Chapitre dit "de transition". Traduction : on a l'impression qu'il ne s'y passe pas grand'chose mais il est indispensable pour le bon déroulé de la suite ;-)
Encore merci à toi, Socks, mais tu le sais !
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Elle s'accrocha à cette voix.
- Maman ? Maman où es-tu …?
La voix douce résonnait tout autour d'elle, comme émanant de partout à la fois.
"Ne t'inquiète pas ma chérie. Je suis là. Ton père aussi, il est avec moi. Je ne sais pas si tu m'entends, ma chérie, mais la médecin nous a dit que nous pouvions te parler… J'aimerais que tu nous entendes… que tu saches que nous sommes heureux de te revoir. Tu as été si courageuse, ma petite fille… si imprudente ! Tu as pris de tels risques pour nous !"
La voix de son père se substitua un instant à celle de sa mère.
"Ma princesse. Oui, je sais que tu es grande à présent mais tu resteras toujours ma princesse, mon plus beau cadeau. Bats-toi. Tu es forte, je le sais. Je sais que tes amis disent de toi que tu es une Lionne mais à mes yeux, tu es bien plus que cela. J'ai eu… un peu de mal à accepter l'idée que la panthère qui est lovée contre toi soit… ton compagnon. Mais s'il t'aime autant que ce que tu le mérites, si tu es heureuse avec lui alors qui suis-je pour juger ? Reviens-nous ma princesse. Nous sommes revenus vers toi. Nous sommes là. Et nous serons là à ton réveil".
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Jean et William Granger se tenaient assis à côté du grand lit où reposaient Hermione et l'imposante panthère noire. Celle-ci était lovée contre la sorcière, sa patte reposant sur elle, dans un geste possessif et protecteur. Étonnement, Jean ne fut pas effrayée par l'animal. Elle osa même avancer la main par-dessus l'animal pour repousser doucement une boucle de cheveux du visage de sa fille qui dormait profondément.
- Reviens-nous Hermione.
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Hermione réfléchissait. Sans qu'elle sache pourquoi, Severus la fuyait et elle n'aurait ni le courage, ni les moyens à l'heure actuelle, d'avoir une discussion avec lui. Et pourtant, elle avait besoin de lui comme lui avait besoin d'elle, même si jamais il ne le lui avouerait. Elle réentendit la voix de sa mère et soupira. Oui. C'était la seule solution. Il fallait qu'elle revienne et qu'elle l'abandonne un instant pour le sauver malgré lui.
La jeune femme se concentra et, un instant plus tard, une terrible douleur lui traversait le corps.
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Hermione était inconsciente depuis plus de trois jours et ses parents étaient à ses côtés depuis maintenant plus de 48 heures. Ils grappillaient quelques instants de sommeil ici et là, se réveillant au moindre bruit et guettant anxieusement le moindre changement dans la situation de leur fille.
Ce changement survint au beau milieu de la nuit. Hermione gémit et sa mère se précipita à son chevet. Surgie de nulle part, Poppy arriva en trombe et écarta délicatement mais fermement Jean Granger pour jeter plusieurs sorts de diagnostics sur la sorcière.
- Bonne nouvelle, Mrs Granger. Votre fille se réveille lentement mais sûrement de son coma. Je vous demanderai de ne pas la faire parler dans un premier temps, lui intima-t-elle comme elle seule savait le faire. Miss Granger est très faible, il lui faudra beaucoup de repos.
Les yeux de la sorcière papillonnèrent doucement avant de se remplir de larmes. Immédiatement, Poppy lui souleva doucement la tête pour l'aider à avaler une potion anti-douleur et une potion de sommeil sans rêves. Le regard d'Hermione était reconnaissant lorsqu'elle referma les yeux, le corps momentanément soulagé de ses maux.
La fin de la nuit fut tranquille et Hermione rouvrit les yeux tard dans la matinée. Elle grimaça et gémit, les douleurs de son corps se rappelant brutalement à elle. La première personne qu'elle vit fut Poppy, tourbillonnant autour d'elle en réarrangeant ici et là un oreiller, une couverture, sans hésiter à repousser la panthère noire un peu trop envahissante à son goût. Ce fut donc la seconde chose que la jeune femme remarqua. Sa présence, à ses côtés. Sa patte qui revenait inlassablement sur elle, comme pour l'empêcher de s'éloigner. Elle frémit en sentant sa magie s'infiltrer en elle pour faire doucement refluer la douleur. Ses yeux se posèrent sur le fauve et elle enfouit sa main dans sa fourrure, réprimant un sanglot en sentant l'estafilade sous ses doigts. Ses yeux se brouillèrent tout de même et elle renifla pitoyablement.
Sans qu'elle sache comment, Hermione se retrouva enlacée dans une étreinte douce et rassurante. Des bras fermes la serraient tendrement et l'odeur reconnaissable entre toutes de sa mère envahit ses sens. Les digues lâchèrent. Tout ce qu'elle avait tenté de refouler loin en elle rejaillit dans un flot de larmes. Elle sanglotait misérablement, le visage enfoui dans l'étreinte maternelle tandis qu'une main douce caressait ses cheveux. La jeune femme évacuait sa douleur, ses blessures, sa peur, son amour. Elle pleurait ce qu'elle ne pouvait dire et sa mère murmurait des phrases sans fin, suite ininterrompue de paroles rassurantes, que seule une mère sait dire à sa fille. Longtemps, Hermione pleura, comme une enfant.
