Hello !

On se retrouve pour le tout dernier chapitre avant l'épilogue ! Je dois avouer que ça me met un petit coup de me dire que c'est la fin de cette histoire, mais après deux ans d'écriture, je suis fière de pouvoir dire que j'en suis venue à bout !

J'espère que le chapitre vous plaira,

Bonne lecture !


Chapitre 63 : Regrets

Dix jours de plus étaient passés et avec cela, le mois de mars avait pointé le bout de son nez. Si le temps commençait enfin à se réchauffer, c'était loin d'être le cas de l'ambiance dans les couloirs de Poudlard.

Hermione Granger venait tout juste de croiser Drago Malefoy et l'indifférence dont le jeune homme avait fait preuve envers elle, avait considérablement refroidi l'air du couloir qui menait à la classe de potions. La jeune femme s'était décomposée en voyant cela.

En effet, deux jours plus tôt, elle avait enfin accepté d'écouter Ron, qui lui avait raconté mot pour mot sa conversation avec Drago et qui s'était excusé platement une dizaine de fois d'avoir déclenché une telle chose. Elle était restée complètement sous le choc, bien qu'elle en soit extrêmement rassurée.

Pourtant, immédiatement après, Hermione avait commencé à se sentir très mal. Elle s'était sentie coupable. Comment avait-elle pu être si bornée, si aveugle et imbécile ? Elle avait tout gâché et désormais, Drago lui en voulait, elle en était certaine. Elle n'arrivait pas à croire qu'ils soient tombés si bas, et tout cela par sa faute, car elle n'avait rien voulu entendre de personne, qu'elle avait été idiote. Complètement idiote.

Si les premiers jours, il avait continué à vouloir s'expliquer, à vouloir lui parler, sans qu'elle ne l'écoute, il avait fini par arrêter et l'ignorer complètement à son tour. Hermione était donc certaine qu'il s'était résigné, en plus du fait d'avoir gardé en tête les paroles qu'elle avait eues à son égard. Les horreurs qu'elle avait dites plusieurs fois à son propos. Qu'il ne la méritait pas, qu'il n'était qu'un escroc, qu'elle s'était trompée sur son compte et qu'elle n'aurait pas dû tomber amoureuse de lui.

En somme, que des paroles qu'elle ne pensait absolument pas, dites sous le coup de la colère.

Et désormais, elle était sûre et certaine d'avoir tout gâché.

Tout était sa faute et l'indifférence qu'elle avait vue chez lui en le croisant dans le couloir lui avait brisé le cœur. Ils avaient emprunté la même direction, pour se rendre à leur cours de potions, mais le blond l'avait à peine remarquée, accélérant volontairement le pas pour la dépasser. Elle avait alors ralenti pour garder une certaine distance, ravalant ses larmes, qui auraient mélangé peine et remords.

Elle se trouvait donc face à la porte de la salle de cours, entourée de ses amis, mais n'écoutant qu'à moitié leurs conversations.

Plongée dans ses sombres pensées, elle n'entendit qu'à peine Slughorn leur demander d'entrer. Elle suivit ses amis tel un pantin, encore distraite par ce qui venait de se passer. Ginny lui demanda si tout allait bien et la jeune femme se contenta de hocher la tête, se dirigeant à sa place habituelle : au premier rang, près de Drago, qui était déjà installé.

Bien sûr, ils avaient déjà eu de nombreux cours à partager, puisqu'ils n'avaient pu changer de partenaire qu'en cours d'Occlumancie. Cependant, tous deux s'efforçaient de ne pas s'adresser la parole. Le plus dur avait été lors des cours de potion, puisqu'ils devaient réellement collaborer pour les préparations demandées.

Cependant, et heureusement pour eux, ils n'avaient eu qu'un seul cours pratique, il y a de cela huit jours. Drago avait plusieurs fois tenté d'adresser la parole à Hermione, mais elle l'avait royalement ignoré, jusqu'à ce qu'il se fasse reprendre par le professeur à cause de ses bavardages. Ils avaient alors bien compris que leurs cours se passeraient ainsi : en silence et dans l'ignorance totale.

Ils évitaient tout contact, toute parole et tout regard. Leurs talents en potions leur avaient permis de préparer ce qu'il fallait sans se concerter, bien heureusement pour Hermione qui ne se serait pas imaginée faire autrement.

Elle prit place à ses côtés, parfaitement droite et tendue sur sa chaise. Elle avait compris que ce cours serait encore de la théorie, puisque leur professeur n'avait rien annoté au tableau, pourtant Hermione appréhendait.

Les choses étaient différentes, surtout après l'indifférence dont avait fait preuve le blond. Maintenant qu'elle savait que tout était faux, qu'il n'avait rien fait et qu'elle était responsable de tout ce trouble, elle se sentait affreusement mal de le voir l'ignorer. Pourtant, elle était parfaitement consciente d'avoir fait la même chose depuis presque deux semaines. Et elle s'en voulait, alors même qu'elle ne se sentait pas légitime d'avoir des remords, étant donné ce que le blond avait dû vivre.

Et désormais, la tendance s'était inversée. Il l'ignorait complètement, lui en voulait probablement plus que tout et elle baissait les bras, abandonnant déjà l'idée de pouvoir le récupérer.

oOo

Quelques jours supplémentaires passèrent, toujours aussi longs et ennuyeux pour le groupe d'amis. Les soirées qu'ils passaient tous ensemble leur manquaient à tous et l'ambiance lourde qui traînait depuis des semaines ne s'arrangeait en rien.

Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Tous avaient tenté de convaincre Drago et Hermione de discuter, mais personne n'y était parvenu. Les deux Préfets-en-Chef étaient aussi bornés l'un que l'autre et ne voulaient pas écouter ce qu'avaient à dire leurs amis.

Drago était toujours persuadé que Hermione lui en voulait et ne souhaitait pas lui forcer la main. Si elle souhaitait faire un pas vers lui, elle le ferait, mais il en avait déjà fait assez et ne voulait pas dépasser ses limites.

De son côté, Hermione était convaincue que le blond ne voulait plus entendre parler d'elle. L'indifférence dont il faisait preuve à son égard, ajoutée aux horreurs qu'elle avait dites à son propos, la confortaient grandement dans l'idée qu'il ne voulait certainement pas lui parler. Sinon, il aurait continué d'essayer de lui parler, non ?

Autrement dit, tous tournaient en rond et leurs deux amis étaient affreusement malheureux.

Ils ne savaient plus quoi faire pour qu'ils entendent raison et tous avaient fini par abandonner, un par un. Drago en avait profité pour se renfermer dans son travail avec Isabelle Miller, pour son entreprise, tandis qu'Hermione passait la troisième vitesse pour ses révisions. Leurs amis ne les croisaient pratiquement plus, exceptés lors des cours ou lors du peu de repas auxquels ils voulaient bien assister.

Le soir du huit mars fit exception. Pansy avait déclaré le matin même en avoir assez de devoir se séparer de ses amis à cause d'un "couple d'idiots bornés", les autres avaient bien ri, avant d'accepter sa proposition : se retrouver le soir même à Pré-au-Lard et passer la soirée ensemble.

Bien entendu, et malgré le fait qu'ils aient été invités, Drago et Hermione déclinèrent chacun de leur côté. Ils n'avaient tous deux nullement envie de se retrouver au milieu de conversations joyeuses, en plus de ne pas savoir si l'autre viendrait. De plus, Hermione s'était isolée dans sa chambre toute la journée et n'en était sortie que pour prendre une douche et refuser l'invitation.

Leurs amis n'avaient pas insisté, pour une fois, car bien qu'ils adorent Drago et Hermione, tous avaient besoin de quitter l'ambiance lourde du château pour quelques heures.

Ainsi, ils avaient quitté le château aux alentours de vingt heures, heureux de pouvoir enfin se retrouver. Ils se doutaient qu'ils ne rentreraient pas tard, puisque le week-end n'était pas encore arrivé et que Ginny se couchait bien plus tôt qu'eux - se fatiguant bien plus rapidement - mais ils profiteraient de chaque minute.

oOo

Hermione était roulée en boule dans le grand lit - et bien trop vide à son goût - de sa chambre. Le t-shirt de Drago qu'elle avait gardé serré contre sa poitrine, elle pleurait toutes les larmes de son corps pour la dixième fois de la journée. Elle n'arrivait pas à s'arrêter, à se contrôler.

Elle était particulièrement négative ce soir-là et l'ambiance de ces dernières semaines n'aidait en rien. Cependant, la raison de ces crises de larmes était bien plus précise. En effet, le huit mars était arrivé et avec cela, le vingt-cinquième anniversaire de mariage de ses parents, les Granger, aurait dû être célébré.

Elle ne l'avait dit à personne, l'avait gardé pour elle, tout comme elle était restée seule à se morfondre toute la journée. Elle n'avait même pas mangé, n'ayant aucun appétit, et s'était contentée de ressasser inlassablement les souvenirs qu'elle avait de ses parents adoptifs.

Elle n'avait pratiquement jamais parlé d'eux à ses amis, tant il était difficile de les évoquer. La seule personne à qui elle s'était confiée était Drago. Il était le seul à qui elle avait parlé d'eux, de son enfance, des bons moments à leurs côtés. Il avait réussi à la faire parler et cela lui avait fait un bien fou, chaque fois. Il avait été là pour la soutenir lorsqu'elle se sentait mal et qu'elle repensait à eux.

Mais ce soir-là, elle était seule. Il n'était pas là pour la soutenir.

Elle se trouvait pitoyable, serrant l'un de ses t-shirts contre son cœur, pleurant à chaudes larmes depuis des heures. Elle s'en voulait tellement, persuadée d'être la cause tous ses malheurs actuels.

Tout d'abord, elle s'était complètement retirée des mémoires de ses parents adoptifs. Elle était inexistante à leurs yeux. Si un jour elle se rendait là où ils habitaient désormais, en Australie, ils ne sauraient même pas qui elle était et cette simple pensée lui tirait les larmes chaque fois.

Elle n'arrivait plus à relativiser à ce sujet, bien que Drago l'ait incitée à le faire de nombreuses fois. Il lui aurait probablement dit qu'elle l'avait fait pour les sauver, qu'ils étaient en sécurité et vivants et qu'il n'y avait rien de plus important, mais Hermione était seule. Terriblement seule.

