Sang Noir version 2.0

( et oui j'ai bien mis 2.0, ceci n'est pas la première version^^)

NDA : NE PAS PASSER A COTE DE CECI ! JE FAIS PART DE CHOSES IMPORTANTES ! MERCI

Cette fiction a le RATING LE PLUS ELEVE présent sur ce site, autant vous dire qu'on est pas la pour enfiler des perles !

MENTION D'AGRESSION SUR ADULTE, SUR MINEUR, VIOL, MELANCOLIE CHRONIQUE, TORTURES, MEURTRES... !

En outre, vous entrez dans une UNIVERS ALTERNATIF ! Les Personnages ne sont PAS CANON ! Il y a beaucoup de OC !

Oui je sais, on est plus proche de l'œuvre originale que de la FanFiction mais faute d'un endroit plus approprié, je vous livre mon humble travail, puisque pour moi, même si cette histoire regroupe beaucoup de thèmes différents, de supports différents, et que la mythologie de mon univers est variée et complexe, c'est Ici qu'est sa place.

Malgrè le Rating et cette note, je mettrais tout de même à chaque début de chapitre, une mention supplémentaire pour la présence de scène trop choquante, lorsqu'il y en aura.

Alors partez du principe que vous êtes prévenu.

Sur ce, je vous souhaite la bienvenue dans mon petit monde étrange...

Disclaimers: Les Personnages, l'univers D'Harry Potter et l'idée est de Phenix Noir. Je ne suis qu'une fan girl qui s'assume. Exception faite de Accolon, Alec, Ambrose, Lilith, Perséphone, Mordred, Nokomis/Magena, Chumani, Ashitaka, Mitsuki, Shizuka, Akecheta, Tiyée, Kishi, Elan, Kiyia, Maya, Stasia, Kara, Proserpine, Lysandre et Crystal.

Couple: Harry/ Draco (bien évidemment), les autres c'est une surprise^^

Rating: M ! ALORS ON FAIT ATTENTION ! LE RATING N'EST PAS LA POUR FAIRE JOLI !

Résumé :Harry est un jeune sorcier épris de liberté qui voit sa vie basculer le jour où un groupe de vampire venu d'Avalon attaque son village. Leur chef, Draconis, un Prince vampire, l'emmène avec lui contre la vie de sa famille. Il se retrouve enfermé dans des appartements luxueux, avec pour seul perspective d'avenir, devenir un Calice. Si le vampire est loin de lui vouloir du mal, il devra faire preuve de patience pour gagner la confiance de son protégé, et encore plus s'il veut gagner son cœur…

Bonus Chronologique

Histoire de savoir qui est né quand (oui vous ne connaissez pas encore tout le monde mais c'est normal^^)

1610 : Naissance de Severus et Voldemort

1612 : Naissance de Lucius

1613 : Naissance de Bellatrix

1615 : Naissance de Narcissa

1620 : Naissance d'Androméda

1630 : Voldemort prend le pouvoir

1635 : Bellatrix et Voldemort se marient

1640 : Narcissa et Lucius se marient

1644 : Naissance de Remus et Fenrir

1645 : Naissance de James, Lili et Sirius

1649 : Rafle du clan du Hurlement, Remus et Fenrir sont capturés

1655 : Naissance de Draco

1656 : Fenrir est marqué

1660 : Naissance d'Accolon

1661 : Naissance de Harry et Neville

1662 : Naissance de Nokomis. Lucius et Narcissa montent sur le trône

1664 : Naissance de Lilith

1665 : Naissance de Luna

1668 : Naissance de Mordred et Perséphone

1677 : Naissance de Chumani

1680 : Harry est enlevé

Chapitre 11 :

Samhain

Harry avait bien réfléchit à comment il allait s'y prendre pour faire entendre raison à son mentor. Le résultat de ses pérégrinations était que si ses proches n'avaient pas réussi, après tant d'années, il n'y parviendrait pas non plus. Le seul qui le pouvait était Neville. Bien que maladivement timide, il se disait que son ami serait plus susceptible de se laisser convaincre. Sans compter qu'il était plus proche du jeune homme au vu du temps passé ensemble et des semis confessions qu'il lui avait faites. Le tout était de lui faire avouer ses sentiments et de lui glisser l'idée que Severus ressentait la même chose. Puis, lui laisser le temps de s'y faire, avant de l'aider à prendre confiance en lui, pour réveiller les élans amoureux de son vampire.

