Je poste beaucoup en ce moment, je n'ai jamais écrit aussi rapidement, mais je ne sais pas si ça va être tout le temps le cas.

En attendant, je sens que les amateurs de fluff vont adorer la fin de ce chapitre... ^_^ (Vous m'en direz des nouvelles, c'est un de mes passages préférés de cette fic).

Bonne lecture, on se retrouve après !


oOo

CHAPITRE 10

oOo

Ladybug et Chat Noir atterrirent sur l'estrade érigée à leur intention devant l'Hôtel de Ville. Ses deux mains moites jointes dans son dos, André Bourgeois les attendait et semblait un peu nerveux. La place était noire de monde, et de nombreux journalistes avaient fait le déplacement malgré l'annonce de dernière minute, braquant caméras et micros dans leur direction. Une vague d'agitation parcourait la foule impatiente. Les deux super-héros n'étaient pas tranquilles et espéraient de tout cœur que tout se déroulerait sans accroc.

André Bourgeois gesticula en direction du micro pour leur faire signe qu'ils avaient la parole. Ladybug s'éclaircit la voix puis posa ses deux mains sur le pupitre devant elle pour se donner une contenance.

- Bonjour à tous, commença-t-elle d'une voix sûre. Merci d'avoir répondu présent à notre appel. Ces derniers jours ont été particulièrement éprouvants pour tout le monde, et nous tenions à vous rassurer et vous donner des explications.

Ladybug fit une pause, afin de bien mettre l'accent sur ce qui allait suivre.

- Il y a plusieurs années de cela, nous vous avions fait une promesse, dit-elle d'un air grave. Celle de protéger les habitants de Paris et de mettre le Papillon hors d'état de nuire. Nous nous doutons que vous avez suivi les informations ces derniers jours, mais nous tenions à vous le confirmer de vive voix aujourd'hui : le Papillon et Mayura ont bien été vaincus, et sont enfin derrière les barreaux.

Cette annonce fut accueillie par des cris de joie qui parcoururent l'assistance.

- Vive Ladybug ! Vive Chat Noir ! scandait la foule surexcitée.

Certaines personnes brandissaient même des drapeaux et des pancartes à l'effigie des deux super-héros. Chat Noir se demanda vaguement à quel moment les habitants de Paris avaient eu le temps d'être aussi bien préparés pour cette conférence qui avait été annoncée seulement quelques heures plus tôt.

- Merci Ladybug, merci Chat Noir, renchérit André Bourgeois. C'est avec un immense soulagement que nous recevons cette annonce. Grâce à vous, Paris va enfin pouvoir dormir sur ses deux oreilles.

Une autre vague de cris de joie résonna sur la place.

Le Maire se pencha vers son assistante en lui murmurant quelque chose à l'oreille et celle-ci lui tendit deux petites boîtes carrées en velours. André Bourgeois eut l'air satisfait et se tourna vers les deux super-héros.

- Permettez-moi de vous remettre cette médaille du mérite de la part de la Ville de Paris, pour vous remercier de tout ce que vous avez fait pour nous.

Joignant le geste à la parole, André Bourgeois leur tendit à chacun une petite boîte que Ladybug et Chat Noir saisirent poliment en le remerciant profusément.

- C'est nous qui devons vous remercier de nous avoir fait confiance et de nous avoir aidés, d'avoir tenu bon sans jamais baisser les bras. Merci de nous avoir soutenus toutes ces années comme vous l'avez fait. Les vrais héros, c'est vous, habitants de Paris ! s'écria Ladybug avec un sourire éclatant en se tournant vers l'assistance.

Elle avait réellement l'impression d'en faire des tonnes, mais elle se devait de masquer son ressenti pour faire bonne figure devant le parterre de parisiens qui étaient venus les acclamer. La marée de visages devant elle la rendait un peu nerveuse.

- Mais comment est-ce qu'on peut être sûrs qu'on est en sécurité ? Qu'est-ce qui nous dit qu'ils ne vont pas revenir ? cria quelqu'un dans la foule.

Les deux super-héros s'étaient attendus à cette question.

- Leurs Miraculous leur ont été retirés et sont à présent en lieu sûr, répondit patiemment Ladybug avec un sourire rassurant. De notre côté, nous n'allons pas disparaître pour autant. Notre présence sera certainement plus rare étant donné qu'il n'y a plus de danger immédiat, mais nous serons toujours là en cas de besoin. Nous vous promettons de continuer à veiller sur vous comme nous l'avons fait ces dernières années.

