CHAPITRE 2 : LE PROCES


Drago était allongé sur le lit de sa toute nouvelle chambre. Enfin, si on pouvait appeler ça une chambre selon ses critères. Dans son manoir, la sienne était au moins six fois plus grande et le plafond mesurait minimum cinq mètres de plus. Mais le pauvre Malfoy devait malheureusement s'adapter. La maison était plutôt grande mais Drago n'avait pas beaucoup visité, préférant se terrer dans sa chambre jusqu'au procès magique. Cela n'allait même pas être un vrai procès, seulement une copie vaine de justice entre deux moments de guerre. Selon Severus, ce n'était ''qu'un semblant aléatoire et totalement risible de procès qui avait pour but de garder un minimum de justice magique dans un monde où personne ne pouvait ou ne voulait accorder une chance aux repenties''.

Super. Vraiment.

Même le Directeur de Poudlard savait que tout ceci n'était qu'une farce. Mais les sorciers devaient jouer le jeu, du moins jusqu'à ce que Drago et Blaise soient acceptés.

Les yeux dans le vide, il se rejouait les quelques jours qui précédaient ce procès maudit. Lorsqu'il avait dit bonjour à ses parents. Lorsqu'ils avaient déjeuné tous ensemble. Lorsque son père lui avait envoyé un regard rempli de fierté. Et surtout, il se souvient de ce moment si unique, banale il y a encore quelques jours.


flasback :

- Bonne nuit mon amour.

- Mère... Je ne suis plus un enfant. Arrêtez de m'appeler ainsi. Dit-il énervé en s'enfonçant dans ses draps en soie.

La concernée émit un petit rire indulgent et vint déposer un doux baiser sur son front.

- Pour moi tu resteras mon petit garçon, Drago.

Il détourna le regard un peu gêné et se tourna sur le côté sans rien ajouter.

- Fais de beau rêve. Dit-elle avant de partir de la chambre d'un pas léger.

Avant qu'elle ne parte il jeta un coup d'œil à sa longue silhouette, fine et féminine.


Sans que Drago s'en rende compte le loup-garou était entré dans la pièce, le fixant de ses grands yeux curieux. Malgré ses sourires réconfortants, Drago n'avait aucune confiance en ce monstre qui tenterait, selon son impérial avis, de le bouffer à la première occasion.

- Il faut que tu manges Drago.

Il sursauta légèrement à la voix du professeur.

- Il faut que tu prennes des forces pour le procès. Dit-il en se grattant la tête un peu gêné de se retrouver seul avec un Malfoy en dépression.

Dans un regard noir, il lui répondit :

- J'ai pas faim.

- D'accord... Capitula vite Lupin devant sa mine défaite.

Ce dernier n'était pas très l'aise avec le jeune garçon. L'ayant déjà côtoyé à Poudlard en temps que professeur, il savait comment Drago pouvait avoir des préjugés sur son petit problème de fourrure. Mais avant de partir, il contourna le lit pour se placer juste à côté du serpentard. Ne voulant pas lui parler, celui-ci se tourna vers la droite et ferma les yeux avec force.

Qu'on me laisse tranquille. Pensa le blond en se remémorant de douloureux souvenirs.

Rémus voulait l'aider, tout le monde avait le droit à une seconde chance. Et il pensait réellement que le gamin avait bon fond.

Drago l'entendit faire quelques pas puis le grincement caractéristique de la porte vint à ses oreilles. Lorsqu'il rouvrit les yeux il aperçu un croissant et un verre d'eau sur la table de chevet.

- Quelle délicate attention. Chuchota-t-il ironique.

Dans un flash il revit les supers petits-déjeuners que les elfes préparés à son manoir. Ses parents attablés à la longue table, dégustant les mets raffinés provenant de la cuisine. Le petit-déjeuner avait toujours était son repas préféré parce que personne ne discutait affaire.

Soudain un puissant sanglot lui déchira la gorge. Il eu juste le temps de prendre un oreiller pour étouffer ses pleurs. En quelques secondes, il lâcha toute la pression, toute la peine qu'il avait accumulé. Il aurait tellement voulu les revoir une dernière fois.


