Attention ! Ce chapitre contient un ou des passages potentiellement difficiles et choquants ! Âmes sensibles s'abstenir !

Oui, j'ai fait pleurer ma Bêta.. Désolée, Socks ! Et encore merci pour tes idées géniales !

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Jamais Hermione n'aurait pensé pouvoir supporter une telle douleur. Heureusement pour elle, elle sombra bientôt dans l'inconscience, tentant de ne garder qu'une pensée en tête : il m'aime.

Severus s'écarta du corps inanimé, plus mort que vif. Il laissa son regard glisser sur les marques qu'il avait laissées et, pour la première fois depuis des siècles, il laissa libre cours à ses larmes. Une baguette se tendit vers la jeune femme pour la ranimer et il ne put le supporter.

- Nooooooooooon ! Pitié ! Pitié pour elle !

Hermione rouvrit les yeux, ranimée par le sort. Non. Pas encore. Elle le vit alors. Severus Prince, son Prince, lui, si fier et magnifique. Il était à genoux aux pieds de Bellatrix, brisé, implorant sa pitié pour elle, la suppliant de le torturer, lui, pourvu qu'il la laisse tranquille.

- Severus Tobias Snape… Lord Prince…Rampant à mes pieds…Suppliant pour sa petite pute Sang-de-bourbe… Jusqu'où es-tu prêt à aller, pour elle, traître ? Baisse la tête ! Plus bas !

La voix dégoulinait de jouissance vicieuse mal contenue. Bellatrix prenait visiblement son pied et les larmes d'Hermione brouillaient ses yeux. Qu'avaient-ils fait de lui ? Plus rien ne brillait dans son regard anéanti et elle vit, horrifiée, le sombre sorcier baisser la tête jusqu'à terre.

- Non ! Severus, non !

Sa voix rauque et suppliante résonna dans le cachot et elle tenta de ramper jusqu'à lui mais il ne bougea pas, gardant la même posture humiliante et désespérée.

- Que c'est touchant… la petite sang-de-bourbe qui tente de rejoindre son violeur…

Le choc du mot transperça Hermione comme une lame chauffée à blanc. Elle se recroquevilla sous la douleur de son âme. Il était brisé. Lui, son pilier. Lui, son Sauveur. Lui, son amour. Lui, le père de son enfant. Lui. Lui qui avait tant traversé. Lui qui n'avait jamais plié devant quiconque. Lui qui avait traversé les tempêtes, les guerres. Lui.

Et il était là, misérable. Suppliant comme il ne l'avait jamais fait. Son visage torturé se redressa et le cœur de la jeune femme s'arrêta. Là, glissant sur ses joues de marbre, des perles précieuses glissaient lentement. C'était pire que tout. Il lui semblait avoir tout perdu. Ces larmes étaient pour elle l'ultime symbole de la défaite et de son amour. Comme pour l'accompagner, elle laissa s'échapper les siennes et sa vue se brouilla totalement. D'un geste rageur et douloureux, Hermione essuya ses yeux. Elle ne voulait pas le perdre de vue une seconde. Peut-être était-ce la dernière fois qu'elle pouvait le voir. Oh, Merlin ! Elle n'espérait plus que la mort qui les entraînerait inévitablement tous deux.

Un coup de pied vicieux repoussa le potionniste qui se laissa tomber à terre.

- Tu me déçois, Severus… Et moi qui t'avais offert un si beau cadeau d'anniversaire… Une petite Sang-de-bourbe rien que pour toi… Mais suis-je bête, tu n'as jamais su profiter des bonnes choses.

La sorcière caressa sa baguette d'un geste amoureux.

- Tu sais, j'ai toujours pensé qu'il était plus amusant de détourner des sorts que d'en inventer. Le Sectumsempra n'est pas mal mais, au bout d'un moment, il n'est plus amusant… Alors j'ai cherché… Sais-tu comment fonctionne un simple Récurvite, Severus ?

L'homme restra prostré à terre et la folle lui jeta un coup d'œil dédaigneux avant de poursuivre.

- Oh.. Très bien. Je vais te le dire, alors.