Cet homme ne pouvait pas être de pierre tout de même!? Il avait bien des désirs et il ne pourrait pas rester de marbre en toute circonstance. Mais où donc se situait son point de rupture? Harry avait vu certaines de ses réactions, qui avait fini de le convaincre: il était passé maître dans l'art de s'oublier, comme dans l'art des potions. Il lui fallait juste un petit coup de pouce pour se laisser le droit de vivre.

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Severus était fier de son élève. Harry gérait de mieux en mieux ses transes méditatives. Il était parvenu à apprivoiser son aura et à l'inclure dans ses protections mentales. Il avait attrapé chaque particules de magie, comme on chasse les papillons : patiemment et avec beaucoup de douceur. Il les avait rassemblées dans une immense jarre de verre, au cœur même de son labyrinthe psychique. Plus les jours passaient et plus son odeur s'atténuait, au point de devenir presque imperceptible. A chaque transe, il parvenait à emprisonner, puis à relâcher son aura plus rapidement que la fois précédente. Bientôt cela deviendrait un réflexe, et ils pourraient passer à la partie pratique de leur entraînement, afin de mettre à l'épreuve la solidité de l'ensemble.

L'alchimiste sentait son protégé anxieux à l'idée d'essuyer une nouvelle attaque mentale. Il préférait donc éviter d'aborder le sujet. Mais cela restait tout de même une épée de Damoclès dans leur relation, qu'il allait bien falloir décrocher. Severus avait décidé de lui en faire part une fois que les festivités de Samhain seraient passées. Puisqu'une fois leur entraînement terminé, ce qui ne saurait tarder, il serait présenté officiellement à la cour comme Prince Calice. Inutile de rajouter l'agitation, et la curiosité malsaine, au stress. De plus, les investigations de son neveu n'avaient toujours pas porté leurs fruits, laissant celui qui avait attenté à sa vie impuni.

Sa présentation, de même que sa future vie publique allait donc être sujette à une organisation et une surveillance de tous les instants. Ce qui calmerait peut être les frayeurs d'un vampire aux yeux de glace, dont il serait inutile d'évoquer le nom, mais qui ne manquerait pas d'ulcérer le sorcier. Ce dernier verrait ses libertés de déplacements et de loisirs s'allonger, de même que ses contraintes. Cela promettait d'être intéressant, surtout lorsqu'il pourrait de nouveau utiliser librement sa magie.

Déjà que sans, il était redoutable... Leur corps à corps quotidien comme preuve inaltérable, ainsi que cette fameuse anecdote qui avait failli coûter un œil à Draco. En y repensant, il se disait qu'il serait peut-être plus judicieux de suggérer à ce dernier de nommer un nouveau camarade de jeu au brun. C'est qu'il avait passé l'âge de ce genre d'exercices de style! Ses goûts étaient tout autres et il apprécierait énormément de pouvoir retourner à ses chaudrons et autres mécaniques à vapeurs. Ses alambiques et ses tubes à essaies lui manquaient terriblement. Même s'il devait avouer que la présence constante de Neville à ses côtés, atténuait grandement ce manque. Lors d'un des fameux dîners hebdomadaires de la famille, il décida de mettre le sujet sur le tapis.

L'ambiance était bonne, comme chaque fois, et il avait eu plaisir à voir Luna de nouveau elle-même: légère et insouciante, aux côtés de sa compagne de toujours, et désormais, de cœur : Virginia. Il était heureux de pouvoir la compter parmi les membres de sa famille, car il l'appréciait beaucoup, et il n'était pas le seul. Après avoir soumis sa doléance auprès de son futur Roi, et avant que celui-ci ait eu le loisir de lui répondre, Lucius eut un rire tonitruant, tandis que sa femme arborait une moue boudeuse.