Le procès arriva vite.

En effet, à peine six heures après l'arrivée des jeunes garçons à la maison Black, tout était fin prêt. À croire que tout avait été prévu d'avance.

Tous étaient un peu stressés, surtout Harry qui n'aimait pas trop les foules. Tout l'inverse de Drago qui adorait être au centre de l'attention. Même s'il aurait bien voulu éviter pour cette fois. Certain membres de l'Ordre participait au procès comme Severus par exemple. Mais les deux serpentards ne saisissaient pas bien la raison de la présence de certain. Rémus, sans citer de nom. Surtout que Drago ne l'appréciait pas particulièrement...

D'un pas actif, ils parcouraient les couloirs du ministère accompagné d'une dizaine d'aurore. Pour le blond, cette surveillance un peu exagérée était très flatteuse. Son ego s'en retrouvait fortement renforcé et, au vu de la situation, il en avait bien besoin. Il avait transplané à l'aide de son parrain un peu plus tôt mais il ne l'avait pas conduit directement au ministère. Au lieu de ça, Severus les avaient déposés à dix minutes de marche du bâtiment.

- Tu dois bien comprendre que je n'ai pas le droit de faire ça. Avait dit le professeur de potion.

- Pourquoi tu le fais alors ? Répondit le blondinet de son air supérieur.

- Je veux juste marcher un petit peu avant le procès. Ça va te détendre toi aussi.

- Je n'ai pas besoin d'être détendue, je vais parfaitement bien. Continua-t-il en se fourrant les mains dans les poches.

- Si tu le dis.

C'était sur ces quelques mots que Severus avait commencé leur courte marche. Et sans vouloir se l'avouer, l'air frais de la nuit avait fait au jeune sorcier un bien fou. Il remerciait mils fois la providence de lui avoir donné un parrain aussi avenant, quelque peu brut mais toujours attentif à ses besoins. Ces courtes minutes avaient suffit à lui remettre les idées en place, à préparer le discours qu'il aurait du préparer dans la chambre. Des deux sorciers, personne n'avait prononcé une parole, les mots semblaient inutiles tellement leurs peines étaient immenses. Drago avait perdu ses parents et Severus un frère. Ils étaient tous les deux en manque de famille, le cœur déchiré par la perte. Drago admirait beaucoup son parrain, Severus réussissait parfaitement à cacher ses sentiments. Ses techniques d'occlumancie étaient tellement développées, Drago fronça quelque peu les sourcils.

Comment pouvait-il gardait son calme de cette manière ? Pensa-t-il en l'observant.

Drago connaissait Severus, même s'il était un très grand sorcier, il semblait vraiment impassible. Particulièrement devant lui. Il n'eut pas le temps d'y penser davantage. Arrivé devant le ministère, le serpentard regarda une dernière fois les étoiles avant de s'engouffrer dans l'antre de la justice magique.


- C'est un mange-mort et le fils d'un des plus puissants et influents mange-mort de ce siècle. Et vous voulez nous faire croire que cet individu à décidé pour je ne sais quelle raison de changer de camp ? Laissez-moi rire Albus.

- Monsieur le procureur, nous parlons ici de Drago Mafoy. C'est un gamin. Rien de plus, rien de moins. Contra le directeur de Pourdlard en désignant le coupable. Sa volonté de changer est admirable, laissez lui sa chance et vous en serez étonné.

- Objection votre honneur ! Cria un homme d'une trentaine d'année. L'âge de l'accusé n'a rien à voir avec notre affaire. ''Gamin'' ou pas, cet homme est coupable de servir Vous-Savez-Qui.

- Je ne vous ai pas donner l'autorisation de parler Monsieur. Soupira son interlocuteur.

Drago fronçait les sourcils en scrutant le visage de celui qui venait de prendre la parole. Il ne lui était pas étranger. Lorsque leurs regards se croisèrent, il sentit une lueur de haine dans ses yeux, un frisson lui effleura la colonne vertébrale. Le jeune sorcier détourna le regard surpris et quelque peu inquiet.