Et tout était sa faute. Elle n'avait pas cru ceux qui avaient tenté de la persuader que Drago ne l'aurait jamais trompée. Elle avait fait la sourde oreille, avait ignoré tous ceux qui avaient tenté de lui parler du blond et était restée aussi têtue qu'un Botruc qu'on veut séparer de son arbre. Elle se détestait en cet instant.

Elle avait répété de nombreuses fois - sous le coup de la colère et sans en penser un seul mot - que Drago ne méritait pas son amour, mais désormais, Hermione était convaincue de l'inverse. Comment pouvait-elle mériter son amour après tout ce qu'elle lui avait fait endurer ? De toute manière, elle ne pensait pas qu'il le lui accorderait à nouveau. Hermione Granger, fataliste ? On aura tout vu.

Elle était épuisée par ses pleurs, son ventre criait famine, elle avait froid, malgré les couvertures, et en plus de ça, ses règles étaient arrivées la veille. Et ces dernières avaient toujours été extrêmement douloureuses, malgré les techniques moldues ou sorcières.

Son hygiène de vie était loin d'être suffisante ces derniers temps. Aussi concentrée qu'elle était dans ses révisions - principalement pour ne pas penser à Drago et aux Granger - elle mangeait bien moins, dormait peu, se lavait que lorsque cela devenait nécessaire et ne prenait que très peu de temps pour elle. En somme, elle n'allait pas bien et cela inquiétait tout le monde.

Elle avait besoin de compagnie, elle se sentait trop seule, dans le noir de sa chambre. Elle avait besoin de chaleur, d'une présence. Une idée fusa dans son esprit et elle se morigéna de ne pas y avoir pensé plutôt. Pattenrond !

Elle sauta sur ses jambes, enfila rapidement le t-shirt de Drago pour le garder avec elle et marcha jusqu'à la porte de la chambre pour aller chercher son chat bien-aimé.

Ce serait un parfait réconfort, elle en était certaine.

Elle ouvrit la porte, prête à appeler son chat à travers le séjour, mais s'arrêta brusquement en voyant qui se trouvait derrière la porte. Elle blanchit à vue d'œil et lâcha la poignée sans même s'en rendre compte.

Devant elle se tenait Drago Malefoy, main levée, prêt à toquer à sa porte.

oOo

Drago était installé dans la Salle sur Demande depuis environ une heure. Attablé à un bureau que la salle lui avait fait apparaître, il s'attelait à répondre à une lettre d'Isabella Miller, son assistante, depuis presque vingt minutes. Cependant, le jeune homme ne parvenait pas à se concentrer.

La raison était simple : toutes ses pensées étaient tournées vers Hermione, comme chaque jour. Et malgré le fait qu'il tente de se distraire avec son travail, il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'elle. Pansy l'avait prévenu qu'elle resterait elle aussi au château ce soir-là, pendant que tous leurs amis se rendraient à Pré-au-Lard.

La jeune femme en avait aussi profité pour le persuader d'aller lui rendre visite, de tenter de discuter avec elle une nouvelle fois. Bien entendu, il lui avait directement répondu - comme chaque fois qu'elle le lui proposait - qu'il avait abandonné l'idée de convaincre Hermione et que si elle voulait de lui, elle l'aurait fait savoir.

Cependant, les mots de Pansy n'avaient pas cessé de lui tourner en tête malgré tout. Elle lui avait répété que Granger ne lui en voulait plus et bien qu'il ait toujours du mal à y croire, une petite once d'espoir s'était insinuée dans son cœur. Pour la première fois depuis des jours, Drago avait eu l'impression de voir le bout du tunnel de toute cette histoire.

Et si Pansy avait raison ?

Ainsi, depuis près de vingt minutes, Drago luttait contre l'envie de quitter la Salle sur Demande et courir jusqu'au cinquième étage pour parler à Hermione. Ses pensées menaient une dure bataille.

D'un côté, l'espoir qu'avait fait naître Pansy le faisait envisager une issue intéressante : celle d'être enfin écouté par Hermione. Mais de l'autre, il ne pouvait s'empêcher de repenser à toutes les fois où elle l'avait complètement ignoré ou envoyé balader. Le dilemme était de taille. Il ne voulait pas être déçu.

Pourtant, après ce qui lui parut être une éternité, mais qui en réalité ne dura qu'une dizaine de minutes, l'espoir remporta sa bataille intérieure. Il attrapa sa baguette et sa cape, rangea rapidement ses affaires de travail et quitta la Salle sur Demande, non sans s'être observé dans un miroir avant.

Il répéta une vingtaine de fois son discours pour Hermione sur le chemin. Il espérait de tout cœur qu'elle se trouverait dans sa chambre et qu'il n'aurait pas à fouiller le château de fond en comble pour la trouver. Bien qu'il en soit totalement capable.

Le chemin jusqu'aux appartements qui leur étaient normalement réservés, parut durer une éternité, tant le blond était anxieux. Rares étaient les fois où il l'était, mais ce soir-là, l'angoisse d'un nouveau refus se faisait ressentir.

Le tableau de Francesca apparut enfin devant lui et bien qu'elle sembla étonnée de le voir de nouveau ici, elle le laissa entrer. Comme il s'y était attendu, le séjour était vide et plongé dans l'obscurité. Le feu de cheminée était éteint et seule la Lune éclairait la pièce.

Il se dirigea lentement vers la porte de son ancienne chambre et inspira un grand coup. Puis, tout en levant la main lentement pour frapper quelques coups, il souffla tout son air, prêt à affronter celle qu'il aimait.

