Encore un chapitre revu, corrigé (et commenté ! XD) par ma bêta... Sockscranberries !
Merci beaucoup, c'est un plaisir de travailler avec toi !
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Hermione jeta un dernier regard dans le miroir qui lui fit un clin d'œil entendu.
- Tu es parfaite, chérie ! Il ne pourra que te sauter dessus dans cette tenue !
Hermione leva les yeux devant la remarque de l'artefact, même si elle n'était pas loin de penser la même chose. Elle portait une robe émeraude de soie très sobre mais judicieusement ajustée. Le décolleté, sans être provocateur, laissait voir la naissance de ses seins et chaque manche n'était qu'un long voilage drapé sur l'épaule. Le dos de la robe était échancré suffisamment pour que quiconque le voit ne se rende compte qu'elle ne pouvait pas porter de soutien-gorge et la robe était largement plus courte à l'avant qu'à l'arrière. Devant, le tissu tombait juste au-dessous de ses genoux, dans une fausse impression de pudeur, et mettait en valeur ses jambes interminables juchées sur des talons vertigineux, tandis qu'à l'arrière, la robe traînait légèrement au sol. Hermione n'avait opté, pour seuls bijoux, que deux brillants aux oreilles et un simple ruban de soie noire autour du cou qui mettait en valeur la blancheur de sa peau. Ses cheveux étaient relevés en chignon piqué de brillants émeraude et elle avait laissé quelques mèches folles onduler autour de son visage.
Avant de sortir de ses appartements, Hermione glissa sa baguette dans son étui caché en haut de sa cuisse et, le cœur battant, sortit dans le couloir pour rejoindre la grande salle. Son cavalier devait être là depuis longtemps, tenu qu'il était de présider la soirée, mais Hermione avait tenu à arriver parmi les dernières. Elle voulait le chercher dans la foule, sentir son regard sur elle. Elle voulait fendre la foule à sa rencontre. Elle voulait le rejoindre au milieu de tous. Elle voulait sentir les regards sur eux, curieux, amicaux mais, oui, également les regards de ces gens hautains qui les jugeaient. Et, devant eux, elle voulait l'embrasser, l'enlacer et se perdre dans ses bras dans une valse effrénée.
Pressant le pas, Hermione arriva aux portes de la grande salle et ralentit en se présentant à l'entrée. Ses yeux fouillèrent la foule présente formée d'élèves et de professeurs mais également de quelques représentants du ministères invités pour assister aux premières festivités présidées par Severus Snape, Directeur de Poudlard.
Elle sentit son regard avant de le voir. Il était là, au fond de la salle, un verre à la main, dans une attitude dédaigneuse et hautaine mais il ne put retenir l'éclat fugitif qui traversa son regard lorsqu'il posa les yeux sur elle. Jamais la jeune femme ne s'était sentie "belle" mais, à ses yeux, elle se sentait unique. Les yeux noirs balayèrent son corps avec tant d'attention qu'elle se sentit rosir en remarquant la lueur d'intérêt qui s'était soudainement allumée dans les yeux du Serpentard. Très digne, il posa son verre et fit un pas en avant. Il l'attendait. Il voulait la voir fendre la foule pour se diriger vers lui, pour le choisir, lui. Et Hermione sourit fièrement.
Lentement, pas à pas, elle réduisit la distance en eux, les regards se retournant sur son passage, plus par son attitude que par sa tenue en elle-même. Hermione était belle, certes, mais d'autres jeunes femmes présentes ce soir-là également. Non, ce qui attira les regards, ce fut son allure de reine. Comme si personne n'existait plus, Hermione s'approcha du Directeur de Poudlard avant de lui tendre une main, coquette, que le sorcier saisit pour y déposer un baisemain brûlant.
