Résumé des chapitres précédents : La soirée avec ses meilleurs amis chez Tom et Sabine et la bataille de boules de neiges le lendemain ont redonné la pêche à Adrien qui remonte doucement la pente après le cauchemar éveillé dans lequel il s'est retrouvé plongé en découvrant que son père était le Papillon.
Petit à petit, il tisse une relation privilégiée avec Marinette, et de savoir à présent qui se cache sous le masque de sa coéquipière lui rempli le coeur de bonheur.
Mais ce bonheur, allait-il durer ?
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CHAPITRE 16
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Plus le temps passait, et plus Marinette pouvait observer des changements dans l'attitude d'Adrien. Ces changements étaient presque imperceptibles pour qui n'y prêtait pas attention, mais les deux adolescents passaient le plus clair de leur temps ensemble, et Marinette voyait à quel point le jeune garçon qui était arrivé chez eux brisé et meurtri quelques semaines plus tôt semblait apaisé, libéré d'un poids. Marinette pouvait encore parfois surprendre des regards distants ou bien une angoisse toujours bien présente dans les yeux d'émeraude de son coéquipier lorsqu'il ne se pensait pas observé, mais malgré tout, Adrien semblait reprendre progressivement du poil de la bête. Il dormait mieux ; ses cauchemars se faisaient moins fréquents, et il était beaucoup plus en forme dans la journée. Et surtout, il souriait à nouveau. Riait, même.
Au début, lorsque Marinette surprenait un de ses regards éteints, elle tentait toujours de lui demander avec énormément de précaution si tout allait bien, mais Adrien se contentait de hausser les épaules avec un sourire artificiel en lui assurant que oui, bien que l'expression de son visage racontait une toute autre histoire. Dans ces moments-là, elle faisait tout pour lui changer les idées ; l'image d'Adrien en pleurs la première nuit qu'il avait passée ici revenait parfois la hanter, et elle était heureuse de voir le chemin qu'il avait parcouru en si peu de temps, même si elle aurait préféré que rien de tout cela ne lui soit arrivé. Marinette s'était donnée pour mission de tout faire pour qu'Adrien se sente bien et soit le plus heureux possible, et Adrien lui en était vraiment reconnaissant.
Ses étreintes se faisaient également moins désespérées. Adrien était toujours aussi câlin avec Marinette, pour le plus grand plaisir de sa coéquipière, mais il ne se cramponnait plus à elle comme si sa vie en dépendait. Il la prenait dans ses bras avec des gestes plein de douceur et de tendresse pour elle, et le cœur de Marinette manquait parfois un battement face à toutes ses démonstrations d'affection. La jeune fille se doutait qu'il n'avait pas dû recevoir beaucoup de câlins chez lui ces dernières années, aussi n'hésitait-elle pas à l'inonder de tendresse lorsque l'occasion se présentait. Elle avait parfois encore du mal à réaliser à quel point leur relation avait changé en seulement quelques semaines, et elle pensait avec un amusement doublé d'une certaine honte à la Marinette de 14 ans qui se serait littéralement dissoute rien qu'à l'idée d'être dans les bras d'Adrien.
Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de remarquer que sa coéquipière restait parfois toujours un peu timide avec lui, comme si elle avait encore un peu de mal à déterminer qui de Ladybug ou de Marinette transparaissait le plus en sa présence. Il adorait cette assurance légèrement réservée et maladroite que sa coéquipière dégageait dans la vie de tous les jours, et il était plus que ravi de pouvoir passer autant de temps avec elle.
En le voyant évoluer chez elle, Marinette ne pouvait s'empêcher de constater qu'Adrien semblait aussi beaucoup plus à l'aise au sein de sa famille ; lui qui était plutôt réservé en arrivant s'ouvrait de plus en plus. Tous l'innondaient si naturellement d'amour, et il adorait ce sentiment de chaleur qu'il ressentait en permanence sous sa poitrine. Il n'aurait su le définir, mais la seule chose dont il était sûr était que ce sentiment lui faisait énormément de bien, et que c'était quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps.
Plus il passait de temps chez Marinette et plus il découvrait à quel point sa propre éducation différait complètement de la façon dont Tom et Sabine avaient élevé leur fille, et il en voulait parfois à son père de l'avoir privé de tout ça. D'une famille aimante et unie. De relations saines basées sur la complicité et la confiance, et non sur des mensonges, du chantage et des manipulations en tout genre.
Il se sentait tellement bien ici. Dans cette famille qui l'avait adopté inconditionnellement sans poser de questions. Il avait découvert une toute autre façon de fonctionner, qui était basée sur l'échange et le respect, et surtout, l'amour. Les parents de Marinette s'intéressaient vraiment à lui et à ce qu'il faisait, ce qu'il aimait, et Adrien découvrait qu'il pouvait exprimer ce qu'il ressentait, ce dont il avait envie, sans craindre de se voir essuyer un refus ou bien que ses sentiments soient minimisés ou non pris en compte. Avec eux, il pouvait avoir de vraies discussions où son opinion comptait.
