Bonjour à tous !
Et voici un nouveau chapitre ! Je vous préviens, je me suis (un peu) amusée sur celui-ci... Mais bon...
J'espère toutefois qu'il sera à la hauteur de vos attentes ! En attendant, enjoy !
Sans t'oublier bien sûr, toi, Socks sans qui cette histoire serait restée bien fade ! ;-)
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- Hermione ! Par Merlin !
La porte claqua contre le mur sous l'impulsion donnée par l'homme qui se dressait de toute sa taille dans l'encadrement. Hermione sursauta avant de croiser ses bras sur sa poitrine et de lui jeter un regard torve.
- Monsieur Jackson. Veuillez veiller sur la classe un instant je vous prie. Reprenez, dit-elle aux élèves tétanisés par l'apparition soudain du Directeur. Je reviens dans un instant, ajouta-t-elle plus pour le sorcier qui lui jetait un regard noir que pour l'ensemble de la classe.
Elle se dirigea vers le porte et poussa Severus du plat de la main pour le faire reculer avant de pousser la porte derrière eux.
- On peut savoir à quoi tu joues ?
- A QUOI JE JOUE ? fulmina Severus. TU ES ENCEINTE, JE TE RAPPELLE, ET A MOINS D'UN MOIS D'ACCOUCHER ! ALORS TU VAS ME FAIRE LE PLAISIR DE LAISSER CETTE CLASSE A QUELQU'UN D'AUTRE !
Hermione lui répliqua sur le même ton.
- A OUI ? Et À QUI ? TOI PEUT-ÊTRE ?
- PARFAITEMENT !
Elle lui jeta un regard noir dans une parfaite imitation de lui-même.
- TU M'EXCUSERAS MAIS JE N'AI AUCUNE ENVIE QUE TU RÉDUISES À NÉANT LE TRAVAIL D'UNE ANNÉE AVEC TES MÉTHODES ÉDUCATIVES ! ET COMME TU L'AS SI BIEN FAIT REMARQUER, JE SUIS ENCEINTE, PAS SUR MON LIT DE MORT ! ALORS TU VAS ME REFOULER FISSA TA PANTHÈRE SURPROTECTRICE !
Elle ferma les yeux et soupira en secouant la tête. Il ne servait à rien de s'énerver. Encore moins avec lui. L'homme la regardait, le regard toujours aussi noir et… inquiet. Elle se pinça l'arête du nez entre les doigts. Encore un tic qu'elle tenait de lui, songea-t-elle en essayant de refouler la migraine qui approchait. La jeune femme releva les yeux vers son époux.
- Severus. Écoute. Il ne reste qu'une semaine de cours. Je fais attention. Je me ménage, mais je ne peux pas décemment abandonner mes élèves à une semaine de leurs ASPICS.
Le regard bourru ne la quittait pas, dubitatif de ses arguments.
- Severus, soupira-t-elle. Trois jours, je ne te demande que trois jours. Ensuite, tu pourras exercer ton instinct surprotecteur, le railla-t-elle gentiment.
Il soupira, conscient s'il en était du ridicule de la situation. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il éprouvait ce besoin viscéral de la protéger, non, de les protéger. Le terme était prévu pour la troisième semaine de Juillet, aux alentours du 21. D'ici là, il le savait, il ne serait qu'une boule de nerfs et allait devenir proprement invivable. La main compréhensive d'Hermione se posa sur son bras tandis que les yeux ambrés cherchaient les siens.
- Severus. Ça va, je te jure. Laisse-moi terminer ces trois jours de cours, pour les rassurer et me rassurer, moi. Tu sais que si je les lâchais maintenant, je ne serais pas tranquille… et ce ne serait bon ni pour moi, ni pour le bébé.
Il ricana.
- Rappelle-moi depuis quand tu es devenue une véritable Serpentard…?
- Rappelle-moi à qui tu t'adresses…?
Son sourire s'agrandit.
- Madame la Directrice de Serpentard… Mais je reste votre supérieur, Madame susurra-t-il doucement à son oreille.
Elle le gratifia d'une tape sèche sur le torse.
- Bas les pattes, Lord Prince ! J'ai un cours à terminer, minauda-t-elle en repartant vers la classe. Ah, j'allais oublier…
Elle se retourna vers lui et lui ravit la bouche dans un baiser fougueux avant de disparaître derrière la porte de la classe de Potions.
Severus regarda la porte, interdit. Cette sorcière aurait sa mort…
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Hermione fut accueillit par ses élèves avec des regards inquiets auxquels elle répondit en souriant.
