Mais que vois-je ? Un nouveau chapitre ? Déjà ?
(En réalité, le chapitre précédent, ce chapitre, et les prochains étaient censés ne faire qu'un seul et même chapitre. Comment dire. Je pense qu'on aurait avoisiné la soixantaine de pages du coup, donc j'ai découpé un peu. Je continue de travailler la suite, mais j'avance bien !)

Bonne lecture !


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CHAPITRE 6

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Les abords du manoir semblaient calmes. Perchés sur la terrasse d'un immeuble non loin, Ladybug et Chat Noir scrutaient les environs avant de s'approcher prudemment de l'imposante bâtisse. Ni l'un ni l'autre n'avaient envie de tomber sur un journaliste en train de rôder sur place en quête d'un scoop, encore moins sur des officiers de police en pleine enquête.

L'accès au manoir avait été condamné par de la rubalise jaune accrochée à l'imposant portail et donnait à l'endroit des allures de scène de crime. La sensation était très étrange pour Adrien qui avait l'impression de baigner en pleine série policière. Le jeune homme se doutait que le manoir serait perquisitionné un jour ou l'autre, mais il se rassurait en se disant que le sous-sol où reposait sa mère était introuvable sans savoir exactement où chercher, et que son père ne donnerait jamais cette information à la police.

Estimant les alentours du manoir suffisamment déserts en cette fin de matinée, Ladybug et Chat Noir avisèrent la fenêtre de la chambre d'Adrien qui était restée ouverte et s'y faufilèrent discrètement. Ils atterrirent dans la pièce sans un bruit, tous deux soudain envahis par un drôle de sentiment. Les souvenirs encore frais de la veille les assaillirent avec force, leur provoquant un frisson incontrôlé. Il était clair qu'ils n'allaient pas s'attarder ici plus que nécessaire.

Chat Noir resta un instant planté au beau milieu de sa chambre, l'air perdu. Il avait l'impression de ne pas y avoir mis les pieds depuis des années. Rien n'avait bougé depuis son départ précipité. Son ordinateur était même resté allumé.

Ladybug ne pouvait s'empêcher de lui lancer des regards inquiets. Elle inspira un grand coup, ne voulant pas se laisser envahir par l'angoisse qu'elle ressentait ; elle se devait de garder la tête froide pour mener à bien leur mission et soutenir son partenaire dans cette épreuve.

Elle se composa un visage souriant et posa sa main sur l'épaule de Chat Noir.

- Je vais t'aider à faire tes valises. N'hésite pas à récupérer un maximum d'affaires, prends tout ce dont tu as besoin.

Chat Noir secoua négativement la tête.

- Non, je ne vais prendre que l'essentiel, ça sera plus simple. Et puis je ne veux pas vous envahir.

A ces mots, Ladybug interrompit son mouvement et se planta devant lui.

- Adrien, dit-elle d'une voix ferme en posant ses deux mains sur ses épaules. Tu ne nous envahis absolument pas. Au contraire. Tu sais qu'on est heureux de t'avoir avec nous. Prends vraiment tout ce dont tu as besoin. Tes vêtements, tes cours, tes livres, tes jeux, ton yacht, ta Batmobile... Tout ce que tu veux. Vraiment, insista-t-elle avec un sourire amusé par sa propre remarque dans l'espoir de détendre son coéquipier.

Chat Noir laissa échapper un petit rire.

- Tu m'as pris pour Bruce Wayne ? lança-t-il d'un ton malicieux qui fit sourire sa partenaire.

Le rictus de Chat Noir disparut aussi rapidement qu'il était apparu.

- Lui, au moins, il ne cachait pas le corps de sa femme dans sa Batcave, murmura-t-il amèrement.

Ladybug se pinça les lèvres, se flagellant mentalement pour sa maladresse involontaire. Chat Noir remarqua son changement d'expression et attrapa sa main pour y déposer un baiser, coupant ainsi court à ses pensées. C'était lui qui avait amené le sujet, et il refusait que sa coéquipière culpabilise à cause de cela.

Ladybug serra affectueusement sa main en retour et Chat Noir se sentit immédiatement mieux. Ils se lancèrent un regard déterminé, et Chat Noir fit mine de retrousser des manches imaginaires, comme pour signifier qu'il était prêt à faire ses bagages.

Il sortit plusieurs grands sacs ainsi qu'une valise immense de son placard, avant de s'interrompre soudainement.

- Ma Lady, je crois qu'il y a un léger détail qui a toute son importance et que nous avons oublié de considérer.

Ladybug haussa un sourcil. Chat Noir désigna sa panoplie de sacs d'un geste qui se voulait dramatique et dit :

- Comment est-ce qu'on va pouvoir transporter tout ça à nous deux ? Un camion de déménagement nous attend au coin de la rue ?

Le rire que laissa échapper Ladybug le laissa perplexe.

- Chaton, tu n'as jamais remarqué que je pouvais ranger des choses dans mon yo-yo ? Mon costume n'a peut-être pas de poches comme le tien, mais l'avantage, c'est que cette petite chose magique peut contenir tout ce que je veux sans limite.

