Et voilà...
Notre belle histoire touche à sa fin...
Voici un des derniers chapitre... déjà !

J'espère qu'elle vous aura plu ! Pour ma part, elle a été source de beaucoup de libération, de joies et de très belles rencontres, n'est ce pas Socks ?

Allez, je vous laisse savourer, d'autant plus qu je me suis un poil amusée à l'écrire ! ;-)

Enjoy !

§§§§§§§§§§§§§§§§§

Severus laissa planer un regard qu'il espérait être de marbre sur l'ensemble de la Grande Salle. A priori, il n'y réussissait pas si mal au vu des regards mi-effrayés, mi-impressionnés de la majorité des élèves présents. Son regard survola la petite troupe d'enfants qui attendaient au milieu de la pièce, refusant de s'y arrêter, bien trop conscient de la paire d'yeux noirs si semblables aux siens qui cherchaient à attirer son attention. Une main se posa doucement sur son avant-bras, dans un geste de réconfort vain. Il tourna les yeux vers Hermione, que la grossesse avancée fatiguait bien plus que ses deux premières. Leur fille, Hope, lui tendit les bras pour venir sur ses genoux, ce qu'il accepta sans rechigner. La proximité de sa cadette avait toujours eu le don de l'apaiser. Calme, elle était très en avance sur son âge et ses réflexions décontenançaient bien souvent les adultes qui la rencontraient. Pour l'heure, elle attendait avec impatience la répartition de son frère aîné, dont la silhouette était facilement identifiable. Un premier garçon aux longs cheveux bruns s'avança pour être réparti, à sa plus grande joie, à Serpentard. Severus soupira. Peut-être aurait-il également cette chance. La main d'Hermione se posa de nouveau sur son avant-bras et elle se pencha légèrement vers lui.

- Ne t'inquiète pas… tout se passera bien !

Il lui lança un regard noir qui n'avait plus depuis longtemps l'effet escompté. Comment pouvait-elle en être aussi certaine ? Son fils, son propre fils, lui avait joué un tour pendable le jour même de sa naissance ! Qui pouvait dire où il serait réparti ? Oui, il était intelligent et ambitieux, oui, il était proche de son parrain, oui il n'était pas (trop) une tête brûlée, mais il était têtu et frondeur et ne reculait devant aucun danger même s'il avait souvent l'intelligence de s'en sortir à son avantage. A bien y réfléchir, trois maisons pouvaient correspondre à son héritier… Serdaigle, bien sûr : son fils avait hérité de l'intelligence conjuguée de ses deux parents, et son acuité d'esprit en surprenait plus d'un. Gryffondor, également : Victorius était parfois une véritable tête brûlée, pour peu qu'on touche à ceux qu'il aimait. Dans ces moments, rien ni personne ne pouvaient l'arrêter. Il avait, à l'âge de 7 ans, fait face à une bande de voyous du double de son âge pour la simple raison que ces idiots avaient traîté son père de lâche. Il s'en était tiré avec le nez cassé et plusieurs côtes fêlées mais les trois garçons d'en face étaient loin d'être indemnes. Severus avait alors mesuré l'amour de son fils et sa fierté. Cet incident l'avait conduit à un de ces rares moments d'intimité tendre avec son héritier. Sans un mot, il l'avait enlacé et s'en était suivi une longue discussion dont Hermione n'avait rien su et n'avait rien voulu savoir. Ce moment leur appartenait, à eux, et elle avait vu avec bonheur l'amour irradier autour de son époux. La troisième maison était, bien sûr, celle que Severus appelait de ses vœux. Serpentard. Ambitieux, son fils l'était, avec un fort esprit de cohésion et une faculté à se sortir de toute situation. Mais, plus que cela, il espérait ainsi voir son héritier suivre ses traces, du moins celles qui étaient bonnes à ses yeux. Si Victorius rejoignait Serpentard, Severus aurait le sentiment d'un rapprochement supplémentaire avec son fils.

C'est pourquoi il était inquiet. C'est pourquoi il était proprement insupportable depuis près d'un mois. C'est pourquoi ce soir, il évitait le regard noir si semblable au sien. Le nom de Malefoy retentit et un beau jeune homme à la chevelure caractéristique s'avança pour rejoindre quelques instants plus tard la table des Serpentard, sous le regard fier et heureux d'Hermione. Severus le salua, bien conscient que son esprit était à des lieux de la joie qu'il aurait dû afficher pour le fils de son filleul.

Et puis ce fut son tour. Son nom résonna dans le silence. Victorius Drago Prince. Les regards se tournèrent instinctivement vers la table professorale où le Directeur était blême. Son regard vrillé dans celui de son fils, il le vit approcher de l'artefact qui allait décider de son avenir, et quelque part, de celui de sa lignée.

Le jeune homme coiffa le Choixpeau et un silence de plomb s'installa. De trop longues secondes passèrent, comme Severus et Hermione l'avaient pressenti. Choixpeau flou. Le sorcier ferma les yeux, sa main broyant presque celle de sa compagne, son bras passé autour de la taille de sa fille, humant l'odeur de ses cheveux pour se rassurer.

Un silence.