- Ne vous inquiétez pas, vous pouvez reprendre le cours. J'ai un époux un peu protecteur, ajouta-t-elle au milieu des rires. Je pense que ça n'ira pas en s'améliorant dans les semaines à venir alors vous pouvez me remercier… je vous ai évité une semaine de cours avec lui… dans cet état… laissa-t-elle entendre au milieu des rires.
Elle laissa planer son regard sur les élèves qui lui faisaient face.
- Bon, où en étions-nous ? reprit-elle avec sérieux.
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Hermione regardait les derniers élèves franchir les portes, leur valise à la main. Severus se tenait près d'elle et son regard soucieux se posait bien plus souvent que nécessaire sur son épouse. Le repas terminé, Camille était remontée dans ses appartements pour se reposer mais Hermione avait insisté pour assister au départ de ses élèves. Nombreux étaient ceux qui la saluaient d'un regard ou d'un mot sinon amical, du moins respectueux, non sans jeter un regard plus ou moins impressionné selon l'âge et la Maison d'appartenance à l'homme imposant qui se tenait près d'elle.
Le dernier élève parti, Hermione se sentit enlacée possessivement.
- Maintenant que le dernier cornichon a rejoint son bocal, peux-tu décemment envisager de me rassurer et d'aller te reposer…? Ou faut-il que j'emploie les grands moyens pour te garder au lit…?
Elle sourit. Il ne changerait jamais. Mais il avait raison sur un point, elle se sentait épuisée. Ramenant son regard vers lui, elle se noya avec délices dans les yeux noirs.
- Non pas que la proposition ne me tente pas, mais permets-moi de douter de ses bienfaits "reposants"... le taquina-t-elle.
Il ricana contre son oreille avant de lui embrasser la tempe.
- S'il faut en passer par là…
Elle lui donna une tape sur le torse.
- Non, c'est non, Lord Prince. Je suis épuisée, avoua-t-elle en réprimant un bâillement. Alors tu n'auras nul besoin de faire étalage de tes "arguments" pour me mettre au lit…
Il rit doucement contre son oreille en enroulant ses bras autour d'elle.
- Dommage…
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- Hermione, par pitié, calme-toi !
- Mais enfin, Severus ! Il est né !
- Je sais ! C'est au moins le troisième hibou en moins d'une heure que nous recevons ! Et oui, nous allons rendre visite Camille ! Et non, tu n'y vas pas seule ! Et nous n'y allons que si j'ai ta parole que tu te reposeras en rentrant !
Hermione s'assit sur la chaise de la table où Severus lisait le journal. Ils avaient emménagé au Manoir Prince et Hermione était au repos forcé depuis près de deux semaines. Son terme était désormais à quelques jours et Severus était plus insupportable - pardon, protecteur - que jamais…
Le silence de la jeune femme fit relever les yeux de Severus qui rabattit brusquement son journal qui lui masquait la vue. Il tomba sur le sourire fatigué mais ravi et indulgent de son épouse.
- Promis Severus. On va voir Camille dans, disons, dix minutes et quand on rentre à la maison, je reste couchée jusqu'à ce soir.. Ça te va ?
Il lui jeta un regard las.
- Tu es de pire en pire en ce qui concerne la manipulation…
Hermione éclata de rire.
- Et c'est TOI qui dit ça ? Dois-je te rappeler qui fut et est encore mon Professeur en la matière..? Et puis, ceci dit, ce n'est pas de la manipulation… mais de la négociation, nuance.
- Tu te moques de moi, sorcière… Il est 17 heures. Si on va voir Camille, nous ne serons pas rentrés avant 18h au bas mot. Et tu me proposes de rester couchée jusqu'à ce soir…? M'aurais-tu pris pour un de ces cornichons que tu affectionnes tant…?
- Bon, d'accord. Disons que je me couche sitôt rentrée.. A charge pour toi de me faire un repas, minauda-t-elle.
Severus rabattit définitivement le journal avant de le plier en deux et de le poser sur la table.
- Tu oublies à qui tu parles, jeune impertinente. Évidemment que je sais cuisiner… je ferais un bien piètre Maître des Potions sans cela.
Hermione sourit. Elle avait en moins de cinq minutes obtenu d'aller voir Camille, et de se faire chouchouter comme une reine à son retour. Décidément, elle s'améliorait !
Quelques instants plus tard, Severus et Hermione franchissaient difficilement les portes de Sainte Mangouste, et échappaient aux questions des journalistes grâce au regard noir inimitable de Severus.
Lorsqu'ils entrèrent dans la chambre, Camille était allongée sur son lit, pâle mais rayonnante. Drago, tourné vers la fenêtre ne bougea pas lorsqu'ils s'avancèrent vers la jeune maman.