Elle se pencha vers lui et, de sa baguette, lui releva le menton, plongeant son regard fou dans les yeux éteints.

- Un Récurvite ôte une couche de crasse. Il enlève une pellicule de molécules. Mais qu'arrive-t-il lorsqu'on lance un Récurvite sur un objet ou un corps totalement propre…? On enlève une mince couche de molécules… encore… et encore… Mais, pour la démonstration, je vais laisser faire ton ami…

Elle se redressa et se recula, laissant la place au Lord blond.

- Si tu savais le nombre de fois que j'ai rêvé de te voir ramper, Severus… Aujourd'hui, mon second rêve est sur le point de se réaliser… Te faire souffrir, lentement, et entendre tes suppliques.

Le Lord lança quelques Récurvites inoffensifs mais, rapidement, les résultats se firent sentir.

Au bout d'un quart d'heure, Severus avait la peau en sang.

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- MERDE ! POTTER !

Drago laissa retomber son poing sur le bureau.

- Ça ne doit pas être compliqué de retrouver ce César !

- On a tout fait, nous n'en avons aucune trace, Drago.

Le Ministre ferma les yeux, contenant sa fureur qui l'empêchait de réfléchir. Il venait d'apprendre la disparition probable de Severus. Des Aurors avaient été envoyés au domicile des parents d'Hermione pour enquêter et il attendait leur rapport au plus vite. La tension générée par cette disparition ainsi que les noms qu'il savait pouvoir d'ores et déjà y mettre derrière ne l'aidaient pas à se calmer. Il inspira un bon coup et son regard d'orage se fixa dans celui de l'Auror.

- A-t-on fouillé le bureau de ce connard ?

- C'est en cours.

- Putain ! Potter ! Accélère ! Ou faut-il que je m'en mêle personnellement ? gronda-t-il dangereusement.

- Je fais le nécessaire mais je ne peux pas TOUT faire Malefoy ! Le Ministère est sens dessus-dessous ! Tu es totalement pris par cette histoire d'enlèvement et de meurtre de Kingsley ! J'essaie de pallier aux manques mais je suis entouré d'incapables !

- On est deux, alors, Potter !

Les deux sorciers se regardèrent un instant et la voix de Harry brisa le silence.

- Quels furent les mots exacts de cette ordure ?

- regrette. suivez.césar.

- Suivez César… C'est que ce César peut nous mener à lui… ou à celui qui lui donnait des ordres.. par le caleçon de Merlin ! Je sais ! Oh, Drago, nous sommes cons !

Il l'attira par le bras et transplana sans attendre de réponse.

Hébété, Drago se retrouva en un instant dans le bureau de l'ancien assistant et il vit Harry virer sans ménagement les deux Aurors présents pour lancer un sort de révélation de vie. Une fenêtre s'illumina et le sorcier brun s'en approcha vivement avant de la briser. Derrière, une cage, dans laquelle hululait doucement un hibou.

- César…?

L'animal battit des ailes et sautilla, impatient de sortir de sa cage fermée depuis trop longtemps. Harry ouvrit la porte et attrapa l'oiseau dans sa main pour se retourner vers le sorcier blond.

- Drago. Voici César, le hibou personnel de cette ordure. Je n'ai plus qu'à lui lancer un sort de traçage mais je pense que je vais avoir besoin de renforts.

- J'en suis.

- Drago. Tu es Ministre et il est hors de question de te perdre comme nous venons de perdre Kingsley.

La voix de Harry était glaciale mais le Lord fut devant lui en deux pas, le dominant de toute sa hauteur.

- Écoute-moi bien, Potter. Je ne le dirai qu'une fois. Mon parrain est aux mains de mon salopard de géniteur et de cette garce de Bellatrix. Ce type est à moi et il est hors de question que quiconque d'autre pose ses pattes dessus. Il a presque détruit mon épouse. Je veux sa peau.

Le regard d'acier était le regard sans appel d'un homme qui réclamait justice. Harry le reconnut et il s'inclina. D'autre part, une baguette expérimentée de plus ne serait pas de trop.

- Surveille tes arrières, blondinet.

- Je te couvrirai, le balafré.