Face au regard sceptique de Chat Noir, elle ajouta :

- Tu vois le sac sans fond d'Hermione dans le dernier tome d'Harry Potter ? Et bien c'est pareil, expliqua-t-elle en saisissant son yo-yo enroulé autour de sa taille.

Joignant le geste à la parole, elle attrapa un livre de cours posé sur le bureau pour lui faire une démonstration et l'inséra sans effort dans son yo-yo. Le livre disparut à l'intérieur, et le yo-yo ne semblait pas peser plus lourd dans sa main.

Chat Noir la regardait faire avec des yeux ronds, ne sachant pas s'il devait être émerveillé ou bien jaloux que l'accessoire de sa coéquipière possède une telle fonction.

- Mais pourquoi mes poches ne sont pas extensibles comme ça ? bouda-t-il, déclenchant un autre petit rire chez Ladybug.

- C'est que tu n'as pas été suffisamment créatif lorsque tu as imaginé ton costume, mon Chaton, répondit-elle d'un ton légèrement provocateur en ressortant le livre du yo-yo.

Chat Noir croisa ses bras sur sa poitrine et laissa échapper un grognement pour souligner sa frustration, mais il se radoucit rapidement.

- C'est sûr que de nous deux, c'est toi la créative, ma Lady. Moi je suis un homme d'action, fit-il en gonflant le torse d'un air suffisant face auquel Ladybug leva les yeux au ciel avec un sourire. On se complète parfaitement.

Ladybug hocha vivement la tête, approuvant complètement cette remarque. Elle lui tendit son poing fermé, geste que Chat Noir s'empressa d'imiter avec un grand sourire.

- Du coup tu n'as pas à t'inquiéter pour le transport, ça sera la partie la plus simple de l'opération, le rassura-t-elle. On s'y met ?

Sans attendre, elle saisit un des sacs et l'ouvrit, aussitôt imitée par son coéquipier.

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Les deux super-héros s'affairaient depuis une bonne heure à trier les affaires d'Adrien. Tous deux avaient hâte de terminer ce déménagement et de rentrer se vautrer sur le canapé de l'appartement de Marinette comme deux adolescents de leur âge et ne plus penser à rien.

Ladybug était en train de sortir des piles d'habits du placard pour les passer à Chat Noir lorsqu'un vêtement attira son attention. Elle le déplia et le reconnut instantanément : c'était le T-shirt noir à rayures que Adrien portait tout le temps au collège. Cette trouvaille la replongea instantanément dans ses souvenirs. Dans sa tête se rejouait la scène du jour de la rentrée en troisième, ce fameux jour où Adrien lui avait tendu son parapluie. Nostalgique, elle effleura le T-shirt des doigts, perdue dans sa rêverie.

- Ma Lady ?

Ladybug fut brutalement sortie de ses pensées par la voix de Chat Noir et elle se redressa d'un bond en reposant précipitamment le T-shirt sur le lit.

- Hein ? fit-elle, les joues légèrement roses.

- Tu m'as bien dit que ton yo-yo pouvait contenir tout ce que tu voulais, quelle que soit la taille de l'objet ? demanda Chat Noir, une lueur de malice s'allumant dans ses yeux verts.

- Oui, je suis même sûre qu'on pourrait y ranger la Tour Eiffel sans problème si on le voulait. Pourquoi ?

Le sourire de Chat Noir s'agrandit.

- On les emmène.

Ladybug suivit du regard le doigt que Chat Noir pointait devant lui et manqua de s'étrangler en réalisant qu'il désignait ses bornes d'arcade.

- Elles iraient bien dans ta chambre, et on pourrait se faire des battles, expliqua-t-il avec excitation en faisant de grands gestes pour appuyer son discours.

- Tu... Tu es sûr que tu veux les emmener ? demanda Ladybug qui cherchait par tous les moyens à garder un visage neutre.

C'était peine perdue ; face à la mine déconfite de sa coéquipière, Chat Noir ne put retenir son sérieux plus longtemps et se mit à rire.

- Ne panique pas ma Lady, je plaisantais, la rassura-t-il.

- Ça ne m'aurait qu'à moitié étonnée que tu aies sérieusement considéré l'idée, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Autant je n'imaginais pas Adrien aussi « nerd », autant je voyais tout à fait Chat Noir rentrer chez lui et passer des heures à jouer aux jeux vidéos pour se détendre après une bataille éreintante contre un akuma un peu trop coriace.

- Moi, ce que je retiens, c'est que j'occupais visiblement tes pensées même après t'avoir quittée et j'en suis flatté, ma Lady, lui fit-il remarquer, un sourire à la fois espiègle et satisfait suspendu à ses lèvres.

- Dans tes rêves, Chaton, répliqua-t-elle d'un ton qui se voulait malicieux, mais ses pommettes légèrement rouges la trahissaient.

Chat Noir lui adressa un clin d'œil qui la fit rougir encore plus puis redevint sérieux.