« Ma Douce, tu me dois 20 Galions ! »

Severus s'offusqua.

« Vous avez osé parier sur moi !?

-Plutôt deux fois qu'une ! Et pour ta gouverne, cher frère, Narcissa a été plus charitable que moi sur le temps que tu tiendrais avant de déclarer forfait. Mais je suis ton frère et je te connais trop bien! »

Bonne joueuse, la blonde donna son dû à son époux scellant leur marché d'un baiser.

Le potionniste quant à lui, grommela dans sa barbe inexistante, quelques malédictions à l'encontre de son cadet et enfourna, plus qu'il ne mangea une tourte aux rognions, histoire de se redonner une contenance. L'assistance se moqua gentiment de sa mine faussement vexée, puis la conversation reprit sur un ton plus sérieux.

« Je ne demande pas mieux mon Oncle, mais qui choisir sans le mettre en danger?

-N'as-tu aucun candidat pour sa garde rapprochée qui ferait l'affaire? Demanda la Reine.

-J'avoue ne pas avoir pris le temps de faire une telle liste.

-Il va bien le falloir pourtant ! Répliqua son père. Il ne va pas supporter longtemps cet enfermement, surtout s'il devient obsolète. »

Draco en avait conscience, mais son attachement pour le brun devenait si manifeste, qu'il redoutait le moindre incident. Il était égoïste de vouloir le garder dans sa prison dorée, il le savait. Il risquait de le voir devenir fou, ou pire apathique et mélancolique.

« Fort bien. Je me mettrais à la tâche dès demain. »

Il devait bien exister quelqu'un qui répondrait parfaitement à ses hauts critères de sélections ?

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Le soleil disparaissait à l'horizon, invitant les morts à se joindre aux vivants. Cette nuit, les deux mondes allaient se croiser, et danser ensemble. Les vivants nourriraient les morts, de même que le Dieu Cerf offrirait son corps à la Terre dans l'espoir de voir la vie refleurir au solstice d'hiver. Toutes les fenêtres se verraient décorer d'un millier de chandelles afin de guider les disparus jusqu'au royaume souterrain. Sur les autels et dans les jardins, des offrandes qui leur permettraient de supporter ce long voyage. Celles et ceux qui voyaient l'avenir, écouteraient leur douce mélopée afin de décrypter plus sûrement le futur et ainsi apercevoir la fin de la guerre. D'autres feraient le deuil de leur proche disparu et célébreraient le fait d'être toujours en vie.

Samhain était une nuit de fête et de recueillement où l'effervescence et le macabre se mêlaient. C'est dans cette optique qu'une cérémonie serait organisée à la cour, avant de laisser place à un banquet gargantuesque dont les reliefs seraient donnés aux plus défavorisés. Ensuite, comme dans plusieurs places de la grande cité et partout dans les petits villages, un bal serait donné.

Dans ses appartements, Harry finissait d'allumer les lanternes et de dresser la table, aidé par Dobby. Neville, quant à lui, conduisait sa grand-mère. Tandis que Dobby prenait congé, Harry dressa l'oreille au son d'une canne frappant le sol. Il n'aurait su dire pourquoi, mais il était à la fois angoissé et surexcité par cette rencontre. Il espérait que la vieille dame saurait l'apprécier. Peut-être parce que lui-même n'avait jamais connu ses grands-parents? De même qu'une présence féminine marquante dans sa vie.

De sa mère, il ne gardait qu'une odeur de violette, une cascade de cheveux de feu et une berceuse que Remus connaissait et qu'il lui avait chantée pendant des années. Quant aux souvenirs de son père, ses grandes mains chaudes avaient laissé place à celle de Sirius et son rire tonitruant à celui d'Hagrid.