Cependant, il se stoppa net puisque la porte s'ouvrit brusquement sur la personne qui hantait ses pensées depuis des semaines.

Hermione Granger se tenait face à lui, le visage plein de larmes, les yeux bouffis et l'air plus épuisé que jamais. Elle devint livide en le voyant - du moins plus qu'elle ne l'était déjà - et cela ne fit que renforcer l'inquiétude du jeune homme.

Pourquoi était-elle dans cet état ? Était-ce à cause de lui ? Quelqu'un lui avait-il fait du mal ? Il se posait tout un tas de questions, extrêmement inquiet de la voir ainsi.

Il n'eut cependant pas le temps de demander ce qu'il pouvait se passer, ni vraiment de s'inquiéter, puisque seulement quelques secondes après qu'elle n'eut ouvert la porte, Hermione fonça dans ses bras et se blottit contre lui en explosant bruyamment en sanglots.

Il s'immobilisa durant quelques secondes, sous le choc de cet assaut si soudain. Il était de plus en plus inquiet, mais tellement soulagé d'enfin la sentir contre lui, pour la première fois depuis plusieurs semaines. Ses émotions étaient confuses, tant par le manque qu'il avait ressenti, mais aussi par la soudaineté de cette étreinte.

D'autant qu'il n'en connaissait nullement la raison. Avait-elle simplement besoin de réconfort, pour une raison obscure ? Souhaitait-elle qu'il soit celui qui la réconforte ou aurait-elle foncé dans les bras du premier venu ? Est-ce que c'était une façon de faire un pas vers lui, ou est-ce qu'elle l'ignorerait à nouveau une fois calmée ?

Tout un tas de questions lui passait par la tête, alors qu'elle continuait de pleurer, la tête blottie contre son torse. C'est un sanglot plus fort que les autres qui le ramena à la réalité. Il se poserait ces questions plus tard, pour le moment, l'important était Hermione et seulement Hermione.

Ainsi, il s'empressa de la serrer contre lui en retour et commença à lui murmurer des paroles réconfortantes. La chaleur qu'il ressentait toujours à son contact avait enfin repris place dans son corps et rien n'aurait pu lui faire plus de bien en cet instant.

Même si cela ne durait que quelques minutes, Drago en serait reconnaissant.

- Je suis tellement désolée, pleura-t-elle, entre plusieurs sanglots.

Il comprit alors que ce ne serait pas un simple réconfort.

Elle s'excusait pour le reste, elle s'excusait pour tout. Il ferma les yeux et la serra contre lui plus fort. Est-ce qu'il lui en voulait ? Non, pas une seule seconde.

Il était si rassuré, si bien dans ses bras, que l'ombre d'un doute à ce sujet ne pointa même pas le bout de son nez. À aucun moment Drago n'en avait voulu à Hermione, il n'avait pas pensé une seule fois que cette histoire était sa faute, persuadé que c'était l'inverse.

- Je n'ai jamais pensé tout ce que j'ai dit, je te le jure, répéta-t-elle sans arrêt, d'une voix brisée par la tristesse.

Le cœur de Drago se serra en entendant son ton si triste. Il détestait la voir dans un tel état.

- Je sais, Hermione, je sais, répondit-il directement en caressant son dos et en la serrant plus fort.

- J'ai… J'ai cru que tu l'avais fait, parce que tu avais l'air de culpabiliser, et…et personne n'a démenti alors j'ai pensé que peut-être tu…

- Hermione, la coupa-t-il dans ses paroles rapides et incompréhensibles. Calme-toi, respire, nous allons discuter de tout ça, je te le promets, mais il faut que tu te calmes d'abord, d'accord ?

Il avait attrapé son visage entre ses paumes pour qu'elle le regarde dans les yeux, espérant ainsi la convaincre de prendre son temps. Elle avait l'air si triste et désolée, mais aussi prête à tout pour le convaincre, ce qui ne faisait que briser un peu plus le cœur du blond.

Face au regard sévère et protecteur de Drago, Hermione ne put qu'abdiquer et elle hocha finalement la tête, en déglutissant bruyamment. Il caressa doucement ses joues avec ses pouces, essuyant les larmes au passage, avant de lui offrir un petit sourire, espérant la rassurer sur ses intentions.

- Allons nous asseoir, proposa-t-il d'une voix douce et basse.

Le cœur d'Hermione battait la chamade. Elle avait du mal à croire ce qu'il se passait. Est-ce qu'elle était vraiment dans les bras de Drago, après tout ce qu'il s'était passé ? Elle voulait lui dire tant de choses, s'excuser des centaines de fois, et pourtant, le blond ne semblait pas en avoir besoin. Elle était perdue.

Drago le comprit d'ailleurs rapidement et décida de mener les choses. Il attrapa sa main et les fit entrer dans la chambre, en laissant la porte entrouverte. Il la tira jusqu'au grand lit à baldaquin et la fit s'y asseoir, avant de s'accroupir face à elle.

- Est-ce que tu as soif ?

Elle hocha la tête, avant de détourner honteusement les yeux en séchant ses larmes avec le bout de sa manche. Drago acquiesça et se leva pour aller lui chercher un verre d'eau dans la salle de bains.

