ne pas les citer - avaient mis énormément de temps à se réveiller.

C'est donc complètement stressés qu'Hermione et Théodore s'étaient précipités dans le train, vite suivis par les autres plutôt amusés par leurs comportements. Ils s'étaient installés aux mêmes places qu'à l'allée et le train avait enfin démarré.

Seulement deux jours étaient passés depuis l'affreuse soirée du Nouvel An, mais Hermione se sentait mieux. Elle n'avait pas oublié et était toujours aussi choquée par ce qu'il s'était passée, mais son entourage l'avait tellement soutenue qu'elle n'y pensait presque plus.

En face d'elle, Neville était perdu dans ses pensées. Il avait passé de merveilleuses vacances. Elles avaient été merveilleuses, alors même que Luna n'avait pas été là. Elle lui avait manqué, certes, mais il s'était vite rendu compte que cela n'avait rien changé à son bonheur tout le long de ces deux semaines. Et ce constat lui avait mis un petit coup au moral.

Non loin de lui, Ron était lui aussi dans ses pensées. Depuis que le train avait démarré, il ne cessait d'observer les autres en pensant au fait qu'il était le seul célibataire de la bande - bien que la situation de Neville soit compliquée. Et mine de rien, il n'était pas à l'aise avec cela. Comme l'avait si judicieusement fait remarquer sa sœur il y a deux semaines, il lui était arrivé de coucher avec Romilda Vane, et pas qu'une fois. Bien entendu, il n'y avait rien d'autre derrière que des coups d'un soir, mais il avait du mal à admettre qu'il avait aimé ça. Pas que le sexe était bon, mais plutôt le fait qu'une situation comme celle-ci lui plaise. Prendre du plaisir sans être en couple lui paraissait tellement inimaginable. Depuis longtemps, le schéma du couple était la seule option qu'il pouvait ne serait-ce qu'imaginer, mais maintenant qu'il avait testé "d'autres horizons" son cerveau ne faisait que tourner en boucle, se demandant si tout cela était normal.

Drago était lui aussi dans ses pensées, ressassant les vacances qu'il avait passées aux côtés de sa mère. Elles avaient été merveilleuses et il était plus heureux que tout, il n'y avait aucun doute là-dessus. Revoir sa mère avait été un soulagement indescriptible pour le jeune homme et la quitter la veille avait été très difficile. Elle avait promis qu'elle irait bien désormais, mais il était toujours anxieux à l'idée qu'elle se sente seule ou qu'elle continue de se sentir mal, comme avant. Elle avait usé d'énormément de sorts de métamorphoses lors des vacances, et il le savait, ce qui ne l'inquiétait que davantage.

- Je vais me dégourdir les jambes, fit soudainement Hermione, le sortant de ses pensées.

- Tu veux que je-

- Je viens avec toi ! le coupa immédiatement Ron en se levant pour suivre Hermione.

Drago lui lança son regard le plus noir, attrapant possessivement la main d'Hermione, sans se lever pour autant. Elle se retourna vers lui et sourit, avant de l'embrasser sur la joue, pensant bêtement que c'était seulement ce qu'il demandait - et heureusement pour lui.

- À tout à l'heure, lança-t-elle en sortant, faisant tourner toutes les têtes vers celle de Drago qui semblait rager intérieurement.

Ron lui lança un simple sourire narquois avant de suivre Hermione et de fermer la porte. Le blond se leva brusquement pour les suivre, mais Blaise et Ginny le retinrent par le bras.

- Elle t'en voudra si tu dis quoi que ce soit, Drago, fit la rouquine d'un air sérieux.

- Et donc je laisse les choses se passer devant mes yeux sans rien faire ?! s'exclama-t-il en se tournant vers eux, les sourcils froncés par la colère.

- Elle a pas tort, vieux, laisse tomber, il n'en vaut pas la peine, renchérit Blaise.

- Je te signale que tu parles quand même de mon frère, Zabini, répliqua Ginny en haussant un sourcil, alors que les autres pouffaient.

