CHAPITRE 7 : TRANSPLANAGE
La presse bientôt sous le contrôle de Vous-Savez-Qui !
C'est avec une profonde tristesse que toute notre équipe vous demande de ne plus croire en les écrits de nos confrères de la Gazette du Sorcier. Tombés hier soir sous le joug du Lord Noir, ne vous faites pas berner. Nous entrons dans un temps où le journalisme ne sera plus objectif et impartial comme il l'était autrefois.
A l'heure où nous écrivons ces dernières lignes, nous ne savons pas si nous allons pouvoir publier ce numéro. A l'heure où la guerre perdure et s'accentue, il est dur de devoir continuer à exercer. Nous pensons à nos enfants, nos parents, nos amis.
Cependant, toute notre équipe vous demande une seule chose. Vous, sorciers et sorcières du Monde Magique, vous qui avez déjà tant lutté contre la tyrannie des manges-morts. Nous vous demandons de résister. Nous pouvons encore gagner. Si chacun se soulève, nous pouvons encore gagner.
A partir de cet instant, ne croyez plus en ce que vous lisez. Ne croyez qu'en vous et en votre instinct. Vous-Savez-Qui à lancé un sort d'une puissance interdite sur son propre nom. Ne le prononcez sous aucun prétexte. Ses disciples seront immédiatement avertis de votre présence.
Avant de vous quitter, j'en appelle au courage de nos citoyens.
Rebellez-vous, agissez intelligemment et prenez soin de vous.
Et malgré le fait que nous ne pouvons plus citer son nom, n'ayons plus peur de celui qui souhaite inspirer la peur dans nos cœurs. N'ayons plus peur de Voldemort.
Drago reposa le journal, les doigts tremblants. Tous les jeunes étaient réunis dans le salon. Les visages sombres des sorciers donnaient une atmosphère lugubre à l'endroit. Harry baissait les yeux, ne sachant pas quoi penser. Chacun était dans ses propres réflexions.
- C'est le dernier article libre du Monde Magique j'en ai bien peur. Dit Severus en prenant à son tour le journal.
Dans un regard inquisiteur, il le jeta sur la table devant lui. Dans un claquement, le bout de papier s'y abattu. Dans le même temps, Harry sursauta légèrement, sa main collé à son front.
- Ta cicatrice… Chuchota Ron à son meilleur ami.
Harry retira rapidement sa main, ne souhaitant pas attirer l'attention.
- Qu'allons-nous faire ? Demanda Hermione très affectée par la nouvelle. Nous devons faire quelque chose ! On ne peut pas laisser la presse aux manges-morts !
- Pourtant, je le crains mademoiselle Granger. Dit Severus gravement.
La jeune femme se terra au fond du canapé, les larmes aux yeux.
- C'est injuste. Chuchota-t-elle.
- Où se trouve le professeur Dumbledor ? Demanda Harry.
- A Poudlard, il ne peut plus quitter l'école.
Severus tournait en rond dans la pièce. La situation était critique, il avait l'impression de perdre toutes les batailles de cette guerre sans fin. Voyant la détresse de son parrain, Drago prit la parole :
- Laissez-nous vous aider ! Blaise et moi, ça fait des jours qu'on est bloqués ici. On sera plus utile sur le terrain.
- Drago. Le reprit Snape dans un regard sévère.
Après avoir jeté quelques coups d'œil vers une Hermione désabusée, Blaise parla à son tour :
- Il a raison. On a des informations. On peut vous aider.
- Vos informations ne valent guère grand chose face aux sorciers et sorcières de l'Ordre.
Severus, contrarié, reprit le journal en main. Il laissa vagabonder une fois de plus ses yeux sur l'article de presse.
- Pourquoi nous donner asile si l'Ordre ne veut pas nous croire ? Je…
Après une hésitation, Drago reprit.
- Je n'ai plus rien à perdre.
