Ravie de vous présenter un nouveau chapitre qui a positivement réjouie ma Bêta, n'est ce pas Socks ?
(Surtout quand elle a compris le titre du chapitre ! :-D )

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L'homme regardait la haute silhouette du château qui se découpait dans la brume. Ils avaient sous-estimé leurs adversaires. Cette Sang-de-Bourbe et le Traître avaient plus d'alliés intelligents qu'ils ne l'auraient cru. A présent, il restait seul, seul pour accomplir la tâche qui lui avait été dévolue par sa naissance et son héritage. Un sourire mauvais étira ses lèvres. Sa solitude ne serait bientôt plus qu'un souvenir. La mort prochaine de ses ennemis le hisserait au sommet. Rien ne pourrait l'arrêter. Il trouverait de nouveaux alliés, puissants, il y veillerait. En attendant, il était temps de se débarrasser de son dernier obstacle. Les barrières de Poudlard ne pouvaient rien contre celui en qui coulait le sang de son Directeur.

Il transplana.

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- Miss Granger ? Merlin soit loué, vous êtes là !

Poppy était entrée en trombe dans l'infirmerie, un carton rempli de fioles nacrées lévitant devant elle.

- Je dois m'absenter un jour ou deux. Sainte-Mangouste fait les premières expérimentations de la Potion de Liberté sur des sujets consentants et ils m'ont demandé d'être sur place. Ils voulaient quelqu'un qui ait assisté à la première expérimentation de la potion et il était hors de question d'impliquer le Ministre ou son épouse. Severus est là. Quant à vous…

- Je peux y aller, si vous…

- Silence, jeune fille ! Vous, vous restez auprès de cette chose qui se prend pour une peluche ! Oui, Severus, je SAIS que tu m'entends ! Vous m'envoyez un Patronus si cette tête d'hippogriffe se décide à ouvrir un œil. En attendant, je vais vous demander de parer aux petits bobos et blessures mineures qui pourraient survenir, ainsi qu'aux maladies bénignes. Si quoi que ce soit arrivait de plus sérieux d'ici demain soir, n'hésitez pas à me contacter.

Hermione acquiesça. Cela ne lui poserait pas de problèmes. Elle venait tout juste de reprendre ses cours un jour sur deux et elle avait terminé le matin-même ses cours de la journée. Elle était libre jusqu'au surlendemain. Finalement, elle avait attendu un bon mois avant de réinvestir la salle de classe des Potions. Elle en avait été incapable avant et les deux premiers jours de travail, cette semaine même, avaient été libérateurs mais éprouvants. Severus lui manquait. Ils s'obstinaient l'un et l'autre, elle, à lui parler, lui, à faire la sourde oreille. Poppy lui donna encore quelques ordres - pardon, instructions - et elle se décida à partir enfin, emportant le carton de fioles avec elle.

Hermione se tourna vers la panthère inerte et des larmes de rages roulèrent sur ses joues. Elle n'en pouvait plus. Elle le voulait. Elle voulait lui parler de nouveau. Elle voulait le serrer de nouveau dans ses bras. Elle voulait à nouveau entendre sa voix tantôt chaude et grave, tantôt glaciale et sarcastique. Elle voulait revoir ces yeux d'obsidienne qui semblaient lire dans son âme sans jamais laisser lire la sienne. Elle voulait retrouver sa chaleur, sa peau. Elle voulait conjurer avec lui l'horreur de ce que leurs bourreaux leur avait fait subir. Elle voulait retrouver ce rictus qui l'exaspérait tant et qui lui donnait en même temps envie de venir effacer son arrogance d'un baiser. Elle voulait retrouver cet homme qui était aujourd'hui toute sa vie. Elle voulait retrouver le père de ce petit être qui grandissait en elle. Son poing s'abattit sur la fourrure tiède de l'animal et elle sanglota.

- Putain de merde, Severus ! Comment faut-il te dire que je t'aime, espèce d'hippogriffe borné ? Sur quel ton dois-je te demander de revenir ? Tu me manques, imbécile…

Elle renifla pitoyablement et enfouit son visage dans le cou de l'animal, tout en laissant ses doigts se faufiler dans les poils longs et soyeux.

Un craquement sonore retentit.

Un ricanement résonna.

- Chamant tableau… La Sang-de-Bourbe et sa peluche… Ce sera une partie de plaisir…

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Severus était dans une putain de rage. Ne pouvaient-ils pas lui foutre la paix, tous autant qu'ils étaient ? Croyaient-ils vraiment que leurs menaces, leurs Poufsouffleries en tous genre allaient le faire revenir parmi les vivants, parmi ses victimes ? Hors de question ! Il avait enfin trouvé le moyen d'être tranquille sans être un danger pour quiconque, il n'allait pas le quitter de sitôt.

Et voilà que ça recommençait. Elle pleurait à nouveau sur lui. Merlin, comment faisait-elle, il n'en avait aucune idée. Il remonta ses barrières d'occlumens. Malgré tout ce qu'il lui avait fait, ses larmes le touchaient encore. Il devait tenir. Elle se lasserait bien un jour.

Un sentiment d'urgence le saisit soudain, comme un appel. Non, il ne voulait pas revenir ! L'angoisse le prit à la gorge et sa magie s'enflamma. Un cri retentit, suivi d'un rire glacial. NON ! Il laissa la rage le dominer, investir chaque parcelle de son être. Un sentiment de vengeance pure coula dans ses veines comme un feu dévorant. Le sorcier ferma les yeux.