Cette déclaration sembla calmer les esprits, et les murmures se firent moins insistants.

Resté légèrement en retrait, Chat Noir observait Ladybug s'adresser à la foule avec un demi-sourire empli de fierté. Les deux super-héros échangèrent un regard de connivence et Ladybug se tourna à nouveau vers son auditoire, sachant qu'il lui restait à aborder un sujet épineux qui lui tenait à cœur.

- Avant de vous laisser, il y a un sujet important que nous voulons aborder. Ces deux derniers jours, la presse s'est injustement acharnée sur le fils de Gabriel Agreste, Adrien.

Ladybug s'interrompit, avant de prendre une grande inspiration.

- Nous allons mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes : Adrien Agreste n'a jamais été lié de près ou de loin aux activités du Papillon, asséna-t-elle.

Le regard de Ladybug s'était fait dur.

Un murmure parcourut la foule.

Elle agrippa plus fortement le pupitre et continua :

- Il n'a jamais été au courant de quoi que ce soit. Et lorsqu'il a découvert ce qui se tramait chez lui, il nous a immédiatement prévenus. C'est grâce à lui que nous avons pu découvrir l'identité du Papillon et que nous avons pu le mettre hors d'état de nuire. Nous avons aidé Adrien à s'échapper de chez lui une fois le Papillon et Mayura neutralisés. Il est actuellement à l'abri dans un lieu tenu secret loin de Paris, sous notre protection.

- Pourquoi est-ce qu'il se cache alors, s'il n'a rien à se reprocher ? cria quelqu'un.

Ladybug sentit Chat Noir se tendre légèrement à côté d'elle.

- Il ne se cache pas, il se protège de toute cette folie ambiante depuis l'arrestation de son père, dit-elle avec un calme qu'elle était bien loin de ressentir.

Elle avait beaucoup de mal à se retenir de bondir à la gorge de quiconque oserait dire du mal d'Adrien.

- Adrien Agreste a beau être une personnalité publique, cela ne veut en aucun cas dire qu'il n'a pas droit au respect et d'avoir un peu d'intimité durant cette période très difficile pour lui.

Ladybug sentait qu'elle prenait les choses beaucoup trop à cœur pour quelqu'un qui était censée rester neutre ; elle inspira pour se calmer et essayer de faire retomber la pression qui montait en elle.

- Imaginez que vous ayez brutalement découvert que la personne qui terrorisait Paris depuis des années était en réalité votre père, ajouta-t-elle, prenant le public à parti. Il y a de quoi être choqué. Tout ce que nous vous demandons, c'est un peu de compassion pour lui, et de respecter sa vie privée. Dans le cas contraire, si je surprends qui que ce soit, civil, journaliste, ou paparazzi rôder autour de lui, cela risque de très mal se passer pour vous.

La vague de murmures s'intensifia au sein du public pour finalement s'éteindre, et Ladybug put constater avec satisfaction que plus personne n'osait prendre la parole.

Chat Noir qui n'était pas intervenu jusqu'à présent se pencha par-dessus l'épaule de Ladybug, les bras croisés sur sa poitrine.

- Et je peux vous assurer qu'il ne faut pas prendre les paroles de ma Lady à la légère, ajouta-t-il dans le micro, un sourire à la fois espiègle et féroce suspendu à ses lèvres. Elle n'a pas hésité à mettre son poing dans la figure de Gabriel Agreste, alors imaginez ce dont elle est capable.

A ces mots, la justicière masquée manqua de s'étrangler. Le fait que son coéquipier lui rappelle ce moment en direct à la télévision devant la France entière la fit rougir jusqu'aux oreilles, et Ladybug n'avait jamais été aussi heureuse de porter un masque qui lui couvrait la moitié du visage. Mais d'entendre son partenaire plaisanter sur le sujet lui allégea considérablement le cœur.

Quelques rires parcoururent l'assistance, et de nombreuses personnes levèrent leur point en l'air en scandant le nom de Ladybug. Gabriel Agreste n'avait jamais été une personnalité très appréciée, mais visiblement, l'idée que Ladybug lui ait fait passer un sale quart d'heure réjouissait beaucoup de monde. Les yeux verts de Chat Noir étincelaient de malice, ravi du petit effet que sa remarque avait eu sur le public.

La jeune héroïne se recomposa un visage neutre et s'éclaircit à nouveau la voix, sentant le regard taquin de Chat Noir sur elle.

