Sang Noir version 2.0
( et oui j'ai bien mis 2.0, ceci n'est pas la première version^^)
NDA : NE PAS PASSER A COTE DE CECI ! JE FAIS PART DE CHOSES IMPORTANTES ! MERCI
Cette fiction a le RATING LE PLUS ELEVE présent sur ce site, autant vous dire qu'on est pas la pour enfiler des perles !
MENTION D'AGRESSION SUR ADULTE, SUR MINEUR, VIOL, MELANCOLIE CHRONIQUE, TORTURES, MEURTRES... !
En outre, vous entrez dans une UNIVERS ALTERNATIF ! Les Personnages ne sont PAS CANON ! Il y a beaucoup de OC !
Oui je sais, on est plus proche de l'œuvre originale que de la FanFiction mais faute d'un endroit plus approprié, je vous livre mon humble travail, puisque pour moi, même si cette histoire regroupe beaucoup de thèmes différents, de supports différents, et que la mythologie de mon univers est variée et complexe, c'est Ici qu'est sa place.
Malgrè le Rating et cette note, je mettrais tout de même à chaque début de chapitre, une mention supplémentaire pour la présence de scène trop choquante, lorsqu'il y en aura.
Alors partez du principe que vous êtes prévenu.
Sur ce, je vous souhaite la bienvenue dans mon petit monde étrange...
Disclaimers: Les Personnages, l'univers D'Harry Potter et l'idée est de Phenix Noir. Je ne suis qu'une fan girl qui s'assume. Exception faite de Accolon, Alec, Ambrose, Lilith, Perséphone, Mordred, Nokomis/Magena, Chumani, Ashitaka, Mitsuki, Shizuka, Akecheta, Tiyée, Kishi, Elan, Kiyia, Maya, Stasia, Kara, Proserpine, Lysandre et Crystal.
Couple: Harry/ Draco (bien évidemment), les autres c'est une surprise^^
Rating: M ! ALORS ON FAIT ATTENTION ! LE RATING N'EST PAS LA POUR FAIRE JOLI !
Résumé :Harry est un jeune sorcier épris de liberté qui voit sa vie basculer le jour où un groupe de vampire venu d'Avalon attaque son village. Leur chef, Draconis, un Prince vampire, l'emmène avec lui contre la vie de sa famille. Il se retrouve enfermé dans des appartements luxueux, avec pour seul perspective d'avenir, devenir un Calice. Si le vampire est loin de lui vouloir du mal, il devra faire preuve de patience pour gagner la confiance de son protégé, et encore plus s'il veut gagner son cœur…
Bonus Chronologique
Histoire de savoir qui est né quand (oui vous ne connaissez pas encore tout le monde mais c'est normal^^)
1610 : Naissance de Severus et Voldemort
1612 : Naissance de Lucius
1613 : Naissance de Bellatrix
1615 : Naissance de Narcissa
1620 : Naissance d'Androméda
1630 : Voldemort prend le pouvoir
1635 : Bellatrix et Voldemort se marient
1640 : Narcissa et Lucius se marient
1644 : Naissance de Remus et Fenrir
1645 : Naissance de James, Lili et Sirius
1649 : Rafle du clan du Hurlement, Remus et Fenrir sont capturés
1655 : Naissance de Draco
1656 : Fenrir est marqué
1660 : Naissance d'Accolon
1661 : Naissance de Harry et Neville
1662 : Naissance de Nokomis. Lucius et Narcissa montent sur le trône
1664 : Naissance de Lilith
1665 : Naissance de Luna
1668 : Naissance de Mordred et Perséphone
1677 : Naissance de Chumani
1680 : Harry est enlevé
Chapitre 13 :
Réminiscence
« Un quoi ?! »
Draco avait pensé à beaucoup de choses, mais pas à la réaction de Harry lorsqu'il apprendrait qu'un garde du corps lui était assigné en plus de Neville et Severus.