- Je vais fumer, marmonna Drago en quittant le wagon, sans que les autres - qui étaient déjà en train de débattre et rigoler - ne le remarquent.

Il se dirigea vers le premier compartiment vide et s'installa en ouvrant grand la fenêtre. Il n'avait évidemment pas trouvé Hermione et Ron, mais ne chercha pas plus. Il savait que les autres avaient raison et qu'il ne valait mieux pas chercher d'autres problèmes. Il sortit une cigarette et la plaça entre ses lèvres, observant le paysage qui défilait à travers la fenêtre.

oOo

Hermione et Ron se promenaient dans le long couloir du train, discutant de tout et rien, comme au bon vieux temps. Hermione était ravie de partager un tel moment avec lui, étant donné que ce n'était pas arrivé depuis déjà plusieurs mois. Leur séparation, puis le changement de dortoir d'Hermione les avait considérablement éloignés, et son couple avec Drago n'avait pas arrangé les choses. Et si elle avait eu peur que ce moment soit gênant pour eux, c'était tout le contraire. Elle retrouvait son ami et plus celui dont elle était amoureuse en sixième année, ni un petit-ami. Tout cela avait disparu et il ne restait que leur amitié.

Mais alors qu'ils discutaient du projet de Ron pour les années suivantes, Romilda Vane sortit soudainement de son compartiment et leur rentra pratiquement dedans.

- Excuse-moi, je-

Elle se coupa complètement dans sa phrase et rougit fortement en voyant de qui il s'agissait. Ron rougit à son tour, tout cela sous les yeux amusés d'Hermione, et Romilda rentra aussitôt dans son compartiment. Ron se racla la gorge, les oreilles écarlates et commença à avancer dans le couloir du train, se faisant rapidement rattraper par Hermione, qui se retenait clairement de rire.

- Je croyais que vous vous entendiez bien, finit-elle par dire, ne pouvant s'empêcher de parler de ce qu'il venait de se passer.

- Oui, oui, c'est le cas, bafouilla-t-il toujours aussi gêné.

- Désolée, tu n'as peut-être pas envie d'en parler, s'excusa-t-elle, mal à l'aise à son tour.

- Non, non, s'empressa-t-il de dire. Ça ne me dérange pas.

Bien qu'il ait dit ça, ils se turent tous les deux. Hermione avait tout un tas de questions à lui poser mais elle ne voulait pas donner l'impression d'être jalouse, ou quoi que ce soit - ce qui n'était évidemment pas le cas. Elle s'intéressait simplement à lui mais ne voulait pas le brusquer. Ron quant à lui, ne savait pas quoi dire. Il cherchait à formuler quelque chose pour lui expliquer tout cela, mais chaque fois, il avait l'impression de se justifier et n'aimait pas ça du tout.

- Nous étions bourrés-

- Vous iriez bien ensemble-

Ils prononcèrent cela d'une même voix, avant de se couper tous les deux, encore plus gênés. Quelques secondes passèrent avant qu'ils n'explosent soudainement de rire, trouvant la situation plus cocasse qu'autre chose finalement.

- Ce n'était qu'une ou deux fois, finit par dire Ron après qu'ils eurent calmé leurs rires. Pour… le fun, ajouta-t-il alors que ses oreilles prenaient une teinte écarlate.

- Et ça te convient ? demanda doucement Hermione, après avoir hoché la tête. Tu n'as pas envie de plus ?

- Non, plus maintenant, ou du moins pas pour le moment, répondit-il en haussant vaguement les épaules, les mains dans les poches.

- En tout cas, tu sais que tu peux tout me dire, Ron, sourit-elle après avoir hoché la tête. Même si...Même s'il s'est passé quelque chose entre nous, tu restes mon meilleur ami avant tout et je ne veux pas que tu hésites à venir me parler de quoi que ce soit, sous prétexte qu'il y a eu quelque chose entre nous.

- C'est promis, Hermione, répondit-il doucement en souriant. Tu sais tout autant que moi que je n'apprécie pas Malefoy, mais… Si tu veux me parler aussi, je serai là, c'est promis.