- Promis, on ne prend pas les bornes d'arcades, c'était vraiment une blague, la rassura-t-il. Mais par contre, ça me donne une idée ! J'ai beaucoup de jeux vidéos et de jeux de société que je n'ai jamais pu tester. Ça te dit que je les emmène ? On pourra jouer ensemble comme ça !

Visiblement excité par cette idée, il sauta d'un bond sur sa mezzanine et commença à inspecter ses étagères avec enthousiasme. Il possédait un nombre incalculable de jeux de toutes sortes, mais bon nombre d'entre eux étaient conçus pour plusieurs joueurs. L'idée de pouvoir enfin s'en servir le remplissait de joie. Il remplit un sac entier avant de reporter son attention sur ses affaires de cours. Un léger soupir lui échappa ; il ne savait pas encore trop comment il allait gérer le reste de sa scolarité à présent, mais une chose était sûre, il tenait à continuer le plus longtemps possible, à commencer par le baccalauréat à la fin de l'année. Il était hors de question qu'il le rate à cause des manigances de son père.

Alors qu'il scannait rapidement ses étagères du regard, sa collection de photos de Ladybug cachée dans un de ses trophées d'escrime attira soudain son attention. Son sang se figea lorsqu'il se rendit compte que sa partenaire s'en rapprochait dangereusement sans en avoir conscience.

- Euh... Ma Lady ? Est-ce que tu peux regarder ce qu'il y a dans ces tiroirs pour voir si on n'oublie rien ? bégaya-t-il en désignant un point à l'opposé de sa chambre.

Ladybug hocha affirmativement la tête avec un sourire et tandis qu'elle s'éloignait, Chat Noir s'empressa de récupérer discrètement les photos et de les dissimuler dans une grande enveloppe opaque avant que sa coéquipière ne tombe dessus. Il n'avait vraiment pas besoin d'une cuisante humiliation aujourd'hui en plus de tout le reste.

Tout en les enfouissant tout au fond de son sac à bandoulière, il laissa échapper un soupir de soulagement et se reconcentra sur sa besogne.

Il trouva rapidement un téléphone tout neuf encore emballé dans ses affaires et y glissa sa nouvelle carte SIM pour l'activer. L'écran d'accueil complètement vierge de notifications lui procura un apaisement inattendu ; pour la première fois de sa vie, il savait qu'il n'aurait aucun appel sur ce téléphone qu'il n'aurait pas désiré, et cette idée le réjouissait au plus haut point. Téléphone en main, il se tourna vivement vers sa coéquipière et lui tendit l'objet avec un grand sourire.

- Je te laisse l'honneur d'inaugurer mon nouveau téléphone avec ton numéro.

Ladybug eut un sourire tendre à son attention et rentra rapidement son contact. Chat Noir s'empressa de le faire sonner et raccrocha, satisfait.

- Comme ça tu pourras toujours me joindre si besoin, se justifia-t-il, les joues légèrement roses.

Il se sentait un peu idiot car, étant donné qu'il allait vivre chez Marinette, ils n'auraient pas besoin de leurs numéros de téléphone pour communiquer, mais il aimait avoir ce lien privilégié malgré tout.

Une fois son téléphone glissé dans un petit sac avec son ordinateur portable et sa tablette, il entreprit de démonter la tour de son ordinateur de bureau pour récupérer le disque dur avant de réinitialiser complètement l'appareil ; Adrien n'avait rien à cacher, mais il préférait emporter toutes ses données avec lui par mesure de prudence. D'une part, parce que n'importe qui pourrait avoir accès à la maison en son absence, mais surtout, parce qu'il ne savait absolument pas quand il reviendrait, ni même s'il reviendrait vivre ici un jour.

Tous ces bouleversements et ces questions sans réponses lui minèrent le moral d'un coup. Instinctivement, il leva la tête, et lorsque son regard se posa sur Ladybug qui s'affairait à rassembler ses affaires autour de lui avec un air déterminé, un léger sourire apparut sur ses lèvres. Sentant le regard de son partenaire posé sur elle, Ladybug tourna la tête dans sa direction et son regard vif se mua en une expression emplie de douceur qui résonna dans le cœur de Chat Noir. En une seconde, son moral vacillant remonta en flèche.

Il se dépêcha de terminer ses bagages, pressé d'en finir avec ce déménagement un peu particulier qui le réjouissait autant qu'il ne le déprimait.

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Chat Noir referma sa trousse de toilette avec un "zip" sonore et contempla les sacs qui l'entouraient d'un air satisfait. Il avait l'impression d'avoir empaqueté la moitié de sa chambre et culpabilisait d'avance à l'idée d'envahir le petit appartement de Tom et Sabine avec tout son bazar. Mais au moins, il était certain de ne manquer de rien.

- Mince ! s'exclama-t-il soudain, faisant sursauter Ladybug au passage. Il ne faut surtout pas que j'oublie le camembert de Plagg, il va me tuer si je ne lui ramène pas sa réserve.