« C'est une plaisanterie ?! A quoi a servi tout cet entraînement si vous envisagez de me refourguer un de vos chiens de garde ?! »
Il avait supposé qu'il comprendrait la démarche, mais apparemment non…
« Nous ne pouvons vous laisser sans protection. Vous êtes…
-Le Foutu Prince Calice ! Je sais ! »
Harry exultait. Il avait l'impression que sa vie se résumait à faire un pas en avant, puis dix en arrière. Il contrôlait parfaitement son flux magique, son esprit était une véritable forteresse, il pouvait se défendre contre une attaque frontale et il se retrouvait à devoir subir la présence d'un garde surentraîné qui sortait de nulle part ?! Pour parer à toutes les éventualités ?
« Combien de temps cela va-t-il durer ? Combien de temps vais-je devoir supporter d'être considéré comme un enfant ? J'ai fait ce que vous m'avez demandé ! J'ai pris le risque de vous faire confiance ! Et maintenant… »
Le blond sursauta comme s'il venait de prendre une gifle. Il lui faisait confiance ? Vraiment ? Cette simple phrase lui réchauffait le cœur et il aurait pu se mettre à sourire bêtement si le regard émeraude de son vis-à-vis n'était pas voilé de tristesse. Le brun s'échoua sur un canapé, soudain vidé de ses forces.
« Je suis désolé. Si je pouvais faire autrement, croyez bien que…
-Je sais que vous faites cela dans le but de me protéger, mais… Je n'ai jamais aspiré à devenir une personne publique, reconnue, ou que sais-je encore. Je voudrais juste… »
Il ne termina pas sa phrase. C'était bien inutile. Tous deux en connaissaient la fin. Il voulait rentrer chez lui et oublier qu'Avalon existait. Il voulait retourner à sa vie d'avant, libre et insouciante. Une vie d'enfant. Ce qu'il était encore à bien des égards. Ironie quand tu nous tiens…
Le temps des illusions était révolu. Un Monde d'adulte lui tendait les bras, avec toutes ses contraintes, ses obligations et ses règles. Plus il se débattait, pire c'était. Pourrait-il un jour s'adapter à ce monde étrange où on attendait tellement de lui et où il ne s'appartenait plus vraiment ? Cela lui rappelait ces jours et ces nuits qu'il avait passé à pleurer après la mort de ses parents. Accrocher désespérément aux bras de ses parrains qui lui répondaient la même chose que le vampire.
« Je suis désolé. Si je pouvais… »
Mais personne n'y pouvait rien et se plaindre ne ramenait personne. On ne pouvait que faire de son mieux avec ce qu'on avait et faire son deuil du passé. Quand bien même certain jour la douleur était plus forte que d'autre. Le soleil continuait de se lever et il fallait faire de même pour ne pas mourir. Il fallait qu'il se secoue et qu'il affronte cette nouvelle réalité avec courage et détermination. Le plus important était de toujours être fidèle à lui-même et à ses valeurs. Le reste, il allait devoir s'en accommoder et aussi arrêter de toujours crier sur le blond comme un sourd. Il ne faisait que jouer le rôle ingrat d'oiseau de mauvais augure.
« Je devrais être celui qui s'excuse. Vous n'y êtes pour rien. Vous voulez bien me pardonner de vous avoir crié dessus ? Encore… »
Draco déglutit avec difficulté. Comment dire « non » à un regard pareil ?!
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Voir une personne de plus entrer dans son intimité mettait le Calice mal à l'aise, tout en le rendant fébrile. Il allait falloir compter avec cet individu dans le moindre de ses déplacements, ce qui réduisait d'avantage son espace et son intimité, tout en lui offrant la possibilité d'avoir un nouveau regard sur Avalon. Apparemment, son garde du corps désigné était un sorcier, ce qui piquait sa curiosité au plus haut point, puisqu'à bien y réfléchir, mise à part ses parents et ses parrains, il n'avait jamais rencontré de sorcier, pas même en Avalon. Depuis son arrivée tous ceux qu'il avait croisés étaient soit des vampires, des elfes de maison, des humains ou des fées lucioles. Aucun n'était comme lui, un simple sorcier, pas une créature magique.
Le dénommé Charles devait se présenter à son appartement après son petit déjeuné. Comme il n'était pas convaincu qu'il accepte de se plier à sa routine d'entraînement dès le premier jour, Harry s'était levé plus tôt afin de nager plus longuement dans son bassin avant de faire ses ablutions. Alors qu'il sortait de son pavillon, les cheveux encore humide d'eau, il grelotta sous le froid glacial qu'il faisait dans sa chambre.