Harry eu un pincement au cœur. Il essaya d'argumenter dans le sens des serpentards.
- Professeur… Peut-être qu'ils peuvent nous aider ?
- Et à quoi ? Ce que Drago sait, je le sais aussi. Il n'y a pas une information que je ne connaisse déjà.
Après un silence, il reprit d'une voix sombre.
- Dois-je vous rappeler que je suis le bras droit du Seigneur des Ténèbres ?
Harry baissa les yeux, ne souhaitent pas imaginer Severus aux côtés de Voldemort.
- Je dois régler quelques affaires… Soupira Severus en reposant une fois de plus le journal. Je dois me concerter avec les autres membres de l'Ordre. Et Dumbledor… Bref.
Il envoya un rapide regard à Drago.
- Je préfère te savoir ici, en sécurité.
Il transplana sans laisser le temps au blond de répliquer. Il avait l'impression d'avoir discerné une once d'affection dans ce regard habituellement froid et distant.
- Severus n'en peut plus. Nous devons l'aider. Dit-il en fixant l'endroit où il se tenait quelques secondes auparavant.
- Je suis d'accord. Pesta Harry en se levant. Je suis l'élu et personne ne me met au courant de rien.
Hermione et Ron le regardèrent bizarrement.
- Harry… Chuchota la jeune femme en jetant des coups d'œil aux serpentards.
- C'est bon. On est dans le même bateau.
Sur ces paroles, le jeune homme quitta la pièce en direction de sa chambre, rejoins immédiatement par Ron qui n'osait toujours pas regarder Drago.
- Toi et le rouquin, vous doutez encore de nous ? Demanda-t-il en se levant à son tour.
Juste avant de partir, elle lui répondit d'un ton froid :
- Ce n'est pas parce que vous êtes là depuis quelques jours que vous êtes devenu nos alliés. Je suis désolée. Rajouta-t-elle en voyant le regard mortifié de Blaise.
Le soleil brillait fort dans le ciel, il était midi. Après avoir déjeuné, les deux serpentards s'étaient séparés. Chacun dans leurs chambres, ils avaient besoin d'être seul. Après le départ de Severus, la matinée avait été bien silencieuse.
La situation du Monde Magique devenait plus grave chaque jour. Lorsque Drago était encore sous les ordres de Voldemort, il y a presque une semaine, quelques personnes osaient encore s'aventurer dans les rues. Maintenant, elles étaient désertes. Le serpentard ne savait pas grand-chose des plans du Lord noir, mais il connaissait bien quelque chose qui pourrait aider l'Ordre. A la simple pensée que des sorciers étaient en train de fouler le plancher de son manoir… cela le rendait hors de lui. Tous ceux qui ont participé au meurtre de ses parents, de sa tentative d'assassinat. Ils vivaient impunément, dans l'ombre de Voldemort.
Assis dans son fauteuil en cuir, Drago ruminait les dernières paroles de son parrain. Il essayait de se souvenir de n'importe quoi pouvant desservir Vous-Savez-Qui et ses disciples. Il releva la tête, un sentiment étrange lui retournait l'estomac.
Tout d'un coup, une masse tomba au centre la pièce par transplanage. Drago se tendit en un instant, il chercha sa baguette par habitude. Dans un pincement de lèvres, il se rappela de son absence. La masse informe qui venait de s'aplatir par terre dans un bruit sourd bougea un peu. Drago s'approcha lentement, l'angoisse prenant le dessus sur la surprise. Il observa dans un froncement de sourcils le tableau qui se déroulait devant lui. Un corps enveloppé dans une couverture brunâtre, déchirée à plusieurs endroits, remuait légèrement. Bientôt, il pouvait entendre quelques gémissements provenir du pauvre malheureux.
- Lupin ? Hésita-t-il en s'approchant.
Une grande main s'échappa lentement de la couverture, montrant des phalanges tachées de sang. Drago reconnu tout de suite la peau hâlée du loup-garou.