Soudain, la porte s'ouvrit, le sortant de ses vieux souvenirs. La cheftaine des petites mains de la Reine entra dans le salon, comme l'aurait fait une grande dame, tant son allure était noble et digne, malgré sa canne. Elle avait un air un peu sévère, mais aux coins de ses yeux clairs, se trouvaient des pâtes d'oie, signe que sous cette mine, se cachait une bonne vivante. Ses cheveux gris méchés de blanc, étaient ramenés en un savant chignon. Ses mains étaient telles les serres d'un rapace, tordues par l'arthrose dut à de longs travaux d'aiguilles. Elle portait une robe de velours verte aux bordures de dentelles noires. Sur ses épaules, rendues frêles et osseuses, une capeline de zibeline.

Harry était très impressionné par sa stature. Son corps sec et rigide, n'avait rien perdu de sa vigueur. Les affres du temps ne l'avaient pas privé d'une beauté tout singulière qui lui donnait beaucoup de charme. Elle semblait indestructible, intemporelle. Une main sur le cœur, Harry s'inclina devant elle, lui présenta de respectueux hommages et lui proposa de la débarrasser de sa cape, avant de lui indiquer un fauteuil près de la cheminée ronflante.

Elle opina et le remercia de son hospitalité, ravie de rencontrer un si bon ami de son petit-fils. Les deux jeunes hommes rougirent de concert, car s'ils pensaient de même, ils n'avaient jamais osé se le dire de vive voix. Pour cacher leur gêne, l'un servit un apéritif et l'autre quelques amuses bouches aux champignons à la crème.

« Mon cher garçon, j'aime beaucoup ce que vous avez fait de vos appartements.

-Merci Madame Londubat.

-Arf, fit la vieille femme. Balivernes que tout ceci! Appelez-moi Augusta mon garçon! C'est aussi bien ! »

Son ton n'admettant aucune réplique, il secoua vigoureusement la tête en signe d'assentiment, sous le franc sourire d'un Neville amusé.

« Sachez que je n'aime pas les fioritures. J'aime la simplicité et la sincérité! Qualités que vous semblez posséder. Et j'en suis ravie!

-Heu, merci.

-J'ai cru comprendre que vous étiez d'un naturel tenace et aventureux, ce qui pourra s'avérer de bon ton pour ce grand dadais! » Fit-elle en désignant le blond qui s'insurgea.

« Inutile de le nier mon petit! Ta timidité te perdra si tu n'as pas pareil connaissance dans ton entourage!

-Grand-mère!

-La vérité mon cher garçon, continua-t-elle sur le ton de la confidence. C'est qu'il manque cruellement d'audace et de confiance en lui. Cela me désole, car enfin, il n'y a pas de quoi. N'êtes-vous pas d'accord?

-Tout à fait.

-Harry ?! »

Elle claqua sa cuisse enthousiasmée par leur connivence.

« J'espère que vous saurez lui apporter l'aide et le soutient dont il a cruellement besoin? »

Etait-il possible qu'elle soit en train de lui donner sa bénédiction pour dévergonder un peu son petit-fils, afin de le caser avec Severus? Il sentit un gain d'affection pour la vieille dame monter en lui, de même qu'un afflux de motivation à mettre son projet en branle.

« Je ferais de mon mieux Augusta. Jura-t-il sincère.

-A la bonne heure mes enfants! Maintenant à table! Mon ventre cri famine ! »

Sans plus attendre, ils s'installèrent à la table dressée dans le jardin d'hiver. Les y attendaient, une soupe de potimarron à la crème, une tourte au faisan, accompagnée de topinambours et de carottes braisées, une salade de cresson, de pommes, de noix et de grenades, finement relevée, un plateau de fromage et pour finir, une tarte tatin et sa crème fouettée. Le tout arrosé de vin d'elfe épicé, de bière de nain glacée et de vin de champagne.

