Hello ! Fin des montagnes russes, je pense...
Encore une très jolie collaboration avec ma Bêta Sockscranberries !
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Drago s'écarta doucement de la panthère et de sa protégée.
- Harry ? Fouillez tout. Toutes les pièces. Et envoie un Patronus à Poppy. Il faut qu'elle vienne au plus vite. Hors de question de les confier à Sainte- Mangouste. Je vais lever les barrières du Manoir pour qu'elle puisse transplaner directement ici. Oh, et sois particulièrement attentif aux souterrains. Il est possible que ces ordures aient gardé de la chair fraîche quelque part pour s'amuser…
Harry acquiesça et obtempéra avant de rassembler quelques hommes pour aller fouiller les souterrains. Les Aurors qui étaient partis à la recherche de Magnus revinrent bredouilles, comme il s'y était attendu, et Draco les envoya sur-le-champ rejoindre Harry tandis qu'il veillait sur les deux êtres inanimés sur le sol.
Harry et ses hommes avançaient rapidement, quoiqu'avec précautions. Les souterrains étaient un vrai dédale et ils lançaient des sorts de repérage aux endroits qu'ils avaient checké pour être certains de ne pas y revenir par deux fois. Ils avaient marqué l'emplacement des nombreux corps qui pourrissaient dans les recoins des souterrains. Des Aurors spécialisés reviendraient plus tard pour les identifier et les rendre à leurs proches. Après ce qu'ils avaient pu voir, Harry doutait qu'il puisse y avoir encore des humains dans les cachots, en un seul morceau du moins. Il fut donc surprit lorsque le Patronus de Dawlish arriva en trombe devant lui.
- Harry. Tu devrais venir. Vite. J'ai également prévenu Le Ministre.
Intrigué et inquiet (pourquoi appeler Drago ?), le sorcier suivit rapidement l'aigle qui le mena à son bras droit, attendant impatiemment devant une porte close. Un mouvement sur la droite lui annonça l'arrivée du Lord blond et Dawlish les regarda tour à tour avant de parler.
- On a trouvé trois survivants. Derrière cette porte. Dont, apparemment, le contact de Percy dans ce nid de Serpents.
Harry s'approcha, impatient. Ils avaient suivi César, selon ce que leur avait dit Percy, mais ils ne savaient toujours pas qui était son contact ici, ni comment ce gratte-papier avait pu être en lien avec des Mangemorts de cette envergure. La réponse se trouvait donc derrière cette porte, à en croire le sorcier. Il franchit donc la distance qui le séparait de la porte mais son collègue l'arrêta d'une main sur l'épaule.
- Harry. Je pense qu'il serait préférable que le Ministre entre le premier…
Le jeune homme se retourna vers lui.
- Tu sais qui est derrière, c'est ça ?
- J'ai reconnu sa signature magique, oui… Tu ne vas pas aimer.
Harry soupira longuement.
- Tu sais. Je crois qu'au fond de moi, je sais qui je vais trouver ici… mais tu as raison sur un point. Drago ? demanda-t-il en se retournant vers lui. Entre avec moi, s'il te plaît. Je ne suis pas certain de pouvoir répondre de mes actes…
Le blond acquiesça et ils déverrouillèrent la porte. Doucement, Drago passa devant Harry, le masquant à la vue des occupants du cachot. Il n'eut pas le temps de laisser ses yeux se faire à la luminosité trop basse qu'une voix éraillée et tremblante résonnait.
- Drago.. C'est toi… Je savais que tu étais avec eux, hein… Dis… Dis à la Maîtresse que je me suis bien occupé d'eux.. Ils sont encore en vie… C'est bien, hein ? Dis-lui… Vous avez eu le Traître ?... Tu sais Drago, j'ai toujours pensé que tu étais le digne héritier de ton père… J'en ai jamais douté…
Drago s'avança, sa haute silhouette masquant toujours la petite carrure de Harry, tétanisé d'entendre de telles choses sortant de la bouche de celui qui avait été comme un frère pour lui. Le Lord sortit sa baguette pour lancer un Lumos qui lui permettrait de distinguer le jeune homme à moitié fou qui lui parlait sans discontinuer, mais ce simple geste provoqua le gémissement de son interlocuteur.
- Pitié ! Non ! J'ai…J'ai rien fait, Drago… J'ai obéi, tu le sais…
- Silence !
La voix glaciale claqua comme un fouet et Drago se précipita vers le rouquin et le saisit par le col pour le soulever comme un vulgaire fétu de paille.
- Ordure ! . .gueule.
Il le relâcha violemment sur le sol et se tourna vers les deux autres prisonniers qui le regardaient avec effroi, étroitement enlacés dans un geste vain de réconfort. Leur ressemblance avec Hermione ne laissait place à aucun doute. Il se retourna sans un mot vers Dawlish qui comprit aussitôt et s'approcha doucement du couple pour les aider à se lever et à sortir du cachot. Ils n'étaient pas en trop mauvais état et Drago grimaça. Des êtres humains en un seul morceau dans un cachot Black ne pouvait signifier qu'une chose : ils étaient arrivés à temps, avant une très probable mise en scène macabre que Bellatrix avait sans doute imaginé offrir à Hermione.
Le couple sorti, Drago scella la porte d'un sort et laissa glisser un regard haineux sur l'être pitoyable qui rampait en demandant grâce. Harry était resté près de la porte, tout son être oscillant entre dégoût, pitié et colère. Lui. C'était lui qui avait vendu Hermione et Snape. C'était lui qui avait informé Percy. C'était lui, le responsable de la mort de Kingsley, de Hestia, de Fleur, d'Arthur. Lui. Sa baguette se leva malgré lui et il ne reconnut pas sa voix lorsqu'elle lança le Doloris.