Et pour la première fois de son existence, il ne ressentait pas le besoin de se soucier de maintenir l'image qu'il avait l'habitude de présenter au monde entier. Certes, il avait encore beaucoup de mal à se défaire de son persona de garçon parfait qui était profondément ancré en lui depuis sa naissance, et cette mise à nu était aussi réconfortante que terrifiante pour lui qui n'avait jamais eu besoin de se dévoiler ainsi à quiconque. Une infime partie de lui craignait toujours que s'il n'agissait pas exactement comme ce qu'il était attendu de lui, les gens qui l'entouraient n'allaient plus l'aimer et l'abandonner, mais il se raisonnait rapidement car il savait tout au fond de lui que ce n'était pas vrai.
Qui était-il, tout au fond de lui ? Adrien avait passé tellement d'années à se blinder et à refouler tout ce qu'il pouvait ressentir, tout ce qu'il était, qu'il ne savait parfois plus comment fonctionner. Seule l'idée réconfortante que les personnes qui étaient chères à son cœur l'appréciaient inconditionnellement le rassurait.
C'était donc ça, d'être un adolescent au sein d'une vraie famille ?
Adrien ne s'était jamais senti aussi vivant.
Lui qui était habitué à passer la majorité de ses journées tout seul, à attendre le prochain rendez-vous ou shooting photo et être ignoré le reste du temps, il se demandait encore parfois à quel moment tout ce bonheur allait lui être retiré. Il avait la sensation que ce n'était qu'une question de temps avant que sa vie ne bascule à nouveau, et il essayait tant bien que mal de contenir cette angoisse qu'il éprouvait régulièrement. Seul un regard en direction de Marinette pouvait le rassurer dans ce genre de moments, et il s'empressait de venir se blottir dans ses bras grands ouverts.
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- Tout va bien, Chaton ?
Perdu dans ses pensées, Adrien ne réagit pas immédiatement. Il sentit Marinette poser sa main sur la sienne, comme elle le faisait toujours avant qu'ils ne s'endorment, et il se tourna vers elle sous les draps ; Marinette pouvait voir à ses traits tirés que quelque chose le tourmentait. Adrien poussa un léger soupir et baissa les yeux.
- Marinette, fit-il d'une toute petite voix. Est-ce que tu crois que... que j'ai bien fait d'envoyer mon père en prison ?
Adrien se mordit les lèvres, regrettant immédiatement sa question. Il avait encore beaucoup de mal à digérer l'idée que son père lui avait menti pendant toutes ces années, mais cette pensée persistante flottait dans un petit coin de son esprit, brouillant complètement son jugement.
Marinette sonda un instant son regard avant de répondre.
- Tu regrettes ? lui demanda-t-elle.
- Je ne sais plus, dit-il en fixant le plafond. J'ai quand même sciemment envoyé derrière les barreaux la seule famille qu'il me restait. Je... je déteste ce que je vais dire mais... Mon père me manque.
Adrien s'interrompit pour relâcher un long soupir.
- Comment une ordure pareille peut me manquer à ce point ?
- Parce que c'est ton père, et que tu l'aimes malgré tout, répondit-elle simplement.
Adrien resta pensif.
- J'aurais dû t'écouter, reprit-il d'un air déconfit. On aurait pu éviter le scandale, et j'aurais conservé un semblant de famille et de vie privée...
- Mais est-ce que tu aurais pu continuer à vivre avec lui tout en sachant ce qu'il a fait ?
Il n'y avait aucun jugement ni réprimande dans le ton de Marinette. Seulement beaucoup de compréhension. Adrien dut bien admettre que, bien qu'il se sentait coupable d'avoir dénoncé son père, jamais il n'aurait pu rester vivre avec lui comme si de rien n'était après tant de mensonges et de secrets.
- Dans un sens, je crois que j'aurais aimé ne jamais découvrir qu'il était le Papillon. J'ai l'impression d'avoir été égoïste, de ne pas avoir prêté attention à mon père alors qu'il n'allait clairement pas bien. Peut-être que tout ça ne serait jamais arrivé.
Lorsque ces mots franchirent les lèvres d'Adrien, le cœur de Marinette se serra. C'était donc ça qui le travaillait : il se sentait toujours responsable des agissements de son père. Adrien était clairement une des victimes dans cette histoire, mais Gabriel Agreste avait tellement prédisposé son fils à la culpabilité que le jeune homme était persuadé que tout était de sa faute.
Une vague de colère contre Gabriel Agreste monta en elle, et elle eut toutes les peines du monde à réfréner son envie de se transformer, de foncer jusqu'au commissariat où était retenu le styliste et de lui délivrer un autre coup de poing en pleine figure pour tout ce qu'il avait fait subir à son fils.
A défaut, Marinette posa ses deux mains sur les joues d'Adrien en le regardant droit dans les yeux.