- Mais... En effet, objection retenue. Désolé Albus mais je ne peux pas accepter cette mascarade. Il en va de même pour Monsieur Zabini. Dit-il en fixant le métis d'un regard inquisiteur.

- Objection retenue ta mère. Pesta Zabini tout bas. Depuis quand on objecte de cette manière !

Drago ne dit rien, la remarque de son ami était plus que juste. Il se contenta d'observer autour d'eux pour voir si quelqu'un l'avait entendu.

- Monsieur le procureur, laissez moi prendre la parole. Intervint Harry.

Étonné, le concerné haussa la tête en signe de consentement. Remus, un peu inquiet pour son protégé, entama un geste pour prendre la parole mais se ravisa vite. Harry était un grand garçon. De son côté, Severus avait comme à son habitude une expression de pur ennui.

Ce procès est une vraie blague effectivement… Se dit-il en observant Potter se trifouiller les mains.

- On vous écoute Monsieur Potter.

Drago tourna la tête vers les bancs du publique et leva les yeux au ciel devant un Harry horriblement dramatique.

- Toujours à faire sa diva celui-là... Soupira-t-il à l'adresse de Zabini.

- Taisez-vous Monsieur Malfoy. Chuchota le loup-garou sans détacher Harry des yeux.

Drago tourna la tête pour chercher l'hybride des yeux et l'aperçut à sept-huit mètres de lui à sa gauche. Il lui lança un regard condescendant qu'il prit encore une fois avec indifférence. Les sens sur développés de Lupin étaient très pratiques, surtout pour entendre les messes basses des jeunes serpentards. Remus était très fier d'Harry, lorsqu'il parlait avec une telle conviction il avait l'air de voir James. Cela lui faisait chaud au cœur.

- … Et c'est une très bonne raison pour laisser à Malfoy le bénéfice du doute. Conclu Potter toujours aussi solennel.

Merde, j'ai rien écouté. Paniqua Drago en détachant son regard du loup-garou.

- Vous me faite douter Monsieur Potter... Est-ce que quelqu'un à quelque chose à rajouter avant le verdict ? Demanda le procureur d'une voix forte.

Sans s'en empêcher le corps frêle de l'héritier de la famille Malfoy agit tout seul et se leva dans une posture digne.

- Moi.

- On vous écoute Monsieur Malfoy.

Quelques grognements se firent entendre mais il continua tout de même. Il devait se défendre, c'était peut-être sa dernière chance.

- Très bien.

Pendant un court instant le doute lui saisit les entrailles, le rendant momentanément muet. Lentement, il tourna son regard vers l'insistance derrière lui et croisa le regard de Severus. C'était lui qui l'avait conseillé sur son discours. Dans une longue expiration il se retourna enfin pour faire face au procureur. D'une voix qu'il voulait sûr de lui, il commença :

- Je sais que ça peut paraître fou. Moi, le prince des serpentards... intelligent, riche et très beau... Commença-t-il dans un petit coup d'œil en direction de l'assistance.

Quelques rires nerveux parvinrent à ses oreilles lui donnant un peu plus de courage. Dumbledore rigola doucement tout en mangeant un bonbon au citron pendant que Severus se mit la tête dans les mains, totalement désespéré.

C'est foutu… Chuchota-t-il à l'adresse du directeur.

Cette réaction ne fit qu'amplifier le rire de ce dernier pendant que Remus regardait tout ceci d'un air consterné.

Drago continua avec fougue faisant fi des bruits ambiants.

- Je sais que ça peut paraître assez étrange de me voir ainsi, devant vous. Mais comme on vous l'a sûrement dit avant ce procès... J'ai eu le choix. Le choix entre retourner au côté du Seigneur des ténèbres ou alors d'essayer de vous convaincre aujourd'hui de mon changement le plus radicale. Comme vous pouvez le constater... Je suis ici devant vous. J'ai eu l'occasion de tuer des membres de l'Ordre ce soir. Mais je ne l'ai pas fait. Le côté de la lumière ne doit-il pas être plus indulgent que le côté des Ténèbres ?