Pattenrond était mystérieusement apparu sur ses genoux lorsqu'il revint dans la chambre, mais le blond ne fit aucun commentaire à ce propos et se contenta de lui tendre le verre. Elle le but pratiquement cul sec et sa satisfaction se vit facilement à son expression.

- Est-ce que tu te sens mieux ? s'enquit Drago en posant le verre par terre, de nouveau accroupi face à elle.

- Oui, marmonna-t-elle avec un très léger sourire reconnaissant.

Elle était toujours mal à l'aise, honteuse. Elle baissa les yeux sur Pattenrond et se concentra sur ses caresses, évitant ainsi le regard calculateur de Drago. Elle ne savait pas quoi dire ni par où commencer.

Devait-elle s'excuser à nouveau ? Devait-elle lui répéter qu'elle n'avait pas pensé une seule des choses qu'elle avait criées à Ginny et Harry ? Elle n'en savait rien.

Heureusement pour elle, ce fut Drago qui reprit la parole le premier, la préservant d'un discours minable et probablement inutile.

- J'aimerais m'excuser aussi, soupira-t-il finalement, les yeux braqués sur elle. J'aurais dû te parler de Daphnée avant qu'elle ne vienne me voir, continua-t-il bien qu'elle ait redressé vivement la tête pour l'interrompre.

Il leva une main pour l'empêcher de parler. Il voulait aller au bout des choses.

- Elle est venue me voir après le match contre Gryffondor, expliqua-t-il alors. Elle voulait me parler, que nous trouvions un moment pour le faire et que nous puissions enfin mettre les choses à plat. J'ai refusé, une nouvelle fois, mais elle n'a pas abandonné. Elle m'a promis qu'elle viendrait me voir et que nous discuterions. Je ne l'ai pas crue, jusqu'à ce qu'elle se pointe ici le quinze février. Elle m'a forcé la main et m'a lancé un sort pour que je ne puisse pas l'interrompre ni bouger. Je sortais à peine de la douche, ce qui explique que je n'avais pas de t-shirt. Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que je m'étais fourvoyé. J'avais fait comme toi, en fait, je m'étais persuadé que j'avais raison et je ne voulais écouter personne. De vraies têtes de mule, plaisanta-t-il.

Cela ne sembla pourtant pas amuser autant Hermione, qui baissa une nouvelle fois la tête sur Pattenrond, honteuse de ses réactions. Drago tenta d'en faire abstraction, mais ne put s'empêcher de laisser échapper un petit soupir. Il ne voulait pas la conforter dans son mal être.

- Je me sentais coupable de ne pas t'avoir parlé de Daphnée plus tôt, soupira-t-il finalement, souhaitant en finir avec cette histoire. J'aurais dû te prévenir qu'elle avait à nouveau souhaité me parler, mais je n'y ai pas vraiment pensé. Je n'essaie pas de me chercher des excuses, mais après le match que nous venions de passer, sa venue m'était complètement sortie de la tête. Sur le moment, je n'ai pas pensé une seule seconde que tu puisses t'imaginer que quoi que ce soit était arrivé entre elle et moi. Il me paraissait si évident que cela n'arriverait jamais que cela ne m'a même pas traversé l'esprit. J'aurais dû t'en parler plus tôt, je suis tellement désolé…

Hermione releva la tête en entendant ses derniers mots, de nouveau au bord des larmes. Elle se sentait tellement mal de l'entendre s'excuser alors qu'elle était la principale fautive de ces semaines de séparations.

- Arrête de t'excuser, Drago, lui demanda-t-elle d'une voix à moitié suppliante, en le regardant enfin dans les yeux. Tu n'as rien fait de mal, je le sais. Je suis la seule fautive, j'aurais dû t'écouter, j'aurais dû écouter tout le monde lorsqu'ils ont tenté de me faire comprendre ce qu'il s'était vraiment passé, mais je…

- Hermione, la coupa-t-il en osant attraper l'une de ses mains. Tu avais tes raisons et nous le savons tous les deux. Tu as voulu te protéger et c'est normal, je ne t'en voudrais pas pour ça, tu comprends ?

- J'ai dit des choses horribles, chuchota-t-elle de plus en plus honteuse, des larmes tombant encore de ses yeux.

- Que tu ne pensais pas, je le sais, Mia, tu me l'as dit toi-même et je te crois.

Il eut peur durant quelques instants qu'elle le rejette à cause du surnom qu'il venait d'utiliser, mais il n'en fut rien. Elle se contenta de baisser la tête, alors que Pattenrond sautait de ses jambes, visiblement lassé de ne plus recevoir de caresses.

Elle n'arrivait pas à croire que les choses soient si simples. Elle se rendait compte de tout le mal qu'elle lui avait fait, rien qu'en voyant son aspect épuisé et maladif. Pas qu'elle se pense être le centre de son monde, bien au contraire, mais Pansy et Ginny lui avaient assez répété à quel point le blond allait mal pour qu'elle sache qu'elle en était la cause.

Depuis quelques semaines, son mode de vie s'était détérioré - tout comme le sien d'ailleurs - et Hermione savait qu'il ne dormait pas assez, rien qu'en voyant les larges cernes qui s'étendaient sous ses yeux. Pansy lui avait même confié qu'il s'était remis à boire dangereusement, au point de passer à un cheveu du coma éthylique quelques jours plus tôt, ce qui avait considérablement choqué Hermione.