Après ce qui lui sembla une éternité, elle trouva la force de se redresser et son regard croisa celui compréhensif de Jean Granger.
- Maman…
- Ma chérie…
Elle restèrent là sans dire un mot, leurs yeux parlant pour elles et Jean Granger enlaça doucement sa fille et la berça contre elle.
Poppy leur avait laissé une heure pour se retrouver avant d'ouvrir le rideau et de tourbillonner de nouveau autour du lit, donnant des conseils qui auraient aisément pu passer pour des ordres. C'est alors qu'Hermione le vit. Son père. Attendant patiemment en retrait de la médicomage, son doux regard soucieux posé sur elle.
- … Une demi-heure, pas plus ! Terminait de dire Poppy, le doigt levé dans un geste autoritaire.
Elle posa un regard doux sur Hermione.
- Au fait, Miss Granger… Félicitations ! Il va bien. Laissa-t-elle entendre doucement avec un sourire entendu.
Le cœur d'Hermione se gonfla de gratitude. Comment avait-il pu survivre ? Elle posa sa main sur son ventre encore plat qui abritait désormais son meilleur atout dans la reconquête de son amour. Le geste ne passa pas inaperçu auprès de sa mère qui décida d'attendre le moment propice.
Après leur avoir rappelé une centième fois qu'elle ne leur laissait qu'une demi-heure, Poppy s'éclipsa aussi soudainement qu'elle était apparue.
William la laissa passer, puis fit le tour du lit et s'assit à côté de sa fille, tout en jetant un regard anxieux du côté du fauve étroitement lové contre elle. Il releva les yeux vers elle et l'embrassa doucement sur le front.
- Ma princesse…
- Papa… Je… je suis désolée…
- Non, ma chérie. Tu n'as pas à l'être. Tu as fait ce qui te semblait le mieux pour nous protéger et te protéger, toi. Mais ceci est loin derrière nous à présent que nous t'avons retrouvée…
Il l'enlaça brièvement et délicatement avant de rompre l'étreinte pour capter son regard.
- Hermione…
Sa voix était grave et elle sut que ce qu'il allait dire était de la plus haute importance pour lui.
- Le médecin et les hommes qui nous ont rendu la mémoire nous ont dit qui était ce… Cette panthère…
Les mots lui étaient difficiles et, déjà, elle savait ce qu'il allait lui demander.
- Je veux dire… J'ai besoin de savoir… nous avons besoin de savoir… Qu'est-il pour toi ?
- Tout.
La réponse était venue d'elle-même, comme une évidence. Oui, il était tout pour elle et bien plus encore.
- Il est… oh, il rugirait s'il savait que je parle de lui ainsi… Sourit-elle. Mais il est mon âme. Je ne peux vivre sans lui. Il m'a sauvé la vie et depuis, nous sommes liés, c'est vrai mais… C'est bien plus que cela. C'est comme si mon cœur ne pouvait battre qu'à l'unisson du sien. Comme s'il était tout ce qui me manquait…
Jean Granger lança un regard à son époux avant de doucement relever le menton de sa fille.
- Il y a plus, n'est ce pas…?
Hermione frémit. Comment allaient-ils prendre la nouvelle, elle n'en était pas certaine. Mais sa mère avait déjà compris, autrement elle ne lui poserait pas la question. La jeune femme inspira profondément avant de se jeter à l'eau.
- Je suis enceinte.
C'était dit et, étrangement, elle sentit comme une douce chaleur l'envahir tandis qu'elle se répétait ces mots dans sa tête.
"Je suis enceinte". Elle réalisa alors seulement qu'elle portait son enfant, leur enfant. Elle posa sa main sur son ventre et laissa ses larmes couler. Là-bas, il s'était détourné d'elle. Il avait refusé de la voir, de l'entendre. Mais à présent, elle n'était plus seule. Elle avait en elle cette vie qui n'en était pas encore une mais qui était déjà tant. Elle croisa le regard de sa mère qui souriait et qui serrait dans les siennes la main de son père, émue.
Oui elle n'était pas seule. Elle était entourée de ceux qui avaient le plus compté pour elle et de celui ou celle qui compterait bientôt le plus.
Hermione tourna le regard vers le fauve inanimé à ses côtés et retira la main de son ventre pour la poser tendrement dans la fourrure.
- Je suis là, Severus. Et je ne suis pas seule. Je sais que, d'où tu es, tu ne peux que m'entendre. Je t'aime. N'en doute jamais, comme je n'ai jamais oublié que tu m'aimais. Rappelle-toi. Tu m'as demandé de me souvenir. Et je me souviens.
Elle plongea son visage dans la fourrure tiède et s'imprégna longuement de son odeur.
Non, elle n'était pas seule. Elle le ramènerait à la vie.
Et si lui avait oublié qu'il l'aimait, alors qu'à cela ne tienne : elle s'en souviendrait pour deux.