Ladybug se mit à rire en le voyant ouvrir frénétiquement la porte de son bureau et y récupérer une quantité astronomique de boîtes de camembert pour les mettre dans un sac isotherme.

- Tu as d'autres choses à emmener ? lui demanda-t-elle.

Chat Noir secoua négativement la tête.

- Non, je pense que j'ai pris suffisamment d'affaires. Tu es sûre que ce n'est pas trop ?

- Si c'est tout ce dont tu as besoin, alors non, ce n'est pas trop, je t'assure.

Tout en prononçant ces mots, elle scanna inconsciemment la pièce d'un mouvement de tête pour évaluer s'ils avaient effectivement bien pris tout ce qui pouvait être utile à Adrien. Son regard ne put s'empêcher de s'attarder un court instant sur le T-shirt à rayures qui était resté sur le lit avec une pile de vêtements qu'Adrien ne portait plus et elle détourna rapidement la tête, joliment rougissante. Mais lorsque ses yeux se posèrent sur le piano qui trônait au centre de la pièce, un détail attira son attention ; elle fit rapidement un aller-retour jusqu'à l'instrument pour récupérer quelque chose, et les yeux de Chat Noir s'agrandirent lorsqu'elle lui tendit ce qu'elle tenait dans les mains.

- Tu as failli oublier ça, lui dit-elle timidement.

C'était le portrait de sa mère.

Un sourire reconnaissant étira les lèvres de Chat Noir et il s'empressa de glisser le cadre dans son sac de tous les jours.

- Merci ma Lady.

Alors qu'il refermait la fermeture éclair de son sac, un détail lui revint subitement.

- Attends, il y a une chose que j'aimerais récupérer.

Chat Noir se mit à quatre pattes pour fouiller au fond d'un placard et en sortit une boîte ronde. Avec un grand sourire, il la tendit à Ladybug qui lui lança un regard interrogateur.

- Tiens, c'est à toi.

Avec un étonnement grandissant, Ladybug ouvrit la boîte, pour en sortir le chapeau melon qu'elle avait créé lors du concours lancé par Gabriel Agreste lorsqu'ils étaient au collège.

- Je ne sais pas ce qu'il va se passer pour la marque de mon père, mais ce chapeau, c'est toi qui l'a créé, et tu mérites de le récupérer. Pas qu'il soit associé à ce criminel, asséna Chat Noir. Et puis ce serait dommage qu'un tel talent soit gâché. Peut-être que ce sera le début d'une ligne de chapeaux melon, qui sait ? Ou bien peut-être que tu feras fureur à Londres l'hiver prochain ! En tout cas, il te revient.

Face à tous ces compliments, Ladybug se sentit rougir.

- Tu es sûr ?

Chat Noir acquiesça vivement.

- Merci, répondit-elle, touchée.

Elle referma la boîte et resta pensive, assaillie de souvenirs.

- En tout cas, il t'allait bien, lui dit-elle avec un sourire timide, se remémorant le défilé d'Adrien avec le chapeau sur la tête.

Le visage de Chat Noir s'éclaira à ce souvenir. Ladybug hésita un instant puis lui tendit le chapeau.

- Garde-le toi, il a été fait pour toi après tout.

- Vraiment ?

Ladybug acquiesça fermement avec un sourire.

- Merci ma Lady, répondit-il d'un air ravi. Je te promets que j'en prendrai grand soin.

Après avoir jeté un dernier coup d'œil autour de lui pour être certain qu'il n'oubliait rien cette fois-ci, Chat Noir se tourna à nouveau vers Ladybug.

- Je crois que j'ai tout, annonça-t-il.

- Avant de partir, je pensais à quelque chose, intervint Ladybug. Est-ce qu'il y a des caméras de surveillance dans le bureau de ton père ?

Chat Noir acquiesça.

- Si elles étaient en route au moment où nous avons affronté Mayura et le Papillon, l'instant où tu t'es transformé a forcément été filmé, continua-t-elle. Sans compter qu'on nous voit également enclencher le mécanisme de l'accès au repère. Si quelqu'un tombe sur ces enregistrements...

- N'en dis pas plus, ma Lady, je m'en occupe, fit Chat Noir en se dirigeant rapidement vers la porte d'un pas assuré.

Une fois hors de sa chambre, il atterrit devant la porte du bureau de son père en deux bonds, mais stoppa net lorsque ses cheveux se hérissèrent instinctivement sur sa nuque. La bataille de la veille était encore beaucoup trop fraîche dans son esprit, et l'idée de pénétrer à nouveau dans ce bureau ne l'enchantait guère.

Ladybug le rejoignit tout en jetant prudemment un œil autour d'elle pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls. Un silence assourdissant régnait dans le hall du manoir, et l'endroit ainsi complètement vide lui donnait des frissons en imaginant Adrien tout seul dans cette immense maison.

Invoquant son Cataclysme, Chat Noir détruisit le système des caméras de surveillance d'un seul mouvement et se tourna vers Ladybug. Il semblait soudain hésiter.