- Camille ! Comment vas-tu ?
Hermione s'approcha et l'enlaça tendrement avant de se reculer.
- Tu as une mine à la fois affreuse et magnifique ! Rit-elle. Alors ? Où est cette petite merveille ?
- La petite merveille vient de se calmer, Granger, alors, par pitié, ne la relance pas…
Drago se retourna en achevant de parler et Hermione découvrit alors un petit paquet dans ses bras, enroulé dans une couverture verte et argent. Le choix des couleurs la fit sourire et elle s'approcha pour découvrir une jolie touffe de cheveux blonds.
- Pas de doute, c'est un Malefoy... S'amusa-t-elle. Il n'y a plus qu'à espérer que cette future terreur aura hérité du doux caractère de sa maman…
Elle sourit devant le regard faussement outré de Drago qui ne put s'empêcher de décoller le petit être de son torse pour le lui présenter. Severus était resté à l'écart, très peu à l'aise avec ce genre d'effusions malgré son affection pour le couple, mais Hermione ne l'entendit pas de cette oreille et lui tendit la main pour le rapprocher d'elle.
- Et comment se nomme le futur Lord Malefoy...? Demanda Severus dans un effort de sociabilisation.
Drago échangea un regard silencieux avec Camille avant de répondre.
- Perseus Severus Malefoy.
Severus leva les yeux, interdit, le souffle coupé. Il connaissait l'amitié que lui portait le couple mais de là à donner son nom à leur héritier... Son regard vacilla entre Drago et Camille, le premier qui le regardait impassible, attendant sa réaction, la seconde qui lui souriait doucement, bien consciente du trouble qu'ils lui causaient. Les yeux d'Hermione brillaient un peu trop pour que des larmes ne s'y cachent pas et le silence fut brisé par la voix rauque de l'homme en noir.
- Pourquoi... Je veux dire.. Êtes-vous certains de votre choix..?
Drago haussa un sourcil.
- Pour qui nous prends-tu, parrain ? Si la question est de savoir si nous sommes conscients de ce que cela implique, oui, totalement. Notre fils, mon héritier, portera ton nom si tu le désires. Et j'aimerais demander à Granger, pardon, Lady Prince, se reprit-il moqueur, d'être sa marraine.
Ce fut au tour d'Hermione d'être sans voix, ce qui fit brièvement ricaner Drago.
-Drago... C'est...
L'interpelé leva les yeux au ciel.
- Merlin ce que vous pouvez être compliqués tous les deux ! Vous ne savez pas, tout simplement, prendre ce qu'on vous offre et dire merci ? C'est pourtant pas compliqué ?
Camille rit devant le visage défait de Severus et Hermione joignit son hilarité à la sienne. Severus regarda son épouse rayonnante et ses amis qui venaient de lui offrir bien plus qu'il n'aurait jamais pu espérer. Et il sut que Drago avait raison. Il s'approcha de son filleul et tendit simplement les bras où le jeune homme déposa son précieux fardeau.
Le regard noir croisa pour la première fois les grands yeux gris du petit Malefoy, plus étonnés qu'effrayés, et quelque chose sembla se briser en lui.
- Bienvenu Perseus Severus Malefoy…
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- Que va-t-il se passer à présent ?
La voix inquiète de Severus résonna dans le noir et Hermione se tourna vers lui pour poser sa tête sur son épaule.
- Je te l'ai dit, Severus. Le terme était aujourd'hui, le 20. Je vais avoir un suivi régulier durant une semaine, en attendant que l'accouchement se déclenche seul. Si je n'ai pas accouché dans dix jours, ils provoquent le travail. Mais, reprit-elle, mon cas n'est pas exceptionnel. Plus de 2 femmes sur 10 dépassent leur terme. Ça n'a rien ni d'inquiétant, ni de dangereux. De toute façon, je suis suivie comme le lait sur le feu par Poppy, ajouta-t-elle.
-Encore heureux ! Grommela-t-il. Il n'y a bien qu'à elle que je fasse confiance ! Mais tu ne m'empêcheras pas de m'inquiéter, reprit-il en enroulant son bras autour de ses épaules.
Hermione soupira.
- Tu n'as pas de quoi, vraiment. Ce bébé est juste très bien où il est et pas pressé de sortir, c'est tout. Dans tous les cas, dis-toi que le 30 ou le 31, il sera là de toute manière...
Un imperceptible raidissement dans la posture de son époux lui indiqua que quelque chose l'avait troublé. Elle fut d'autant plus surprise lorsque, quelques secondes plus tard, elle sentit Severus bouger dans le lit jusqu'à se trouver la tête posée sur son ventre.