- Cette réunion touche à sa fin, nous vous remercions pour votre temps et votre attention, annonça-t-elle solennellement. Nous remercions également Monsieur le Maire d'avoir mis en place cette conférence malgré le très court délai. Prenez soin de vous et à bientôt, nous ne serons jamais très loin.

Un brouhaha reprit dans l'assistance, et plusieurs journalistes tentèrent de les retenir avec des questions, mais c'était peine perdue. D'un seul mouvement, Ladybug et Chat Noir se tournèrent l'un vers l'autre et bondirent sur le toit de l'Hôtel de Ville avant de disparaître derrière le bâtiment.

oOo

- Tu étais vraiment obligé d'annoncer au monde entier que j'avais mis le poing dans la figure de ton père ?

A peine Ladybug et Chat Noir s'étaient détransformés dans la chambre de Marinette que la jeune fille se tourna vers lui, ses grands yeux bleus lançant des éclairs.

- C'est loin d'être un de mes plus grands moments, je ne suis pas vraiment fière de m'être laissée emporter comme ça, se justifia-t-elle. Ladybug ne résout pas les problèmes par la violence, qu'est-ce que les gens vont penser de moi maintenant, hein ?

- Moi je pense que tu te compliques beaucoup trop la vie Buginette, répondit Adrien en passant affectueusement son bras autour des épaules de sa coéquipière. Et je ne suis pas d'accord avec toi : c'était vraiment un de tes plus grands moments, ajouta-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles.

Marinette baissa les yeux, sentant ses joues chauffer.

- Ça va aller ? demanda soudain Adrien, redevenant sérieux.

Il passa affectueusement sa main le long des épaules de la jeune fille, et Marinette se demanda s'il avait senti la tension qui l'habitait. Après toutes ces années à combattre main dans la main, Adrien pouvait vraiment lire en elle comme un livre ouvert. Elle réalisa à quel point ses épaules étaient contractées, et elle laissa échapper un long soupir.

- Merci, ça va aller, le rassura-t-elle en posant brièvement sa tête contre lui, tandis que Adrien continuait à passer sa main dans son dos. Mais et toi surtout ? lui demanda-t-elle. Comment tu te sens ?

Le jeune homme fit une pause, comme s'il venait de réaliser qu'il n'avait pas de réponse à cette question et qu'il cherchait à définir comment il se sentait.

- Je suis complètement vidé, admit-il. Mais bizarrement, je m'attendais à ce que ce soit bien plus dur que ça.

- En tout cas, j'espère vraiment que les médias vont te laisser tranquille maintenant.

Adrien acquiesça machinalement, les lèvres pincées. Il savait pertinemment que, même si le discours de Ladybug avait calmé les esprits, il resterait toujours des gens persuadés de sa culpabilité qui ne le laisseraient jamais en paix.

Comme si sa coéquipière avait lu dans ses pensées, elle prit sa main dans la sienne et la serra affectueusement.

- Tu es à l'abri ici. Tu n'as plus à t'inquiéter de tout ça.

Ne sachant quoi répondre, Adrien hocha à nouveau la tête et esquissa un sourire tout en l'attirant contre lui. Il avait vraiment besoin de réconfort après cet après-midi éprouvant.

- Je crois qu'on a bien mérité un petit goûter, fit Marinette avec un clin d'œil.

oOo

Tous les quatre installés autour du gâteau d'Adrien, Tom et Sabine ne tarissaient pas de compliments sur son dessert.

- Vraiment Adrien, je t'assure, pour quelqu'un qui n'avait jamais fait de gâteau avant aujourd'hui, il est très réussi ! le félicita Tom, et Adrien ne put masquer son sourire empli de fierté d'avoir vu sa tentative de cuisine validée par le meilleur pâtissier de Paris.

- Oh, c'est surtout grâce à Marinette, je n'ai pas fait grand chose, se défendit-il malgré tout d'un air humble.

- Adrien, ne dis pas de bêtises, c'est toi qui a quasiment tout fait ! le reprit Marinette. Vraiment, il fait le modeste, mais je n'y suis pour rien dans le succès de ce gâteau.

Adrien finit par accepter les compliments, les joues roses de bonheur.

- Au fait, vous avez vu l'intervention de Ladybug et Chat Noir ? demanda Sabine.

- Oui on... on a regardé dans ma chambre, improvisa Marinette avec un regard entendu en direction d'Adrien qui acquiesça.