Avant de profiter de ce repas, ils préparèrent une assiette de victuailles à l'attention des défunts, qu'Harry alla déposer sur le rebord du balcon avec une lanterne et une prière.

Le repas ne fut que rire et bonne chair. Augusta avait un millier d'anecdotes à raconter, et toutes plus amusantes les unes que les autres. Elle était fine et spirituelle. Ses traits d'esprits étaient incisifs mais d'une grande justesse. Elle semblait posséder un sens aigu de l'observation et de la réparti. Elle aurait sans aucun doute était fort populaire dans un des salons des précieuses, mais pas uniquement... Il lui semblait qu'elle était plus qu'une simple couturière, et il trouva l'idée fort séduisante.

Le reste de la nuit se passa au coin du feu, à raconter des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête, entre deux fournées de marrons grillés et de verres d'hydromel. Les lanternes s'éteignaient les unes après les autres, renforçant l'ambiance quelque peu lugubre et malgré tout, bon enfant, qui régnait dans la pièce. Finalement, ils se retrouvèrent aussi imbibés d'alcool et de mets gras et sucrés qu'on peut l'être.

Le sommeil les emporta avec les premières lueurs de l'aube après un ultime rire et une ultime frayeur. Les flammes de l'âtre mouraient dans l'indifférence la plus totale jusqu'à ce que Dobby se charge de les raviver. Il couvrit l'assistance d'épaisses et duveteuses couvertures de laine, puis remporta ce que restait de leur festin, ne laissant derrière lui que quelques remèdes contre la gueule de bois qui ne manquerait pas de se faire sentir à leur réveil, ainsi que de quoi calmer les aigreurs d'un estomac surchargé d'alcool et de nourriture.

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Kara maltraitait sa plume avec acharnement. Voilà plusieurs jours qu'elle se focalisait sur cette fichue lettre, sans parvenir à un résultat concluant. De dépits, elle froissa un parchemin de plus, et le lança par-dessus son épaule. Il alla rejoindre ses compagnons d'infortune sur l'épais tapis de laine bleue qui recouvrait le sol de la chambre. Elle se prit la tête entre les mains, aux bords de la crise de nerfs.

Il y avait de cela trois ans, elle l'avait laissé partir avec sa meute, refusant obstinément de croiser son regard meurtrie. Trois ans de silence, où tout ce qu'elle avait appris sur sa vie depuis son départ, lui était venu par d'autres. Trois ans d'une longue bataille contre elle-même, où elle s'était rabattue les oreilles à coups de karma et de devoir... C'est ce dernier qui l'avait poussé à la reconduire et à présent, ce même devoir la poussait à lui demander de l'aide.

Mais comment faire? Comment lui dire après temps de mépris, d'indifférence feinte, qu'elle voulait la voir revenir, d'abord pour elle et ensuite pour cette insondable vision. Elle imaginait son regard la transpercer. Ses iris marron presque noirs tachés de paillettes d'or emplies de colère et de rancune... Et elle en méritait bien plus !

Soudain, une vibration dans l'air la sortit de ses pensées. Un objet était-il tombé? Maya c'était peut-être blessé? Ou Stasia avait encore fait des siennes? Soupirant de plus belle, elle quitta sa chambre pour se diriger vers le salon. Maya s'y trouvait, un air affolé sur le visage, une cruche fracassée à ses pieds. Stasia était là également, une main sur la bouche, statufiée. Son expression était très différente de d'habitude. Comme si la lucidité était apparue soudainement dans son esprit, lui ôtant le voile poisseux qui le recouvrait d'ordinaire. Elle semblait consciente de son environnement. Ce qui n'était pas censé être possible. Kara fronça les sourcils.

« Que ce passe-t-il? Demanda-t-elle de son timbre si particulier. »

Maya ouvrit puis ferma la bouche plusieurs fois d'affilé sans parvenir à prononcer un seul mot, telle un poisson hors de l'eau. Après un temps qui sembla infini, elle répondit à son aînée:

"Stasia... Elle... Elle a... Parlé."