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Les menottes qui maintenaient les mains d'Hermione au mur étaient rouges de son sang. Elle avait tiré dessus à s'en cisailler les poignets, hurlant sa douleur au même titre que le sorcier qui se tordait de souffrance au sol. De lui, on ne distinguait plus rien. Seul le souffle haletant de ses lèvres laissait penser qu'il était toujours en vie. Lucius avait laissé sa place à Greyback, dont les griffes et les crocs avaient dessiné des arabesques sanglantes sur le corps du sorcier. Magnus et Bellatrix l'avaient réanimé pour mieux pouvoir le faire hurler et son anéantissement autant que sa résistance tirait des cris de jouissance à la sorcière dont la folie ne faisait plus aucun doute.

Encore une fois, le Doloris fusa. Encore une fois, Hermione hurla. Elle hurla pour lui qui n'en avait plus la force. Et ses hurlements firent écho aux rires gras des Mangemorts.

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Le hibou voletait rapidement et Harry, suivi d'une dizaine d'Aurors peinait à suivre son vol. Le petit animal était semblable à un vif d'or, sa trajectoire presqu'aussi aléatoire que la balle ailée.

- Harry ! Par ici !

Il était finalement heureux que Drago ait insisté pour les accompagner. L'expérience d'attrapeur du second sorcier était un atout indéniable. Plusieurs heures de vol plus tard, le hibou amorça une descente en piqué.

- Désillusion ! Maintenant !

L'escouade disparut à l'instant et Harry se jeta à la poursuite de l'animal qui accélérait sa descente. Il pila de justesse devant la puissante barrière de protection et fit signe à ses accompagnateurs de s'arrêter. Drago le rejoignit bientôt.

- Laisse moi faire.

Il se coupa la main et l'approcha des protections mais Harry la saisit au vol.

- Que crois-tu faire, Malefoy ?

- Moitié Black, je te le rappelle. Les Blacks sont obsédés par le sang. Je m'identifie en tant que Black auprès du manoir et lui donne la permission de nous laisser passer. Je n'ai pas l'intention d'arriver tambour battant Potter. La discrétion sera notre meilleure arme.

Harry relâcha sa main lentement.

- J'espère que tu sais ce que tu fais, souffla-t-il

- Je ne suis pas un Gryffondor et encore moins un Potter… laissa tomber le Lord en posant sa main ensanglantée sur les barrières de protection.

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Lorsqu'ils eurent franchi les barrières, Harry, Drago et les Aurors foncèrent vers le sol avant de sauter à terre. Le Manoir se dressait devant eux, sombre et élégant, et ils eurent toutes les peines du monde à imaginer que c'était là le dernier repaire des Mangemorts.

Silencieusement, ils pénétrèrent dans le Manoir et eurent tôt fait d'en fouiller les étages. La demeure était spacieuse mais vide et ils se retrouvèrent bientôt réunis dans le hall d'entrée, attendant le rapport du dernier groupe d'Aurors qui arriva peu après.

- Rien Monsieur.

- Impossible, claqua la voix glacée de Drago. Nous passons à côté de quelque chose… Avez-vous tout fouillé ? Les étages ? Les sous-sols ?

- Pas de sous-sol, Monsieur. Il n'y en a pas.

- Oh que si…

Drago se tourna vers Harry.

- Ils sont dans les sous-sols. Un Manoir Black à forcément des sous-sols puisque c'est là sa particularité. Ce sont de vrais dédales dans lesquels les Blacks aimaient et aiment toujours chasser leurs proies.

Le Lord leva sa baguette et se taillada de nouveau la main avant de la poser sur un mur nu. Le sang fut absorbé par la bâtisse et une lueur sombre jaillit du mur opposé, dessinant une porte qui s'ouvrit silencieusement.

Sans plus hésiter, Drago se dirigea vers l'ouverture et, au moment de la franchir, se retourna vers les hommes qui le suivaient.

- A partir de maintenant, pas de quartier. Ils n'en auront pas pour vous. Oh. Et Lucius est à moi.

Les hommes acquiescèrent sans discuter. Ils ne tenaient pas à s'immiscer dans la lutte à mort entre le père et le fils.