Encore une superbe collaboration avec Sockscranberries !
Merci à toi, pour tes commentaires, ton temps et tes idées géniales !
Et Joyeux anniversaire Trynae !
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§
Severus se demanda encore une fois comment il avait pu accepter de se laisser entraîner là-dedans. Comme prévu, il avait été compressé comme un vulgaire citron contre la poitrine volumineuse de Molly Weasley et il avait discrètement recompté ses côtes lorsqu'elle l'avait enfin laissé respirer. Et, comme prévu, elle avait trempé sa redingote de larmes. Elle ne l'avait relâché que pour enlacer Hermione qui lui avait chaleureusement rendu son étreinte, dans une profusion de sentimentalisme digne d'un Poufsouffle croisé Gryffondor.
Pourtant, Hermione avait fait preuve de prévenance, il devait bien le reconnaître. Elle avait pris soin de transplaner plutôt que d'utiliser la poudre de Cheminette, afin qu'il puisse se préparer au choc culturel, le temps de leur marche depuis le point de transplanage jusqu'au Terrier. Mais rien n'y avait fait. La seule conséquence était qu'au lieu de faire un arrêt cardiaque instantané, elle avait reculé sa mort d'une dizaine de minutes. Severus soupira une énième fois et jeta un regard dissuasif à Molly qui venait d'avoir la déplorable idée de les prendre chacun par le bras pour les guider jusqu'à la salle à manger. L'enthousiaste mère de famille concentra donc son affection sur sa compagne dont le visage s'illumina pour Merlin sait quelle raison qui lui échapperait toujours, il l'espérait du moins.
Leur arrivée n'était pas passée inaperçue mais Snape eut l'agréable surprise de constater que tous les Weasley ne ressemblaient pas à leur matriarche. Au milieu de cette jungle de tignasses rousses, il distingua les jumeaux qui le saluèrent respectueusement malgré l'étincelle moqueuse brillant dans leurs yeux. Arthur se leva et, sans un mot, lui tendit la main.
- Heureux de vous revoir, Severus.
Non, Arthur ne le remercierait pas. Mais ses yeux avaient tout dit pour lui et Snape fut, malgré lui, touché de la lueur de respect appuyée par la poignée de main un peu trop prolongée. L'homme se tourna ensuite vers Hermione qu'il enlaça sans façons.
- Bienvenue à la maison tous les deux.
Le regard d'Hermione glissa sur la pièce où une bonne partie de ses amis étaient rassemblés. Molly avait voulu réunir, outre sa famille, quelques membres de l'Ordre qui lui tenaient à cœur. Elle distingua ainsi Kingsley, Hestia et Fleur, bien sûr, qui était venue de France par cheminette. La seule ombre au tableau était l'absence de Ron. Même Percy était là, en grande discussion avec Bill qui avait réussi à se libérer (merci Monsieur le Directeur !) pour ce repas de Noël. Ginny était là également, avec Harry qui tentait tant bien que mal de calmer son premier né sous le regard à la fois bienveillant et inquisiteur de son épouse visiblement épuisée. Sans prendre garde au regard paniqué de Severus qu'elle abandonnait dans la fosse aux Lions, Hermione fila droit vers Harry pour s'attendrir devant la frimousse adorable du bambin.
- James Sirius Potter…! Tu as déjà une sacrée voix ! Je peux…? demanda-t-elle à son ami qui ne se fit pas prier pour lui tendre le petit paquet vagissant.
Hermione cala le bébé dans son bras et le berça doucement, un tendre sourire aux lèvres. Ce n'aurait pas été elle, le tableau aurait été tout à fait écoeurant, du point de vue de son compagnon, figé quant à lui près de la porte, dans une vaine tentative de faire oublier sa haute silhouette sombre. Ses yeux sourirent un bref instant lorsqu'il constata que sa Lionne avait vaincu là où Potter avait encore misérablement échoué. En effet, le bébé babillait à présent doucement, et tendait ses petites mains potelées dans une tentative toute relative pour saisir les mèches folles des cheveux d'Hermione qui dansaient devant ses yeux.