Les températures baissaient de plus en plus en ce début de Novembre, au point qu'il se demandait si la neige n'allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Le ciel était tantôt clair tantôt gris, mais vierge de tous nuages cotonneux bourrés de flocons. L'air froid lui brûlait presque la gorge, aussi il se dépêcha de refermer ses fenêtres. Il attrapa vivement une serviette qu'il avait laissé chauffer prêt de sa cheminée, et se frictionna la tête jusqu'à ce que ses mèches soient entièrement sèches, avant de s'en aller vers le salon où l'attendait Neville.
Il retrouva son compagnon dans leur serre en train de soigner ses plantes, Espérance perchée sur une de ses épaules. Lorsqu'elle le vit, la mésange piailla de bonheur et s'envola dans sa direction. Elle s'ébroua et réclama quelques caresses qu'il s'empressa de lui prodiguer tout en saluant le blond. Il avait bien tenté de redonner la liberté au bel oiseau, mais elle avait refusé de partir.
Il attrapa une brindille de millet qu'elle picora avec enthousiasme tandis qu'il prenait place à table. Il servit une tasse de thé à Neville avant de s'en servir une pour lui. Il prit un bol de porridge ainsi qu'une poire qui semblait juteuse à souhait, alors que Neville lui préféra une belle part de brioche accompagnée de confiture de coing. Il eut à peine le temps de découper son fruit, que le rouquin faisait son entrée. Il s'attendait à rencontrer un soldat formel et rigide, un brin solennel avec une carrure à faire tomber en pâmoison n'importe qui.
Pour ce dernier point, il ne fut pas déçu. Charles avait la plastique d'une statue grecque, en plus d'une toison de cheveux roux, d'yeux aigue-marine attrape cœur, un visage souriant, piqué de tâches de sons et pourvu d'une mâchoire carrée décorée d'une fine cicatrice sur le côté droit. Mais pour le reste, il était loin de la réalité. Bien qu'il portait des vêtements sombres, on aurait dit qu'ils avaient traversé la terre entière, tant sa mise était digne d'un baroudeur. Ses braies étaient amples pour faciliter ses mouvements, bien que lassées des genoux jusqu'aux chevilles. Aux pieds, il portait une paire de botte usée mais indéniablement confortable. Sa chemise de dessous était recouverte d'une tunique sans manche de cuir tanné, resserrée à la taille par une ceinture de cuir.
Dans son esprit en surchauffe, Harry ne parvint qu'à penser à une chose : si tous les gardes du corps étaient comme lui, il en voulait une armée ! Il se présenta après un salut militaire, sans se départir de son immense sourire, tant les visages hébétés de ses vis-à-vis valaient le détour.
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Quelques minutes plus tard, Harry se retrouvait avec le rouquin dans sa salle d'entraînement. Charles, ou plutôt Charlie, puisqu'il y tenait, avait proposé une combat amicale afin de mieux faire connaissance. Affronter quelqu'un était une des meilleures mises en jambes qu'il connaissait. Les techniques de combats, de même que les valeurs des duellistes étaient le miroir de leur cœur. L'idée lui avait parue excellente, si bien qu'il avait accepté sans se faire prier. Il avait abandonné porridge et poire, et avait enfilé une tenue plus adéquate pour ce genre d'exercice. Harry allait pour prendre une épée, lorsque son adversaire l'arrêta.
« Non, non ! Je ne doute pas de votre habilité à l'épée, mais ce n'est pas ce que j'avais en tête pour aujourd'hui.
-Et qu'avez-vous en tête ? Demanda le brun mi intrigué, mi amusé.
-Avez-vous été initié à la lutte?
-Oui, celle pratiquée par les chevaliers. C'est mon parrain qui me l'a appris.
-Vraiment ? En ce cas, j'ai hâte de voir cela. »
Afin d'éviter de se blesser outre mesure, les deux hommes s'échauffèrent longuement avant de débuter leur rencontre.