Après une petite pause., il reprit.

- Mes parents sont morts et ils me manquent.

A ces mots, le procureur fronça les sourcils.

- Depuis petit, ils m'ont enseigné... certaines choses. Certaines croyances. Je n'ai toujours connu que ce que vous appelez ''les ténèbres''. Mais pour moi, c'était ma vie. Et aujourd'hui, je n'ai jamais été autant perdu...

Encore une fois, un lourd silence se fit dans la salle.

- Aidez-moi à me racheter. Je suis désolé pour tout ce que j'ai pu faire. Dit-il avec une pointe d'amertume.

Drago avait beaucoup de mal à dire son discours. C'était une véritable épreuve pour sa fierté. Et parler de ses parents de cette manière lui tordait l'estomac.

Il finit par conclure son discours :

- Monsieur, je vous demande...

Il marqua une petite pause afin de créer un maximum d'effet puis repris avec sincérité.

- Je vous demande de croire en moi, parce que je sais que j'en suis capable. Je sais que je peux vous apporter beaucoup de choses. Des informations sur le Seigneur des ténèbre par exemple. Je veux vous aider.

Dès la fin de sa phrase on pouvait entendre dans la grande salle des centaines de chuchotements incompréhensibles qui rendait l'atmosphère surnaturelle.

- Je ne demande que ça Monsieur Malfoy. Mais comment être sûr ? Dit le vieil homme dans un sourire contrit. Je ne fais pas confiance aux manges-mort et je ne fais pas non plus confiance aux anciens manges-mort.

Drago se rassit quelque peu démoralisé et croisa les jambes. Après un petit silence où il réfléchissait à toute allure, le procureur reprit d'un ton léger.

-N'y voyez rien de personnel Severus...

Le jeune serpentard ne prit même pas la peine de se retourner pour voir la tête de son parrain. Il pouvait très bien imaginer le petit sourire sarcastique qui ornait ses lèvres blanches. D'une voix grave, Severus répondit :

- Ne vous inquiétez pas. J'en ai vu d'autre Monsieur le procureur.

Zabini dû utiliser tout son self-control pour ne pas éclater d'un rire nerveux. Du coin de l'œil les deux accusés pouvaient voir la moitié des sorciers, un léger sourire accroché aux lèvres. Mais alors que l'ambiance commençait à se détendre Dumbledore se leva brutalement.

- J'ai une solution pour garder monsieur Malfoy ainsi que monsieur Zabini sous surveillance et surtout... sous contrôle. Déclara-t-il toujours aussi sûr de lui.

- On vous écoute.

- Le serment inviolable.

Les mots étaient lancés. Toute la salle se mit à bourdonner d'excitation où le débit de parole dépassait l'imagination. L'écho de la pièce faisait presque mal aux oreilles.

- Silence ! Silence ! Cria le procureur en tapant son marteau contre la table en bois. Expliquez-vous Albus.

- Ces deux jeunes hommes que vous voyez là pourraient accomplir le serment inviolable avec une personne désignée de l'Ordre. De cette manière, ils ne trahiront jamais notre cause et pour encore plus de précaution, nous les enfermeront quelques temps au quartier général. Avec la permission d'Harry évidemment. Rajouta-t-il en se tournant vers le concerné.

Celui-ci hocha la tête avec gravité puis lança un sourire au loup-garou qui le lui répondit de bonne grâce. Drago leva les yeux au ciel devant toute cette niaiserie.

- N'importe quoi ! Nous n'allons pas obliger Monsieur Potter à cohabiter avec ces... Monstres... Clama l'homme de tout à l'heure, celui qui semblait assez instable.

- Depuis quand vous vous soucier de mon bien être ? Intervint Potter.

Bien ! Pour une fois que tu dis quelque chose d'intelligent. Pensa le blond platine en lui envoyant un regard moqueur.

- Mais tout de même ! Continua-t-il avec insistance. Ces gens sont dangereux. Nous devrions…

Après un temps, il reprit d'une voix tremblante :

- Les exécuter.

