Attention ! Ce chapitre contient un ou des passages potentiellement difficiles et choquants ! Âmes sensibles s'abstenir !
Encore merci à ma Bêta que ce chapitre a failli achever... Courage, on n'est plus loin !
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Ils arrivèrent vite, trop vite au cachot désert et, instinctivement, le fauve recula dans un angle du mur, faisant un rempart de son corps à la jeune femme.
Le silence était pesant et l'air empreint de l'odeur de la peur et de la mort. Ses sens surdéveloppés étaient aux aguets. Tout était allé vite, trop vite. Rejoindre ce lieu maudit avait été trop facile. Quelle cruauté leurs ennemis leur réservaient-ils encore ?
Hermione en était apparemment arrivé à la même conclusion que lui et elle se recroquevilla dans le coin derrière lui, humant son odeur pour se redonner du courage. Un mouvement se fit dans l'ombre et quelqu'un applaudit.
- Bravo… Mon cher et tendre époux égorgé… J'ignorais ton statut d'Animagus, mon chéri, mais cela ne va que rendre les choses plus…équitables… intéressantes, je dirais.
Bellatrix apparut en pleine lumière, le visage défiguré par la haine. D'autres bruissements de robes leur apprirent que les Mangemorts restants venaient à leur tour d'entrer dans la pièce. Un sourire vicieux étira les lèvres de Bellatrix qui se tourna vers son bras droit sans lâcher le fauve des yeux.
- Qu'en penses-tu, mon cher ami ? Le Traître a ramené sa Sang-de-Bourbe… Et le marché était clair… Elle lui appartient…
Le sourire s'agrandit alors qu'elle continuait.
- … mais personne n'avait précisé pourquoi elle lui appartiendrait.
Hermione gémit. Non. Pas encore. Pas ça. Ses yeux ambrés croisèrent le regard dément. Sur un signe de Bellatrix, Lucius leva sa baguette et jeta un sort à Snape qui se retransforma en hurlant.
- Bien que ton petit numéro soit intéressant, j'ai besoin de ta forme humaine pour notre petit divertissement. Vois-tu, Severus… Je voudrais que ta petite putain sache qui tu es vraiment…
Les yeux de Snape s'allumèrent d'une lueur mauvaise tandis qu'elle continuait.
- Je ne reviendrai pas sur ma parole. Elle t'appartient. Ce sera donc à toi de la torturer, plutôt qu'à nous…
Hermione leva les yeux vers son amant qui la regardait sans la voir. Ainsi c'était cela que cette folle à lier voulait, depuis le début. Tout ce qui avait précédé n'était qu'une mise en bouche. Elle voulait le voir la faire souffrir, la tuer lentement. Elle hocha la tête, le visage ruisselant de larmes malgré elle.
- Tu as tout à y perdre, Bellatrix.
Severus tentait de négocier, mais sa marge de manœuvre était plus que mince. Un haussement de sourcil de son ennemie lui confirma qu'il avait son attention.
- Pour la libérer de la malédiction que ton bâtard, j'ai dû me lier à Granger. Sa mort causera la mienne, et inversement. Je la tue, tu me perds, c'est aussi simple que cela. Et si mes souvenirs sont bons, avec un sorcier de ma puissance et de ma résistance, tu as de quoi t'amuser pendant, disons, une bonne semaine… Es-tu bien certaine de vouloir te priver de cela…?
L'enjeu était dément. La proposition également. Il devait tenir et comptait sur le sadisme de son ennemie ainsi que sur sa résistance pour gagner du temps. Mais quel temps ? Personne ne se rendrait compte de leur absence avant encore au moins 24 heures… il faudrait ensuite que quelqu'un fasse le lien… et les retrouve. Autant dire qu'il ne faisait que reculer l'heure de sa mort… et de la sienne.
Le sourire de Bellatrix lui confirma qu'il avait vu juste.
- Tu essaies de me prendre par les sentiments, Severus… Bien. Mais mes souvenirs sont au moins aussi bons que les tiens, susurra-t-elle en lui tournant autour. Et je me souviens parfaitement qui de nous deux excellait dans l'art de faire souffrir… sans mener à la mort… et sans magie…
Elle s'immobilisa devant lui et pointa sa baguette sur la femme recroquevillée derrière lui.
- Si tu ne te charges pas d'elle, je me ferai un plaisir de prendre ta place… lui souffla-t-elle au visage.
La sorcière laissa tomber un jambiya aux pieds du sorcier en le tenant toujours en joue de sa baguette.