Elle-même était tombée bien bas, si elle devait être honnête. La plupart de ses nuits se résumaient aux révisions et aux pleurs, qui rythmaient ses insomnies. Bien sûr, elle avait caché cela du mieux possible avec des sorts, mais cela n'avait pas trompé ses amis, qui s'étaient beaucoup inquiétés.

- Est-ce que tu me pardonnes ? demanda soudainement Drago.

Elle leva vivement les yeux vers lui, étonnée qu'il puisse ne serait-ce que poser la question.

- Bien évidemment que je te pardonne ! s'exclama-t-elle comme si c'était évident.

Un sourire doux étira les lèvres du blond et il se redressa, tout en posant une main de chaque côté de la jeune femme, sur le matelas. Mais alors qu'il se penchait vers elle, probablement pour l'embrasser, Hermione posa une main sur son torse pour l'arrêter.

Aussitôt, toutes les craintes reprirent place dans le cœur de Drago. Avait-elle changé d'avis ? Peut-être avait-il eu trop d'espoir en imaginant que les choses redeviendraient comme avant ? Il fronça les sourcils, confus.

- Tu ne peux pas faire ça, murmura-t-elle d'un ton brisé, des larmes dans les yeux.

- Pas faire quoi, Hermione ? demanda-t-il, toujours à quelques centimètres de son visage.

- Faire comme si rien ne s'était passé, comme si je n'avais pas tout foutu en l'air. Tu ne devrais pas me pardonner si facilement !

- Ah oui ? Et pourquoi pas ? demanda-t-il avec un sourire amusé, presque narquois.

- Parce que… Parce que…

- Parce que ? répéta-t-il sans se défaire de son sourire, en voyant qu'elle cherchait ses mots d'un air agacé.

- Parce que je ne le mérite pas !

- Ah bon ? Et qui a décidé de cela ? N'est-ce pas à moi de dire si tu le mérites ou non ?

Il pouffa de rire en la voyant froncer sévèrement les sourcils et cette fois, la main d'Hermione ne l'empêcha nullement de s'emparer de ses lèvres. Ce fut une véritable libération pour le blond de pouvoir l'embrasser à nouveau, de pouvoir la goûter encore et encore, comme si des mois entiers s'étaient écoulés depuis la dernière fois qu'il l'avait fait.

Si elle mit quelques secondes avant de répondre à son baiser, l'attente n'en valut pas moins le coup. Il soupira d'aise et leva l'une de ses mains pour la poser sur sa joue et approfondir leur étreinte. Il sentit d'autres larmes s'écouler sur ses joues, mais Drago savait que cette fois, ce n'était ni de la tristesse ni de la colère. Elle était heureuse de le retrouver, tout comme lui l'était.

Pas à l'aise dans la position qu'il avait choisie, Drago les fit basculer sur le matelas et roula sur le dos en serrant Hermione contre lui, pour qu'elle n'ait pas à subir son poids. Elle s'allongea tout contre lui, sans se défaire de ses lèvres, posant ses mains sur ses joues, alors qu'il entourait ses hanches avec les siennes.

- Je t'aime et je suis désolée, murmura-t-elle sur ses lèvres en posant son front contre le sien. Pour tout.

- Je sais, répondit-il simplement, en caressant son nez avec le sien.

- Tu sais que je suis désolée, ou que je t'aime ? pouffa-t-elle, prouvant ainsi qu'elle se détendait considérablement dans ses bras.

- Les deux, bien sûr.

- Espèce de goujat ! rit-elle en le frappant sur le torse, faussement outrée.

Il attrapa son poignet lorsqu'elle tenta de le frapper une nouvelle fois, sans qu'il ne puisse s'empêcher de rire. Il l'avait retrouvée, complètement, et le simple fait de voir son regard joueur lui donnait le sourire.

- Je t'aime aussi, Mia, chuchota-t-il sans la quitter des yeux, avant d'appuyer doucement sur sa nuque pour s'emparer de ses lèvres.

Il la sentit sourire contre les siennes et il se rappela soudainement quelque chose qu'il s'était promis de faire, plus pour l'embêter qu'autre chose. S'écartant donc de ses lèvres, il se leva, sortit sa baguette de l'une de ses poches et offrit à Hermione un sourire mystérieux. Cette dernière fronça les sourcils, mais ne reçut qu'un clin d'œil pour réponse.

- Melodiam Mollis, prononça-t-il sans la quitter des yeux.

Aussitôt, un air de musique s'éleva dans les airs, résonnant aux oreilles de Drago et Hermione. Cette dernière comprit immédiatement ce qu'il venait de faire et un grand sourire étira ses lèvres.

- Chose promise, chose due, plaisanta le blond en baissant sa baguette et en lui tendant une main.

Elle ne put empêcher un petit rire de s'échapper de ses lèvres et se leva pour le rejoindre, se collant ensuite tout contre lui lorsqu'il commença à les faire danser.

- Nous n'aurons le droit qu'à une seule et dernière dispute, Granger, murmura-t-il, le menton posé sur le haut de son crâne.

- Ah oui ? Et pourquoi ça ? répondit-elle, amusée.

- Parce que je n'ai plus qu'un seul sort à t'apprendre en réserve.