- Ils ont bien fait de prendre la parole, les gens se posaient énormément de questions, que ce soit sur toi Adrien ou bien sur ton père. A la boulangerie, ça n'a pas arrêté du week-end sur le sujet.

- C'était drôlement futé de leur part d'ailleurs, de dire que tu n'étais plus à Paris, fit remarquer Tom. Au moins, les journalistes te ficheront la paix, ils ne penseront jamais à venir te chercher ici.

- En tout cas, je suis rassurée si tu es sous la protection de Ladybug et Chat Noir, renchérit Sabine d'un air soulagé. Ils savent que tu es ici ? Tu es en contact avec eux ?

Adrien et Marinette échangèrent un drôle de regard et Adrien hocha la tête de haut en bas.

- Oui, on peut dire ça. Ils savent que je suis ici. Merci encore pour tout ce que vous faites pour moi d'ailleurs, je vous en suis éternellement reconnaissant de pouvoir rester ici le temps que cette histoire se tasse.

- Mais tu n'as pas à nous remercier mon grand, c'est naturel, fit Tom en lui ébouriffant affectueusement les cheveux. On est ravis de t'avoir avec nous.

Les mots de Tom lui allèrent droit au cœur, et le sourire à la fois timide et empli de gratitude d'Adrien ne quitta pas ses lèvres de tout le goûter.

oOo

Les deux adolescents passèrent le reste de la journée ensemble, sous le regard bienveillant de leurs kwamis ; Plagg et Tikki étaient ravis de voir que la dynamique unique qui caractérisait Chat Noir et Ladybug était toujours intacte et transparaissait de plus en plus dans les échanges entre Adrien et Marinette.

Lorsque la jeune fille éclata de rire à l'une de ses blagues, le visage d'Adrien s'illumina d'un grand sourire et il continua à la taquiner.

- Je savais bien que tu finirais par te rendre compte à quel point mes blagues et mes jeux de mots que tu détestes tant sont exquis, lança-t-il, un sourire en coin.

Au lieu de répliquer, Marinette s'interrompit, légèrement étonnée par cette remarque.

- Je... Je n'ai jamais détesté tes jeux de mots et tes blagues.

Pris de court, Adrien fronça les sourcils d'incompréhension.

- Ce n'est pas que je n'aime pas tes blagues, se justifia-t-elle. C'est plutôt... Ton sens du timing qui est très discutable.

- Mon timing est parfait tu veux dire ! s'exclama Adrien d'un air outré.

Marinette leva les yeux au ciel.

- Adrien, tu crois vraiment que c'est le moment de dire « Je crois que je l'ai mis en pétard » quand tu as un akuma aux trousses en train d'essayer de te tuer à grand renfort de bâtons de dynamite ? s'exclama-t-elle sur un ton à la fois amusé et exaspéré.

- Mais tu avoues tout de même que c'était extrêmement bien trouvé, non ? lança Adrien avec un grand sourire satisfait, tandis que Marinette poussait un grognement en enfouissant son visage dans ses deux mains en signe de défaite.

Le visage d'Adrien s'illumina.

- Mais donc ça veut dire que tu as toujours aimé mes blagues alors ! s'exclama-t-il avec l'air d'un petit garçon auquel on venait d'annoncer que Noël allait tomber deux fois cette année.

Marinette ne répondit rien, mais son silence suffit à afficher un sourire permanent sur les lèvres de son coéquipier.

oOo

La nuit commençait à tomber, et Tom et Sabine avaient fermé la boulangerie suffisamment tôt pour pouvoir profiter des enfants et passer la soirée tous ensemble.

Plus Adrien côtoyait Marinette et ses parents, et plus il remarquait à quel point leur dynamique familiale ne ressemblait en rien à ce qu'il avait connu jusqu'à présent. Lui qui n'avait jamais réellement partagé de passe-temps avec son propre père, à part des leçons de piano dignes d'un entraînement militaire ou bien des essayages interminables pour une nouvelle collection couture à venir, de se retrouver coincé sur le canapé entre deux adultes qui s'affrontaient dans une partie acharnée d'Ultimate Mecha Strike IV lui paraissait aussi extraordinaire qu'irréel.

Marinette observait Adrien discuter et interagir avec ses parents, le cœur gonflé de bonheur à l'idée qu'il se sente vraiment à l'aise avec eux.

Il faisait partie de la famille. De sa famille.

Et cette pensée lui diffusait une douce chaleur sous sa poitrine.