Snape ferma les yeux, un terrible sentiment d'impuissance lui vrillant le cœur. Il se tourna vers Hermione et la regarda longuement. Ramassant l'arme, il ferma les yeux et évalua ses chances. Nulles. S'il parvenait à en tuer un, il serait rapidement submergé par le nombre et la suite ne serait pas jolie à voir. Non. Il devait le faire. Il devait la faire souffrir, pour ne pas que d'autres le fassent. Ses yeux noirs, désespérés, trouvèrent le regard ambré qu'il avait appris à aimer et qui le suppliaient. Cette supplique muette lui en rappela soudain une autre, en haut de la tour d'astronomie et il lui semblait que cette scène remontait à au moins trois vies. La lueur des deux regards était la même, le suppliant. Encore une fois, un être aimé le suppliait de le faire souffrir pour ne pas qu'un autre ne le fasse. Mais cette fois, il parla.
- Souviens-toi toujours que je t'aime…
Il leva le bras et la lame transperça son amante dont le hurlement de douleur fut recouvert par le rire dément de Bellatrix.
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Drago hurla et la vague de magie pure qui le traversa fit voler les vitres en éclats. Dawlish ne dut sa sauvegarde qu'à l'imposant bouclier de Harry, qui fut pulvérisé par la puissance de l'onde.
- PUTAIN DE MERDE ! jura le blond.
Harry s'approcha précautionneusement du Ministre.
- Nous ne pouvons pas faire plus que de l'interroger sous Véritasérum, Drago. Cet imbécile dit la vérité.
Drago s'appuya des deux mains sur le bureau et leva son regard acier sur l'Auror.
- Le Ministre des Transports sorcier est le seul qui puisse brouiller des barrières anti-transplannage. Exact ?
Harry hésita un instant avant de préciser.
- Non, son assistant en chef également, s'il lui en a donné les pouvoirs…
- Ce qui nous mène à une seule personne, Potter, et tu le sais…=
- Percy. Oui, je viens de réaliser.
- Je ne vais pas faire dans la dentelle, Harry, précisa fermement le sorcier, utilisant le prénom de l'Auror pour la première fois.
- Je sais. Fais ce que tu dois faire. Je vais m'occuper de Molly.
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Hermione hurla et tenta de ramener sa main contre son torse mais la douleur qui en résultat failli lui faire perdre connaissance. Il m'aime. Son bras était lacéré, les scarifications juste assez profondes pour toucher les nerfs, sans que cela ne mette sa vie en danger. Il m'aime. Sous les ordres de Bellatrix, ses vêtements avaient été réduits en lambeaux par son amant afin que cette tâche ne soit pas assignée à Greyback. Il m'aime. Les os de ses pieds étaient réduits à néant, soigneusement brisés par Severus. Il m'aime. Chaque fois, il devait inventer une nouvelle blessure, sous la menace de leurs tortionnaires qui jouissaient de voir les amants maudits s'entretuer. Il m'aime. Lorsque son corps ne fut plus qu'une loque sanglante et inanimée, Severus soupira de soulagement. Enfin ! Mais son répit fut de courte durée. Bellatrix s'avança et ranima Hermione avant de lui jeter un sort de son cru qu'il n'eut pas le temps de reconnaître. Étonnement, elle ne sembla pas souffrir et Snape lui jeta un regard interdit. Qu'avait-elle encore en tête ? Il regarda les visages des Mangemorts qui l'entouraient et réalisa soudain leur allure qu'il ne connaissait que trop bien. Non. Pas ça… Le sourire lubrique de Lucius et Greyback lui confirma son pressentiment.
- Il me semble que tu as oublié quelque chose de relativement simple, Severus… Une chose dans laquelle tu excellais, pour peu que tu daignes y participer… chantonna la voix de la sorcière démente. Tu te souviens de ces femmes…? Toutes ces femmes…? Qui ont hurlé sous tes assauts…? Oh, tu te faisais bien un peu tirer l'oreille mais une fois que tu t'y mettais, nul ne pouvait rivaliser avec toi… Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire…
Non. Il ne pouvait pas. Pas ça. Pas à elle. Un sort lui fut lancé et il sentit, horrifié, son excitation grandir.
- Je te conseille de te hâter, Severus… À moins que tu ne préfères que Lucius ou Greyback s'en chargent… j'ai cru comprendre qu'ils en gardaient un bon souvenir… susurra la voix maléfique.