Severus laissa son regard errer sur sa compagne avant de constater, effaré, qu'elle se dirigeait vers lui avec… ça ! Il calcula rapidement ses chances de s'en sortir sans dommage. Il ne pouvait décemment pas fuir devant un bébé après s'être tenu stoïque devant face-de-Serpent durant des années. Non. Il ne pouvait pas non plus se désillusionner, tout le monde l'avait vu. Peut-être avait-il une chance de se faufiler jusqu'à Arthur et d'entamer une conversation passionante sur… Merde. Trop tard. La jeune femme était devant lui, tout sourire, un petit paquet rose et chiffonné enveloppé dans une ridicule couverture bleue à motifs d'éclairs de feu dans les bras. Il renifla dédaigneusement pour masquer son embarras et la panique qui commençait à doucement monter en lui. Se jeter dans la gueule du lion (pardon, des lions !) était suffisant pour ne pas en rajouter une couche et espérer le transformer en idiot gagatisant devant la nouvelle génération Potter particulièrement braillarde. Il jeta un regard noir à Hermione qui hocha doucement la tête en riant.
- Le grand et courageux Severus Prince aurait peur d'un bébé…? murmura-t-elle un brin moqueuse.
Il renifla d'un air méprisant en jetant un coup d'œil à la future catastrophe ambulante qu'osait lui présenter la sorcière.
- Peur, certainement pas. Mais j'ai un instinct de survie très développé, Granger. Et cet instinct me dit qu'un rejeton Potter qui porte les doux prénoms de deux des Maraudeurs ne pourra que m'apporter des ennuis… Je n'ai plus qu'à espérer que je serai parti loin lorsque cette… chose… mettra les pieds à Poudlard.
Hermione ne put étouffer un fou rire et le rire du bébé se mêla au sien. Celui-ci, dans un geste tout à fait inconscient, tendit les mains vers le sorcier près de lui, qui le regarda interdit. Inconscient de ce que sa présence remuait chez le Maître des Potions, le bambin babillait joyeusement en riant et en plantant son regard vert si semblable à celui de son père dans le regard noir qui le jaugeait. Severus se racla la gorge et releva les yeux vers la jeune femme. Oui, définitivement, il préférait cette vision à celle d'un bébé baveux, rougeaud et potelé. Hermione lui sourit avant de revenir vers le couple Potter et de rendre le bébé à sa mère qui la regarda l'air à la fois curieux et inquisiteur.
- Vous êtes venus… ensemble ? lui demanda-t-elle en désignant le Directeur de Poudlard.
- Ginny… soupira Hermione. Oui, nous sommes venus ensemble, insista-t-elle en roulant des yeux dans une vaine tentative de mettre fin à la curiosité maladive de son amie.
Elle aurait dû s'en douter, la rousse ne lâcherait pas prise aussi facilement.
- Alors c'est vrai…? Ce qu'on dit…? Que lui… et toi…
- Merde Ginny ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi !
Les éclats de voix attirèrent l'attention de Molly Weasley qui délaissa les jumeaux à qui elle tentait de faire avouer ce qu'ils mijotaient pour se rapprocher du petit groupe.
- Ginny. Cela suffit. Cette famille a déjà renié un de ses membres, et je ne tiens pas à en renier un second ce soir, gronda-t-elle avec un regard noir. Je sais parfaitement ce que tu penses mais tu vas me faire le plaisir de garder ça pour toi dans cette maison, à moins que tu ne veuilles absolument terminer cette soirée chez toi.