- Pourquoi ne pas me l'apprendre tout de suite dans ce cas, ainsi, nous n'aurons plus le droit à aucune dispute, tenta-t-elle, les yeux pétillants de curiosité.

Il éclata d'un rire clair et secoua la tête.

- Bien essayé, Mia, mais non, je garde le dernier en réserve !

Elle fit la moue, déçue, mais cela ne dura pas longtemps puisqu'il souleva son menton et l'embrassa tendrement, alors que la musique continuait de sonner doucement à leurs oreilles.

Tu vois,

Un jour est passé.

Quel beau jour c'était !

Mais tu l'ignorais.

Tu vois,

Bien qu'à ta portée,

Tu l'as laissé là

Car tu ne savais.

Tu vois,

Ce jour-là s'offrait.

Fallait lui parler.

Et qu'en as-tu fait ?

Tu vois,

Il resta muet

et terne d'aspect

comme tant de journées.

Tu vois,

Fallait l'inviter.

Fallait le bercer

Et t'y réchauffer.

Tu vois,

Fallait t'y lover

Et t'en imprégner.

Il t'appartenait.

Tu vois,

Il s'en est allé

Et trop tard tu sais

Qu'il ensoleillait.

Tu vois,

Un jour est passé.

Et tu regrettas.

Quel beau jour c'était !…

Regrets - Esther Granck

oOo

Ils avaient dansé pendant près d'une demi-heure, serrés l'un contre l'autre, au centre de la chambre. Puis, la fatigue s'étant faite ressentir chez chacun d'eux, ils avaient opté pour le grand lit de la chambre, dans lequel ils s'étaient blottis l'un contre l'autre.

Hermione n'en avait pas parlé à Drago, peut-être par pudeur ou bien pour ne pas perturber l'instant, mais ses douleurs menstruelles s'étaient faites de plus en plus douloureuses. Malgré le confort de retrouver les bras de son petit-ami, la jeune femme se sentait de plus en plus mal, bien qu'elle essayait de le cacher.

De son côté, Drago n'avait pas pu se changer pour la nuit, puisque ses vêtements étaient encore dans la Salle sur Demande, mais cela n'avait pas semblé déranger Hermione, qui s'était bien volontiers installée contre son torse nu. Il avait remarqué qu'elle semblait tout de même particulièrement pâle et qu'elle avait toujours ce fond de tristesse dans le regard, ce qui l'inquiéta plus qu'il ne voulait l'admettre.

- Hermione ? murmura alors le blond, après un certain temps.

- Drago ? répondit la jeune femme, à moitié endormie.

- Lorsque je suis arrivée, tu pleurais.

Un constat simple, qui pourtant enserra le cœur d'Hermione. S'il avait réussi à complètement la divertir de sa peine originale, celle-ci revenait au galop, à l'entente de cette simple phrase. Elle déglutit difficilement et se blottit un peu plus contre son torse, fermant douloureusement les yeux.

Drago comprit alors qu'il avait ravivé des émotions tout sauf joyeuses. Il passa ses bras autour de ses épaules et la serra contre lui, pour lui montrer son soutien. Elle s'expliquerait quand elle serait prête et en attendant, il serait là pour la réconforter.

Elle était bien réveillée, désormais.

- C'est l'anniversaire de mariage de mes parents, aujourd'hui, murmura-t-elle au bout d'un certain temps.

Drago haussa les sourcils sans qu'elle ne puisse le voir. Maintenant, il comprenait. Il savait à quel point ses parents lui manquaient et à quel point elle se sentait coupable, puisqu'elle lui en avait parlé quelques fois. Il comprit donc sans souci la raison de son mal être, tout en sachant qu'il était additionné à ce qu'il s'était passé entre eux.

Ne sachant cependant pas quoi répondre pour la soutenir, il se contenta de la serrer plus fort dans ses bras, tout en caressant tendrement ses cheveux.

- J'aurais aimé être avec eux, voir mon père offrir à ma mère ses fleurs préférées, manger un bon déjeuner que ma mère fait chaque année pour l'occasion ou encore passer la soirée seule et tranquille à la maison, pendant qu'ils sortiraient dîner en tête à tête dans leur restaurant préféré.

- Où est ce restaurant ? demanda-t-il d'une voix douce.

- Dans un village au nord de Birmingham, celui où je suis née. C'est un petit restaurant français, plutôt simple et qui ne paie pas de mine, mais qui pourtant est probablement le meilleur que je n'ai jamais goûté, répondit-elle des étoiles dans les yeux au souvenir du dernier repas qu'elle y avait mangé.

Malgré sa grande peine, évoquer ce souvenir à Drago sembla la calmer légèrement.

- Est-ce que tu voudras bien m'y amener un jour ? s'enquit-il ensuite, caressant toujours ses cheveux.

- Toi ? Dans un restaurant français moldu ? pouffa-t-elle en relevant son visage vers lui.

Il vit quelques sillons de larmes sur ses joues, mais fut distrait par le petit sourire qu'elle arborait.

- Je te rappelle que je suis déjà allé dans le monde moldu et que je parle parfaitement français, Granger, répliqua-t-il en haussant un sourcil.

- Je sais bien, j'ai simplement beaucoup de mal à t'imaginer assis dans ce tout petit restaurant, avec tes manières de sorcier Sang-Pur ! se moqua-t-elle, le regard rieur.