- Adrien, rien de tout ce qui arrive n'est de ta faute, déclara-t-elle d'un ton ferme. Tu n'as pas à culpabiliser, tu es quelqu'un de bien.
Voyant qu'Adrien semblait vouloir répliquer, elle ajouta :
- Et même si tu avais été un petit con détestable et imbu de lui-même qui enchaîne scandale sur scandale dans la presse people et qui dilapide ta fortune familiale en drogue ou je ne sais quoi d'autre, tu n'aurais toujours pas été responsable du comportement de ton père. C'est un adulte. Il savait ce qu'il faisait. C'est lui qui aurait dû prendre soin de toi, et pas l'inverse.
Pour toute réponse, Adrien haussa les épaules et détourna le regard.
- Qu'est-ce que tu en sais que je suis quelqu'un de bien ? murmura-t-il entre ses dents, évitant soigneusement le regard de sa coéquipière.
A ces mots, le regard de Marinette s'adoucit, et son cœur se serra. Comment Adrien pouvait-il douter à ce point et ne pas voir à quel point il était fabuleux ? Bien sûr, elle était loin d'être objective, mais à présent qu'elle connaissait toutes les facettes de la personnalité de son coéquipier, elle savait que son jugement était bien plus honnête qu'avant.
- Parce que je connais mon Chat Noir et je te connais toi Adrien, répondit-elle avec affection. Pas aussi bien que je le croyais, certes, ajouta-t-elle avec un clin d'œil qui arracha un faible sourire à son coéquipier. Mais je vous connais. Je te connais. Et parce qu'après tout ce que tu as vécu, tu aurais clairement pu devenir un garçon insupportable, cruel, et froid, mais tu n'es rien de tout ça. Tu es quelqu'un de profondément gentil, de courageux, et surtout, tu as un grand cœur.
Adrien sentit ses joues chauffer. C'était donc vraiment l'opinion que Marinette avait de lui ? Que sa Lady avait de lui ?
- Tu sais, continua Marinette, ignorant tout du trouble d'Adrien. Quand on s'est rencontrés, je t'ai très mal jugé. Je te croyais arrogant... superficiel... Tu étais Chloé au masculin pour moi. Mais tu m'as vite démontré le contraire, et... je suis contente d'avoir appris à te connaître, parce que... tu es vraiment quelqu'un de génial, conclut-elle, se sentant rougir.
Une petite partie de Marinette n'en revenait pas d'avoir pu avouer tout cela à Adrien. Mais dans le noir de sa chambre, au creux de la nuit, ces confessions lui semblaient infiniment moins lourdes à porter. Et s'il y avait bien une chose qui la scandalisait plus que tout, c'était qu'Adrien doute à ce point de lui-même.
Elle ne pouvait pas voir à quel point Adrien était touché par ses mots, mais elle poussa un léger cri de surprise lorsque le jeune homme jeta ses bras autour d'elle pour la serrer tout contre lui.
- Merci... murmura-t-il tout contre elle d'une voix étranglée. Mais c'est toi qui est géniale. Je suis tellement heureux de t'avoir rencontrée. Marinette et Ladybug réunies.
Adrien relâcha légèrement son étreinte pour planter son regard d'émeraude dans celui de Marinette.
- Je me sens tellement chanceux de t'avoir, confessa-t-il. Et pourtant, ce Chat Noir n'est pas réputé pour sa chance, ajouta-t-il en se désignant du doigt, arrachant un petit rire à sa coéquipière.
- C'est moi qui ai de la chance de t'avoir, mon Chaton, répondit Marinette d'une toute petite voix, les yeux brillants.
- Miaou, miaula Adrien avec un petit sourire tout en enfouissant son visage dans le creux de son cou.
Marinette eut un petit rire mais ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en lui gratouillant le dessus du crâne.
- Adrien, tu es au courant que tu n'es pas vraiment un chat ?
- Je suis désolé Marinette, je ne comprends pas ce que tu dis, j'ai juste besoin de beaucoup de câlins, déclara-t-il solennellement en se blottissant exagérément tout contre elle.
- Finalement, je retire ce que je viens de dire, tu es un vrai chat, aussi envahissant et pot de colle.
- Mais c'est pour ça que tu m'aimes, lança-t-il en frottant sa tête sous le menton de sa coéquipière pour la chatouiller.
Marinette poussa un cri doublé d'un éclat de rire et le repoussa, mais ne répondit rien, troublée.
Je commence à avoir une relation d'amour-haine avec cette fanfiction. D'amour parce que je l'aime et que j'ai envie d'avancer dans l'histoire le plus vite possible car il reste encore plein de péripéties à vous faire découvrir. Mais de haine car j'aimerais écrire beaucoup plus vite, avoir plus de temps, et arrêter de vouloir réécrire chaque chapitre au lieu d'avancer.
En tout cas, merci d'être toujours là malgré les mises à jour sporadiques. J'aime cette fic et je ne l'abandonnerai jamais, promis :)
Bug out!