- Lupin. Souffla le jeune homme en perdant le peu de couleur qu'il avait. Professeur ?! Vous m'entendez ?
Drago retira doucement la couverture abîmée qui cachait Remus. Celui-ci était mal en points. Du sang s'écoulait d'une plaie sur le crâne. Cachée dans ses cheveux châtains, on ne pouvait deviner d'où elle provenait. Sa lèvre inférieure était coupée, on pouvait voir un filet de sang s'y échappait finissant dans le cou parsemé de bleues. Son corps était caché par la fine couverture, Remus s'y accrochait désespérément. Drago se releva à moitié, voulant appeler à l'aide.
- Non…
Le serpentard baissa les yeux sur lui, ne comprenant pas.
- Professeur, vous avez besoin d'aide. Je vais…
- Non ! Dit-il avant de tousser douloureusement. Aide-moi… Personne ne doit savoir que je suis ici…
Drago ne savait pas quoi faire. Il se sentait démuni face à ce sorcier qu'il avait toujours vu si puissant et si sûr de lui. Il entendit quelques pas derrière sa porte. Avec ses sens sur-développés, Remus sentit l'odeur de Blaise lui venir aux narines.
- Drago… S'il te plaît… Chuchota Lupin en tendant de se relever.
Il glissa sur son propre sang, celui-ci s'était étalé sur le parquet de la chambre. Drago réussi à le retenir in extremis, un bras le soutenant par sa hanche.
- Drago ? Ça va ? Demanda Blaise après avoir toqué. Je peux entrer ?
A peine avait-il fini sa phrase que le jeune homme entrebâilla la porte.
- Non ! N'entre pas ! Cria Drago en direction de son ami.
- Quoi… ? T'es sûr que ça va ? J'ai entendu un bruit.
Il ouvra encore un peu plus la porte de quelques centimètres.
- Non ! Blaise ! Je t'ai dit non !
Son hurlement suffit à arrêter Blaise qui stoppa tout mouvement. Lupin se pinçait les lèvres, se forçant à demeurer silencieux malgré la douleur.
- Je… Je suis tout nu ! Ne rentre pas ! Improvisa Drago.
- Dommage, moi qui voulais mater le beau prince des serpentards ! Plaisanta Blaise dans un rire.
Le blond rigola faussement avant de reprendre d'un ton plus calme :
- J'ai glissé tout à l'heure, je n'ai rien c'est bon.
Après un petit silence, son ami acquiesça. Blaise sentait que quelque chose clochait mais il ne voulait pas insister au risque de brusquer son ami. Il connaissait son caractère.
- D'accord. Je retourne dans ma chambre dans ce cas. Dit-il en refermant enfin la porte.
- A tout à l'heure !
Drago reporta immédiatement son attention sur Lupin. Celui-ci s'était à moitié évanoui pendant l'échange.
- Professeur ? Professeur, répondez ! Chuchota Drago en le remuant légèrement.
Il regarda rapidement le corps meurtri du sorcier. Ses bras étaient parsemés de coupures, sa chemise que l'on devinait jaune malgré les taches de sang ne tenait que par miracle à son torse. Drago comprit rapidement le sort qu'on lui avait infligé.
- Doloris… Siffla-t-il pour lui-même.
Remus s'était évanoui pour de bon, ses membres pendaient lourdement pendant que Drago essayait de le relever. Son poids était bien trop lourd, il n'y arrivait pas. Dans un juron, le garçon l'allongea par terre, un pull trouvé par là en guise d'oreiller. Il retira entièrement la couverture pour constater les dommages. Il eut un haut de cœur en voyant l'énorme coupure au niveau du ventre. Il fallait qu'il soigne cette blessure en priorité. Il déchira la chemise du professeur pour avoir plus de visibilité. Mais la blessure saignait bien trop, des flots de sang s'y échappaient. Drago commençait à paniquer. Il se rua dans la salle de bain pour prendre des serviettes. Il essayait d'arrêter le saignement mais il n'avait pas les bonnes techniques, il ne savait pas comment faire. De ses mains tremblantes, il continua à appuyer sur la blessure. Les serviettes étaient imbibées de sang.