- Tant qu'on est là... J'aimerais voir ce qu'il y a dans le coffre fort de mon père, dit-il, la mâchoire inconsciemment contractée. Peut-être qu'il contient des informations sur ce qui est arrivé à Maman. Mais je ne connais pas le code, il faut que je libère Plagg.

Sentant que c'était important pour lui, Ladybug hocha la tête et l'accompagna jusqu'au tableau monumental qui dissimulait le coffre-fort.

- Détransformation, murmura-t-il.

Aussitôt enveloppé dans un halo de lumière verte, Adrien réapparut et rattrapa Plagg d'une main tout en fouillant dans sa chemise de l'autre pour lui trouver un morceau de camembert.

- Plagg, est-ce que tu peux m'aider ? demanda-t-il à son kwami en tirant à lui le portrait de sa mère pour révéler le coffre-fort qui se cachait derrière.

- A ton service, répondit le petit chat noir avec une courbette qui arracha un sourire à son porteur avant de passer à travers le mur.

Lorsque Plagg réapparut, la porte blindée du coffre-fort s'ouvrit avec un léger grincement, dévoilant son contenu.

Le regard de Ladybug fut immédiatement attiré par le Livre des Miraculous qui trônait sur une des étagères du coffre-fort, posé à côté d'un livre sur le Tibet et d'une photo de Emilie Agreste. Ladybug ne put s'empêcher de penser avec amertume que Maître Fu avait raison : la personne qui était en possession de ce livre possédait effectivement les Miraculous du Papillon et du Paon. Un soupir douloureux lui échappa.

Constatant que le regard de sa coéquipière restait fixé sur l'ouvrage, Adrien le saisit d'une main hésitante ; la dernière fois qu'il avait sorti ce livre du coffre-fort, les évènements qui en avaient découlé avaient rapidement pris des proportions hors de contrôle.

- Il faut ramener ce livre à Maître Fu, lui annonça Ladybug d'une petite voix.

Même si le Gardien en possédait une version numérique, les deux super-héros devaient absolument lui restituer l'ouvrage original. D'autant plus qu'il était hors de question que d'autres personnes ne tombent dessus, l'existence des Miraculous devait rester la plus secrète et la plus mystérieuse possible pour les protéger. Il ne valait donc mieux pas ouvrir cette boîte de Pandore. La place de ce livre était chez Maître Fu avec la Miracle Box.

Adrien dévisagea sa coéquipière d'un air vide, connectant soudain les informations manquantes. Il considéra l'ouvrage sous une toute autre lumière.

- Ce livre... Ce n'est pas simplement un livre d'inspiration pour les créations de mon père, n'est-ce pas ? demanda-t-il d'un air abattu, bien qu'il connaissait déjà la réponse.

Ladybug secoua négativement la tête d'un air triste.

- C'est le Livre des Miraculous.

Adrien acquiesça, ne sachant quoi ajouter ; il se sentait vraiment stupide de ne pas avoir fait le lien. Passablement déprimé, il tendit le livre à Ladybug qui le rangea dans son yo-yo. Ils se reconcentrèrent sur le contenu du coffre, parcourant les quelques étagères du regard à la recherche d'un quelconque indice qui pourrait les mener vers un semblant de réponse sur l'état de la mère d'Adrien.

Le coffre contenait tout un tas de croquis et d'esquisses ainsi que des contrats en lien avec la marque Gabriel qui semblaient importants, mais le regard d'Adrien fut attiré par un dossier à sangle sur lequel son nom était inscrit au marqueur d'une écriture nette et régulière. Qu'est-ce que cette chemise pouvait bien contenir ? Piqué de curiosité, il prit délicatement le dossier et l'ouvrit. Après une rapide lecture, il découvrit avec stupéfaction que ces documents concernaient non seulement l'argent qu'il avait gagné depuis qu'il avait commencé le mannequinat mais également son fond d'épargne dont il avait hérité de sa famille du côté de sa mère. Une somme très conséquente dormait visiblement à la banque, et d'après les papiers qu'il tenait dans ses mains, il pourrait toucher ses cachets de mannequinat ainsi que son épargne le jour de ses 18 ans.

Adrien ne s'était jamais demandé de ce que son père avait fait de l'argent qu'il avait gagné en tant que mannequin, mais il l'avait visiblement placé à son avantage, et il ne sut pas si cette information lui fit plaisir ou non.

Adrien était né dans une famille aisée, mais tout l'argent qu'il avait possédé jusqu'à présent était en réalité celui de ses parents. De se découvrir un compte en banque personnel aussi fourni lui donna soudain le vertige. Et même si cette somme pouvait largement le mettre à l'abri du besoin pour le restant de ses jours, il ne voulait pas de cet argent. Malgré tout, il allait forcément devoir trouver un moyen de subvenir à ses propres besoins étant donné qu'il n'avait plus de famille pour le faire, et il était hors de question que Sabine et Tom se ruinent à cause de lui.