- Écoute-moi bien, toi. Tu es l'héritier de la maison Prince. Alors, afin que notre riche et fructueuse collaboration commence pour le mieux, tu vas me faire le plaisir de ne pas commencer ta vie par me faire une blague. Ce qui signifie qu'il n'y a qu'une seule date qui te soit interdite pour naître et non, ne m'oblige pas à la dire. Tu la connais parfaitement bien. Choisis un jour de naissance correct et tout ira pour le mieux…
Il se redressa et se rallongea contre Hermione qui se mit à trembler dans ses bras. Le temps qu'il se demande ce qu'elle avait, les hoquets qui lui parvinrent le rassurèrent plus ou moins. Elle était tout simplement morte de rire.
- Ne dis rien.. Surtout, ne dis rien… marmonna-t-il mortifié.
Un hurlement de rire lui répondit et Hermione s'endormit ce soir-là dans un état particulièrement euphorique, si bien que Severus l'entendit rire cette nuit-là, même dans son sommeil.
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- Monsieur ! Si vous ne vous calmez pas, je vais devoir vous demander de sortir !
La médicomage qui n'avait rien à envier à Poppy Pomfresh niveau autorité, tenait tête à un Severus Prince à deux doigts de la rupture. Le regard assassin que celui-ci lui lançait ne lui faisait visiblement ni chaud, ni froid, habituée qu'elle était aux futurs pères odieux dans leur inquiétude.
Un gémissement d'Hermione ramena l'attention de Severus vers son épouse traversée par une contraction.
- Bordel de merde ! jura l'homme. Vous ne pouvez pas lui donner quelque chose pour atténuer ça !
- Non Monsieur, expliqua l'infirmière pour la centième fois au moins. Il faut que les contractions aient porté un minimum pour que nous puissions la soulager. La potion que nous lui avons donnée pour déclencher l'accouchement commence tout juste à porter ses fruits et le col n'est pas encore assez dilaté. La seule chose que vous puissiez faire, insista-t-elle auprès du sorcier furieusement inquiet, est de rester à ses côtés pour la rassurer et la soutenir.
Severus jura derechef, mortellement inquiet. Il lui semblait qu'il assistait à une scène de torture et qu'il ne pouvait rien y faire. Voir son épouse grimacer de douleur sous les contractions de plus en plus violentes lui infligeait un sentiment de culpabilité grandissant. La médicomage s'approcha de lui et posa sa main sur son avant-bras.
- Lord Prince. Ne vous inquiétez pas. Tout se présente pour le mieux. Les deux prochaines heures seront difficiles, pour elle comme pour vous, mais je vous jure que vous oublierez tout et elle aussi lorsque vous tiendrez votre fils dans vos bras. En attendant…
Elle regarda Hermione qui commençait à transpirer, sa main cherchant celle de son époux.
-... en attendant, aidez-la. Votre présence est plus précieuse pour elle que vous ne le penseriez.
L'accouchement dura plus de douze longues heures, une fois le travail commencé. Fort heureusement, deux heures après que les contractions aient commencé à porter, les médicomages purent donner une potion à Hermione qui, sans empêcher le travail, occultèrent la douleur, et lui permirent de se reposer un peu avant de commencer à forcer réellement.
Severus était dans tous ses états. Ces heures furent parmi les plus longues de sa vie et il ne reprit pied dans la réalité qu'en entendant le vagissement vigoureux du bébé. Sitôt sorti du ventre de sa mère, la médicomage le posa sur la poitrine de la jeune femme qui releva vers lui des yeux épuisés et embués de larmes de joie.
- Je te présente ton fils, Severus… Victorius Drago Prince…
Severus regarda, le cœur battant, les deux êtres qui étaient aujourd'hui son monde.
- Victorius… mon fils…
Sa voix s'étrangla et il se pencha pour déposer un doux baiser sur la tempe de son épouse.
- Merci Hermione… merci.
Une médicomage vint doucement enlever l'enfant afin de le nettoyer et de le vêtir tandis que le sorcier cajolait sa compagne. Il n'osait pas encore porter ce trésor et s'en occuper mais il savait que ce n'était qu'une question de temps. Une médicomage s'approcha.
- 3,7 kg. Félicitations madame ! C'est un très beau garçon ! Né le 31 Juillet à 00h15, ajouta-t-elle en souriant.
Severus se figea tandis qu'Hermione ne pouvait s'empêcher de rire doucement, toute épuisée qu'elle était. Il était écrit que son garçon ne se laisserait pas discuter sa conduite…fut-ce par son propre père.
Severus soupira, résigné. Après tout, depuis quand se fiait-il aux augures ?
