Tout d'abord : grande nouvelle ! J'ai une bêta !

Eh oui, la seule, l'unique Sockscranberries m'a proposé ses services et j'ai bondi de joie en acceptant ! Merci à toi, chère bêta pour tes corrections (et tes remarques sur le vif qui m'ont fait pleurer de rire ! XD)

Ron Weasley hésitait. Il commençait à se demander s'il n'avait pas finalement surestimé ses capacités ou sous-estimé ses nouveaux alliés. Un hibou toquant à la fenêtre le tira de ses pensées. Il ouvrit au volatile et lui donna une graine à grignoter tandis qu'il prenait connaissance du message de son frère aîné.

Très cher Ronald,

J'ai été surpris, quoique honoré de ta confiance.

Tu as pris une décision lourde de conséquences, mais que je comprends néanmoins. L'actuel Ministre de la Magie fait preuve d'incompétence et est très mal conseillé ! Pour preuve, il a refusé de me prendre dans son équipe malgré mes références plus que satisfaisantes !

Il est temps que des gens avisés prennent les bonnes décisions et acceptent de prendre des risques pour le bien-être du monde sorcier.

A cet effet, je serai tes yeux et tes oreilles auprès du Ministère et des proches de ta fiancée qui t'a été injustement volée. William exerce toujours à Poudlard et je sais qu'il la voit régulièrement.

Tu peux avoir toute confiance en moi. Tu représentes aujourd'hui le seul être du monde sorcier en dehors de moi, qui n'a pas été corrompu par les mensonges des derniers fidèles d'Albus Dumbledore.

Nous ne communiquerons que par mon hibou, César.

Bien à toi, ton frère

Perceval Weasley, assistant en chef du Ministre des transports sorciers

Ron sourit. S'il était bien une personne qui pouvait le soutenir malgré tout, c'était Percy. Il était tellement facile de le convaincre ! Il n'avait eu qu'à laisser entendre que le Ministère était en danger, que tous avaient été abusés et que lui seul avait confiance en Percy et en son jugement. Depuis la fin de la guerre, Molly avait renoué avec son fils bureaucrate même si les relations étaient loin d'être au beau fixe. Percy serait donc un espion idéal au sein de la famille Weasley. Il était certain qu'il aurait des nouvelles d'Hermione sous peu par l'intermédiaire de Bill.

Ron était conscient qu'il jouait sa vie. Ses nouveaux alliés le lui avaient bien fait comprendre. C'était quitte ou double. Soit il réussissait et pouvait récupérer Hermione, soit il échouait et le payait de sa vie. Il soupira en renvoyant la réponse à Percy.

Il ne pouvait que réussir.

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Hermione essayait de se concentrer sur l'ébauche de potion sur laquelle ils travaillaient mais son cerveau n'était visiblement pas d'accord avec elle. Elle était perdue. Severus semblait battre le chaud et le froid et n'allait jamais au-delà de quelques caresses et baisers. Elle aurait voulu plus. Elle l'aurait voulu, lui. Elle aurait voulu que ses mains lui fassent oublier les dernières mains qui l'avaient tenue. Elle aurait voulu que son corps efface les traces du dernier homme qui l'avait possédée, mais chaque fois qu'elle tentait d'aller plus loin, il se dérobait. Elle coula un regard vers le sorcier assis à ses côtés. Un parchemin dans une main, une plume dans l'autre, il noircissait une deuxième feuille et, de temps à autre, le crissement de la plume hésitait, s'arrêtait puis reprenait sa course folle.

Octobre avait passé, entraînant Novembre dans son sillage et Noël se profilait à l'horizon. Hermione avait été invitée à l'occasion par les Weasley et elle entendait bien avoir une conversation avec Severus d'ici là. Forte de cette résolution, elle se concentra à nouveau sur la potion qui était censée faire retrouver la mémoire à ses parents. À son grand étonnement, Severus avait fait appel à Bill Weasley pour avoir son avis. L'ancien Briseurs de sorts de Gringotts avait répondu avec enthousiasme à ce défi et Severus et elle-même travaillaient donc à cet instant sur certaines théories du rouquin.

Une bonne heure plus tard, Severus lâcha la plume et se passa les mains sur son visage las.

- Tu veux qu'on s'arrête ?

- Si je m'étais arrêté à chaque coup de fatigue, je ne serais plus là aujourd'hui, Granger, grommela-t-il.

- Disons que c'était un prétexte...

- Je le savais mais j'attendais de voir si tu allais utiliser cette fois ton côté Serpentard pour me parler de ce qui te perturbe.

Hermione soupira. Évidemment. Depuis la création du lien, chacun sentait plus ou moins précisément les sentiments de l'autre et ces sensations s'étaient développées avec leur rapprochement. Ce n'était pas vraiment clair. C'était plus des sensations, comme des chuchotements dans un brouillard. Severus s'était le premier aperçu de cet état de fait et avait immédiatement réagi en conséquence. Jamais ses barrières d'occlumentie n'avaient été aussi hautes depuis la guerre. Mais Hermione n'avait pas ce talent et il doutait même qu'elle ait cherché à lui cacher quoi que ce soit. En se concentrant un peu, il pouvait préciser les sentiments de la jeune femme en restant à l'abri. Et Severus pouvait affirmer que depuis plus d'une heure, elle oscillait entre détermination et gêne. Et il était donc plus que curieux de savoir ce qui pouvait être à l'origine de ces deux sentiments.

Hermione soupira derechef.

- C'est injuste.

Un rictus moqueur étira les lèvres du sorcier.

- L'injustice est une question de point de vue, selon moi. Mais je suis prêt à entendre le tien si tant est que je le trouve pertinent...