Adrien réfléchissait à toute vitesse, mais il se sentait de plus en plus perdu et angoissé face à ces responsabilités d'adulte auxquelles personne ne l'avait jamais préparé. Il referma le dossier avec un bruit sec et le glissa sous son coude ; il s'occuperait de ces documents plus tard. Son anniversaire était dans moins de deux mois, il aurait certainement les idées beaucoup plus claires d'ici là et il aurait largement le temps de déterminer ce qu'il allait devenir après sa majorité. Mais pour le moment, tout était beaucoup trop confus dans sa tête pour qu'il puisse prendre des décisions rationnelles et réfléchies.

Adrien s'apprêtait à refermer le coffre-fort mais lorsqu'il se tourna vers Ladybug, il se rendit compte que celle-ci fixait du regard une des étagères remplie de dossiers cartonnés, le visage blême.

- Adrien, fit-elle d'une voix légèrement tremblante. Pourquoi est-ce qu'il y a mon nom sur cette chemise ?

Le jeune homme suivit son regard en direction de la pile de dossiers et un frisson parcourut sa colonne vertébrale en découvrant un dossier nommé "Marinette Dupain-Cheng". Il s'empressa de l'extraire du coffre-fort, et ce faisant, il découvrit que le dossier suivant portait la mention "Nino Lahiffe".

- Mais qu'est-ce que c'est que délire encore ? murmura-t-il entre ses dents serrées.

Il saisit la pile entière de dossiers et la posa sur le bureau de son père pour mieux les étudier. Tous les dossiers portaient les noms de ses camarades de classe, ses professeurs, ses partenaires d'escrime... Tous les gens qui l'entouraient de près ou de loin. En ouvrant celui de Nino, ce qu'il y découvrit lui donna la nausée : la chemise contenait de nombreux documents de toutes sortes sur son meilleur ami, compilant ainsi un maximum d'informations sur sa vie et ses habitudes. Il tendit son dossier à Ladybug qui y découvrit le même type d'enquête : sa famille, son adresse, ses amis, ses bulletins scolaires... toute sa vie avait été passée au peigne fin et était consignée dans ce dossier en carton.

Choqué, Adrien serra les poings de rage. Depuis son entrée au collège, son père s'était visiblement mis à tenir des dossiers sur toutes ses fréquentations, et cette découverte lui fit l'effet d'un seau d'eau glacé renversé sur sa tête.

Il échangea un regard estomaqué avec sa partenaire, ses grands yeux verts lui demandant silencieusement pardon pour tout cela.

- C'est sûrement Nathalie qui compilait ces dossiers pour lui, dit-il avec un dégoût non dissimulé. Ils ont traqué tous mes amis, mes connaissances, c'est horrible...

Ladybug ne savait plus quoi dire face à cette découverte. Elle était aussi choquée que lui. Elle se contenta de poser une main sur l'épaule d'Adrien et de la serrer du bout des doigts pour lui signifier qu'elle ne lui en tenait absolument pas rigueur et que rien de tout cela n'était de sa faute.

- Tu crois qu'ils avaient découvert que... ? demanda soudain Adrien d'un air plus qu'inquiet, sa phrase en suspens, ne pouvant quitter du regard le dossier que Ladybug tenait entre ses mains.

Pour toute réponse, sa coéquipière feuilleta rapidement son dossier sous le regard anxieux d'Adrien puis redressa la tête avec un sourire.

- Aussi fou que cela puisse paraître, rien sur Ladybug dans ce dossier. Nathalie n'a pas si bien travaillé que ça, plaisanta-t-elle pour masquer son soulagement.

Malgré sa tentative de détendre l'atmosphère, elle voyait bien qu'Adrien était extrêmement mal à l'aise à l'idée que son père se soit immiscé dans la vie des gens qui l'entouraient.

- Je suis soulagé qu'il ne connaisse pas ton identité. C'est déjà suffisamment compliqué comme ça qu'il sache que je suis Chat Noir. Mais ces dossiers, c'est...

Ne sachant plus comment exprimer le mépris qu'il ressentait pour son père, il serra les poings et s'éloigna du coffre-fort la tête baissée, se sentant soudain nauséeux.

Ladybug referma les dossiers, ne sachant pas s'il valait mieux les détruire, les emporter avec eux ou bien les laisser à leur place. Dans le doute, elle les rangea à nouveau dans le coffre-fort et referma la lourde porte ainsi que le portrait d'Emilie Agreste pour masquer toute trace de leur passage ici.

Lorsqu'elle s'approcha d'Adrien, elle put constater à quel point toutes ces découvertes l'avaient ébranlé et à quel point il en voulait à son père. Alors qu'elle s'apprêtait à le réconforter, celui-ci se redressa.

- J'aimerais aller voir ma mère avant de partir, lui demanda-t-il, ne souhaitant visiblement pas s'attarder sur le sujet des dossiers.

Il leva les yeux, se sentant soudain très vulnérable.

- Si ça ne t'embête pas, ajouta-t-il d'un air implorant, comme s'il s'attendait à voir sa coéquipière refuser.