Le cœur prêt à déborder de bonheur, Hermione remarqua le sourire de son ancienne Directrice de maison qui se retourna la seconde suivante en feulant presque vers un élève de septième année qui avait osé une remarque désobligeante. L'imbécile se vit hériter d'un nombre d'heures de retenue inconsidéré et sa maison fut certaine de perdre la coupe des Quatre Maison cette année-là.
D'un claquement de doigt, Severus interrompit les bavardages en lançant les premières mesures d'une valse. Sa main vint se poser sur la taille de la Gryffondor et il l'entraîna avec lui au milieu du cercle qui s'était formé. Sans prendre garde aux murmures qui s'étaient élevés, le Directeur enlaça possessivement sa cavalière et ils s'élancèrent avec grâce. Jamais Severus Snape ne s'était aventuré à danser en public mais aujourd'hui, il voulait que tous sachent à qui était cette délicieuse sorcière qui le dévorait du regard. Il voulait leur montrer qu'elle l'avait choisi, lui, et nul autre. Il voulait que tous voient le bonheur qu'elle avait d'être là, dans ses bras, et que sa place était ici, avec lui, et nulle part ailleurs.
Le monde tourbillonnait autour d'eux dans un mouvement flou auquel ni l'un ni l'autre ne prenait garde. Les yeux ambrés étaient ancrés dans les orbes noirs qui la dévoraient.
- Vous êtes splendide, Granger...
- Mon miroir m'a plus ou moins dit la même chose... sourit la jeune femme.
- Si votre miroir vous l'a fait remarquer, peut-être vous a-t-il dit ce que vous pourriez déclencher avec une tenue aussi...intéressante ? murmura le sorcier d'une voix grave.
- Mot pour mot ? ... Il m'a dit :"Tu es parfaite, chérie ! Il ne pourra que te sauter dessus dans cette tenue !" lui lança-t-elle à l'affût de sa réaction qui ne se fit pas attendre.
Le bras resserra son étau autour de sa taille pour la rapprocher de lui. Haletante, elle se retrouva serrée contre son torse, le visage à quelques centimètres de celui de l'homme qui la faisait tournoyer inlassablement.
- Vous semblez posséder un artefact intelligent, Miss Granger...susurra-t-il à son oreille.
La jeune femme sentit ses joues rosir sous le souffle de l'homme qui lui chatouillait l'oreille. Sa voix chaude et grave résonnait en elle comme un puissant aphrodisiaque. Merlin qu'elle aimait cet homme ! Elle releva les yeux vers lui et détailla son visage. Ses yeux étaient son meilleur atout, ainsi que sa voix. Les premiers semblaient lire son âme tandis que la seconde pouvait la réduire à néant ou la faire monter au septième ciel. Elle porta son attention sur ses mains. Merlin, quelles mains ! Longues, fines, expertes...sensuelles ou fortes, meurtrières ou rassurantes... elle leur avait toujours porté beaucoup d'attention, du plus loin qu'elle s'en souvienne, lorsqu'elle le voyait brasser une potion, écrire ou, de temps à autre, s'immobiliser sous son menton. Le regard de la sorcière revint sur le visage de son cavalier. Au milieu de sa figure, comme disproportionné, son nez. Non, Severus n'était pas beau, mais il avait un visage de caractère et ce nez... Elle rougit en songeant qu'elle lui avait découvert un charme indéniable la nuit précédente, lorsqu'il l'avait fait jouir en la baisant avec sa langue tandis que son nez appuyait subtilement sur son clitoris. Oui, définitivement, son nez était devenu un atout indéniable de séduction du Maître des Potions.
Trop vite la valse s'arrêta et les applaudissements retentirent avant que d'autres couples, nombreux, n'envahissent la piste. Severus saisit le coude d'Hermione pour la guider jusqu'à une alcôve où il lui tendit une coupe qu'elle saisit.
- Un Gallion pour tes pensées, sorcière...
Elle leva vers lui des yeux étonnés, dans une question muette.
- Je t'ai vu sourire, rougir, et ta respiration est devenue irrégulière durant notre danse. Sans compter que tu me dévorais des yeux... Je pense donc avoir le droit de savoir ce qui te mettait dans cet état... murmura Snape à son oreille.