Elle sourit et attrapa sa main pour la serrer. Il était son meilleur ami et elle ne voulait le perdre pour rien au monde. Ils continuèrent de se promener dans le long couloir du train, tout en discutant calmement, Hermione reprenant parfois des élèves qui chahutaient dans les compartiments. Le rouquin n'était pas particulièrement nostalgique de son titre de Préfet, contrairement à ce que ses amis pensaient. Lui qui avait tant célébré l'arrivée de son insigne, était devenu complètement indifférent à ce rôle, sûrement parce que des choses plus importantes étaient apparues dans sa vie. Il pensait souvent au fait que le reflet que lui donnerait le Miroir de Risèd ne serait probablement pas le même d'ailleurs…

Alors qu'ils retournaient dans le compartiment des Préfets-en-Chef, ils passèrent devant le compartiment qu'avait choisi Drago pour s'isoler et Hermione se tourna vers son ami.

- Je vous rejoins tout à l'heure, lui dit-elle avec un petit sourire gêné.

- T'en fais pas, sourit-il en comprenant son tracas.

Elle lui fit un sourire reconnaissant, alors qu'au même instant, Drago relevait la tête et croisait le regard de Ron qui était face à lui. Le rouquin profita donc de l'occasion et embrassa Hermione sur la joue, cette dernière ayant tout loupé de l'échange de regard. Le regard de Drago se durcit, alors que Ron s'en allait et que sa petite-amie entrait dans le box.

- Tu es là depuis longtemps ? demanda-t-elle en s'installant en face de lui, un léger sourire aux lèvres.

Elle avait passé un très bon moment avec son meilleur ami et son humeur pouvait difficilement être meilleure.

- Je suis parti en même temps que vous, répondit-il froidement en fixant ses yeux sur l'horizon qui défilait derrière la fenêtre du train.

Finalement, sa bonne humeur redescendit rapidement.

- Je peux savoir ce que tu as, ou tu comptes être désagréable sans me donner d'explications ? dit-elle en soupirant fortement. Parce que dis-le moi et dans ce cas là, je m'en vais, continua-t-elle en se levant, le visage fermé et assez énervé.

Il soupira fortement, mais se leva pour s'approcher d'elle et lui attraper le poignet, alors qu'elle le fixait dans l'attente d'une réponse.

- Reste, fit-il simplement en la regardant dans les yeux, la dépassant de presque vingt centimètres.

Elle le regarda silencieusement dans les yeux pendant une dizaine de secondes, luttant contre l'envie de s'en aller, après avoir compris la raison de son comportement.

- C'est la dernière fois que je fais un effort, je te préviens, marmonna-t-elle finalement en se rasseyant sur sa banquette et en regardant l'horizon à son tour. Je t'ai déjà dit à quel point je souffrais de vous voir vous battre comme ça. Et ne me dis pas non, tu sais comment cette conversation a fini la dernière fois ! s'empressa-t-elle de rajouter avant qu'il ne la coupe.

Il se coupa net dans son début de phrase lorsqu'elle continua et baissa légèrement la tête en serrant la mâchoire. Sa remarque était traître, et elle le savait, mais Hermione n'avait pas pu s'en empêcher.

Il finit par soupirer et s'installa en face d'elle, regardant à son tour l'horizon. Il avait bien trop de fierté pour rebondir sur ce qu'elle avait dit et ils le savaient tous les deux. Et elle savait aussi qu'elle ne tiendrait pas longtemps dans ce silence tendu.

Ils ne parlèrent pas pendant plus de quinze minutes, avant qu'Hermione tourne une première fois sa tête vers celle du blond.

Puis dix minutes plus tard. Mais il ne bougeait toujours pas.

Cinq minutes plus tard.

Trois minutes.

Une minute.

- Écoute… J'aimerais juste que vous fassiez un effort, ne put-elle s'empêcher de soupirer, après ce long silence pesant.

- Je sais, Hermione, répondit-il sans tourner les yeux vers elle, alors que la jeune femme ne pouvait plus le lâcher du regard.