Lupin lui envoya un regard assassin, à la grande surprise de Severus qui le surveillait du coin de l'œil. Tout d'un coup, de grands bruits de protestations et de consentements se mêlèrent. Les deux camps s'affrontaient à coup d'insultes et de cris qui perçaient le crâne d'Harry. Il ne supportait vraiment pas la foule. Le professeur des potions, voyant le jeune homme mal, lui donna une petite potion tout droit sortit de sa cape.

- Buvez, ça ira mieux d'ici cinq minutes.

- Oh… Merci beaucoup professeur Rogue… chuchota Harry un peu mal à l'aise face à cette attention.

Le vacarme continuait, s'amplifiait, jusqu'à rendre fébrile le procureur.

- DU CALME ! Silence ou je fais reporter ce procès !

- Si on peut appeler ça un procès. Souffla Blaise à l'intention de son meilleur ami.

Drago hocha la tête avec sollicitude et souffla de fatigue. Le procureur se mit alors debout pour réunir les quelques sorciers qui devaient délibérer, Dumbledore les rejoignit au plus grand bonheur des accusés. Après quelques minutes qui durèrent presque une éternité tout le monde reprit sa place initiale.

- Je vais rendre mon jugement. Personne d'autre ne souhaite prendre la parole ?

Un silence net répondit à la question du procureur.

- Levez-vous je vous prie.

Les deux sorciers exécutèrent l'ordre du vieil homme sans sourciller pendant que Dumbledore le fixait de ses yeux perçants. Zabini envoya un regard rempli de doutes à Drago mais ce dernier ne se laissa pas démonter malgré la pression grandissante.

- Tout va bien se passer Blaise. Chuchota-t-il à son égard.

Il ne répondit pas à sa tentative de réconfort et préféra baisser les yeux avec crainte.

- Monsieur Drago Malfoy et Blaise Zabini, je vous déclare... Commença-t-il en levant son marteau.

Le temps semblait s'être étiré. Il sentait sa respiration s'accélérer considérablement. Du coin de l'œil il vit le métis faire une grimace en sentant la sentence tomber. Tout le monde dans la salle semblait retenir leurs souffles et, lorsque le blond leva la tête pour admirer le plafond en verre, le verdict tomba.

- Libre. Selon les règles que Dumbledor nous à indiqué dans le contrat, évidement. Reprit-il difficilement dans un tel vacarme.

Le nœud dans l'estomac de Drago disparu instantanément. En soufflant de soulagement, il baissa lentement la tête pour regarder l'assistance. Toute la salle était en émois et semblait prit dans la même vague d'émotion. Un petit sourire de victoire ornait le visage de Remus ainsi que certains membres de l'Ordre. Lorsque les deux serpentards se retournèrent pour aller voir Severus, Drago entendit l'homme de tout à l'heure.

- QUOI ?! C'EST QUOI CETTE JUSTICE ?! Cria-t-il en se levant.

- Ma sentence est irrévocable et...

- MAIS CE SONT DES MONSTRES ! DES TUEURS !

Mais qu'est-ce qu'il avait contre moi cette ordure ? Se dit le blond en le dévisageant.

Lorsqu'il se rua vers lui le jeune sorcier eu un mouvement de recul et tomba à la renverse. Malfoy percuta le sol dans un bruit sourd et émit un petit cri de douleur. Tout était flou autour de lui, seul un long sifflement lui parvenait aux oreilles. Et heureusement qu'il ne pouvait entendre les injures de plus en plus affreuses que l'homme lui hurlait. Remus et Zabini accoururent tout de suite pour le remettre sur pied pendant que la sécurité s'occupait de l'agresseur.

- Je ne suis pas une demoiselle en détresse... Chuchota-t-il en reprenant son souffle.

- Drago ! Le reprit l'hybride en lui envoyant un regard grave. Tu vas bien ? Rien de cassé ?