Ce soir-là, Marinette pulvérisa littéralement le top score sous les grognements mécontents de ses parents et d'Adrien qui demandèrent une revanche. Une autre partie couronnée par une nouvelle victoire de Marinette plus tard, tous s'accordèrent à poser les manettes et terminer la soirée plus calmement.

- Comme la boulangerie est fermée le lundi matin, on profite du dimanche soir pour se coucher plus tard et passer un peu de temps tous ensemble, expliqua Tom à Adrien tandis que Marinette se blottissait contre ses parents qui l'enlacèrent tendrement. On regarde beaucoup de films ou de séries. C'est une de nos traditions.

- J'aime beaucoup cette tradition, fit Adrien avec un grand sourire.

- Ça te dit qu'on se regarde quelque chose tous ensemble ? proposa Sabine.

Adrien acquiesça vivement, son regard d'émeraude étincelant de bonheur.

Tous se mirent rapidement en pyjama et s'installèrent confortablement sur le canapé, un bol gigantesque de pop-corn posé sur la table basse devant eux. Lorsque le générique de début apparut à l'écran, Adrien sentit Marinette changer de position à côté de lui, et son cœur manqua un battement lorsque sa coéquipière posa timidement sa tête sur son épaule. Un doux sourire étira ses lèvres, et il se pencha légèrement vers elle pour poser sa tête contre la sienne.

Bercée par la douce atmosphère de la pièce et l'ambiance calme et tamisée du film, Marinette ferma momentanément les yeux ; à présent que la pression des derniers jours était légèrement retombée, elle réalisait à quel point elle était épuisée. Elle se sentait tellement bien tout contre Adrien qu'elle plongea sans s'en rendre compte dans un sommeil léger, sa respiration se faisant de plus en plus régulière à mesure que les minutes passaient. Adrien la contempla un instant, une expression si douce dans le regard que les joues de Marinette se seraient certainement parées de leur plus belle teinte de rouge si elle avait pu s'en rendre compte.

oOo

Concentré sur le film, Adrien ne se rendit pas immédiatement compte que Marinette s'était recroquevillée tout contre lui et semblait tendue. Lorsqu'il la sentit bouger, il détourna momentanément son regard de la télévision et remarqua qu'elle grelottait légèrement, ses deux poings serrés contre sa poitrine. Adrien fit discrètement signe à Sabine de lui faire passer le plaid chauffant qu'il avait offert à Marinette le matin-même et qui était resté sur le canapé, et il s'empressa d'emmitoufler la jeune fille dedans pour la réchauffer. Une fois qu'il se fut assuré que sa coéquipière était entièrement blottie sous la couverture, il passa tendrement son bras autour d'elle et reporta son attention sur le film, sans remarquer les regards que Sabine et Tom se lançaient, complètement attendris par cette scène.

oOo

Marinette dormait à poings fermés depuis longtemps lorsque le générique de fin défila à l'écran. Chaudement blottie dans les bras d'Adrien, elle ne réagit même pas lorsque le jeune homme essaya de la réveiller.

- Marinette ? tenta-t-il en passant doucement une main dans son dos.

Pour toute réponse, la jeune fille poussa un long soupir et se pelotonna un peu plus contre lui, lui arrachant un petit rire empli d'affection.

- Quand elle dort comme ça, il faudrait un tremblement de terre pour la faire réagir, fit Tom avec un sourire amusé.

- Je vais l'emmener dans sa chambre, proposa Adrien. Ça ne sert à rien de la réveiller maintenant.

Joignant le geste à la parole, Adrien passa délicatement son bras libre dans le creux de ses jambes et se leva du canapé tout en la tenant contre lui. La tête de Marinette dodelinait légèrement contre son épaule, et il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, le cœur gonflé d'affection pour sa coéquipière.

- Bonne nuit les enfants, fit Sabine d'une voix chuchotée tout en les embrassant au passage.

Marinette ne broncha pas, mais Adrien aurait pu jurer qu'elle avait esquissé un sourire dans son sommeil.

- Merci Sabine, répondit-il. Bonne nuit aussi, à demain.

Tom les embrassa tous les deux à son tour, et Adrien monta lentement à l'étage avec des mouvements contenus pour ne pas réveiller Marinette.

Lorsqu'il disparut par la trappe de la chambre, Tom et Sabine se lancèrent un regard qui en disait long.

- Je crois qu'il ne va pas beaucoup utiliser sa chambre, remarqua Tom avec un petit rire.

