Encore un chapitre sur ce mariage qui me rend toute chose...
Et ma bêta aussi, à priori...
Bref, je vous laisse à vos sourires niais, et j'affiche le mien sans honte aucune en écrivant ces lignes !
Enjoy !
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Les nouveaux époux remontaient le parc vers le château, escortés par la petite foule joyeuse. Les portes s'ouvrirent devant eux et ils parvinrent bientôt dans la Grande salle où Severus attendit que chacun entre pour les inviter à partager un apéritif. Les tables repoussées contre les murs étaient recouvertes de mignardises en tout genre et d'imposantes bouteilles de champagnes venaient d'être ouvertes par les elfes de Poudlard.
- Clos du Mesnil 1979, Lady Prince… J'ai entendu dire que ce millésime était exceptionnel… murmura Severus à l'oreille de son épouse.
Hermione rougit et son regard ravi croisa celui de son cavalier. Elle n'était certes pas amatrice de vin mais l'année du millésime l'avait touchée et elle se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser aux coins de ses lèvres. Un autre qu'elle était connaisseur pour deux et Drago s'approcha bientôt, un verre de champagne à la main.
- Mes félicitations parrain, Hermione. Lord Prince, je dois vous féliciter pour ce champagne… Cuvée exceptionnelle… pour une année exceptionnelle, glissa-t-il en souriant à Hermione. (
Lui non plus n'avait pas manqué de remarquer l'année du millésime..
Les élèves s'étaient dispersés dans un joyeux brouhaha et chacun des invités discutait avec les uns et les autres. Severus et Hermione passaient de l'un à l'autre, saluant ceux qu'ils n'avaient pu voir, comme les jumeaux Weasley, Bill qui avait amené Victoire avec lui ou encore Charlie, qui n'aurait manqué cet évènement pour rien au monde.
Un long moment plus tard, Severus s'avança vers l'estrade qui avait été laissée et amplifia sa voix d'un Sonorus. Hermione prit place face à lui et remercia Drago qui lui avait, mine de rien, avancé une chaise.
- Mes amis.
La voix de Severus retentit, aussi profonde et soyeuse qu'à l'ordinaire.
- Vous le savez, je ne suis pas doué pour parler, mais j'y suis contraint et forcé aujourd'hui de par mon statut de Directeur de Poudlard et de jeune marié. Et si j'en vois un seul d'entre vous esquisser le moindre sourire à cette appellation, je promets de lui rappeler douloureusement pourquoi je suis craint…
Des rires s'élevèrent malgré la menace qui ne faisait trembler personne en ce jour.
- Bien… Je vois que mon autorité s'effrite… Lady Prince, n'omettez pas de me le rappeler dès que les cours reprendront, lança Severus, sa voix glaciale rendue inoffensive par le sourire qui brillait dans ses yeux.
Les rires retentirent de nouveau et il les laissa s'atténuer avant de reprendre, plus sérieusement.
- Je vous disais donc que je me devais de parler aujourd'hui… En tant que Directeur de Poudlard, cette soirée est particulière. Voilà maintenant trois ans… Oui, il y a trois ans, j'occupais ce même poste, pour de tout autres motifs. Aujourd'hui je suis libre, comme vous tous, mais nombre de nos compagnons n'ont pas eu cette chance, et c'est pour eux que je voudrais m'adresser à vous. On ne revient jamais en arrière. Chaque seconde appartient déjà au passé et quelqu'un m'a récemment appris qu'en refusant de dire adieu aux morts, nous les faisons mourir une deuxième fois. Nous les avons connus. Nous avons partagé une route ensemble et nos chemins ont bifurqué. Ne faites pas la même erreur que moi. Vivez. Vivez car vous ne savez si la vie vous offrira une seconde chance. Aujourd'hui est ma deuxième chance et je n'ai pas l'intention de la laisser passer.
Comme vous le savez, nous avons décidé de célébrer notre mariage ici, à Poudlard et en ce jour anniversaire de la dernière bataille. Nous avons décidé de le célébrer avec vous, qui avez défendu votre vie, vos convictions, vos amis. Nous avons voulu célébrer la vie dans ce lieu et à cette date, symbole de tant de pertes. Et c'est en célébrant la vie que je rends hommage à ceux qui sont tombés. Car ils auraient voulu que le sacrifice ne soit pas vain. Ils auraient voulu nous voir vivre.