L'affrontement se trouva être fort intéressant, et d'une grande intensité. Chacun refusant de laisser trop de terrain à l'autre. Ils s'étaient jaugés au mieux et avait pensées leurs stratégies en conséquence. Harry était conscient du désavantage physique qui était le sien, de même que son manque d'expérience. Charlie était mieux bâtit, plus fort, plus endurant. Cette force, il fit de son mieux pour s'en servir contre lui, mais il ne se faisait pas d'illusions, il était un point plume.
Il le mit en déroute plusieurs fois, mais bien vite le score, s'il était possible d'en tenir un, alla en faveur du gardien qui n'avait de cesse de le mettre à terre ou de l'acculer. Il parait ses attaques au mieux de ses capacités, mais la fatigue se fit cruellement sentir, jusqu'à ce qu'il se retrouve plaqué contre le mur, l'avant-bras du rouquin le bloquant sous la gorge, son corps tout contre le sien.
Soudain, cette position lui en rappelait une autre dont il aurait préféré ne jamais se souvenir. Bien vite, ce ne fut plus deux aigues-marines qui le fixaient, mais une paire d'yeux d'or, habillée d'une lueur prédatrice et affamée. Il secoua vigoureusement la tête pour faire disparaître sa vision, mais déjà l'angoisse prenait ses tripes et bloquait sa respiration. Il se raidit contre Charlie qui tiqua.
« Je vous ai blessé ? S'enquit-il inquiet. »
Seule la respiration devenue sifflante du brun lui répondit. Harry percevait à peine sa présence tout enlisé qu'il était dans sa crise d'angoisse. Il eut de plus en plus de difficulté à respirer, comme si ses poumons se rétractaient sur eux même. Il voulut hurler tant la panique qui l'étreignait était forte, mais seul un pauvre gémissement passa la barrière de ses lèvres. Charlie relâcha sa prise.
L'instant d'après, le calice était recroquevillé sur le sol, la tête dans les mains, tremblant et suffoquant, alors qu'un vent de magie s'élevait dans la pièce. Il revoyait tout ! Tout ce qu'elle avait fait ! Il sentait la vie s'échapper de son corps, sans qu'il ait l'idée de l'en empêcher et cela le terrifia d'avantage. Mais cela ne fut rien lorsqu'il sentit à nouveau ses mains sur son corps, puis son intimité. Ainsi elle était allée jusque-là ? Pourquoi personne ne lui en avait parlé ?! C'était son corps, sa vie ! Il avait le droit de savoir ! La peur de mourir s'insinua de nouveau en lui comme un poison, et l'air qu'il respirait se raréfia encore.
Charlie s'agenouilla près de lui et se mit à lui parler d'une voix douce. Lorsqu'il voulut poser une main sur son épaule dans l'espoir de lui faire reprendre pied avec la réalité, la magie du calice l'envoya voler à travers la pièce. Sa magie, habituée à ce genre d'incident, amortie sa chute au mieux, lui évitant de se casser quelque chose. Tandis qu'il se redressait, la porte s'ouvrit en grand. Avisant l'état de son ami, Neville se précipita sur lui.
Charlie voulut l'en empêcher, mais trop tard, le blond était déjà sur lui. Il se releva aussitôt voulant lui éviter le pire. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il le vit prendre le brun dans ses bras, comme on le ferait avec un jeune enfant, sans être inquiété de rien. Il en soupira de soulagement. La magie de Harry semblait le reconnaître au point de ne pas le repousser. Il lui murmura des paroles que le roux ne comprit pas et le berça longuement pour l'aider à retrouver son calme.
Au bout de quelques minutes, qui parurent des heures au soldat, le vent de magie retomba. Groggy, Harry se releva soutenu par Neville. Ce dernier le conduisit sur le fauteuil crapaud prêt de la cheminée et l'emmitoufla dans une couverture. Espérance vint se poser sur ses genoux en piaillant doucement, comme pour ne pas l'effrayer. Neville lui servit un thé bien chaud, avant de faire appeler le Prince Draco par Dobby. Il était temps de parler franchement avec Harry. Les non-dits avaient assez durés.