- Professeur ! Vous m'entendez ? Demanda-t-il les larmes aux yeux.
Aucune réponse ne vint à ses oreilles, il était seul. Les meubles commençaient à trembler, un vent magique faisait virevoltaient les pages des livres posaient aux quatre coins de la pièce. Il lui fallait de l'aide, il ne pourrait réussir tout seul. La blessure saignait de plus en plus, la plaie refuser de se refermer. Remus ouvrit les yeux difficilement.
- Calme-toi Drago…
- Lupin ! Aidez-moi ! Je n'y arriverai pas !
Il respira difficilement et chercha le regard du plus jeune.
- Ça va aller. Va chercher… dans…
- Dans quoi ? Demanda Drago en panique.
Lupin s'évanouit une fois de plus, ne pouvant plus supporter la douleur. La vitre de la fenêtre se fissura sous l'effet des ondes magiques. En entendant cela, Drago essaya de se calmer dans des grandes inspirations.
- Dans… Dans quoi ?
Il regarda tout autour de lui. A quelques mètres, le sac de Lupin gisait au sol, dévoilant plusieurs livres qui s'échappaient. Drago envoya un dernier regard au professeur avant de se précipiter vers le sac. La blessure saignait de plus en plus, le départ de Drago n'arrangeait rien. Il fouilla rapidement le sac avant de toute vider sur le sol. Dans des mouvements agités il cherchait quelque chose qui pourrait aider le loup-garou, n'importe quoi. Il trouva trois fioles étiquetées. Deux positions de soin majeur et une potion revigorante. Drago se remémora ses cours de potion, il se souvenait de Severus qui lui apprenait la composition de ce type de potion. Régénération sanguine, meilleure circulation du sang, cicatrisation accélérée, muscles détendus, douleur amoindrie. Il ne réfléchit pas plus et couru vers le professeur, les potions en mains. Il souleva sa tête délicatement, faisant rougir les cheveux du professeur à cause de ses mains recouvertes de sang.
- Avalez ça… S'il vous paît, professeur… Dit-il en tremblant.
A demi conscient, Lupin avala par petites gorgées. Quelques gouttes roulaient sur son menton. Drago souriait nerveusement.
- Oui c'est bien ! Allez, encore un peu !
Une fois les trois potions avalées, Drago regarda rapidement la blessure au ventre du professeur. Il avait perdu énormément de sang, la plaie était encore béante. Il reprit une serviette propre et comprima l'énorme coupure. Remus siffla de douleur, les potions faisaient lentement effets mais ce n'était pas agréable.
- Tenez le coup, ça va aller. Dit Drago en regardant sa grimace de douleur.
Après quelques minutes, la respiration du loup-garou se fit plus calme. Drago osa regarder la blessure, elle s'était un peu refermée. Du sang s'y écoulait toujours mais avec un bon bandage, ça devrait aller. Il alla prendre tout le nécessaire dans les placards de la salle de bain. Il réussit à nettoyer convenablement le ventre de Lupin et de panser le tout avec adresse. Il s'assit à bout de souffle, le dos contre la tête de lit. Il était hors de danger.
Drago se leva lentement, il avait l'impression d'avoir les jambes en coton. Son cœur battait encore à mil à l'heure mais entendre la respiration calme du professeur l'apaisait. Il se rendit devant la glace. Ses mains étaient recouvertes entièrement de sang. On pouvait voir quelques traces rouges sur son visage et dans ses cheveux blonds. Il souffla lentement, espérant sortir en une expiration tout le stress qui l'avait gagné. Il priait n'avoir pas fait trop de bruit pour ne pas alerter les autres. Il se lava les mains, le lavabo devint vite rouge-rose. Il jeta un coup d'œil à Lupin, allongé au milieu de la pièce. Il respirait encore, tout allait bien.