Elle hocha la tête, silencieusement, ne sachant pas quoi ajouter de plus. Elle lui avait déjà expliqué de nombreuses fois, elle ne voulait pas encore se répéter. Elle le vit alors esquisser un sourire en coin, puisqu'elle ne l'avait toujours pas quitté des yeux.

- Pourquoi tu souris ? soupira-t-elle en fronçant les sourcils.

- Tu n'as pas tenu trente minutes sans t'empêcher de parler, se moqua-t-il en tournant enfin ses yeux gris et moqueurs vers elle.

Elle ouvrit la bouche pour protester, avant de la refermer en rougissant, se rendant compte qu'il n'avait pas tout à fait tort. Il éclata alors d'un rire clair, sans la quitter des yeux, tandis qu'elle bougonnait des paroles incompréhensibles dans son coin. Il se leva et vint s'asseoir à ses côtés en riant doucement, sans qu'elle n'arrête de rougir pour autant.

- Ne t'en fais pas, tu es bien plus attrayante en étant bavarde et curieuse, Mia, souffla-t-il à son oreille en passant un bras autour de ses épaules.

Elle ne put s'empêcher de sourire légèrement, mais leva les yeux au ciel, alors qu'il riait légèrement à son oreille. Il l'embrassa sur la joue et elle tourna la sienne pour embrasser ses lèvres tendrement. Il sourit contre ses lèvres et elle aussi. Le blond posa sa paume sur sa joue et approfondit le baiser, tout en posant son autre main sur sa cuisse pour se rapprocher d'elle. Mais alors qu'il commençait à caresser sa cuisse, elle se tendit soudainement et serra les poings.

Ce fut Drago qui s'éloigna d'elle sans lâcher sa joue, le regard inquiet. Alors qu'il allait demander ce qui n'allait pas, il vit des larmes dans ses yeux et remarqua à quel point elle était tendue. Son regard semblait détruit.

- Par Merlin, Mia, je suis désolé, s'empressa-t-il de dire en la ramenant contre lui et en la serrant dans ses bras. J'aurai dû y penser, continua-t-il alors qu'elle éclatait en sanglots.

- Tu n'y es pour rien, c'est moi, je ne sais pas ce qui m'arrive ! pleura-t-elle en se serrant contre lui.

- Ce n'est rien, Hermione, chaque chose en son temps, chuchota-t-il à son oreille en lui caressant doucement les cheveux, alors qu'elle continuait de pleurer. Je suis là et tout va bien, Mia.

Elle hocha la tête lentement et inspira un grand coup. Elle avait eu l'impression d'y être à nouveau, les images de cette terrible soirée avaient défilé devant ses yeux. C'était affreux.

Mais la présence et les mots de Drago l'avaient rassurée, et elle se calma doucement, la tête blottie dans son cou.

Un long moment passa, alors qu'ils restaient blottis l'un contre l'autre, dans un silence apaisant. Le train continuait d'avancer et tous deux regardaient parfois le paysage qui défilait devant leurs yeux, s'émerveillant parfois devant la beauté de la nature écossaise.

- Tu veux bien me lire quelque chose ? murmura timidement Hermione, la tête posée sur l'épaule du blond, au milieu du silence.

Il tourna la tête vers elle et eut un petit sourire en coin, avant d'hocher la tête et de l'embrasser sur le front. Il se leva et attrapa son sac, qu'il avait apporté jusqu'ici, pour en tirer le recueil de poème qu'il avait offert à Hermione. Ils se le partageaient désormais et Hermione, n'ayant plus de place dans sa valise à cause des affaires de ses parents qu'elle avait gardées, avait demandé au blond de le prendre dans les siennes.

Une fois rassis, Hermione se cala sur ses genoux et posa sa tête sur son épaule, alors qu'ils commençaient enfin à réciter à voix basse, l'un des poèmes du recueil.

- Il se sera perdu le navire archaïque

Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,

Et ses immenses mâts se seront confondus

Dans les brouillards d'un ciel de Bible et de Cantiques.