Ils avaient tous prié, Harry le premier, pour que les pires souvenirs de son attaque restent dans un coin de sa mémoire et n'en sortent jamais. Mais le fait est qu'on ne peut contrôler autant la psyché et que le mal fini toujours par se frayer un chemin, lorsqu'il ne vous ronge pas de l'intérieur. Maintenant qu'il s'était décidé à ressurgir, on ne pouvait plus faire comme si rien ne s'était passé… Bien que ce ne soit pas de sa faute, Charlie se sentit responsable de l'état de son protégé. Dès le premier jour, il avait provoqué un cataclysme ! Humble et repentant, il se cachait derrière la porte de la salle d'arme, et observait ses cadets.
Neville était agenouillé aux pieds de Harry et le couvait d'un regard plein de douceur et de sollicitude, tandis que le brun agrippait sa main tendue avec désespoir. Après un incident pareil, Charlie doutait de garder sa place auprès de lui. Son Commandant, de même que son Prince ne seraient pas heureux d'apprendre ce triste évènement et il était presque sûr de se faire taper sur les doigts. Plus que cela, l'état du brun le préoccupait et il était désireux de lui changer les idées, ne serait-ce que pour quelques instants. Il quitta les appartements sans faire plus de bruit qu'une souris, le cerveau en ébullition.
Quelques instants plus tard, des pas se firent entendre dans le couloir, mais Harry était presque sûr qu'il ne s'agissait pas de Draco. Son pas était plus rythmé, plus sec, militaire en somme. Celui-ci était léger et vaporeux. Intrigué, il se redressa dans son fauteuil et tordit le coup pour voir qui s'en venait. Quel ne fut pas sa surprise de découvrir Dame Kara sur le pas de sa porte. La vampire portait une robe de dentelle noire qui ne laissait rien à l'imagination et qui glissait sur elle telle une seconde peau, sa petite traîne accentuant sa démarche. En dessous un bustier et une jupe de satin cachaient les parties les plus intimes de son anatomie. A sa ceinture, son éternelle paire de ciseaux d'argent.
« Veuillez pardonner mon intrusion Messieurs, mais je me devais à vous. Il est temps de vous révéler certaines choses. »
Se sentant de trop, Neville voulut prendre congé, ce que la vampire refusa.
« Vous n'avez pas à vous éclipser de la sorte. Vous avez tout autant le droit de recevoir mes confidences. Votre position, de même que votre loyauté n'est plus à démontrer. »
Elle lui fit signe de se rasseoir, tandis qu'elle-même prenait place dans un fauteuil.
« Etes-vous au fait de la mythologie grecque ou romaine ? »
La question était si incongrue et semblait si éloignée du contexte dans lequel ils se trouvaient que Harry et Neville se contentèrent de l'observer avec des yeux ronds. Incertains sur le chemin que semblait emprunter cette conversation, ils hochèrent la tête en signe d'assentiment.
« Je ne vous apprendrais donc rien si je vous disais qu'il y a une part de vérité dans les mythes et les légendes humaines ? Avez-vous déjà entendu parler des Parques aussi appelées Moires ? »
Re hochement de tête.
« Elles ont véritablement existé, bien qu'elles n'étaient en rien Déesses, elles étaient ce qui s'en approchaient le plus. Au fil des siècles, elles se sont réincarnées, de la même façon que le Prince ou la Princesse Calice, leur magie et leurs capacités évoluant au fil des siècles. De simples témoins, elles sont devenues coordinatrices de la vie de l'Univers, allégories de le triple Déesse, du passé, du présent et de l'avenir, comme elles l'étaient de la naissance, de la destinée et de la mort.»
La vampire prit une pause bienvenue, laissant ainsi ses interlocuteurs prendre la mesure de ses dires.
Neville se sentait définitivement de trop et ce demandait ce qu'il faisait là. Il avait beau avoir accepté d'être le suivant du Prince Calice, il ne s'était pas préparé à recevoir pareils aveux. Bien sûr il était une tombe et il ne lui viendrait même pas à l'esprit de trahir les confidences qui lui étaient faites. Dans sa famille, on avait le sens de la discrétion, en témoigne le rôle officieux des petites mains de la Reine, et de sa grand-mère en tant que leur cheftaine. Il n'empêche qu'il se sentait terriblement penaud, face à la confiance aveugle qu'on lui attribuait. La faute à son cruel manque d'estime de soi.