Il aurait pu le tuer. Il maintenait le sort sans effort, sa haine coulant en lui comme un feu dévorant. Sa colère se nourrissait des hurlements inhumains et des larmes roulaient sur ses joues. Il revoyait le corps d'Hermione, ses larmes, sa douleur. Il revoyait Snape, panthère superbe réduite à néant. Et il les vengeait. Impitoyablement. Une grande main se posa délicatement mais fermement sur son poignet, le forçant à rompre le sort. Des yeux d'acier croisèrent son regard.
- Harry. Il n'en vaut pas la peine.
Le jeune homme revint à lui et il inspira longuement. Des gémissements discontinus brisaient le silence et il préféra tourner son regard vers le Lord plutôt que de s'arrêter sur la loque gémissante à ses pieds.
- Tu risques Azkaban pour un impardonnable, Harry. Il n'en vaut pas la peine, crois-moi.
- Tu comptes donc le laisser s'en tirer à si bon compte… ? murmura le jeune homme brisé.
Le regard d'acier luisit d'une lueur mauvaise.
- Pour qui me prends-tu ? J'ai d'autres… arguments… susurra-t-il, auprès desquels un Doloris ferait figure d'une promenade de santé…
- Alors qu'est-ce que tu attends…?
- Je veux qu'il sache ce qu'il a fait. Qu'il sache ce qu'il a provoqué. Ensuite seulement je m'occuperai de lui.
Harry réfléchit un instant avant d'acquiescer. Le Lord se détourna alors de lui et attrapa violemment le rouquin au sol pour lui faire relever la tête.
- Écoute-moi bien, salopard. Tu vas regarder attentivement ce que je vais te montrer et ensuite je veux que tu saches que tu mourras de mes propres mains.
Il le laissa retomber à terre et lança un sort complexe. Aussitôt, une boule de lumière jaillit au sol. Elle se distendit et se modela pour laisser apparaître les silhouettes lumineuses d'Hermione et de la panthère. Harry regardait le phénomène, médusé. Les silhouettes avaient la consistance et l'allure d'un Patronus et il jeta un coup d'œil intrigué à Drago.
- Un sort de duplication. Il permet de visualiser une scène à distance.
Ron s'était précipité en rampant vers les silhouettes, grimaçant sous la douleur qui ne le lâchait plus.
- Ils l'ont tailladée. Ils lui ont fait subir un viol Mangemort. Greyback l'a lacérée. Une grande partie de ses os a été brisée et elle ne doit sa survie qu'à Severus qui s'est sacrifié pour elle. Tu la voulais, ordure ? Félicitations ! Grâce à toi elle a failli mourir ! Ah oui. Autre chose. Sache que tu es responsable de la mort de ton cher frère Percy, de celle de ton père, Arthur, de celle de Fleur, l'épouse de Bill, de celle de Kingsley, de celle d'Hestia.
Ron haletait, horrifié et des larmes sillonnaient ses joues. Drago dardait sur lui un regard glacé et impitoyable. Il semblait à cet instant l'incarnation même d'un ange de la justice et Harry se recula, conscient qu'il ne pouvait pas tenir ce rôle auprès de celui qui avait été son ami.
- Ronald Bilius Weasley. Je te condamne à mort. Cette sentence prend effet immédiatement.
La voix de Drago précéda de peu le sort qui atteignit le rouquin misérable et celui-ci fut étonné, quelques secondes plus tard, d'être toujours en vie. Il releva un regard surpris vers le Lord qui ricana en percevant l'étincelle d'espoir dans les yeux du sorcier.
- … Je n'ai jamais dit que la mort serait rapide et indolore…
Il se détourna de Ron et posa sa main sur l'épaule de Harry pour l'enjoindre à sortir du cachot. Au moment de franchir le seuil, il se retourna une dernière fois et sa voix hautaine et glacée tomba comme un couperet.
- Si cela peut t'intéresser. Je t'ai lancé le même sort que celui par lequel est mort ton cher collègue… La différence entre lui et toi, c'est qu'il bénéficiait de potions anti-douleur… et que je t'ai jeté la version "Prince de Sang-mêlé" du sort… Il l'avait amélioré pour ralentir la mort sans ôter la douleur… Ironique, non ?
Harry frissonna. Jamais, au grand jamais, il ne voudrait être l'ennemi de cet homme. Pour un peu, il aurait eu pitié de celui qui avait été son ami, mais le regard d'acier croisa le sien et le mit au défi d'éprouver ne serait-ce que le début d'une empathie Gryffondorienne pour le rouquin. Alors il baissa les yeux et sortit, suivi de près par Drago qui verrouilla la porte d'un sort puissant.
Ils reprirent en silence le chemin du cachot principal, laissant derrière eux le cachot désormais scellé où pourrirait vivant celui qui était responsable de toutes ces horreurs.
Au moment où ils allaient bifurquer une dernière fois, Harry s'arrêta et posa sa main sur le bras de son ami. Les yeux gris interrogèrent les siens et il soupira.
- Merci, Drago. Pour tout.
Le blond haussa les épaules dans une désinvolture toute Malefoyenne.
- De rien, le balafré. Je m'étais juré de tuer celui qui avait osé porter la main sur Severus et Hermione.
- A ce point ?
Le regard perçant le cloua sur place.
- Tu n'imagines même pas. Severus est ce qui se rapproche le plus d'un père pour moi. Quant à Hermione… Elle est tout pour lui… et encore plus maintenant.
Les yeux interrogateurs d'Harry l'enjoignirent de continuer.
- Poppy est arrivée juste avant que Dawlish ne m'appelle. Elle leur a jeté un sort de diagnostic. Hermione est enceinte et, en ce moment même, elle puise inconsciement dans la magie de Severus pour empêcher une fausse couche qui semble inévitable.