Il retourna dans la chambre d'un pas motivé. Du sang s'étalait sur le parquet, sur les pieds du lit. Il devait déjà s'occuper du loup-garou. Il retira son pantalon avec une certaine gêne et mis tous les vêtements à tremper dans la baignoire. Il prit une éponge et se mit à laver le corps sale du professeur, faisant bien soin de désinfecter par la suite toutes les coupures présentes sur sa peau. Une fois relativement propre, il dut utiliser tous les muscles de son corps afin de le coucher dans leur lit. Il nettoya le plancher recouvert de sang ainsi que les serviettes utilisées.
Une fois que tout était en ordre, Drago s'assit sur le lit dans un soupire de fatigue. Il se mit la tête dans ses mains, fatigué. Il essayait de se calmer, sa magie était encore instable. Il jeta un regard à Lupin, il dormait comme un bébé. Il soupira une fois de plus. Intrigué, il souleva la manche de son tatouage. Les yeux du loup étaient gris, ternes. Ils semblaient même fatigués.
Drago releva la tête brusquement. Il se souvint de quelque chose, plus précisément de la date d'aujourd'hui. Il regarda Remus dans une appréhension. Ce soir allait être la pleine lune, comment pourrait-il supporter sa transformation dans son état actuel ? Il ne savait pas quoi faire.
Quatre heures avaient passé. Il restait encore un peu de temps avant que le soleil se couche. Remus n'avait pas bougé d'un poil. Drago quant à lui était en proie à une agitation certaine. Il avait refusé toutes les propositions de Blaise, prétextant un mal de ventre. Tournant en rond dans la chambre, il s'arrêtait parfois pour observer le professeur. Dès qu'il voyait sa respiration calme, il reprenait sa route sans fin. Il avait fouillé dans ses affaires pour y trouver peut-être une potion Tue-loup mais rien. Il n'avait pas non plus trouvé sa baguette. Il songeait à parler à Hermione mais la demande de Lupin lui revint en tête. Personne ne devait savoir qu'il était ici.
- Hum…
Drago se retourna vivement.
- Professeur ? Demanda-t-il en se rapprochant.
Lupin papillonna des yeux, il essaya de se relever mais senti une douleur cinglante dans le ventre.
- Ah… Qu'est-ce que…
- Tenez-vous tranquille.
Debout devant le blessé, Drago avait soif de réponse. Mais il attendait patiemment, ses yeux guettant le moindre de ses mouvements. Lupin posa son regard sur lui, reprenant peu à peu ses esprits.
- Drago… Je suppose que je dois te remercier. Chuchota-t-il dans un sourire.
Le blond souris rapidement, un peu soucieux de son état.
- Vous supposez bien.
- Quelle heure est-il ?
- Quatre heures et quelques. Vous avez encore du temps avant de vous transformer.
Remus soupira, tentant une nouvelle fois de se relever.
- Je vous ai dit de vous tenir tranquille ! Dit Drago en s'agitant autour de lui.
- C'est bon… Je vais bien.
Une fois en position assise, Lupin regarda plus en détail sa blessure.
- Tu as fait du bon travail.
- Ce n'est rien, j'étais un peu oblig…
- Non. Vraiment, Drago. Je te remercie. Dit-il en le regardant dans les yeux.
Un peu gêné, il détourna le regard. Il reprit contenance en lui expliquant les soins rudimentaires qu'il avait apportés à sa blessure. Après quelques courts bavardages, Remus semblait encore plus souffrir que précédemment.
- Les potions que je vous ai données ne doivent plus faire effet. Supposa Drago en s'éloignant. Je devrai prévenir quelqu'un pour en avoir d'autres.