Harry quant à lui, avait le cerveau encore tout ankylosé et les informations peinaient à prendre corps dans les méandres de son esprit. Il avait du mal à aligner deux pensées cohérentes, de même que de comprendre les véritables enjeux de la conversation. Soudain, ses yeux tombèrent sur la paire de ciseaux qui ne quittait jamais Kara, et la lumière se fit en lui.
« Vous êtes Atropos ? L'Implacable ? »
Les lèvres de la vampire s'étirèrent en un fin sourire. Dans ses yeux une lueur indéfinissable, entre l'admiration et la connivence. Le tout lui donnait un air inquiétant. Atropos, oui, la faucheuse, celle qui coupe le fil de la vie. Elle était cette mort évanescence et sinueuse à laquelle on ne pouvait échapper. Une ombre passa dans ses yeux. Après autant de renaissance, pouvait-elle prétendre à ce titre ? Surtout après ce qu'elle avait fait ?
« J'ai été Atropos. Il y a bien longtemps…
-Qu'est ce qui a changé ?
-Nous sommes maudites. Et c'est à cause de cela que ma sœur a essayé de vous tuer. »
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Ainsi, ils avaient prié pour que les souvenirs de son agression ne lui reviennent pas. Prenant le parti de ne rien lui révéler pour ne pas rajouter cela à tous ses tourments. Un pari de dupe finalement, puisque à trop vouloir oublier certains faits, ils finissent par vous exploser au visage. Le but avait été louable mais à présent, il lui fallait vivre avec ce traumatisme.
Quant aux sœurs, elles étaient les fameux Augures dont Draco lui avait parlé et qui avaient prédit l'attaque qui l'avait amené ici. Il se demandait ce qui avait bien pu se passer pour qu'elles soient pareillement punies par l'Univers. Apparemment, elles n'en gardaient aucun souvenir. La seule chose dont elles étaient témoin était de leur infortune. Chacune d'entre elles s'étaient vues priver d'un sens. Stasia n'était plus capable de contenir les désirs liés à la destinée de chacun, l'obligeant à devenir un monstre dès que l'occasion se présentait. Maya était la plus vulnérable des trois, son albinisme et sa cécité comme premières causes. Douce et fragile, elle semblait s'effriter comme un vieux morceau de parchemin prêt à ployer sous le poids des âges.
Quant à Kara l'implacable main de la Mort, elle était incapable de voir l'avenir. Seul les visions de la Princesse Luna lui permettaient d'abaisser le voile ne serait-ce qu'un instant. Garde-fou et garde-malade de ses sœurs, témoin de leur déchéance, et de leur mort prématurée, sans qu'elle ne puisse rien y changer. Car c'était toujours ainsi, la première née était le dernière à mourir, condamnée à la solitude et au désespoir, prisonnière de sa douleur jusqu'à son dernier souffle.
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Je vins au monde le jour de l'assassinat présumé de notre chef Wasmutta, lors d'une convocation à Plymouth. Sa vie en tant que Sachem de notre tribut aura était aussi fugace que la course d'une étoile filante.
De son vivant, son père Massasoit avait fait de son mieux pour maintenir les liens d'amitiés entre nous et eux. Loyal et vertueux, d'autre diront naïf, il avait voulu suivre son exemple.
L'Homme blanc est retors et infidèle disent les miens et a bien des égards, ils ont raison. Les puritains nous méprisent et ne rêvent que de nous voir nous prosterner devant leur Dieu, de même que leur coutume et leur morale.
Pourtant ce n'était pas cela qui les avait sauvé de la famine après leur premier hiver sur nos terres. Mais bien les nôtres qui leur avaient apporté vivres et soutient. Peu reconnaissant, ils avaient remercié leur Dieu tandis que les maladies qu'ils avaient amenées avec eux nous décimaient. Profitant de leur force, ils ont fait bonne mesure en annexant les territoires laissés vaquant. L'on dit que certains villages n'étaient que des mausolées à ciel ouvert.
Métacomet, le frère de Wasmutta, fut nommé grand Sachem.