- Tu sais ce qu'elles te disent mes manières de Sang-Pur ? s'indigna-t-il en échangeant soudainement leurs positions pour la chatouiller.

Elle poussa un cri de surprise à ce geste, avant qu'un éclat de rire cristallin s'échappe de ses lèvres au toucher taquin du blond. Elle se débattit sans arrêter de rire, alors qu'il s'installait au-dessus d'elle, ses cuisses posées de chaque côté de son bassin.

- Drago, arrête ! s'exclama-t-elle en tentant d'attraper ses mains.

Cependant, il fut plus rapide et attrapa ses poignets d'une seule main, pour les placer juste au-dessus de sa tête. Il se pencha ensuite vers elle, un sourire amusé aux lèvres, jusqu'à ce que leurs nez ne soient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre.

- Je préfère quand tu souris, Granger, chuchota-t-il avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Il lâcha ses mains et elle put les passer derrière sa nuque en souriant dans le baiser. Il posa l'une des siennes sur le haut de sa nuque, laissant ensuite glisser la seconde le long de son bras, alors que leur baiser s'approfondissait. Elle se sépara alors gentiment de lui, à court d'air, sans se défaire de son sourire, qui se fit cependant plus désolé.

- Que se passe-t-il ? s'inquiéta Drago en fronçant les sourcils.

- Mauvaise période du mois, grimaça-t-elle, les bras toujours pendus à sa nuque.

- Ce qui explique donc ta pâleur, j'aurais dû le comprendre plus tôt, souffla-t-il en se laissant tomber à sa droite.

Il s'en voulait légèrement de ne pas l'avoir saisi. Il la serra dans ses bras aussitôt fut-il retombé sur le matelas et elle se blottit contre lui.

- Bien que j'adorerais te faire grimper aux rideaux, peu importe la période du mois, je sais que ce n'est pas vraiment ce que tu préfères, lui chuchota-t-il sensuellement à l'oreille pour ne pas la faire culpabiliser.

- Peut-être qu'un jour, je serai plus tentée par l'idée, mais ce soir, je ne suis vraiment pas dans mon assiette…

- Ce n'est vraiment pas un problème, Mia, tu sais très bien que je ne te forcerai jamais à rien ni te pousserait à quelque chose que tu ne veux pas. Si l'envie te prend un jour, je serai là pour accomplir le moindre de tes désirs.

Elle leva les yeux vers lui et esquissa un sourire doux et aimant. Il se pencha vers ses lèvres et les embrassa avec tendresse. Elle posa son oreille sur sa poitrine après cela, juste sur son cœur, écoutant les battements de celui-ci. Cela lui avait manqué.

- C'est Pansy et Ginny qui vont être ravies, fit soudainement Hermione, après de longues minutes de silence.

- Pourquoi ça ?

- Parce qu'elles font tout pour que nous nous adressions la parole depuis des semaines, alors lorsqu'elles vont savoir que notre soirée s'est terminée ainsi…

- Tu parles, je pense que Pansy aura une gueule de bois bien trop grosse demain pour vraiment y réagir, et Ginny sera uniquement concentrée sur le fait que je revienne enfin vivre ici, pouffa-t-il en secouant la tête.

- Tu crois ?

- Elle détestait monter jusqu'au septième étage pour venir me voir, oui. À chaque fois, elle m'engueulait en me répétant que je pourrai faire un effort, comme si le fait qu'elle soit à deux doigts de pondre un mini-Potter était ma faute.

- Drago ! s'indigna-t-elle en s'empêchant de rire au maximum. Ce n'est pas drôle, tu sais bien qu'elle a de plus en plus de mal ces derniers temps.

- Oh je sais bien, ce n'est pas toi qui dois l'aider à descendre les marches chaque fois qu'elle vient me voir dans la Salle sur Demande !

- Très drôle, répondit-elle en levant les yeux au ciel. Je te signale que je vis avec elle et Harry, je l'ai donc aidée tout autant que toi.

- Oui, eh bien j'espère qu'une fois que son bébé sera né, nous n'aurons pas à tout gérer en son absence ou dès qu'elle nous sollicitera, se lamenta-t-il d'un air dramatique.

- En tant que marraine, je risque d'être souvent à ses côtés, fit-elle, mine de rien.

- En tant que quoi ?! s'exclama-t-il en baissant vivement la tête vers elle.

Cependant, elle ne put que lui répondre d'un sourire énigmatique, puisque soudainement, le patronus de Harry fit irruption dans la chambre.

- Hermione, Ginny a eu un accident au bar et nous avons dû l'emmener en urgence à Ste Mangouste. Ils disent devoir faire sortir le bébé prématurément, car elle risque gros. Nous y sommes tous.

À peine quelques secondes plus tard, ce fut le patronus de Ron qui entra dans la pièce.

- Malefoy, ma sœur a eu un accident. Nous sommes tous à Ste Mangouste.

Les visages des deux amants se décomposèrent et lorsque Drago croisa le regard d'Hermione, il y vit une peur immense.


Et voilà ! Un chapitre haut en couleurs ;)

J'espère qu'il vous a plu ! On se retrouve dans deux semaines pour l'épilogue, en attendant, n'hésitez pas à jeter un œil à mes autres publications, deux OS sortiront la semaine prochaine :)

Merci à Kat et Genny pour leurs relectures et corrections !

Writer8Hell