Agacé par la sollicitude de Lupin, il se détacha de l'emprise des deux sorciers pour se tenir droit. Severus de son côté était resté aux côtés d'Harry et de Dumbledore. Il demanda tout de même à Drago si tout allait bien par légilimancie. Le blond secoua la tête de haut en bas pour le rassurer mais son visage restait tiré. Il reporta ensuite son attention vers l'homme qui l'avait attaqué.

- TUEUR ! ASSASIN ! Cria-t-il de toute ces forces en essayant de braver les quelques hommes qui le retenait attaché.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler... Souffla Drago complètement perdu.

Tout d'un coup, Drago eu un flash. Il reconnu ces yeux verts, ce visage fin et cette peau de marbre. Ses yeux s'écarquillèrent, la vérité lui avait fait comme l'effet d'une claque.

Le 12 octobre 2011. Pensa Malfoy malgré lui.

Severus se rapprocha pour se tenir à ses côtés. Interrogateur, il fronça les sourcils lorsqu'il aperçut sa mine défaite. Drago ne voulait pas qu'il lise davantage ses pensées. Il ne voulait pas qu'il sache...

- ESPECE DE MONSTRE ! VOUS NE COMPRENEZ PAS ?! IL A TUÉ MA FILLE ! Continua-t-il en se débattant violemment. TU NE MERITES PAS DE VIVRE!

- C'est faux...

- MENTEUR ! IL L'A TUÉ !

Non... J'ai pas eu le choix… Pensa-t-il.

Seul Severus pouvait entendre la voix brisé du jeune homme. Sa mine défaite ainsi que sa bouche tremblante déchirait le cœur de son parrain qui semblait fou de rage.

- MONSTRE ! VA POURRIR EN ENFER !

- On se calme ! Hurla inutilement le procureur.

D'une voix qu'on ne lui a jamais entendue, le célèbre professeur des potions hurla pour se faire obéir.

- MAIS FAITES LE TAIRE !

Je n'avais pas le choix… Pensa à nouveau Drago.

Lupin lui envoya un silencio dans un sort non prononcé, rendant service à tout le monde. Quelques larmes de rage et d'amertume coulèrent le long des joues du blond. Les sorciers présents dans la salle le regardaient avec stupeur et certains avec dégoût.

- Reprends-toi Drago. On sort.

Rapidement, ils sortirent de la salle, bientôt suivi des membres de l'Ordre du Phénix. Les sorciers se posaient des questions sur l'incident et la plupart croyait en la culpabilité de Drago. Zabini connaissait toute l'histoire puisqu'il avait été là. Et il savait bien que ça n'allait pas arranger la situation.

Drago se laissait guider par son parrain sans sourciller. Sans s'en rendre compte, il l'avait conduit jusqu'à la porte principale. C'est sous les regards médusés de certains employés du ministère qu'ils quittèrent les lieux. L'influence du directeur de Poudlard devait être assez puissante pour pouvoir laisser partir un Malfoy sans histoire.

Même sous silencio, il avait encore l'impression d'entendre les hurlements lointains de l'homme qui lui dévoraient les entrailles. La crise de panique de Drago ne passait pas, au contraire, en plongeant son regard dans la nuit noir qui les entourait, il sentit comme un piège se refermer sur lui. Il devait tout dire à Severus.

Un peu à l'écart des autres membres du groupe qui commençait à transplaner pour rentrer, Drago commença son court récit. Severus, le pris par le bras pour l'emmener encore un peu plus loin.

- C'était pendant la cérémonie… Quand… Quand j'ai reçu la marque. Commença difficilement le serpentard. Pour prouver ma valeur aux yeux du Seigneur des ténèbres je devais tuer cette petite fille… Je ne voulais pas. Ses parents étaient tous les deux des sangs de bourbes, voilà son seul crime.

Après une petite pause il continua, la peur au ventre. La peur que Severus le rejette.

- J'ai refusé au début… Le Seigneur des ténèbres m'a lancé un endoloris mais je ne voulais toujours pas. Alors… Il a refait un endoloris mais cette fois ci sur maman.