Au début de son règne, il fit de son mieux pour continuer la politique de son père, en commerçant activement avec les colons. Mais à l'Ouest, la rumeur grondait. La confédération Iroquoise avait grandi au point de forcer les tribus ennemies à se regrouper sur nos terres. Il refusa la conversion que voulait lui imposer les blancs, estimant que la chrétienté était une religion contre nature.
Pendant près de cinq ans, il se prépara à la guerre, rassemblant des armes, nouant des alliances avec les Narragansets, nos vieux ennemis. Il aurait pu gagner, si les colons n'avaient pas réduit un de ses bastions en cendre en même temps que nombres d'habitants, sans distinction entre ceux qui combattaient, et les autres, trop faibles, trop jeunes ou juste en charge de leur vie.
L'ironie voulue que Métacomet tomba sous les coups d'un des nôtres qui avait accepté de se convertir au christianisme.
Plus tard, les colons ont enfin eut ce qu'ils voulaient, l'assimilation et l'esclavage de ce qu'il restait de notre peuple, après le passage des Iroquois. Cette dernière bataille a signé le dernier jour de mon existence humaine. Ou presque.
Ma famille dit-on, descend d'une femme-médecine qui aurait épousé un Wendigo auquel elle aurait rendu sa forme humaine. En me donnant le jour, ma mère a choisit de me donner son nom, Nokomis, la fille de la Lune, car la vérité est très loin de ces histoires de fantômes cannibales.
Mon aïeul a abandonné sa Divinité pour vivre avec celle dont il était tombé éperdument amoureux. Et il était loin d'être aussi démoniaque que ces créatures de cauchemars, bien que son apparence s'en rapprochait quelque peu. Loup géant, ou bête humanoïde recouverte d'un pelage de neige. Des pattes articulées comme celle d'un homme, mais trois fois plus grandes, et pourvues de coussinets. Tantôt sur quatre pattes, tantôt sur deux. Prédateur de génie, rapide comme une comète, plus puissant qu'un ours. Le tout accompagné d'une âme millénaire, solitaire et mélancolique, exilée de sa terre.
J'ai entendu cette histoire des centaines de fois, de même que j'entendais ma mère et ma grand-mère prier le nom de ces deux illustres ancêtres, Nokomis, Ashitaka, dans l'espoir qu'ils les guident en ces périodes sombres et cruelles. Je les priais aussi.
J'étais jeune, mais je savais qu'un Destin aussi unique qu'écrasant, attendait son heure pour s'emparer de mon âme. J'en ai pour preuve le nom que je porte, similaire à celui de mon ancêtre. Comme s'il ne suffisait pas que je vois mon peuple se faire décimer, ma culture annihilée, sans que je ne puisse rien y faire.
Le passé de ma famille ne changeait rien à l'affaire. Quand bien même les femmes ont voie au chapitre, elles ne prennent pas part aux batailles. Elles prennent soin de la famille, de la tribu. Tout comme la chasse qui est la panache des hommes, mais nous savons assez nous défendre pour ne pas avoir à rougir. Toutefois, ce fameux jour, ça n'a pas suffi. Nous étions affaiblis, acculés de toutes parts. Les Iroquois sont arrivés, sonnant le glas de notre existence.
La fin était proche.
Je me souviens avoir argumenté jusqu'au bout avec ma mère. Je voulais rester pour me battre, défendre ce qui restait de nous, de notre tribu. Mais elle a refusé de m'écouter. A la faveur de la nuit, elle m'a ordonné de me sauver et de rejoindre les bois. Là où aucun homme aussi valeureux soit-il, ne s'aventure jamais. Là où les mauvais esprits se tapissent pour dévorer les pauvres hères qui sont assez fou pour y venir. Là-bas, disait-elle, ma Destinée m'attendait.
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NDA
Hello les gens
Voici la version retravaillée de Sang Noir, ou version 2.0. Ca fait un moment que je l'écris et y a deux trois choses que je voulais revoir dessus, en particulier les passages sur Accolon, qui a beaucoup évolué depuis...ben longtemps du coup^^. J'ai voulu nuancer mon propos donc, voilà!^^
Alors a bientôt pour la suite^^
Angel
Le28/02/2023