La jeune femme lança un regard de défi à sa mère avant de lâcher prise. Elle ne faisait pas le poids et elle le savait parfaitement. Un regard vers son père lui apprit qu'il avait parfaitement suivi la conversation malgré l'attention qu'il portait à Kingsley. Ginny soupira et capitula, sous le regard soulagé de son époux. Harry ne portait pas Snape dans son cœur, c'était une évidence mais il le respectait malgré tout et l'attitude de son épouse, surtout en cette journée de Noël, l'ennuyait profondément. Il l'attira à lui et lui murmura quelques paroles à l'oreille qui semblèrent la calmer légèrement.
Snape avait suivi l'échange et s'était tendu en comprenant la question de Ginny avant de se réjouir, oui, devant la charge virulente d'Hermione et de Molly. Ces satanées Gryffondor au caractère insupportable avaient pris sa défense ! Bon, dans le cas d'Hermione, il devait avouer que son caractère n'était plus si insupportable que cela.
Il fut tiré de ses pensées par les jumeaux qui l'abordèrent de front, l'encerclant de part et d'autre avec un regard qu'il ne pouvait qualifier que de dangereux.
- Joyeux Noël…
- Professeur…
- Non, Directeur !
- …De Poudlard…
- Sans oublier Serpentard !
- Vous êtes venus accompagné ?
- A moins que vous ne soyiez l'accompagnant !
- Je dois avouer que vous avez bon goût, cependant !
- Tout à fait de votre avis mon cher Georges !
Le regard noir de Snape ne faisait plus effet depuis longtemps sur les deux acolytes qui se régalaient de ce regard tueur en restant tout de même à distance raisonnable de leur ancien professeur. Ce dernier tenta d'échapper aux deux sorciers démoniaques, quitte à se réfugier du côté de Molly Weasley qui jetait de temps à autre des coups d'œil inquisiteurs à ses rejetons. Severus essaya de se glisser entre les deux acolytes mais ces derniers lui emboîtèrent le pas et le sorcier ne réussit qu'à se retrouver coincé par cinq Gryffondors au lieu de deux. Heureusement pour lui, Hermione en faisait partie et elle jeta un regard noir aux jumeaux qui levèrent les mains dans une piètre image d'innocence absolue.
- Foutez la paix à Severus, tous les deux. Nous sommes ici pour passer une bonne journée, pas pour être harcelés par deux sorciers dont le cerveau n'a pas dépassé le niveau de l'adolescence lâcha Hermione.
Un mince sourire étira les lèvres du sombre sorcier qui se rapprocha pour se poster derrière elle dans un geste un brin possessif qui fit lever un sourcil moqueur aux jumeaux et rougir violemment Molly Weasley. La mère de famille désamorça la bombe en attirant tout le monde dans la salle à manger ou un repas pantagruélique était servi. Snape renifla en remarquant la décoration. Des guirlandes rouges et or recouvraient les murs et le plafond et des décorations certainement dues aux jumeaux lançaient des confettis sur la tête de ceux qui s'aventuraient dessous. Il faillit sourire en remarquant la guirlande verte et argent qui décorait la cheminée. Très certainement une attention de Molly Weasley. Hermione la remarqua également puisqu'elle se retourna vers lui en souriant franchement.
Le repas fut digne de Molly, tant sur la quantité que sur la qualité et la matriarche avait veillé au placement. Trônant en bout de table, elle gardait un regard attentif et inquisiteur sur sa progéniture, jetant des coups d'œil fréquents sur les jumeaux qui complotaient tout bas. Severus était encadré par Molly à sa gauche et Hermione à sa droite. Face à lui, les plus supportables des Weasley selon ses critères, Charlie et Bill, toujours en grande conversation avec cet imbécile de Percy.
Le repas s'éternisait et les plats qui se vidaient faisaient place à de nouveaux plats tout aussi pleins, tandis que la tribu mangeait avec un appétit toujours aussi redoutable.
Vers la fin du repas, le regard d'Hermione glissa vers la fenêtre et son cerveau embrumé par le repas riche et copieux se fit la réflexion que Molly devait être fort fatiguée pour laisser les rats circuler librement chez elle.
Un instant plus tard, l'enfer se déchaînait.