Hermione rougit derechef. Elle ne pouvait décemment pas lui dire qu'elle pensait à lui et à tous ses talents dans un domaine bien particulier. Il ricana et l'attira contre lui.
- Hermione, Hermione, Hermione... susurra-t-il à son oreille en la mordillant. Tu es tellement transparente, tellement prévisible... Je sais à quoi tu pensais, jeune femme, ajouta-t-il en la plaquant contre le mur de l'alcôve, à l'abri des regards. Lorsque tu as regardé mes yeux, tu m'imaginais entre tes cuisses, à te lécher en te regardant... continua-t-il en traçant une ligne de baisers dans son cou. Lorsque tu as regardé ma bouche, puis mon nez, tu te souvenais de la nuit dernière ou je t'ai fait crier uniquement avec cela... je te connais sorcière... délicieuse sorcière... ajouta-t-il en l'embrassant à perdre haleine.
Lorsqu'il se recula quelques instants plus tard, elle était alanguie contre le mur, dans un parfait appel à la débauche et il grogna avant de s'emparer à nouveau de ses lèvres.
- Bon sang, que m'as-tu fait...? J'ai une furieuse envie de planter tous ces imbéciles et de t'enfermer dans ma chambre jusqu'à demain matin... J'ai envie de t'entendre gémir, sorcière, de te faire crier... de te prendre, encore et encore…
Hermione haleta contre ses lèvres et le plaqua contre elle, ses mains remontant dans son dos pour annihiler tout espace entre eux.
- Viens, Severus... laisse-les parler... Ils parleront de toute façon... murmura-t-elle en ponctuant ses paroles de caresses et de baisers.
- J'espère pour toi que tes arguments sont valables, sorcière... dit-il en caressant un sein.
- Qu'attends-tu pour le vérifier...? le provoqua-t-elle, son regard ambré cherchant le sien.
Il se jeta sur ses lèvres en grognant de désir et la seconde suivante, ils avaient disparu.
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Ron essuya une larme qu'il n'avait pas sentie couler. Il commençait à se demander s'il n'avait pas fait la plus grosse connerie de toute sa vie. Suivant les renseignements de Percy, il avait informé Bellatrix et consort de la présence du traître et d'Hermione au Terrier pour le repas de Noël mais son information avait été mal reçue. Si Dolohov, Rosier et Pettigrew avait été pour une intervention rapide, Bellatrix, Lucius et Magnus s'y étaient formellement opposés. Molly avait invité, en plus de sa famille, tous les anciens membres de l'Ordre et ils allaient se retrouver face à un nombre bien trop grand de baguettes expérimentées. Le risque était trop grand que cette mission ne se transforme en suicide collectif alors la sorcière avait purement et simplement opposé son veto à cette intervention.
Le seul problème, qu'il n'avait pas prévu, était qu'elle en serait frustrée. Très frustrée. Autant dire en rage. Et qu'il lui avait fallu un exutoire. Il avait été parfait.
La sorcière l'avait torturé, lentement, consciencieusement avant de le guérir pour une séance de Doloris. Elle ne l'avait laissé que lorsque sa rage s'était épuisée, aidée en cela par le Lord blond qui était entré avec Magnus au bout de plusieurs heures de cris ininterrompus. Le jeune homme qui avait encore grandi et avait à présent l'allure d'un homme de 18 ans s'était approché de sa mère et l'avait enlacée en se saisissant de sa baguette. Il lui avait judicieusement déconseillé d'achever leur seule source d'informations en lui promettant toutefois toute liberté d'en faire ce qu'elle voudrait une fois que le traître et la sang-de-bourbe serait entre leurs mains. L'étreinte, mais surtout la promesse, l'avaient calmée.
Et Ron avait été laissé là, mort en sursis, avec la certitude que ses jours étaient désormais comptés.