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Je suis un loup solitaire, sans famille, ni patrie, abandonné de tous, même des Dieux. J'erre seul à travers le Monde. Vagabond, je suis chez moi partout et nulle part.

Ma Terre natale me manque. Parfois, elle me semble être aussi réelle qu'un songe. Je ressens sa perte avec une telle violence que j'en souffre jusque dans mes os. Chaque forêt, chaque montagne, chaque rivière, me fait penser à elle. Bien que je n'en ai nul besoin. Je l'ai parcouru tant de fois que je connais ses moindres recoins par cœur. Je pourrais redessiner chaque bosquet, chaque vallon, chaque grain de poussière, dans mon esprit. Mais je ne le fais pas.

Que cette fantasmagorie serait fade en comparaison de sa splendeur originelle... Cette même splendeur que j'ai vue réduite en cendre par la cupidité de l'Homme. Ces faibles et sottes créatures assoiffées de pouvoir et de sang, ont bravé leurs anciennes croyances pour déloger les Dieux dans leur dernier bastion Terrestre. Qu'importe les traités millénaires, la punition Divine, ou les murmures d'Apocalypse. Pour un rêve d'immortalité, l'Homme qui a peur de la mort est le pire des charognards.

Ma Mère, la Déesse Louve a tenté de guérir leur raison, mais la cupidité de l'Homme semblait sans limite. Si le Dieu Cerf a refusé d'utiliser la force contre l'Homme, tel ne fut pas le cas de mon frère et de ma sœur ainé, Shizuka et Mitsuki. Ils ont choisi de se battre et ont enfoncé leurs crocs et leurs griffes dans la chair de l'Homme. L'Homme répliqua par d'ingénieuse machine de fer et de feu.

Bientôt, il n'y eut plus personne pour se battre.

La nuit de leur mort, le Dieu Cerf, mon Père, revêtit son manteau étoilé pour conduire leurs âmes guerrières dans leur dernière demeure, sous les hurlements de ma Mère. Je n'étais encore qu'un jeune louveteau et je ne pouvais rien faire d'autre que pleurer avec elle.

Un peu avant l'aube, alors que mon père abandonnait sa forme de Faiseur de montagne pour sa forme terrestre, la forêt s'est embrassée. La folie de l'Homme est grande. Je me souviens encore de l'odeur et de la fumée qui me piquait les yeux et la truffe. Les animaux fuyaient les flammes, impuissants et paniqués.

L'Homme nous a traqués sans relâche. La Fin était proche.

Dans l'espoir de me sauver, mes parents acceptèrent leur sort, complaisants face à la Mort qui vient pour chacun d'entre nous. J'ai ressenti ce sacrifice, pourtant signe inconditionnel de leur amour, comme un abandon, presque une trahison. Ils m'ont forcé à survivre avec ma honte d'être le seul à en avoir réchappé.

Lorsque je ferme les yeux, je vois leur tête sur une pique, et le décor de ma Terre ravagée par les flammes. Les Dieux déchus sont-ils encore des Dieux ? Et si non, qui suis-je dans ce cas ? Moi, Ashitaka, bien aimé de la Lune et du Soleil, le survivant, le Lâche, l'Abandonné.

Mes parents étaient l'essence du Monde, Êtres Célestes, Créateurs de toutes choses. A présent, Âmes désenchantées sans attaches, ni but, à l'image de leur dernier enfant. Sans eux je ne suis plus rien. Je ne veux plus rien. Si ce n'est l'oubli, apporté par le baiser tendre et glacé de la mort, cette vieille amie.

Bannit de mon monde à jamais, j'ai traversé des plaines tantôt verdoyantes, tantôt arides. J'ai gravi des montagnes aux flancs escarpés, noyés sous la neige duveteuse. J'ai longé des rivières jusqu'à voir la Mer, où j'ai plongé en me laissant porter par le courant. J'ai continué ma route en me demandant pourquoi la Mort refusait de venir à moi.