- Hors de question. Je n'ai pas fait tous ces efforts pour que ça se termine ainsi.
La voix du professeur était dure et sans appel.
- Je supporterai la douleur. J'ai l'habitude.
Il s'extirpa des couvertures et se mit assis sur le lit. Drago, s'énerva un peu face à l'attitude plutôt décontractée de son homologue.
- Restez couché ! Dit-il en revenant vers lui dans de grandes enjambées. Je ne vous ai pas remis sur pied pour que…
- Oh là là ! Le coupa-t-il moqueur. Mais où est passé le gamin froid et insensible !
- Vous êtes mon tuteur. Je me préoccupe de votre sort car il est lié au mien, malheureusement.
Drago était piqué au vif. C'est vrai qu'il s'inquiétait vraiment pour Lupin. L'image de ses mains recouvertes de son sang lui fit frissonner. Il avait oublié pendant ces quelques jours au 12 Square Grimmaurd à quel point la guerre pouvait être dure. Voyant sa mine sombre, Remus radoucit sa voix.
- Tout va bien se passer. Maintenant que tu t'es occupé de moi.
Malgré les sourires qu'il voulait réconfortants, Remus voyait bien l'hésitation de Drago.
- Professeur… Qu'est-ce qui s'est passé ? Qui vous à fait ça ?
Remus sourit intérieurement en remarquant comment il l'avait appelé.
- Cela ne te regarde pas. Dit-il sévère.
Lupin ne voulait pas mettre au courant Drago de ses activités. C'était son fardeau en tant que loup-garou.
- Cela ne me regarde pas ?!
Le blond releva la tête, énervé. Il planta son regard dans les yeux caramel de Lupin.
- Vous êtes arrivé à moitié mort ! J'ai dû mentir à mon meilleur ami ! Je vous rappelle que vous êtes mon tuteur, vous devez m'aider !
- Justement ! Dit Lupin en s'emportant à son tour. C'est ce que je fais !
- En me cachant des choses ? C'est tout le contraire !
- Arrête Drago, tu ne peux pas comprendre.
- Comprendre quoi ? Que vous me cachez des choses pour me protéger ? Vous n'êtes pas mon père ! Nous sommes en guerre, j'ai le droit de savoir !
Dans un silence rempli de tension, les deux sorciers se défièrent du regard.
- Vous ne me faites pas confiance, n'est-ce pas ? Demanda avec hésitation Drago.
- Quoi… ? Je ne comprends pas. Répondit Remus exaspéré.
- Vous me voyez encore comme un mange-mort. Et je ne peux pas vous en blâmer. C'est ce que j'étais encore il y a une semaine.
Remus ne savait pas quoi répondre même s'il s'attendait à cette réaction.
- Et votre silence le confirme. Affirma Drago amer. Tous ces beaux discours sur notre réinsertion dans le Monde Magique, sur notre tatouage, tout ça c'est du vent.
- Drago… Je veux juste te protéger. Dit-il en se levant difficilement.
- Vous êtes comme les autres, un menteur et un égoïste.
Sur ces derniers mots, il tourna les talons et se dirigea vers la porte.
- Attends, ne t'en va pas…
Lupin essaya de le suivre mais des milliers d'étoiles lui brouillèrent la vue. Une vive douleur le plia en deux, le mettant à genoux. Du coin de l'œil, il voyait le jeune sorcier partir. Drago regarda derrière son épaule, la vision du loup-garou lui tordit l'estomac. Il se retourna et après une légère hésitation, il partit de la chambre. Au claquement de la porte, Remus sursauta.
- Quel idiot… Souffla-t-il.
Dos à la porte, Drago avait les bras croisés.
Quel idiot ! Pensa-t-il en serrant les poings.