- C'est vrai qu'on ne lui a pas demandé son avis... peut-être qu'on aurait dû lui proposer de partager la chambre de Marinette, réfléchit Sabine. Le pauvre petit, ajouta-t-elle d'un air soucieux. Je crois qu'il a été bien trop longtemps seul.

Elle ne put empêcher un long soupir de passer ses lèvres.

- Il a vécu des choses tellement dures pour un gamin de son âge, dit-elle en posant sa main sur celle de son mari. Ca aurait pu le détruire, et pourtant, il reste agréable et positif malgré tout.

Tom hocha la tête.

- C'est vraiment quelqu'un de bien. Je n'ai jamais vu un garçon aussi poli, bien élevé et respectueux. Et c'est un miracle avec un père pareil ! Si je l'avais eu sous la main, je serais allé lui dire deux mots à cet affreux bonhomme ! lâcha-t-il en serrant le poing, la mâchoire contractée par la colère.

- Il y a quelque chose dont je ne t'ai pas parlé, se rappela Sabine. Mais quand Adrien est arrivé à la maison vendredi, je l'ai entendu pleurer au beau milieu de la nuit. J'étais prête à me lever pour aller le voir mais Marinette est descendue pour le rassurer. Il doit vivre un véritable cauchemar intérieurement, le pauvre. Je comprends qu'il ait besoin de compagnie.

- En tout cas, ça me rassure de voir qu'il a l'air de se sentir bien ici, fit Tom.

- Et tu l'as vu avec Marinette ? lança soudain Sabine avec un regard malicieux.

- Ça se voit qu'il l'adore, fit Tom d'un air émerveillé. Ils rayonnent de bonheur quand ils sont ensemble. Tu as vu comment il la regarde ?

Sabine acquiesça vivement.

- C'est vraiment un gentleman avec elle.

- Tu l'as déjà adopté, hein ? la taquina Tom en l'embrassant, une lueur de malice brillant dans ses yeux verts, tandis que Sabine esquissait un doux sourire qui en disait long.

oOo

A l'étage supérieur, Adrien était confronté à un problème logistique : comment mettre Marinette au lit sans la réveiller ? Sa coéquipière avait refermé son poing sur son T-shirt de pyjama et ne semblait pas vouloir le lâcher. Avec un petit sourire, il tenta de la glisser sous les draps avec l'aide de Tikki et Plagg qui tenaient la couverture soulevée. Il se redressa avec l'idée d'aller dormir sur la banquette pour la laisser se reposer tranquillement mais la jeune fille n'était visiblement pas de cet avis : elle grommela en sentant Adrien s'éloigner d'elle, et s'agrippa plus fort à lui. Amusé, Adrien déclara forfait et s'allongea à côté d'elle, se blottissant le plus possible contre elle sans la réveiller.

Il la contempla un instant dans son sommeil, un sourire bienveillant suspendu à ses lèvres ; il avait toujours eu beaucoup d'affection pour Marinette, mais la tendresse qu'il avait pour elle couplée à l'admiration et au respect qu'il éprouvait pour Ladybug gonflaient à présent son cœur d'une adoration sans bornes. Et il était d'autant plus heureux que la jeune fille le lui rendait bien.

Il était parfois tout étourdi - et presque un peu inquiet - de constater à quelle point la présence de Marinette lui était devenue vitale en seulement quelques jours, mais après des années de frustration à n'avoir que des contacts ponctuels avec Ladybug et de ne pouvoir profiter de Marinette et ses amis uniquement au lycée, cette proximité le réjouissait plus que tout.

Sans se départir de son sourire, il enfouit son visage dans les cheveux de jais de sa coéquipière et ferma les yeux.


Alors alors ? :D

C'est drôle car vous étiez nombreux à attendre cette conférence de presse. Pour tout vous dire, ce passage n'était même pas présent dans ma première version de l'histoire. Puis au fur et à mesure que la fic se déroulait sous mon clavier, l'angle médiatique devenait de plus en plus important, et je sentais que la conférence de presse allait devenir impérative. Mais elle ne faisait quelques lignes, tout au plus. Pour finalement avoir droit à son chapitre à part entière, très vite intégré à la trame de l'histoire.

En tout cas, je vais me répéter, mais ça fait toujours vraiment plaisir de savoir ce que vous pensez de cette histoire. Merci pour vos petits mots, ça me touche vraiment ! N'hésitez pas à me laisser une petite trace de votre passage, et vérifiez vos Inbox, je vous réponds directement ;)

Bug out!