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L'homme tenait Hermione en joue. Une longue estafilade de sang coulait le long du bras de la jeune femme qui avait serré ses bras autour de son ventre dans un geste de protection dérisoire. Un sourire malsain éclairait son visage tandis qu'il commençait à lentement pivoter autour de la sorcière. Celle-ci s'était mise debout devant le lit, faisant rempart de son corps à la panthère imposante toujours inerte.

- Que c'est mignon… Une pauvre petite Sang-de-bourbe qui cherche à protéger un gros chat…

Hermione sentit son cœur se serrer. Magnus avait fait fi des barrières protectrices de Poudlard. Severus était toujours hors de combat. Bellatrix aurait le mot de la fin, à travers les yeux fous de son fils. Elle ferma les yeux, attendant la mort, l'espérant, même, si possible rapide. Un grondement sourd résonna derrière elle et la seconde qui suivit, une gigantesque ombre noire volait au-dessus de son épaule.

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Severus ouvrit difficilement un œil. Chacun de ses muscles semblait piqué d'une multitudes d'épingles chauffées à blanc. Il sortit discrètement ses griffes et les planta fermement dans le drap, le temps de faire obstacle à la douleur. Les mots lui parvenaient comme déformés mais il n'eut aucune peine à reconnaître la voix de sa sorcière et celle, démente, de Magnus. Il remonta ses boucliers d'occlumens, refoulant la douleur loin derrière lui. Le temps pressait. Lorsqu'il rouvrit ses orbes d'or, la première chose qu'il vit fut les jambes d'Hermione, pressées contre le lit. Cette folle lui faisait un rempart de son corps ! Il huma l'air et réprima un grondement. L'odeur âcre de son sang venait de frapper son flair. Lentement, il se ramassa sur lui-même, profitant que son ennemi soit si aveuglé par sa haine qu'il négligeait de le surveiller. Il sentit avec satisfaction ses muscles rouler sous sa fourrure et il refoula l'homme qui restait en lui. Le fauve gronda avant de bondir souplement par-dessus l'épaule d'Hermione. Dans un rugissement, il se laissa tomber toutes griffes dehors à la gorge du sorcier qu'il déchira, coupant net le hurlement de l'homme.

Le sang appelle le sang. Celui, rouge carmin qui coulait à flots de sa victime, était délectable. Il planta ses croc dans la gorge et arracha la tête de l'hydre qui alla rouler un peu plus loin. Un cri étouffé fit cesser le massacre. La panthère tourna la tête, le regard fauve, et se jeta sur la sorcière sanglotante pour la renverser à terre. Là, elle se coucha sur elle et fit claquer sa mâchoire, lui intimant l'ordre de ne plus bouger.

Hermione était terrorisée. Elle avait vu Magnus se faire littéralement dévorer par le fauve et celui-ci se retournait vers elle. La mâchoire rouge de sang venait de claquer à quelques centimètres de son visage. Elle ne reconnaissait plus Severus. Que se passait-il ? Elle sentit l'animal s'alourdir sur elle et réalisa, stupéfaite, que la panthère la bloquait de son corps, lui empêchant tout mouvement. Les yeux d'or se baissèrent sur elle tandis qu'une langue rose léchait le sang encore apparent sur le museau du fauve. Un grondement sourd résonna contre elle et Hermione, abasourdie, réalisa soudain… Severus ronronnait ! Ce putain de fauve ronronnait de satisfaction ! Cette révélation faillit la faire pouffer de rire mais le regard d'or qui la cloua sur place valait amplement le regard noir de son compagnon. OK. Il ne plaisantait pas. Mais pourquoi diable ne la laissait-il pas se relever ? Elle tenta de bouger de dessous lui mais une patte munie de griffes se posa sur son torse, les griffes rentrant lentement sous ses yeux hypnotisés. Elle releva les yeux vers ceux du fauve et la lumière se fit. Merde. Il ne voulait juste pas la laisser se relever. Ce putain de fou protecteur avait décidé de lui faire un rempart de son corps… au sens propre du terme ! Elle soupira. Génial. Après la version peluche amorphe, elle avait droit à la version panthère surprotectrice de Severus… Elle regarda autour d'elle, là où son regard pouvait porter. La tête de Magnus, figée dans une expression de pure terreur la narguait à moins de deux mètres de son visage. Non. Hors de question de laisser cette…chose…en l'état. Restait à convaincre son garde du corps de bouger sa fourrure de là…

- Severus…?

Les yeux du fauve revinrent vers elle.

- Tu peux me laisser…me lever…?

La panthère montra les crocs. Ok… Non, version Snapanthère.

- Je ne peux pas…rester avec…ça…S'il te plait…

Il sembla considérer sa demande et regarda longuement la tête de son ennemi. L'Animagus ne semblait pas avoir d'objections à rester non loin de son trophée. Il reporta son regard sur la sorcière et sembla voir son air désespéré. Lentement et visiblement à contrecoeur, il se retira de dessus la jeune femme et se planta devant elle, assis sur ses pattes arrières.

Hermione soupira et se releva vivement. Elle envoya un Patronus à Minerva, à Drago, à Camille et à Harry, sans oublier Poppy.

Quelques minutes après, Minerva entrait en trombe, suivie de Camille, tandis que la cheminée laissait passer Drago accompagné de Harry et enfin Poppy.

Les regards à la fois ébahis, heureux et horrifiés de chacun se posèrent sur la panthère assise devant Hermione et sur le corps décapité de Magnus. Drago résuma en une phrase ce que chacun se demandait.

- Quelqu'un peut-il, par Merlin, me dire ce qui s'est passé ici ?