Il regarda tout de même son tatouage, curieux de voir sa couleur. Il était d'un noir profond. Lupin était mal en point. Drago soupira en remettant sa manche. Il essaya d'entendre ce qu'il faisait à travers la porte mais il n'entendait rien. Vexé et inquiet, il recroisa les bras.
Dans la salle de bain, Remus regardait sa blessure dans une grimace. La plaie était encore un peu ouverte. Il soupira en remettant le bandage à sa place. Quelques gouttes de sang coulaient le long du lavabo, Drago n'avait pas tout nettoyé. A cette image, Remus regretta son comportement de tout à l'heure. Dans un mouvement de tête, il se reprit rapidement. Il n'avait pas le temps de gérer les petites crises d'adolescence de Drago ! Et pourtant, cette boule au ventre ne le quittait pas.
Il devait vite trouver une solution pour ce soir, la pleine lune approchait. Dans un pincement de lèvres, il retourna dans la chambre. Il sortit sa baguette magique d'une poche secrète de son sac à dos et se plaça au milieu de la pièce. Il jeta quelques coups d'œil autour de lui en espérant trouver un objet adéquat.
- Ah ! S'exclama-t-il en prenant une chaussette qui trainait par là. C'est celle de la fouine. Toute verte… ça ne m'étonne même pas.
Remus sourit en pensant au petit serpentard. Il se reprit vite, commençant à lancer ses sortilèges.
Drago restait dehors, ne sachant pas sur quel pied danser. Il était si énervé ! Il avait l'impression d'être spectateur de sa vie. Severus et l'Ordre l'avaient sauvé des attaques de Voldemort. Ses parents avaient été tués à cause de lui, pour le protéger. Il sentit des onces de remords envers Potter qui avait subi le même sort. Pire, lui n'avait jamais connu ses parents. Il soupira encore une fois, Drago se détestait. Rouge de colère, il en voulait à Vous-Savez-Qui, à l'Ordre, à Lupin mais surtout à lui-même.
Il se retourna dans un mouvement de cape, les joues gonflées par l'agacement. Il ouvrit la porte, ne sachant pas trop ce qu'il allait dire à Remus.
- Ecoutez-moi. Je… Commença-t-il en entrant.
L'ancien professeur de défense contre les forces du mal n'entendait rien de ses mots. Trop concentré sur le portoloin qu'il était en train d'ensorceler.
- Non mais je rêve ! Cria Drago en refermant la porte dans un claquement sonore. Je vous laisse cinq minutes et voilà ce que vous faites !
Dans un dernier mouvement de baguette, Lupin scanda l'incantation magique. A boue de souffle, il tomba en avant.
- Professeur !
Tandis que Drago bondissait en avant pour essayer de le rattraper, Remus tomba en avant. Les mains au sol, les jambes tremblantes, il peinait à se concentrer. A moitié conscient, il n'avait toujours pas remarqué le jeune homme à ses côtés. Dans un dernier effort, il se redressa et saisit l'objet ensorcelé par terre.
- Mais c'est ma chaussette ! S'exclama Drago hors de lui. Qu'est-ce que vous fabriquez !
Remus entendit une voix lointaine mais il n'arrivait pas à saisir le sens de ces paroles. Il tomba de fatigue, se laissant porter par le tourbillon du portoloin. Drago comprit rapidement la situation. Dans un cri de stupeur, il imita son ancien professeur. Bientôt, il se sentit aspiré vers un autre lieu.
Blaise entra précipitamment dans la chambre de Drago.
- Drago ? Professeur Lupin ? Demanda-t-il presque hésitant.
Il avait entendu de violents bruits de vent et quelques cris provenant de la pièce. En voyant qu'il était seul, il se rua dans la salle de bain. Encore une fois, il se retrouvait seul. Dans un froncement de sourcils, il aperçut quelques traces de sang sur le lavabo. Quand il revint dans la chambre, il réussit à discerner quelques traces ensanglantées sur le parquet.
- Qu'est-ce qui s'est passé ici… ?