Puis la sentence, implacable.

"Serpentard !"

Son coeur s'arrêta et il rouvrit les yeux tandis qu'une salve d'applaudissements retentissait dans la salle. La table des Serpentards sifflait même, dans une ovation debout et Perseus quitta sa place nouvellement rejointe pour accueillir son ami.

Tout en rejoignant sa nouvelle maison, Victorius glissa un regard vers ses parents. Hermione rayonnait en lui souriant. Son père… était son père… Lui seul put distinguer dans ce regard apparemment impassible l'ampleur de son soulagement, de sa fierté et de son amour.

§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

- Serdaigle !

Ils avaient gagné leur pari, l'un et l'autre et Hermione sourit à son époux, leur dernier fils assis entre eux deux. Ginny en serait pour ses frais, pensa-t-elle en souriant. Elle tentait d'endoctriner sa filleule depuis des années pour que celle-ci aille à Gryffondor. Mais c'était sans compter sur l'amour aveugle que sa fille portait à la connaissance. Hope Iris Prince se dirigea vers la table aux couleurs bleu et argent, fière. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir. Elle regarda ses parents, bien décidée à leur faire honneur dans cette maison. La fillette entendit son nom hurlé à la table des Serpentard et elle rougit en voyant Perseus lui sourire en l'acclamant, son frère assis près de lui, lui glissant un simple sourire heureux.

Severus regarda ses deux aînés, si semblables et si différents. Victorius lui ressemblait de plus en plus. Il avait laissé pousser son épaisse chevelure corbeau qu'il attachait souvent négligemment en catogan. Son visage aux traits rudes et fier rappelait ceux de son père mais son regard, bien que noir, avait hérité de la douceur de celui de sa mère. Il était en septième année et assez solitaire. Fort heureusement pour lui, Perseus l'avait immédiatement intégré à son groupe d'amis, autrement, il aurait plus que probablement passé sa scolarité seul, trop intelligent pour se lier facilement, trop fier pour aller chercher des amitiés infondées. Malefoy et lui étaient devenus inséparables, comme deux frères que tout opposait. Camille et Hermione en souriaient souvent en les appelant le Ying et le Yang. Autant Victorius était sombre et sobre, autant Perseus était lumineux et chatoyant. Là où l'un prenait la lumière, l'autre se plaisait dans la discrétion élégante. Aucune rivalité n'était venue entacher la relation entre ces deux-là qui se rejoignaient sur un point : leur intelligence redoutable qui les avait fait admirer et craindre tout à la fois. Bien des imbéciles avaient tenté de s'attaquer à l'un ou à l'autre mais ils s'étaient inévitablement cassé les dents sur leur amitié indéfectible. Quant à ceux qui s'étaient attaqué à leur nom… Severus hocha la tête en repensant à ces "incidents" dont ils avaient été victimes, sans que jamais personne ne puisse prouver la culpabilité de l'un ou de l'autre. Oh, rien de foncièrement répréhensible n'avait touché les coupables, mais chacun avait été frappé là où sa fierté faisait mal, dans un à-propos redoutable. Aujourd'hui, personne n'osait plus s'en prendre à eux et ils étaient devenus les référents de l'ensemble des élèves, toutes maisons confondues.

Le regard de Severus se posa sur son dernier fils de sept ans. Cassius William Prince était celui qui différait le plus de ses deux aînés. Peut-être était-ce l'influence de son parrain. Neville avait été un choix évident pour le couple. Sa simplicité, son courage, son abnégation, sans compter sa place au sein des Familles sorcières d'Angleterre avaient joué en sa faveur. Jamais Severus n'oublierait le regard du jeune homme lorsque Hermione lui avait proposé d'être le parrain de leur benjamin. Il ricana en y repensant. Son ancien élève avait été proprement soufflé et il avait osé le regarder en face pour ne trouver qu'un regard approbateur, certainement le premier qu'il lui adressait de sa vie. Ils n'avaient pas regretté leur choix. Neville était honnête, franc, loyal et il avait à coeur de faire un homme de son filleul, sans jamais orienter ses choix, mais plus en l'aidant à faire les siens propres. Il ne rêvait pas. Cassius serait un Gryffondor ou un Poufsouffle… et à cet instant, il ne savait, des deux maux, lequel choisir. Hermione avait beau lui dire que cela n'avait pas d'importance et que chaque Maison était indispensable à l'ensemble, il n'avait jamais pu vraiment se résoudre à les regarder toutes à égalité. Pour lui, Gryffondor serait toujours synonyme d'arrogance et Poufsouffle synonyme de faiblesse… mais s'il était conscient de se fourvoyer avec cette dernière, il n'en était pas de même avec les Gryffondor et lorsque quelquefois, Hermione lui rappelait sa maison d'origine, il arguait, en toute mauvaise foi, qu'elle avait eu le bon sens de changer d'allégeance en cours de route.

Le Directeur de Poudlard se leva pour faire son habituel discours de début d'année, agrémenté des recommandations légendaires qui, il le savait, ne seraient que peu voire pas suivies. La seconde épreuve du feu était passée. Étrangement, il redoutait bien plus la troisième…