A présent, je suis lasse et je veux en finir. J'aspire au Néant, à la fin de la tourmente pour mon âme qui n'en peut plus de solitude. Voilà plusieurs jours que je tais cet instinct qui jusqu'ici m'a poussé à chasser, à me nourrir. A quoi bon…

Je me suis allongé à l'orée d'une forêt profonde, ersatz de mes souvenirs d'enfance, pour ne plus jamais me relever. Je la sens ! Elle arrive ! Atropos ?! Couperas-tu enfin le fil de ma vie ? Fais vite ! Je t'en prie ! Que tes ciseaux d'argent m'apportent la paix !

J'entends des bruits de pas. Plus vite !

Une humaine, la peau cuivrée, une chevelure de jais, des yeux pareils à la Terre après une averse, profonds et brillants. Un sourire…

Non ! Pitié Clotho ! Cesse de tisser le fil de ma vie, elle n'a déjà que trop durée !

Elle s'approche de moi au point de me toucher. Et ses mains me redonnent la vie.

Mes Dieux pourquoi ?!

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Lachésis. Le Destin. Y a-t-il chose plus belle et plus cruelle en ce monde ? Bien sûr l'avenir est incertain. Mais parfois, il est clair et limpide. Personne ne peut savoir à quel moment un évènement se produira, que ce soit dans cette vie ou dans une autre. Cela dépendra de vos choix, de l'avancée de votre âme.

De cela je suis sûr, je devais rencontrer Nokomis « la fille de la Lune ». Cela ne peut être qu'un signe. Si l'espoir devait porter un autre nom, ce serait le sien. Si le bonheur était une insulte, elle lui aurait redonné ses lettres de noblesse. Si la douceur n'existait pas, elle l'aurait inventé. Si l'amour était une chose banale, elle l'aurait rendu merveilleuse.

Elle m'a réapprit à vivre, à contempler le monde et à apprécier l'éphémère comme message d'éternité. Elle m'a donné la force de pardonner aux Dieux, à l'Univers et surtout à moi-même. Je ne savais pas que l'on pouvait tenir à quelqu'un à ce point.

J'avais vu mes parents s'aimer, mais le voir, en être témoin et le vivre est autrement plus… magique. J'aurais voulu que tous les hommes puissent lui ressembler. Ainsi le monde serait empli de joie et d'harmonie. J'étais amoureux. Amoureux fou. Et le plus beau c'était qu'elle partageait mes sentiments. Nous le sentions jusque dans notre chair et notre âme, nous étions faits l'un pour l'autre, unis par le destin.

Une nuit de Pleine Lune, j'ai prié les Dieux d'exaucer mon vœu, renoncer à mon immortalité et à ma peau de loup pour vivre et mourir avec Nokomis, lorsque le temps serait venu. J'étais toujours le bien aimé de la Lune et du Soleil, fils du Dieu Cerf et de la Déesse Louve, et mon amour était si grand, que l'Univers me répondit. De notre hymen est née une petite fille.

Le jour de sa naissance, Nokomis eut une vision. D'elle naîtrait une fille, qui mettrait au monde une fille et ainsi de suite, jusqu'à celle qui sera la Nouvelle Lune. Celle qui fera revivre les Dieux, et qui leur redonnerait corps. Elle s'éveillera à l'aube d'une nuit baignée de sang et de mort. Porteuse d'espoir, elle s'unira à un Prince de Sang pour mettre hors d'état de nuire une Hermine aux yeux rouge, qui menacerait le monde de son joug cruel et morbide. Comme elle, elle s'appellera Nokomis.

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NDA

Hello les gens

Voici la version retravaillée de Sang Noir, ou version 2.0. Ca fait un moment que je l'écris et y a deux trois choses que je voulais revoir dessus, en particulier les passages sur Accolon, qui a beaucoup évolué depuis...ben longtemps du coup^^. J'ai voulu nuancer mon propos donc, voilà!^^

Alors a bientôt pour la suite^^

Angel

Le28/02/2023