Ce jour est symbolique, pour vous comme pour moi. Demain nous commémorerons cette Bataille, nous rendrons hommage à nos amis, à nos combattants. Mais Hermione et moi avons voulu commencer cet hommage aujourd'hui, en nous unissant devant le monde sorcier.
Severus laissa son regard glisser sur l'assemblée dont beaucoup étaient émus. Il inspira à fond et ferma les yeux avant que sa voix ne retentisse encore, troublée par l'émotion.
- De façon plus personnelle…
Il hésitait, comme si ces mots lui étaient étrangers.
- … il y a trois ans, jour pour jour, je mourais…
Son regard se posa sur Hermione qui le regardait du premier rang et il vrilla ses yeux au siens, puisant dans ce regard la force de dire ce qu'il voulait.
- …Il y a trois ans, jour pour jour, cette femme me sauvait… et elle me sauve encore aujourd'hui. Merci Hermione.
Il descendit rapidement de l'estrade, des mèches noir échappées de son catogan masquant son visage, tandis que les applaudissements éclataient mais lui était déjà dans ses bras et sa bouche ravissait la sienne. Il murmurait des mots entre chaque baiser et les larmes d'Hermione ruisselaient sur ses joues, car elle seule entendait chaque "merci" dont il ponctuait ses baisers.
Subtilement, Drago, aidé de Camille, avaient fait reculer les invités et s'étaient placés devant le couple pour lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Ils s'écartèrent lentement lorsque Severus se recula d'Hermione dont il essuya les larmes du bout de ses doigts avant de prendre sa main et de l'entraîner au centre de la Grande salle. Là, il s'immobilisa et s'inclina dans une révérence qui coupa le souffle de sa campagne.
- Milady. M'accorderez-vous cette valse ?
Sa voix de baryton encore troublée d'émotions la rendit incapable de répondre. Elle sourit et lui tendit sa main qu'il baisa avant d'agiter négligemment la sienne. Les premières notes d'une valse retentirent et elle posa sa main sur son épaule. Doucement, Severus la rapprocha de lui et l'entraîna dans un tourbillon d'émotions. Dans ses bras, elle oublia tout. Son environnement devint flou. Ne restaient plus que ces yeux noirs qui la dévoraient et la chérissaient, dans un troublant mélange de vénération et de désir.
- Tu sais que tu me rends fou…?
La voix rauque résonna dans son corps, attisant son désir et son amour et elle sourit contre lui. Ils tourbillonnaient dans une valse folle, seuls au milieu de tous, dans cet instant qui n'appartenait qu'à eux. Hermione leva les yeux pour se noyer dans les onyx noirs si pleins de promesses.
- Lady Prince…
Elle frissonna sous l'appellation. Son nouveau titre roulait sur sa langue comme s'il savourait un mets exquis.
- Si tu savais ce que je ressens…
- Laisse-moi voir… murmura-t-elle contre lui.
Il n'hésita qu'un instant avant de faire tomber ses barrières et de laisser s'écouler par le lien l'étendue de ses émotions. Hermione hoqueta. Un torrent de plénitude, de bonheur et d'espoir l'envahit, piqueté de désir et de volupté, comme les rayons d'un premier soleil de printemps. Elle ressentit son amour, sa tendresse, sa fierté, son bonheur… oui, son bonheur. Et cet étonnement de découvrir ce sentiment inconnu. Les yeux ambrés brillèrent de joie et Hermione posa ses lèvres sur celles de son cavalier.
- Severus….
Il laissa son regard errer sur elle, son espoir, son avenir, sa résurrection… et les mots franchirent ses lèvres sans qu'il cherche à les retenir.
- En cette nuit qui a voulu me voir mourir, je fête aujourd'hui ma renaissance…
Hermione accueillit chaque mot comme un don qu'elle garda précieusement en elle. Elle s'enivra de ses yeux, de son regard, de son bonheur et il lui sembla à cet instant qu'elle avait touché le ciel. Elle sourit et, sur une dernière note, il la fit virevolter avant de la ramener contre lui, son bras enroulé autour de sa taille, le souffle haletant et son front posé contre le sien.