Ladybug acquiesça vivement avec un sourire encourageant.

- Est-ce que tu veux que je t'attende le temps que tu y ailles ? Je peux ranger les bagages et...

- Tu veux bien venir avec moi ? la coupa doucement Adrien.

- Bien sûr Chaton, répondit-elle, et le visage d'Adrien s'éclaira légèrement.

Pour se donner du courage, Adrien prit sa main dans la sienne et se dirigea vers le tableau de sa mère. Ce tableau qu'il avait maintes fois admiré et qui dissimulait en réalité un si lourd secret. Il déglutit puis leva un de ses bras. Ladybug positionna son autre main sur le tableau, et ensemble, ils enclenchèrent le mécanisme de l'ascenseur en retenant leur souffle.

La plateforme descendit lentement, les entraînant dans les tréfonds du manoir.

Lorsqu'ils se retrouvèrent devant la capsule de verre, un frisson parcourut leurs échines. Adrien évita soigneusement du regard la deuxième capsule dans laquelle son père l'avait séquestré, et se planta maladroitement devant le corps de sa mère, ne sachant trop quelle attitude adopter.

Ladybug resta en retrait de façon à laisser suffisamment d'intimité à son coéquipier pour ces retrouvailles un peu particulières. L'estomac de la super-héroïne était plus que serré, et elle n'osait pas imaginer ce qu'Adrien devait éprouver à cet instant. Qu'aurait-elle pu ressentir si sa propre mère avait disparu du jour au lendemain et qu'elle avait découvert que son père cachait en réalité son corps dans le sous-sol de sa propre maison ? Aucun mot n'aurait pu exprimer à quel point elle aurait été dévastée.

Elle leva les yeux vers Adrien, lui transmettant silencieusement son soutien dans cette épreuve, tout en essayant de garder une certaine contenance.

Le jeune homme s'était approché lentement de la capsule et posa sa main sur la paroi de verre, le cœur lourd.

- Bonjour Maman, murmura-t-il du bout des lèvres.

Il la contempla longuement, mille sentiments se bousculant en lui. A présent qu'il pouvait la voir au calme, il ne put s'empêcher de remarquer que son apparence ne semblait pas avoir subi le passage du temps : elle était comme dans ses souvenirs.

- Tu m'as tellement manqué, continua-t-il d'une voix gorgée de douleur. Ça fait quatre ans. Quatre ans que je te crois disparue, alors que tu étais là, sous mes pieds, tout près de moi... Si seulement tu pouvais me dire ce qu'il t'est arrivé... Qu'est-ce que Père t'a fait ? Qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu te retrouves ici, toute seule ?

Le cœur de Ladybug se serra douloureusement face à la détresse d'Adrien. Cette même détresse qui avait pris le jeune homme aux tripes quatre ans plus tôt lorsqu'il avait compris que sa mère ne rentrerait pas à la maison ce soir-là, ni même aucun autre soir. Mais à présent qu'il l'avait retrouvée, il se sentait un peu plus serein. Certes, il ne savait toujours pas ce qui l'avait plongée dans cet état, et de la voir seule ici dans ce cercueil de verre le tourmentait. Mais la colère et la tristesse de ne pas savoir pourquoi elle était partie du jour au lendemain ni de savoir où elle était ou bien ce qu'elle était devenue étaient doucement en train de s'estomper.

- Je te jure qu'on va trouver comment te réveiller Maman, on ne t'abandonnera pas.

Il lui envoya timidement un baiser du bout des doigts et se redressa. Ses yeux étaient légèrement rougis, mais il semblait apaisé.

- Je t'aime Maman. Je reviendrai te voir dès que possible. A bientôt.

Il finit par s'éloigner de la capsule à contrecœur et leva les yeux vers Ladybug qui contenait son émotion avec difficulté. Elle essuya ses joues d'un revers de la main, et Adrien esquissa un sourire humide, empli de reconnaissance. Il la prit dans ses bras et la serra sur son cœur alors qu'elle l'étreignait à son tour.

- Je te promets qu'on va la sauver Adrien, murmura-t-elle tout contre lui.

Adrien ne répondit rien, les mots noyés dans sa gorge. Il se contenta d'acquiescer et la serra encore plus fort contre lui, la remerciant silencieusement pour sa présence à ses côtés. Cette étreinte les calma légèrement, et ils se redressèrent tous les deux, à présent prêts à repartir.

oOo

Une fois remontés à la surface, Adrien laissa échapper un soupir. Ladybug voyait bien à quel point le fait de voir sa mère l'avait affecté ; elle-même n'était pas sereine après ce voyage dans le sous-sol du manoir.

Elle prit une grande inspiration et se tourna vers son coéquipier : il était grand temps qu'ils quittent les lieux. Adrien acquiesça et tendit un morceau de fromage à Plagg qui le goba d'une traite, et il se retransforma dans la foulée. Avec un regard entendu, les deux super-héros saisirent les bagages dans la chambre d'Adrien et les stockèrent dans le yo-yo de Ladybug avec empressement. Chat Noir jeta un dernier regard à sa chambre à présent à moitié vide, comme pour lui dire adieu ; un mélange d'angoisse et d'excitation lui tenaillait le ventre.