- Tu es insupportable.

- Des compliments à présent ?

- Merlin, je vais te...

- Je t'en prie ! Appelle-moi simplement Severus...

Hermione ne savait plus si elle devait rire ou s'énerver face à l'agaçant personnage. Le sourire discret qu'il abordait lui fit rendre les armes et elle s'assit face à lui et lui demanda de but en blanc.

- Tu ressens ce que je ressens et non l'inverse. Pourquoi ?

- Parce que je suis un excellent Occlumens et pas toi ? La réponse tombe d'elle-même, Hermione. Il faut t'y faire, j'ai un nombre insoupçonné de talents que tu n'auras jamais, coqueta-t-il en lui faisant lever les yeux au ciel.

- Bien. Je note juste que la modestie n'en fait visiblement pas partie.

- La modestie est l'apanage des incompétents selon moi. Pourquoi faire croire que l'on est moins compétent que ce que l'on est en réalité ?

- Pour ne pas que le commun des mortels ne se sente minable ?

- Si le commun des mortels se sent minable, comme tu le dis, c'est qu'il a une raison de le penser. Mais trêve de bavardages, Hermione, de quoi voulais-tu vraiment me parler ?

Hermione inspira et prit son fameux courage Gryffondorien à deux mains.

- De toi... Et moi...

- Quelle éloquence ! Et donc ?

- Severus, je t'en prie ! Râla Hermione. C'est assez difficile comme ça !

- Qu'est ce qui est difficile, Hermione ? Demanda-t-il étonnement doucement. D'avouer que tu ne peux plus te passer de moi ? Ou que je te suis infiniment supérieur ? Oui, ce doit être ça... À moins que ce ne soit...

- De te demander pourquoi tu ne veux pas de moi, lâcha la jeune femme rapidement sans le regarder.

Severus haussa un sourcil.

- Pardon ? Quelles idioties as-tu encore fourrées dans ta petite cervelle de Gryffondor ?

Hermione rougit et balbutia, le regard bas.

- Tu... Te dérobes... Chaque fois que...

- Chaque fois que quoi, Hermione ?

Merlin ! Il n'allait pas lui faciliter la tâche. Rouge comme les couleurs de sa maison, Hermione décida de crever l'abcès.

- Tu m'embrasses, tu me caresses... Mais jamais plus... Pourquoi ?

Un silence de plomb tomba entre eux deux. Severus était bouche bée, ce qui se traduisait chez lui par un mutisme plus long qu'à l'accoutumée et les deux sourcils haussés. Il finit par se passer la main sur le visage, désemparé.

- Merlin, Hermione... Cela me semblait pourtant évident...

La jeune femme releva le regard vers lui, surprise. Il continua.

- Tu... As eu une expérience douloureuse et... traumatisante. Il était hors de question pour moi de précipiter les choses.

- Et... C'est tout ?

Il lui jeta un regard torve.

- Cela me semble suffisant, non ?

Hermione sourit doucement. Il ne la repoussait pas. Non. Il avait voulu prendre soin d'elle. Son sourire se fit lumineux et l'instant d'après, elle était debout à côté de lui, ravageant ses lèvres dans un baiser fougueux.

- Severus Snape, tu n'es qu'un idiot, haleta-t-elle contre sa bouche. J'ai envie de toi. Prends-moi...

Severus surpris par sa fougue ne tarda pas à répondre à son ardeur et il mordilla ses lèvres avant de quémander l'accès de sa bouche. Sa langue vint taquiner la sienne dans une danse sensuelle et envoûtante et bientôt, elle gémit contre lui. Il se leva et l'attira à lui, sa main dans le creux de ses reins la plaquant contre son corps. Sa jambe se glissa entre les siennes et elle se cambra en gémissant.

- Vos désirs sont des ordres, Madame...

Il mordilla sa lèvre et décrivit une ligne de baisers le long de sa mâchoire jusqu'à son oreille dont il suça le lobe, lui tirant un nouveau gémissement.

- C'est cela, sorcière... Dis mon nom... Supplie-moi... Mais avant cela...

Il la plaqua contre lui et le monde vacilla autour d'elle. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ils étaient dans les appartements du Directeur. La jeune femme eut tout juste le temps de s'en rendre compte qu'elle était plaquée contre le mur et que deux mains puissantes glissaient sous ses cuisses pour les soulever. Elle hoqueta et entoura les hanches de l'homme avant de se cambrer de nouveau. Merlin ! Elle le sentait long et dur contre son intimité, malgré les couches de tissu qui les séparaient encore. La bouche de l'homme s'affairait contre sa gorge et ses mains caressantes et acides honoraient sa poitrine. Elle entoura son cou de ses bras et ondula contre lui, pressant son intimité humide contre l'excitation de son amant.

Severus grogna dans son cou avant de le mordiller et de relever son visage vers elle.

- Hermione... Regarde moi...

Elle se noya dans ses orbes noirs, ses yeux ambrés voilés de désir. Il relâcha ses jambes et la laissa glisser contre son corps sans jamais cesser de sucoter et mordiller son cou.

- Je vais te faire mienne, Hermione. Je vais te rendre folle jusqu'à ce que tu me supplies de te prendre. Tu vas gémir mon nom, sorcière, avant de le crier sous moi. Tu oublieras tout, tu entends ? Tout. Ne restera plus que moi, mes mains, ma bouche, mon corps, et cette chose que tu viens de sentir contre toi et qui te donnera un plaisir que tu ne soupçonnes pas encore, continua-t-il en embrassant sa gorge. Tu es mienne, Hermione. Et ce soir, je vais te le prouver.