Leurs lèvres se frôlèrent alors que résonnaient les applaudissements puis, un à un, les couples envahirent la piste de danse. Severus allait enlacer à nouveau Hermione lorsqu'un léger raclement de gorge lui fit lever les yeux. William Granger et son épouse se tenaient là et l'homme, un rire espiègle dans les yeux, tendit la main vers Hermione.
- Puis-je demander cette valse à ma fille, Milord…?
Severus déposa doucement la main d'Hermione dans la sienne, non sans lui avoir tendrement pressé les doigts entre les siens. Il regardait l'homme s'éloigner avec la jeune femme lorsque la voix de Jean Granger se fit entendre doucement.
- Puis-je espérer une danse avec mon beau-fils…?
Il se tourna vers elle et lui tendit sa main pour qu'elle y dépose la sienne avant de l'entraîner au milieu des danseurs. Malgré lui, ses yeux revenaient sans cesse vers son épouse, rayonnante entre les bras de son père et son petit manège n'échappa pas à sa cavalière.
- Elle vous aime, vous savez.
Il ramena son attention vers elle.
- Je le sais. Comme je ne sais pas à qui ou à quoi je dois ce bonheur qui m'est accordé aujourd'hui.
- Et si vous cessiez de vous poser la question pour en profiter…? suggéra-t-elle en souriant.
Il la regarda, considérant sa remarque et hocha la tête.
- C'est de vous qu'elle tient son bon sens, visiblement.
Le rire franc de sa cavalière retentit joyeusement.
- Pas uniquement, mon cher, pas uniquement. Disons qu'elle a pris le meilleur de nous deux… Vous savez, continua-t-elle après un silence, elle a de la chance de vous avoir.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça…? demanda-t-il, plus curieux de connaître la raison d'une telle remarque que voulant la contredire.
- Vous êtes discret, je le reconnais. Mais je sais voir la sincérité lorsque je la croise, monsieur. Et vous êtes sincère. Même si les mots ne sont pas vos amis, votre regard et votre attitude sont plus parlants que vous ne le voudriez.
Il acquiesça, incapable de trouver une réplique à une telle remarque. Severus sourit intérieurement en réalisant que le dernier membre de la famille Granger venait d'intégrer à son tour le palmarès des rares personnes qui avaient réussi à le laisser bouche bée. Hermione l'avait fait il y a longtemps déjà et William, un peu plus tôt dans la journée. Oui, décidément, cette famille était pleine de surprises.
La musique s'arrêta et Severus chercha des yeux Hermione pour la retrouver en pleine discussion avec le couple Potter. Discrètement, il s'approcha d'elle, savourant la beauté de son dos nu et se délectant à l'avance de la surprendre. Elle se retourna vers lui alors qu'il était à deux pas d'elle et son rire cristallin résonna dans le brouhaha.
- Ma panthère a voulu me surprendre….?
Elle s'approcha de lui lentement, son regard vrillé au sien.
- Tu oublies que je te fréquente depuis longtemps, mon époux…
Elle posa sa main sur son torse, savourant les battements de son cœur qu'elle pouvait ressentir à travers ses vêtements.
- Je connais ton pas par cœur…
Elle se lova contre lui.
- …ton odeur… ta respiration…
Son regard se perdit dans les lacs noirs qui la surplombaient.
- … Je sais quand tu approches… mon corps et mon cœur le savent et ne peuvent plus être trompés…
Il passa un bras possessif autour de sa taille et la serra doucement contre lui.
- Alors si tu me connais si bien… Tu devrais savoir que je veux un baiser, sorcière…
- Avec plaisir, Milord…
Ses lèvres douces se posèrent sur les siennes et ils s'embrassèrent tendrement, seuls au milieu de la foule.
Ils ne voyaient pas les élèves qui se poussaient du coude en voyant leur sombre professeur méconnaissable.
Ils ne virent pas Minerva ni Poppy essuyer une larme.
Ils ne virent pas Harry et Ginny les regarder tendrement.
Ils ne virent pas le regard de fierté et de bonheur du couple Malefoy.
Ils ne virent rien de tout cela.
N'existaient plus que leurs lèvres, leur souffle et leur bonheur.