Hermione était désespérée. Non. Ils n'allaient pas lui imposer cela. Non ! Son regard croisa celui anéanti de Severus qui se retourna pour vomir de la bile. Ils étaient entre leurs mains. Ils ne devaient plus que tenir. Tenir encore. Tenir jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus. Tenir toujours. Il s'approcha d'elle et sa main vint cueillir une larme égarée. "Je t'aime" entendit-elle une dernière fois avant qu'il ne la prenne. Elle comprit alors le sort que lui avait jeté Bellatrix. Un viol Mangemort. Elle hurla à s'en briser les cordes vocales.
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La porte de la chambre s'ouvrit violemment, laissant la place à un Drago qui n'avait plus rien de l'élégance d'un Malefoy. Molly sursauta et bondit devant son fils allongé dans le lit. La puanteur de la pièce ne semblait même plus l'incommoder. Les yeux hagards, elle ressemblait à une lionne prête à fondre sur quiconque s'en prendrait à son fils. Son regard s'adoucit légèrement lorsque Harry apparut derrière le Ministre et s'avança vers elle, tentant de faire abstraction de la puanteur de la chambre. Un regard vers Percy lui apprit qu'il lui restait probablement moins de quelques jours à vivre et il reporta son attention vers la mère éplorée.
- Molly. Écoute-moi. C'est moi, Harry, ton fils adoptif. Tu te souviens, Molly ?
La voix apaisante du jeune homme sembla ramener la sorcière à la raison et elle acquiesça doucement en se jetant dans les bras du sorcier brun.
- Harry… Harry… c'est terrible…
- Je sais, Molly, je sais… mais nous avons besoin de toi, Molly…pour Arthur…
- Arthur…?
Harry planta son regard dans celui de la femme anéantie.
- Oui, Arthur… Nous sommes sur les traces de son meurtrier mais nous avons besoin de ton aide, Molly…
- …Comment…?
- Nous devons juste poser une question, une seule à Percy…
La voix de Harry, bien que douce, était ferme et il mettait toute sa force de persuasion dans sa demande. Une lueur de panique s'alluma dans les yeux de la mère.
- Non ! Pas mon bébé ! Pas lui ! Vous allez le tuer !
- Molly ! REGARDE - MOI !
Le cri de Harry recouvrit celui de la sorcière en larmes et elle s'immobilisa. Drago suivait l'échange, au bord de la rupture. Ce Gryffondor avait intérêt à calmer cette furie !
- Molly. Je te jure que nous ne lui poserons qu'une question et une seule. Il nous faut comprendre. Lui seul peut nous dire ce qui s'est passé. Lui seul peut nous permettre de retrouver ceux qui ont fait cela. Ceux qui ont tué Arthur. Ceux qui ont tué Fleur. Je t'en prie, Molly. Une question. Et nous partons. Nous te laisserons avec lui. Une question, Molly.
La voix apaisante du jeune homme vint peu à peu à bout des velléités de la matriarche et, tandis qu'il la berçait doucement, il fit signe à Drago de procéder. Ce dernier, ignorant l'odeur de putréfaction qui envahissait la chambre, s'approcha du lit où reposait ce qu'on aurait facilement pu prendre pour un cadavre. La chair se détachait par lambeaux, dévoilant les os du bras et jusqu'à ceux du visage. L'homme devait souffrir le martyr mais, si leurs soupçons s'avéraient exacts, Drago n'aurait aucune pitié pour lui.
D'un Enervatum il ranima l'homme dont les gémissements résonnèrent dans la chambre. Rapidement, il lui fit boire une fiole de potion anti-douleur avant de lui poser la question.
- Percy. Tu n'as plus longtemps à vivre. Je ne te demanderai qu'une chose. Est-ce toi qui a brouillé les barrières anti-transplanange du Terrier, causant ainsi, entre autres, la mort de ton père ?
Un frémissement parcourut le visage du moribond et Drago dut se pencher jusqu'à le toucher pour entendre ce que les lèvres déchirées tentaient de dire.
- …oui…. regrette… suivez….César…
Sa tête retomba en arrière et il perdit connaissance. Quelques secondes plus tard, son corps était pris dans d'horribles convulsions. Sa mère hurla en essayant de se dégager des bras de l'Auror. Drago regarda le mort-vivant convulser une dernière fois avant de se raidir, le regard fixe.
Sans un mot, il tourna les talons.
Drago Malefoy entrait enfin en chasse. Et il n'avait, sur ce plan, rien à envier à son paternel.