Ils s'élancèrent par la fenêtre d'un seul mouvement. En deux bonds, ils quittèrent cet endroit comme ils étaient entrés.

oOo

Ils atterrirent quelques instants plus tard sur la terrasse de Marinette et s'engouffrèrent dans sa chambre par la lucarne.

Une fois le pied posé sur le plancher de la chambre, un poids sembla s'ôter de leurs épaules. Leur court séjour au manoir avait été plus qu'éprouvant, et l'atmosphère chaleureuse de l'appartement leur fit l'effet d'une bouffée d'air pur.

Chat Noir jeta un regard à Ladybug et remarqua que sa coéquipière semblait réfléchir.

- Le plus simple serait que je me détransforme dans ta chambre, lui dit-elle. On n'aurait pas besoin de redéplacer tes bagages comme ça. Le seul problème, c'est que c'est bientôt l'heure de manger. Le rush du midi est passé et mes parents sont forcément remontés de la boulangerie pour préparer le repas. Il faudrait que je puisse descendre discrètement jusqu'à ta chambre sans qu'ils ne me voient.

Chat Noir acquiesça et s'approcha de la trappe fermée, tous ses sens en alerte. Ses oreilles de chat vibrèrent, et il fit signe à sa coéquipière de ne pas faire de bruit.

- J'entends tes parents dans la cuisine. Si tu veux, je vais détourner leur attention pendant que tu te glisses en bas, qu'est-ce que tu en dis ? Après tout, faire diversion, c'est ma spécialité, dit-il d'un air malicieux.

Ladybug lui rendit son sourire et acquiesça avec un clin d'œil.

Aussitôt dit, Chat Noir se détransforma, et Adrien se glissa par la trappe à l'étage inférieur, sans se départir de son sourire espiègle. Ladybug l'entendit bruyamment saluer sa mère d'un ton bien trop jovial pour être honnête et retint de peu un éclat de rire. Elle tendit l'oreille de façon à surprendre des bribes de conversation et se tenir prête à descendre si une ouverture se présentait.

- Ah, mon grand, vous êtes là ? fit Sabine avec un sourire en le voyant arriver. On ne vous a pas entendu rentrer ! Vous avez pu faire tout ce que vous vouliez faire ?

Adrien acquiesça et décida de jouer la transparence.

- Oui. On est repassé chez moi pour récupérer mes affaires, répondit-il d'un ton plus sérieux.

- Tu as bien fait. Ça n'a pas été trop compliqué de tout ramener ici ?

- Non non, fit-il, tout en espérant que Sabine ne lui pose pas plus de questions.

- On va t'aider à finir de t'installer tout à l'heure, promit-elle, et Adrien ressentit un élan d'affection pour elle. Mais en attendant, c'est l'heure de déjeuner. Tu n'as pas faim ?

- Si, un peu, admit Adrien.

Leurs péripéties de la matinée l'avaient tenu occupé jusque là, mais à présent que ces préoccupations avaient quitté son esprit, il réalisa que son estomac commençait à se manifester bruyamment.

- Tom est redescendu à la boulangerie chercher le dessert, qu'est-ce qui te ferait plaisir pour midi ?

Adrien entrevit soudain l'ouverture inespérée dont ils avaient besoin.

- Oh, je n'ai pas de préférence, peut-être qu'il pourrait choisir pour moi ? Tout ce que vous faites a l'air tellement bon de toute façon, il ne pourra pas se tromper ! s'exclama-t-il avec un enthousiasme non feint.

- Tu es adorable mon grand, je vais aller lui dire de te garder la surprise alors, dit-elle avec un clin d'œil. Appelle Marinette et installez-vous en attendant, je reviens tout de suite.

A peine Sabine avait franchi la porte qu'Adrien s'était rué dans l'escalier qui menait à la chambre de Marinette pour lui donner le signal. Ladybug, qui avait tout entendu de l'échange, dévala les marches d'un bond et courut s'enfermer dans la chambre d'Adrien. Le jeune homme aperçut un flash de lumière rose apparaître brièvement dans l'entrebâillement de la porte accompagné de plusieurs bruits sourds, et Marinette réapparut dans le salon en sifflotant, comme si de rien n'était.

Ce fut le moment que Sabine et Tom choisirent pour revenir ; le père de Marinette portait une grande boîte en carton qui contenait visiblement un gâteau, et Adrien en eut instantanément l'eau à la bouche.

- Si tout le monde est là, à table les enfants, on va pouvoir manger ! s'exclama Tom avec entrain.

Adrien et Marinette échangèrent un regard complice et leurs deux poings se rencontrèrent discrètement dans leur dos avant qu'ils ne s'installent autour de la table, un air innocent peint sur leurs visages.

Mission accomplie.


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