Et ce ne sera pas la Grecque bucolique

Qui doucement jouera parmi les arbres nus ;

Et le Navire Saint n'aura jamais vendu

La très rare denrée aux pays exotiques.

Il ne sait pas les feux des havres de la terre,

Il ne connaît que Dieu, et sans fin, solitaire

Il sépare les flots glorieux de l'Infini.

Le bout de son beaupré plonge dans le mystère ;

Aux pointes de ses mâts tremble toutes les nuits

L'Argent mystique et pur de l'étoile polaire.

Le navire mystique - Antonin Arthaud

Elle s'était endormie sur lui. Décidément, cette jeune femme s'endormait partout et tout le temps. Il n'osa pas bouger et décida simplement de continuer sa lecture, sachant qu'ils arriveraient bientôt à la gare de Pré-au-Lard.

Lorsque le train s'arrêta, Hermione dormait toujours et Drago soupira. Il détestait toujours l'idée de devoir la réveiller, mais en voyant des dizaines d'élèves se précipiter à l'extérieur du train, il se résigna. Il la réveilla en douceur et lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, le blond sourit.

- Nous sommes arrivés, expliqua-t-il face à son regard quelque peu confus.

Elle hocha lentement la tête et se frotta silencieusement les yeux, avant de se redresser, le regard vaseux et les membres engourdis.

- Nous devrions nous dépêcher, nous sommes censés passer dans chaque compartiment pour vérifier qu'il ne reste plus personne, dit-elle en se levant, d'une voix rauque.

- Nous ne l'avons pas fait à la rentrée, pourtant, fit le blond, tout en attrapant les affaires qu'il avait amenées et en suivant la jeune femme dans le couloir du train.

- Ne m'en parle pas, je m'en veux déjà assez, soupira-t-elle d'un air fataliste en commençant à ouvrir toutes les portes des compartiments. Imagine si des élèves étaient restés dans le train !

Drago pouffa.

- Quoi ? fit-elle en se tournant vers lui, qui la suivait de près.

- J'imagine simplement la tête de McGo' si elle apprenait qu'un de ses pauvres petits élèves avait fait le retour jusqu'à Londres.

- Drago ! s'exclama-t-elle ahurie alors qu'il éclatait de rire. Ce n'est pas drôle, c'est forcément arrivé un jour, les pauvres…

Il ne put s'empêcher de rire davantage, tandis que la jeune femme fermait la dernière porte et se dirigeait d'un air exaspéré vers la sortie du train. La neige avait envahi les alentours, et si le soleil n'était pas présent puisque la nuit était arrivée, il ne faisait pas mauvais temps pour autant. Un petit vent frais vint chatouiller quelques mèches de cheveux d'Hermione, tandis que Drago descendait du train, fermant définitivement la porte derrière lui. Il leva ensuite la tête vers le portail où les attendait les calèches, mais son visage se décomposa.

- Décidément Granger, je crois que nous avons la poisse, soupira-t-il d'un air désespéré.

Hermione, qui observait quant à elle la neige sur les toits de Pré-au-Lard, tourna la tête un son tour et son visage se figa.

- La prochaine fois, on évitera les livres dans le train, peut-être que tu ne t'endormiras pas, la taquina Drago.

Le rire du blond retentit dans toute la gare après qu'elle lui ait frappé le bras d'un air boudeur, avant qu'il ne court les quelques mètres qui les séparaient, lorsqu'elle se mit en marche vers le château.

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.

Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.

Mais on entend parfois, comme une morne plainte,

Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.

L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;

Des arbres dépouillés dressent à l'horizon

Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.

On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.

De son morne regard elle parcourt la terre,

Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,

Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;

Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,

Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !

Un vent glacé frissonne et court par les allées ;

Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,

Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas

Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;

De leur oeil inquiet ils regardent la neige,

Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

Nuit de neige - Guy de Maupassant


Et voilà pour le chapitre d'aujourd'hui ! J'espère sincèrement qu'il vous a plu, donnez-moi vos avis au plus vite ;)

Merci à Suldreen19 et Choixpeau_de_fic pour leurs corrections et relectures !

Nous nous retrouverons bientôt pour la suite,

Writer8Hell