A ce souvenir, il grimaça. Severus soupira en imaginant sans le vouloir cette scène terrible. Drago continua, le regard fuyant.

- Je ne supportais pas ses cris. Elle souffrait tellement… Et mon père qui me regardait, honteux d'avoir un fils aussi faible, tout ça parce que je ne voulais pas tuer cette gamine ! S'énerva-t-il en haussant la voix. Elle n'avait rien fait ! Elle pleurait tellement… C'était atroce… Et mon père… Il ne faisait rien pour aider ma mère ou pour m'aider moi… Il me regardait. C'est tout. Alors…

Sa voix se coupa net. Severus comprit qu'il ne pouvait aller plus loin. D'un geste qu'il voulait tendre, le professeur des potions s'approcha de lui.

- Tout va bien. Je suis là. Dit-il en le prenant dans ses bras. Tout va bien se passer, je te le promets.

Un sanglot lui échappa malgré lui. Il fourra ses bras contre le torse de son parrain et essaya de se calmer.

- Je ne voulais pas...

Severus n'ajouta rien et préféra resserrer son étreinte. Pendant quelques minutes Drago resta sans rien dire dans les bras réconfortants de la seule famille qui lui restait. Mais alors qu'il commençait à se calmer, il sentit son parrain se raidir. Il tourna la tête pour voir Remus à quelques mètres d'eux, se contentant de regarder par terre avec gêne. Le professeur de potion s'écarta de lui et mit une main sur son épaule.

- Je dois aller régler toutes les affaires te concernant au ministère, notamment avec le type de tout à l'heure. Rentre avec Lupin.

Drago hocha lentement la tête en signe de consentement puis envoya à son tour un regard vers l'hybride. Severus disparu en quelques secondes voulant clore toute cette histoire au plus vite. En voyant Remus le regarder bizarrement, le serpentard émit un petit rire sans joie et se détourna légèrement. Il ne voulait pas qu'il voit les traces de larmes sur son visage.

- Cette situation est parfaitement ridicule. Dit-il en essuyant discrètement sa figure.

Le loup-garou n'ajouta rien et mit ses mains dans les poches dans une attitude fatiguée.

- Je suis trop vieux pour ces conneries... Souffla-t-il après un long silence.

-C'est vrai que vous avez déjà un pied dans la tombe... Répondit Drago ironiquement. Vous avez quel âge ? Trois cent ans à tout casser ?

Face à son ton moqueur, Lupin se rapprocha un peu plus de lui et répondit avec répartie.

- En tout cas avec les années je dois dire que j'ai perdu le sens de l'esthétique... À mon époque les cheveux platine n'étaient plus à la mode depuis longtemps.

Malfoy haussa les sourcils un peu surprit de le voir parler avec autant de flegme. Il ne pensait pas que ce vieux monstre aigri saurait lui répondre. Et il attaquait sur le physique, le bougre !

- En même temps les années humaines ne valent pas celles des chiens. Siffla-t-il acide.

- Tout comme celles des fouines.

Drago croisa les bras un peu vexé. Alors qu'il allait lui répondre avec toute la méchanceté qu'il puisse faire preuve, il referma sa bouche.

- Alors ? On ne sait plus quoi dire ? Affirma l'ancien professeur en se plaçant devant lui.

Ses yeux rieurs le firent grincer les dents et dans une attitude défensive le jeune sorcier se mit à quelques centimètres de son visage.

- Ne faites pas trop le malin. Les boules de poiles je sais les dresser.

Il haussa à son tour les sourcils et alors qu'il allait répliquer il se rendit compte de leurs situations : ils étaient tous les deux dehors, sous la neige et seuls. Remus eu un mauvais pressentiment, il ne voulait pas risquer de rester dehors trop longtemps.

- On va rentrer peut-être…

Drago se sentait un peu ridicule. Mais pendant l'espace de quelques secondes il avait oublié ce qu'il s'était passé.

Il pesta pour la forme et se rangea de son côté.

- Effectivement.

Après quelques secondes de silence gênant, ils avaient transplantés au 12 square Grimmaurd.